RUSSIE

AU MOYEN-ORIENT, POUTINE, LE LIBERAL AUX DENTS LONGUES SEMBLE TRÈS TENTE DE PRENDRE LE ROLE DES AMÉRICAINS

Vladimir Poutine offre un objet d'art fait d’une défense de mammouth à prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d'une visite d'État en Arabie saoudite

Au Moyen-Orient, «Poutine est très tenté de prendre le rôle des Américains»

© Sputnik . Alexey Nikolsky

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Suite au désengagement américain du Moyen-Orient, d’autres acteurs s’activent pour prendre le leadership. Et la Russie semble être en pole position. Sputnik France revient avec Olivier Da Lage, rédacteur en chef de RFI et spécialiste de la région, sur les enjeux d’une géopolitique régionale en pleine métamorphose.

«La nature a horreur du vide, la géopolitique aussi.»

La première visite depuis douze ans de Vladimir Poutine en Arabie saoudite et dans les Emirats arabes unis l’exemplifie parfaitement. Alors que les États-Unis réduisent leur présence et leur influence au Moyen-Orient en revenant vers un traditionnel isolationnisme, d’autres acteurs viennent combler ce vide, à commencer par la Russie.

le prince Mohammed Ben Salmane et le président russe Vladimir Poutine

© SPUTNIK . MIKHAIL KLEMENTIEV

Poutine arrive en Arabie saoudite pour une visite «historique» 12 ans après sa première venue

 

De leur côté, les monarchies du Golfe cherchent à marquer leur distance vis-à-vis de Washington, surtout depuis le manque de soutien de la Maison-Blanche à l’Arabie saoudite suite à l’attaque du site pétrolier d’Aramco. C’est ce qu’explique Alexeï Malachenko, directeur de recherche au think tank Institut du dialogue des civilisations à Moscou, à nos confrères de l’Opinion:

«Mohammed ben Salmane tâche de réorienter la politique étrangère saoudienne, de sorte que Riyad ne soit plus tributaire de Washington.»

​Les autorités russes prennent depuis quelque temps de plus en plus d’initiatives diplomatiques et stratégiques dans la région afin de multiplier les liens avec les différents acteurs. Pourtant, entre les monarchies du Golfe et la Russie, les relations n’ont pas toujours été au beau fixe. Les divergences entre les deux pays sur des dossiers brûlants comme la Syrie ou l’Iran ne laissaient pas présager, il y a de ça deux ans, qu’un rapprochement pourrait avoir lieu. Et pourtant.

Reçu en grandes pompes à Riyad puis Abu Dhabi les 14 et 15 octobre, le Président russe s’est affiché, tout sourire, avec les dirigeants des deux pays, pourtant hostiles à son allié iranien. Au programme: discussions sur l’architecture de sécurité au Moyen-Orient, sur la régulation des prix des ressources naturelles et signatures de contrats aux sommes faramineuses dans le secteur des technologies de pointe.

 «Toute notre coopération vise à renforcer la paix, la sécurité dans la région et à stabiliser la situation dans le secteur énergétique mondial. Tout cela donne des résultats positifs», a déclaré Vladimir Poutine lors de sa visite à Riyad.

Cette architecture de sécurité régionale en pleine mutation soulève d’importantes questions sur le rôle des différentes puissances régionales et internationales: quelle est la stratégie de la Russie au Moyen-Orient? Comment se matérialise-t-elle? Sputnik France fait le point sur ces questions lourdes avec Olivier Da Lage, rédacteur en chef de RFI, spécialiste et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient et la péninsule arabique.

Sputnik France: On a vu des dirigeants enthousiastes de se rencontrer à Riyad, puis à Abu Dhabi lors de la visite de Vladimir Poutine en Arabie saoudite puis aux Émirats. Où en sont les relations entre la Russie et les monarchies du Golfe (sauf le Qatar)?

Vladimir Poutine offre un objet d'art fait d’une défense de mammouth à prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d'une visite d'État en Arabie saoudite

© SPUTNIK . ALEXEY NIKOLSKY

Poutine offre des cadeaux rares aux membres de la famille royale saoudienne

 

Olivier Da Lage: «Elles sont plutôt bonnes, je dirais même pragmatiques. Ces monarchies ont pris acte que la Russie avait pris la main dans la région, notamment dans le dossier syrien. D’autre part, elles sont un peu inquiètes de l’inconstance de Donald Trump et se demandent si la garantie américaine jouera. Je dirais donc que ces relations sont ouvertes J’ajoute qu’il y a des intérêts pétroliers et gaziers communs qui font que ces pays ont des choses à se dire. Finalement, les circonstances géopolitiques actuelles justifient un renforcement de ces relations.» 

Sputnik France: Ce rapprochement ne risque-t-il pas du point de vue russe de heurter l’allié traditionnel iranien? Ça ressemble tout de même à un jeu dangereux…

Olivier Da Lage: «Effectivement. C’est à la fois la force et la faiblesse de la position russe. C’est-à-dire que la Russie a réussi à s’imposer comme l’acteur international qui parle à toutes les parties, que ce soit les Israéliens, les monarchies du Golfe, les Turcs, les Iraniens… Cette position présente aussi un certain nombre de limites. À un moment donné, on ne peut pas dire à tout le monde «on est d’accord avec vous», ça ne marche pas. Il faut donc savoir où mettre les réserves et, courir le risque que les relations se dégradent.»

Sputnik France: La Russie s’est proposée comme médiatrice dans des discussions entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Il y a quelques jours, elle a facilité des discussions entre les forces kurdes et le gouvernement syrien. Il y a quelques semaines, la diplomatie russe mettait en avant un système de sécurité collective dans le Golfe, qu’elle défend toujours. Au fond, quel est le but de cette stratégie de facilitateur?

Olivier Da Lage: «Il est clair que Vladimir Poutine est très tenté de prendre le rôle longtemps tenu par les Américains dans beaucoup de dossiers au Proche-Orient. Son action a été décisive en Syrie, mais pose d’autres problèmes par ailleurs, car la Russie a contribué à faire de très nombreux morts à Alep et Idleb. Il faudra que la Russie se rende compte qu’on ne peut avoir tous les pouvoirs, en particulier au Moyen-Orient. Les Américains ont appris à leurs dépens, que leur rôle de numéro un dans la région ne leur permettait pas d’imposer, ou d’influencer de manière déterminante, un processus. Et ce, qu’il s’agisse du processus israélo-palestinien, ou autre. Aussi, le fait que les Américains ne parlent pas avec les Iraniens les privaient d’une marge de manœuvre importante.

Bachar el-Assad

© SPUTNIK . MIKHAÏL VOSKRESSENSKI

Tahhan: «Nous assistons à la victoire finale d’Assad et ses alliés contre la France et ses alliés»

 

De leur côté, les Russes ne sont pas les seuls à agir dans la région. Par exemple, le Premier ministre pakistanais Imran Khan s’est également proposé pour jouer les facilitateurs entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Certes, le Pakistan est moins puissant que la Russie, mais c’est un pays musulman, et il entretient de bonnes relations avec l’Arabie saoudite et l’Iran. Le risque pour la Russie est donc de penser qu’elle peut tout faire au Moyen-Orient, ce qui n’est pas le cas.»

Sputnik France: Vous confirmez donc que la Russie essaye de combler un vide laissé par des États-Unis de plus en plus isolationniste?

Olivier Da Lage: «Très clairement. Je pense qu’il y a deux aspects. D’une part, des aspects bilatéraux, c’est-à-dire que la Russie cherche à améliorer ses positions individuelles dans chacun des états de la région. De l’autre, un aspect régional: "la nature a horreur du vide", la géopolitique aussi. À partir du moment où l’administration Trump montre un désintérêt pour ce qu’il se passe au Moyen-Orient, il est logique que d’autres cherchent à prendre la place. De ce point de vue, la Russie est mieux préparée, car elle à une longue histoire dans la région et une stratégie. D’autres acteurs ne sont pas encore prêts à jouer ce rôle, je pense à l’Inde qui n’a pas cette ambition globale, et la Chine qui n’est pas encore préparée à ce jouer ce rôle, même si ça viendra peut-être. Donc oui, il y a avait une carte à jouer pour le gouvernement russe, qui l’a joué.»

Sputnik France: Entre une Amérique qui se recroqueville sur elle-même et une Russie qui semble étendre sa zone d’influence dans la région, n’y a-t-il pas une place pour une voix européenne? Quelle est la stratégie pour l’Europe dans tout ça?

Olivier Da Lage: «Dire qu’il y a une "stratégie", c’est un grand mot. Il y a une politique européenne au Moyen-Orient, mais l’Europe est absorbée par ses problèmes internes, comme le Brexit, la mise en place de la nouvelle commission. Il y a aussi quelques désaccords entre plusieurs pays, certains pays de l’Est notamment, qui sont plus proches d’Israël que les autres membres traditionnels de l’Union Européenne (UE). Cela rend extrêmement difficile le fait d’articuler une politique globale, et d’autre part l’UE n’est pas une puissance militaire. Au Moyen-Orient, donc, l’influence des européens, qu’il ne faut pas sous-estimer non plus, est plutôt orientée vers une forme de soft-power, qui trouve aujourd’hui ses limites face à une situation dans laquelle les armes sont en train de parler.»

El presidente turco Recep Tayyip Erdogan (archivo)

© SPUTNIK . ALEXEY DRUZHININ

«Si l’Europe était capable de faire quelque chose» face à la Turquie «ça se saurait»

 

Sputnik France: Et à l’échelle française?

Olivier Da Lage: «C’est la même chose. La France a de l’influence dans un certain nombre de pays, je pense en particulier aux pays arabes du Golfe. C’est un peu plus compliqué avec Israël, avec l’Iran aussi, mais dans tous les cas, au Moyen-Orient, la France toute seule ne peut rien faire.»

https://fr.sputniknews.com/international/201910161042272577-au-moyen-orient-poutine-est-tres-tente-de-prendre-le-role-des-americains/


 

VLADIMIR POUTINE RÉITÉRE SON SOUTIEN A NICOLAS MADURO, AUTORITÉ LÉGITIME DU VENEZUELA

Vladimir Poutine réitère son soutien à Nicolas Maduro, «autorité légitime» du Venezuela

 

Le président russe Vladimir Poutine a accueilli son homologue vénézuélien Nicolas Maduro ce 25 septembre, à Moscou. Au cours de leur échange, Vladimir Poutine a réitéré son soutien à Nicolas Maduro, «autorité légitime» du Venezuela.

Le président russe Vladimir Poutine a accueilli ce 25 septembre son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, à Moscou. Leur rencontre a été l'occasion pour le président russe d'affirmer une nouvelle fois son soutien à Nicolas Maduro, qu'il estime être l'«autorité légitime» du Venezuela. «Nous soutenons toujours les autorités légitimes et sommes très heureux de vous voir en Russie», a-t-il ainsi déclaré au cours de leur rencontre. 

«Nous considérons tout refus de dialogue comme irrationnel, nuisible pour le pays et ne faisant que menacer le bien-être de la population vénézuélienne», a-t-il en outre estimé. 

Un écho à la désignation par le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, le 17 septembre de l'opposant Juan Guaido au poste de président par intérim du Venezuela. Les députés avaient ainsi déclaré leur «soutien politique inconditionnel à la nomination de Juan Guaido en tant que président de l'Assemblée nationale et comme président par intérim jusqu'à ce que l'usurpation [de Nicolas Maduro] ne cesse». 

Malgré le soutien des Etats-Unis, qui militent ouvertement pour un changement de pouvoir dans le pays, Juan Guaido avait échoué à évincer le dirigeant socialiste après sa tentative ratée de coup d’Etat le 30 avril. Juan Guaido est reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, parmi lesquels les Etats-Unis ou la France, mais Nicolas Maduro bénéficie lui du soutien de la Russie, de la Chine ou encore de la Turquie. Celui-ci avait été réélu en 2018 pour un second mandat.

Détails à suivre...

Lire aussi : Souhaitant la «construction d’un monde multipolaire», Nicolas Maduro en visite officielle en Russie

https://francais.rt.com/international/66151-vladimir-poutine-reitere-son-soutien-nicolas-maduro-autorite-legitime-venezuela


 

PARTI COMMUNISTE DE RUSSIE SUR LES ELECTIONS DE 2019. FORTE PROGRESSION DU PCFR. LE PARTI DE POUTINE PERD UN TIERS DE SES SIEGES A MOSCOU

Parti communiste de la Fédération de Russie sur les Résultats des élections de 2019
9/20/19 12:46 PM
Un jour d'élection unifié a eu lieu le 8 septembre dans les 85 sujets fédéraux russes. Seize régions ont élu leurs gouverneurs, tandis que les autres ont élu leurs parlements municipaux et municipaux.

L'élection s'est déroulée dans un contexte socio-économique difficile dans le pays ainsi que dans le contexte de changements substantiels dans l'humeur générale des citoyens, qui ont été enregistrés depuis longtemps par les sociologues.

La colère du public pendant plus de cinq ans de baisse des revenus et une hausse impopulaire de l'âge de la retraite, ainsi que d'autres réformes cannibales obstinément exécutées par le gouvernement, ont provoqué une profonde méfiance à l'égard du pouvoir, qui s'est traduite par l'abandon du soutien du parti dirigeant russe Russie Unie (UR).

En fait, les résultats de cette campagne ont démontré de manière frappante les nouvelles tendances politiques issues des élections de 2018 à Khakassia, dans la région de Vladimir, dans le territoire de Khabarovsk et à Primorye avec des résultats choquants pour les autorités locales.

Afin d'éviter une répétition du vote de protestation de l'an dernier (où les citoyens de plusieurs régions ont voté contre les candidats officiels du gouvernement, de sorte qu'ils ne pouvaient pas falsifier le vote), cette fois-ci les concurrents potentiels (le PCFR en particulier) ont été empêchés de participer à la course et de s'inscrire comme candidats sous un prétexte fallacieux.

Au lieu d'apporter des changements dans la politique intérieure, on a préféré diverses technologies malveillantes comme les "filtres municipaux", les "spoilers" - partis, candidats - homonymes, vote électronique, etc.

Après l'élection, l'UR s'est empressée de se déclarer triomphalement vainqueur de la campagne électorale, mais malgré la grande rhétorique de son siège, nous ne l'évaluons que comme une tentative de déformer la réalité.

Nos candidats étaient les deuxièmes dans 10 des 12 régions avec un meilleur résultat que lors de l'élection précédente.  Nous avons augmenté le nombre total de sièges dans les parlements municipaux de treize régions, laissant derrière nous les libéraux démocrates et le parti Russie juste. Ainsi, au total, après les élections de 2019, le PCFR a considérablement accru sa présence dans les parlements à tous les niveaux. 

Mais la défaite la plus grave a été subie par le parti au pouvoir, Russie unie, à Moscou.  Le parti pro-président a perdu un tiers de ses sièges au parlement de Moscou en dépit des nombreuses "astuces électorales" utilisées.

Cette fois-ci, tous ses candidats moscovites ont changé de nom pour devenir indépendants dans un effort apparent pour se distancier de leur parti, dont la popularité est à son plus bas niveau depuis plus de dix ans.  Espérons que les Moscovites puissent faire un choix correct, ce qui nous a permis d'obtenir 13 (5) sièges sur 45, et c'est le meilleur résultat de ces dernières années.  

En conclusion, il convient de dire que les élections de 2019 ont une fois de plus démontré la baisse de popularité du parti Russie unie ainsi que la politique sociale et économique menée par le gouvernement. Et au contraire, le soutien national au PCFR et aux forces de gauche est en hausse en Russie.

 

 CC PCFR

Département International

source :  http://www.solidnet.org/article/CP-of-the-Russian-Federation-2019-Election-results/


 

LA RUSSIE DÉNONCE L’ATTAQUE AUX DRONES REVENDIQUÉE PAR LA RESISTANCE YEMENITE VISANT DEUX SITES PÉTROLIERS SAOUDIENS. DANS QUEL CAMP ES-TU POUTINE ?

Ministère russe des Affaires étrangères

La Russie réagit à l’attaque de drones visant des installations pétrolières saoudiennes

© Sputnik . Natalia Seliverstova

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Dossier:

Attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes (10)

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Le ministère russe des Affaires étrangères a «fermement» dénoncé les récentes frappes réalisées contre les deux installations pétrolières d’Aramco en Arabie saoudite, tout en appelant à ne pas tirer de conclusions «hâtives» quant aux auteurs de l’attaque.

Dans un communiqué relayé sur son site, la diplomatie russe a réagi à l’attaque de drones ciblant les installations pétrolières en Arabie saoudite le 14 septembre.

«Un tel développement des événements provoque une vive préoccupation à Moscou. Nous condamnons fermement les frappes contre les cibles non militaires, la destruction de l’infrastructure sociale et économique, toute action capable de déséquilibrer l’offre et la demande concernant les ressources énergétiques, provoquer une nouvelle vague d’instabilité sur le marché mondial des hydrocarbures avec des conséquences négatives pour l’économie mondiale», lit-on.

Le ministère russe a en outre appelé à ne pas échafauder de conclusions précipitées quant aux auteurs de ces frappes.

 

Raffinerie de pétrole

© FLICKR/ WYATT WELLMAN

Attaques de drones: qu’en est-il des livraisons de pétrole saoudien?

«Nous recommandons vivement de ne pas tirer de conclusions hâtives concernant ceux qui ont commis l’attaque contre les installations pétrolières saoudiennes. Nous jugeons contre-productif d’utiliser ce qu’il s’est passé pour déchaîner les passions autour de l’Iran dans le contexte de la politique connue des États-Unis. En particulier, les options prévoyant des mesures en représailles, qui seraient examinées actuellement à Washington, semblent inadmissibles.»

 

Raffineries attaquées

Deux installations pétrolières du géant Aramco en Arabie saoudite ont été la cible d’une attaque de drones de la part des Houthis yéménites, samedi 14 septembre. Cet événement a provoqué une diminution de moitié de la production et une augmentation du prix du brut de 12 à 13%.

Selon le ministre de l'Énergie, le prince Abdoulaziz ben Salmane, cité samedi 14 septembre par la Saudi Press Agency, 5,7 millions de barils par jour sont concernés par l'interruption partielle, soit près de la moitié de la production saoudienne, ou 5% du commerce quotidien mondial du pétrole.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a imputé ces attaques à l'Iran, ce que la République islamique a nié, dénonçant des accusations «insensées».

https://fr.sputniknews.com/russie/201909161042106470-la-russie-reagit-a-lattaque-de-drones-visant-des-installations-petrolieres-saoudiennes/


 

POUTINE, LE VRP N°1 DU CAPITALISME RUSSE, AFFIRME AVOIR PROPOSE A TRUMP D'ACHETER LES MISSILES HYPERSONIQUES RUSSES

Vladimir Poutine et Donald Trump en marge du sommet du G20 à Osaka

Poutine affirme avoir proposé à Trump d’acheter les missiles hypersoniques russes

© Sputnik . Ilya Pitalev

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Afin de respecter les accords mutuels avec les États-Unis, Vladimir Poutine a affirmé en marge du Forum économique oriental à Vladivostok avoir proposé à Trump d’acheter les systèmes hypersoniques russes.

«Bon, j’ai dit à Donald, si tu veux, on te le vend [des nouvelles armes russes, y compris les systèmes hypersoniques, ndlr]. Comme cela, on pourrait immédiatement tout rééquilibrer. Cependant, ils disent qu’ils en produiront bientôt eux-mêmes. Peut-être qu’ils en produiront bientôt. Mais à quoi bon dépenser de l’argent, alors que nous en avons déjà dépensé», a expliqué le chef de l’Etat russe en marge du Forum économique oriental qui se tient du 4 au 6 septembre à Vladivostok.

 

Sarmat (archives photo)

© AP PHOTO / RU-RTR RUSSIAN TELEVISION

La phase finale des tests du puissant missile balistique intercontinental russe Sarmat dévoilée

Vladimir Poutine a fait également savoir que Moscou était prêt à négocier avec Washington au sujet de la prise en compte de l’arme hypersonique russe dans le cadre des pourparlers sur le traité New Start de réduction des armes stratégiques.

 

«Nous pouvons discuter comment tenir compte [des systèmes hypersoniques, ndlr], en fonction du nombre de porteurs et d’ogives. C’est une question spéciale, en tout cas, la Russie est prête à ce dialogue, à cette discussion. Néanmoins, nous n’avons reçu pour l’instant aucune réponse claire de la part des Américains», a-t-il indiqué.

Des conjectures russes confirmées

Vladimir Poutine a évoqué les tests par les USA des systèmes de missiles violant le Traité FNI. Il a expliqué que pendant une longue période, Washington a essayé de convaincre la Russie que ce n’était pas le cas, mais les hypothèses de Moscou ont été plus tard confirmées. Il s’agit des plateformes de lancement vertical Mark 41 qui peuvent avoir un double emploi.

https://fr.sputniknews.com/international/201909051042048176-poutine-affirme-avoir-propose-a-trump-dacheter-les-missiles-hypersoniques-russes/


 

LE LIBERAL POUTINE LIVRE UNE SECONDE BATTERIE DE S-400 AU DANGEREUX CAMÉLÉON TURC ERDOGAN. CE N'EST PAS UNE BONNE NOUVELLE !

Poutine: Une seconde batterie du système de défense anti-aérienne S-400 livrée à la Turquie

 Depuis 6 heures  28 août 2019

s-400

 Amérique et Europe - Russie

 

La Russie a livré mardi une nouvelle batterie du système russe de défense antiaérienne S-400, a rapporté l’agence de presse russe Interfax, citant le président Vladimir Poutine.

« A propos du S-400, une autre livraison a été effectuée ce matin », a déclaré Poutine à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Moscou.

Le ministère turc de la Défense a précisé que la livraison de cette deuxième batterie se poursuivrait pendant près d’un mois.

Ankara a acheté les systèmes russes malgré les protestations de Washington, qui estime notamment que les S-400 ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l’Otan, dont la Turquie est membre.

Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé, depuis la livraison de la première batterie en juillet, l’exclusion de la Turquie du programme d’avions furtifs F-35, craignant que la Russie utilise les S-400 turcs pour collecter via ses formateurs des renseignements sur les avions américains.

Concrètement, une batterie de S-400 consiste en plusieurs véhicules: un centre de commande, différentes stations radar mobiles et jusqu’à 12 véhicules de lancement, d’énormes camions dotés de quatre missiles chacun.

Le S-400 est considéré comme l’un des systèmes de défense antiaérienne les plus modernes au monde, pour un coût inférieur à celui de ses concurrents comme le Patriot américain, et permet ainsi à Moscou dans le même temps, de semer un peu plus la discorde entre Ankara et ses alliés de l’Otan.

Source: Agences

https://french.almanar.com.lb/1478468


 

ANDREW KORIBKO : LE SILENCE ASSOURDISSANT DE LA RUSSIE SUR LES MENACES ANTI-CHINOISES DE L'INDE

Le silence assourdissant de la Russie sur les menaces anti-chinoises de l’Inde

Par Andrew Korybko

Mondialisation.ca, 23 août 2019

Eurasia Future 19 août 2019

Région : 

Beaucoup d’encre a coulé quant à la ré-affirmation par la Russie que le Cachemire constitue une affaire bilatérale entre l’Inde et le Cachemire, mais pratiquement personne ne commente le fait que Moscou se montre tout à fait silencieuse quant à la position officielle de la Chine, qui veut que les décisions unilatérales de l’Inde posent un problème à sa souveraineté. La Russie n’a pas non plus réagi à la déclaration incendiaire du ministre de l’intérieur indien, Amit Shah, début août, selon qui des gens « peuvent mourir » du fait des différends de son pays avec la région d’Aksai Chin, administrée par la Chine.

Aucun doute crédible ne subsiste quant au fait que la position russe vis à vis du positionnement « à l’israélienne«  de l’Inde au Cachemire est en faveur de New Delhi : Moscou a réaffirmé par deux fois sa position en la matière, remontant à des décennies : il s’agit pour elle d’une affaire bilatérale. L’auteur du présent article avait analysé ce positionnement dans deux articles au cours du week-end : « Croire que la Russie a soutenu le Pakistan face au Conseil de Sécurité de l’ONU est une mauvaise interprétation« , et « Les erreurs de jugement quant à la position russe au Conseil de Sécurité, sur le Cachemire, relèvent du biais de confirmation« .

L’approche russe diffère de celle adoptée par la Chine, qui considère quant à elle le problème comme multilatéral, demandant l’intervention du Conseil de Sécurité de l’ONU, chose qui a été adressées par le même auteur dans deux analyses tout aussi récentes : « Expliquer les positions différentes de la Russie et de la Chine quant au Cachemire« et « Interpréter les positions russes et chinoises face au Conseil de Sécurité vis à vis du Cachemire et de la Crimée« . L’article antérieur « Les médias alternatifs pénètrent dans une nouvelle ère : la Russie et la Chine sont divisées quant au Cachemire« prédisait l’émergence d’une « compétition narrative » entre les deux pays.

Ces cinq articles réunis couvrent bien les approches divergentes de la Russie et de la Chine quant au Cachemire, mais ils n’analysent pas comment chacune des deux grandes puissances considère les différences qui existent entre elles. Aucun des deux pays n’a en effet émis de déclaration en la matière, mais c’est le silence de l’un d’entre eux – la Russie – qui est le plus assourdissant, du fait du contexte que cela implique. Il ne faut s’attendre à entendre ni Moscou, ni Pékin émettre des commentaires publics quant à leurs divergences sur le dossier du Cachemire, mais il est étrange de voir la Russie, habituellement connue pour son franc-parler, ne rien trouver à déclarer quant aux menaces anti-chinoises de l’Inde prononcées et répétées de manière régulières par son ministre des affaires étrangères, en ceci qu’il compare des provocations moins importantes en proportion sur la planète avec celles de ses partenaires institutionnels (BRICS et OCS) dotés de l’arme nucléaire, menaçant la sécurité de l’autre. Ceci ne correspond pas non plus à une interprétation subjective du présent auteur : il s’agit de la position officielle du gouvernement chinois.

Hua Chunying, porte-parole du ministère de l’intérieur de la Chine, a déclaré que « la Chine est toujours opposée à l’inclusion par l’Inde du territoire chinois localisé à la frontière Ouest sino-indienne sous administration de cette dernière. Cette position, ferme et cohérente, reste inchangée. Récemment, l’Inde a continué son travail de sape envers la souveraineté territoriale de la Chine, en modifiant de manière unilatérale ses lois intérieures. Une telle pratique est inacceptable et n’entrera pas en vigueur. » Il est notable que la Chine a articulé son positionnement gouvernemental après qu’Amit Shah, ministre de l’intérieur indien, a menacé de manière funeste d’entrer en guerre contre la Chine en rapport avec les prétentions indiennes sur la région d’Aksai Chin, administrée par la Chine, tonnant devant son parlement que « le Cachemire fait partie intégrante de l’Inde, il n’y a aucun doute là-dessus. Quand je parle de Jammu et du Cachemire, les zones du Cachemire occupées par le Pakistan ainsi que la région d’Aksai Chin font partie du Cachemire, et peuvent mourir pour le Cachemire. Il n’est guère surprenant dans ces conditions que la Chine s’inquiète autant des intentions de l’Inde de saper sa souveraineté territoriale.

Carte censurée par l’Inde en 2011, en provenance d’un article du Monde Diplomatique permettant d’y voir un peu plus loin.

Si l’on considère que la Russie n’a aucun scrupule à commenter les affaire bilatérales importantes entre les USA et l’Iran, tel le projet du Pentagone d’établir une coalition navale dans le Golfe, on peut être surpris de la voir rester totalement silencieuse quant à la situation sus-mentionnée entre l’Inde et la Chine, et ce d’autant plus que l’on pourrait croire que la Russie pourrait essayer de jouer l’« équilibre«  entre les deux pays, et jouer le rôle de faiseur de paix en mitigeant leurs tensions. La réalité, cependant, est que cette affaire est trop sensible pour que la Russie l’adresse publiquement : elle reconnaît qu’il est impossible d’adopter un positionnement « neutre » au vu des enjeux territoriaux importantes qui sont en jeu, et ne dispose en outre d’aucun levier à manier dans les coulisses pour amener l’un de ses deux partenaires à « modérer » ses positions et à « accepter un compromis ». La diplomatie russe pratique ainsi le « standard sélectif », se bornant à commenter les sujets « politiquement utiles », tels ceux qui concernent les USA et l’Iran, dès lors qu’elle s’attend à en tirer quelque bénéfice de soft power en retour ; mais elle évite comme la peste les autre sujets, comme celui des tensions récentes entre l’Inde et la Chine, sachant qu’un seul mot de travers pourrait suffire à compromettre des relations de longue date.

Cette vue comparative provient également de l’article du Monde Diplomatique cité en légende de la carte précédente. On y appréhende également le différend avec la Chine quant à la région d’Aksai Chin.

Andrew Korybko

Article original en anglais : Russia’s Silence On India’s Anti-Chinese Threats Is Deafening, Eurasia Future, le 19 août 2019.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

La source originale de cet article est Eurasia Future

Copyright © Andrew KorybkoEurasia Future, 2019

https://www.mondialisation.ca/le-silence-assourdissant-de-la-russie-sur-les-menaces-anti-chinoises-de-linde/5636214


 

CRIMEE : MALGRE LES SANCTIONS, LE NOMBRE DE COMPAGNIES ETRANGERES A AUGMENTE DE 39%

Malgré les sanctions, le nombre de compagnies étrangères en Crimée a augmenté de 39%

 Depuis 19 heures  31 juillet 2019

crimee

 Amérique et Europe - Russie

 

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Plus de 3.300 compagnies étrangères de 60 pays sont enregistrées sur le territoire de la République de Crimée, originaires aussi bien d’Ukraine, de Chypre et d’Allemagne que du Royaume-Uni et des États-Unis.

En 2017 déjà, près de 2.400 entreprises étrangères travaillaient sur la péninsule. Depuis, leur nombre a augmenté de 39%, a déclaré au quotidien russe Izvestia Irina Kiviko, vice-présidente du conseil des ministres et ministre des Finances de la Crimée.

Selon Gueorgui Mouradov, représentant permanent de la Crimée auprès du président russe, on constate effectivement ces dernières années que les investisseurs étrangers portent un grand intérêt à la région. Des négociations sont notamment en cours avec des représentants de Bahreïn, de la France, ainsi que de l’Italie, précise l’association Delovaïa Rossia (association réunissant plus de 3.000 entrepreneurs).
Des investissements en hausse

Les investissements dans l’économie de la Crimée ont significativement augmenté en cinq ans. Le ministère criméen des Finances a annoncé qu’«entre 2014 et 2018 les investissements dans le capital de base ont été multipliés par 5,8 pour atteindre 296 milliards de roubles (4,19 milliards d’euros)». Sachant que pour 2019-2020 «le pronostic positif est maintenu», a souligné le ministère.

«Dans la structure générale des investissements le capital étranger (y compris mixte – russe et étranger) occupe une part insignifiante (5,2%) Mais compte tenu de la hausse du chiffre absolu des investissements il devient clair que les placements de capitaux étrangers dans l’économie augmentent également», explique Irina Kiviko.

De plus, «sur le territoire de la République de Crimée ont été enregistrées 3.352 entités économiques fondées par des organisations ou des particuliers étrangers de 60 pays (données de 2018)».

«En 2017 étaient enregistrées 2.419 personnes morales fondées par des organisations ou des particuliers étrangers de 56 pays. Ainsi, leur nombre a augmenté de 39%», indique Irina Kiviko.

Il s’agit principalement de sociétés et de particuliers d’Ukraine, de Chypre, ainsi que de Biélorussie, d’Arménie, de Turquie, du Kazakhstan, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des îles Vierges et des Seychelles, d’Israël, et des États-Unis.

Qui ose gagne

Les investisseurs étrangers affichent un intérêt particulier pour l’économie criméenne depuis l’an dernier, ajoute Gueorgui Mouradov. Selon lui, des entrepreneurs étrangers ont déjà envoyé des dizaines de requêtes concernant différents secteurs de coopération, de l’industrie à l’agriculture. L’homme politique pense que cette tendance est principalement due au changement d’attitude dans le monde, notamment en UE, envers la Crimée. Souvent, même des antagonistes zélés qui avaient refusé de reconnaître les résultats du référendum de 2014 constatent l’inutilité des sanctions.

Par exemple, des négociations sont menées avec des représentants de Bahreïn, de la France et de l’Italie, a fait savoir à Izvestia Andreï Nazarov, coprésident de Delovaïa Rossia. En particulier, des hommes d’affaires du Moyen-Orient ont déjà signé un mémorandum d’entente avec la Russie et sont prêts à lancer la mise en œuvre des projets d’ici la fin de l’année.

«En général, les étrangers s’intéressent au tourisme, au secteur hôtelier, à l’agriculture et à la viniculture. Mais ces deux dernières années nous constatons une attention accrue pour les capacités industrielles et énergétiques de la région», dit-il.

Le ministère criméen des Finances a ajouté qu’au Forum économique international de Yalta, cette année, avaient participé 807 délégations étrangères de 89 pays dont l’Italie, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, la Suède, la Pologne, la République tchèque, la Lettonie, les États-Unis, la Turquie, l’Inde et l’Ukraine. De plus, le continent africain était représenté par 72 délégués de 31 États.

La sécurité avant tout

Tous les projets impliquant des entrepreneurs étrangers doivent être réalisés très prudemment, car à ce jour les investisseurs font l’objet de répressions à la demande de Kiev, notamment de la part de l’UE et des États-Unis, souligne Gueorgui Mouradov.

En cas de réalisation de projets du côté criméen ou sur le territoire de la péninsule, les entrepreneurs américains et européens encourent de sévères sanctions: blocage des comptes, amendes élevées, voire interdiction d’entreprendre, déclare Andreï Nazarov.

«Afin d’échapper aux sanctions, les investisseurs internationaux n’arrivent pas en Crimée directement sous leur enseigne, mais via un système d’investissement à deux niveaux. Ou ils achètent une entreprise russe apte à effectuer des transactions dans la région. C’est ce qu’ont fait de nombreuses sociétés étrangères qui travaillaient ici  avant la réunification de la Crimée avec la Russie. De plus, pour éviter les complications à l’étranger, les grandes compagnies étrangères ouvrent dans la république des filiales ou travaillent sous une autre marque», explique-t-il.

Les États-Unis ont interdit les exportations de produits, de technologies et de services américains en Crimée, ainsi que les importations de marchandises et de services de la péninsule aux États-Unis depuis le 19 décembre 2014. Cette restriction s’étend également aux investissements américains.

Les mêmes interdictions sont décrétées par l’UE. Les navires de croisière appartenant aux compagnies européennes ou naviguant sous le pavillon de l’UE ne sont pas autorisés à visiter les ports criméens. Il est particulièrement regrettable que les sanctions frappent également les produits sociaux et humanitaires. Le journal Izvestia avait déjà révélé que le plus grand fabricant de piles pour appareils auditifs, la britannique Rayovac Micropower Batteries, avait exigé de ses clients potentiels en Russie des garanties que leurs produits ne se retrouveraient pas en Crimée.

D’ailleurs, Vladimir Poutine a appelé plusieurs fois la communauté internationale à protéger le secteur social et humanitaire contre la politique de sanctions. Les restrictions ne doivent pas affecter les produits de première nécessité, les médicaments et les équipements médicaux.

Source: Sputnik

https://french.almanar.com.lb/1448218


 

PHILIPPE MIGAULT : VENTES D'ARMES RUSSES, UNE PERFORMANCE TRES SIGNIFICATIVE

Philippe Migault est directeur du Centre européen d'analyses stratégiques, analyste, enseignant, spécialiste des questions stratégiques.

Ventes d’armes russes : une performance très significative

Ventes d’armes russes : une performance très significative

© REUTERS/Alexander Natruskin (RUSSIA MILITARY)

Le système de défense russe S-400 (image d'illustration).

Revenant sur les dernières statistiques du marché mondial de l'armement, l'expert en Défense Philippe Migault explique pourquoi les performances des entreprises russes traduisent une mutation de l'ordre géopolitique international.

La Russie vient d’accéder au second rang mondial des ventes d’armes, derrière les Etats-Unis, selon le Stockholm International Peace Reseach Institute (SIPRI), l’un des plus célèbres think-tanks traitant des questions de défense. Une performance qui n’est pas surprenante, dans la mesure où la Russie, quels que soient les critères de classement utilisés (export seul ou export + marché domestique, livraisons, prises de commande…), se place régulièrement sur le podium entre les indétrônables américains et une nation de l’Union européenne (UE). Mais il s'agit là d'un résultat qui ne va pas manquer de satisfaire les autorités politiques, militaires et industrielles russes.

Ce sont surtout les significations géopolitique et industrielle de ces performances qui sont significatives

Car ce succès survient alors que les Etats-Unis et leurs alliés de l’UE ont placé la Russie et l’industrie de défense russe sous sanctions. Washington menace tous ceux qui osent acheter du matériel militaire russe de rétorsions commerciales. Rosoboronexport, l’agence gouvernementale russe en charge des exportations d’armement, les principaux responsables de l’industrie de défense russe, tout ce qui, de près ou de loin, participe à des programmes militaires ou duaux est mis à l’index. Ce qui n’empêche pas ces acteurs de truster les parts de marché en Chine, en Inde, en Turquie, en Asie, en Afrique, en Amérique latine… Systèmes de défense antiaérienne élargie S-400, sous-marins, frégates, hélicoptères, etc. : les produits phares confirment leur succès, à la grande satisfaction, on l’imagine, des patrons d’Almaz-Antey, OSK et autres filiales de Rostekhnologiï.

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Ce succès survient alors que les Etats-Unis et leurs alliés de l’UE ont placé la Russie et l’industrie de défense russe sous sanctions

Mais au-delà de cette capacité à accroître ses ventes, ce sont surtout les significations géopolitique et industrielle de ces performances qui sont significatives. Depuis la reprise de la Crimée par la Russie, les Américains, fidèles à leur pratique d’extraterritorialité de leur droit domestique, promettent poursuites et sanctions à toutes les nations, entreprises, ou individus, qui viendraient à transgresser leurs consignes. Or plus personne, en dehors des vassaux de l’UE, ne tient compte de ces rodomontades. Loin d’être isolée, la Russie renforce ses liens avec ses partenaires Indiens et Chinois. Pleinement ancrée dans une mondialisation condamnant à terme le leadership des Etats-Unis, elle tire profit de toutes les opportunités qui lui sont offertes pour renforcer ses positions commerciales, financières, industrielles, militaires et, au final, sortir plus résiliente encore de cet épisode des sanctions qu’elle n’y est entrée.

Ces nations ne font pas seulement un choix commercial majeur [...] mais aussi un choix politique et diplomatique : celui de Moscou plus que de Washington

Le monde, de plus en plus, rejette l’ascendant moral, l’autorité de tutelle, auxquels les Occidentaux prétendent. Un œil rivé sur une Corée du Nord, contraignant les Etats-Unis à négocier, forte de sa capacité de chantage nucléaire, l’autre sur une Chine ne pliant pas devant la guerre commerciale engagée par Donald Trump, nombre d’Etats tentent d’allier économie de marché dirigée et forces armées modernes et dissuasives afin de mettre en échec la volonté de domination américaine. La Russie, qui propose les solutions de défense les plus performantes en dehors des entreprises occidentales, est naturellement devenue l’arsenal de ces nations. Lesquelles ne font pas seulement un choix commercial majeur, en se liant par des contrats de plus en plus importants à leurs fournisseurs russes, mais aussi un choix politique et diplomatique : celui de Moscou plus que de Washington. Ces chiffres de ventes d’armes traduisent une mutation progressive des (dés)équilibres mondiaux.

https://francais.rt.com/opinions/57663-ventes-armes-russes-performance-tres-significative


 

MANLIO DINUCCI : LA FARCE DES RELATIONS AVEC LA RUSSIE

L’art de la guerre

 

La farce des relations avec la Russie

 

Manlio Dinucci

 

L’état des relations entre Italie et Russie est “excellent” : c’est ce qu’affirme le Premier ministre Conte en recevant à Rome le président Poutine. Le message est tranquillisant, soporifique même à l’égard de l’opinion publique. On s’y limite, fondamentalement, à l’état des relations économiques.
 La Russie, où opèrent 500 entreprises italiennes, est le cinquième marché extra-européen pour notre export et fournit 35% des besoins italiens en gaz naturel. Les échanges -précise Poutine- ont été de 27 milliards de dollars en 2018, mais en 2013 ils se montaient à 54 milliards. Ils ont donc été divisés par deux à cause de ce que Conte appelle la “détérioration des relations entre la Russie et l’Union européenne qui a conduit aux sanctions européennes” (en réalité décidées à Washington). 

  Malgré cela il y a entre les deux pays une “intense relation à tous les niveaux”. Un ton rassurant qui reproduit celui de la visite de Conte à Moscou en 2018 et du Premier ministre Renzi à Saint Petersbourg en 2016, quand il avait garanti que “le mot guerre froide est sorti de l’histoire et de la réalité”. Ainsi continue la farce.
   Dans les relations avec la Russie, Conte (comme Renzi en 2016) se présente uniquement en habit de chef de gouvernement d’un pays de l’Union européenne, en dissimulant dans les coulisses l’appartenance de l’Italie à l’OTAN sous commandement des États-Unis, considérés comme “allié privilégié”. À la table Italie-Russie continue ainsi à siéger, en tant qu’invité de pierre, “l’allié privilégié” dans le sillage duquel se place l’Italie.

  Le gouvernement Conte déclare “excellent” l’état des relations avec la Russie alors qu’à peine une semaine plus tôt au siège de l’OTAN, il a de nouveau accusé la Russie d’avoir violé le Traité FNI (sur la base des “preuves” fournies par Washington), se mettant en rang derrière la décision USA d’enterrer le Traité afin de déployer en Europe de nouveaux missiles nucléaires à portée intermédiaire pointés sur la Russie. 

  Le 3 juillet, la veille de la visite de Poutine en Italie, a été publiée à Moscou la loi qu’il a signée suspendant la participation russe au Traité : action préventive avant que Washington n’en sorte définitivement le 2 août. Poutine a aussi prévenu que si les USA déploient de nouvelles armes nucléaires en Europe adossées à la Russie, celle-ci pointera ses missiles sur les zones où elles sont basées. 

   Ainsi est avertie même l’Italie, qui se prépare à accueillir à partir de 2020 les nouvelles bombes B61-12 à disposition aussi de l’aéronautique italienne sous commandement étasunien. 

   Une semaine avant la confirmation de l’ “excellent” état des relations avec la Russie, le gouvernement Conte a confirmé la participation italienne à la force OTAN sous commandement USA de 30 navires de guerre, 30 bataillons et 30 escadres aériennes déployables en 30 jours en Europe contre la Russie à partir de 2020. Toujours en fonction anti-Russie des navires italiens participent à des manoeuvres OTAN de guerre sous-marine ; des forces mécanisées italiennes font partie du Groupe de bataille OTAN en Lettonie  et la Brigade blindée Ariete s’est exercée il y a deux semaines en Pologne, tandis que des chasseurs italiens Eurofighter Typhoon sont déployés en Roumanie et Lettonie. 

   Tout ceci confirme que la politique étrangère et militaire de l’Italie est décidée non pas à Rome mais à Washington, à la barbe du “souverainisme” attribué à l’actuel gouvernement.
    Les relations avec la Russie, comme celles avec la Chine, reposent sur les sables mouvants de la dépendance italienne des décisions stratégiques de Washington. Il suffit de rappeler comment en 2014, sur ordre de Washington, fut sabordé le gazoduc South Stream Russie-Italie, avec des pertes de milliards d’euros pour les entreprises italiennes. Dans l’absolu silence et consensus du gouvernement italien.

 

Édition de mardi 9 juillet 2019 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/la-sceneggiata-delle-relazioni-con-la-russia/ 

Traduit de l’italien par M-A P.