SYRIE : ASSAD NE SE LAISSE PAS PIEGER PAR LES USA

Pas moyen de piéger Assad

Pas moyen de piéger Assad

IRIB- Assad ne croit pas aux plans américano-russe censés résoudre la crise.

Bachar al-Assad a exclu l’éventualité de parvenir à un règlement de la crise syrienne, dans un avenir proche, assurant que les Etats-Unis ne veulent pas que le terrorisme l’emporte, ni qu’il ne faiblisse, non plus, car ils veulent semer le chaos, dans la région.

«Nous ne pouvons pas dire que nous sommes arrivés au dernier quart d’heure, avant l’arrêt de la cause réelle du problème, en Syrie… l’essence même du problème réside dans l’ingérence étrangère , dans les fonds déversés et les armes envoyées aux terroristes, en Syrie», a-t-il indiqué, au cours d’une interview exclusive, accordée pour notre chaîne de télévision Al-Manar.

Selon lui, «les Etats-Unis ne veulent pas que le terrorisme l’emporte, ni qu’il faiblisse,..., car ils voudraient que les choses glissent vers le chaos».

Lorsque les pays cesseront de soutenir le terrorisme, «Lorsque nous atteindrons l’étape où les pays impliqués dans le complot contre la Syrie cesseront de soutenir le terrorisme, à ce moment-là, nous pourrons dire que nous avons atteint le dernier quart d’heure. A ce moment-là, tous les autres détails, ou ce qu’on appelle la solution politique, le processus politique ou tout autre chose similaire n’auront plus aucune importance», a-t-il avancé.

Indiquant préférer le terme de processus politique au lieu de solution, il a signalé «qu’il devrait se faire entre des forces politiques indépendantes qui appartiennent au peuple syrien et dont les racines sont syriennes». Il a réitéré que les forces et les personnalités avec lesquelles le dialogue doit être amorcée doivent avoir une assise populaire, et pas, seulement, soutenues par ces Etats.

Interrogé sur le rôle du Sultanat d’Oman et son entrée sur la ligne de la crise syrienne, Assad a répondu : «Oman joue un rôle important, dans le traitement des zones de tension, dans notre région, dans le but de les faire se refroidir, puis, de les résoudre».

Sur le contenu de la visite, à Oman, du ministre des A.E, Walid al-Mouallem, elle a, d’après lui, servi à exposer la perception de la Syrie, pour le règlement, alors que les Omanais exploraient, en même temps, l’atmosphère régionale et internationale.

«Mais il est trop tôt de parler de la nature du rôle que pourra jouer Oman», a tempéré le président syrien.

Les agressions israéliennes et les collaborateurs syriens. Interrogé sur les agressions israéliennes, qui se sont multipliées contre la Syrie, le président syrien s’est référé à l’expérience libanaise. «Ce qui a permis à Israël d’oser agresser les Libanais est que certains d’entre eux étaient liés à l’étranger et d’autres à Israël … On peut dire la même chose, pour la Syrie. Tant qu’il y aura des groupuscules, qui sont prêts à collaborer avec les ennemis et leur demander d’intervenir, en Syrie, c’est ce qui se passera, pour la patrie», a-t-il répondu.

Le président syrien s’est dit tout a fait d’accord avec le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, sur le changement des règles d’engagements avec Israël , tout en prenant en compte la différence entre la scène libanaise et la scène syrienne. «Dans l’état actuel des choses, ce sont les collaborateurs d’Israël qui se trouvent sur le côté syrien de la frontière», a-t-il fait remarquer.

Un émissaire occidental ne peut être neutre. Evaluant le travail de l’émissaire des Nations Unies, pour la Syrie, Staffan de Mistura, Assad a estime qu’il très difficile qu’une personne disposant de l’aval des Etats-Unis et de l’Occident puisse être neutre. «S’il avait été neutre, ils ne l’auraient pas envoyé», a-t-il assuré.

S’agissant des efforts déployés par la Russie, en vue de l’organisation de la rencontre de Genève-3, il a dit : «Nous faisons beaucoup confiance aux Russes. Ils ont prouvé, durant les quatre années de crise, qu’ils sont sincères, transparents et des gens de principe. Raison pour laquelle, lorsqu’ils rencontrent les différents protagonistes, nous ne sommes nullement inquiets, lorsque ces derniers tentent de brouiller l’image réelle».

Assad a dit supposer que les Russes veulent attirer les différentes forces politiques en direction du dialogue, pour couper la voie aux appels à la guerre.

La participation du Hezbollah est légitime. Interrogé sur la participation du Hezbollah aux combats, en Syrie, en tant que force étrangère, si elle ne ressemble pas à la présence des autres forces étrangères, en Syrie, il a répliqué : «La différence est que la présence du Hezbollah est, totalement, légitime, parce qu’elle s’est faite avec l’accord de l’Etat syrien, qui est un Etat légitime, qui représente le peuple syrien. Il a le droit de faire appel à des forces, pour défendre le peuple syrien, alors que les autres forces sont terroristes et sont venues pour tuer le peuple syrien, sans l'autorisation de l’Etat syrien».

Les Etats qui soutiennent le terrorisme ne peuvent le combattre. Concernant la suggestion russe de former une coalition régionale contre le terrorisme, Assad a dit qu’il saluait tout effort visant à faire cesser l’effusion du sang syrien, tout en objectant : «Les États, qui ont soutenu le terrorisme, ne peuvent être ceux qui vont le combattre. Sauf, s’ils ont décidé de se repentir et ont reconnu qu’ils avançaient dans une fausse direction».

Erdogan et ses rêves syriens. Assad a parlé des plans turcs visant à instaurer une zone d’exclusion, au Nord de la Syrie. «Erdogan a ses rêves. Ceux de devenir un leader, le Sultan des Frères Musulmans. Il voulait opérer une fusion entre l’expérience du Sultanat ottoman et celle des Frères Musulmans, et misait de grand espoirs, au début, sur l’Egypte et la Tunisie, surtout», a-t-il dit, estimant, toutefois, que le président turc  a été rattrapé par la réalité.

"Il ne lui reste plus qu'à obtenir de ses maîtres l'instauration de la zone d’exclusion. C’est le dernier rêve», a-t-il conclu.
Egypte et Syrie, l’équilibre sur la scène arabe. S’agissant de la relation avec l’Egypte, le numéro un syrien a affirmé qu’elle ne s’est jamais interrompue, même durant le règne de Morsi, indiquant que plusieurs institutions égyptiennes étatiques ont refusé toute rupture des liens avec la Syrie. «Je ne voudrais pas faire porter aux frères, en Syrie, une grosse responsabilité, leur situation pouvait être très oppressante. Ce que nous voudrions, dans une première phase, c’est que l’Égypte ne soit pas une plate-forme contre la Syrie, de la part des Etats arabes. En second lieu, nous voudrions que l’Egypte jour le rôle d’un Etat incontournable».

«La relation entre la Syrie et l’Egypte peut réaliser un véritable équilibre, sur la scène arabe. C’est un sujet connu, dans notre histoire moderne, mais aussi, du temps des Pharaons, aussi, qui pensaient que leur sécurité nationale, à cette époque, se trouvait, en Syrie».

Et de conclure : «Je pense que cette prise de conscience s’est bien développée, aujourd’hui. La Syrie pense qu’elle se trouve, dans une même tranchée avec l’armée égyptiennes et avec le peuple égyptien, dans la confrontation  avec les terroristes, qui changent d’appellation, comme on change de chemise».

Al-Manar 26 août 2015
 

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