POUTINE DECU PAR LES USA MAIS AUSSI PAR LA FRANCE

Poutine, déçu par les États-Unis, mais aussi par les Français

Wed Oct 12, 2016 5:59PM

Vladimir Poutine au Forum d'investissement de Moscou, le 12 octobre 2016. ©RT

Vladimir Poutine au Forum d'investissement de Moscou, le 12 octobre 2016. ©RT

Pour le président russe Vladimir Poutine, parler à son homologue américain est tout sauf simple.

« Négocier avec l’administration Obama est difficile ; mais nous sommes prêts à coopérer avec le prochain gouvernement américain. »

Critiquant l’approche américaine dans les négociations bilatérales, le président russe a affirmé qu’il serait ouvert au dialogue, tant que ses intérêts étaient respectés.

Poutine, qui s'exprimait mercredi lors du Forum d'investissement de Moscou, a affirmé que la réduction des liens avec Washington ne relevait pas d’une décision du Kremlin.

Aux candidats à la présidentielle américaine, Poutine a recommandé de ne pas tenter d’instrumentaliser la russophobie pour attirer les votes, ce qui, selon lui, nuira aux relations futures entre la Russie et les États-Unis. Le président russe a aussi affirmé que l’attitude des États-Unis à l’extérieur de leurs frontières est toujours coûteuse. « Washington ne cesse de mettre les pays du monde sous pression », a-t-il déploré.

Poutine a répondu en ces termes à un journaliste lui demandant si, au regard du Kremlin, il y avait un rapport entre les sanctions imposées à la Russie et les positions de Moscou envers la crise syrienne :

« Notre monde d’aujourd’hui a besoin de coopération, pas de pression ni de chantage ; la Russie ne cédera pas devant les pressions et les nouveaux chantages en rapport avec l’affaire syrienne. »

Et en parlant de la crise syrienne, le président russe a aussi critiqué l’approche de la France. En allusion aux négociations sur la Syrie, Poutine a accusé la France d'avoir cherché à « envenimer la situation ».

Au lendemain de l'annulation par Moscou d'une rencontre qui était prévue à Paris entre François Hollande et Vladimir Poutine, le président russe s'est déclaré offensé par le comportement de la diplomatie française sur le dossier syrien.

« Ce n'est pas la France qui doit être offensée par le veto russe, mais plutôt Moscou qui doit être offensé », a déclaré le chef du Kremlin. Le président russe reproche à Paris de s'être engagé à respecter les amendements déposés par Moscou sur sa proposition de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la Syrie, puis d'avoir soumis un texte qui n'en tenait aucun compte – un comportement ayant contraint la Russie à user de son droit de veto.

« Lorsque Jean-Marc Ayrault s'est rendu à Moscou, Sergueï Lavrov [le chef de la diplomatie russe] lui a assuré que Moscou n'avait pas la volonté d'utiliser son droit de veto si la France prenait en compte les amendements proposés par Moscou », a déclaré le président russe. En d'autres termes, la France et la Russie se sont entendues sur le contenu de la proposition française.

Or par la suite, poursuit Vladimir Poutine, le ministre des Affaires étrangères français a rencontré les dirigeants américains. Résultat : « La résolution française ne mentionnait pas du tout la responsabilité de l'opposition et de ses combattants dans la crise actuelle en Syrie. » Une manière, selon le dirigeant russe, de se plier à la volonté de Washington. « Servir les intérêts politiques des États-Unis, est-ce le rôle de pays sérieux qui prétendent à un titre de grande puissance ? », a-t-il regretté.

Les déclarations du chef du Kremlin sur la diplomatie française font référence à une proposition de résolution de la France sur un cessez-le-feu à Alep, qui a été soumise au Conseil de sécurité de l'ONU le samedi 8 octobre, et rejetée en raison du veto russe. Paris avait par la suite opposé son veto à la contre-proposition de Moscou, à l'unisson avec Washington et Londres.

Le lendemain de ces désaccords, le dimanche 9 octobre, François Hollande avait annoncé qu'il pourrait annuler sa rencontre avec Vladimir Poutine, prévue lors de son voyage à Paris le 19 octobre. Mardi 11 octobre, le président russe avait finalement fait savoir qu'il comptait « reporter » sa visite diplomatique dans la capitale française, où il devait également inaugurer un centre spirituel et culturel russe au quai Branly.

Lors de son intervention au Forum d'investissement de Moscou, mercredi, le chef d’État russe a souhaité dédramatiser l'incident diplomatique : « En vérité, nous n'avons même pas annulé la visite [à Paris]. Nos interlocuteurs français ont tout simplement laissé entendre que le moment n'était pas très bon pour ouvrir officiellement notre centre culturel et pour discuter de tous ces sujets humanitaires, et qu'il valait mieux reporter l'événement. » Une suggestion à laquelle le Kremlin a répondu de manière positive, selon Vladimir Poutine. « Nous ne nous imposons pas », a souligné ce dernier.

Concernant la situation syrienne elle-même, le chef du Kremlin a annoncé, mercredi, connaître le responsable de l'attaque du 19 septembre contre un convoi humanitaire de la Croix-Rouge et de l'ONU, qui avait provoqué la mort d'une vingtaine de civils près de la ville d'Alep. « C'était l'un des groupes terroristes [syriens]. Nous le savons, et les États-Unis le savent également, mais ils préfèrent accuser la Russie de manière fallacieuse », a déploré le dirigeant russe.

Le Pentagone avait soutenu que les véhicules humanitaires avaient été détruits par des bombardements aériens et que des avions de guerre russes se trouvaient dans la zone concernée durant les événements. Moscou avait nié ces accusations, et fait savoir qu'un drone américain surveillait le convoi, de sorte que Washington ne pouvait ignorer ce qu'il s'était réellement passé.

Avec RT

http://presstv.com/DetailFr/2016/10/12/488773/Poutine-Quil-est-dur-de-parler--Obama-syrie-russie


 

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