LE CONSEIL D’ETAT SUSPEND LES INTERDICTIONS DU BURKINI

La justice donne un coup d'arrêt aux interdictions du burkini

La justice donne un coup d'arrêt aux interdictions du burkini

Un arrêté municipal interdisant le port du burkini sur une plage de Nice, le 19 août 2016 ((c) Afp)

 

 

Paris (AFP) - Le Conseil d'Etat a mis vendredi un coup d'arrêt aux interdictions du burkini mais sa décision ne devrait guère calmer le débat sur la place de l'islam en France, alors que la droite réclame déjà un durcissement de la loi.

Dans ce qui est peut-être sa décision la plus attendue des dernières années, jusque par les médias étrangers, la haute cour administrative a rappelé les maires au "respect des libertés garanties par les lois".

Sur la trentaine d'arrêtés anti-burkini pris en France cet été, seul celui de Villeneuve-Loubet (Côte d'Azur) a été attaqué devant le Conseil d'Etat.

L'institution l'a sèchement suspendu vendredi et en a profité pour recadrer toutes les municipalités ayant interdit en France le port de ces tenues de bain islamiques très couvrantes, interdictions qui ont enflammé le débat à huit mois de la présidentielle et divisé jusqu'au sein dugouvernement.

Le Conseil d'Etat a souligné qu'une restriction de l'accès aux plages ne pouvait être justifiée qu'en cas de "risques avérés" pour l'ordre public.

"En l'absence de tels risques, l'émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment celui commis à Nice le 14 juillet dernier, ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d'interdiction" décidée à Villeneuve-Loubet, a indiqué le Conseil d'Etat dans son ordonnance.

- Atteinte grave et illégale -

Comme la municipalité n'a pas apporté la preuve d'une menace pour l'ordre public, l'arrêté litigieux porte "une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d'aller et de venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle", a asséné la juridiction.

"Il y a une atteinte disproportionnée à la liberté des religions et le maire n'avait pas le pouvoir de restreindre cette liberté", s'est félicité Me Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l'homme (LDH), qui avait saisi le Conseil d'Etat.

Il espère désormais que la décision "fasse jurisprudence", c'est-à-dire soit répercutée par toutes les juridictions locales. Dans un communiqué, la LDH a appelé tous les maires à abandonner d'eux-mêmes ces textes controversés.

Cela n'ira pas de soi: Ange-Pierre Vivoni, le maire socialiste de Sisco (Haute-Corse), a fait savoir vendredi qu'il maintenait son arrêté "anti-burkini", pris au lendemain d'une violente rixe dans sa commune à la mi-août.

"Mon arrêté n'était pas de la prévention, je l'ai pris pour la sécurité des biens et personnes de ma commune, je risquais d'avoir des morts !", a-t-il dit à l'AFP.

A gauche et dans la communauté musulmane, on voulait malgré tout croire à une accalmie dans le débat qui ne cesse de s'envenimer en France ces dernières semaines, sous l'oeil souvent consterné de la presse internationale.

Le secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, a salué une "décision de bon sens", une "victoire du droit, de la sagesse". La grande mosquée de Lyon a appelé les musulmans à être "fiers de la France".

Pour le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, "il appartient désormais à chacun de rechercher dans la responsabilité l'apaisement, qui seul est de nature à éviter les troubles à l'ordre public et à conforter le vivre-ensemble".

- La droite réclame une loi -

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, voulait, lui, croire que la "sage décision" de justice allait "mettre un terme, espérons-le définitif, à une polémique qui n'a qu'un seul but : stigmatiser une partie de la population au prétexte de sa religion".

Mais les premières réactions laissent prévoir que le débat est loin d'être clos.

Reprenant une volonté de Nicolas Sarkozy, le président par intérim du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, a réclamé une loi contre le burkini: "Ce n'est pas à lapolitique de s'adapter au droit, c’est au droit d'être adapté aux objectifs politiques majeurs tels que la lutte contre le communautarisme".

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a de son côté jugé "regrettable" la décision du Conseil d'Etat et appelé le "législateur" à "prendre ses responsabilités".

La décision du Conseil d'Etat "ne résout rien", a estimé la LDH elle-même. L'association a appelé à la vigilance: "Outre le ridicule d'un débat qui a fait de la France la risée du monde, ce qui est en jeu ici, c’est la division de la nation selon l'origine et la religion des hommes et des femmes".

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160826.AFP5794/le-conseil-d-etat-suspend-un-arrete-anti-burkini.html


 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (1)

Benzekri
  • 1. Benzekri | 27/08/2016
M’assimiler, dites-vous ? Quelle horreur…
Pour ressembler à qui ?

A vous monsieur Sarkozy, Estrosi, Ciotti ou Balkany… alors que le simple fait d’évoquer votre nom me renvoie à vos méfaits qui provoquent la nausée? Quelle horreur…
A Valls ce «socialiste laïque», amoureux des patrons et adorateur d’Israël pour laquelle il s’abaisse -et avec lui la république qu’il est censé représenter- à ce port ostentatoire de la kippa et à répondre présent à chaque dîner annuel du CRIF où la crème française laïque vient renouveler son allégeance au lobby sioniste ? Quelle horreur…
Aux Dassault père et fils qui se nourrissent des ventes des engins de la mort et s’honorent de la présidence du groupe d’amitié France Arabie Saoudite à l’Assemblée Nationale… Monarchie qui est en train de commettre -avec la complicité du « monde libre »- des crimes contre l’humanité au Yémen et piétine les Droits Humains ? Quelle horreur…
Aux Fabius père et fils qui arrivent à s’autoamnistier malgré les lourdes affaires qu’ils trainent comme des casseroles? Quelle horreur…
Aux Gattaz père et fils exploiteurs de la sueur des travailleurs et corrupteurs des consciences faibles comme Notat, Chérèque et Berger pour les récompenser pour leur rôle de briseurs de la combativité ouvrière ? Quelle horreur…
Aux « philosophes » filkenkraut et BHL islamophobes avérés au service de l’Etat/vampire occupant, destructeur des infrastructures de vie du peuple de Palestine et qui prend à chaque fois sa dose de sang frais des enfants palestiniens ? Quelle horreur…
A ces femmes et hommes politiques, vedettes, journalistes « amis » de la monarchie marocaine qui vont à la soupe et autres « plaisirs » offerts dans des Palais et Riads payés avec l’argent volé au peuple marocain ? Quelle horreur…
Ou à VGE cet ex-président, français de souche, mal dans sa peau au point de décider d’acheter la particule D pour faire croire à sa « noblesse » et à ses faux liens de parenté avec la famille D’Estaing qui a bâti au XV siècle le célèbre château de Val ? Quelle horreur…

M’assimiler au point de devenir comme vous un chien bêlant de cette basse-cour, impuissant face à ce lourd bilan qui vous accable ? Quelle Horreur…

A vous et à tous les « fiers d’être français» comme vous, quel mérite avez-vous d’être nés ou d’avoir acquis cette nationalité par naturalisation ou par hasard ?
Je n’ai que faire des nationalités ; ma nationalité à moi ne se négocie pas et ne s’hérite pas ; elle se mérite et se nomme : DIGNITE. Dignité que vous n’avez pas…

Vous ne cessez pas de déclarer votre « amour » à la France allant jusqu’à en faire votre propriété privée en répétant à chaque instant : « La France on l’aime ou on la quitte ». Mais la France n’est pas un héritage que vous a légué votre père ou votre mère. Vous êtes éventuellement à peine propriétaire de chez vous mais « l’étranger » est aussi maître et propriétaire chez lui alors que le territoire France n’est ni à vous ni à lui. Vous avez les mêmes devoirs et les mêmes droits que lui. Il n’a aucun droit sur vous ni vous sur lui…
Messieurs les « amoureux » de la France, à part blablater sur la « sécurité » et sur les nouveaux cadeaux que vous voulez accorder à vos maîtres, que faites-vous :
Face à cette médecine qu’on dégrade
Face à cet enseignement qu’on brade
Face à ce niveau de vie qu’on baisse
Face à cette dignité qu’on rabaisse
Face à ce capital qu’on valorise
Face à ce salaire qu’on dévalorise
Face à ces patrons qu’on divinise
Face à ces salariés qu’on méprise
Face à cette opulence qui s’affiche et se banalise
Face à cette pauvreté qui se multiplie et cette charité qui s’institutionnalise
Face à ces personnes qu’on déprime
Face à ces rebelles qu’on réprime
Face à ces vies qu’on supprime
Face à ces guerres qu’on vénère
Face à ces armes qui prospèrent
Face à ces vies fauchées qu’on enterre
Face à ces morts qu’on déterre
Face à cette nature qu’on dénature
Face à cet idéal humain qu’on caricature
Face à cette jeunesse qu’on sacrifie
Face à tous ces êtres qu’on « crucifie »
Face à ces vies privées qu’on espionne
Face à ce monde qu’on empoisonne… ?

Cacher votre impuissance et soumission derrière un voile ou un burkini ?

M’assimiler, dites-vous ? M’assimiler à des malades atteints de xénophobie ou carrément de racisme qui ont besoin de se faire soigner ? Jamais.
Je refuse qu’on oblige une femme à porter un voile dans un pays dit musulman comme je refuse qu’on oblige une femme qui a choisi de se voiler de se dévoiler en France…
Petites sœurs voilées ou pas, de culture arabo-musulmane, n’abandonnez surtout pas votre arme de destruction massive, ce sourire ravageur et ce calme légendaire face à cette hystérie ambiante et à ce crétinisme d’une classe politique obsédée par une population et une religion qu’elle ne connait pas et rongée par une jalousie destructrice face une richesse culturelle et humaine inestimables qu’elle ne possède…
Ces malades vous préfèrent «libres» exposant votre corps nu ou en petite tenue dans une vitrine ou au service d’un proxénète et faisant le trottoir. Sinon collabeuratrice de droite ou de «gauche» ; une Fadela Amara, Rachida Dati, Najat Vallau Belkacem ou Myriam El Khomri.
Après le voile…, le burkini, demain vont-ils vous reprocher votre regard islamique ostentatoire et votre manque de « discrétion » « qui portent atteinte à l’ordre public » ?!
Hamid Benzekri

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau