MOSSOUL : FUTURE BASE ANTI-RUSSE ?

La stratégie américaine à Mossoul

Mon Oct 3, 2016 10:34AM

Près de 4 600 soldats américains sont déjà présents en Irak. ©AFP

Près de 4 600 soldats américains sont déjà présents en Irak. ©AFP

A Mossoul, cette grande ville irakienne aux mains de Daech depuis 2014, la stratégie des Etats-Unis est bien complexe.

Cette stratégie contraste celle du gouvernement irakien car la Maison Blanche estime que la libération de la ville devra se faire dans le cadre d'un processus militaire et l'Autorité, une fois retirée de Daech, devra être transférée aux " courants et groupes militaires proches de Washington". 

Les Américains veulent appliquer à Mossoul le même schéma qu'a suivi la Turquie  à Jarablus. En se servant de la carte " Lutte contre Daech", Ankara s'est emparé très facilement de cette ville située dans le nord de la Syrie. D'où l'opposition de la Maison Blanche à la présence des forces populaires irakiennes, celles du Hezbollah d'Irak et autres dites "Hachd al Chaabi" dans des opérations de libération de Mossoul. Hachd al Chaabi est certes un groupe militaire mais il est loin d'être aux ordres de Washington. 

En ce sens, les Etats-Unis ont choisi d'ignorer totalement les appels de Bagdad. Bien que le gouvernement irakien ait bien annoncé ne pas avoir besoin de l'assistance étrangère pour libérer Mossoul, la Maison Blanche continue à insister sur "la nécessité de la présence des Kurdes et de la Turquie dans la bataille de libération". 

 

تحرکات مشکوک آمریکا در عراق/

 D'ailleurs la volonté de Washington qui consiste à remplacer les forces populaires irakiennes par les "Peshmarghas kurdes" est bien visible de part les agissements kurdes dans le Nord-est et le Sud-ouest de Mossoul. Les Kurdes continuent à se réorganiser avec une régularité bien plus suivie que l'armée irakienne. 

Les Etats-Unis veulent s'accaparer de la gloire qui serait celle liée à la libération de la ville des mains de Daech, en en écartant évidemment  l'armée et les forces populaires irakiennes. Cette victoire à venir permettra dès lors à Washington de mettre au point le plan de démembrement de l'Irak avec la participation active des Peshmarghas. 

تحرکات مشکوک آمریکا در عراق/

 Outre les gains électoraux qu'Obama compte remporter à Mossoul, son projet vise à attiser les clivages ethniques en Irak : une présence militaire chiite dans les opérations de libération pourrait raffermir les rangs des irakiens trop divisés depuis 2003. Au contraire, la libération de la ville par les Kurdes pourrait faciliter la répartition du pays en trois entités chiite, sunnite et kurde. 

Mais ce n'est pas tout. L'un des objectifs des Américains de vouloir "s'emparer"via des alliés interposés de Mossoul consiste à y déployer des "batteries de missiles. Les batteries de missiles antimissiles que les Etats-Unis envisagent de déployer dans le nord de l'Irak sont censées d'une part endiguer la puissance balistique de l'Iran dans la perspective d'une future confrontation avec Israël et de l'autre, contrer les missiles russes et partant le poids de Moscou dans toute évolution à venir dans l'Asie de l'Ouest. 

Par ailleurs, un retour des forces américaines  pourrait préluder à une résurgence de l'ère d'occupation américaine de l'Irak. 

Et puis, il n'est pas question pour le Pentagone et la CIA de démanteler " totalement " Daech, cette milice par ailleurs si utile aux intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient. Les Américains ont l'intention surtout de transférer Daech ailleurs, dans d'autres régions par exemple à Deir ez-Zour ou à Raqqa en Syrie. 

C'est pour cette même raison qui existe un si grand contraste entre le discours du Premier ministre Al Abadi et celui du Président Erdogan : tandis que le premier refuse de fixer une date précise pour l'intervention militaire à Mossoul, le second avance la mi-octobre, comme si le fait de s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Irak allait de soi.... 

 

 تحرکات مشکوک آمریکا در عراق/

 Comme le confirme l'AP, "ce n'est pas tant la libération de Mossoul qui importe aux Etats-Unis que les événements qui suivront cette libération"... en d'autres termes, la gestion de Mossoul post-Daech pourrait servir de catalyseur à un conflit interconfessionnel d'envergure avec en amont le démembrement de l'Irak. 

Ces dernières semaines, les GI's continuent à débarquer en Irak et à former de manière intensive les sunnites et les Kurdes d'Irak à combattre Daech. Mais si Daech dépeuple Mossoul avec la même facilité qu'il a quitté "Jarablus", on comprendra alors mieux le vrai sens de la mission des soldats américains : ils forment les Kurdes et les sunnites irakiens pour qu'ils se battent contre leurs frères chiites... 

http://presstv.com/DetailFr/2016/10/03/487446/La-stratgie-amricaine--Mossoul


 

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