FEDERATION CGT DES CHEMINOTS : INFO LUTTES N°42 : ILS JOUENT LE POURRISSEMENT, NOUS JOUONS L’ENDURANCE !

Manifestation contre la réforme ferroviaire

INFO LUTTES N°42

ILS JOUENT LE POURRISSEMENT, NOUS JOUONS L’ENDURANCE !

 | Action depuis le 5 décembre 2019

Les cheminots poursuivent l’action avec intelligence et détermination.

Plus de 15 % d’entre eux, tous collèges et toutes fonctions confondus, étaient en grève ce jeudi 16 janvier 2020, 43e jour de grève. L’ensemble des collèges est en progression.

Nous entrons dans une phase charnière du mouvement !

C’est le nombre de cheminots en grève dans les prochains rendez-vous interprofessionnels qui fera basculer la lutte du bon côté…

Allons-y !

L’UNITÉ SYNDICALE INTERPROFESSIONNELLE TELLE QU’AU PREMIER JOUR

La journée interprofessionnelle unitaire du 16 janvier est d’ores et déjà une nouvelle réussite dans le processus engagé le 5 décembre.

Alors que le Gouvernement et ses béquilles médiatiques ne cessent de marteler que le front syndical se fissure, il n’en est rien !

L’ensemble des organisations qui ont appelé à s’engager dans la grève sont toujours unies !

Elles réaffirment :

« […] Malgré les annonces du Premier ministre […], la population soutient toujours majoritairement la mobilisation contre ce projet absurde et injuste (60 % de soutien, au baromètre Harris Interactive du 14 janvier). La communication gouvernementale visant à nous expliquer à nouveau que ce projet est ‘’juste et simple’’ se heurte à une opinion publique qui voit bien qu’il s’agit de nous faire travailler plus longtemps pour des pensions plus basses.

Majoritaires ensemble, les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL, FIDL exigent le maintien des régimes de retraite existants par répartition solidaire et intergénérationnelle, fondés sur un système par annuités. […]

Il faut augmenter les salaires dans le privé et les rémunérations dans le public, mettre en œuvre immédiatement l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes. Il faut développer l’emploi stable, mettre fin à la précarité particulièrement de la jeunesse et prendre en compte les années d’étude. Les plateformes numériques doivent être soumises à cotisation.

Nous exigeons la fin ou la compensation des exonérations patronales, la réorientation des crédits d’impôts aux entreprises vers le régime des retraites et l’élargissement de l’assiette de cotisations afin d’inclure tous les travailleur·euses dans le régime par répartition et d’éviter toute ouverture à la capitalisation. Il est indispensable de préserver les réserves de tous les régimes de retraite.

La lutte contre la fraude et l’évasion fiscale doit être une priorité avec l’instauration d’une contribution sociale pour la protection sociale sur les revenus du capital.

C’est pourquoi les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF, UNL et FIDL appellent à réunir des assemblées générales pour continuer et amplifier encore la mobilisation afin d’obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de véritables négociations sur la base de nos propositions.

Nos organisations appellent l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salarié.es le décident. Elles appellent à des actions de grève, de convergences interprofessionnelles sur tout le territoire, les 22 et 23 janvier. Elles proposent d’organiser dans toutes les villes des ‘’Retraites aux flambeaux’’ ou autres initiatives le jeudi 23 au soir.

Elles appellent à faire du vendredi 24 janvier, date du conseil des ministres qui devrait examiner le projet de loi, une journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle. »

NOUS NE SOMMES PLUS TRÈS LOIN !

Le Gouvernement aura tout essayé ! Rien n’y fait. Il a déjà perdu sur le terrain idéologique : la grande majorité de nos concitoyens ne croit pas en cette réforme. Les semaines passent et les sondages restent largement favorables à l’action en cours. Pire, ils jugent de plus en plus sévèrement le Premier ministre quant à sa capacité à conduire la réforme.

Le Gouvernement est disqualifié, définitivement.

Les salariés dans leur ensemble ont compris que la dernière cartouche en date sur le retrait provisoire de l’âge pivot n’atteindra pas sa cible. Il n’y a plus guère que Laurent Berger pour imaginer qu’ils pourront s’en sortir sans encombre.

NOUS POUVONS GAGNER

Pour cela, il faut néanmoins que plus de salariés, dans la mesure de leurs possibilités, s’inscrivent dans la grève et dans les temps interprofessionnels unitaires.

Il faut aussi que les cheminots dans leur ensemble continuent ou reprennent le chemin de la grève. C’est à cette condition que nous ferons définitivement la différence.

C’est le moment !

LES CHEMINOTS PARLENT AUX CHEMINOTS !

C’est pourquoi, dès aujourd’hui, il s’agit de s’inscrire dans les initiatives locales et régionales interprofessionnelles des 22 et 23 janvier.

C’est aussi pourquoi il faut impérativement faire du 24 janvier prochain une journée exceptionnelle de luttes !

C’est dès maintenant que nous devons nous y préparer ! Allons à la rencontre de tous les cheminots, sans polémique et avec conviction pour élargir massivement la mobilisation !

Cheminotes et cheminots, quel que soit votre métier, votre collège, vous avez votre place dans la lutte !

CCN : IL FAUT ROUVRIR DES NÉGOCIATIONS

La Fédération CGT des Cheminots a adressé ce jour une lettre ouverte au Président de l’UTP. Cette lettre intervient à la fois dans un contexte d’un conflit interprofessionnel qui aborde son 43e jour, mais aussi de l’ouverture à la signature de l’accord de Branche sur les Classifications.

La réforme ferroviaire de 2018 s’est bâtie sur de nombreux mensonges et notamment celui de la mise en place au 1er janvier 2020 d’un cadre social de haut niveau censé se substituer à la suppression du recrutement au STATUT.

C’était pourtant ce qui emplissait la bouche du Gouvernement et du patronat du ferroviaire, pour tenter de faire croire que cette réforme ne se ferait pas aux dépens des droits et garanties sociales de cheminots.

Pour la CGT un cadre social de haut niveau suppose d’apporter des droits nouveaux aux cheminots, sans en retrancher aucun.

C’est tout le contraire au regard du contenu de l’accord sur les classifications et rémunérations, avec des minimas conventionnels qui ne bousculent aucune entreprise de la Branche, des majorations d’ancienneté inférieures au STATUT, à la majorité des conventions collectives existantes, y compris celles que signe l’UTP dans d’autres Branches…

Le déroulement de carrière est contraint et laissé à la main des processus managériaux dans les entreprises, sans compter un système de classification des plus opaques et subjectifs.

Les négociations sur ce volet doivent être rouvertes sans tarder, comme d’ailleurs la quasi-totalité des volets déjà négociés. C’est le cas du champ d’application. Cela suppose d’intégrer enfin la Restauration Ferroviaire, ou encore les Voies ferrées d’intérêt local (VFIL), dont l’UTP a dénoncé récemment la convention, mais aussi de nombreuses activités ou services ferroviaires.

D’autres volets comme le contrat de travail ou l’organisation du temps de travail doivent également être réécrits, car ils ne constituent pas en réalité le socle de droits et garanties répondant aux spécificités de nos métiers.

La Fédération CGT entend poursuivre le combat pour construire ce cadre de social attendu par TOUS les cheminots, au niveau de la Branche, mais aussi entreprise par entreprise.

La concurrence ne doit pas se faire et ne se fera pas entre salariés. Les droits sociaux des cheminots ne seront pas la variable d’ajustement d’une éventuelle ouverture à la concurrence qui, comme l’a démontré la CGT, n’est ni obligatoire, encore moins utile, et absolument pas nécessaire pour répondre aux besoins de Transport.

LA SNCF INAUGURE SON NOUVEAU MONDE

Après avoir subi un président qui n’aimait pas le train pendant 11 ans, l’entreprise publique s’est vu dotée d’un « nouveau » président, qui a d’emblée indiqué vouloir changer de méthode.

Au 43e jour de grève, sur les questions d’entreprise et la réforme des retraites, sur la question du dialogue social, la méthode apparaît peu changeante puisque les cheminots passent d’un président qui refusait de négocier pendant les grèves à un président qui propose de négocier après la grève.

Un jeu de chaises musicales a été dévoilé aujourd’hui, avec le retour de nombreux anciens dirigeants qui donne au « Nouveau Monde » de la SNCF la même allure de déjà vu que le Nouveau Monde de Macron.

Ainsi, l’ancien directeur général de la sécurité ferroviaire prend la direction de la SAS Fret après avoir mis en place la suppression de l’autorisation de départ des trains, encouragé l’expansion de l’EAS, mis sous silence les causes des accidents ferroviaires, notamment la collision survenue le 16 octobre dernier dans les Ardennes entre un camion et un TER. Au regard du bilan sécurité, gageons qu’il ne promeuve pas exclusivement les circuits courts au sein de Fret.

Pour rappel, il avait pris ses fonctions de Directeur Général Sécurité en janvier 2016, quittant les fonctions de Directeur France et Opérations monde chez SYSTRA, filiale en charge des essais ferroviaires. Il occupait ces fonctions au moment de la catastrophe d’Eckwersheim, qui a coûté la vie à 11 personnes en novembre 2015.

A ce jeu de chaises musicales, certains héritent de tabourets.

En effet, le DRH du Groupe Public Ferroviaire pourrait être « promu » aux fonctions de directeur de la région Paris-Saint-Lazare-Normandie après quatre mois de break, selon la presse spécialisée.

Parmi les faits marquants de son bilan, il faut noter l’échec des négociations relatives à l’amélioration du dialogue social.

Membre de la délégation patronale de l’UTP et partisan ostensible des syndicats dits « réformistes », il porte également une partie de la responsabilité de l’échec des négociations de la CCN en s’arcboutant sur la réduction des droits des cheminots plutôt que sur leurs besoins et les besoins de sécurité portés par la CGT.

Il avait porté et assuré le service après-vente de la réforme de 2018, promettant aux cheminots que leur régime spécial de retraite serait préservé même en cas de changement d’employeur ferroviaire. C’est également sous son impulsion que la direction d’entreprise essaie en ce moment de convaincre les cheminots que la réforme des retraites entraînerait une hausse des pensions…

Celui qui s’est évertué à assécher le dialogue social et la représentation des cheminots lors de la mise en place des CSE sur des périmètres disproportionnés aura donc probablement désormais le plaisir de pouvoir constater directement les effets « positifs » de sa politique en proximité. Bonne continuation…

 

Direction SNCF + patronat ferroviaire + Gouvernement = même combat !

Il faut donc cogner fort pour gagner de nouveaux droits,

Il faut donc cogner fort pour abattre la réforme des retraites !

Pour être plus fort, adhérez à la CGT !

 

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LETTRE OUVERTE À M. MALLET, PRÉSIDENT DE L’UTP

 

 | Action depuis le 5 décembre 2019

Monsieur le Président,

Depuis le 7 janvier 2020, vous soumettez à la signature des organisations syndicales le volet « classification et rémunérations » de la CCN de la branche ferroviaire.

La Fédération CGT des cheminots a pris toute sa part lors des négociations de ce texte afin de construire le cadre social de haut niveau que les cheminots attendent et méritent.

Pour être qualifiée de haut niveau, une CCN doit créer de nouveaux droits pour tous les cheminots et empêcher le dumping social.

Or, force est de constater que, sur la forme comme sur le fond, vous êtes loin de cet objectif.

Sur la forme, à aucun moment vous n’avez cherché réellement à obtenir la signature de la CGT – 1ère organisation syndicale de la branche – en tentant de répondre à nos revendications.

Comme le Gouvernement le fait sur les retraites, vous avez préféré vous tourner vers les organisations plus conciliantes avec le nouveau système de classification voulu par le patronat.

Vous vous obstinez à imposer le système des « critères classants » contre la règle qui est majoritairement appliquée dans la branche aujourd’hui (le système « Parodi », qui a inspiré le dictionnaire des filières de la SNCF), malgré les distorsions flagrantes que cela va engendrer entre les salariés, comme la CGT l’a montré.

Vous choisissez la voie d’un accord minoritaire avec des organisations représentant 30 % des salariés pour pouvoir garantir la latitude la plus grande possible aux employeurs dans leur volonté d’imposer la polyvalence aux cheminots de leurs entreprises.

Nous espérons vivement que vous ne parviendrez pas à obtenir ces signatures, qui seraient un coup de poignard de plus dans la protection des salariés.

La Fédération CGT des cheminots a engagé une consultation de ses structures sur les suites à donner au regard de votre acharnement à organiser les reculs sociaux.

Sur le fond, votre pratique consiste à négocier un mandat à l’intérieur de l’UTP en vous calant sur l’employeur le moins volontariste.

Cela ne peut pas produire un texte de haut niveau, puisque vous n’écoutez pas les arguments des organisations syndicales et restez figé sur le mandat patronal.

Le résultat est, pour l’instant, un ensemble de volets qui ne produisent aucune contrainte d’amélioration des conditions sociales des salariés.

A ce jour, les luttes impulsées par la CGT dans les différentes entreprises ferroviaires ont produit plus d’acquis que 5 ans de négociations avec l’UTP.

Il est regrettable que le patronat attende la conflictualité et ne se serve pas de cette expérience pour généraliser les progrès sociaux validés par certains employeurs, y compris la SNCF.

Nous vous adressons ce courrier car nous voulons croire que vous reviendrez à la raison et que vous rouvrirez les négociations sur l’ensemble de la CCN, notamment le volet soumis à signature.

Ces dernières semaines, les cheminots de la SNCF se sont mobilisés de manière exceptionnelle, et les cheminots des autres entreprises ferroviaires n’ont pas été en reste, notamment lors des journées d’action interprofessionnelles.

Ils ont agi, bien sûr contre le projet de réforme injuste du système de retraite, mais également pour exiger un cadre social de haut niveau dans la branche ferroviaire.

Leurs préoccupations, relayées par la CGT, concernent le volet « classification et rémunérations » qui n’apporte pas de progrès dans leurs entreprises respectives, mais également les autres volets déjà écrits.

Au regard du comportement des employeurs de la branche, plusieurs lignes fortes ressortent :

  • L’exigence d’un champ d’application qui couvre toute la branche, y compris les activités connexes, pour empêcher les filialisations ou structurations opportunistes qui permettent d’affecter les salariés à des CCN inadaptées aux spécificités ferroviaire, et donc moins-disantes ;
  • La proposition d’un mécanisme de branche « sécurité de l’emploi » qui assure le maintien intégral des droits des salariés et leur reclassement dans une entreprise de la branche en cas de restructuration ou de défaillance de leur entreprise, et en cas d’inaptitude à la visite de sécurité ;
  • L’exigence d’un cadrage du temps de travail qui tienne compte des impératifs de sécurité et qui octroie des contreparties réelles aux contraintes de l’exploitation ferroviaire;
  • L’exigence d’une classification des métiers qui empêche la polyvalence échevelée à laquelle vous avez parfois fait référence dans les discussions (l’agent de conduite qui pourrait faire le nettoyage de son train, l’accueil commercial, ou autres) ;
  • L’exigence d’une véritable rémunération de la qualification, d’une reconnaissance des qualifications, avec des minima hiérarchiques plus élevés, d’un système de carrière qui intègre des éléments d’automaticité pour reconnaître l’acquisition de compétences dans l’exercice du métier, et une meilleure valorisation de l’ancienneté sur l’ensemble de la carrière et dans tous les collèges ;
  • L’exigence d’un salaire socialisé plus important avec la création d’une cotisation sociale « employeurs » spécifique qui finance des droits supplémentaires à la retraite (bonifications de 5 ans pour tous et de 10 ans pour les métiers à pénibilité, taux de remplacement à 75 %, salaire de référence calculé sur les 6 meilleurs mois, etc.).

A ce jour, vous n’avez fait preuve d’aucune ouverture. Vous avez même mis en œuvre des pratiques malhonnêtes en dénonçant la CCN des VFIL (Voies Ferrées d’Intérêt Local), malgré notre interpellation solennelle à laquelle le Ministère avait, une fois n’est pas coutume, apporté son soutien. Vous tentez également d’écarter les salariés de la restauration ferroviaire.

Ces éléments revendicatifs de la 1ère organisation syndicale de la branche sont autant d’alertes sociales : ce que vous n’accorderez pas dans les négociations de la CCN, nous irons le chercher dans la mobilisation et la lutte.

La voie d’un compromis dans lequel les salariés identifient des points réellement positifs dans leur quotidien est pourtant toujours possible.

Vous avez une opportunité historique de démontrer que le patronat n’est pas rivé seulement sur le profit des entreprises, mais prend également en compte les aspirations des salariés à vivre mieux de leur travail et dans leur travail.

Dans ces conditions, vous portez aujourd’hui la responsabilité de relancer le dialogue social dans la branche ou de l’enterrer en méprisant une nouvelle fois les alertes syndicales de la CGT.

C’est votre décision qui imprimera une logique de construction ou une logique de confrontation sur la CCN ferroviaire.

Dans l’attente de vous lire, recevez Monsieur le Président, l’expression de mes respectueuses salutations.

Laurent BRUN
Secrétaire Général

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https://www.cheminotcgt.fr/actions/action-a-partir-du-5-decembre-2019/info-luttes-n42-2/



 

 

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