LE PRESIDENT LIBANAIS A L'UE : PAS QUESTION DE LIER LE RAPATRIMENT DES REFUGIES AU REGLEMENT POLITIQUE EN SYRIE

Le président libanais depuis Strasbourg : pas question de lier le rapatriement des réfugiés au règlement politique en Syrie

 Depuis 4 heures  12 septembre 2018

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 Liban - Moyent-Orient - Spécial notre site

 

Rédaction du site

Depuis la tribune du Parlement européen à Strasbourg, Le président libanais Michel Aoun a tenu à rejeter le lien si cher aux dirigeants occidentaux, et établi entre la question du rapatriement des réfugiés syriens et le règlement politique en Syrie, a rapporté la chaine de télévision libanaise satellitaire al-Mayadeen Tv.

Il a aussi  fustigé la politique étrangère des Etats-Unis lancée après les attentats du 11 septembre 2001, et qui selon lui n’a fait que propager le terrorisme davantage dans le monde.

«La crise occasionnée par les déplacés syriens est celle qui pèse le plus sur le Liban. Ses conséquences sont dévastatrices sur le secteur économique, sécuritaire et social», a-t-il affirmé dans son discours prononcé le mardi 12 septembre lors d’une session spéciale à l’occasion de l’ouverture des travaux de la session 2018-2019 du parlement européen.

M. Aoun avait auparavant rappelé que le Liban, pays de 6,2 millions d’habitants, avait accueilli plus d’un million de réfugiés syriens depuis le début du conflit syrien, en 2011.

Le numéro un libanais a réclamé la réactivation des décisions de soutien financier qui avaient été prises à Bruxelles « malgré nos réserves pour certains de ses points, surtout ceux qui établissent un lien entre le retour volontaire des déplacés et le règlement politique et celui de les insérer dans le marché de travail des pays où ils se sont réfugiés ».

Il a ajouté : « le Liban œuvre pour garantir un retour digne et sécurisé pour les réfugiés dans leur patrie et refuse les atermoiements sur cette question. Le Liban soutient toute aide procurée pour le  règlement de la question de la présence intensive des réfugiés syriens sur son sol à l’instar de l’initiative russe et refuse d’établir un lien avec la solution politique qui pourrait perdurer ».

Le président libanais répliquait aux efforts des responsables occidentaux qui, lors de leurs déplacement au liban,  n’ont de cesse de réclamer au gouvernement et aux dirigeants libanais de ne pas renvoyer les déplacés syriens vers leur pays.

Depuis que le Liban a entamé unilatéralement le processus de retour des réfugiés syriens dans leur pays depuis le mois d’août dernier, des milliers d’entre eux ont pu être acheminés via les passages frontaliers vers la Syrie et plus précisément vers la  province de Homs et le Qalamoune occidental, où ils ont été accueilli par les autorités syriennes. Le Hezbollah joue un rôle crucial dans cette opération en raison des liens étroits qu’il entretient avec Damas.

Le plus récent convoi des réfugiés syriens a été acheminé le 4 septembre dernier et comptait à lui seul 650 d’entre eux.

Durant son discours, M. Aoun a rappelé  le cas de la diaspora du peuple palestinien « qui vit dans des camps depuis 1948 surtout au Liban, dans l’attente de la solution politique promue par la résolution 194 ».
« Et voilà que les prémisses d’une solution se pointent à l’horizon après 70 années d’attente augurant leur implantation », là où ils sont réfugiés, a-t-il lancé non sans cynisme.
« C’est la politique de celui qui accorde ce qu’il ne possède pas », a-t-il regretté, en s’adressant à la communauté internationale.
Selon le site de la télévision russe RT, le président de la République libanaise a aussi vivement critiqué l’action internationale des Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York.

«Aujourd’hui est l’anniversaire du 11 septembre, événement qui a changé le cours du monde, particulièrement depuis que les Etats-Unis ont annoncé leur guerre contre le terrorisme, promettant de libérer le monde de celui-ci et d’apporter la liberté et la démocratie au peuple», a déclaré le président libanais devant l’hémicycle européen, dans des propos rapportés par l’agence Ruptly. Avant d’ajouter : «Mais 17 ans plus tard, il apparaît que la lutte contre le terrorisme a répandu le terrorisme de par le monde au lieu d’y mettre un terme.»

«La politique internationale appliquée au Moyen-Orient ne fait qu’exacerber la radicalisation, la haine et ouvre la voie à la violence et au terrorisme», a encore déploré Michel Aoun, cité par le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, selon RT.

Source: Divers

https://french.almanar.com.lb/1039524


 

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