Une brigade féminine combat l’Etat islamique : «Ils nous violent, on les tue»

Xate Shingali, une chanteuse yazidie, a formé début juillet un bataillon de 123 combattantes âgées entre 17 et 30 ans. Son nom: « Sun Girls » (« Les Filles du Soleil »). Au delà du choix de rejoindre cette unité qui combat aux côtés des Peshmergas et d’être animées par un sentiment de revanche, c’est aussi une alternative pour ne pas tomber entre les mains de Daesh et risquer d’être assassinées ou traitées comme des esclaves sexuelles par les djihadistes.

Parce qu’elles sont les premières victimes, elles ont décidé de prendre leur vie en mains.

Ne nous libère pas, on s’en charge !!

Des combattantes kurdes et yazidies © Photo News

Des combattantes kurdes et yazidies © Photo News

lesoir.be, 21/08/2015

Elles ont entre 17 et 30 ans. Elles font partie de la même brigade féminine baptisée « Sun Girls » (« Les filles du soleil ») et comptent aujourd’hui près de 123 combattantes. Leur objectif ? Lutter contre l’Etat islamique (EI).

Xate Shingali, 30 ans et ancienne chanteuse yazidie, a formé sa brigade le 2 juillet dernier, juste après avoir obtenu la permission spéciale du président kurde. «  Nous n’avons eu qu’une formation de base avec des AK47. Nous avons besoin d’être mieux formées, mais nous sommes prêtes à combattre Daesh à tout moment  », a-t-elle déclaré au Dailymail, avant d’ajouter :« Ils nous violent. On les tue ».

© Photo News

© Photo News

« Nous sommes fières de combattre l’EI »

Fares Jane, la plus jeune recrue, est âgée de 17 ans – l’âge minimum requis pour rentrer dans les rangs. Quand les djihadistes ont assiégé la région du mont Sinjar, elle a réussi à s’enfuir avec son frère et sa sœur. «  Mon père était tellement heureux quand je lui ai dit que j’avais rejoint cette unité. Toutes les familles acceptent cela, car nous sommes fières de combattre l’Etat islamique  ».

Des combattantes kurdes et yazidies © Photo News

Des combattantes kurdes et yazidies © Photo News

L’EI est largement connu pour kidnapper des filles yazidis, les vendre et en faire leurs esclaves sexuelles. Au total, les djihadistes ont tué plus de 5.000 Yazidis et capturé 500 femmes et enfants après leur passage au Mont Sinjar. L’une des combattantes l’affirme : « Ils ne sont pas humains. Nous sommes ici pour venger et défendre notre terre ».

A lire : Le prix d’un enfant esclave sexuel de Daesh? 150 euros

« Je préfère la vie de soldat »

Contrairement à la réglementation de l’EI – où les hommes et les femmes sont séparés pour combattre – les Kurdes sont autorisés à se mélanger sur le champ de bataille. «  Ma sœur est aussi une Peshmerga (terme utilisé par les Kurdes pour qualifier les combattants kurdes, ndlr) mais nous pouvons nous battre comme des hommes  », confie Adiba Sido, 24 ans, qui rêvait d’être enseignante avant que Daesh ne les attaque. «  Maintenant, je préfère la vie de soldat  », poursuit-elle.

© Photo News

© Photo News

Leur nom, Sun Girls, n’a pas été choisi au hasard, puisque les combattantes croient en la protection du soleil. Mais une autre croyance s’est répandue dans la communauté. Selon les Yazidis, les djihadistes auraient peur d’être tués par une femme, ce qui les empêcherait de connaître les « 72 vierges au paradis ». « L’Etat islamique n’ira jamais au paradis ! », rigole Xate. « Car nous allons les tuer ».