LES MUSULMANS DE FRANCE : MALAISE AU QUOTIDIEN, VOLONTE A TOUTE EPREUVE

 

Eline Briant

Depuis de nombreuses années, vivre son Islam en France semble relever du véritable parcours du combattant. Un défi au quotidien où se mêlent incompréhension, sentiment de rejet, de culpabilité et crispation…  Un phénomène qui semble se cristalliser autour de l’affaire des attentats de Paris.

Mais cela n’a pas toujours été le cas, petit retour en arrière…

La quantification précise du nombre de musulmans en France reste un sujet hautement controversé, on sait néanmoins que le pays compte la plus large population musulmane de l’Union Européenne et qu’elle représente environ 7% de la population française. Les chiffres qui circulent oscillent entre 4 et 6 millions selon les circonstances et des intérêts en jeu.

L’affirmation de l’islam en France dans les années 70/80 et la mise en place progressive d’un islam de France s’est accompagnée d’une perception angoissée et suspicieuse de la part de l’opinion publique. Dans le contexte post-11 Septembre, les musulmans (quel que soit leur rapport à leur religion d’origine) sont régulièrement placés d’emblée dans une situation de citoyen de seconde zone du fait de leur appartenance religieuse supposée. Ils sont soupçonnés de manquer de loyauté à l’égard de la France et les «fantasmes huntingtoniens» d’un choc inéluctable des civilisations, imprègnent fortement la perception que l’opinion publique se fait des musulmans.

Pourtant, les études de terrain pluriels à la citoyenneté et à l’islam ont montré que la religion d’origine des jeunes issus de l’immigration maghrébine fonctionne, certes, comme une «empreinte identitaire», mais ne constitue pas leur seul et unique pôle de référence. Le repli sur l’identité religieuse et l’exhibition de marqueurs islamiques, bien qu’ils constituent des comportements particulièrement médiatisés à l’heure actuelle en France, restent minoritaires, la plupart considérant la religion comme une affaire privée. (1)

Insultes, menaces, incendie de mosquées… L’année des attentats à Paris aura été aussi celle des actes anti-musulmans, multipliés par trois en un an.

Les chiffres ne sont pas encore définitifs, mais le bilan s’annonce déjà tristement historique. En 2015, plus de 400 actes anti-musulmans ont été officiellement recensés en France. Soit + 200 % par rapport aux 133 comptabilisés l’an passé, comme le révèle la Délégation interministérielle à la Lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra).

Au-delà des chiffres, c’est aussi le degré des violences qui est monté d’un cran cette année. En 2015, de très nombreux lieux de culte — 1 000 sur 2 500 — ont été pris pour cible. Graffitis, dépôt de têtes et abattis de cochon, jets de cocktails Molotov ou incendie…

 «Une unité de lutte contre la haine sur Internet (NDLR : police judiciaire) est en place depuis cet automne. Aujourd’hui, c’est insuffisamment réprimé. Mais cela va changer, nous allons mener un combat sans relâche», promet Gilles Clavreul, à la tête de la Dilcra.

Paroles à la communauté !

Maître Zohra Mahi : «Vider la France de ses musulmans pour protéger l’image d’Israël?»

L’avocate dépeint une «situation des musulmans désastreuse à tout point de vue : on leur enlève leur droit et tous les moyens sont bons pour les pointer du doigt».

Elle déplore un malaise de la société française dans son ensemble qui aujourd’hui fait des musulmans, les ennemis de l’intérieur et parlent d’ailleurs souvent de la  5eme colonne *».

Selon elle, c’est la Palestine qui serait le point de discorde : «Aujourd’hui, les seuls à travailler contre les injustices et les massacres sont bien les musulmans. L’entité sioniste a intérêt à ce que les pays européens lui soient acquis… d’où ce travail en sous-main pour décrédibiliser la communauté musulmane de France».

D’ailleurs, pour elle, «toutes ces lois liberticides récemment mises en place prétendument pour lutter contre le terrorisme (islamiste)» et cette nouvelle invention du gouvernement sur la déchéance de nationalité, est un moyen pour renvoyer les musulmans dans leurs pays d’origine ou de leurs parents : «Vider la France de ses musulmans pour protéger l’image d’Israël».

Et de poursuivre, depuis le départ on cherche à culpabiliser les musulmans en les appelant notamment à se dédouaner des criminels et crier leur innocence. «Pourtant, nombreux sont ceux qui s’entendent pour dire que ces terroristes sont en fait des mercenaires à la solde des USA et d’Israël et qui sont ni de près ni de loin des musulmans». D’ailleurs à ce sujet, elle rappelle la révélation de Xavier Raufer,  criminologue et conseiller de plusieurs hommes politiques de droite depuis 1996, qui affirmait au lendemain des attaques,  que les  50 dirigeants de «Daech» ne sont pas musulmans.

Maître Mahi conclut : « La réponse à ces attaques délibérées de l’Etat français est simple : Rester plus fort et plus solidaire que jamais et réaffirmer notre appartenance à la France ». Selon elle, les musulmans doivent se lever lorsqu’il y a un incident injustifié qui concerne un confrère et être un peu plus politisé, à l’image de l’Union des Musulmans Démocrates de France  qui est en train de mettre en place un système pour une meilleure représentation des musulmans de France .

Président de l'Association d'Ahl-ul-Bayt en France : Les musulmans doivent être plus présents dans la sphère publique !

Pour lui, avec les attentats, c’est l’intégralité de la communauté française qui a été visée. Et de poursuivre que lorsque la question des responsables s’est posée, l’amalgame est né, la montée fulgurante du front national en est le résultat.

 Il considère qu’aujourd’hui c’est aux musulmans d’être plus visibles en contestant ces actes, « même si le premier responsable reste le gouvernement  dans ces choix politiques intérieur et extérieur ». D’ailleurs, il rappelle l’initiative au dialogue et à l’échange, il y a deux semaines, des mosquées de France avec « Un thé ensemble ». Elles souhaitaient par cette action, combattre les idées reçues du monde spirituel musulman.

Mais, estime t-il,  cela n’est pas suffisant, les musulmans doivent aussi être plus présents dans la sphère publique (le mouvement associatif doit être plus actif encore et moins communautariste).

Les femmes : «Nous avons le devoir d’aller vers l’autre et lutter avec humour et amour contre les peurs de l’islamophobie»

La farandole de chiffres, les statistiques et les sondages leur importent peu… Certes, la tension est là… Bien évidemment, le voile n’est pas si facile à porter… Mais «Nous avons le devoir d’aller vers l’autre et lutter avec humour et amour contre les peurs de l’islamophobie». Elles ne s’étonnent plus des termes condescendants utilisés dans les médias ou par les politiques de l’Ouest à l’image de Donald Trump dont la diatribe est presque passée inaperçue.                                                                                    Et de poursuivre ; «Un travail long et ininterrompu de longues années durant, ont préparé le peuple pour que cette situation soit banalisée … Al Qaida, Daech sont une véritable aubaine pour les médias».

«Le but des forces malignes est de nous pousser toujours plus loin dans nos retranchements, avec Daesh c’est intégralité de la communauté musulmane qui est visée».

Pour contrer cela : la connaissance et le savoir pour apprendre et transmettre. Elles poursuivent ; « le bon comportement, la tolérance, la gentillesse, l’acceptation des autres sont les clés pour un meilleur vivre ensemble ». Non, les français ne sont pas islamophobes par nature !!

« Nous, musulmans, avons cette grande responsabilité dans l’éducation de nos enfants. Ils font partie de l’avenir de la communauté mais aussi de la France ».

www.contretemps.eu
Le parisien

*Cinquième colonne : L'expression désigne tout groupe de partisans infiltrés, généralement civils, tout groupement agissant dans l'ombre pour saper de l'intérieur une organisation ou un État.

Source : French.alahednews

 

08-02-2016 | 13:23

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=17497&cid=323#.VrjHrubXqSo


 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau