HAMA : UNE BATAILLE SAOUDIENNE POUR LE CŒUR DE LA SYRIE

Combats à Hama : une bataille saoudienne pour le cœur de la Syrie??
L’équipe du site

Depuis quelques jours, des combats battent leur plein dans la province de Hama, menaçant son fief éponyme, pour la première fois depuis l’éclatement de la crise syrienne.

Selon le journal libanais al-Akhbar, ils se distinguent des autres par l’obstination des groupes qui s’y sont engagés à vouloir à tout prix « libérer la ville de Hama ».

De point de vue géographique, cette région située au centre de la Syrie se trouve à la croisée de plusieurs voies d’approvisionnement essentielles pour l’armée syrienne, en provenance de Damas et du littoral occidental, à destination du nord syrien, dont Alep.

Le but affiché de la bataille est d’ouvrir un nouveau front contre l’armée syrienne, afin de disperser ses forces et de l’empêcher d’envoyer des renforts à Alep.

L'hégémonie de l'Arabie
 
Mais pour al-Akhbar, un autre objectif se profile derrière cette escalade.

Celle-ci constitue une tentative de l’Arabie saoudite d’assoire son hégémonie au cœur de la Syrie. D’autant que son influence s’est amenuisée ces derniers temps dans le nord syrien, en faveur des Turcs. Et que sa  situation est plutôt précaire dans la Ghouta orientale à l'est de Damas, depuis la mort de son homme de main en Syrie et fondateur de la milice Jaïsh al-Islam, Zahrane Allouche.
Tandis que dans le sud syrien, sa situation n’est guère meilleure : c’est la cellule MOK qui supervise la situation, depuis la Jordanie, à son insu.

Plusieurs acteurs en Syrie pourraient être attirés par une escalade militaire dans cette région : Daesh, entre autre,  pour la simple raison qu’elle essuie de lourdes pertes dans le nord syrien. La coalition Jaïsh al-Fateh aussi, pour alléger la pression qu’elle subit dans le sud-ouest d’Alep.

Jound al-Aqsa: la grande inconnue

Mais c’est Jund al-Aqsa qui a ouvert les hostilités. Ayant souvent combattu aux côtés du front al-Nosra, ce groupuscule est devenu ces derniers temps la destination des miliciens étrangers qui ont quitté le front al-Nosra, dont ils n’ont pas apprécié le changement de nom et la décision de se désengager d’Al-Qaïda, de point de vue organisationnelle.

Dans ses combats à Hama, cette milice est assistée par d’autres dont Abna Sham, Jabhat Ansar al-Dine.

Le chef militaire de cette dernière a été tué ces dernières heures. (photo à gauche) 

Le journal libanais indique que Jound al-Aqsa est l’une des milices les moins connues de toutes en Syrie.

C’est un groupuscule takfiriste par excellence, dont la loyauté pour Al-Qaïda n’a jamais altéré ses bonnes relations avec Daesh. Il lui arrive aussi de s’allier avec des milices de l’Armée syrienne libre (ASL).

L'argent koweitien, le chef saoudien

Jamais il n’a contrôlé des zones riches en ressources naturelles, mais il jouit d’une autosuffisance matérielle. Il la doit au financement que lui procurent des notables koweitiens salafistes qui ont joué un rôle décisif dans le cours des événements en Syrie, grâce aux alliances politiques qu’ils ont conclues avec des forces en action sur le terrain.

C’est la raison pour laquelle les objectifs de Jound al-Aqsa se confondent avec les directives saoudiennes.

Hormis son fondateur, le palestinien Abou Abdelaziz al-Qatari (du vrai nom Ahmad Youssef Othmane al-Athamenah), deux autres dirigeants sont influents dans ce groupuscule : 

Le Koweitien Abdallah Al-Otaïbi qui son véritable fondateur de sa branche militaire. Il a combattu en Afghanistan puis en Syrie et sa dernière étape a été le Yémen où il a péri dans le raid d’un drone depuis un an).

Le deuxieme est un saoudien, Abou Zar al-Najdi. Ayant été emprisonné en Arabie saoudite, il fait partie de ceux qui ont été libérés pour être  envoyés en Syrie. C’est lui qui dirige la milice aujourd’hui.

Retour à Hama: Marwane Hadid

Le premier théâtre de combats du Jound al-Aqsa a été la province nord de Hama. Mais il a été contraint plus tard de passer à Idleb, sous la pression du chef du front al-Nosra, Abou Mohammad al-Joulani.

De retour, il a baptisé la bataille « conquête de Marwane Hadid », le fondateur du bras armé des Frères musulmans en Syrie, « Al-Taliaat al-Moukatilat », le siècle dernier. Lui-même originaire de Hama. 


Ce groupuscule s’est fait remarquer ces derniers temps en refusant de faire part à la bataille d’Alep, pour briser le siège de ses quartiers Est occupés par les rebelles, lancée par la coalition Jaïsh al-Fateh. Ce qui a troublé sa relation avec cette dernière.

La raison en est selon des sources jihadistes que ses pourvoyeurs de fond lui étaient totalement hostiles car ils considéraient que c’est une bataille turque par excellence

 En dessous des alliances officielles, une rivalité couve entre l’Arabie et la Turquie. Pour des visées hégémoniques. 
  

 

Source: Médias

01-09-2016 - 20:31 Dernière mise à jour 01-09-2016 - 20:48 | 497 vus

http://french.almanar.com.lb/adetails.php?eid=323706&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1


 

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