FEDERATION CGT DES CHEMINOTS : LES HISTOIRES DE CHEMINOTS CITÉES MÊLENT RÉALITÉ ET FICTION

Manifestation contre la réforme ferroviaire

LES HISTOIRES DE CHEMINOTS CITÉES MÊLENT RÉALITÉ ET FICTION

Réalité ou fiction ?

 | Fédération

Et si c’était vrai ?

Francisco vit à Madrid.
Il a 47 ans, il est père de 3 enfants.
Francisco travaille dans une entreprise de BTP sous-traitante d’une entreprise française elle-même sous-traitante de SNCF Réseau.
L’employeur de Francisco l’envoie travailler 3 jours en France pour renouveler une partie de voie ferrée avec un autre de ses collègues.

A son arrivée sur le chantier, et lors du briefing sur les consignes de sécurité, Francisco constate que les autres travailleurs ne parlent pas sa langue.
Francisco ne s’en inquiète pas, le chantier ne durera que 3 jours.
Francisco n’a jamais travaillé en milieu ferroviaire.
Alors qu’ils interviennent dans la zone dangereuse, Francisco et son collègue sont heurtés par un engin de travaux sur voie. Francisco et son collègue ne survivront pas à l’accident.

Stéphanie est agent commercial gare depuis 1994.
Suite à la fermeture des guichets sur sa zone d’emploi, Stéphanie a été placée en EIM et effectue ponctuellement des missions depuis 2 ans sur des postes parfois très éloignés de son domicile.
Stéphanie est contrainte de faire garder ses enfants plus fréquemment, ce qui occasionne des frais importants.

Après 2 années de déplacements incessants, de changements permanents de collectif de travail et sans visibilité sur son avenir professionnel, Stéphanie se voit refuser un poste auquel elle postule.
Stéphanie, excédée, tente d’obtenir des explications auprès du responsable de l’EIM. La discussion se tend et vire à l’altercation verbale.
La direction engage une procédure disciplinaire à l’encontre de Stéphanie et prononce sa radiation des cadres.
Depuis son licenciement, Stéphanie est plongée dans un profond syndrome dépressif. Ses proches sont inquiets de la voir commettre l’irréparable.

Bertrand est cadre, qualification G.
Depuis 3 ans, il est affecté dans un Centre Régional des Opérations en province. Bertrand suit un roulement 7j/7. Il sait que cette forme d’organisation du travail n’est pas réglementaire et qu’elle pèse sur sa vie personnelle et son état de santé, mais Bertrand pense que c’est la seule manière de tenir ce poste sans devoir embaucher d’agents supplémentaires.

Depuis 5 mois, Bertrand travaille 70 heures par semaine, il ne rentre chez lui que tous les 7 jours et reste connecté en permanence, y compris à son domicile.
Cette situation, cumulée avec la fatigue de Bertrand, dégrade le climat familial.
Quand il apprend que sa femme le quitte, Bertrand met fin à ses jours.

Fatima travaillait au Fret en tant qu’agent de desserte jusqu’à la suppression de son poste en 2013.
Depuis lors, après une reconversion contrainte, elle a été mutée en Agence Paie et Famille à 1h30 de trajet de son domicile.
Fatima travaille depuis en open-space avec une quarantaine de collègues.

Chaque jour de travail, Fatima est confrontée aux reproches des cheminots dont elle est la seule interlocutrice, par téléphone de surcroît.
Ces reproches sont accentués par les problématiques techniques que rencontre Fatima avec un logiciel inadapté à la réponse aux besoins des cheminots.
Sa hiérarchie la met sous pression permanente et lui fixe des objectifs comptables qui l’éloignent de la qualité de service qu’elle tient à fournir aux cheminots.
Fatima a le sentiment que son travail n’a plus de sens.
Fatima a fini par sombrer dans la dépression nerveuse.
Après s’être plusieurs fois effondrée en larmes sur son poste de travail, son médecin la placera finalement en arrêt de travail pour une durée de 2 mois.
Fatima a sollicité l’intervention à domicile d’une Assistante Sociale SNCF, mais la suppression de 10% des effectifs de travailleurs sociaux l’empêche d’obtenir une réponse rapide.
La direction de l’entreprise contestera le caractère professionnel de sa pathologie, renvoyant à de prétendus problèmes personnels.

Alain est agent Voie à l’équipement.
Depuis la suppression de sa brigade en province suite à la sous-traitance de la maintenance, il a été muté d’office dans un établissement infra IDF.
Alain travaille sur les chantiers la nuit et assure l’astreinte en dehors de sa présence sur le chantier.

Jusqu’en juillet, un accord collectif gagné par la CGT limitait le nombre de nuits consécutives à 4 pour préserver la santé et la sécurité des agents.
En juillet dernier, la direction dénonçait cet accord dans le cadre du « Pacte d’entreprise ».
Au cours de sa semaine de travail, Alain aura été sollicité 13 fois par téléphone au titre de l’astreinte, il sera intervenu 2 fois sur le terrain et aura travaillé 5 nuits consécutives.
A la fin de cette lourde semaine, Alain reprend le volant en sortie de nuit pour regagner le foyer familial.
Il s’endormira et sa voiture ira percuter un arbre.
Heureusement, Alain s’en sortira avec des blessures légères.

Nadia est agent de conduite à la SNCF
depuis 18 ans.

Elle assure des dessertes TER entre Paris et la province.

Depuis la mise en place de l’EAS, Nadia est seule à bord du train.
Depuis la suppression des autorisations de départ par un agent expéditeur, Nadia doit se mettre en marche d’elle-même à l’heure du départ « si rien ne s’y oppose ».
Ce jour-là, il est l’heure, Nadia a fermé les portes du train et se met en marche. Les caméras embarquées s’éteignent. 30 secondes plus tard, Nadia reçoit un appel du poste qui lui demande de s’arrêter d’urgence.
Le train vient de traîner sur plusieurs dizaines de mètres une usagère qui tentait de monter en marche.
Depuis lors, chaque jour Nadia repense à cet accident, y compris lorsqu’elle conduit en ligne.

Sébastien est agent de maîtrise.
Il est DPX à l’équipement.
Depuis la signature de l’accord collectif par l’UNSA et la CFDT, Sébastien est au forfait en jours sur l’année.
Depuis la suppression du second poste de DPX sur sa zone il y a 3 mois, Sébastien travaille jours et nuits.

Ce matin-là à 5h50, Sébastien reçoit un appel urgent. Les travaux du chantier de nuit qu’il a quitté il y a 2h ont pris du retard et l’une des voies de la ligne ne pourra pas être restituée pour les premiers trains du matin.
Sébastien n’a d’autre choix que de se rendre sur place.
Fatigué par ses horaires de travail, Sébastien aura un moment d’inattention.
Il sera percuté par une circulation sur l’autre voie en traversant pour rejoindre le chantier.

William dirige une grande entreprise de transport ferroviaire depuis une dizaine d’année.
William a de grandes ambitions. Depuis son arrivée, plusieurs dizaines de milliers d’emplois ont été supprimés dans l’entreprise.
Afin de générer de la marge opérationnelle, chaque poste de dépense est réduit, qu’il s’agisse des effectifs, de la formation, des salaires ou de la masse salariale au travers un recours accru à la sous-traitance.
William se réjouit que sa responsabilité n’ait jamais été engagée malgré plusieurs catastrophes ferroviaires graves, occasionnant plusieurs centaines de victimes.

Il a mis en place les Règles Qui Sauvent. Si ces règles ne sauvent d’évidence pas les vies, elles ont une autre utilité. Elles s’adaptent au fil des accidents et permettent donc de reporter systématiquement la responsabilité sur le cheminot victime en pointant un manquement à l’une des règles. Il a développé les Challenges Sécurité par lesquels les cheminots peuvent gagner des pizzas, des bons d’achats, des petits-déjeuners, s’ils ne déclarent pas leur accident de travail. Dans ce système, le cheminot qui empêche d’atteindre l’objectif est responsable de la perte du challenge pour tout le collectif de travail. Grâce à ces mesures, William préserve l’image de l’entreprise, sa responsabilité, et peut sereinement poursuivre les politiques engagées.

Les responsables sont les premiers dirigeants de l’entreprise !
La prévention des risques et la protection des cheminots
nécessitent des mesures immédiates !

 

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Pour faire aboutir ces revendications,
le seul geste efficace c’est le Vote CGT !
VOTER CGT C’EST AUSSI VOTER POUR TOI !


DU 16 AU 22 NOVEMBRE 2018

 

https://www.cheminotcgt.fr/federation/les-histoires-de-cheminots-citees-melent-realite-et-fiction/

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