VERS UNE CONTRE-COALITION MILITAIRE IRAN-CHINE ?

Sat Jul 13, 2019 9:43AM

Trois bâtiments de la Marine chinoise sont arrivés dans le port iranien de Bandar Abbas situé sur le détroit d’Hormuz, le 15 juin 2017.

Trois bâtiments de la Marine chinoise sont arrivés dans le port iranien de Bandar Abbas situé sur le détroit d’Hormuz, le 15 juin 2017.

Alors que les États-Unis travaillent d’arrache-pied à la formation d’une coalition de guerre anti-Résistance, coalition qui a pour l’ambition d’empêcher le transit du pétrole iranien dans le golfe Persique et en mer Rouge et ce, via des scénarios similaires à celui du piratage de Grace 1, la donne commence à inverser : vendredi 12 juillet, la Chine a puissamment répondu à la menace de sanctions brandie par les Américains qui disent étudier les restrictions anti-chinoises, si Pékin continue à acheter du pétrole iranien, plus de 600.000 barils par jour. Le porte-parole de la diplomatie chinoise a rejeté ces menaces en affirmant être prêt à défier dans les faits les États-Unis.

La Chine a d'ailleurs largement défié les sanctions US contre l’Iranlorsqu’elle a importé plus d’un million de barils de pétrole brut iranien le mois dernier. En juin, un pétrolier transportant jusqu’à un million de barils de pétrole iranien s’est amarré près de la ville portuaire de Qingdao, attirant les plaintes des législateurs républicains, qui ont demandé à Trump d’intensifier les pressions sur la Chine. Pékin aurait également accueilli un deuxième lot de pétrole iranien depuis l’expiration de sa précédente dérogation, en mai dernier. Il s’agit d’une cargaison de 2 millions de barils, qui a été déchargée à Tianjin. Pour la Chine, la liberté du commerce avec l’Iran devient une question de souveraineté nationale et c’est là sans doute le point de jonction « stratégique » qui est sur le point de se former entre Téhéran et Pékin.

Pour la première fois depuis la victoire de la Révolution iranienne, l'Iran a réagi vendredi à la vente d'armes US à Taïwan, choisissant ainsi de s'impliquer dans une question qui touche à la souveraineté et à l'intégrité territoriale chinoise. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué les ingérences « destructrices » des gouvernements américain et britannique dans les affaires intérieures de la Chine et leurs récentes actions provocatrices concernant Taïwan et Hong Kong. Vendredi, Seyyed Abbas Moussavi a également exprimé le « ferme soutien » de Téhéran à la politique de la « Chine unique », selon laquelle il n’existe qu’un seul État souverain dénommé la Chine.

Ses remarques interviennent après que le département d’État américain a annoncé une vente d’armes à 2,2 milliards de dollars à Taïwan, qui comprend 108 chars Abrams et 250 missiles sol-air Stinger. Ce lot de missiles sol-air menace à n'en pas douter le trafic aérien chinois qui est intense à proximité du ciel taïwanais. Pour le reste, les analyses estiment que les menaces de guerre US/GB contre le transit pétrolier iranien dans le golfe Persique a un agenda caché qui vise directement les exportations pétro-gazières chinoises. Quoi qu'il en soit, la Chine a exhorté ce mardi les États-Unis à ne pas conclure de vente d’armes avec Taïwan mais les États-Unis n'en ont pas tenu compte. Pékin a dénoncé cet accord comme étant une violation grave des principes fondamentaux du droit international, tout comme il dénonce les actes de piraterie américano-britannique contre les pétroliers iraniens. 

PressTV-USA: que propose l'Iran à la Chine?

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« La sécurité des zones géopolitiques dans les océans ne serait être assurer qu’à l’aide des puissances maritimes régionales  », a déclaré le commandant en chef de la marine iranienne depuis la Chine où il assistait au 70ème anniversaire de la marine chinoise.

Vendredi, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a averti les États-Unis de « ne pas jouer avec le feu » concernant Taïwan. Pour bon nombre d’analystes, les provocations conjuguées américaines et britanniques contre l’Iran et la Chine ne font que renforcer l’idée de la création d’une anti-coalition US/GB dans le golfe Persique et en mer Rouge, réunissant Pékin et Téhéran.

« Cette coalition militaire, qui ne laisserait sans doute pas indifférente la Russie, elle aussi bien défiée à travers la politique anti-iranienne et anti-chinoise des États-Unis et de la Grande-Bretagne, devra bien inquiéter les États-Unis. Cela marquera la première entrée en scène de la Chine au Moyen-Orient qui aura très probablement un caractère militaire. La marine iranienne et chinoise a déjà commencé à renforcer leurs coopérations et une présence de la marine chinoise dans le golfe Persique est parfaitement imaginable. Mais le golfe Persique pourrait ne pas être le seul théâtre d’action des forces iraniennes et chinoises. En mer Rouge, où la Chine possède sa première base militaire à l’étranger, ce genre d’alliance est parfaitement possible. À l’heure où les Émirats se retirent du Yémen et que le plan de guerre US va à vau-l’eau, rien n’est plus pragmatique pour la Chine que de soutenir Ansarallah au Yémen. Un tel soutien pourrait lui assurer en grande partie le transit libre de ses marchandises en mer Rouge. Bref, en adoptant une politique de pression maximale, les Américains poussent à la création des alliances parfaitement dangereuses pour leurs intérêts, note Hanif Ghafari, l’analyse des questions internationales.

Ansarallah, l'allié potentiel de Pékin?

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L'épicentre de la Résistance tend-il à se déplacer vers le Yémen, et la mer Rouge? si oui, il est temps pour l'axe sino-russe d'en bénéficier

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/07/13/600806/Tawan--lIran-prend-partie-pour-la-Chine


 

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Commentaires (1)

Tourtaux
Hocine Dergaoui
1 h ·
Une très bonne initiative

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