SYRIE : L'OCCIDENT SE TOURNE VERS L'IRAN

Syrie: les Occidentaux se tournent vers l’Iran
 

La stratégie occidentale dans le conflit syrien donnait samedi l'impression de plus en plus patiner, confrontée à la montée en puissance russe et au dernier fiasco du programme de rebelles syriens formés par le Pentagone.

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, c'est une nouvelle fois vers leurs interlocuteurs iraniens que ce sont tournés le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, et ses homologues européens.

A l'heure où Moscou semble marquer des points et où de nombreuses chancelleries commencent à envisager d'inclure le président syrien Bachar al-Assad dans la recherche d'une solution, l'Iran chiite reste incontournable par son soutien constant, politique et militaire, au chef du régime de Damas.

Et le siège de l'ONU pourrait selon M. Kerry être l'endroit où commencer à dénouer l'équation et mettre fin à une guerre civile qui a fait plus de 240.000 morts et chassé des millions d'autres.

"Je considère que cette semaine (d'Assemblée générale) offre une occasion majeure à tous les pays de jouer un rôle important pour résoudre certains des problèmes aigus du Moyen Orient", a déclaré samedi le chef de la diplomatie américaine, aux côtés du ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif.

"Il nous faut parvenir à la paix et trouver une issue sur la Syrie, le Yémen, dans la région elle-même, et je pense que cette semaine nous offre des chances, par le biais des discussions, pour progresser", a ajouté M. Kerry, qui devait rencontrer dimanche le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

La responsable de la diplomatie européenne Federica Mogherini a également rencontré M. Zarif. Ils ont "discuté de la manière de contribuer à la fin" du conflit en Syrie, selon un communiqué des services de Mme Mogherini.

Toujours selon ce texte, ils "se sont dits prêts à coopérer, dans le cadre des efforts menés par l'ONU" dont le médiateur, Staffan de Mistura, tente de relancer des négociations entre régime et opposition, sans succès pour l'instant.

Avant ses entretiens avec John Kerry, le ministre iranien a toutefois précisé que pour Téhéran les discussions devraient porter prioritairement sur l'accord nucléaire historique scellé avec les grandes puissances.  

Rencontre Poutine-Obama lundi  

Le président russe Vladimir Poutine, qui veut proposer de bâtir une coalition élargie comprenant l'armée d'Assad pour combattre le groupe extrémiste Etat islamique (EI), rencontrera lundi son homologue américain Barack Obama à New York.

Sur le terrain syrien, la Russie a encore renforcé cette semaine sa présence, en y dépêchant une quinzaine d'avions-cargos.

Les Russes ont déjà envoyé dans le pays des avions de combat, des systèmes de défense aérienne et des équipements militaires modernes, dont une partie cédée à l'armée syrienne en guerre contre les rebelles.

Face à cette stratégie du Kremlin, Washington maintient son opposition à une remise en selle d'Assad et a consacré d'énormes moyens pour financer un ambitieux programme d'entraînement et d'armement de combattants syriens censés défaire l'EI.

Mais cette tactique, qui a déjà enregistré plusieurs accrocs, se retrouve désormais engagée dans la voie du fiasco.

Le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom) a en effet admis vendredi que des insurgés formés par les Etats-Unis avaient remis "six pick-ups et une partie de leurs munitions à un intermédiaire soupçonné d'appartenir au Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda), soit à peu près 25% de leur équipement".

Le programme américain était censé former et équiper environ 5.000 rebelles par an pendant trois ans mais n'a pour l'instant formé que deux groupes de 54 et 70 combattants.

Quand le premier groupe a rejoint la Syrie en juillet, plusieurs de ses membres ont été kidnappés par Al-Nosra.

Ces déboires affaiblissent la position des Etats-Unis, qui ont fait par ailleurs savoir qu'ils accueilleraient favorablement une initiative russe pour renforcer la lutte contre l'EI.

 

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