ASSAD DIVISE OBAMA ET LE PENTAGONE SUR LA STRATEGIE POUR LA SYRIE

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IRIB-Deux journaux, le même jour, se font l’écho de fortes dissensions entre la Maison-Blanche et le Pentagone : LeWashington Times et le Washington Examiner, tous les deux le 5 novembre (le 6 novembre pour nous). Ces dissensions sont nouvelles, ponctuellement provoquées par la “stratégie” adoptée par la Maison-Blanche pour la Syrie, notamment la décision d’envoyer de 30 à 50 “conseillers”, geste qui symbolise la fameuse formule Boots on the Ground et qui a déjà été l’objet ces derniers joues du lancement d’une campagne d’opposition au niveau de l’opinion publique.
D’une façon générale, les critiques portent évidemment sur la forme même de la “stratégie”, le terme attirant évidemment la critique par le simple fait du nombre ridiculement bas de soldats pseudo-non-combattants engagés.
On parle ici des déclarations officielles, sans tenir compte de la réalité sur le terrain où l’on sait que des forces US ou sous patronage US sont engagées depuis longtemps, en nombre souvent significatifs.
 
Mais il s'agit d'un autre monde. Nous parlons d'une querelle de communication à partir de  narrativre en vogue et en cours... Pourtant, cette querelle recouvre, malgré sa complète irréalité, des dissensions beaucoup plus profondes. Par conséquent, les critiques sont évidentes et souvent fondées, et développent des arguments qui ne le sont pas moins. On donne d’abord quelques extraits du Washington Examiner qui concernent surtout des experts et spécialistes de l’establishment washingtonien. Leur appréciation est qu’il sera quasiment impossible pour les “conseillers” de ne pas être engagés dans une forme ou l’autre de combat, en raison des conditions qu’ils vont rencontrer en Syrie. « “... » Le Washington Times, lui, se concentre sur le réactions extrêmement vives des parlementaires, avec bien entendu l'inoxidable John McCain en tête. Mais, sans surtout rien lui enlever toute l’insondable absurdité de ces postions habituelles autant que de sa “philosophie” naturelle, on admettra que, pour ce cas de la “stratégie” obamienne, les arguments de McCain ont du poids. Certes, l’argument n’est pas difficile, mais dans tous les cas il le développe avec bon sens. Savourez donc ce moment rarissime où McCain dit des choses sensées. Qui plus est, McCain nous donne un aperçu, qui est sans aucun doute bien réel, de l’intense insatisfaction qui règne dans les rangs des militaires et fonctionnaires divers du Pentagone, car il a de son côté (celui de McCain) nombre de connexions et des confidences permanentes. « “ »On observe déjà à un détail combien la matière extraordinairement complexe du Moyen-Orient, devenue hyper-complexe quand on passe à la formulation d’une “stratégie” à la Maison-Blanche, conduit à des situation pleines de contradiction. Aucune ne doit contrarier l’esprit mais, au contraire, le remplir d’une certaine satisfaction car c’est dans ces labyrinthes byzantins qu’apparaissent des forces antiSystème inopinées et complètement inconscientes, qui effectuent néanmoins un rude travail antiSystème. McCain cite, parmi les chefs militaires frustrés, le général Flynn dont on a beaucoup parlé. Le voilà donc incorporé de facto dans le camp de McCain en pleine révolte contre la “stratégie” d’Obama, et le plus sympathique de cette situation est qu'il n’y a pas contradiction. Par ailleurs, – et pour nous, de façon bien plus importante, – Flynn est un des “lanceurs d’alerte” les plus inattendus, – un de ceux que McCain dénonce et considère comme traître de façon routinière, – lorsqu’il (Flynn) dévoile la façon dont l’administration Obama a objectivement soutenu, armé, renforcé le groupe Daesh depuis 2011-2012 malgré les avertissements circonstanciés de la DIA, avertissant qu’on était ainsi en train de contribuer décisivement à la la création d’un Frankenstein. Sur ce point, McCain est complètement dans le camp opposé de Flynn, qu’il dénoncerait comme “traître” pour un peu, puisqu’il est, lui (McCain), pour l’armement maximal pout tout ce qui bouge en Syrie, pourvu que cela soit extrémiste et ennemi juré de Assad, et donc pratiquement allié objectif de Daesh malgré qu’il dénonce le peu de moyens envisagés pour combattre Daesh. (On a vu plus d’une fois McCain aux côté des chefs islamistes, comme on l’a vu, en Ukraine, auprès de leaders néo-nazis.) Là aussi, superbe exemple, ad nomine, des contradictions directes qu’engendrent les péripéties en lacets, en croisements, en redoublements, de la scène politique washingtonienne, et qu’o,n commence à bien connaître. Superbe exemple, en fait, d’une psychologie générale et d’une communication fonctionnant selon ce que nous désignons comme le “Big Now”, c’est-à-dire cette situation postmoderne où le présent est tellement hypertrophié comme démonstration de la justesse des thèses suivies et appliquées, que le passé même proche n’existe plus, non seulement pour l'esprit (la mémoire) mais pour la psychologie elle-même : il est devenu incohérent et incompréhensible qu'il y ait un passsé avec ses enseignements, – donc, pas de passé, pas d'enseignement, et fermez le ban.Quant au futur, à partir duquel certains prétendaient in illo tempore envisager l'avenir de l'homme selon leurs conceptions, , il a été répudié puisqu’il s’avère complètement contradictoire avec l’avenir justement, à cause des impératifs faussaires de la postmodernité, comme on l’a vu de plus en plus souvent ces derniers temps. (Pour la différence décisive entre “futur” et “avenir”, voir notammentla note du texte du 6 juin 2015 sur “la bataille pour le ‘néantissement’ de l’Histoire”.)
Cela implique que la plupart des acteurs politiques, privés de toute mémoire historique et de toute capacité de pojection rationnelle des possibilités des évènements à venir, et donc embarrassés strictement d’aucune cohérence, – à part celles des énormes stéréotypes en forme d’image symboliques d’Epinal qu'ils acceptent avec enthousiasme, comme Poutine et Assad par exemple, – sont capables d’accepter des modifications radicales de situations et d’acteurs sans y suspecter la moindre contradiction, et sans éprouver la nécessité de s’expliquer de tels phénomènes.)Par contre, le tableau général qu’on a de cette mésentente entre le Pentagone et la Maison-Blanche est inhabituel d’ampleur, d’écho public et de sérieux du fait des personnalités impliquées. Il constitue peut-être un point intéressant et important de blocage de l’appareil de sécurité nationale aux USA, c’est-à-voir selon les évènements, essentiellement à cause de la personnalité et de la psychologie de l’homme, le président, qui est incapable de prendre une décision claire et tranchée puisque sa politique naturellement modérée est constamment déformée chez lui par son désir de ne pas se mettre à dos la majorité super-belliciste des représentants de l’establishment, et donc aved une tendance irrésistible à nuancer des décisions effectivement modérées par des aspects bellicistes nécessairement incomplets et sans véritable effet. Cas classique d’un homme qui veut marier l’eau et le feu, ne mécontenter personne, rencontrer ses propres convictions qui se démarquent de la majorité belliciste, etc. Le résultat est catastrophique mais ne manque pas d’une certaine allure exotique. Il permet à la basse-cour washingtonienne de s’exclamer dans tous les sens et à l’action des centres subversifs US de continuer à se développer dans un contexte général d’incontrôlabilité. Et même, enfin, lorsqu’on voit ce que propose Obama, on se dit que ce désordre lui-même n’est pas plus destructeur que ce que se prépare à être la “stratégie” du président.   dedefensa.org

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