SEYMOUR HERSH : L’ARMEE SYRIENNE VAINCRA ET ASSAD RESTERA AU POUVOIR

 
     
 

Le journaliste américain Seymour Hersh qualifie l'approche de l'administration américaine de la crise syrienne de «futile».
Dans une interview accordée à Al-Ahednews, le journaliste affirme que l'administration d'Obama insiste toujours sur le départ du président syrien Bachar al-Assad au moment où tous les indices prouvent que l'armée syrienne, soutenue par la Russie, l'Iran et le Hezbollah, remporte la victoire dans la guerre. «Bachar  al-Assad demeurera au pouvoir», a-t-il dit.

Seymour Hersh à Al-Ahednews: L'armée syrienne victorieuse et Assad demeurera au pouvoir.


Il a estimé que nulle donnée ne montre que Washington exerce des pressions sur son allié saoudien afin de cesser l'armement des soi-disant «groupes de l'opposition modérée».
Selon ses propos, la politique américaine consistant à soutenir les groupes en question se poursuit toujours.
M. Hersh qui a récemment publié son nouvel ouvrage «Meurtre d'Oussama Ben Laden» a indiqué que le commandement saoudien avait payé des millions de dollars au commandement militaire pakistanais pour ne pas arrêter et interroger Ben Laden.

Ci-dessous le texte de l'interview:

Al-Ahed: Peut-on dire, qu'Hilary Clinton avait approuvé l'envoi du gaz Sarine de la Lybie aux rebelles en Syrie dans le but de justifier une intervention militaire américaine directe dans ce pays?
Hersh: je ne possède aucun renseignement qui confirme le consentement d'Hilary Clinton quant à l'envoi de quantités de gaz de Sarine en Syrie. De même. Je ne crois pas que les arsenaux libyens comprenaient ce type de Gaz.

Al-Ahed: Comment sera la politique américaine à l'égard de la Syrie en cas de l'élection de Clinton comme présidente, tout en prenant en compte que cette femme était très proche de l'ancien secrétaire d'État américain David Petraeus et avait soutenu ses recommandations d'acheminer des armes en Syrie?
Hersh: Il est impossible de prévoir l'avenir. Mais je peux affirmer que durant la période en cours, l'administration d'Obama insiste toujours sur le départ d'Assad au moment où tous les indices prouvent que l'armée  syrienne, soutenue par la Russie, l'Iran et le Hezbollah remporte la victoire dans la guerre et que Bachar al-Assad demeurera au pouvoir.

Al-Ahed: Vous dites dans votre nouvel ouvrage que le  président Obama a voulu, dès le début, déloger Assad. Croyez-vous qu'il a désormais une nouvelle vision? Et réalise-t-il la dangerosité de soutenir les groupes armés opposés au président syrien?
Hersh: Ce qui importe à l'heure actuelle c'est qu'Obama se comporte comme s'il y avait une véritable possibilité de contraindre Bachar Assad à quitter le pouvoir. C'est une pure futilité.

Al-Ahed: Vous avez de même dit dans votre livre que l'Arabie poursuit son soutien aux groupes extrémistes en Syrie. Qu'est-ce qui empêche l'administration d'Obama d'exercer des pressions sur le royaume afin de cesser l'acheminement des armes à ces groupes?
Hersh: Nulle preuve ne montre que l'administration d'Obama exerce des pressions sur les responsables saoudiens pour cesser leur soutien aux rebelles dit «modérés», n'ayant aucune présence en Syrie. En effet, la politique américaine de soutenir la rébellion se poursuit.

Al-Ahed: concernant les aides financières de l'Arabie au Pakistan, possédez-vous des renseignements sur l'inquiétude de Riyad quant aux informations qu'aurait pu donner Ben Laden autour de ses relations avec des responsables saoudiens si on l'avait interrogé avant sa mort?
Hersh: Le gouvernement saoudien a payé des millions de dollars au commandement militaire pakistanais pour ne pas arrêter et interroger Ben Laden. Mais il est difficile de ne pas en déduire que l'objectif saoudien était d'empêcher les États-Unis d'interroger Ben Laden sur la partie qui l'a financé, dans les jours précédant les attentats du 11 septembre. L'image est toujours confuse chez mes amis au sein de l'administration américaine, autour du rôle de plusieurs parties dans ces attentats. Ben Laden était-il vraiment ou Mohammad Ata et ses compagnons à Hambourg? C'est une énigme.

Dans une discussion à bâtons rompus avec M. Hersh au terme de l'interview, le journaliste a indiqué avoir entendu des propos selon lesquels le «Front Al-Nosra» possédait désormais des tanks en provenance du Liban.
Selon ses propos, les États-Unis adorent les conflits interminables qu'ils ne peuvent pas rempoter.
Et M. Hersh de conclure que le facteur du pétrole est la raison qui empêche les États-Unis d'exercer de véritables pressions sur l'Arabie.

Source: Al-Ahednews, traduit par l'équipe du site

10-05-2016 | 10:54

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=18510&cid=323#.VzNeDuTp08E



 

 

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