ASSAD : NEGOCIER NE SIGNIFIE PAS QU'ON CESSE DE COMBATTRE LE TERRORISME

 

Dans une interview exclusive à l'AFP, le président syrien s’est dit déterminé à reprendre le contrôle de toute la Syrie, mais a averti que les combats contre les groupes armés terroristes pourraient être «longs». Bachar al-Assad a affirmé vouloir mener des négociations avec l’opposition tout en poursuivant la guerre contre le terrorisme.

«Il n’est pas logique de dire qu’il y a une partie de notre territoire à laquelle nous renoncerons», a-t-il dit. La reconquête de tout le territoire syrien «est un but que nous chercherons à atteindre sans hésitation [...] que nous soyons capables de le faire ou non», a poursuivi le président âgé de 50 ans.

«Depuis le début de la crise, nous croyons totalement aux négociations et à l’action politique. Cependant, négocier ne signifie pas qu’on arrête de combattre le terrorisme. Les deux volets sont indispensables en Syrie [...] Le premier volet est indépendant du second», a souligné Bachar al-Assad.

Alep, «la voie principale de ravitaillement des terroristes»

Selon Bachar al-Assad, la «bataille principale» d’Alep a pour but de «couper la route» entre cette province et la Turquie, et non pas de prendre la deuxième ville du pays. L’importance de couper cette route tient au fait qu’elle constitue «la voie principale de ravitaillement des terroristes», a-t-il dit. Il n’a d’ailleurs pas écarté le risque d’une intervention militaire turque et saoudienne en Syrie, mais a affirmé que ses forces y feraient face. «C’est une possibilité que je ne peux pas exclure pour la simple raison que [le président turc Recep Tayyip] Erdogan est quelqu’un d’intolérant, de radical, un pro-Frères musulmans et qui vit le rêve ottoman [...] Il en est de même pour l’Arabie Saoudite. De toute manière, une telle action ne sera pas facile pour eux et nous allons très certainement y faire face», a-t-il indiqué.

Les rapports de l'ONU «politisés»

Evoquant la crise des migrants, le président syrien a affirmé que l’Europe devait créer les conditions pour aider au retour des réfugiés dans leur pays. «Je vais appeler les gouvernements européens qui ont contribué directement à l’exode [des réfugiés syriens] en fournissant une couverture aux terroristes et en imposant un embargo à la Syrie à aider au retour des Syriens chez eux», a-t-il dit.

Il a par ailleurs catégoriquement rejeté les accusations de l’ONU rendant son régime responsable de crimes de guerre, affirmant que la plupart des rapports des institutions des Nations unies étaient «politisés» et infondés.

«Les institutions onusiennes [...] sont essentiellement dominées par les puissances occidentales et la plupart de leurs rapports sont politisés» et «n’avancent pas de preuves», a-t-il soutenu. «C’est pourquoi je ne crains ni ces menaces ni ces allégations», a-t-il répondu lorsque les journalistes de l’AFP lui ont demandé s’il ne craignait pas de devoir rendre des comptes un jour devant un tribunal international.

Par ailleurs, Bachar al-Assad a appelé la France à «changer de politique» en Syrie afin de «combattre le terrorisme», estimant que ce n’était pas à son pays de faire «un geste envers» Paris pour améliorer les relations entre les deux pays. Interrogé sur le départ de Laurent Fabius du poste de chef de la diplomatie française, le président syrien a déclaré que «le changement de personnalités [n’était] pas vraiment d’une grande importance» et que c’était «plutôt le changement de politique» qui comptait.

Source : AFP et rédaction

 

 

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