SYRIE : HOLLANDE ET FABIUS ONT TOUT FAUX !

Très mauvais calcul pour François Hollande....

Très mauvais calcul pour François Hollande....

 

Nov 30, 2015 01:34 UTC

IRIB- Il faut, certainement, ressentir cette douleur, dans sa chair, souffrir de ce soudain manque, pour discerner, sans doute, comprendre, ce qu'est le terrorisme, ce qu'est la barbarie, qui tue, non seulement, pour tuer, mais pour choquer, faire peur et annihiler toute velléité de résistance. 

Ces souffrances, ces tortures, nous les avons vécues et subies ici, en Algérie, durant une décennie, par la mort brutale et sans raison de nos familles, de nos amis de nos concitoyens, de nos soldats, dans la solitude et l'isolement.

Dans la solitude et l'isolement, car le monde bien-pensant, singulièrement, la France, avait accordé le label et les honneurs d'«opposants armés» à des égorgeurs de femmes et d'enfants.

Quarante millions d'Algériens portent cela, comme une plaie à jamais indélébile. Nous compatissons, assurément, à ce qui arrive au peuple français, car nous comprenons mieux que ses dirigeants, ce qu'est ce fléau meurtrier, qui sème la mort, sur son chemin. Mais, hélas, cette calamité a été, contre toute raison, instrumentalisée par des puissants, pour des logiques de «haute» stratégie. La France dirigeante comptait parmi ces puissants. Pourquoi s'en cacher, Paris a sa part, sinon une responsabilité entière, dans l'avènement du terrorisme, en Syrie, pour nous en tenir à ce pays, et au développement, post-Printemps arabe, de l'horreur, au pays de Sham. Se focalisant sur le régime syrien et faisant un abcès de fixation, sur le départ de Bachar al-Assad, Paris a commis de tragiques erreurs de stratégie et d'appréciation du dossier syrien, induits par un inconcevable ressentiment envers le président syrien, taxé de «boucher» de son peuple.

La France, aveuglée par les chutes spectaculaires de Zine el-Abidine Ben Ali, en Tunisie, et Mohamed Hosni Moubarak, en Egypte, s'est faite le parrain d'un hypothétique «Printemps syrien», soutenant - portant à bout de bras - une rébellion syrienne, encouragée, sans doute suscitée.

Sous le label des «Amis de la Syrie», la France rameuta le ban et l'arrière-ban de l'Occident, renforcé par les monarchies du Golfe, notamment, le Qatar et l'Arabie saoudite, dont la responsabilité est tout autant engagée, dans l'avènement du terrorisme, en Syrie.

De fait, la France se comportait en chef d'orchestre international contre le régime syrien, et, particulièrement, contre Bachar al-Assad. Jusqu'à faire dire des choses peu croyables à son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. De passage, à Marrakech, au Maroc, en 2012, le chef de la diplomatie française, avait déclaré sur la situation, en Syrie, «Le Front Al-Nosra [notez-le, Al-Nosra est la branche syrienne d'Al-Qaïda, ledit «ennemi honni» du monde occidental], fait du bon boulot contre Assad, en Syrie, il est difficile de le désavouer». Fin de citation. Ce qui revient à dire que la France - par la voix de son chef de la diplomatie - apporte sa caution au terrorisme, en Syrie, trouvant de la qualité à l'action du groupe se revendiquant d'Al-Qaïda. Cette même année de 2012, Laurent Fabius jugeait que «Bachar al-Assad n'avait pas sa place sur terre», appelant, quasiment, au meurtre d'un chef d'Etat. Ce qui révulsa ce qui restait de bonne conscience, dans l'Hexagone.

Ce que les stratèges français n'ont pas compris est qu'en 2011, Ben Ali et Moubarak ont été chassés par le peuple. Si la révolte, en Syrie, était de la même essence que celle ayant balayé les autocrates tunisien et égyptien, [venant du peuple, sans calculs politiciens], Bachar al-Assad ne serait pas, encore, là, aujourd'hui. Cela n'a pas été le cas. La raison est simple: Al-Assad était soutenu par la majorité de son peuple. Ce n'est pas l'armée syrienne disloquée, qui l'a maintenu en vie, politiquement, mais ce peuple, dont on l'accusait d'en être le «boucher».

Les dirigeants français se sont laissés illusionner par les tempêtes qui ont soufflé sur l'Egypte et la Tunisie, qui estimaient pouvoir la reproduire, en Syrie, et reconfigurer ce pays, à leur convenance. François Hollande, Laurent Fabius et leurs conseillers ont, ainsi, mésusé de leur pouvoir et de leurs forces de recomposer la géopolitique syrienne, voire, moyen-orientale.

Restant sur une illusion de grande puissance, la France n'a, à aucun moment, su raison garder, allant jusqu'à insulter l'avenir.

Or, la roue tourne, et voici que le régime syrien redevient inévitable, quand Laurent Fabius dit, le plus sérieusement du monde, «envisager», [dans certaines conditions, entendre le départ d'al-Assad], une «participation» des forces du régime (syrien), aux côtés de «l'Armée syrienne libre».

Oui, vous avez bien lu, M. Fabius «envisage» d'autoriser l'armée arabe de Syrie à défendre la Syrie contre Daech, comme si la Syrie était, [encore] sous le protectorat de la France... Incorrigibles Français, et leur chef de la diplomatie, qui croit réincarner François Georges-Picot, lequel, [avec le Britannique sir Mark Sykes], dépeça le Moyen-Orient, en 1916, réservant à la France le morceau de roi: la Syrie!

Comme quoi, on ne se refait pas.

http://francophone.sahartv.ir/infos/chronique-i11012-quand_paris_fait_tout_faux_la_france_vacille!_par_karim_mohsen


 

 

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