FRANCE ISLAMOPHOBE : UN MAIRE RACISTE VEUT DES REFUGIES CHRETIENS

 

Une petite commune française s'est dite prête mardi soir à accueillir «une famille» de réfugiés d'Orient «à la condition expresse» qu'ils soient chrétiens, sous prétexte que ces derniers «n'attaquent pas les trains armés de kalachnikovs» et ne «décapitent pas leur patron».

Alors que l'idée de trier les réfugiés selon leur religion, déjà exprimée par deux maires en France, a été vivement critiquée par leIslamophobie en France: une mairie ne veut que des réfugiés chrétiens. gouvernement, le conseil municipal de Charvieu-Chavagneux (centre-ouest) a approuvé à l'unanimité un texte proposant d'accueillir uniquement des Chrétiens d'Orient.

«Les chrétiens ne mettent pas en danger la sécurité d'autrui», justifient les élus, en faisant référence à une série d'attaques extrémistes menées depuis le début de l'année en France.

Dans sa délibération, la commune cite l'appel du pape François à accueillir des réfugiés mais aussi une promesse de Saint-Louis, en 1250, de protéger les chrétiens d'Orient: «Cette promesse a traversé les siècles, faisant de la France une fidèle protectrice des chrétiens d'Orient», estime la commune.

Un maire raciste

Ville de 8.250 habitants, Charvieu-Chavagneux est située à 16 km de Saint-Quentin-Fallavier, où un homme lié à la mouvance salafiste a tenté de faire exploser une usine après avoir décapité son employeur fin juin.

Son maire Gérard Dézempte, réélu en mars 2014 sous l'étiquette divers droite (après RPR et UMP), est en place depuis 1983. Il est aussi conseiller départemental, réélu en mars 2015 sous l'étiquette d'union de la droite face au FN qui fait de gros scores sur la commune et dans le canton. Il a défrayé la chronique et été accusé de discriminations dans le passé, soulignent Lyon Capitale et Libération.

Dans les années 2000, Gérard Dézempte avait été poursuivi pour discrimination envers un couple de Français d'origine maghrébine qui voulait acheter un pavillon sur sa commune, avant que la mairie ne tente de préempter le bien. L'élu avait été condamné en première instance et en appel, avant que la cour de cassation n'annule ces décisions.

En 1997, le tribunal administratif de Grenoble avait annulé une délibération du conseil municipal autorisant Gérard Dézempte à organiser un référendum sur l'accès des étrangers aux HLM. Et en 1989, le maire avait plaidé «l'erreur» après la destruction d'un lieu de culte musulman par une pelle mécanique sur la commune.

Ne «pas distinguer» les réfugiés

Lundi, les maires de Roanne (centre-est) et Belfort (est) avaient déjà exprimé le souhait de n'accueillir que des réfugiés chrétiens.

Le Premier ministre Manuel Valls leur a répliqué sèchement mardi soir: «On ne trie pas en fonction de la religion. Le droit d'asile, c'est un droit universel».

La France s'est engagée à accueillir 24.000 réfugiés en deux ans et, dans un premier temps, à soulager rapidement Berlin d'un millier de Syriens, Irakiens et Erythréens récemment arrivés en Allemagne. Un premier contingent de 200 exilés est attendu mercredi en banlieue parisienne.

Par ailleurs, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a demandé mercredi aux Européens à «ne pas faire de distinction» entre les réfugiés qu'ils sont prêts à accueillir, en fonction de leur religion ou de leurs croyances.

«Il n'y a pas de religion, de croyance, de philosophie quand il s'agit de réfugiés. Nous ne faisons pas de distinction», a plaidé M. Juncker lors de son premier discours sur l'état de l'UE devant le Parlement européen à Strasbourg.

Source: agences et rédaction

09-09-2015 | 15:0
 
 


 

 

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