MURIEL DICHAMP : CE QUE CES PROPRES CHEFS PENSAIENT D'ANDRE MALRAUX

14 mai 2011

CE QUE SES PROPRES CHEFS PENSAIENT DE ANDRE MALRAUX

En Corrèze, nous connaissons depuis toujours, le passé peu glorieux de André Malraux pendant la Seconde guerre mondiale. Planqué dans un village près de Tulle, payant de façon aléatoire ses loyers, André Malraux attendait de voir de quel côté le vent allait tourner. Dès qu'il sentit qu'il tournait en faveur de la Résistance, il usurpa le nom de résistance de son frère Roland Malraux : « Colonel Berger ». Roland Malraux, résistant, arrêté, déporté et assassiné par les nazis. André Malraux prit la direction de Toulouse pour fuir la colère et la vengeance des maquisards et résistants corréziens.

Il était aisé de soupçonner une attitude similaire pendant la Guerre d'Espagne. Voici, ci-dessous, les témoignages de ses propres chefs :

« Ecrivain français prestigieux, futur ministre de la Culture du général de Gaulle, André Malraux n’était pas membre des Brigades internationales comme beaucoup le croient encore. Son escadrille était directement rattachée à l’aviation républicaine et n’avait aucune autonomie. Son image d’ « intellectuel, aviateur, combattant de la liberté » forgée par la légende et la propagande, est sévèrement altérée par les rapports de ses supérieurs hiérarchiques espagnols. Ainsi, le lieutenant-colonel Antonio Camacho Benitez, un des meilleurs officiers de l’aviation républicaine écrit : Après l’attitude et l’action de M. Malraux, il conviendrait de prendre trois mesures : le réduire à la discipline, l’expulser ou le fusiller. » Le général en chef de l’aviation républicaine, le communiste Ignacio Hidalgo de Cisneros, n’est pas moins catégorique : « Ce que je puis et dois dire, c’est que Malraux, qui par sa personnalité d’écrivain aurait pu nous être utile, se déconsidéra en prétendant s’ériger en chef d’escadrille, sans avoir vu un avion de sa vie… En ce qui concerne le groupe d’aviateurs qui arriva avec Malraux, je regrette beaucoup de décevoir les nombreux Français qui virent en eux des héros romantiques et amoureux de la liberté…. En dehors de trois ou quatre véritables antifascistes, les autres aviateurs de Malraux étaient des aventuriers qui se fichaient pas mal de notre guerre. De véritables mercenaires attirés par la solde fantastique qu’on leur payait…. Malraux, qui ne connaissait rien à l’aviation, dut s’en remettre à eux, et il est facile de comprendre les mauvais tours que pouvaient jouer ces aventuriers, sans chefs capables de les freiner. Au lieu d’une aide, ils furent pour nous une charge. »

Est-il nécessaire de rappeler que de Gaulle, pour le remercier de tous ces services, l'a nommé ministre de la Culture.....

Sources :

R . Salas Larrazabal – Historia del ejercito popular de la Republica, Madrid, Editorial Nacional, 1972

Doc. Du Service historico-militaire, Madrid

Hidalgo de Cisneros, Memorias T II, Paris, Ebro, 1964, p. 232

Voir aussi A. Imatz, « La Guerre d’Espagne revisitée », Paris Economica, 1993, p 74-75

Muriel Dichamp

 

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