POURQUOI LA RUSSIE NE DOIT PAS RENIER SON PASSE (1/2)

 

Pourquoi la Russie ne doit pas renier son passé [1/2]

Le combat pour le passé de la Russie est un combat pour son avenir. Les libéraux russes, dénoncent déloyalement les crimes de l’Union soviétique pour dissimuler leurs intentions : aider les oligarques de l’Ouest à s’emparer des richesses de la Russie


Par Nicolaï Stakirov – Le 19 octobre 2015 – Source Russia Insider

Les libéraux russes, aussi bien que ceux de l’Occident, n’ont cessé de ternir et couvrir de boue le passé de notre pays avec une ténacité que certains pourront trouver surprenante. Souvent vous pouvez voir un blogueur honnête écrire quelque chose de mauvais sur l’Union soviétique ; ou dans une autre occasion, un canal TV d’opposition, menant une enquête sur la Grande Guerre Patriotique, insulter la mémoire de ceux qui sont tombés. Ils reçoivent tous un soutien enthousiaste des médias occidentaux dominants. Récemment, la BBC, une chaîne d’information publique considérée comme indépendante pour des raisons obscures, a tenté avec diligence de réécrire l’Histoire en publiant un mensonge sur les soldats russes tellement révoltant que je suis trop dégoûté pour simplement en parler.

 

La bataille pour l’Histoire : une partie de la guerre de l’information.

Une question parfaitement raisonnable est de se demander : «Pourquoi». Pourquoi ces cabochards de journalistes tentent-ils constamment de dégrader notre passé ? Pourquoi tentent ils toujours de le peindre en noir ?

Essayons d’expliquer cela.

Nous commencerons avec une période de référence. Pourquoi l’époque de Staline est-elle la cible principale de cette guerre de l’information ? Pourquoi la part du lion des mensonges, des falsifications, des vilenies et des manipulations est-elle directement orientée sur la période de la fin 1930 jusqu’au milieu des années 1950 ?

C’est parce que nos opposants géopolitiques sont réellement conscients de deux choses :

1 – L’Histoire n’est pas simplement un inventaire de ce qui est survenu par le passé. Premièrement et essentiellement c’est une voie pour programmer l’avenir.

2 – La lutte géopolitique ne s’arrête jamais, pas un seul jour, en conséquence il faut tenter de dominer les rivaux principaux chaque heure de chaque jour. Réécrire l’Histoire, la salir et la falsifier, offre une excellente occasion pour y arriver.

La Russie d’aujourd’hui, un pays avec une politique étrangère claire et cohérente qui vise à renforcer ses propres intérêts, est en concurrence avec l’Ouest. C’est un rival dangereux. Vous pouvez ricaner sur les chiffres du PIB ou sur les parts de marché de l’économie mondiale et constater combien sont puissants les USA et leurs satellites et combien la Russie est faible, mais les plus récents événements nous démontrent que tout cela n’est qu’une tentative crapuleuse faisant partie de la guerre de l’information. L’Ouest n’a aucune raison d’être complaisant et le sait mieux que quiconque.

De Joseph Staline à Deng Xiaoping – Des success stories tragiques.

Au milieu des années 20, au XXe siècle, la Russie/URSS fut un acteur virtuellement inexistant de la politique mondiale. Son économie avait été détruite pendant la guerre civile dans laquelle les pouvoirs occidentaux étaient intervenus lourdement et directement. Aussi, la Nouvelle politique économique (NEP), qui fut mise en œuvre juste après, fit son possible pour nourrir les affamés, mais le système agricole avec ses petits moyens n’était pas capable de concourir avec les grandes entreprises de l’Ouest qui utilisaient les machines à grande échelle. L’URSS n’avait pas d’industrie lourde conséquente, et ne pouvait donc pas construire des machines et des armes lourdes – chars, avions et navires.

Mais il n’a fallu que dix ans pour que la situation change de manière drastique. Après la mise en œuvre de deux plans quinquennaux, l’URSS avait construit environ 300 unités de production majeures qui produisaient de la machinerie lourde plutôt que des chips et du soda. Cela prit encore dix ans pour que l’URSS, entraînée dans une guerre inimaginable et subissant la destruction d’une grande partie de son peuple, ne devienne la deuxième plus puissante économie du monde, la deuxième derrière les USA qui n’avaient pas connu les horreurs de la guerre sur leur sol, et qui en contrepartie s’enrichissaient rapidement grâce au Plan Marshall d’aide à l’Europe qui finalement profitait aux compagnies américaines ; c’est là le moyen qu’ils utilisèrent pour effacer les retombées néfastes de la Grande Dépression.

Après vingt ans la situation avait changé au-delà de l’imaginable. Le carnage hitlérien et la brutalité absolue des nazis, que l’Ouest avait mis au pouvoir en Allemagne, et utilisés pour tenter d’écraser l’union Soviétique rivale, avaient abouti au développement grandissant de cette dernière qui commençait à causer de sérieux problèmes.

Quelque chose de similaire arriva en Chine lorsque les réformes commencèrent en 1978. En 1998, voyant ce qui arrivait et comment la Chine progressait, les USA tentèrent de fomenter un coup d’État. Survint l’incident de la place Tienammen avec des étudiants, tout juste des ados, et des appels à la Démocratie et aux Droits de l’Homme. Aujourd’hui, après les événement d’Ukraine, la réponse à la question de l’origine des instigateurs des révolutions de couleur et l’usage qu’ils en font est totalement claire pour chacun, sauf pour les libéraux russes, les diplomates américains et les journalistes occidentaux. Après qu’elle eut réussi à contrôler la tentative de putsch, la Chine monta aux nues. Aujourd’hui, même les plus virulents des avocats russes des USA aiment citer la Chine comme un exemple, négligeant cyniquement de mentionner que si la démocratie était sortie victorieuse du putsch de ce jour là à Pékin, les succès chinois actuels n’auraient jamais vu le jour.

Maintenant, après 25 années de développement, la Chine est devenue non pas un simple rival de l’Ouest, mais elle progresse à grande vitesse, bien proche de voir nos camarades chinois dépasser leurs partenaires européens et américains.

Tout ceci nous amène à une seule conclusion : cela ne prendra pas longtemps, si on se réfère aux précédents historiques, pour voir un changement radical apparaître dans le monde entier ; et l’Ouest ne veut pas de ce changement.

Un des moyens pour empêcher ce changement est la guerre contre notre passé. Ou plutôt la guerre avec notre passé, sa falsification, son dénigrement. Pourquoi est-ce important ?

Derrière chaque révision de l’Histoire existe une motivation de profit

Imaginez que vous avez hérité de votre grand-père une magnifique maison de campagne et un lopin de terre, mais que vos voisins n’aient de cesse de vouloir s’en emparer. Alors ils commencent à raconter toutes sortes d’histoires, de mensonges et de vilenies sur la manière dont votre grand-père a acquis la maison et la terre. Ces voisins malhonnêtes, pourtant, ne vous racontent pas par quels moyens leurs ancêtres ont acquis leur propre maison, qui est encore bien plus chère que la vôtre, ainsi que leur morceau de terre. La campagne de lavage de cerveau sur vous est massive, et elle implique les autres voisins, la presse locale et même les autorités locales.

Et, chose plaisante, dès lors que vous admettrez l’escroquerie de votre grand père qui aurait acquis la terre et la maison en violation de la loi, les voisins seront dans leur droit et ils vous diront ce qui semble logique : vous devez rendre ce qui a été acquis, avec des moyens malhonnêtes, par votre criminel de grand père. Rendre à qui, demanderez-vous ?

Quelle question! Aux voisins évidemment.

Nikolaï Starikov

A suivre…

Article original  paru sur le Blog de Nikola Starikov.

Traduit par Gabriel, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau