Satisfait ou déremboursé. Les médicaments considérés par les autorités de santé comme étant peu ou pas efficaces pourraient ne plus être remboursés. C’est ce que révèlent les Echos jeudi, qui sont parvenus à se procurer les premières propositions de réforme d'un groupe de travail mis en place par la ministre de la Santé. Marisol Touraine a chargé ce groupe de plancher sur des pistes pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

La présidente de cette mission d'«évaluation des produits de santé», Dominique Polton, a travaillé sur cinq mesures visant à clarifier et simplifier les taux de remboursement. Parmi les scénarios possibles, l’experte préconise que les médicaments dont le service médical rendu est jugé «faible», actuellement remboursés à la hauteur de 15% ne soient plus remboursés. Parmi eux, pêle-mêle : le Zovirax contre l’herpès buccal, le Chondrosulf contre l’arthrose, la Gaviscon pour les troubles digestifs ou la crème hydratante bien connue Dexeryl.

A l’heure actuelle, l’Assurance maladie rembourse un médicament selon son «service médical rendu» (SMR), c’est-à-dire son efficacité. Si ce SMR est jugé insuffisant, le médicament n’est pas remboursé. S’il est estimé faible, le taux de remboursement est de 15%, il grimpe à 30% si le service est jugé modéré, à 65% s’il est considéré comme majeur et à 100% si le SMR est estimé irremplaçable. Selon les mesures préconisées par Dominique Polton, le remboursement du premier groupe pourrait donc sauter. Seule dérogation possible : les médicaments rendant certes un service faible mais qui n’ont pas d’alternative thérapeuthique, précisent les Echos.

Simplification oblige, Dominique Polton envisage aussi un «taux unique de remboursement», contre trois aujourd’hui (15, 30 et 60%), sans pour autant fixer de montant. Les propositions retenues doivent être arrêtées pour le 8 septembre.