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OSCAR FORTIN : LES SILENCES DU VATICAN SUR LE VENEZUELA RÉVÈLENT SA COMPLICITÉ AVEC LES USA

Les silences sur le Venezuela du secrétaire général de l’état du Vatican révèlent sa complicité avec Washington

Par Oscar Fortin

Mondialisation.ca, 30 septembre 2019

Humanisme 29 septembre 2019

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Le Cardinal Pietro Parolin, ex-Nonce apostolique du Vatican au Venezuela, s’est présenté à la Tribune des Nations Unies, ce vendredi, 28 septembre 2019, pour apporter le point de vue du Vatican et de l’Église catholique, sur l’état du monde et, de façon particulière, sur le Venezuela et les problèmes dont le peuple est victime.

Il faut dire que le Venezuela a fait l’objet d’un intérêt particulier de la part d’un grand nombre d’intervenants à cette Tribune des Nations Unies. Le Président Donald Trump a, pour ainsi dire, ouvert ce débat en s’exprimant clairement sur le fait que les États-Unis n’accepteraient pas de régime socialiste en Amérique latine et qu’il ferait tout pour que le régime socialiste, en vigueur au Venezuela, au Nicaragua, à Cuba, soit remplacé par un régime mieux adapté aux valeurs de son Administration. Les menaces d’invasion ainsi que les sanctions et l’interventionnisme en sont l’expression.

Le Gouvernement vénézuélien,  par la voix de sa vice-présidente, Nancy Rodriguez, a apporté la vérité du peuple vénézuélien en mettant en évidence, tout à la fois, les acquis de la révolution bolivarienne en éducation, santé, logement, etc. et les actions criminelles de l’interventionnisme sous toutes ses formes, promues par Washington et ses alliés. Selon les informations dont elle dispose et qu’elle a portées à la connaissance des membres de l’A.G., l’objectif de Washington est d’asphyxier le peuple vénézuélien pour qu’il fasse de son gouvernement le grand responsable de ses misères.  Malheureusement pour Donald  Trump, plus des 2/3 (13 millions) de l’électorat vénézuélien ont signé  un document précisant qu’ils ne veulent pas de Donald Trump ni de ses sanctions. Cette déclaration majoritaire du peuple vénézuélien confirme le caractère démocratique de la démarche ainsi que le niveau de conscience de ce peuple. Il sait que la principale source des problèmes que rencontre le peuple lui vient, en grande partie, de ces interventions diaboliques et criminelles de Washington.

Nombreux sont les intervenants qui ont relevé le caractère illégal de ces sanctions et interventions qui s’attaquent, sous de multiples formes, au bien-être de ce peuple. Des études récentes ont démontré le caractère   dévastateur et criminel de ces interventions. La Charte des Nations Unies est bien claire sur ce sujet. Voir les deux premiers articles de cette Charte ici-même. Il n’y a pas de doute que les pays qui se joignent aux prétentions des États-Unis sur le Venezuela se transforment en délinquants internationaux. Ces interventions n’ont l’aval d’aucune instance autorisée des Nations Unies pour intervenir comme ils le font dans un pays souverain et indépendant. C’est le cas du groupe de Lima auquel on peut joindre l’État du Vatican et certains pays d’Europe à la remorque des États-Unis.

Lorsque le grand patron de l’État du Vatican prend la parole sur la question du Venezuela, il se fait sensible à l’émigration massive des jeunes ainsi qu’à la souffrance du peuple et ne peut que souhaiter qu’il y ait des élections présidentielles, seule solution plausible, selon lui. Pour sortir le Venezuela du marasque dans lequel il se trouve. De toute évidence, pour lui, le gouvernement et le régime socialiste sont les seuls responsables de cette misère et la source principale des conflits qui existent. Il souhaite évidemment qu’à travers la négociation entre le gouvernement et l’opposition une solution puisse être trouvée.

Aussi curieux que cela puisse paraître, l’auteur et l’acteur principal de la mise en scène de ce qui se complote au Venezuela sont complètement ignorés. S’il y a des problèmes au Venezuela, les États-Unis et ses alliés n’y sont pour rien. Les sanctions et les menaces de guerre ne sont que des illusions. Le cardinal Parolin n’y voit aucune relation de ces derniers avec la situation de crise qui se vit au Venezuela. Le problème du Venezuela est un problème interne, point à la ligne.

https://www.religiondigital.org/vaticano/Parolin-elecciones-Venezuela-buscar-acuerdo_0_2162483760.html

Lui comme nous tous sait que l’acteur principal qui planifie, organise et finance  les multiples interventions au Venezuela a pour objectif principal la reprise du contrôle des richesses du pays et de ceux qui en auront la charge.  Il en va de même pour l’interventionnisme qui va à l’encontre du droit international. Ni un mot sur l’un comme sur l’autre. Aucune remarque sur la nécessité de respecter le droit international et de s’en tenir aux normes des Nations Unies dans les relations entre peuples souverains. Il ne fait aucune allusion aux 13 millions d’électeurs et d’électrices du Venezuela qui ont signé une pétition pour que Trump les laisse tranquilles. Ces 13 millions de signatures ont été remis au Secrétaire général des Nations Unies. Il me semble qu’il s’agit là d’un geste important qui eut pu être signalé par le représentant du Vatican.

Pourquoi ces silences sur ces points fondamentaux qui sont à la racine des maux dont souffre le peuple vénézuélien: les prétentions de conquête du président Donald Trump,  l’usage des menaces d’invasion, la mise en place de sanctions criminelles, la saisie d’effectifs monétaires pour mettre à sec les coffres de l’État, l’image déformée d’un peuple qui résistent aux provocations et qui témoigne avec fierté de Bolivar et de Chavez? Ne pas faire référence à ces réalités c’est comme ne pas voir les éléphants dans sa cour arrière. Il s’agit de faits déterminants qui ne peuvent passer sous silence.

C’est pourtant ce même cardinal qui déclarait dans une  conférence de presse aux Nations Unies « qu’il était fondamental d’aller à la source de ces maux pour en résoudre les causes ». Il n’y a qu’une explication à ces silences et c’est celle que l’État du Vatican est partie prenante des politiques de Washington contre la Révolution bolivarienne. Il l’est depuis le début de cette révolution.  Il était présent, en avril 2002, à travers le cardinal de l’époque qui a accompagné Carmona, l’homme de main de Washington pour remplacer Chavez. Cette complicité demeure toujours active à travers l’épiscopat vénézuélien, véritable opposition à la révolution bolivarienne et à son gouvernement.

Le Secrétaire d’État joue le rôle du bon gars qui parle comme au nom de Dieu lui-même en se disant favorable à une solution pacifique à travers la négociation avec l’opposition qu’il prend la peine de préciser, celle de son président intérimaire autoproclamé, Juan Guaido. De ce dernier, il ne dit rien de ses relations avec des organisations terroristes de Colombie. Aucune déclaration à l’endroit de Washington pour qu’il mette fin à ses menaces et à ses interventions pour renverser le gouvernement.  Aucun appel au respect du droit international de non-intervention. Cela indisposerait trop Washington et ses alliés.

Oscar Fortin

 

Références en espagnol

Donald Trump: http://webtv.un.org/search/united-states-president-addresses-general-debate-74th-session/6089079269001/?term=trump&sort=date

http://webtv.un.org/search/venezuela-vice-president-addresses-general-debate-74th-session/6090129077001/?term=&lan=english&page=8

http://webtv.un.org/search/holy-see-secretary-of-state-addresses-general-debate-74th

 

La source originale de cet article est Humanisme

Copyright © Oscar FortinHumanisme, 2019

https://www.mondialisation.ca/les-silences-sur-le-venezuela-du-secretaire-general-de-letat-du-vatican-revelent-sa-complicite-avec-washington/5637296


 

TENSIONS AU SEIN DE L'EGLISE CATHOLIQUE : LE PAPE FRANCOIS ÉVOQUE L’HYPOTHÈSE D'UN "SCHISME" AVEC L'EGLISE AMÉRICAINE

le pape François dans une basilique Saint-Pierre, Noël

Tensions dans l’Église catholique: le pape François évoque l’hypothèse d’un «schisme»

© AFP 2019 VINCENZO PINTO

INTERNATIONAL

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Contrairement à son habitude, le souverain pontife a répondu aux critiques des ultra-conservateurs qu’il accuse d’introduire de «l’idéologie» dans la doctrine de l’Église, assurant ne pas avoir peur d’un «schisme».

«Je n’ai pas peur», a rétorqué le pape François aux cercles conservateurs, dont il est de plus en plus la cible, lors d’une conférence de presse donnée le 10 septembre dans l’avion, sur le chemin du retour, après un voyage d’une semaine au cours duquel il s’est rendu dans trois pays africains, relate Le Monde.

Durant le vol aller du 4 septembre, le chef de l’Église catholique avait déclaré: «C’est un honneur que les Américains m’attaquent», recevant en cadeau le livre d'un journaliste sur les virulentes critiques des milieux catholiques ultra-conservateurs américains, intitulé «Comment l'Amérique veut changer le pape». Le livre décrit leurs efforts pour «changer de pape», en raison notamment de désaccords sur le discours économique de ce dernier et de ses critiques contre la mondialisation.

Interrogé sur ce conflit, le souverain pontife a plus d’une fois évoqué la possibilité d’un «schisme» avec l’Église américaine. Il a en effet reproché à ses adversaires d’introduire de «l’idéologie» dans la doctrine de l’Église.

«Je copie Jean-Paul II»

 

Le pape François

© REUTERS / REMO CASILLI

Pape François: «C’est un honneur que les Américains m'attaquent»

À ceux qui l’accusent d’être «trop communiste», il répond qu’il ne fait que suivre les enseignements de ses prédécesseurs. «Par exemple, les choses sociales que je dis, c’est la même chose que ce qu’avait dit Jean-Paul II. La même chose! Je le copie!» Jean-Paul II est d’ailleurs une référence absolue pour les courants conservateurs, souligne Le Monde.

 

Le pape François estime que «le chemin du schisme n’est pas chrétien», tout en soulignant que «Moi, je n’ai pas peur des schismes.». «Je prie pour qu’il n’y ait pas de schisme», a-t-il cependant ajouté.

Le souverain pontife a pour une fois dérogé à sa règle de ne pas répondre aux attaques. S’il a longuement parlé et avec insistance de l’hypothèse d’un schisme, c’est pour trois raisons, note Le Monde. Premièrement, pour dramatiser les attaques portées contre lui et réaffirmer sa volonté de maintenir son cap en dépit des pressions. Deuxièmement, pour placer dans une position de dissidents ses adversaires, qui, de leur côté, ne cessent d’accuser le pape d’avoir lui-même introduit la rupture dans la doctrine de l’Église et d’imposer des conceptions hétérodoxes voire, pour certains, hérétiques. Et troisièmement, pour affirmer son autorité en prévision des discussions à venir en octobre sur l’ordination d’hommes mariés en Amazonie pour pallier le manque de prêtres dans cette région très vaste. Dans le même mois, la nouvelle Constitution vaticane devrait en outre être enfin publiée, qui pourrait engendrer d’autres changements substantiels dans le fonctionnement de l’Église.

Critiqué de tous les côtés

 

Prêtres catholiques

© SPUTNIK . IGOR ZAREMBO

Mariage des prêtres en France? La déclaration inédite d’un archevêque

Le pontife a en outre fait savoir que les critiques à son encontre «ne viennent pas seulement des Américains», mais «d’un peu partout, y compris de la curie» romaine. Le pape François assure être disposé à entendre toute critique «loyale» et ouverte. Cependant, il rejette les critiques faites «sous la table», par «ceux qui te font des sourires et après te poignardent dans le dos». Selon lui, il s’agit de «petits groupes fermés qui ne veulent pas entendre la réponse à la critique» et qui «lancent la pierre en se cachant la main».

 

Enfin, il a reproché aux cercles conservateurs qui le critiquent d’avoir une «idéologie ascétique» qui donne «le primat d’une morale ascétique sur la morale du peuple de Dieu». «Aujourd’hui, nous avons tellement d’écoles de rigidité dans l’Eglise, qui ne sont pas des schismes mais qui sont des chemins chrétiens de type schismatique. Et, à la fin, ils finiront mal», a-t-il conclu.

https://fr.sputniknews.com/international/201909111042077831-tensions-dans-leglise-catholique-le-pape-francois-evoque-lhypothese-dun-schisme/


 

AUSTRALIE : LA CONDAMNATION POUR VIOL SUR MINEURS DU CARDINAL PELL CONFIRMÉE EN APPEL

Australie: la condamnation pour pédophilie du cardinal Pell confirmée en appel

  

  • Par  Le Figaro avec AFP 
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L'ancien numéro trois du Vatican a été condamné pour viol et agressions sexuelles sur deux mineurs dans les années 1990.

La justice australienne a confirmé mercredi en appel la condamnation à six ans de prison du cardinal George Pell, ancien numéro trois du Vatican, pour viol et agressions sexuelles sur deux enfants de choeur dans les années 1990, et a ordonné son maintien en détention.

En costume sombre, le prélat de 78 ans a comparu devant la Cour suprême de l'Etat australien de Victoria à Melbourne, baissant régulièrement la tête pendant que la juge Anne Ferguson lisait la décision rejetant son appel. La foule massée a l'extérieur a salué le verdict avec des applaudissements qui ont été entendus jusque dans la salle d'audience.

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Pédophilie : le cardinal Pell condamné à 6 ans de prison

Le cardinal George Pell, numéro 3 du Vatican, a été condamné mardi 12 mars, à Melbourne, à 6 ans de prison. Il était sous le coup de 5 chefs d'accusation, et lors de l'énoncé de sa peine, a été évoquée la possibilité qu'il ne sorte jamais de prison.

 

 

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13 objections pour contester la condamnation

La juge Ferguson a déclaré que le cardinal Pell serait admissible à une libération conditionnelle dans trois ans et huit mois, bien qu'il puisse encore former un nouveau recours devant la Haute Cour d'Australie.

«Pour de nombreux survivants (d'agressions sexuelles), une condamnation prononcée contre un agresseur tout-puissant et très en vue accroît la confiance dans la conduite de la justice et la possibilité de dénoncer.»

Pam Stavropoulos de la Fondation australienne Blue Knot

Plus haut représentant de l'Eglise catholique jamais condamné pour viol sur mineur, le cardinal, qui clame son innocence, a été reconnu coupable en décembre de cinq chefs d'accusation, notamment d'avoir imposé une fellation en 1996 à un garçon de 13 ans et de s'être masturbé en se frottant contre l'autre.

«Pour de nombreux survivants (d'agressions sexuelles), une condamnation prononcée contre un agresseur tout-puissant et très en vue accroît la confiance dans la conduite de la justice et la possibilité de dénoncer», a réagi Pam Stavropoulos de la Fondation australienne Blue Knot, un groupe de défense des enfants victimes d'abus sexuels.

Les avocats du cardinal avaient soulevé 13 objections pour contester la condamnation, en soutenant notamment qu'il était «physiquement impossible» que les faits allégués aient été commis par le prélat alors que la cathédrale était bondée.

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Un interrogatoire du cardinal Pell, condamné le 13 mars à 6 ans de prison pour pédophilie, a été rendu public par la police australienne. On y voit le prélat nier en bloc et avec véhémence les allégations à son encontre.

 

 

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Ils ont émis des doutes sur l'ensemble du jugement, qu'il s'agisse de la chronologie des faits ou de la possibilité matérielle pour George Pell d'avoir commis les agressions dans l'encombrante tenue sacerdotale dont il était vêtu alors qu'il venait de célébrer l'office.

Surtout, ils estiment le verdict «déraisonnable», car basé exclusivement sur le témoignage d'une des victimes. L'autre est décédée en 2014 d'une overdose, sans jamais avoir affirmé avoir été victime d'une agression.

Lisa Flynn, avocate du père de la victime décédée a déclaré à l'AFP qu'«un poids avait été levé».

«Il estime que justice a été rendue aujourd'hui. Il est vraiment soulagé que George Pell soit derrière les barreaux ce soir », a ajouté l'avocate.

Les trois juges ont également rejeté à l'unanimité deux arguments de la défense du cardinal invoquant des erreurs de procédure au cours de son procès.

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Ses avocats ont notamment soutenu qu'ils auraient dû être autorisés à montrer une reconstitution animée des allées-venues dans la cathédrale aux moments des agressions.

A la suite de la décision de mercredi, le Premier ministre australien Scott Morrison a exprimé sa sympathie aux victimes. Il a déclaré que les «tribunaux avaient fait leur travail» et indiqué que le cardinal Pell serait déchu de sa médaille de l'Ordre d'Australie.

Avant sa disgrâce cette année, M. Pell avait connu une ascension rapide. Nommé archevêque de Sydney en 2001, il était entré en 2003 dans le puissant Collège des cardinaux et siégeait aux conclaves qui ont élu successivement les papes Benoît XVI et François.

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Tout juste élu, le pontife argentin l'avait choisi en 2013 pour faire partie du conseil de neuf cardinaux (C9) chargé de l'aider à réformer la Curie, le gouvernement du Vatican.

En 2014, il était ensuite devenu secrétaire à l'Economie, véritable numéro trois du Vatican.

Depuis sa condamnation, le cardinal Pell a été relevé de sa fonction de responsable financier du Vatican et perdu sa place dans le C9. Le Vatican a ouvert sa propre enquête sur Mgr Pell qui pourrait au final être défroqué.

Le Figaro avec AFP

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/australie-la-condamnation-pour-pedophilie-du-cardinal-pell-confirmee-en-appel-20190821


 

SELON UNE ETUDE DE LA BBC, LA JEUNESSE DU MAGHREB N'EST PAS AUSSI RELIGIEUSE QU'ON LE CROIT. PLUS DE 30% DE TUNISIENS SE DISENT "NON RELIGIEUX"

La jeunesse du Maghreb pas aussi religieuse qu’on le croit

Une étude publiée par la BBC met en lumière le changement de mentalités au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Sans surprise, la nouvelle génération est plus progressiste. Avec toutefois quelques paradoxes.

Un couple à Sidi Bou Saïd, en Tunisie

Un couple à Sidi Bou Saïd, en Tunisie (NATALIA SELIVERSTOVA / SPUTNIK)

Dans le cadre d’une enquête d’opinion menée par l’organisme indépendant Arab Barometer, plus de 25 000 personnes ont été interviewées dans une dizaine de pays arabes sur plusieurs sujets concernant notamment la place de la femme, l’homosexualité ou bien encore la religion. On apprend ainsi que les jeunes ne sont pas aussi conservateurs que leurs aînés. Mais certains schémas à l’ancienne restent bien ancrés.

Tunisie : plus de 30% de "non religieux"

L’étude souligne une "nette augmentation" de personnes se décrivant comme "non religieuses". La proportion passe de 8% en 2013 à 13% en 2019. Un taux qui monte à 18% chez les moins de 30 ans. Le changement le plus frappant se trouve au Maghreb et surtout en Tunisie, où plus d'une personne sur trois se dit "non religieuse". L’Egypte double son score et dépasse désormais les 10%.

Davantage de pouvoir pour les femmes?

Sur la question de l’égalité hommes-femmes, la plupart des personnes interrogées se disent favorables à l’arrivée d’une femme au pouvoir. D’accord pour une femme présidente ou Premier ministre, avec parfois quelques réticences, comme en Algérie. En revanche, la gestion du foyer est une autre paire de manches. Home it’s Homme. Le pouvoir décisionnaire revient au "sexe fort", comme on disait avant. Beaucoup de femmes pensent que les maris devraient toujours avoir le dernier mot concernant les décisions familiales.

L’homosexualité reste taboue

Dans les pays arabes, l’image du couple n’évolue pas. A l’affiche, c’est toujours : un homme et une femme. Ne parlez pas d’homosexualité, ça reste un sujet interdit, du moins en public. Selon l’étude, l’Algérie est relativement la plus tolérante, 26% des personnes interrogées disant accepter l’homosexualité. Un taux qui chute à 6% au Liban alors que l'on y trouve des bars et des lieux de rencontres pour personnes du même sexe.

"L’honneur" des femmes

Au-delà de l’homosexualité, c’est la sexualité elle-même qui ne passe pas vraiment. Dans la plupart des pays arabes, jeunes et moins jeunes ont toujours du mal à aborder la question. Pire, beaucoup pensent encore que le "crime d’honneur", destiné à "laver la honte" de la relation sexuelle d’une femme hors mariage, est acceptable. En Algérie et au Maroc, plus d’une personne sur quatre admet ce crime.

L’émigration fait rêver

Selon l’étude, au moins une personne sur cinq envisage de quitter son pays et c’est principalement pour des raisons économiques. Les candidats au départ se trouvent principalement au Soudan, où plus de la moitié des personnes interrogées se prononcent en faveur de l’émigration. Les jeunes rêvent d’Europe et d’Amérique malgré toutes les restrictions .

OSCAR FORTIN : LA MAFIA EPISCOPALE DE L'AMERIQUE LATINE

La mafia épiscopale de l’Amérique latine

Par Oscar Fortin

Mondialisation.ca, 19 mai 2019

Humanisme

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L’histoire récente de l’Amérique latine met en évidence des épiscopats qui font front commun pour contrer l’émergence de gouvernements socialistes sous la bannière de leur indépendance et souveraineté ainsi que de celle d’une meilleure distribution des richesses au profit des plus démunis et déshérités. L’expérience du socialisme, promu par Salvador Allende  au Chili, allait dans le sens de ces deux bannières. Nous avons rapidement vu que Washington, expression de l’Empire, le prenait très mal et que cette voie devait être mise aux oubliettes le plus rapidement possible.*

Avec l’arrivée au Vatican de Jean-Paul II, déjà bien connu comme collaborateur et soutien de Lech Walesa en lutte contre le gouvernement communiste de Pologne,  Washington trouvait son homme pour lutter contre toute forme confondue de socialisme, identifié, pour les fins recherchées, aux pires moments du communisme de l’ex-URSS. En 1982, à la bibliothèque du Vatican, un accord de coopération entre le Vatican et Washington a été signé pour enrayer à sa source toute tendance allant en ce sens. On se souviendra, dans la foulée de cet accord, la visite de J.P.II réalisée au Chili, toujours sous la gouverne du dictateur Pinochet.  Il s’est bien gardé de faire allusion aux crimes commis par ce dernier, aux arrestations et aux tortures auxquelles des milliers de personnes ont été soumises.  Par contre, lors de sa visite au Nicaragua, sous le régime tout récent des sandinistes, il s’est présenté comme quelqu’un qui avait pour mission de faire échouer cette révolution, à laquelle participaient quatre prêtres, dont trois à des postes ministériels importants : la culture, l’éducation et les relations extérieures.

http://humanisme.over-blog.com/article-235431.html

Avec ce pacte, le Vatican devenait un complice de l’Empire dans ses prétentions de dominer l’ensemble des pays de l’Amérique latine.  Il a tout fait pour étouffer la théologie de libération et pour taire, du même souffle, tous les crimes commis par son complice impérial pour éliminer tous ceux et celles qui mettaient en cause cette hégémonie. En ce sens, le Vatican et les épiscopats latino-américains sont devenus complices des coups d’État militaires, des persécutions et des assassinats du Plan Condor, des dictateurs qui pouvaient compter sur leur silence et la diversion de tout autre sujet de nature à faire oublier ces crimes.

Le pape François, à son arrivée au pontificat de l’Église catholique a produit une Exhortation apostolique Evangelii Gaudiumportant sur le capitalisme sauvage et ses conséquences dans la vie des peuples. Un document qui a rencontré un grand accueil de la part de tous ceux et celles qui œuvrent pour des relations humaines plus justes et plus respectueuses des droits des personnes et des peuples. Enfin nous avons un Pape, s’exclamait le président Evo Morales de la Bolivie, cette Exhortation apostolique s’est vite retrouvée aux oubliettes. La signature, en 2014, d’un second pacte, cette fois entre Obama et le pape François, plaçait pour ainsi dire le Vatican en contradiction avec lui-même. Selon les informations dont on dispose, l’esprit du premier pacte serait maintenu, à savoir l’engagement de collaborer pour freiner l’émergence du socialisme en Amérique latine. Ce que le Vatican ne semble pas avoir pris en considération est que ce socialisme qui se développe en Amérique latine lutte justement contre ce capitalisme sauvage, dénoncé dans le document du pape. Il s’agit d’un socialisme qui a pour objectif, entre autres, de lutter contre toute forme d’impérialisme dans le but d’humaniser  les relations des personnes et des peuples sur la base du bien commun et d’une plus grande justice sociale. Un objectif qui cadre parfaitement bien  avec les objectifs de la Charte des Nations Unies.

Dans cette lutte, il s’agit d’une organisation criminelle qui se place au-dessus des lois dans le but de reconquérir les États déjà entre les mains de gouvernements socialistes ou encore d’empêcher les peuples de se donner de tels gouvernements. Épiscopats et Washington travaillent main dans la main pour donner suite à leurs engagements. En cela se trouve le sens du mot mafia, utilisé dans le titre de cet article.

L’art de diluer la réalité et de confondre l’opinion des gens

La semaine dernière, se réalisait à Tegucigalpa, au Honduras, la rencontre des évêques de l’A..L. et des Caraïbes.  Lors de ces rencontres à huis clos, ils traitent des divers problèmes qui se présentent et élaborent des stratégies qui leur permettent  d’associer le nom de Dieu et le vocable de l’Église tout en confondant l’opinion des gens. Voici un bel exemple de ces formules dont ils ont l’habitude.

« « Nous devons nous renforcer dans la foi en écoutant la parole de Dieu pour résister aux idéologies déshumanisantes qui affaiblissent la recherche du bien commun, l’exercice des libertés et la reconnaissance des droits de l’homme », a déclaré son nouveau président, Monseigneur Miguel Cabrejo

À première vue, tout semble très beau et les personnes de la gauche y voient tout de suite une ouverture à la lutte contre ce capitalisme sauvage qui répond bien à tous ces qualificatifs. Il n’en est toutefois rien. La cible  de ces idéologies déshumanisantes ce sont ces gouvernements socialistes d’inspiration bolivarienne. Il s’agit d’un socialisme démocratique, humaniste, chrétien et anti-impérialiste. Le Venezuela compte plus de vingt élections en 20 ans, des progrès sociaux de grande envergure: les 2,5 millions d’appartements mis à la disposition des familles les plus démunies; l’éducation gratuite du premier échelon de l’enseignement aux échelons les plus élevés ; les soins de santé également gratuits et accessibles dans toutes les régions du pays; une démocratie participative qui repose sur une Constitution, élaborée par le peuple et votée par référendum par le peuple.

C’est ce que les épiscopats, L..A., appellent «  idéologies déshumanisantes qui affaiblissent la recherche du bien commun, l’exercice des libertés et la reconnaissance des droits de l’homme »,

Ces épiscopats ne feront jamais référence aux grandes conquêtes sociales et démocratiques générées par ce type de socialisme humanitaire. Pas plus, ils ne parleront de toutes ces interventions de Washington pour briser l’économie du pays et créer des conflits internes.  

Leur seul discours sera de dire que le gouvernement est une dictature, que les dernières élections sont frauduleuses, que le peuple vit dans la grande misère et que le seul responsable de tous ces maux est le communisme ( le mot socialiste n’est pas assez fort pour eux).  En toute fin, je vous laisse avec cette référence(1), inspirée de l’Apocalypse.

https://humanisme.blogspot.com/2015/02/la-prostituee-de-lapocalypse.html

Oscar Fortin

Le 19 mai 2019

 

 

 

*Note de l’auteur :

N’allez pas croire que je sois un de ces incroyants qui en ont marre de l’Église et de tout ce qui est foi. Je suis croyant en ce Jésus de Nazareth et dans les Évangiles qui en racontent l’histoire et l’enseignement. C’est justement au nom de cette foi que j’assume ce titre et le texte qui va suivre. Vous jugerez par vous-mêmes.

La source originale de cet article est Humanisme

Copyright © Oscar FortinHumanisme, 2019

https://www.mondialisation.ca/la-mafia-episcopale-de-lamerique-latine/5633664


 

POUR SA SAINTETE LE PAPE BENOIT XVI QUI NE CONDAMNE PAS, LES SCANDALES PEDOPHILES S'EXPLIQUENT PAR LA REVOLUTION SEXUELLE DES ANNEES 60

Les scandales pédophiles s'expliquent par la révolution sexuelle des années 60, selon Benoît XVI

- Avec AFP

Les scandales pédophiles s'expliquent par la révolution sexuelle des années 60, selon Benoît XVI

© VINCENZO PINTO Source: AFP

Le pape émérite Benoît XVI.

 

Dans une analyse rendue publique le 11 avril, le pape émérite Benoît XVI a expliqué les scandales de pédophilie du clergé par la révolution sexuelle des années 60, des idées théologiques nouvelles, ainsi que l'effondrement en Occident de la foi.

Benoît XVI, qui vit reclus dans un petit monastère de la Cité du Vatican, s'exprime très rarement depuis sa renonciation voici six ans, mais quand il le fait, ses propos ne passent pas inaperçus. Dans un texte publié le 11 avril par Klerusblatt, un mensuel bavarois destiné au clergé, le pape émérite allemand s'est évertué à trouver une explication aux scandales pédophilies qui ravagent l'Eglise catholique.

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Des membres de l'association Ending Clergy Abuse (ECA) participent à manifestation à Rome, le 23 février.

L'Eglise catholique reconnaît avoir étouffé des affaires d'abus sexuels sur mineurs

La responsabilité en incombe selon lui en partie à l'évolution des mœurs à la fin des années 1960. «La révolution de 1968 s'est battue pour une complète liberté sexuelle, qui n'admettait plus de normes. La pédophilie a alors également été diagnostiquée comme permise et appropriée», a-t-il ainsi souligné dans un texte de 18 pages, également publiée par des sites catholiques américains.

«Des cliques homosexuelles se sont développées dans différents séminaires» relève-t-il ensuite pour illustrer son propos sur une certaine «dissolution de l'enseignement moral de l'Eglise». Un évêque avait par exemple décidé de montrer des films pornographiques aux séminaristes «avec l'idée de les rendre plus résistants à des comportements contraires à la foi», affirme-t-il encore.

Le pape émérite dresse en outre un constat assez amer d'une «société occidentale où Dieu a disparu de l'espace public» et où l'Eglise est perçue aujourd'hui comme «une sorte d'appareil politique». «Pourquoi la pédophilie a-t-elle pris de telles proportions? Au final cela s'explique par l'absence de Dieu», devenu une préoccupation d'ordre privé d'une minorité de croyants, écrit-il.

Avant de devenir pape, Joseph Ratzinger a dirigé la Congrégation pour la doctrine de la Foi où il fit la chasse durant 24 ans à toutes les dérives liturgiques ou sociales. Ce département du Vatican est également chargé d'étudier les dossiers d'abus sexuels du clergé parvenant au Vatican.

Ce professeur bavarois élu pape en 2005 a vite été confronté à des révélations en cascade d'abus sexuels commis sur des enfants par des membres du clergé. Il a notamment demandé en 2011 que les prêtres soupçonnés d'abus soient déférés devant la justice du Vatican.

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AFFAIRE BARBARIN : LE PARQUET FAIT APPEL DE LA CONDAMNATION DU CARDINAL. LA MESSE EST DITE...

Affaire Barbarin: Le parquet fait appel à son tour de la condamnation du cardinal

JUSTICE Il s'agit, selon le parquet, de donner à la Cour la possibilité de réévoquer l'affaire dans sa globalité

C.G.

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L'archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin, est poursuivi pour non-dénonciation d'actes pédophiles. Une pétition réclame sa démission.

L'archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin, est poursuivi pour non-dénonciation d'actes pédophiles. Une pétition réclame sa démission. — Bob Edme/AP/SIPA

Alors que le cardinal Barbarin rencontrera lundi le Pape afin de lui remettre sa démission, le parquet de Lyon a fait appel de sa condamnation. Le Primat des Gaules, condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes de pédophilie, a fait appel vendredi. Le procureur de la République également.

« Il est de pratique habituelle de faire appel incident en cas d’appel principal du prévenu afin de donner à la Cour la possibilité de réévoquer l’affaire dans sa globalité », précise ce dimanche le parquet de Lyon, confirmant ainsi une information du Progrès.

Aucun appel n’a été formé à l’encontre des cinq autres prévenus, qui ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Lyon.

SOCIÉTÉ

Affaire Barbarin: «Il est temps qu'il s'en aille, pour l'Eglise, mais aussi pour sa santé personnelle»

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Affaire Barbarin: Quand connaîtra-t-on la décision du Pape au sujet du cardinal?

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L'EGLISE CATHOLIQUE RECONNAIT AVOIR ETOUFFE DES AFFAIRES D'ABUS SEXUELS SUR PLUS DE 3600 MINEURS PENDANT DES DECENNIES

L'Eglise catholique reconnaît avoir étouffé des affaires d'abus sexuels sur mineurs

- Avec AFP

L'Eglise catholique reconnaît avoir étouffé des affaires d'abus sexuels sur mineurs

© Vincenzo PINTO Source: AFP

Des membres de l'association Ending Clergy Abuse (ECA) participent à manifestation à Rome, le 23 février.

 

Un cardinal allemand, proche du pape, a admis que l'Eglise avait détruit des dossiers concernant des ecclésiastiques ayant agressé sexuellement des mineurs, appelant à une nouvelle culture de transparence pour répondre aux scandales.

«Des dossiers qui auraient pu documenter ces actes terribles et indiquer le nom des responsables ont été détruits ou n’ont pas même été constitués», a déploré le cardinal allemand Reinhard Marx le 23 février, dans un discours devant les 190 participants d'un sommet du Vatican, qui aborde sans fard des pratiques qui, au sein de l'Eglise catholique, ont pu mener à perpétrer ou taire des abus sexuels sur mineurs.

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Scandales de pédophilie dans l'Eglise : le pape organise un sommet anti-abus sexuels

Le président de la conférence épiscopale allemande, connu pour ses prises de positions plutôt libérales et sans langue de bois, fait partie d'un conseil restreint de cardinaux («C9») conseillant le pape François sur les réformes des institutions du Vatican. «Les abus sexuels à l’égard d’enfants et de jeunes sont, dans une mesure non négligeable, dus à l’abus de pouvoir dans le cadre de l'administration» qui a «discrédité» la mission de l'Eglise, a argué le cardinal allemand. 

«Au lieu des coupables, ce sont les victimes qui ont été réprimandées et on leur a imposé le silence», a-t-il martelé. «Des procédures et des processus établis pour poursuivre les délits ont été délibérément non respectés, plutôt rayés et ignorés. Les droits des victimes ont été, de fait, foulés aux pieds et laissés aux caprices de personnes individuelles», a encore souligné le cardinal Marx.

Sa remarque n'a pas échappé à une centaine de victimes d'abus sexuels du clergé, qui ont organisé une marche dans le centre de Rome ce 23 février. «C'est illégal [de détruire des dossiers]», a commenté l'Américain Peter Isely, un membre fondateur de l'organisation internationale ECA («End Clergy Abuse»), qui avait rencontré le cardinal Marx la veille. Selon lui, les déclarations du cardinal allemand devraient fortement intéresser la justice civile.

Le cardinal Marx avait présenté à l'automne les excuses de l'Eglise catholique allemande lors de la présentation d'un rapport révélant des abus sexuels perpétrés sur plus de 3 600 mineurs pendant des décennies. Le rapport universitaire avait été commandé par l’épiscopat allemand.

Ce 23 février, le prélat a en outre estimé devant ses pairs que «le secret pontifical» souvent mis en avant par l'Eglise pour ne pas communiquer n'avait aucune justification convaincante à ses yeux face à des cas d'abus sexuels. Il a préconisé une plus grande transparence sur les procès menés à huis clos par l'Eglise, une revendication importante des victimes d'abus sexuels. «L’Eglise ne doit pas fonctionner avec des normes de qualité inférieures à celles de l'administration publique de la justice si elle ne veut pas qu'on lui reproche d'avoir un système légal moins bon et dommageable pour les personnes», a-t-il estimé.

Présenter les faits «de manière transparente»

Il souhaite aussi que l'Eglise et le Vatican mettent fin, dans la mesure du possible, à l'opacité sur les statistiques documentant le nombre d'abus sexuels perpétrés par le clergé, qui conduit à «une méfiance» vis-à-vis de l'institution de l'Eglise ainsi qu'à «des théories du complot». «Cela peut être évité si les faits sont présentés de manière transparente», a-t-il avancé. Le cardinal souhaite en outre que les actes judiciaires de l'Eglise soient publiés, car «la persistance de doutes» sur le bon déroulé des procédures de ses tribunaux porte atteinte à leur réputation ainsi qu'à celle de l'Eglise.

Le prélat allemand, qui est en outre membre du Conseil pour l'économie du Vatican, a noté au passage qu'une meilleure «transparence et traçabilité» pouvaient s'appliquer aussi dans le domaine des finances, «qui sont aussi un facteur crucial pour la confiance en l'Eglise et sa crédibilité».

Les présidents de 114 conférences épiscopales de tous les continents sont réunis jusqu'au 24 février au Vatican, avec de hauts prélats de la Curie, des chefs des Eglises catholiques orientales et des supérieurs de congrégations religieuses.

Pour tenter d'apaiser des victimes dubitatives et une opinion publique scandalisée, le pape François avait ouvert les travaux en demandant des mesures «concrètes». C'est lui qui en tirera les conclusions le 24 février.

Lire aussi : Le pape François s'inquiète du fait que l'homosexualité «influe sur la vie de l'Eglise»

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LES SCANDALES SEXUELS A L'EGLISE: LES CINQ ELEMENTS QUI FONT PEUR AU VATICAN

Scandales sexuels à l'Eglise: Les cinq éléments qui font trembler le Vatican

RELIGION Alors que le pape réunit de jeudi à dimanche une conférence épiscopale pour réfléchir sur les abus sexuels, les affaires et révélations se multiplient

Oihana Gabriel

 

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Le pape François pendant son discours le 10 février au Vatican.

Le pape François pendant son discours le 10 février au Vatican. — Andrew Medichini/AP/SIPA

  • Un film sur une affaire de prêtre pédophile, un livre qui révèle l'homosexualité systémique à la Curie, des accusation d'agression sexuelle visant l'ambassadeur du pape, le Vatican semble au coeur des multiples affaires sexuelles. 
  • Le pape réunit tous les présidents de conférences épiscopales du monde pour réfléchir à la prévention des abus sur les mineurs et les adultes vulnérables cette semaine.
  • L'Eglise catholique est fragilisée par les scandales de pédophilie qui ont émaillé cette dernière année dans plusieurs pays, mais aussi par des révélations sur des viols de nonnes. 

Les scandales sexuels ne finissent pas de pleuvoir sur le Vatican, pourtant temple de la chasteté… Alors que les procès et affaires de pédophilie aux Etats-Unis, au Chili, en Allemagne, et le procès Barbarin en France ont sérieusement entaché la crédibilité de l’Eglise catholique depuis un an, des révélations sur des viols de religieuses et sur une homosexualité courante, mais cachée à la Curie risquent de faire trembler un peu plus le Vatican. Le pape François réunit à Rome de jeudi à dimanche tous les présidents de conférences épiscopales du monde pour réfléchir à la prévention des abus sur les mineurs et les adultes vulnérables. Mais c’est très fragilisé par ces diverses révélations que le souverain pontife aborde cette semaine décisive.

Sodoma, le livre-enquête sur le « système gay »

Jeudi, sortira en librairie le livre Sodoma de notre confrère de France Culture Frédéric Martel décrit un « système gay », hypocrite et secret, au sein du clergé. L’auteur décrit au Point, qui a sorti la semaine dernière quelques bonnes feuillesl’hypocrisie de ce système : « Les prélats qui tiennent les discours les plus homophobes et traditionnels sur le plan des mœurs s’avèrent eux-mêmes en privé homosexuels ou homophiles ». « Ce livre touche un point sensible, il donne un éclairage des raisons du silence de l’Église sur les crimes pédophiles, avance François Devaux, co-fondateur et président de La parole libérée, association de victimes de prêtres pédophiles. Les homosexuels dans l’Eglise sont dans une transgression permanente de leur propre désir. Quand un prêtre pédophile sait que son évêque est un homosexuel pratiquant, il existe un risque de chantage. »

Un cardinal défroqué pour des abus sexuels

Le pape François a défroqué samedi l'ex-cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, accusé d’abus sexuels il y a près d’un demi-siècle. C’est la première fois dans la longue histoire de l’Eglise catholique qu’un cardinal est défroqué pour des motifs d’abus sexuels. L’ancien cardinal a été reconnu coupable d’avoir enfreint l’un des commandements divins « avec la circonstance aggravante de l’abus de pouvoir », selon ce texte. Un « signal clair » sur le fait que les abus sexuels ne seraient plus tolérés au sein de l’Eglise catholique, a réagi samedi le président de la conférence des évêques américains. Et une punition qui tombe à point nommé avant la réunion du 21 au 24 février.

L’ambassadeur du pape visé par une enquête pour agressions sexuelles

L'information a été dévoilée par Le Monde de vendredi dernier. Une enquête pour « agressions sexuelles » a été ouverte le 24 janvier par le parquet de Paris et vise Mgr Luigi Ventura, prélat italien de 74 ans. Les faits se seraient déroulés lors des vœux à la Mairie de Paris. « Lors de ces vœux, un agent de la ville a été victime de manière répétée, par trois fois, d’attouchements sexuels, de mains aux fesses assez poussées, dont une fois devant témoin », a appris l’AFP dans l’entourage de la mairie. Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura est en poste depuis 2009 à Paris, chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d’une part et avec les évêques de France d’autre part. Mais compte tenu de ses fonctions, Mgr Ventura bénéficie de l’immunité diplomatique.

Les nonnes violées, cet autre tabou

Si le Vatican espère changer son image et tenter de se réformer sur la question de la pédophilie, un nouveau scandale risque de court-circuiter cette opération de transparence. Un documentaire qui sera diffusé sur Arte, le 5 mars, révèle de nombreux témoignages de religieuses abusées par des prêtres. Des révélations qui ont commencé il y a un an environ sur ce tabou de l’Eglise. Et les témoignages de ces nonnes abusées, violées, commencent à se multiplier dans les médias. Au point que le pape François a reconnu le 5 février que des prêtres et des évêques avaient agressé sexuellement des religieuses, après un voyage aux Émirats arabes unis.

Le film Grâce à Dieu relate les actes pédophiles d’un prêtre lyonnais

Les Français pourront-ils découvrir au cinéma ce mercredi le film de François Ozon Grâce à Dieu inspiré de faits réels dans lequel un prêtre est mis en cause nommément pour des actes de pédophilie ? Réponse ce lundi. Le juge des référés du TGI de Paris doit décider si le film, déjà primé à Berlin ce week-end, sortira mercredi 20 février. L’avocat du père Bernard Preynat, un prêtre du diocèse de Lyon qui devrait être jugé en 2019 pour des agressions pédophiles, souhaite que la sortie soit reportée après le procès. Ce film et ce bras de fer, quelques semaines après le procès Barbarin, ne risquent pas de ravir le Vatican.

« Je pense que c’est une formidable contribution, car le film invite à la réflexion, crédibilise notre combat, touchera un public large », s’enthousiasme François Devaux, président de La parole libérée. Sans faire l’amalgame entre des révélations et accusations distinctes, cet ensemble de scandales sexuels, qu’ils touchent des enfants, des nonnes, ou les révélations sur l’homosexualité courante à la Curie pourraient obliger le Vatican à changer de position.

« Cette concomitance fait que l’Eglise est de plus en plus acculée et contrainte de répondre sur son hypocrisie, son incohérence même. Ces scandales sexuels dévoilent le gap énorme entre d’un côté une institution qui condamne l’homosexualité, la masturbation, qui affiche une tolérance zéro et sa couverture de la pédophilie. Les raisons commencent à être identifiées : l’absence de contre-pouvoir, le vœu d’obéissance… » Cette hypocrisie profonde, cette incapacité à se remettre en question, l’Église risque de la payer cher.

« Un schisme grandissant est en train d’émerger au sein de cette religion en France, poursuit-il. L’opposition entre cathos durs et cathos progressistes avait émergé au moment du Mariage pour tous, mais certains sont de plus en plus en déphasage avec cette Eglise. J’en veux pour preuve notre parcours : on a été très attaqués au départ quand on a créé La parole libérée en 2016. Et aujourd’hui, je vois un relais des médias, et en particulier de la presse catholique qui a totalement changé de ton. » Plusieurs spécialistes partagent ce constat : l’Église, fragilisée par ces scandales sexuels à répétition, est contrainte de se remettre en question en profondeur, au risque de voir ses fidèles se détourner d’elle.

MONDE

Pédophilie et Eglise: «Le vrai sujet aujourd’hui, c’est la négligence de responsables d’Eglise»

JUSTICE

Procès Barbarin: «La douleur des victimes n'est pas le droit», plaide l'avocat du cardinal

https://www.20minutes.fr/monde/2453399-20190217-scandales-sexuels-eglise-cinq-elements-font-trembler-vatican


 

OSCAR FORTIN: LE ROLE POLITIQUE DU VATICAN ET DES EPISCOPATS EN AMERIQUE LATINE

Le rôle politique du Vatican et des épiscopats en Amérique latine

Par Oscar Fortin

Mondialisation.ca, 10 février 2019

Humanisme

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Analyses: 

Photo : Cardinal Pietro Parolin avec John Kerry. Le secrétaire d’État du Vatican avec l’ex Secrétaire d’État des États-Unis.

Dans leur ensemble, les évêques de l’Amérique latine jouent un rôle prépondérant, à travers leurs épiscopats, pour contrer tout ce qui s’apparente à du socialisme ou à du communisme. En général, tout ce qui se rapproche d’une prise de conscience sociale et d’une volonté d’agir pour assurer plus de justice et une plus grande souveraineté des peuples est interprété comme du socialisme et du communisme. Ce fut le cas des révolutionnaires des années 1960 et des gouvernements, de format socialiste, des années 1970 à 2019. Ce fut le cas de Cuba, du Brésil, du Chili, d’Argentine, du Nicaragua, du Salvador, du Honduras, du Venezuela entre autres.

Tout au long de cette période s’est développée une pensée théologique qui remettait de l’avant le caractère libérateur des peuples, illustré par la libération du peuple hébreu d’Égypte, mais aussi par une relecture des Évangiles proclamant les grandes valeurs de justice, de solidarité, de fraternité humaine. Cette théologie a porté le nom de « théologie de libération » . Ce fut une épine douloureuse pour les hiérarchies catholiques tout comme pour Washington qui a vu d’un bien mauvais œil ces nouveaux venus, rappelant  à leur destin, comme peuple et comme personne,  n’était pas figé dans la misère, la pauvreté, soumission, mais dans un avenir meilleur, marqué par la justice et la solidarité humaine. Lorsque le pape Jean-Paul Ier devint pape, plusieurs hautes autorités vaticanes le soupçonnaient de vouloir reconnaître cette théologie de libération. Sa mort « subite » qui n’a fait l’objet d’aucune autopsie en a soulagé plusieurs.

Il va de soi que l’élection de Karol Wojtyla à la papauté a été saluée avec grande joie par l’Oncle Sam. Donald Reagan qui n’en était pas à ses premiers contacts avec ce personnage, avec qui il a collaboré  pour soutenir Lech Walesa, alors président du syndicat Solidarnosc. La compréhension, de part et d’autre, s’est faite sans aucun irritant. La théologie de libération a été condamnée et leurs auteurs ont été soumis à examen.

En décembre 1982, un premier pacte entre Jean-Paul II et Donald Reagan est signé dans la bibliothèque du Vatican.  L’essentiel porte sur cette coopération conjointe visant à éliminer tout ce qui a odeur de socialisme et de communisme. Nous comprenons mieux les bonnes relations du pape J.P. II avec certains dictateurs, dont Pinochet. Cette collaboration s’est poursuivie avec le pape Benoît XVI dont on se souviendra du 16 avril 2008, jour d’anniversaire du papeque le président Bush a voulu célébrer en grande pompe dans les jardins de la Maison-Blanche. Plus harmonieux que ça n’est pas possible. Le Vatican et Washington marchent main dans la main. De quoi nous faire penser à « la prostituée de l’Apocalypse ». Je vous recommande un article que j’ai écrit sur le sujet, en 2015 et qui garde tout son intérêt. Vous y trouverez également les références au Pacte de juin 1982 et à cet autre, sous le  règne du pape François, signé en  mars 2014.

Pas surprenant, dans ce contexte, que les nominations des évêques et des Nonces apostoliques pour l’Amérique latine répondent aux critères du Vatican et de Washington en ce qui a trait aux orientations sociales et politiques. Il y a un dicton qui affirme qu’aucun coup d’État ne serait possible sans la collaboration des épiscopats et du Vatican. Cette situation n’a pas changé. Nous le voyons par les prises de position des épiscopats au Venezuela qui s’affirment comme une véritable opposition politique au gouvernement, légitimement élu par le peuple.  Leur discours est le même qu’utilise l’Oncle Sam et les oligarchies locales; Maduro est un dictateur, un assassin, quelqu’un qui massacre son peuple, etc. Jamais  il ne relèvera les sanctions et la guerre économique, que l’ONU qualifie de criminelles, appliquées par les États-Unis contre le peuple vénézuélien. Ces évêques vont plutôt dire que toutes ces souffrances dont le peuple est victime sont la faute d’un gouvernement irresponsable et totalitaire.

J’ai la conviction que le pape voit différemment les choses, mais qu’il est placé sous un contrôle  à tous les niveaux.  Il a écrit, il y a quelques années, l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium qui porte principalement sur le capitalisme sauvage auquel les peuples sont soumis. Lorsqu’Evo Morales a pris connaissance de cette Exhortation, il s’est aussitôt exclamé :« maintenant nous avons un « papa »! On ne les entendra jamais parler du droit international de non-intervention dans les affaires internes d’autres pays.

Je termine en soulignant que l’épiscopat vénézuélien, soutenu par les épiscopats de l’ensemble de l’Amérique latine et des États-Unis, fait une campagne, minée pas ses mensonges et ses silences. Je signale toutefois  qu’il y a un curé d’une paroisse au cœur de Caracas qui dénonce ouvertement l’hypocrisie des évêques  et qui maintient des liens étroits avec l’actuel gouvernement. Les évêques n’arrivent pas à le faire taire, car il est un proche du pape François qu’il avait connu avant qu’il soit nommé à la tête de l’Église.

Le texte en espagnol

Oscar Fortin

Québec, le 9 février 2019

La source originale de cet article est Humanisme

Copyright © Oscar FortinHumanisme, 2019

https://www.mondialisation.ca/le-role-politique-du-vatican-et-des-episcopats-en-amerique-latine/5630910