LIBAN : L'ARMEE DU HEZBOLLAH (1ère PARTIE)

L’Armée du Hezbollah (1ère partie)
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Celui qui ne connait pas la Résistance, dans les années 90 (du siècle dernier), et après l’an 2000, il lui est difficile de comprendre l’ampleur des changements introduits dans ce corps, non seulement en termes du nombre de ses combattants, et de la taille de ses équipements , mais en termes de la qualité de la formation, des nouvelles structurations, et des tactiques auxquels ils recourent pour contrer chaque cas à part.
Sans oublier les modes d’identification mis en application pour s’adapter aux spécificités de chaque bataille.

Loin du quart de siècle d'expérience accumulé avant l’an 2000, allons plutôt au-delà de la guerre de Juillet 2006, puis à la participation aux combats en Syrie, pour percevoir les changements opérés ces dernières années.

Dans le dernier cas du Qalamoune, toutes les données disponibles du champ de bataille sont assez suffisantes pour se faire une idée initiale.

Plusieurs unités sont chargées  de préparer les données. Certains groupes spécialisés dans la collecte recueillent les informations fournies par les unités des différents services de sécurité. Dont celles émanant de la gestion des ressources humaines, où des centaines d'éléments de sécurité s’attellent pour tisser des relations qui procurent les informations qui permettent de dessiner la structure de l'ennemi, et de découvrir ses atouts de force et ses points de faiblesse.

Auquel s’ajoute des moyens d'espionnage technique, basés sur des mécanismes de travail technologique très sophistiqué, et dans lesquels sont utilisés les techniques électroniques modernes, y compris des drones, qui ont leur propre unité et qui sont conduits soigneusement pour leur permettre de survoler la cible voulue, d’envoyer les informations immédiatement, et de stocker les données tirées à partir des appareils capteurs (...)

Après avoir reçu l'information, elles sont ajoutées aux données politiques relatives à la situation actuelle, ainsi que celles classées «top secret»,  reçues par des sources inconnues, pour ensuite les présenter à une équipe spécialement conçue pour l'analyse.

Ayant une experience sur la nature de l’ennemi qui n’est autre dans ce cas que les parties takfiristes, elle a pour mission de collecter toutes les informations puis de les trier.  

Le Hezbollah a consacré une unité spéciale pour ces groupuscules. Elle sait beaucoup de choses sur leur structure intellectuelle, organisationnelle, militaire et religieuse. Certains éléments sont plus experts dans la nature de ce monde, et dans la distinction entre les factions salafistes, celles de daawah (prosélytisme), et celles du jihad salafiste, d’une part, et entre celles d’Al-Qaïda principalement, ou les groupes qui s’en ramifient.

Cette unité se charge de toutes les données supplémentaires reçues en provenance de parties sympathisantes, et peut aussi inclure celles provenant des interrogatoires réalisés  avec des éléments de ces groupuscules, ou les rapports préparés par les appareils de certains gouvernements et pays, interceptées d’une manière ou d'une autre. A ce moment, arrive la phase de « l’évaluation » ou « d’appréciation», qui permet à la direction politique et la direction militaire de prendre la décision la plus appropriée.

Cette phase requiert une grande importance pour définir la nature de la bataille, son timing, l’ampleur de l’attaque et donc celle des forces qui doivent être fournies pour la mener à bien, ainsi que la nature des spécialités requises.

Il en est de même pour la qualité des armements indispensables et les précautions qu’il faudrait suivre compte tenu des capacités de l’ennemi techniques, militaires voire de son activité sécuritaire et des renseignements. Apres avoir fourni toutes ces informations, il est nécessaire de fixer avec précision l’objectif et le champ de l’opération. C’est à ce moment que le secteur militaire concerné est chargé de le mettre à exécution.

Dans ce cas, voici ci-dessous les préparatifs essentiels :

Premièrement, il faut fournir toutes les données à l’équipe de commandement chargée de la mission, et il faut aussi designer l’officier qui va superviser l’ensemble de l’opération et de choisir ses collaborateurs.
Dans ce cas, sont prises en considération les compétences et les spécialités qui correspondent à la nature de la mission.

Deuxièmement : une discussion théorique est menée sur la mission, et un nouveau dossier lui est ouvert. Ce dernier comprend les données secrètes et non secrètes. Par la suite, des cartes géographiques et d’autres militaires pour la zone d’opérations sont mises au point. Une suggestion préliminaire doit être avancée pour répartir la zone en question en plusieurs carrés (…)

Troisièmement : une unité est formée pour spécialement réaliser un travail de surveillance directe. Ce qui nécessite de se rendre vers la zone et de choisir les mécanismes spécifiques. La Resistance a développé deux mécanismes : un mécanisme technique, à travers un système de surveillance et de suivi qui couvre la totalité de la région. L’autre se base sur le facteur humain, à travers les infiltrations au cœur de la région ciblée pour revenir avec les rapports sur d’innombrables choses.
Dans ce genre d’opération, le travail de surveillance se poursuit tout au long de la phase de préparation. Avec le temps, les équipes chargées de mettre à exécution l’opération se doivent elles aussi de faire part aux opérations de surveillance pour faire la connaissance de la région.

Quatrièmement : en fonction des recommandations fournies par les parties concernées, le haut-commandement prend la décision de définir le nombre de groupes nécessaires pour participer à la bataille. Est pris en considération non seulement le besoin direct des unités de combat, mais aussi les forces de remplacement, et celles de réserves, lesquelles entrent en action, en cas de revers subis nécessitant une prolongation de la bataille et d’expédier davantage de troupes.
Le commandement se doit de prendre des décisions sensibles, surtout que plus le nombre des combattants est important, plus les pertes humaines augmentent.

Cinquièmement : après avoir précisé la nature des tâches, en termes de communication nécessaire, l’ordre du déclenchement de l’opération de mobilisation est donné. C’est un processus confié à une unité spécialisée dans les acteurs militaires, travaillant pour fournir le nombre nécessaire qui sera immédiatement classé, entre les groupes qui effectuent les opérations d’assaut, ceux chargés des missions d’installation et de protection, et ceux auxquels sont confiés des rôles de réserve ou de remplacement.

Sixièmement : il faut choisir une région qui ressemble à celle de la zone d'opérations. Ce qui s’est d’ailleurs passé dans le cas de la récente confrontation. Des groupes de combattants y sont transférés pour commencer un entraînement intensif et rigoureux et tester leurs capacités physiques et mentales.
Ceux-là subissent des exercices de formation très durs, durant lesquels le résistant peut très bien transporter toutes ses armes en plus d’un poids supplémentaire aussi lourd, de marcher dans des conditions climatiques très pénibles, sur un terrain difficile, et de continuer à marcher dans certains cas, sans arrêt , sur une distance allant de 50 à 70 kilomètres.

Septièmement : les groupes sont soumis à la formation de toutes les disciplines, et sont initiés à l’identification de tous les mécanismes de coordination qui leur permettent d'agir dans les cas exceptionnels, rencontrés durant les combats. Pendant cette période, les éléments font l’objet d’opérations de développement de leur remise en forme physique, et de formation des compétences qui accordent aux combattants la supériorité de leurs mouvements.
En même temps, les éléments sont soumis à des sessions de mobilisation culturelle et religieuse.

Huitièmement : lorsque ces groupes sont en état de disposition raisonnable, il faut consulter le haut-commandement pour s’enquérir sur les derniers développements, que ce soit politiquement, sur le plan sécuritaire, ou au niveau des informations disponibles sur l'ennemi. Par la suite, c’est la phase de la répartition des tâches et des responsabilités, et celle de la désignation des chefs des bataillons et leurs adjoints, ainsi que les chefs des brigades, des groupes et leurs assistants. .

C’est dans cette phase que la taille de chaque unité sera décidée. Le commandant de l'opération aura la liberté de choisir, à la lumière de son expérience, le plus apte à diriger les opérations spécialisées au cours de la bataille.

Neuvièmement : tandis que des unités de combat sont en phase de préparation, d’autres unités seront en cours de préparation également, y compris les unités d'artillerie à longue portée, après avoir déterminée les besoins de la bataille en artilleries et missiles.

Puis sont sélectionnés les membres en charge du commandement de la mission. A ce moment-la aussi devraient être décidés les besoins en véhicules militaires, ou s’il faudra se contenter de l’infanterie. Seront également choisis les groupes qui œuvreront sur les missiles anti-blindés et ceux de la force de défense anti-aérienne. Sera également convoqué le corps de l’unité spéciale pour l’armement de génie et de sabotage.

Dixièmement : le commandement unifié de l’unité du service de communication (…) se doit lui aussi de préparer les exigences de la  bataille. Ce qui constitue parfois un matériel volumineux lourd, sans oublier les opérations spéciales de programmation et de cryptage, associées à la préparation des exigences des salles d’opérations centrales ou secondaires sur le champ de bataille.

Onzièmement : Le haut-commandement mobilise les unités logistiques concernés pour fournir les installations nécessaires pour la force en charge de l’opération.

Dans le cas de Qalamoune par exemple, le travail de ces unités comprend les véhicules lourds à l’instar des grands bulldozers pour ouvrir les routes, éliminer les obstacles ou soulever des bermes.

Il comprend aussi les véhicules de transport, grands, moyens ou petits, ainsi que les groupes de protection qui assure la sécurité de la région de déplacement et d’action des combattants et celle des combats.

Cette unité se doit aussi de garantir la livraison des munitions et de toutes les nécessités pour la mise en place des salles d'opération. Elle procure  le matériel nécessaire pour l'énergie électrique privée, ainsi que les moyens de sommeil et de nourriture, en plus des cours d'eau.

Ces unités jouent un rôle articulaire non seulement pour préparer la bataille, mais au cours de la bataille et au cours des opérations d’installation.

Douzièmement : L’Instance sanitaire islamique, (organe médical du Hezbollah) en collaboration avec l'unité de secours militaire, est elle aussi chargée quant à elle de préparer la liste des exigences en escortant la bataille.  
 

Dans ce cas, il ne suffit pas de se contenter de la boite de secours militaire fournie pour chaque combattant.

Mais il faut équiper un  hôpital de fortune, voire plus,  en fonction de la nature de la bataille et des forces qui y participent.
Des médecins spécialistes : chirurgiens, anesthésistes, et autres sont dépêchés sur place, ainsi que un bon nombre de secouristes spécialistes dans le secours de guerre.

Des ambulances sont également présentes sur le lieu, pour transporter les cas les plus graves en dehors de la zone d'opérations(…)

Après avoir préparé toutes les étapes et déterminé le calendrier à court terme pour l’opération, à partir de là une seconde phase commence avant le déclenchement de la bataille.

Demain : comment la bataille de Qalamoune a eu lieu.

 

Par Ibrahim al-Amine: rédacteur en chef du journal libanais al-Akhbar

Source: traduit par notre site du journal Al-Akhbar

 

Source: Journaux

18-05-2015 - 20:33 Dernière mise à jour 18-05-2015 - 20:35 | 1039 vus
 

 

 
 
 

 

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