FEDERATION CGT DES CHEMINOTS : INFO LUTTES N°22 : LA RÉALITÉ DES CHEMINOTES. LE 28 DÉCEMBRE, TOUS ENSEMBLE !

INFO LUTTES N°22

Le 28 décembre, tous ensemble !

 | Action à partir du 5 décembre 2019

Le puissant mouvement social contre la réforme systémique des retraites que tente d’imposer le Gouvernement entame sa quatrième semaine. Face à un pouvoir qui joue le pourrissement en utilisant la période des fêtes, la mobilisation se confirme, au fil des jours, avec force et conviction.

Le 28 décembre, à l’appui de nombreuses initiatives de lutte sur le territoire, souvent de manière unitaire, la confédération CGT appelle les travailleurs, la jeunesse, les retraités et les privés d’emploi à un temps fort de mobilisation dans tout le pays.

Rester unis, convaincre et agir, c’est la meilleure réponse face à un gouvernement qui pratique des discussions de « marchand de tapis » depuis plusieurs jours, en cachette, avec certaines professions (aiguilleurs du ciel, policiers, pompiers, routiers, etc.), avec un seul objectif : éviter l’embrasement de la lutte et l’élargissement de la grève. Le pouvoir n’est pas serein !

S’appuyant sur quelques mesures d’accompagnement de la réforme déjà annoncées, Macron, sa majorité et ses amis, maintiennent leur objectif principal à travers cette réforme sociétale : affaiblir les pensions de l’ensemble des salariés actifs et retraités.

Dans ce contexte, la CGT se félicite du niveau d’engagement dans la mobilisation. Bien que certains dirigeants d’autres confédérations appellent à la trêve, leurs adhérents, notamment à la SNCF, continuent de participer à l’action, quotidiennement et de manière unitaire, avec la CGT, dans beaucoup de régions.

Le Gouvernement doit retirer sa réforme !

Selon les sondages Harris qui sont effectués tous les deux jours :

  • L’opinion favorable et le soutien au mouvement n’a jamais été en deçà de 65 % ;
  • 45 % des sondés ne souhaitent pas de trêve pour Noël ;
  • Seuls 13 % des sondés comprennent le projet de réforme du Gouvernement ;
  • 44 % des sondés font confiance aux syndicats pour proposer des projets de réforme (+ 7 % par rapport au 5 décembre), et 28 % font confiance au Gouvernement (- 5 % par rapport au 5 décembre).

La CGT est déterminée, avec l’ensemble de ses forces, et appelle, pour répondre aux manœuvres de division, à rester unis et déterminés en travaillant tous ensemble à élargir la participation aux initiatives de lutte du 28 décembre.

 On ne lâche rien !

INTELLECTUELS ET ARTISTES, ENCORE ET TOUJOURS SOLIDAIRES DE NOTRE LUTTE !

Après l’appel aux soutiens financiers des grévistes, de grands noms de la culture envoient un nouveau message de soutien, un engagement très politique face « à la guerre sociale que mènent froidement cette présidence et ce gouvernement ».

Parmi ces noms, le réalisateur aux deux palmes d’or Ken Loach, les actrices et acteurs populaires Josiane Balasko et Corinne Masiero, François Morel, les cinéastes Robert Guédiguian (Gloria MundiMarius et Jeannette…), Alain Guiraudie (L’Inconnu du lac, …), Stéphane Brizé (La Loi du marché, …), les écrivaines et écrivains Annie Ernaux, Bernard Chambaz, Nicolas Mathieu, les chroniqueuses et chroniqueurs Nicole Ferroni, Guillaume Meurice, les dessinatrices et dessinateurs Adèle, Babouse, Jul, …

L’engagement des artistes, ce sont aussi les musiciens et danseurs grévistes de l’Opéra National de Paris qui ont offert un extrait du Lac des Cygnes de Tchaikovsky sur les marches de l’Opéra Garnier. Ces mobilisations témoignent de l’attachement à une vision de la société où la vie devient l’essentiel.

SOLIDARITÉ

Nombre de nos concitoyens, notamment les retraités, dans le cadre de leur soutien à l’action, souhaitent apporter une aide financière aux grévistes pour leur permettre de poursuivre le combat. La CGT appelle à constituer des caisses de solidarité locales afin de venir en aide de manière réactive aux cheminots grévistes en difficulté.

PLAN DE TRANSPORT DU JEUDI 26 DÉCEMBRE

  • Grandes Lignes :
    • TGV : 1 sur 2 en moyenne ;
    • Intercités : 1 sur 4 ;
    • International : trafic toujours perturbé.
  • Transports régionaux : 4 TER sur 10 en moyenne.
  • Région parisienne : 1 Transilien sur 5 en moyenne.

INITIATIVES DU 28 DÉCEMBRE (liste non exhaustive)

  • Tergnier (Aisne) : manifestation à 10h00, départ devant la gare.
  • Romilly-sur-Seine (Aube) : manifestation intersyndicale à 10h30, à la Bourse du travail.
  • Charente : rassemblement devant les permanences LREM du département.
  • Chartres (Eure-et-Loir) : manifestation à 14h00, place du Châtelet.
  • Grenoble (Isère) : manifestation à 14h00, sur le parvis de la gare.
  • Saint-Étienne (Loire) : rassemblement place du Peuple.
  • Puy-en-Velay (Haute-Loire) : rassemblement à 10h00, devant la mairie.
  • Brioude (Haute-Loire) : information à 10h00, sur le marché.
  • Nancy (Meurthe-et-Moselle) : manifestation à 13h30, place de la République.
  • Nevers (Nièvre) : manifestation à 10h30, du palais ducal à la préfecture.
  • Annecy (Haute-Savoie) : manifestation à 14h00, à la préfecture.
  • Cluses (Haute-Savoie) : distribution de tracts dans la matinée, au péage.
  • Paris : manifestation interprofessionnelle unitaire (appel des UD CGT, FO, Solidaires, Jeunes, FSU) à 13h00, de la Gare du Nord à Châtelet.
  • Draguignan (Var) : retraite aux flambeaux à 17h00, à la sous-préfecture.
  • Chasseneuil-du-Poitou (Vienne) : distribution de tracts à 11h00, dans la zone commerciale.

Pour être plus fort, adhérez à la CGT !

Télécharger l’Info luttes n°22 au format PDF

LA RÉALITÉ DES CHEMINOTES

Femmes et retraites

 | Tract

Les inégalités salariales et les inégalités professionnelles pèsent sur la carrière des femmes et, à terme, sur leur retraite.

Rapport de situation comparée 2018

Les écarts de rémunération en défaveur des femmes au Cadre Permanent sont tous supérieurs à 4,5 %. De la qualification A (6,7 %) à H (4,5 %), allant jusqu’à 8 % pour les qualifications D et 12,8 % pour les TA, des écarts que l’on retrouve sur les niveaux.

Dans la population contractuelle, les écarts affichés sont plus faibles (sans la moindre explication).

Les tranches de rémunération pour lesquelles les femmes sont les plus représentées sont toutes celles en dessous de 2 000 €.

Sur l’ensemble des filières, pour chaque collège, les écarts sont tous défavorables aux femmes, jusqu’à 1000 € au collège Cadre pour le personnel paramédical (95 % de femmes).

Les femmes sont moins payées parce qu’elles n’exercent pas les mêmes métiers. Elles sont majoritaires dans les métiers sans Eléments Variables de Solde, parce que la mixité professionnelle ne se réalise pas, pas seulement par manque de candidatures mais aussi par manque de volonté de chacune des directions des activités.

La pénibilité des métiers où les femmes sont les plus nombreuses n’est pas reconnue. Par exemple, pour les commerciaux des gares, alors même que ces métiers en contact permanent avec des voyageurs subissent des pressions constantes et qu’ils nécessitent des compétences professionnelles qui ne sont pas prises en compte pour la reconnaissance de la pénibilité.

L’index Egalité Salariale, avec une note de 78 sur 100, confirme que la situation n’est pas flatteuse et un gros point noir sur les retours de congés de maternité et / ou parentaux.

A la SNCF comme ailleurs, les femmes se voient reprocher leur maternité : refus de promotion, remise en cause de leurs compétences professionnelles, primes et autres dispositifs individuels amputés, postes non-proposés, pressions à des renoncements pour être cadre.

Le Gouvernement annonce des mesures pour les familles nombreuses, mais elles ne vont pas relancer la natalité en France (passée sous le seuil du renouvellement de la population). Ce sont justement les maternités ou le soupçon de maternité qui pénalisent les femmes tout au long de leur carrière professionnelle.

Le Gouvernement, dans son projet de réforme, supprime :

  • La Majoration de Durée d’Assurance (MDA), qui permet aux mères de valider 2 ans de cotisations par enfant dans le privé et 1 an dans le public. Ce dispositif permet à la fois de valider des années et d’améliorer considérablement le montant de la pension en partant avec une carrière complète.
  • La majoration de pension de 10 % pour le père et la mère des familles de 3 enfants ou plus.

A la place, une majoration de pension de 5 % par enfant sera attribuée, mais pour l’un des deux conjoint·e·s au choix. Les projections démontrent que cela pénaliserait la majorité des mères, même si ce sont elles qui prennent la bonification. Mais la bonification peut aussi être divisée en deux, ou prise exclusivement par le père. Certaines femmes pourront donc ne plus avoir aucune compensation de leur maternité, ralentissements et interruptions de carrière, alors que les écarts avec les carrières des hommes restent très importants.

La retraite

Les cotisants sont âgés en moyenne de 40 ans et 4 mois. 108 462 hommes âgés en moyenne de 40 ans et 10 mois et 30 607 femmes âgées de 38 ans et 7 mois.

L’âge moyen de départ en retraite est de 58 ans et 2 mois (la CPR ne distingue pas les femmes des hommes sur cet indicateur).

Attribution en 2018 des pensions de droits directs :

27 825 € en moyenne (F+H), soit 25 278 € pour les femmes et 28 266 € pour les hommes. Un écart défavorable aux femmes de 2 988 € (249  mensuels).

Ensemble des pensions au 31 décembre 2018 :

25 349 € en moyenne (F+H), soit 21 788 € pour les femmes et 25 818 € pour les hommes. Un écart défavorable aux femmes de 4 030 € (335  mensuels).

79 475 femmes sont pensionnées de droit dérivé (pension de réversion) et sont âgées en moyenne de 81 ans et 10 mois. Elles touchent en moyenne 880,30 €. Pour nombre d’entre elles, il s’agit de leur seul revenu.

Avec le système à points, selon l’évaluation des économistes, la baisse du montant de la retraite des femmes pourrait être de 20 à 25 %.

Réaliser enfin l’égalité salariale permettrait non seulement de mettre fin à une injustice flagrante, mais aussi de dégager les ressources nécessaires pour financer notre système de retraite. Augmenter les salaires des femmes, c’est augmenter les cotisations, et donc le financement des retraites !

La CGT propose :

  • Le retrait immédiat du projet gouvernemental de réforme des retraites ;
  • L’instauration d’une sur-cotisation patronale Retraite pour toutes les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale ;
  • L’ouverture immédiate de négociations pour la revalorisation des métiers dans lesquels les femmes sont concentrées et la reconnaissance de la pénibilité ;
  • Le paiement de la cotisation retraite de l’employeur à temps plein pour tous les temps partiels de moins de 24h, de façon à garantir des droits pour les salarié·e·s et pénaliser les employeurs qui abusent des temps partiels courts ;
  • L’amélioration des régimes par annuités avec un socle commun de droits : droits familiaux, pension de réversion sans critères d’âge ou de ressources, minimum SMIC…
  • L’attribution d’une bonification de 2 ans par enfant pour le calcul de la retraite des cheminotes ;
  • L’abaissement du temps de travail pour permettre aux femmes comme aux hommes de s’occuper des enfants ;
  • Le retour à la prise en compte des meilleures années pour le calcul de la retraite (les 6 derniers mois pour les cheminot·e·s) :
  • La lutte contre le sous-emploi des femmes, les temps partiels et la précarité, et la mise en place d’un service public de la petite enfance pour permettre aux femmes de continuer à travailler.

La Fédération CGT reste déterminée à se battre pour un autre projet des retraites et appelle les cheminot·e·s à poursuivre et à renforcer la grève !

Télécharger le tract au format PDF

https://www.cheminotcgt.fr/actions/action-a-partir-du-5-decembre-2019/info-luttes-n22-2/


 

 

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