KARIM MOHSEN : POUTINE RECADRE OBAMA SUR LA SYRIE

Les chasseurs russes, en action, en Syrie

Les chasseurs russes, en action, en Syrie

Oct 01, 2015 03:23 UTC  

IRIB- Une rencontre aussi exceptionnelle que remarquable entre les chefs d'Etat russe, Vladimir Poutine, et US, Barack Obama, aura suffi à recadrer le conflit syrien, brouillé par le machiavélisme occidental. 

L'Occident a, ainsi, instrumentalisé le dossier syrien, sans parvenir à chasser Bachar al-Assad. Or, ce dernier est, désormais, inéluctable, pour toute solution politique du conflit. Ce que le chef de l'Etat russe a fait admettre à son homologue américain. Dès le début du conflit, en 2011, les Occidentaux n'ont, à aucun moment, tenté d'en comprendre la genèse, se focalisant sur le président syrien et exigeant son départ, parallèlement à leur prise en main de la rébellion syrienne. On a, ainsi, fait de Bachar al-Assad un monstre - un dictateur atypique, ni plus, ni moins, hors normes que ses pairs - alors qu'il n'est que l'image du régime baathiste syrien. En fait, Al-Assad n'est rien, sans son armée, ses zélateurs et ses courtisans. Aussi, exiger, de but en blanc, son départ n'a pas de sens si, effectivement, on veut contribuer à trouver une issue à un dossier très complexe. D'autre part, seul, le peuple syrien, est habilité à chasser son président, si besoin. De fait, Vladimir Poutine, n'a pas omis de le relever, devant son homologue américain, assurant: «J'ai le plus grand respect, pour mes homologues américain et français, mais ils ne sont pas des ressortissants syriens et ne doivent, donc, pas être impliqués, dans le choix des dirigeants d'un autre pays». Quatre années ont été perdues, à cause de manoeuvres politiciennes, sur le dos du peuple syrien, sacrifié sur l'autel d'ambitions, à tout le moins criminelles, des grandes puissances. Alors qu'il fallait chercher les moyens de circonscrire le feu qui couvait, en Syrie, celles-ci avaient pour préoccupation la tête du président syrien. Justifiant la position étatsunienne, sur la Syrie, le Président Barack Obama a affirmé qu'Assad était un «tyran». Or, Al-Assad est le genre même de dirigeants que l'Occident affectionne et cultive même leurs tares, qui sont tout bénéfice, pour leurs intérêts. Aussi, l'inquiétude de M. Obama est tout à fait suspecte, alors qu'il ne dit mot, quand son principal allié saoudien est sur le point de décapiter un homme, pour délit d'opinion. De fait, ce sont les Etats-Unis qui ont formaté Saddam Hussein - les grands dirigeants américains, comme l'ancien secrétaire à la Défense de G.W Bush, Donald Rumsfeld, ont tous fait le voyage de Baghdad - et l'ont incité à déclarer la guerre à l'Iran. Guerre, qui s'est soldée par la mort de centaines de milliers d'Irakiens et d'Iraniens. Et ce sont les Etats-uniens, qui ont déboulonné ce même Saddam Hussein, devenu inutile, qui ont, aussi, ouvert la voie à un nouveau terrorisme: le terrorisme islamiste. Ils ont récidivé, en Syrie, tentant, encore, une fois, d'imposer leur diktat, refusant de faire une lecture correcte des tenants et aboutissants du conflit, participant même à son aggravation, en tentant d'imposer une coalition fantoche, qui ne représentait qu'elle-même. Les Etats-uniens ont, d'ailleurs, fini par se rendre compte qu'ils ont misé sur le mauvais cheval, peu crédible. Et ce sont, encore, les Etats-Unis, qui forment des rebelles, pour «combattre» l'EI, des rebelles, qui, au final, font cause commune avec le groupe jihadiste Al-Nosra, (branche syrienne d'Al-Qaïda). D'ailleurs, le Pentagone a reconnu, samedi, que c'était là un fiasco. Ainsi, dans le dossier syrien, les Etats-Unis ont fait tout faux, continuant à privilégier une analyse exclusiviste des événements. Après la rencontre Obama-Poutine, un responsable états-unien explique: «Je crois que les Russes ont compris l'importance d'avoir une solution politique», et tout de go de souligner que les deux hommes étaient «en profond désaccord, sur le rôle que jouera le président syrien, dans le règlement de la guerre civile». Il y a à l'évidence un quiproquo, les Etats-uniens ont de la gêne à appréhender le conflit syrien, mettant sur le dos des autres leur propre incapacité à accepter ce fait: la solution ne pouvait être que politique, et celle-ci ne peut se réaliser, sans la participation de l'actuel dirigeant syrien. Ce que Washington conteste, s'opposant à tout rôle d'Al-Assad, dans la recherche d'un règlement politique. Or, ils viennent de concéder le fait, estimant qu'un «calendrier» du départ de Bachar al Assad pouvait être «négocié». De fait, les Etats-uniens, qui voulaient imposer «leur solution» à la Syrie, admettent, aujourd'hui, que la Russie, et même, l'Iran, pouvaient être d'un apport précieux, à l'issue de la guerre, en Syrie. Lors de la conférence, dite «Genève 2», l'ONU avait invité une soixantaine de pays, dont les 4/5 n'avaient rien à voir avec le dossier, mais pas l'Iran, à laquelle Washington a opposé son veto. C'est cette sélectivité malintentionnée, qui a pesé sur le conflit syrien, induisant des dizaines de milliers de morts. L'Occident en porte une grave responsabilité.

http://francophone.sahartv.ir/infos/article-i5533-poutine_recadre_obama_sur_la_syrie_par_karim_mohsen


 

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