LES VOLS DE TERRES EN CISJORDANIE ATTEIGNENT DES RECORDS

Colonisation : les vols de terres en Cisjordanie atteignent des records
 

Le 21 mars, les autorités Israéliennes d’occupation ont commencé à informer les habitants palestiniens des villages d’Al-Sawiya, d’Al-Sharqiya, d’Al-Lubban et de Qaryout dans la région de Naplouse, que leurs terres devenaient « terres d’État » et à ce titre deviendraient partie intégrante de la colonie juive Eli.
Les villages avaient fait appel de la confiscation de leurs terres devant la Cour Suprême israélienne dès 2014.

La surface totale volée manque de précision, des sources Palestiniennes parlant de 1200 dunums (120 hectares) et la COGAT - l’organisme israélien gérant la colonisation des terres - faisant mention de 612 dunums (61,2 hectares) qui seraient ajoutés à la colonie Eli.

Une semaine avant cela, Israël a annoncé qu’il confisquerait 2342 dunams (234 hectares) de terres près de Jéricho et le long du couloir entre Jérusalem et la Mer Morte, une précieuse voie de communication pour l’industrie du tourisme.
La terre sera employée pour construire des centaines d’unités de nouveaux logements, aussi bien que des sites touristiques et des boutiques de souvenirs le long de la route.
Dans ce secteur se trouvent également 20 villages de la tribu bédouine de Jahalin, qu’Israël a déjà tenté de déplacer de force.

Israël prévoit d’établir des milliers d’unités pour les colons juifs dans le secteur entre Jérusalem et Jéricho - en Cisjordanie occupée - qu’il appelle le secteur E1.
Les nouvelles colonies israéliennes isoleraient encore plus Jérusalem Est du reste de la Cisjordanie occupée et diviseraient définitivement la Cisjordanie entre nord et sud.

Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait décidé de différer en 2013 l’important projet dans E1, en réponse à la pression internationale, il a tranquillement rétabli les plans de construction d’origine.
En décembre dernier, la Paix Maintenant a déclaré avoir obtenu des documents, en s’appuyant sur le droit à l’information, qui montrent que le ministère israélien du logement prévoyait de construire des milliers de maisons dans le secteur E1.

Paroles en l’air

Les Nations Unies ont ce mois-ci critiqué la saisie de terres près de Jéricho, qualifiant l’initiative « d’empêchement à la solution de deux États. »
Les Nations Unies ont réitéré leur position de longue date selon quoi les « colonies sont illégales en vertu du droit international, » mais en dehors d’une réprimande verbale et occasionnelle, l’organisation internationale et ses États membres n’ont jamais pris la moindre mesure pour obliger Israël à rendre des comptes.

Le Département d’État des États-Unis a également critiqué Israël pour « miner fondamentalement les perspectives pour une solution de deux États. »
« D’une certaine manière, ils découpent la Cisjordanie avec cette dernière annonce, parce que les terres sont situées dans un secteur stratégique, » a déclaré Jamal Juma, le coordonnateur de la campagne Stop The Wall.

« Ils se trouvent à côté de la Ligne Verte d’un côté et se prolongent complètement dans la vallée du Jourdain, » a-t-il ajouté, utilisant une formule habituelle pour désigner la ligne d’armistice de 1949 qui sépare Israël de la Cisjordanie, ensuite occupée en 1967. « Si ce projet aboutit, cela signifiera que toute la partie nord de la Cisjordanie sera séparée au milieu de la Cisjordanie. »

Il y a moins de deux ans, Israël a annoncé la saisie de 1000 dunums (100 hectares) près de Bethléem, provoquant les mêmes critiques- mais dans une absence identique d’action concrète - des officiels des États-Unis et des Nations Unies.
La Paix Maintenant avait alors indiqué qu’il n’y avait pas eu une si grande saisie de terres en Cisjordanie depuis les années 1980.

Confiscations ininterrompues

La Paix Maintenant, une organisation qui veut préserver Israël comme État à majorité juive et qui veut aussi que ce dernier cesse sa colonisation de la Cisjordanie, a soutenu pendant des années qu’en dépit d’un triplement de la population de colons juifs depuis les accords d’Oslo, la solution à deux États demeurait viable.

La Paix Maintenant basait son argumentation sur le fait que la majeure partie de la croissance coloniale s’est faite dans les soi-disant blocs de colonies qui resteraient sous le contrôle d’ "Israël" dans le cadre « d’un hypothétique échange de terres » qui légitimeraient rétrospectivement tous les vols de terres réalisés.

En augmentant la définition de ces blocs de colonies, Israël peut tenter de cacher à quel point son contrôle de la Cisjordanie s’est approfondi malgré le processus de paix.

Yiftah Curiel, le porte-parole de l’ambassade israélienne à Londres, a récemment réclamé que « 90 ou 95% des colonies sont dans ce qui est appelé les blocs de colonies… Ainsi, Je pense que les colonies ne sont peut-être pas l’obstacle principal à la paix comme certains le disent. »

En effet, la majeure partie des terres sur lesquelles les coonies se tiennent aujourd’hui étaient déclarées « terres d’État » par l’armée israélienne pendant les années 1980, après que la Cour Suprême ait statué que des colonies ne pourraient être construites sur des terres palestiniennes privées et expropriées par des ordres militaires.

En conséquence, après le jugement de 1979, Israël a commencé à exproprier de larges secteurs de la terre palestinienne simplement en la déclarant « terre d’État. »

Après les Accords d’Oslo, le gouvernement Israélien a officiellement cessé d’établir de nouvelles colonies et a ralenti les déclarations de « terre d’État. »
Ceci a conduit à la multiplication des « avant-postes » - des colonies juives qui sont illégales selon la loi israélienne, mais néanmoins permises avec une assistance étatique secrète suivie d’une approbation rétroactive.

Israël a également continuer d’augmenter, tout à fait officiellement, les colonies existantes, souvent sur des terres qui avaient été expropriées précédemment.
Toutes les colonies israéliennes sont illégales selon le droit international.

Depuis 1999, Israël n’a cessé de déclarer « terre d’État » des dizaines de milliers de dunums en Cisjordanie, sous le prétexte de réexaminer des déclarations faites pendant les années 1980 et de décider du sort des terres dont « la propriété est inconnue. »

Par ce processus, l’Israël a rétroactivement légitimé au moins deux douzaine d’avant-postes coloniaux.

Par exemple, en octobre dernier, Israël a décidé d’autoriser un groupe de cinq avant-postes en Cisjordanie, contenant des centaines d’unités d’habitation réparties sur six kilomètres carrés.

Les autorités coloniales ont dit agir ainsi en réponse à une requête déposée par l’organisation Yesh Din qui réclamait l’évacuation immédiate des colons parce qu’ils étaient établis sur des terres palestiniennes et avaient été impliqués dans des attaques violentes contre les Palestiniens.

La confiscation récente de terres près de Naplouse est présentée par les autorités israéliennes d’occupation comme un ajustement de frontière, et non pas comme une confiscation, parce qu’elle est basée sur les résultats d’une étude du ainsi-nommé Blue Line Team qui réexamine les déclarations faites précédemment de « terres d’État ».

Entre 1999 et 2011, le Blue Line Team a passé en revue 195 000 dunams de terres et a classifié « leur majorité écrasante » comme « terres d’État ».

Avec Info-Palestine

 

Source: Sites web

02-04-2016 - 16:02 Dernière mise à jour 02-04-2016 - 16:05 | 222 vus
 

 
 
 
 

 

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