SYRIE : L'ARMEE RUSSE A DEPLOYE PLUS DE 50 AVIONS AINSI QUE DES TROUPES DE CHOC

Syrie : l'armée russe a déployé plus de 50 avions et hélicoptères, ainsi que des parachutistes et des unités de forces spéciales
 

01/10/15 à 13:54 - Mise à jour à 15:41

Source : Afp

La Russie a mené jeudi de nouvelles frappes en Syrie en affirmant vouloir combattre non seulement le groupe Etat islamique mais aussi "les autres groupes terroristes" qui s'opposent au régime de Bachar al-Assad.

Syrie : l'armée russe a déployé plus de 50 avions et hélicoptères, ainsi que des parachutistes et des unités de forces spéciales

Sukhoi-25. © Reuters

Au lendemain des premiers bombardements de l'aviation russe, Américains et Russes vont se réunir d'urgence pour mettre en place un minimum de coordination et de dialogue pour éviter des incidents entre avions de chasse.

L'espace aérien syrien est en effet désormais encombré, entre les missions aériennes des pays de la coalition menée par les États-Unis, les raids de l'armée syrienne et désormais les appareils russes.

Quatre avions russes ont pris jeudi pour cible "des bases" de Jaich al-Fatah ("l'Armée de la conquête"), l'un des plus importants groupes rebelles qui regroupe notamment le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et des groupes islamistes comme Ahrar al-Cham, a indiqué une source de sécurité syrienne. Les frappes ont été menées "à Jisr al-Choughour et à Jabal al-Zawiya", dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Les avions russes ont également "frappé des positions de groupes armés, des bases et des dépôts d'armes à Hawach dans la province de Hama", dans le centre, selon cette source.

"L'Armée de la conquête", financée notamment par des pays du Golfe, combat à la fois le régime Assad et l'Etat islamique (EI). Cette coalition de jihadistes et d'islamistes avait infligé au printemps de terribles revers à l'armée syrienne en s'emparant de la province d'Idleb et en menaçant de ce fait le "pays alaouite" sur le littoral méditerranéen qui, s'il tombait, sonnerait le glas du régime.

L'armée russe a annoncé jeudi avoir effectué de nouvelles frappes nocturnes sur quatre positions de l'EI, qui ont détruit "un quartier général des groupes terroristes et un stock de munitions dans la zone d'Idleb", ainsi qu'un atelier de fabrication de voitures piégées au nord de Homs et un camp de combattants de Hama.

Selon des sources américaines, les Russes disposent de 32 avions de combat, dont des bombardiers et des chasseurs Sukhoi, qui sont déployés sur un aéroport transformé en base militaire près de Lattaquié, dans l'ouest.

'Rumeurs non fondées'

Après avoir rencontré à l'ONU pour la troisième fois en quelques jours son homologue américain John Kerry, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a balayé les accusations du Pentagone, de la diplomatie française et du chef de l'opposition syrienne en exil, Khaled Khoja, selon lesquelles les pilotes russes n'avaient pas visé l'EI mercredi.

"Les rumeurs indiquant que les objectifs de ces frappes n'étaient pas l'EI ne sont en rien fondées", a-t-il déclaré, ajoutant n'avoir "aucune information" concernant d'éventuelles victimes civiles et assurant que l'aviation russe "s'efforçait de procéder à des frappes précises".

Le ministère russe de la Défense avait annoncé mercredi soir avoir procédé à 20 sorties aériennes pour détruire huit cibles sur les positions de l'EI conformément à la stratégie édictée par Vladimir Poutine: prendre les "terroristes" de vitesse et détruire leurs positions en Syrie, avant qu'ils ne viennent "chez nous".

M. Lavrov a indiqué avoir "en toute honnêteté" dit à son homologue américain que la Russie intervenait, à la demande de la présidence syrienne, pour combattre "exclusivement l'État islamique et les autres groupes terroristes".

Qu'est ce qu'un 'terroriste' ?

Mais la différence d'appréciation qu'ont les Russes et les Occidentaux des "terroristes" à abattre était de toute façon inévitable. Les Européens, les Arabes et les Américains font le distinguo entre l'EI, le Front Al-Nosra et les rebelles modérés qu'ils soutiennent. Pour Moscou, tout opposant armé au régime d'Assad est un "terroriste".

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a jugé que les frappes ne visaient "probablement pas" les jihadistes de l'EI et a estimé que l'approche russe "tournera mal" si elle se fixe pour unique objectif de défendre le régime Assad.

Plus conciliant, John Kerry a déclaré devant le Conseil de sécurité que Washington était disposé à "bien accueillir" le recours à la force aérienne russe, à condition de viser "réellement" l'EI et Al-Qaïda.

La télévision officielle syrienne a confirmé des bombardements dans les provinces de Hama (nord-ouest) et Homs (centre).

Mais selon le chef de l'opposition syrienne en exil, qui était à New York, les frappes de Homs ont tué 36 civils "innocents" dans "des zones qui ont combattu" l'EI.

Le président russe a justifié ses opérations en Syrie, comme étant le "seul moyen de lutter efficacement contre le terrorisme international" et a appelé son allié, le président syrien au "compromis" avec l'opposition tolérée par Damas.

La Russie a déployé plus de 50 avions et hélicoptères

L'armée russe a déployé plus de 50 avions et hélicoptères, ainsi que des troupes d'infanterie de marine, des parachutistes et des unités de forces spéciales pour son dispositif militaire en Syrie, a indiqué jeudi le ministère de la Défense cité par l'agence Interfax.

C'est la première fois que Moscou confirme officiellement l'ampleur de l'engagement militaire en Syrie, dans le port syrien de Tartous où l'armée russe dispose d'installations logistiques, et surtout à l'aéroport de Lattaquié où elle a construit une base militaire.

 

Avec AFP

 

 

 

 

 

 
 

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