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MARIOUPOLE : LA MARINE DE L'OTAN EN DEBANDADE. LA FRANCE CHERCHE DES NOISES A LA RUSSIE

Par Le 25/05/2022

La France cherche noise à la Russie

Wednesday, 25 May 2022 6:16 PM  [ Last Update: Wednesday, 25 May 2022 6:16 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Marioupole : marine de l’OTAN en débandade. ©ISW

L’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger a suggéré lors du Forum économique mondial de Davos que l’Ukraine devrait reprendre les pourparlers avec Moscou ajoutant que l’Occident ne devrait pas contribuer à la défaite de la Russie.

Pour sa part, le président ukrainien a souligné qu’il ne serait possible de reprendre les pourparlers qu’après le retrait des troupes russes de tous les territoires occupés d’Ukraine.

Mikhail Podolyak ; le conseiller présidentiel ukrainien a rejeté les conseils d’Henry Kissinger, ancien secrétaire d’État américain sur la nécessité d’accorder des concessions à Moscou et de s’asseoir à la table des négociations.

Il a également fustigé hier mardi Henry Kissinger pour ses déclarations concernant les moyens de régler le conflit en Ukraine. 

Odessa: 1er clash naval Russie/OTAN?

Odessa : 1er clash naval Russie/OTAN ?

L’OTAN envoie à Odessa des navires de guerre sous le prétexte de protéger les céréaliers ukrainiens, mais en réalité pour menacer la marine russe déployée dans la région.

Mercredi, le ministère lituanien de la Défense a annoncé qu’il transférerait 20 véhicules blindés de transport de troupes M113 à l’Ukraine afin de résister et de lutter contre les forces russes. En plus de 20 véhicules blindés de transport de troupes, la Lituanie a également décidé de fournir des camions militaires et 10 véhicules de déminage à l’Ukraine pour soutenir davantage sa défense contre la Russie.

La Lituanie aurait fourni environ 100 millions d’euros d’aide militaire à Kiev depuis l’opération militaire de la Russie en Ukraine.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov, a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse que les forces armées russes avaient utilisé des missiles aériens et navals à longue portée de haute précision pour viser dans une usine ukrainienne de la région de Zaparozhye, qui fabriquait des moteurs de drone pour l’armée de l’air ukrainienne.

Un porte-parole du ministère russe de la Défense a noté que les forces de missiles et d’artillerie russes ont ciblé environ 500 autres cibles militaires en Ukraine depuis la nuit derrière.

Ukraine: CESAR français contre Poutine

Ukraine : CESAR français contre Poutine

Pour la première fois en Ukraine, des obusiers français « CAESAR » ont été vus en plein fonctionnement.

 À la suite de ces attaques, deux stocks de missiles et d’armes d’artillerie et 46 zones du déploiement de forces et d’équipements militaires de l’armée ukrainienne ont été détruits.

Selon lui, les forces armées russes ont jusqu’à présent détruit 1006 drones de l’armée ukrainiens.

C’est dans ce contexte que deux avions de chasse français ont mené une action de provocation contre deux avions militaires russes.

Selon le site Avio.pro il y a quelques heures deux avions de combat français Mirage 2000-5 F de l’armée de l’air française se sont dangereusement approchés de quelques centaines de mètres d’avions russes et les ont escortés pendant longtemps sur un trajet d’environ 100 kilomètres

Dans le contexte de relations clairement refroidies entre la Russie et l’OTAN, de telles actions des pilotes français sont clairement provocatrices, bien que les pilotes des chasseurs français Mirage 2000-5 F n’aient pas exprimé d’agression contre les avions russes.

L’OTAN n’a pas commenté les raisons d’un comportement aussi étrange par rapport aux deux avions russes, qui se trouvaient dans un espace aérien neutre au-dessus de la mer Baltique.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/25/682738/Marioupole---marine-de-l%E2%80%99OTAN-en-d%C3%A9bandade

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UKRAINE : NE VOUS FIEZ PAS AUX « EXPERTS » DE L’INDUSTRIE DE LA DEFENSE

Par Le 25/05/2022

Ukraine : Ne vous fiez pas aux « experts » de l’industrie de la défense

 

24 Mai 2022

 / 

  

Les chaînes d’information câblées font appel à d’anciens responsables militaires bellicistes pour analyser la guerre en Ukraine. Pourtant, elles omettent de mentionner les liens de ces experts avec les entreprises de défense – et leur intérêt financier à pousser à l’intervention militaire américaine.

 

La semaine dernière, CNN a fait appel à l’ancien secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, pour sa récente quatrième apparition afin de parler, une fois de plus, de l’invasion meurtrière de l’Ukraine par le président russe Vladimir Poutine.

« Je pense que nous devons comprendre qu’il n’y a qu’une seule chose que Poutine comprend, et c’est la force », a déclaré Panetta sur Newsroom.

L’ancien directeur de la CIA a ajouté : « Je pense que les États-Unis doivent fournir toutes les armes nécessaires aux Ukrainiens, afin qu’ils puissent riposter, et riposter immédiatement. »

À aucun moment, Panetta ou CNN n’ont mentionné qu’il était conseiller principal chez Beacon Global Strategies, une société de conseil en matière de défense qui aurait représenté le fabricant d’armes Raytheon. Le cabinet ne divulgue pas ses clients, mais Raytheon et l’industrie de la défense ont généralement tout à gagner du conflit en Ukraine.

Cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large : depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les chaînes d’information câblées font régulièrement appel à des responsables de la défense devenus consultants pour analyser la crise et aider le public américain à y voir plus clair. Souvent, ces analystes ont utilisé leur temps de parole à la télévision pour appeler à une plus grande implication des États-Unis et à des actions plus audacieuses qui pourraient faire monter en flèche les tensions entre deux superpuissances dotées de l’arme nucléaire.

Les chaînes ont toujours omis de divulguer le travail de ces analystes, les décrivant uniquement sous l’angle de leur ancien rôle de haut rang dans l’armée ou au gouvernement – laissant les téléspectateurs dans l’ignorance des liens financiers des analystes avec les entreprises de défense qui ont tout à gagner d’un conflit accru ou prolongé.

Lors de sa couverture de l’Ukraine, MSNBC a invité l’ancien secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson, mais n’a même pas précisé qu’il siège au conseil d’administration de Lockheed Martin, le plus grand entrepreneur de défense au monde.

Interrogé à ce sujet, Johnson a déclaré au Lever : « Je n’ai aucun commentaire à faire. »

Le manque de transparence des entreprises de médias à l’égard de ces consultants est profondément troublant, a déclaré Craig Holman, lobbyiste chargé des affaires gouvernementales pour Public Citizen.

« Ce type de pantouflage devrait être interdit aux responsables militaires qui servent à titre privé en représentant des entrepreneurs militaires », a déclaré Holman au Lever. « Si ce n’est pas interdit, cela devrait être révélé à tout le monde, de sorte que lorsqu’ils passent à la télévision pour essayer d’influer sur la politique de Biden concernant la guerre qu’ils ont en tête, ce soit clairement dit. »

Le phénomène n’est pas nouveau. Dans une analyse de trois semaines de couverture médiatique après le retrait des troupes américaines d’Afghanistan l’année dernière, Fairness & Accuracy In Reporting (FAIR) a constaté que vingt des vingt-deux invités américains des émissions dominicales des chaînes avaient des liens avec le complexe militaro-industriel. À cette époque également, les chaînes de télévision négligeaient régulièrement de divulguer les liens de leurs invités avec l’industrie de la défense. Mais les enjeux sont aujourd’hui bien plus élevés : un conflit militaire entre les États-Unis et la Russie pourrait provoquer une catastrophe mondiale, ce qui explique pourquoi l’administration Biden a été réticente à prendre des mesures majeures qui pourraient être perçues comme une escalade.

Mais la crise ukrainienne et la possibilité d’un conflit plus important ont été une mine d’or pour les entreprises de défense, faisant monter les actions en flèche et entraînant une forte augmentation des dépenses de défense.

« Les personnes qui ont le plus intérêt à influencer l’orientation des reportages sont les fabricants d’armes », a déclaré Jim Naureckas, rédacteur en chef de FAIR, au Lever. « Ils ont l’intérêt financier le plus direct dans la façon dont nous couvrons les questions de guerre et de paix. Malheureusement, ils sont intéressés par plus de guerres et moins de paix. »

La crise ukrainienne et la possibilité d’un conflit plus important ont été une mine d’or pour les entreprises de défense.

Depuis le début de la crise ukrainienne, les actions de défense américaines de sociétés de premier plan telles que Raytheon, Northrop Grumman et Lockheed Martin ont bondi et devraient continuer à augmenter dans les mois à venir. Et dans le sillage de l’invasion russe, le président Biden a signé un programme de dépenses qui consacre un montant record de 782 milliards de dollars à la défense, soit près de 30 milliards de plus que sa demande initiale.

Selon le Hill, « l’aide supplémentaire à l’Ukraine vient s’ajouter à plus d’un milliard de dollars que les États-Unis ont déjà dépensé l’année dernière pour armer les soldats ukrainiens avec des armes modernes, notamment des missiles antichars Javelin, fabriqués par Lockheed Martin et Raytheon Technologies, et des missiles antiaériens Stinger de Raytheon. »

Tirer profit de l’expérience militaire

Avec l’invasion de la Russie qui domine l’actualité, les chaînes ont eu des tonnes de créneaux à remplir. Ces places ont été attribuées en grande partie à d’anciens militaires de haut rang, qui trouvent souvent des carrières lucratives dans l’industrie de l’influence en travaillant pour le compte d’entreprises de défense – et qui ont tendance à débiter une rhétorique belliciste qui correspond à la façon dont les médias couvrent généralement les conflits. La plupart du temps, cependant, les réseaux ne révèlent pas la manière dont cette grandiloquence martiale peut aider les employeurs du secteur privé de ces anciens fonctionnaires.

Par exemple, Jeremy Bash, qui a été chef d’état-major au Pentagone et à la CIA sous le président Barack Obama, a été un invité récurrent de MSNBC et NBC lors de leur couverture de la crise en Ukraine.

Bash, qui a été nommé analyste de la sécurité nationale pour NBC et MSNBC en 2017, est également fondateur et directeur général de Beacon Global Strategies, qui se décrit comme « un cabinet de conseil stratégique spécialisé dans la politique internationale, la défense, la cybernétique, le renseignement et la sécurité intérieure. » Bien que Beacon Global Strategies ne dévoile pas ses clients, le cabinet a travaillé pour le géant de la défense Raytheon, selon le New York Times.

Quelques jours après que Poutine a lancé l’invasion de l’Ukraine, Bash a participé à l’émission Meet the Press de la chaîne NBC, désireux de s’exprimer sur toute l’affaire, la présentant comme « une occasion pour les États-Unis et l’Occident de porter un coup fatal aux ambitions de la Russie sur la scène mondiale ».

« Je pense qu’avaler l’Ukraine, un pays de la taille du Texas, avec 40 millions d’habitants, est sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Et si les États-Unis peuvent former et équiper les Ukrainiens et, je pense, s’engager dans une deuxième « Guerre selon Charlie Wilson » (référence à la guerre d’Afghanistan de 1979 au programme afghan de la CIA), en gros la suite du film et du livre, qui consiste à armer et à former une force déterminée qui va abattre les avions russes dans le ciel, ouvrir ces chars avec des ouvre-boîtes comme les Javelins, et tuer des Russes, ce que fait notre équipement, je pense que c’est une formidable opportunité de frapper très fort Poutine. »

Les missiles antichars Javelin sont fabriqués conjointement par Lockheed Martin et Raytheon. À aucun moment, une personne impliquée dans l’émission n’a mentionné que le cabinet de conseil de Bash a travaillé pour Raytheon.

L’amiral James Stavridis, membre du conseil consultatif de Beacon Global Strategies, a également récemment fait de fréquentes apparitions sur MSNBC. Stavridis est également vice-président des affaires mondiales et directeur général du géant du capital-investissement Carlyle Group, qui investit depuis longtemps sur les marchés de la défense et de la sécurité nationale.

Stavridis a défendu une position belliqueuse dans l’émission The Beat With Ari Melber de MSNBC peu après le début de l’invasion russe. « Dans l’OTAN, où j’étais commandant suprême des alliés, vous inondez la zone de l’Europe de l’Est », a déclaré Stavridis. « Vous faites venir des troupes, des chars, des systèmes de missiles, des navires de guerre, tout ce qui précède, afin d’envoyer un signal à Vladimir Poutine. »

Lors de l’émission Meet The Press quelques semaines plus tard, Stavridis a recommandé aux États-Unis d’envoyer davantage de missiles anti-aériens en Ukraine pour permettre au pays de créer sa propre zone d’exclusion aérienne : « Ce que nous devons faire, c’est donner aux Ukrainiens la capacité de créer une zone d’exclusion aérienne, a-t-il déclaré. Plus de Stingers, plus de missiles qui peuvent aller plus haut que les Stingers. »

Les missiles Stinger sont fabriqués par Raytheon, le client déclaré de Beacon Global Strategies. Une fois encore, MSNBC n’a pas divulgué d’informations sur la société de Stavridis ou son travail pour Raytheon.

Stavridis a également appelé les États-Unis à approuver un transfert d’armes proposé par la Pologne, qui a offert d’envoyer des avions de combat MiG-29 de l’ère soviétique à l’Ukraine – via une base aérienne américaine en Allemagne, dans l’espoir que les États-Unis fournissent ensuite à la Pologne des avions de remplacement. « Mettez ces MiG-29 entre leurs mains », a déclaré Stavridis.

L’administration Biden a rejeté ce plan au motif qu’il pourrait aggraver considérablement les tensions entre les États-Unis et la Russie. Un porte-parole du Pentagone a déclaré : « Nous ne pensons pas que la proposition de la Pologne soit tenable. »

Beacon Global Strategies n’a pas répondu à une demande de commentaire.

« J’aimerais voir l’OTAN s’y installer »

Bash et Stavridis ne sont pas les seuls hauts responsables de la sécurité nationale transformés en experts travaillant comme consultants qui ont récemment battu les tambours de la guerre.

Le général américain à la retraite Barry McCaffrey, par exemple, est un pilier de MSNBC. Lors d’une apparition dans l’émission The Beat with Ari Melber, il a salué la décision rapide de l’OTAN et de l’Union européenne d’envoyer plus de sept mille soldats et véhicules blindés américains de Fort Stewart, en Géorgie, en Allemagne.

McCaffrey – qui a pris la décision controversée, pendant la guerre du Golfe, de faire tirer sa division d’infanterie sur des soldats, des civils et des enfants irakiens alors qu’un cessez-le-feu était déjà en cours – dirige une société de conseil appelée BR McCaffrey Associates LLC. Selon le site Web de l’entreprise, le cabinet de McCaffrey promet d’aider les clients à « établir des liens entre le gouvernement et les clients du secteur privé ; concevoir des stratégies de relations publiques, de médias, de publicité et de législation ; et fournir une analyse spécifique au client des questions politiques et économiques américaines et internationales. »

Dans les années qui ont suivi le 11 Septembre, McCaffrey a fait pression pour une guerre sans fin en Irak, y compris sur NBC, sans divulguer ses intérêts financiers : le cabinet de conseil de McCaffrey travaillait en coulisse pour aider au moins une entreprise de défense à obtenir un contrat pour fournir des véhicules blindés à l’Irak.

L’ancien directeur de la CIA et général de l’armée à la retraite, David Petraeus, a quant à lui fait plusieurs apparitions sur CNN récemment, au cours desquelles il a évoqué la nécessité d’envoyer des MiG « dans le ciel ukrainien ». Petraeus est associé du géant du capital-investissement KKR, une société qui a une activité importante dans le domaine de la défense. Il siège également au conseil d’administration d’Optiv, qui fournit des technologies et des services de cybersécurité au gouvernement américain, notamment au ministère de la Défense.

Le général d’armée à la retraite Wesley Clark a également fait une poignée d’apparitions sur CNN, exprimant son opinion que « cette bataille est loin d’être terminée, à condition que nous puissions continuer à fournir des armes aux Ukrainiens. »

Clark a longtemps mené une carrière lucrative en travaillant avec des entreprises de défense. Il dirige une société de conseil stratégique, Wesley K. Clark & Associates, qui dit « utiliser son expertise, ses relations et sa vaste réputation et expérience internationales dans les domaines de l’énergie, des énergies alternatives, de la sécurité des entreprises et de la sécurité nationale, de la logistique, de l’aérospatiale et de la défense, et de la banque d’investissement. »

Il incombe également aux journalistes qui dirigent ces émissions d’information par câble d’aider le public à comprendre que ces « experts militaires » ont intérêt à pousser à la guerre.

La semaine dernière, sur CNN, Clark a été interrogé sur l’idée d’envoyer une force opérationnelle de l’OTAN pour patrouiller dans les eaux au large de la ville ukrainienne d’Odessa.

« J’aimerais beaucoup voir l’OTAN intervenir avec une force opérationnelle, a-t-il déclaré. Je ne pense pas que cela se produira à court terme en raison de la réticence de l’OTAN à entrer en conflit direct avec les forces russes. […] Mais je pense que c’est important. »

« Vous ne pouvez pas dévoiler le jeu »

Michèle Flournoy, ancienne sous-secrétaire américaine à la Défense sous Obama, est apparue sur CNN au moins deux fois ces dernières semaines pour plaider en faveur d’un soutien militaire direct accru à l’Ukraine. Flournoy est aujourd’hui cofondatrice et associée directrice de WestExec Advisors, qui compte parmi ses clients des entreprises du secteur aérospatial et de la défense comme Boeing. Elle siège également au conseil d’administration de l’entreprise de défense Booz Allen Hamilton.

Flournoy n’a rien révélé de tout cela lorsqu’elle s’est rendue à l’émission State of the Union, début mars, pour plaider en faveur d’une augmentation de l’aide militaire à l’Ukraine. « Nous devons fournir aux Ukrainiens autant de munitions que possible, comme des missiles antichars Javelin, des missiles antiaériens Stinger », a-t-elle déclaré. « Et je pense que nous devrions également essayer de leur fournir davantage d’avions qu’ils savent piloter, des MiG d’Europe de l’Est, qui pourraient leur permettre d’être beaucoup plus efficaces dans la protection aérienne. »

Sur le plateau d’Amanpour quelques jours plus tard, Flournoy est revenue sur l’idée de fournir davantage d’armes à l’Ukraine. « Je pense que nous devons tout faire pour aider les Ukrainiens autant que possible, a-t-elle déclaré. Ce n’est pas près de se terminer. »

L’apparition de Flournoy dans l’émission d’Amanpour a été l’un des rares cas où CNN a effectivement révélé son travail chez WestExec Advisors – mais la chaîne n’a pas mentionné les clients de l’industrie de la défense de cette société. Naureckas, de FAIR, ne se contente pas de reprocher aux personnalités favorables à la guerre de ne pas divulguer leurs liens avec l’industrie de la défense. Il dit que c’est aussi aux journalistes qui dirigent ces émissions d’information par câble d’aider le public à comprendre que ces « experts militaires » ont un intérêt à pousser à la guerre.

« Toutes les personnes impliquées sont conscientes de la manière dont ça se passe », a déclaré Naureckas. « Les journalistes le savent aussi, mais vous ne pouvez pas l’admettre car cela dévoilerait l’arnaque si vous disiez : « Voici quelqu’un financé par l’industrie de l’armement pour vous parler de cette crise. » L’instinct du journaliste devrait être d’expliquer l’intention des personnes qu’il cite, mais parce que cela fait tellement partie intégrante de ce qui se fait dans le système journalistique, vous ne pouvez pas dévoiler le jeu. »

CNN et NBC n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. Vous pouvez vous abonner au projet de journalisme d’investigation de David Sirota, The Lever, ici.

A propos de l’auteur

Aditi Ramaswami est membre de la rédaction du Daily Poster.

Andrew Perez est écrivain et chercheur, il vit dans le Maine.

Source : Jacobin Mag, Aditi Ramaswami et Andrew Perez – 12-04-2022
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

https://www.investigaction.net/fr/ukraine-ne-vous-fiez-pas-aux-experts-de-lindustrie-de-la-defense/

 

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RUSSOPHOBIE ORDINAIRE : L’EX-PRESIDENT MOLDAVE DODON INTERPELLE, MAIS ETANT « PRO-RUSSE » CELA NE PROVOQUE AUCUNE REACTION INTERNATIONALE

Par Le 25/05/2022

mercredi 25 mai 2022

Russophobie ordinaire : L'ex-Président moldave Dodon interpellé, mais étant "pro-russe" cela ne provoque aucune réaction internationale

 

Nous vivons une époque somme toute ennuyeuse, à force d'être prévisible ... Dès qu'une personnalité étiquetée "pro-russe", c'est-à-dire ne pratiquant pas la russophobie ordinaire, est soumise à des mesures de rétorsion, la bonne conscience internationale ne s'émeut pas - il est "pro-russe", à la guerre comme à la guerre ... L'Occident globalisé est bien en guerre contre le "Monde russe". L'ancien président moldave Igor Dodon a été interpellé hier notamment pour haute trahison, mais cela ne provoque aucune réaction internationale. Les systèmes démocratiques sont morts, car plus personne ne s'intéresse à la démocratie dans "le monde libre", tout ce petit monde est bien trop occupé avec la russophobie.

Hier, une perquisition a été organisée au domicile de l'ancien Président moldave, Igor Dodon, dans le cadre de l'ouverture d'une enquête pour corruption le 18 mai. Sur une vidéo datant de 2019, l'on voit Dodon recevoir un paquet des mains du leader du parti Démocratique Vladimir Plakhotniouk. Cette vidéo a été publiée en 2020 par l'ancien député Yuri Renitsé, qui affirme que le paquet en question contenait de l'argent.

C'est justement sur ce fondement, que deux ans plus tard, une vendetta est lancée contre Dodon. Il est accusé sur quatre fondements : corruption passive, enrichissement illégal, réception d'un financement politique d'une source criminelle et ... haute trahison. Le lien entre le paquet et la haute trahison est particulièrement ... évident ...

Après la perquisition, Dodon a été interpellé pour 72h. N'oublions pas que cela se passe sur fond de renforcement du conflit ukrainien vers la Transnistrie, que cela se passe sur fond de manifestations de l'opposition contre la nouvelle Présidente, elle parfaitement globaliste.

Au moment de son interpellation, Dodon a écrit sur son Telegram:

"Ce n'est pas la première fois que je suis la cible d'une justice mise en scène et politiquement contrôlée. Au cours des dernières années, j'ai été la cible de nombreuses attaques et j'ai connu diverses campagnes de diffamation et des accusations non fondées. Cependant, jamais auparavant, ce n'est allé aussi loin qu'aujourd'hui."

Si le Kremlin souligne qu'il s'agit d'une affaire intérieure à la Moldavie, il déclare être inquiet de voir continuer ces attaques contre les personnes considérées "pro-russes" :

"nous sommes, bien sûr, alarmés qu'une fois de plus une telle pratique soit appliquée à l'égard d'un partisan du développement de relations amicales et mutuellement bénéfiques avec la Russie." 

La russophobie est bien la maladie de l'époque, la peste morale, qui a détruit toute vie politique. Au nom de la russophobie, tous les excès sont permis, toutes les institutions lentement, patiemment construites au fil des siècles et de l'histoire, s'écroulent. Il ne reste que la barbarie d'un processus anti-civilisationnel, la vengeance, la séparation du monde entre les "siens" et l' "Autre", cet ennemi qu'il est non seulement possible, mais légitime de détruire, dès lors qu'il est soupçonné d'appartenir au "Monde russe".

C'est pourquoi l'interpellation d'un ancien Président pour haute trahison, en se cachant derrière de la corruption, ne soulève aucune réaction non plus dans les médias français, dès lors qu'il est "pro-russe" :

 

 

 

Publié par à 10:48 

http://russiepolitics.blogspot.com/2022/05/russophobie-ordinaire-lex-president.html#more

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UKRAINE : KHERSON FERA PARTIE DE LA RUSSIE

Par Le 24/05/2022

Kherson fera partie de la Russie

 Depuis 5 heures  24 mai 2022

Kherson red highlighted in map of the Ukraine

Kherson red highlighted in map of the Ukraine

 Amérique et Europe - Article traduit - Ukraine

 

Rédaction du site

Le chef adjoint de l’administration militaire et civile de la région de Kherson, Kirill Strimosov, a annoncé le mardi 24 mai, que la région de Kherson ne prévoit pas de devenir une république indépendante distincte mais de rejoindre la Russie.

« Notre tâche principale est de faire partie de la Russie », a déclaré Strimosov à l’agence russe Sputnik, ajoutant : « Nous l’exigerons, c’est ce que tout le peuple veut. C’est fondamental et ce sera un garant de la sécurité de la région et de ses habitants.  »
Il a aussi souligné la nécessité de « la présence d’une base militaire russe dans la région de Kherson ».
Selon lui la langue russe, sera enseignée avec l’ukrainien et deviendra une langue officielle dans la région, et dans l’enseignement scolaire et universitaire.

Il y a quelques jours, M. Strimosov avait déclaré que « d’ici la fin de l’année, nous serons prêts, non seulement au niveau de l’opinion publique, mais aussi au niveau législatif, pour une transition en douceur. »

Cette position a été également exprimé par le chef de l’administration militaire et civile de la région de Kherson, Vladimir Saldo, qui a dit que « la région deviendra un sujet de la Fédération de Russie à l’avenir ».
Il a ajouté : « Nous considérons la Russie comme notre pays, nous sommes maintenant une région contrôlée par les forces armées, mais à l’avenir, elle deviendra un territoire de l’union ».

Le ministère russe de la Défense a annoncé son contrôle sur l’ensemble de la province de Kherson, le 15 mars, après que ses forces ont pris le contrôle du centre-ville et de ses installations vitales au début du mois. D’une superficie de 28 461 km2, cette province située au sud de l’Ukraine se trouve à cheval entre la mer Azov et la mer Noire.

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/2335929

  

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UKRAINE : LE PARTI COMMUNISTE DE NOUVEAU INTERDIT

Par Le 24/05/2022

23 Mai 2022

[UKRAINE] Un nouveau coup dur pour le parti communiste
23 mai, 2022
La Tribune du Peuple
Évaluez ce document

Caracas 23/05/2022 (Par Leonid Andreev*) - Le Parti communiste d'Ukraine a été à nouveau interdit. La propagande nationaliste prétend que cette fois c'est pour de bon. Mais les communistes ukrainiens sont catégoriquement en désaccord. Et le penchant pour les mensonges hypocrites, la déformation des faits et la production de faux sans excuses est devenu la marque de fabrique des propagandistes officieux de Kiev ces derniers mois. Passons donc aux faits bruts.

En avril 2015, la Verkhovna Rada d'Ukraine a adopté une "loi de décommunisation" anticonstitutionnelle. Il a interdit la propagande des symboles communistes et a également déclaré l'interdiction des activités du parti communiste en Ukraine. Mais la question de l'interdiction du parti communiste ne pouvait être tranchée que par un tribunal.

Le tribunal administratif du district de Kiev, par son jugement du 16 décembre 2015 dans l'affaire n° 826/15408/15, a mis fin aux activités du PCU. Mais cette décision a fait l'objet d'un appel de la part des communistes ukrainiens et n'est entrée en vigueur qu'au printemps 2022. Bien que le Parti communiste d'Ukraine ait été suspendu du processus électoral, il a continué d'exister pendant toute cette période, menant avec succès ses activités de parti et ses activités publiques, organisant des événements de masse et percevant même des cotisations. Plusieurs compositions de la Cour d'appel ont reporté encore et encore, année après année, l'examen de l'appel du PCU contre la décision de suspension du parti, parce qu'elles ont compris qu'il n'y avait pas de motifs pour une telle décision, mais ne se sont pas opposées aux instructions du ministère de la Justice, du SSU et du bureau du président de l'Ukraine.

Mais le 16 mai de cette année, la sixième cour d'appel administrative de Kiev, au milieu d'une marée montante d'hystérie anti-russe et anticommuniste, a fini d'examiner l'appel dans cette affaire et l'a rejeté. Cela signifie que la décision de décembre 2015 du tribunal d'interdire le Parti communiste d'Ukraine est entrée en vigueur.

*Originalement publié dans Gazeta Pravda n° 53 (31256) 20-23 mai 2022 https://gazeta-pravda.ru/issue/53-31256-2023-maya-2022-goda/eshchye-odin-udar-po-kompartii/

 

source : https://prensapcv.wordpress.com/2022/05/23/ucrania-otro-golpe-al-partido-comunista/

Tag(s) : #Ukraine#Communiste

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UKRAINE : LE PLAIDOYER DE DUDA EN FAVEUR DE L'IMPERIALISME ATLANTISTE

Par Le 23/05/2022

lundi 23 mai 2022

Ukraine : le plaidoyer de Duda en faveur de l'impérialisme atlantiste

 

Le Président polonais était en visite hier 22 mai à Kiev, pour soutenir ... l'impérialisme globaliste en Ukraine, pour rappeler que c'est la seule voie ouverte désormais à ce pays rendu, que la population n'a plus le choix. Puisque l'Ukraine est utilisée comme terrain de guerre contre la Russie, elle ne peut plus revenir en arrière. Et d'ailleurs, la Pologne a obtenu des avantages coloniaux en Ukraine. En fait, Duda a fait un très étrange discours ...

Le discours de Duda en Ukraine est présenté très positivement par les médias, les uns soulignant son appel à l'entrée immédiate de l'Ukraine dans l'UE, les autres insistant sur le fait que les relations avec la Russie ne peuvent plus, désormais, être normalisées.

En se cachant confortablement derrière "l'impérialisme russe", le Président polonais a martelé, grandiloquent et surjouant, comme dans  un mauvais feuilleton de série B :

Je vous remercie de défendre l’Europe devant l’invasion des barbares et le nouvel impérialisme russe 

Non, les barbares ne sont pas les gentils gars d'Azov et l'impérialisme n'est pas américain. La Pologne joue son rôle, ce pour quoi elle a été financée et dont les complexes ont été entretenus depuis des années. Et évidemment, son Président nous ressort le droit des peuples souverains :

"Seule l’Ukraine a le droit de décider de son futur"

En effet, qu'il aurait été bien de laisser l'Ukraine et les Ukrainiens décider de leur avenir, nous n'en serions certainement pas là. Nous n'en serions pas là si la première Révolution Orange de 2004 n'avait pas été organisée contre la volonté populaire et mise en oeuvre par l'OSCE, si le Maïdan de 2014 n'avait pas été financé, organisé et commandité par les Etats-Unis et leurs pays satellites, notamment européens, pour détruire cette Ukraine qui avait relevé la tête malgré 2004, si les programmes de l'OTAN ne s'étaient pas multipliés dans le pays, si des ministres étrangers n'avaient pas été mis au Gouvernement après le Maïdan, etc. Bref, l'Ukraine n'en serait pas là si réellement elle avait eu le droit de décider de son futur, si les puissances atlantistes n'en avait pas décidé pour elle - dans leur intérêt.

C'est un discours totalement surréaliste qui nous a été servi par Duda à Kiev.

Il faut dire que la Pologne a son intérêt en Ukraine, où dans la chaîne de soumission globaliste, elle tient cette fois-ci une place juste au-dessus de l'Ukraine. Ainsi, lors de la visite de Duda, l'on apprend que Zelensky a donné son accord pour de nouveaux rapports régionaux, excluant la frontière entre les deux pays, les ressortissants polonais allant bénéficier d'un statut spécial en Ukraine.

L'Ukraine continue ainsi sur la voie du Protectorat, mais baisse de plus en plus le niveau du "protecteur", un peu comme une prostituée en fin de carrière.

 

Publié par à 09:57 

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Dans UKRAINE

UKRAINE : LA RUSSIE SORT LE SU-57 !

Par Le 21/05/2022

Ukraine: Poutine sort le Su-57!

Saturday, 21 May 2022 5:57 PM  [ Last Update: Saturday, 21 May 2022 5:58 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le Su-57 de l'armée de l'air russe. ©EurAsian Times

Le Sukhoi Su-57 Felon, le plus récent avion de chasse de l'armée de l'air russe, a été utilisé pour attaquer des cibles en Ukraine, affirment les médias d'État russes dans un rapport. 

Selon un initié anonyme interrogé par l'agence de presse d'État TASS, l'avion aurait été impliqué dans la guerre pendant la majeure partie de sa durée.  

« L'utilisation de l'avion Su-57 en Ukraine a commencé deux à trois semaines après le début de l'opération spéciale. Les avions travaillent en dehors de la zone d'activité des défenses aériennes ennemies. Ils [les avions] utilisent des missiles », a déclaré la source TASS. 

TASS dit que les affirmations n'ont pas été vérifiées de manière indépendante. Il n'y a eu aucune déclaration officielle de l'armée ou des autorités russes à ce sujet.  

Ukraine: la Russie sort l’arme laser

Ukraine: la Russie sort l’arme laser

La Russie utilise des armes laser dans une opération spéciale en Ukraine, selon le vice-Premier ministre russe, Youri Borissov.

Le Sukhoi Su-57 est le premier avion de chasse russe doté de caractéristiques furtives et le seul avion de chasse de cinquième génération. Destiné à rivaliser avec l'américain Lockheed Martin F-22 Raptor et le chinois Chengdu J-20, il a effectué son vol inaugural en 2010.  

Selon le ministère de la Défense, trois Su-57 de série sont opérationnels avec l'armée de l'air russe en mai 2022, en plus de plusieurs prototypes dont le statut n'est pas clair. Le premier Su-57 de série s'est écrasé lors d'essais en 2019 avant d'être livré aux forces armées. 

Il y a eu de nombreux rapports sur l'utilisation du Su-57 en Ukraine, la plupart d'entre eux étant basés sur des observations présumées de témoins et des images non vérifiées. Jusqu'à présent, la plupart des images qui prétendaient montrer le Su-57 en action n'ont pas été vérifiées et les observations du Su-57 n'ont pas pu être prouvées pour montrer le Su-57 en particulier.   

USA/Russie: guerre nucléaire, inévitable !

USA/Russie: guerre nucléaire, inévitable !

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/21/682504/Ukraine--Poutine-sort-le-Su-57-

 

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UKRAINE : LA RUSSIE DIT AVOIR PRESQUE ACHEVE LA CONQUETE DE LA REGION DE LOUGANSK

Par Le 20/05/2022

Ukraine: Moscou dit avoir presque achevé la conquête de la région de Lougansk

Ukraine: Moscou dit avoir presque achevé la conquête de la région de Louganskfolder_openRussie access_timedepuis 9 heures

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Par AFP

Le ministre russe de la Défense a assuré vendredi que la conquête de la région ukrainienne de Lougansk (est) était presque achevée, et que 1.908 militaires ukrainiens retranchés sur le site sidérurgique d'Azovstal de Marioupol s'étaient rendus.

«Les unités des forces armées russes, avec les divisions de la milice populaire des républiques populaires de Lougansk et Donetsk continuent d'accroître le contrôle sur les territoires du Donbass. La libération de la république populaire de Lougansk est presque achevée», a-t-il déclaré, cité par les agences russes.

La Russie cherche notamment à conquérir totalement le Donbass, région russophone partiellement contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses.

Aide de Washington

Le Congrès américain a débloqué jeudi une enveloppe gigantesque de 40 milliards de dollars pour soutenir l'effort de guerre de l'Ukraine face à la Russie. Et les ministres des Finances du G7 ont commencé à faire le compte des milliards que chaque pays pourrait verser à Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que l'aide massive annoncée par Washington à Kiev constitue un investissement pour la sécurité de l'Occident.

Le soldat russe jugé pour crime de guerre «pas coupable», dit son avocat

Le soldat russe jugé à Kiev pour «crime de guerre» en Ukraine «n'est pas coupable», a affirmé son avocat au troisième jour de ce premier procès du genre depuis le début de l’opération russe dont le verdict sera annoncé lundi.

«Compte tenu de toutes les preuves et témoignages, je crois que M. Shishimarin n'est pas coupable du crime dont il est accusé», a dit Viktor Ovsiannykov, demandant aux juges «d'acquitter (son) client», qui s'est lui dit «(être) sincèrement désolé» d'avoir tué un homme de 62 ans dans le nord-est de l'Ukraine. Le verdict du procès est attendu lundi.

https://french.alahednews.com.lb/44200/340

russie ukraine

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UKRAINE : LA RUSSIE SORT L'ARME LASER

Par Le 19/05/2022

La Russie utilise des armes laser en Ukraine

Wednesday, 18 May 2022 6:04 PM  [ Last Update: Wednesday, 18 May 2022 6:04 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le système laser Zadira capable de frapper des cibles à une distance de 5 km. (Archives)

Clin d'œil aux Américains et aux sionistes : la Russie se sert pour la première fois d’armes laser en Ukraine ! 

Peut-on débloquer la situation en Ukraine ?

La Russie utilise des armes laser dans son opération spéciale en Ukraine, en particulier le système laser Zadira capable de frapper des cibles à une distance de 5 km, a déclaré mercredi le vice-Premier ministre Youri Borissov, a rapporté l’agence de presse TASS.

« Les systèmes d'armes laser ont commencé à arriver pour l’armée. Les premiers types sont déjà utilisés dans l’opération militaire spéciale de la Russie », a déclaré le vice-Premier ministre russe, ajoutant que le système était surnommé Zadira.

La version optimisée de Zadira est plus puissante que le système Peresvet, qui est capable d’aveugler les satellites de reconnaissance à une distance de 1 500 km, a-t-il expliqué.

Le Zadira se concentre sur la destruction physique d'un objet à une distance allant jusqu'à 5 km et il brûle littéralement une cible par son impact thermique. Ce système est capable « d’abattre facilement divers types de drones, en évitant de dépenser des missiles coûteux de type Pantsyr et Tor », a expliqué le vice-Premier ministre.

S-300 syrien: un mot au président Poutine!

S-300 syrien: un mot au président Poutine!

Méga énigme : quand Israël tue les Russes, les S-300 syriens épargnent les F-16

Deux mois après le début de la guerre en Ukraine, le conflit semble se transformer en une guerre d’usure avec l’instabilité des lignes de contact sur le terrain et l’arrivée d’armements plus avancés dans les deux camps.

Les Etats-Unis et les pays européens expédient leurs armes en Ukraine pour permettre au gouvernement de Kiev de mieux résister aux frappes russes et pour encourager les Ukrainiens à résister plus longtemps.

Par ailleurs, la situation géographique du Donbass qui se trouve juste à côté de la frontière russe et sa situation topologique rend très difficile la reprise de cette région par l’armée ukrainienne au moins dans un proche avenir.

USA/Russie: guerre nucléaire, inévitable !

USA/Russie: guerre nucléaire, inévitable !

Si la Russie arrivait à couper l’accès des forces ukrainiennes au littoral de la mer Noire, Moscou pourrait le considérer comme une grande victoire militaire sur le terrain. Mais les épisodes de Marioupol et de Kherson montrent que la progression de l’armée russe sera longue et difficile, tandis que les convois d’armes américaines et européennes continuent à être expédiés pour l’armée ukrainienne depuis la frontière occidentale du pays.

Dans ce contexte, la guerre en Ukraine peut se transformer en une guerre d’usure longue et difficile. Dans les circonstances actuelles, le cessez-le-feu ne sera pas dans l’intérêt de la Russie mais profitera plutôt à l’Ukraine en lui donnant assez de temps pour renforcer son armée.

Ukraine : la saignée anti Lockheed martin ?

Ukraine : la saignée anti Lockheed martin ?

Munitions, armes et équipements lourds soviétiques, américains et européens affluent toujours en Ukraine, en provenance des pays de l’OTAN, alors que la Russie déclare tous les jours avoir détruit leurs entrepôts une fois arrivés sur le sol ukrainien.

En tout état de cause, ce qui est certain c’est que la Russie continuera son opération militaire spéciale jusqu’à ce qu’elle renforce de manière définitive ses positions au Donbass. Moscou examinera aussi le terrain en ce qui concerne la tenue éventuelle d’un referendum pour annexer des régions comme Kherson et Maroupol. Les analystes croient que les Russes s’en serviront comme des leviers de pression lors d’éventuels pourparlers afin d’obtenir des garanties au sujet de l’autonomie des zones orientales de l’Ukraine ou le refus définitif de Kiev d’adhérer à l’OTAN.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/18/682330/Ukraine:-la-Russie-se-sert-d%E2%80%99arme-laser

Dans UKRAINE

L'INTERDICTION DU PARTI COMMUNISTE D'UKRAINE EN VIGUEUR

Par Le 18/05/2022

17 Mai 2022

Interdiction du Parti communiste d'Ukraine en vigueur
Olha-Sovhyria
Kiev, 17 mai (Prensa Latina) La décision d'un tribunal ukrainien d'interdire le Parti communiste du pays est entrée en vigueur, a rapporté aujourd'hui le portail Internet Gordon, citant la députée ukrainienne Verkhovna Rada (parlement) Olga Sovguiria.

17 mai 2022
CDT11:49 (GMT) -0400
"Plus de six ans après l'adoption de la loi dite de décommunisation, le parti communiste a finalement été interdit en Ukraine", a déclaré le représentant du pouvoir législatif auprès de la Cour constitutionnelle.

Il a rappelé que cet organe juridique du district de Kiev a décrété le 16 décembre 2015 que cette formation politique devait cesser d'opérer dans le pays, une décision suspendue face à un appel déposé pour sa défense.

En ce moment, la Cour a rejeté l'examen de cette requête et a averti de la cessation de son application, de sorte que la proscription de la force communiste commence à être en pratique.

"Pendant tout ce temps, le Parti communiste d'Ukraine a continué à exister et a même reçu des cotisations, bien qu'il ait été exclu du processus électoral", a rappelé M. Sovguiria.

Le 9 avril 2015, la Verkhovna Rada a adopté la loi sur la décommunisation et, le 23 juillet 2015, le ministre ukrainien de la Justice, Pavel Petrenko, a pris un arrêté suspendant l'activité du parti, ainsi que son nom et ses symboles, sous prétexte qu'ils ne répondaient pas aux normes de la nouvelle législation.

À la fin du mois dernier, un projet de loi a été introduit au Parlement ukrainien interdisant aux membres des partis dits "anti-ukrainiens", tels qu'ils sont décrits par les autorités de Kiev, de se présenter aux élections législatives ou présidentielles.

La liste des partis interdits comprend le Parti communiste d'Ukraine, la Plate-forme d'opposition - Pour la vie, le Parti Shari et d'autres associations politiques, selon l'agence de presse TASS.

rgh/mml

 

source : https://www.prensa-latina.cu/2022/05/17/en-vigor-prohibicion-del-partido-comunista-de-ucrania

Tag(s) : #Ukraine#Communiste

Dans UKRAINE

FAKE NEWS : NON, LES SOLDATS UKRAINIENS NE SONT PAS "EVACUES" d'AZOVSTAL, ILS SE SONT RENDUS A LA RUSSIE

Par Le 17/05/2022

mardi 17 mai 2022

Fake News : non, les soldats ukrainiens ne sont pas "évacués" d'Azovstal, ils se sont rendus à la Russie

 

Les médias français, soumis à l'ordre lancé par les forces politico-médiatiques globalistes, ont dépassé toutes les limites de leur objectivité habituelle titrant tous comme un seul homme, que "l'évacuation des soldats ukrainiens d'Azovstal continue". Non, les soldats ukrainiens ne sont pas "évacués" (par l'armée russe en passant), ils se sont rendus à l'armée russe : les blessés sont soignés, les autres sont incarcérés à DNR. Volontairement réécrire la réalité afin d'induire le public en erreur, cela s'appelle justement produire des Fakes News. Nos médias se sont collectivement discrédités.

Hier matin, une dizaine de soldats ukrainiens sont sortis d'Azovstal avec un drapeau blanc, pour négocier leur reddition avec l'armée russe. Un accord a été trouvé, un cessez-le-feu a été décrété sur le site et un corridor ouvert, sous haute surveillance des forces armées russes. 

Finalement, près de 300 combattants ukrainiens se sont rendus toute la journée et ont été conduits dans des bus Z :

 

Les blessés, environ une cinquantaine, ont immédiatement été transportés à l'hôpital de Novoazovsk pour être soignés, les autres, plus de 200, ont été conduits à Elenovka pour y être détenus. Tous ont donc été transférés sur le territoire tenu par la Russie.

 

Même Zelensky a reconnu sur son Telegram, à sa manière, qu'une partie des combattants ukrainiens d'Azovstal s'étaient rendus :

 

 

Pour autant, la classe politico-médiatique française continue à vivre dans son tout petit monde, avec sa vision reconstituée de la réalité, qu'elle tente à n'importe quel prix d'imposer. Ainsi, depuis hier nous apprenons de leur part que les soldats ukrainiens sont "évacués". 

 

Evacués ? Par qui ? Par l'armée russe ? Vers DNR ? Etrange "évacuation" je trouve !

 

En fait, les médias français ne précisent pas par qui, justement ces soldats ukrainiens sont censés être évacués, et préfère servir sur les ondes une fantasmagorie incroyable :

 

 

L'impression trompeuse est volontairement donnée par les médias français que ces hommes ont été évacués par l'Ukraine, pour sauver leur vie. Et non pas qu'ils se sont rendus avec un drapeau blanc, qu'ils ont cessé le combat et qu'ils se sont constitués prisonniers et ont été transférés par l'armée russe sur le territoire de DNR.

 

Tromper volontairement l'opinion est justement une actions constitutive d'un fake. Ce qui, en passant, est condamné par les législations nationales. Nous comprenons tous que nos élites polico-médiatiques sont parties en guerre contre la Russie, qu'à cette guerre, manifestement, tous les coups sont permis, et plus ils sont bas, mieux c'est, mais au moins nos amis journalistes pourraient tenter de le faire intelligemment et non pas aussi grossièrement.

 

Car faire passer une banale reddition d'une partie des forces armées ukrainiennes à Azovstal pour une grande opération de sauvetage de combattants "ayant rempli leur mission", c'est dépasser toutes les limites de l'absurde. En toute circonstance, il est bon de garder au minimum le respect de soi.

 

 

 

 

 

 

Publié par à 10:52 

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Dans UKRAINE

UNE CRISE FABRIQUEE EN UKRAINE FRAPPE LES PEUPLES DU MONDE ENTIER

Par Le 16/05/2022

15 Mai 2022

Une crise fabriquée en Ukraine frappe les peuples du monde entier
samedi 14 mai 2022

Déclarations
Alors que le conflit en Ukraine entre dans son troisième mois, la probabilité d'une paix négociée avec succès - une nécessité immédiate - s'éloigne de plus en plus. Cette guerre par procuration menée par les États-Unis est conçue pour utiliser le peuple ukrainien afin d'handicaper mortellement la Russie. Ceux qui profitent de la guerre en bénéficient, tandis que les plus vulnérables souffrent : Les civils ukrainiens, mais plus largement les travailleurs à l'échelle internationale et en particulier dans le Sud.

On s'attendait à ce que la dissolution de l'Union soviétique en 1991 mette fin à la première guerre froide et à la menace d'un anéantissement nucléaire mondial. Au lieu de cela, la dernière superpuissance mondiale a poursuivi sa quête impérialiste d'une "domination globale du spectre" pour empêcher l'émergence de "tout futur concurrent mondial potentiel".

Sur le plan intérieur, au lieu des "dividendes de la paix" de 1991, le consensus bipartisan des démocrates et des républicains a consisté en une politique d'expansion militaire implacable. L'armée américaine consomme aujourd'hui plus de la moitié du budget fédéral discrétionnaire, qui est 12 fois supérieur aux dépenses de défense de la Russie. La guerre d'Ukraine a été utilisée pour justifier les 29 milliards de dollars de crédits de guerre supplémentaires les plus récents du Congrès, par rapport à ce que le Pentagone lui-même avait demandé, dont 800 milliards de dollars iront directement à l'Ukraine sous forme d'armes militaires de haute technologie.

Pendant ce temps, la guerre en Ukraine fournit une couverture commode à l'administration actuelle pour renier les programmes sociaux promis, tels que les protections COVID, l'allègement complet de la dette des prêts étudiants, les collèges communautaires gratuits, ou l'option publique pour Medicare, et les sept jours de congés maladie payés promis aux travailleurs. La guerre a été utilisée pour encourager la production de combustibles fossiles et le blocage de la fracturation sur les terres fédérales a été abandonné.

Un conflit fabriqué par les États-Unis
L'intervention militaire de la Russie en Ukraine aurait pu être évitée si les États-Unis ne l'avaient pas provoquée sans relâche. Les États-Unis ont fourni des armes et une formation militaire à l'armée ukrainienne infiltrée par les fascistes qui a ciblé les Russes ethniques en Ukraine depuis le coup d'État orchestré par les États-Unis en 2014. Quelque 14 000 personnes étaient mortes dans le conflit avant que la Russie n'intervienne directement.

La Russie a appelé à plusieurs reprises à respecter le cessez-le-feu décrit dans les accords de Minsk. L'accord de Minsk II de 2015 prévoyait l'autonomie de la région séparatiste de Donbas, dans l'est de l'Ukraine, où la majorité est russophone, ainsi que la libération des prisonniers de guerre et le retrait des armes lourdes.

Au lieu de cela, l'armée ukrainienne a intensifié ses attaques contre ses propres citoyens, bien que l'accord de paix ait été signé par des représentants de l'Ukraine, de la Russie, des provinces séparatistes et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour l'Europe occidentale. Puis, fin février, un assaut complet planifié par l'armée ukrainienne sur la région séparatiste a immédiatement précipité l'invasion russe (citation nécessaire pour étayer cette affirmation).

Le conflit n'aurait pu se poursuivre sans les armes et les renseignements fournis ouvertement par les États-Unis. Lors d'une audition devant la commission des services armés du Sénat, le général Mark Milley, président des chefs d'état-major interarmées, a indiqué que les États-Unis et l'OTAN avaient fourni 60 000 armes antichars et 25 000 armes antiaériennes à l'armée ukrainienne. Ces dernières semaines, l'administration Biden a ordonné une nouvelle "aide létale" de 1,6 milliard de dollars à l'Ukraine, ce qui a encore aggravé le conflit.

L'OTAN - la machine de guerre mondiale dominée par les États-Unis
Contrairement à ce qu'elle prétend, l'OTAN n'est pas une organisation défensive. Dès le départ, son objectif a été d'agir comme un instrument de domination du monde par les États-Unis et de prévenir tout défi à l'hégémonie américaine. C'est pourquoi elle n'a pas été dissoute en 1991 après la dissolution du Pacte de Varsovie du camp socialiste. Au contraire, malgré les promesses faites par de hauts responsables américains à Mikhaïl Gorbatchev que l'OTAN ne s'étendrait "pas d'un pouce vers l'est", elle a été étendue à quinze nouveaux pays. Cette expansion incessante de l'OTAN vers l'est au cours des dernières décennies a constitué une menace existentielle pour une Russie dotée de l'arme nucléaire et a été la principale cause du conflit militaire actuel en Ukraine. Aujourd'hui, sous l'impulsion de la guerre en Ukraine, l'OTAN pourrait être en mesure d'ajouter à sa liste de membres la Suède et la Finlande en Europe occidentale et l'Ukraine et la Géorgie en Europe orientale.

L'OTAN n'est pas une véritable alliance. C'est en fait une armée impérialiste intégrée sous le commandement direct des États-Unis. Les États qui la composent sont tenus de consacrer une part importante de leur budget national à l'entretien de cette machine de guerre et d'offrir leurs jeunes comme soldats.

Cela ne sert pas non plus les intérêts de l'Europe, où des armes nucléaires américaines sont stationnées - en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie - ce qui en fait des cibles immédiates si la guerre froide devient chaude ; il en va de même pour la Pologne et la Roumanie, qui accueillent maintenant les installations américaines de "défense antimissile" de l'OTAN visant la Russie.
 

Séparer la Russie de l'Europe en armant l'Ukraine
Non seulement le conflit ukrainien a été utilisé pour obliger les membres de l'OTAN à acheter davantage d'armes aux entrepreneurs militaires américains, mais l'objectif plus large des États-Unis de séparer économiquement la Russie de l'Europe est en train de se réaliser. Une Europe intégrée avec un commerce pacifique entre la Russie et ses voisins est exclue. Au lieu de cela, l'Allemagne, par exemple, est contrainte, contre son intérêt économique, d'acheter du gaz naturel liquéfié américain plutôt que de s'approvisionner en Russie via le gazoduc Nord Stream II à une fraction du coût.

L'éventuelle intégration pacifique de la Russie au reste de l'Europe est désormais repoussée dans un avenir prévisible. Une telle intégration potentielle aurait pu servir à long terme de contrepoids à l'hégémonie américaine. Ainsi, la séparation de la Russie de l'Europe a été un objectif géopolitique stratégique primordial pour les États-Unis. Et oubliez les promesses de rétablir l'engagement avec Cuba, de rejoindre l'accord sur le nucléaire iranien ou de négocier avec la Corée du Nord pour une zone dénucléarisée.

L'armement de l'Ukraine en tant que membre de l'OTAN est la clé pour, selon les termes de la Rand Corporation, un organisme semi-gouvernemental, "déséquilibrer la Russie et l'étendre à l'excès". Très tôt, les planificateurs stratégiques américains, tels que le conseiller à la sécurité nationale du président Carter, Zbigniew Brzezinski, ont mis en place les éléments qui allaient finalement précipiter la réponse militaire de la Russie le 24 février.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, le gouvernement américain a cherché à piéger la Russie dans le conflit ukrainien et a tout intérêt à le prolonger. L'Ukraine a les mains liées, car elle ne peut pas négocier un règlement sans la permission des États-Unis, ce qui est peu probable.

Conséquences mondiales
Les conséquences du conflit et des sanctions associées prises par les États-Unis et leurs alliés à l'encontre de la Russie ont été dévastatrices, entraînant des pénuries de nourriture et de carburant dans le monde entier et une inflation du coût de la vie qui affecte le plus ceux qui peuvent le moins se le permettre.

Le chaos climatique, la pandémie en cours et l'inflation sont tous exacerbés par le conflit. Au lieu d'une solidarité et d'une coopération internationales pour combattre ces menaces, c'est le contraire qui se produit avec une fragmentation mondiale. Les États-Unis menacent de sanctionner des pays comme la Chine et l'Inde, qui abritent 35 % de la population mondiale, s'ils ne coupent pas leurs liens économiques avec la Russie. Le Pakistan a récemment fait l'objet d'un coup d'État soutenu par les États-Unis, en partie pour avoir continué à entretenir des relations amicales avec la Russie.

Appel à la paix
Avec la poussée impérialiste américaine visant à prolonger la guerre par procuration pour affaiblir la Russie, les voix en faveur de la paix sont malheureusement peu nombreuses. Les libéraux américains qui soutiennent le parti démocrate sont réticents à prendre une position de principe en faveur de la paix. Au contraire, ils appellent pleinement au renversement de Poutine et à punir les Russes pour leurs transgressions.

Bien que les libéraux aient été prompts à invoquer le spectre du fascisme lorsqu'il pouvait être associé au président Trump, ils montrent peu d'inquiétude à l'idée de s'aligner sur de véritables éléments fascistes avoués en Ukraine. Pourtant, la résurgence d'une droite radicale est directement liée à la capitulation des libéraux face à un programme néolibéral raté (ainsi qu'à l'adoption d'une vision néoconservatrice des relations étrangères), qui a aliéné et victimisé de nombreux travailleurs qui soutenaient auparavant les alternatives libérales et sociales-démocrates.

Les Républicains, en vue des prochaines élections de mi-mandat au Congrès, ont adopté la tactique de plaider pour un chauvinisme encore plus aventureux. Pendant ce temps, de nombreux points de vue alternatifs au récit impérialiste ont été dé-platformés des médias sociaux, laissant le public américain avec un régime constant de russophobie.

Même la gauche n'est pas entièrement unifiée sur une plateforme de paix. Certains considèrent le conflit comme une simple rivalité inter-impérialiste entre les États-Unis capitalistes et la Russie capitaliste, principalement pour des ressources naturelles dans lesquelles la classe ouvrière n'a aucun intérêt. Bien qu'il y ait des éléments de vérité dans un tel point de vue, il ignore des questions plus vastes et bien plus importantes, en particulier l'impact destructeur du succès de l'OTAN en Ukraine sur la vie des travailleurs du monde entier.

Sur la base de cette évaluation de la situation actuelle en Ukraine, le Conseil de paix américain réitère sa déclaration du 24 mars appelant à une désescalade rapide de la violence et à la négociation d'une résolution pacifique. Les analystes de tout le spectre politique s'accordent à dire que le monde n'a jamais été aussi proche de l'holocauste nucléaire.

Nous demandons à l'administration Biden de cesser de jeter de l'huile sur le feu et de prolonger la guerre en envoyant des milliards de dollars d'armes en Ukraine. Il est temps que ces fonds soient dépensés pour des besoins humains critiques au lieu de mener des guerres impérialistes contre d'autres nations.

Conseil de la paix des États-Unis
10 mai 2022

Conseil de la paix des États-Unis

source : http://www.wpc-in.org/statements/manufactured-crisis-ukraine-victimizing-worlds-peoples

Tag(s) : #USA#Ukraine#Paix

Dans UKRAINE

BILLET DU JOUR : CES ATROCITES COMMISES PAR L'ARMEE UKRAINIENNE QUE L'ONU NE CONDAMNERA PAS

Par Le 13/05/2022

vendredi 13 mai 2022

Billet du jour : Ces atrocités commises par l'armée ukrainienne que l'ONU ne condamnera pas

 

Alors que le Comité des droits de l'homme de l'ONU lance la préparation d'une condamnation internationale de la Russie pour "les crimes" qu'elle aurait commis en Ukraine, les atrocités commises par l'Ukraine contre les soldats prisonniers, contre les civils pris en otage, contre les villes bombardées sans discernement sont simplement écartées d'un revers de phrase, même si elles sont prouvées autrement que par des "photos dans les médias". A la guerre comme à la guerre ! Qu'attendre d'autre de toutes ces instances qui entretiennent la guerre en Ukraine, sinon sa légitimation ?

Si l'ONU n'est plus depuis longtemps un organe international, c'est qu'il est devenu un organe de gouvernance atlantiste et le comportement partisan de ses instances diverses et variées dans ce conflit le montre bien. Le Conseil des droits de l'homme, dont la Russie est sortie (justement en raison de sa trop grande politisation) s'est réuni pour lancer une fatwa contre la Russie. Ainsi peut-on lire sur le site de l'ONU en première phrase :

"Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU s'est réuni en session extraordinaire jeudi à Genève, en raison de l'inquiétude croissante suscitée par les atrocités commises contre des civils à la suite de l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février."

C'est bien une enquête à charge qui est lancée, elle doit conduire à l'accusation du "monstre", comme le disait par ailleurs le Premier ministre polonais appelant dans les médias anglo-saxons à la destruction du "monde russe", ce "cancer", du monde contemporain :

"“Russkiy Mir” is a cancer which is consuming not only the majority of Russian society, but also poses a deadly threat to the whole of Europe. Therefore it is not enough to support Ukraine in its military struggle with Russia. We must root out this monstrous new ideology entirely."

Le ton est bien donné : il faut constituer une apparence de respectabilité, afin de détruire un pays et une civilisation, qui dérange l'ordre global atlantiste. Ainsi, les "rapporteurs" de l'ONU de s'indigner contre les soi-disant massacres, viols collectifs et autres atrocités commises par la Russie. L'on se demande à quel moment les soldats russes seront accusés de manger des enfants au petit-déjeuner. Une enquête doit être ouverte, elle doit établir ce que les gouvernants ont déjà décidé et un tribunal international pourra alors être créé sur-mesure. L'on se demande en fait sur quels fondements tous ces "enquêteurs" étrangers étaient déjà sur place en Ukraine et ce qu'ils ont fait s'il n'y avait pas d'enquête ...

Et l'absurde ne s'arrête pas là : alors que les populations civiles viennent se réfugier en Russie ou dans les territoires libérés par elle du joug des groupes néonazis, l'ONU ose demander l'accès à ces personnes qu'elles qualifie de "détenues", donc d'otages :

"La résolution adoptée jeudi demande également à Moscou de faire sorte que les organisations internationales, dont celles de l’ONU, puissent « accéder immédiatement et sans entrave aux personnes qui ont été transférées de régions ukrainiennes touchées par le conflit et sont détenues » en Russie ou dans des territoires contrôlés par ses forces."

Ainsi, les rôles sont renversés : ce n'est pas l'Ukraine qui prend les civils en otage dans l'usine d'Azovstal en les empêchant de partir, ce n'est pas l'Ukraine qui met les civils en danger en installant des armes et des soldats dans les maternités et les hôpitaux, ce n'est pas l'Ukraine qui met les civils en danger en transformant les écoles en camps retranchés. Non, pour les atlantistes, c'est la Russie.

Et toute accusation portée et documentée contre l'Ukraine est simplement écartée, comme en ce qui concerne les destructions de sites civils ou les bombardements massifs :

"Les forces russes sont probablement responsables de la plupart des pertes civiles, mais aussi les troupes ukrainiennes - quoique dans une bien moindre mesure - , a déclaré la cheffe des droits de l’homme de l'ONU, dans un message vidéo."

J'aimerais savoir comment elle a pris "la mesure" ... Hier, 6 missiles ont élé lancés sur la ville de Kherson par l'armée ukrainienne, abattus par le système de défense aérienne, tout cela par ce que les habitants ne veulent à aucun prix revenir en Ukraine et que la région se prépare à demander son intégration dans la Fédération de Russie. Etrange comportement, comportement inacceptable pour des personnes "détenues" par la Russie - cela mérite bien quelques obus ...

De la même manière, même si le site de l'ONU le tait et que les médias atlantistes n'en parlent pas non plus, l'ONU reconnaît avoir obtenu des preuves tangibles des tortures infligées par l'armée ukrainienne aux militaires russes prisonniers, et la presse russe cite les paroles de Matilda Bogner, qui réalise pour l'ONU cet étrange monitoring des "agressions russes" :

"Nous avons reçu des informations fiables sur la torture, les mauvais traitements et la mise au secret par les Forces armées ukrainiennes de prisonniers de guerre appartenant aux forces armées russes et aux groupes qui leur sont associés"

Mais dans ce cas, pas besoin d'en appeler aux crimes de guerre, même s'il s'agit d'une violation de la Convention de Genève et constitue bien un crime de guerre, il faut simplement une enquête interne et éviter que cela ne se reproduire.

Promis, juré, craché! Et d'ailleurs, hier l'Administration présidentielle ukrainienne a adressé un ultimatum au Kremlin : soit il laisse partir d'Azovstal tous les "blessés", soit l'Ukraine fusille tous les prisonniers de guerre russes. L'on ose demander quels sont ces "blessés" pour en arriver à de telles extrémités ...

Selon que vous serez Russe ou Ukrainien, et cetera et cetera. Comment peut-on attendre un comportement objectif, ce qui est pourtant attendu d'instances prétendant représenter la communauté internationale (qui va au-delà des Etats-Unis et de leurs pays satellites) et organiser une enquête, quand les pays qui tiennent ces instances sont les mêmes qui fournissent l'Ukraine en arme et financent cette guerre ?

 

 

Publié par à 09:56 

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UKRAINE : LES AUTORITES DE KHERSON DEMANDENT QUE LA REGION SOIT RATACHEE A LA RUSSIE

Par Le 12/05/2022

Ukraine : les autorités de Kherson demandent que la région soit rattachée à la Russie

 Depuis 14 heures  12 mai 2022

kherson

 Amérique et Europe - Ukraine

 

Rédaction du site

Les autorités de la région de Kherson dans le sud de l’Ukraine s’apprêtent à demander l’intégration à la Russie, selon un responsable local. Pour Moscou, une telle demande doit venir des habitants et avoir une «justification juridique claire».

Cité par l’agence de presse russe Ria Novosti le 11 mai, Kirill Stremooussov, le chef adjoint de l’administration militaire et civile de la région de Kherson dans le sud de l’Ukraine — conquise par l’armée russe — a expliqué que les autorités locales allaient demander leur intégration à la Fédération de Russie.

«La ville de Kherson, c’est la Russie, aucune République populaire de Kherson ne sera créée sur le territoire de la région de Kherson, il n’y aura pas de référendums. Ce sera un décret unique sur la base de la requête adressée par les autorités de la région de Kherson au président de la Fédération de Russie, et il y aura cette demande d’en faire une région à part entière de la Fédération de Russie», a-t-il dit à des journalistes.

La ville de Kherson a été prise par l’armée russe en février dans les premiers jours de l’opération militaire lancée par Moscou en Ukraine.

Cette région représente un intérêt stratégique majeur pour l’approvisionnement en eau de la Crimée via le canal de Crimée du Nord.

Depuis 2014, Kiev avait réduit le débit du canal alors qu’il assurait 85% des besoins en eau de la péninsule, ce qui avait plombé l’agriculture locale. Il a été rouvert dès le 25 février par l’armée russe.

La région est aussi un pont terrestre entre la Crimée et les Républiques autoproclamées du Donbass.

Moscou estime qu’il revient aux habitants de choisir

Kirill Stremooussov a aussi expliqué qu’il n’était selon lui pas nécessaire d’organiser un référendum puisque celui qui a permis le rattachement de la Crimée voisine à la Russie n’a jamais été reconnu par la communauté internationale.

«Il n’y aura pas de référendum car cela n’a absolument pas d’importance, étant donné que le référendum qui était absolument légitime en République de Crimée n’est toujours pas reconnu par la communauté internationale, qui a tout fait pour ne pas percevoir la Russie comme un acteur à part entière de la communauté internationale», a-t-il justifié.

Une position que ne partage toutefois pas le porte-parole du Kremlin, qui a réagi à ces annonces en déclarant que la volonté des populations locales de rejoindre la Russie devait être vérifiée.

«Bien sûr, le sort d’une telle demande doit être décidé par les habitants de la région de Kherson, et c’est à eux de déterminer leur propre destin», a en effet déclaré Dmitri Peskov en conférence de presse ce 11 mai.

«Et, sans doute, ce point doit être clairement et soigneusement vérifié et évalué par les avocats et les juristes car, certainement, de telles décisions fatidiques doivent avoir un fondement, une justification juridique absolument claire, elles doivent être absolument légitimes, comme ç’a été le cas avec la Crimée», a-t-il ajouté.

 

Source: Avec RT

https://french.almanar.com.lb/2324962

   

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MER NOIRE : L'UKRAINE ET L'OTAN ONT PERDU LA BATAILLE DE L'ILE AUX SERPENTS CONTRE LA RUSSIE

Par Le 11/05/2022

mercredi 11 mai 2022

Mer Noire : l'Ukraine et l'OTAN ont perdu la bataille de l'île aux Serpents contre la Russie

 

L'île aux Serpents, ou île de Zmeiny, est un caillou de quelques kilomètres carré situé en mer Noire, non loin de la Roumanie, où se trouvaient les gardes-frontières ukrainiens au début du conflit, qui furent délogés par l'armée russe sans aucune difficulté. Depuis tenue par la Russie, cette île stratégique, qui devait être reprise par les Ukrainiens pour le 9 mai sur ordre des Britanniques, a conduit à une défaite significative de l'OTAN dans cette bataille - l'armée ukrainienne et la technologie otanienne y ont été écrasés par l'armée russe.

L'île aux Serpents est considérée comme stratégique en raison de sa situation : proche de la Roumanie, à portée de tir de l'Ukraine, si elle a été prise sans combats particuliers au début du conflit, malgré Zelensky qui décorait post-mortem des soldats ukrainiens s'étant simplement rendus, l'OTAN voulait reprendre ce bout de terre.

Les Britanniques ont donc donné l'ordre à Zelensky de lancer cette opération, qui a transmis l'ordre malgré l'opposition de son état-major, qui n'y voyait pas de perspectives - et qui avait raison. Mais les autorités locales, sur des questions aussi importantes, n'ont pas leur mot à dire face aux autorités de tutelle, personne ne leur a demandé leur avis, les armes fournies doivent être utilisées comme les commanditaires le veulent.

Et les médias occidentaux sont eux aussi partis à l'attaque, des navires russes auraient été coulés, les drones turcs, pardon urkainiens attaquent l'armée russe et mènent la terreur, CNews nous fournit une belle page de propagande, à la suite de laquelle on attend la victoire triomphante de l'Ukraine :

Nous avons également eu droit à la Russie harcelée, qui semble devoir tomber rapidement :

Et pour finir cet article, la déclaration des Ukrainiens prévoyant que la Russie allait fêter le 9 mai avec cette île au fond de la mer ... Or, depuis, rien, pas une information mise en avant. Et pour cause, l'armée ukrainienne et l'armement de l'OTAN sont au fond de la mer Noire, ils ont perdu la bataille de l'île aux Serpents.

 

Selon le rapport du ministère russe de la Défense, l'Ukraine a perdu environ 50 hommes, 30 drones de combats, 3 bombardiers SU-24, 1 chasseur SU-27, 10 hélicoptères dont des MI-8 et MI-24 (en plus des 6, qui ont été détruits directement à Odessa), 3 navires d'assaut amphibie avec les groupes d'assaut. 

 

Bref, c'est une catastrophe pour l'Ukraine ... et une gifle pour l'OTAN. Cette "aventure", pour reprendre le terme justement employé par le ministère russe de la Défense au sujet de cette bataille, est très significative : significative de l'absence totale de respect de la vie humaine des soldats ukrainiens pour ces curateurs de l'OTAN, significative de la dimension "show" de cette guerre pour les donneurs d'ordre et de fonds, qui suivent leur calendrier politique. Ils sont manifestement prêts à utiliser l'Ukraine jusqu'à sa dernière goutte de sang, et c'est bien avec le sang de ses compatriotes que Zelensky paie les armes et les fonds qui lui sont attribués.

 

 

 

 

 

 

Publié par à 10:27 

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UKRAINE : LA GUERRE DU CIEL COMMENCE !

Par Le 10/05/2022

Les USA ont équipé les avions ukrainiens de dispositifs de guerre électronique

Tuesday, 10 May 2022 6:31 PM  [ Last Update: Tuesday, 10 May 2022 6:31 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Les Marines américains lancent un RQ-20 Puma lors d’un événement de formation en Californie. L’avion sans pilote alimenté par batterie est conçu pour les missions de surveillance et de collecte de renseignements. ©MEF

Les médias américains ont rapporté que le Pentagone a envoyé un certain nombre d’armes avancées fabriquées par des entreprises américaines en Ukraine.

Selon le site Web c4isrnet, les États-Unis envoient du matériel de brouillage électronique sur les lignes de front en Ukraine.

Le Pentagone a annoncé, le 6 mai, qu’il enverrait 150 millions de dollars de matériels militaires à l’Ukraine, y compris du matériel de brouillage, ainsi que 25 000 obus d’artillerie, des systèmes radars, ainsi que d’autres équipements de terrain et pièces de rechange.

L’administration Biden se tourne vers les entreprises de défense pour envoyer des armes et d’autres matériels qu’elle fournit à l’Ukraine à partir des stocks américains.

Guerre en Ukraine : les États-Unis vident leur stock d’armes pour aider l’Ukraine, l’armée redoute une pénurie

Le journal Washington Post a rapporté que le Pentagone était censé envoyer à Kiev des drones, des missiles à guidage laser, des caméras, des systèmes de guerre électronique et d’autres équipements.

Les armes et les équipements, qui seront achetés à des entreprises américaines, représentent une catégorie d’assistance militaire de vastes quantités d’armements que les États-Unis ont déjà fournis à l’Ukraine à partir des stocks existants du Pentagone.

« Ce cycle comprend 22,6 millions de dollars de roquettes de 70 mm et de drones Switchblade supplémentaires. Le Pentagone aurait l’intention d’acheter des drones de surveillance Puma pour 19,7 millions de dollars », a rapporté le journal.

Les Switchblades, également appelés « drones kamikazes », nécessitent peu de formation pour fonctionner, selon les responsables de la défense, et se sont déjà avérés efficaces contre l’armée russe. Les drones de surveillance Puma devraient étendre les capacités de collecte de renseignements de l’Ukraine.


Après Bayraktar c’est Javelin qui fait flop

Alors que les systèmes antichars Javelin fabriqués aux États-Unis ont été appréciés pour leur efficacité par les responsables de Washington et ont été considérés par les médias occidentaux comme un symbole de la résistance de l’Ukraine dans le conflit avec la Russie, un commandant de l’infanterie de la marine ukrainienne, qui a fini par être capturé lors des combats pour Marioupol, a révélé à RT que le matériel n’était pas vraiment à la hauteur des affirmations.

Les Javelin ne se sont pas avérés utiles, en particulier dans la guerre urbaine, a déclaré le colonel Vladimir Baranyuk, commandant de la 36e brigade d’infanterie navale ukrainienne.

« Nous ne pouvions même pas en lancer un. Je pense que ce missile est complètement inutile dans un environnement urbain », a-t-il expliqué.

Selon l’officier supérieur de l’armée ukrainienne, les armes antichars envoyées par les Britanniques avaient aussi leurs défauts.

L’armée ukrainienne se rend à Marioupol

Les missiles Javelin tirés à l’épaule sont équipés d’un guidage infrarouge et adopteraient une trajectoire « d’attaque par le haut » pour frapper le toit d’un char, qui est sa partie la plus vulnérable.

Plus de 5 000 Javelin ont été fournis à Kiev par Washington. Londres, pour sa part, a déjà équipé l’armée ukrainienne de plus de 4 000 autres missiles antichars.

Le conflit militaire russo-ukrainien s’est déroulé dans le cadre d’un plan américano-britannique visant à affaiblir simultanément la Russie et l’Europe pour établir un nouvel ordre mondial, auquel le Guide suprême de la Révolution islamique a également fait référence, soulignant la complexité et la profondeur du conflit existant.

Plus de deux mois se sont écoulés depuis le début de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine. Une opération à laquelle beaucoup ne s’attendaient pas, car ils considéraient la présence des troupes russes derrière les portes de l’Ukraine comme une simple démonstration de forces.

La Russie est en pole position, les USA à la traîne, et l’Europe en paie la facture

Étant donné que l’initiative de la gestion de la tension n’était pas entre les mains de la Russie, les opérations spéciales en Ukraine sont devenues inévitables et La Russie a été forcée de choisir entre le mal et le pire, la première option étant l’action préventive, car sinon elle aurait dû accepter la pire option, à savoir la perte de sa dissuasion sécuritaire.

Avant le conflit, il y avait trois scénarios pour la réponse militaire de la Russie à l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est, en particulier en Ukraine :

1. équiper des militants indépendantistes dans l’est de l’Ukraine dans le but d’affaiblir le gouvernement central dans une guerre d’usure.

2. Une offensive limitée à l’est et au sud du pays visant à avoir l’accès terrestre à la péninsule de Crimée et à priver le gouvernement central du potentiel géoéconomique de la côte de la mer Noire.

3. Une invasion à grande échelle de l’Ukraine pour renverser le gouvernement pro-occidental pour des réformes sociopolitiques, et par la suite l’annexion permanente de tout ou partie du pays à la Russie si les conditions le permettent.

Selon les experts, la troisième option était moins probable que les autres en raison de ses conséquences profondes, mais elle s’est concrétisée avec l’invasion de l’Ukraine par deux cent mille soldats russes le 24 février sur trois fronts.

Les Russes ont maintenant entamé la deuxième phase de leur opération, qui vise à libérer toute la région du Donbass et à la relier par voie terrestre à la péninsule de Crimée.

L’Ukraine a déjà subi entre 500 et 1 000 milliards de dollars de dommages à ses infrastructures vitales. Si la guerre continue, les deux parties souffriront davantage.

Il convient de noter que seuls les États-Unis et la Grande-Bretagne sont intéressés à prolonger le conflit en raison de l’affaiblissement de la puissance militaire, économique et politique de la Russie.

L’Europe semble également encline à l’option américano-britannique, même en supposant que la défaite de la Russie dans cette guerre est une menace pour la stabilité de l’UE ignorant qu’une crise énergétique en Europe fragilise la valeur d’euro face à l’hégémonie du dollar ce que les États-Unis sont déterminés à maintenir sa supériorité.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/10/681863/Ukraine---Guerre-du-ciel-commence----

Dans UKRAINE

FEDERATION SYNDICALE MONDIALE : LA GUERRE EN UKRAINE MONTRE LE VRAI VISAGE DES ETATS-UNIS, DE L'OTAN ET DE L'UNION EUROPEENNE

Par Le 10/05/2022

9 Mai 2022

 

18e Congrès syndical mondial à Rome : 105 millions de membres dans 133 pays pour la FSM

lundi 9 mai 2022

Le 18e Congrès Syndical Mondial s’est tenu à Rome en Italie du 6 au 8 mai 2022. Son mot d’ordre était le suivant : « Uni.e.s, nous continuons ! Pour la satisfaction de nos besoins contemporains, contre la barbarie impérialiste-capitaliste ! ». 419 délégués, en provenance de 93 pays et des 5 continents, ont pris part à ce 18e congrès ; 234 avec participation physique et 185 virtuellement. Le 6 mai lors de l’ouverture des travaux, Georges Mavrikos, secrétaire général de la Fédération syndicale mondiale (FSM) a rendu compte des actions menées ces dernières années. Voici quelques extraits de son discours.

« Nous saluons les 105 millions de membres de la FSM qui vivent et luttent dans 133 pays sur les cinq continents. Nous saluons tous ceux qui sont en grève et en mobilisations ces jours-ci, nous saluons tous les représentants qui du fait de la pandémie participent virtuellement, nous saluons et remercions vous tous et toutes qui, malgré les nombreuses difficultés, vous êtes ici et participez aux travaux du 18e Congrès Syndical Mondial.

Nous appelons tous les syndicats et tous les syndicalistes à ne pas s’assoupir. Les dangers d’une explosion générale et d’un conflit militaire mondial sont réels.

Des gouvernements comme celui de la Grande-Bretagne, des États-Unis et de l’Australie jettent constamment de l’huile sur le feu. Avec la propagande mondiale des médias appartenant aux capitalistes, ils déforment la réalité, propageant que l’OTAN envoie des armes pour la démocratie » (…)

Solidarité avec la Palestine et Cuba
« Nous avons organisé quatre campagnes internationales de soutien matériel au peuple palestinien. Nous avons organisé une grève mondiale contre les navires marchands israéliens dans tous les ports du monde. Nous avons organisé des campings d’enfants pour les jeunes Palestiniens ; de campagnes pour la libération des prisonniers dans les prisons israéliennes ; d’interventions auprès des organisations internationales pour le droit du peuple palestinien à avoir son propre État indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, dans les frontières de 1967.
Nous avons organisé des initiatives similaires d’internationalisme et de solidarité en faveur de Cuba et du peuple cubain ; en outre, avec de nombreux autres mouvements, nous avons réussi à libérer les 5 Cubains qui étaient détenus dans les prisons des États-Unis. Dans tous les forums internationaux, nous avons repoussé les calomnies lancées par les dirigeants syndicaux jaunes ainsi que la mafia anti-cubaine vivant à Miami. Et ainsi nous continuerons jusqu’à ce que le blocus soit levé et que la terre de Guantanamo soit restituée à Cuba. Nous avons eu la même attitude pour le Venezuela, pour la Bolivie, contre le putsch au Brésil et partout. La position internationaliste de la Fédération Syndicale Mondiale est devenue connue dans tous les coins du globe. »

Guerre en Ukraine : « coopération des néolibéraux, des néonazis et des sociaux-démocrates »
« L’invasion de l’Ukraine par la Russie fait remonter à la surface des questions toujours pertinentes et toujours utiles aux travailleurs et aux peuples. Nous vous rappelons que la guerre de l’OTAN contre l’Irak était pour la “démocratie”, le bombardement de l’OTAN sur la Yougoslavie pendant 79 jours était pour la “liberté”. Ils nous disent qu’en Afghanistan, en Syrie, en Libye, partout où les États-Unis, l’Union européenne et l’OTAN ont attaqué, c’était parce que l’OTAN a une histoire d’amour avec la démocratie !! Et dans ces mensonges tous les grands médias sont mobilisés pour tromper les peuples.
Les guerres, comme celle d’aujourd’hui, sont menées pour les ressources naturelles, les routes énergétiques, les ports et les mers. De plus, nous assistons maintenant en Ukraine à un autre événement grave : la coopération étroite des néolibéraux, des néonazis et des sociaux-démocrates. Les masques des hypocrites sont tombés en Ukraine. »

Contradictions des gouvernements européens face à l’extrême droite
« Par exemple, en France, tout le monde se réjouit de la défaite électorale de la formation néo-fasciste de Marine Le Pen mais en même temps il soutient le gouvernement néo-fasciste d’Ukraine et les bataillons néo-nazis.
D’une part, ils accusent Orbán de Hongrie d’être raciste, mais en même temps, ils soutiennent le gouvernement polonais raciste.
Regardez aussi l’exemple de l’Italie et de la Grèce où ils approuvent la participation et le soutien des gouvernements par des racistes et des néolibéraux tels que Matteo Salvini, Panos Kammenos, etc. Ainsi, le soutien et l’équipement des néo-nazis en Ukraine prouvent le vrai visage des États-Unis, de l’OTAN, de l’Union européenne. »

source:https://www.temoignages.re/international/monde/federation-syndicale-mondiale-la-guerre-en-ukraine-montre-le-vrai-visage-des-etats-unis-de-l-otan-de-l-union-europeenne,104139

Tag(s) : #FSM#Ukraine

Dans UKRAINE

LA MORT DE L'EUROPE ET LA NAISSANCE D'UN NOUVEL ORDRE

Par Le 09/05/2022

La mort de l’Europe et la naissance d’un nouvel ordre

Par Augusto Zamora Rodríguez
Arrêt sur info — 09 mai 2022

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 «Le délire impérial de Poutine»: en Occident, experts, journalistes et hommes politiques sont unanimes lorsqu’il s’agit d’évoquer les causes du conflit ukrainien. Mais un regard croisé montre rapidement que les analystes des pays du Sud parviennent à une autre conclusion. Il peut être rafraîchissant pour l’esprit de suivre, en regardant la crise ukrainienne, les yeux et les pensées d’une personne qui a son domicile à Estelí, Nicaragua. Réd.

Augusto Zamora Rodríguez 

Ukraine – un conflit géopolitique

Par Augusto Zamora Rodríguez,* Nicaragua

Par chance, le prix Nobel de la bêtise humaine n’existe pas, car ce dernier serait impossible à décerner au vu de la pléthore de candidats, à commencer par les dirigeants européens.

La question ukrainienne (que nous refusons de qualifier d’invasion ou de guerre, bien que techniquement il puisse s’agir des deux) n’est pas du tout ce que les médias occidentaux affirment de manière convulsive. La Russie n’a pas l’intention d’annexer l’Ukraine, elle n’a pas non plus lancé une guerre de conquête, et elle n’est surtout pas le résultat d’une folie impériale de grandeur perdue.

Il s’agit d’un conflit géopolitique au sens propre du terme: «Géopolitique» au sens du XIXe siècle, c’est-à-dire une lutte pour le pouvoir et les intérêts, car il n’y a pas de conflit d’idéologies, pas de lutte de systèmes, même si les mercenaires et les imbéciles habituels – qui ne sont malheureusement pas une espèce en voie de disparition – en radotent. Non, rien de tout cela.

C’est la vieille lutte entre le monde qui veut naître et le monde qui refuse de mourir (comme aurait dit le communiste Antonio Gramsci), provoquée par le refus de l’OTAN de ne pas s’étendre davantage vers la Russie. Car c’est cela et rien d’autre qui motive l’action militaire: gagner en sécurité pour la Russie, ce que l’Union européenne/l’OTAN refuse, ce qui laisse supposer qu’ils maintiennent leur politique d’expansion.

L’intelligence meurt en premier

On prétend, on répète et on insiste toujours sur le fait que dans les conflits de cette ampleur, la vérité meurt en premier. Nous ne sommes pas d’accord. Nous pensons que c’est l’intelligence qui meurt en premier. Car il faut être ignorant, simple d’esprit, abruti, et ainsi de suite, pour croire que la Russie a attaqué l’Ukraine pour des banalités comme la mégalomanie ou les amours impériales, comme dans un roman de Corín Tellado (pour ceux qui ne la connaissent pas: il s’agit de la plus grande auteure d’histoires d’amour, publiant jusqu’à trois romans par semaine, dont mères ou grands-mères se souviennent avec, oui, une nostalgie adolescente). Rien de tout cela.

Les guerres coûtent cher, très cher, et leur déroulement dépend, comme l’a constaté Thucydide, de l’argent dont on dispose. Vladimir Poutine n’est pas un écervelé comme ils veulent tant le dépeindre. Il est encore moins un aventurier comme Crassus, le milliardaire romain qui, pour surpasser César et Pompée, finança une guerre contre les Parthes, à la suite de quoi les Parthes lui coupèrent la tête et écrasèrent ses 30 000 soldats (d’où l’expression «crasoerror», grosse erreur).

L’Ukraine est un pion, surtout sur l’échiquier mondial (pour reprendre une expression de Zbigniew Brzeziński), où se joue la répartition du pouvoir pour les prochaines décennies, si tant est que nous y arrivions.

La stratégie des Etats-Unis dans le triangle des puissances

Nous nous expliquons. Actuellement, il existe trois grands acteurs – la Russie, les Etats-Unis et la Chine – qui se divisent en deux camps. Dans un coin, comme sur un ring de boxe, l’alliance entre la Chine et la Russie, dans l’autre les Etats-Unis. Ce n’est pas une invention de notre part. Ceux qui le disent et le répètent ad nauseam, ce sont les Etats-Unis et leur poulailler européen. Comme en matière géostratégique, seuls les chiffonniers inventent des conflits, nous citons des documents officiels américains, dont nous donnons en plus le lien de la source pour ceux qui veulent satisfaire leur curiosité.

Précisons d’emblée qu’aux Etats-Unis, le gouvernement et le Congrès ont la gentillesse de publier de tels documents après les avoir d’abord censurés, et ce de telle manière que ceux qui ne veulent pas savoir ne s’en aperçoivent même pas. Mais ils sont là (en anglais bien sûr) et sont à la disposition du public, qui est en général terriblement restreint. Ces documents permettent aujourd’hui d’apporter une goutte de vérité dans l’orgie de manipulation et de désinformation qui se déroule dans ce poulailler européen ignorant.

Commençons par le document le plus important, intitulé «National Defense Strategy» (Stratégie de défense nationale), datant de 2018 et qui fixe les règles jusqu’à aujourd’hui. On y lit ce qui suit:

«La compétition stratégique interétatique, et non le terrorisme, est désormais la principale préoccupation de sécurité nationale des Etats-Unis. La compétition stratégique à long terme avec la Chine et la Russie est une priorité absolue pour le ministère [de la Défense] et nécessite des investissements plus importants et durables en raison de l’ampleur des menaces qu’elles représentent actuellement pour la sécurité et la prospérité des Etats-Unis et de la possibilité que ces menaces s’intensifient à l’avenir.»

Pour faire face à cette «compétition stratégique à long terme», le Pentagone a défini les objectifs suivants, en plus d’une liste exhaustive de mesures et d’actions.

En ce qui concerne la Chine: «Renforcer les alliances et les partenariats dans l’Indopacifique afin de créer une architecture de sécurité interconnectée capable de dissuader l’agression, de maintenir la stabilité et d’assurer un accès ouvert aux zones communes.»

En ce qui concerne la Russie: «Renforcer l’alliance transatlantique de l’OTAN. Une Europe forte et libre, unie par les principes communs de la démocratie, de la souveraineté nationale et de l’engagement à l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord,1 est indispensable à notre sécurité.»

En résumé: depuis 2018, les Etats-Unis travaillent à la création d’une parenthèse autour de la Russie et de la Chine, dont les alliances militaires et politiques sont les piliers essentiels. De cette manière, l’OTAN doit constituer le front atlantique de l’armée américaine, tandis que les Etats-Unis et leurs alliés – le Japon en tête – sont responsables du front pacifique.

La prochaine guerre mondiale sera nucléaire

Toute la stratégie des Etats-Unis repose sur le concept de deux fronts de guerre et suit une politique de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Etats-Unis ont refusé d’ouvrir un front en Europe occidentale parce qu’ils voulaient utiliser toute leur puissance contre le Japon (pour cette raison, le débarquement en Normandie a dû attendre juin 1944).

Ce concept est le résultat d’un fait admis dans des documents officiels américains. Dans le document «Providing for the Common Defense» (Etre prêt pour la défense commune), également publié en 2018, il est dit:

«La supériorité militaire des Etats-Unis – l’épine dorsale de leur influence mondiale et de leur sécurité nationale – s’est dangereusement érodée. […] La capacité des Etats-Unis à défendre leurs alliés, leurs partenaires et leurs propres intérêts vitaux est de plus en plus remise en question. Si la nation n’agit pas rapidement pour changer ces circonstances, les conséquences seront graves et durables.»

En d’autres termes, les Etats-Unis savent qu’ils n’ont pas la capacité militaire nécessaire pour faire face à l’alliance russo-chinoise. C’est pourquoi l’épine dorsale de la stratégie de Washington est de rassembler le maximum d’alliances et d’alliés. La «National Defense Strategy» l’exprime ainsi: «Les alliances et les partenariats mutuellement bénéfiques sont essentiels à notre stratégie, car ils offrent un avantage stratégique asymétrique durable avec lequel aucun concurrent ou opposant ne peut rivaliser.»

«Au-delà de nos alliances principales, nous allons également accélérer la mise en place de coopérations dans le monde entier, car notre force est décuplée lorsque nous mettons en commun nos efforts pour partager les coûts et élargir le cercle de la coopération. Ce faisant, nous reconnaissons que nos intérêts nationaux vitaux exigent des liens plus étroits avec l’Indopacifique, l’Europe et l’hémisphère occidental.»

En résumé: sachant qu’ils n’y arriveront pas seuls, les Etats-Unis s’empressent de recruter des pays disposés à consacrer une part considérable de leur budget à compenser l’infériorité des Etats-Unis et, le moment venu, à servir de chair à canon dans la guerre à venir contre la Russie et la Chine.

Cela expliquerait le refus de négocier avec la Russie sur les questions de sécurité, car il ne s’agissait pas de l’indépendance et de la souveraineté de l’Ukraine, mais d’utiliser l’Ukraine comme piège pour que le poulailler européen assume aveuglément et massivement son rôle de flanc atlantique des Etats-Unis.

L’objectif, nous l’admettons, a été atteint, et maintenant le poulailler européen va faire ce que les Etats-Unis veulent: s’armer contre la Russie et se préparer à la guerre à venir. Sauf que cette guerre ne sera pas conventionnelle.

Elle sera nucléaire. Ceux qui pensent le contraire n’ont aucune idée des intérêts en jeu.

L’UE et l’OTAN sur le front atlantique

C’est dans ce cadre qu’il faut chercher les clés de compréhension des mouvements politiques et géopolitiques du monde actuel. Ceux qui ne l’imaginent pas ou ne le connaissent pas ne peuvent que proférer une série de bêtises cultivées dans l’ignorance, le fanatisme et la déraison, beaucoup de déraison.

Ce cadre décrit montre clairement, par exemple, que les Etats-Unis laissent tout le poids – politique, militaire et économique – de la crise ukrainienne au front atlantique, pour la simple raison qu’ils ne veulent pas détourner les ressources de leur front du Pacifique, le plus dur, le plus difficile et le plus coûteux. L’UE et l’OTAN devront par conséquent s’engager dans une course aux armements avec la Russie, comme l’a déjà demandé Donald Trump en tant que président américain.

L’Europe atlantique a accepté ce rôle sans se plaindre, sans en mesurer les coûts, sans informer ses citoyens ni calculer le prix qu’elle paierait dans son rôle de poulailler subalterne. A aucun moment, un gouvernement européen n’a envisagé une telle possibilité. C’est ici qu’il faut mettre fin au mythe d’une OTAN «en état de mort cérébrale».

Au lieu de cela, l’OTAN a continué à se développer. L’Albanie et la Croatie l’ont rejointe en 2009, et le Monténégro en 2017. Seuls le mercenariat et la stupidité ont permis de maintenir cette fiction.

Finalement, le conflit ukrainien a dégénéré précisément à cause du refus de l’OTAN d’accepter une Ukraine neutre. Ils veulent que ce pays fasse partie de l’OTAN, et ils s’en tiennent à cette obsession. De plus, la domination des Etats-Unis s’est déjà manifestée il y a de longues années, lorsque le poulailler a docilement accepté d’enterrer les projets d’armée européenne et de création d’une politique étrangère et de sécurité commune, indépendante des Etats-Unis.

La Russie est-elle seule dans cette guerre?

L’autre mythe du poulailler est la prétendue solitude de la Russie. Il faut être aveugle, stupide ou corrompu pour soutenir un tel sophisme. Tout d’abord, la Russie a le soutien de la Chine et de l’Inde. Ce ne sont pas que des mots, mais ces deux pays ont plus de poids que tout le poulailler réuni.

En dehors de la bulle du poulailler, le monde est mieux informé que les poules, et les réseaux de relations mondiaux sont d’une telle complexité qu’ils sont difficiles à digérer pour des cerveaux atlantiques rouillés.

La Chine a besoin de la Russie pour de nombreuses raisons, à commencer par les questions géostratégiques vitales, la nouvelle route de la soie et les questions énergétiques. L’Inde a besoin de la Russie pour ses querelles et ses jalousies avec la Chine, en plus du fait que 75% de ses armes proviennent de Russie.

La liste pourrait s’allonger, mais ce n’est pas nécessaire. Si l’on prend la peine d’examiner les positions des gouvernements du monde entier, on remarquera que presque aucun ne veut s’en mêler. Ils savent ce que sont les Etats-Unis et ils savent ce qu’est l’OTAN. Ils savent qui sont les responsables de la crise ukrainienne.

Le poulailler se jette dans la bataille contre la Russie comme une armée de trolls du «Seigneur des anneaux», avec une rage pathologique qui laisse libre cours à son éthos destructeur, et c’est bien ainsi. Il faut savoir qui sont les amis et qui sont les ennemis. A Moscou, il ne fera aucun doute, si tant est qu’il y en ait eu un jour, qu’une entente avec les atlantistes n’est pas possible.

Le poulailler des trolls et des marionnettes, avec sa toxicité antirusse, a accéléré la fragmentation du monde en blocs et a également entraîné la mort politique de l’Europe. Ce ne sera plus l’Europe, même si elle en a l’air et continue à être marquée sur les cartes. L’Europe sera essentiellement le front atlantique de l’armée américaine, dans l’attente que les Etats-Unis ordonnent sa destruction.

Les douleurs de l’accouchement d’un nouveau monde

Nous vivons en direct et en pleine déformation la division du monde et la naissance d’un nouveau monde dans lequel le poulailler n’aura aucune importance, puisque les affaires se feront entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis.

Rien ne refermera le fossé creusé, même si les relations se normalisent, ce sera la normalité des enterrements. La péninsule européenne sera plus que jamais une péninsule, car son lien avec l’Asie est – était – la Russie. Sans la Russie, il ne lui restera plus que l’Atlantique.

Autre avantage pour la Russie et la Chine: le poulailler atlantique a révélé sa stratégie. Elle est tellement similaire à celle qui avait été appliquée en Allemagne en 1918 qu’il est temps de calculer ce que coûterait un bunker. La seule différence est que la Russie n’est pas l’Allemagne. C’est tout le contraire: la Russie a tout, de l’énergie illimitée aux ressources agricoles inépuisables.

Et des armes nucléaires. Poutine a ordonné de les mettre en état d’alerte pour le rappeler aux occupants prétentieux du poulailler. Ceux qui, dans quelques années, comme les Ukrainiens aujourd’hui, serviront de chair à canon pour la plus grande gloire d’un empire qui, dans ces mêmes quelques années, cessera d’être un empire. Et quand ce sera fini, la Russie sera toujours là, et le temps viendra de rendre des comptes.

Colère et compassion pour le peuple ukrainien, utilisé comme chair à canon au nom de calculs stratégiques aveugles et absurdes des Etats-Unis. Et les traîtres sont les gouvernements qui les ont mis dans la situation tragique d’aujourd’hui, alors que leur premier devoir aurait été d’assurer leur bien-être et leur tranquillité.

Des milliers d’Ukrainiens se battent sans le savoir dans une guerre qui n’est pas la leur, provoquée par un pouvoir qui n’a pas hésité à les laisser seuls. Dans le poulailler, on devrait en prendre note, mais quelle illusion: les poules ne pensent pas. Notez donc cela une fois pour toutes.

La Russie ne quittera pas l’Ukraine tant qu’elle ne se déclarera pas pays neutre. Le gouvernement ukrainien a accepté de négocier avec la Russie. Ce n’est pas une idée intelligente, mais inévitable. Que cela prenne plus ou moins de temps, s’il n’y a pas d’accord, les chars russes arriveront sur le Maïdan.

Le pyromane dans le poulailler

Nous terminons cet article, qui s’est avéré plus long que prévu, par les commentaires suivants:

«Les Etats-Unis parlent souvent d’humanité, de justice et de morale, mais en réalité, il s’agit d’intérêts. L’égoïsme stratégique et l’hypocrisie de Washington se sont toujours manifestés ouvertement dans la pratique de sa politique internationale. Selon les rapports, au moins 37 millions de personnes ont été déplacées en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, aux Philippines, en Libye et en Syrie en conséquence directe des guerres menées par les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.»

«Si un pays, aussi puissant soit-il, ne poursuit que ses propres intérêts, attise les flammes partout et exporte constamment le chaos vers d’autres pays, il est inévitable que sa crédibilité s’effondre et que son hégémonie touche à sa fin.»

«Pour les pays et les régions qui ont encore des fantasmes ou qui agissent comme des larbins des Etats-Unis, la crise ukrainienne est un bon rappel: il ne faut pas faire confiance à un ‹partenaire› qui n’annonce de ‹bonnes nouvelles› que lorsque tu es en difficulté.»

Ces propos sont tirés d’un éditorial du «Global Times» du Parti communiste chinois. Ne négligez pas cet aspect. Ne pas oublier non plus que la crise en Ukraine laisse un message: un accord pacifique avec les Etats-Unis et leur poulailler n’est pas envisageable. Par conséquent, la seule façon de contrer les prétentions hégémoniques des Etats-Unis est la guerre.

La Chine a son équivalent ukrainien. Il s’appelle Taïwan, l’énorme porte-avions américain basé à terre à seulement 230 kilomètres de la Chine continentale. S’il est imprudent de toucher la patte de l’ours, il est suicidaire de le faire en même temps pour le dragon et l’ours.

Mais cela va encore plus loin. La malveillance atlantiste a encouragé l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe à réclamer une coopération nucléaire du Japon avec les Etats-Unis, en faisant référence à la crise ukrainienne. Le «Global Times» a immédiatement réagi dans un éditorial:

«Les Etats-Unis sont conscients du mouvement de droite au Japon, mais considèrent ce pays comme le principal levier pour contenir la Chine en Asie de l’Est. Utiliser le Japon à cette fin devient donc de plus en plus une priorité pour Washington. Cela permet aux politiciens de droite japonais de voir une opportunité et d’en profiter pleinement pour se défaire des liens stratégiques qui les ont liés depuis près de 80 ans. La capacité nucléaire est probablement leur objectif final à cet égard.» Game over!

L’absence de tête des poulets rôtis

Percevez-vous ce clin d’œil ou restez-vous bêtement immergés dans le nuage toxique de l’«information»? Les Etats-Unis veulent que le Japon soit à la Chine ce que l’Allemagne sera désormais à la Russie, et nous savons comment ces pays ont fini la Seconde Guerre mondiale.

En bref, nous parlons de géopolitique pure et dure et d’un jeu plus grand que ce que les gens imaginent.

Les poules n’y jouent pas. Elles se sacrifient pour faire de la soupe ou cette recette de gringo infesté de cholestérol qu’est le «Fried Chicken» [poulet frit]. Bienvenue à l’aube de la première grande guerre du XXIe siècle. Laissez-vous tenter par le poulet.

Augusto Zamora Rodrígue

* Augusto Zamora Rodríguez a été professeur de droit international et de relations internationales à l’Universidad Autónoma de Madrid, ainsi que chargé de cours à l’Univer￾sité nationale autonome du Nicaragua et professeur invité dans plusieurs universités d’Europe et d’Amérique latine. Zamora a été ambassadeur du Nicaragua en Espagne. De 1979 à 1990, il a été directeur juridique du ministère des Affaires étrangères et chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères. Il a fait partie de l’équipe nicaraguayenne de négociation dans les processus de paix de Contadora et d’Esquipulas, du début jusqu’à la défaite électorale du sandinisme; il a représenté le Nicaragua dans le procès intenté contre les Etats-Unis devant la Cour internationale de justice au sujet de la guerre des Contras et a participé à de nombreuses missions diplomatiques. Augusto Zamora Rodríguez est l’auteur de «Política y geopolítica para rebeldes, irreverentes y escépticos» (3e édition, 2018); «Réquiem polifónico por Occidente» (2018) et «Malditos libertadores» (2e édition, 2020).

Source: Schweizer-standpunkt.ch(Le texte original en espagnol a été traduit en allemand par Olga Espín. Traduction française «Point de vue Suisse»)

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OTAN

Dans UKRAINE

ARMES ET MUNITIONS EN PROVENANCE DES PAYS DE L'OTAN AFFLUENT VERS L'UKRAINE...ET LA RUSSIE DETRUIT LES ENTREPOTS

Par Le 08/05/2022

Les armes et munitions affluent vers l’Ukraine des pays de l’OTAN.. et la Russie détruit les entrepôts

 Depuis 19 heures  7 mai 2022

armements_otan

 Amérique et Europe - Spécial notre site - Ukraine

 

Rédaction du site

Munitions, armes et équipements lourds, soviétiques, américains et européens , affluent toujours en Ukraine, en provenance des pays de l’OTAN, alors que la Russie déclare tous les jours avoir détruit leurs entrepôts une fois arrivés sur le sol ukrainien.

Le vendredi 6 mai, les États-Unis ont annoncé une nouvelle aide militaire de 150 millions de dollars à l’Ukraine, composée de munitions d’artillerie et de radars: elle comprend notamment 25 000 obus de 155 mm, des radars de contrebatterie pour repérer les tirs d’artillerie russes et des appareils de brouillage des communications.

Les États-Unis avaient indiqué avoir transféré 80% de leurs obusiers M77 de fabrication américaine à l’Ukraine, en plus de transférer un certain nombre de radars.

Selon un responsable du Pentagone, Washington « a fourni plus de 5.000 avions Gloucester Javelin, spécialement conçus pour l’Ukraine, depuis le début des opérations dans le pays », ajoutant que « les États-Unis ont également formé plus de 170 soldats ukrainiens dans plus d’un endroit ».

Entrainement sur les Howitzer

Le vendredi 6 mai, le porte-parole du Pentagone a indiqué que son pays a achevé la formation de 200 soldats ukrainiens sur l’utilisation des obusiers Howitzer 155mm tandis que 150 autres poursuivent leur formation.

Ce canon de fabrication britannique de 10 mètres de longueur et de 5 tonnes de poids et d’une portée de 30 km nécessite 9 à 10 hommes pour son actionnement. Selon les Américains, son entrée en action dans la guerre permettra d’imposer une zone de contrôle des tirs sur un lopin de terre, surtout dans les zones steppiques du Donbass, pour pallier au manque de couverture aérienne lors des combats avec les Russes.

Pressions sur la Grèce

En même temps, les Américains font pression sur leurs alliés européens afin qu’ils approvisionnent l’armée ukrainienne à partir des stocks de leurs propres armées.

Selon le média grec Defence-point.gr, Athènes s’est vu sommée de renoncer aux missiles S-300 qu’elle avait achetés à la Russie, en faveur de l’Ukraine.

Mais selon le média grec, Athènes a refusé la demande américaine au motif qu’elle est le seul pays qui fait face au danger turc. Elle aurait fait part aux Américains qu’elle a déjà envoyé une aide militaire à Kiev dans les limites de ses capacités et qu’elle ne compte pas en envoyer davantage, pour ne pas affaiblir son arsenal militaire.

Le mois passé, c’est la Slovaquie qui avait livré ses S-300 à l’Ukraine en échange de trois batteries américaines Patriot qui lui ont été livrées par l’Allemagne et la Hollande.
Ce mois-ci, les Etats-Unis avaient obligé l’Allemagne à puiser dans les stocks de son armée pour envoyer des blindés de type « Guepard », spécialisés dans la défense antiaérienne, sachant que Berlin avait déclaré auparavant avoir atteint les limites de ses stocks. Les Allemands ont dû aussi livrer des chars à la Slovénie afin que ce pays d’ex-Yougoslavie puisse transférer ses propres blindés de fabrication soviétique à l’Ukraine.

La France a d’ores et déjà annoncé qu’elle envoyait des canons Caesar d’une portée de 40 kilomètres et le Royaume Uni a donné des missiles anti-aériens Starstreak et des blindés.

Encore des entrepôts détruits selon Moscou

Pour sa part, Moscou  a déclaré à plusieurs reprises bombarder les cargaisons d’armements envoyés aux Ukrainiens par les Occidentaux.

Ce samedi 7 avril, le ministère russe de la Défense a déclaré avoir détruit d’importantes quantités d’armements et d’équipements militaires américains et occidentaux dans la province de Kharkov (Kharkiv) via des frappes précises perpétrées par des Iskander.

Selon Igor Konashenkov, ces missiles de haute précision ont frappé l’entourage des deux gares Krasnograd et Karlovka. Ils ont aussi éliminé d’après lui des éléments de la 58eme brigade d’infanterie mécanisée de l’armée ukrainienne.

Le général russe avait rendu compte le vendredi 6 mai de la destruction d’un énorme entrepôt de munitions, à Kramatorsk au nord de la ville de Donetsk, ainsi que de plusieurs systèmes Tochka à Zarapojia et de 10 points d’attroupements de militaires.

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Source: Divers

https://french.almanar.com.lb/2322377

   

Dans UKRAINE

POURQUOI PERSONNE NE VEUT LA PAIX EN UKRAINE

Par Le 08/05/2022

Pourquoi personne ne veut la paix en Ukraine

 

06 Mai 2022

  

Les États-Unis affichent haut et fort leur soutien aux Ukrainiens et précisent au passage qu’ils veulent affaiblir comme jamais la Russie. Sous la pression des extrémistes nationalistes, Zelensky pourrait difficilement discuter quoi que ce soit avec le « boucher du Kremlin ». De son côté, Poutine voit sa cote de popularité grimper en flèche en Russie. On l’aura compris, une issue pacifique au conflit s’éloigne de jour en jour alors que les armes pleuvent. La guerre d’Ukraine sera-t-elle un jour étudiée par les futurs diplomates comme l’exemple typique de ce qu’il ne faut pas faire? (IGA)

 

On le devinait depuis le début du conflit mais c’est désormais avéré, la paix n’aura pas lieu en Ukraine avant longtemps. Au lendemain de leur voyage confidentiel à Kiev le 24 avril, le Secrétaire à la Défense et le Secrétaire d’Etat américains ont annoncé la couleur à leur retour en Pologne : ils veulent « voir la Russie si affaiblie qu’elle ne pourra plus faire des choses telles qu’une invasion de l’Ukraine. » Un porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain a renchéri : nous voulons transformer « cette invasion en échec stratégique pour la Russie » et en « victoire pour l’Ukraine ».[i]

Joignant la parole aux actes, ils ont immédiatement annoncé un supplément de 700 millions de dollars de livraisons d’armes à l’Ukraine, portant l’effort de guerre américain à 3,7 milliards de dollars depuis le 24 février, auxquels il convient de rajouter les 4,6 accordés en 2021 et les milliards d’euros d’armements livrées ou promis par les Européens.[ii] Quatre jours plus tard, Joe Biden enclenchait une escalade inédite dans l’histoire des investissements militaires américains en déposant une demande au Congrès de 33 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine, dont 20 milliards pour des armements offensifs, tandis que Nancy Pelosi se rendait secrètement à Kiev dimanche pour déclarer sa flamme au président Zelenski.  La folie guerrière que l’on avait reprochée à Poutine en février semble s’être désormais emparée de l’Occident, rendant toute perspective de paix, et même de simple cessez-le-feu, hautement improbable, et faisant de ce conflit de loin le plus dangereux depuis 1945. L’Ouest et l’OTAN paraissent décidés à se battre jusqu’au dernier Ukrainien, et si possible, jusqu’au dernier Russe.

Les deux camps sont désormais murés dans leurs certitudes jusqu’au-boutistes : en dégainant la première, la Russie a indirectement donné raison aux Etats-Unis qui dénonçaient le bellicisme de Poutine. Mais en transformant ce qui était un conflit de voisinage et un problème régional de sécurité en guerre globale d’anéantissement de l’ennemi russe, les Etats-Unis sont en train de donner raison à Poutine qui voyait dans l’attitude hostile de l’OTAN et des Etats-Unis depuis les années 2000 une menace mortelle pour l’existence de son pays.

A partir de là, on ne voit pas très bien comment une paix, même précaire, pourrait advenir.

De ce point de vue, l’affaire des présumés crimes de guerre de Boutcha aura constitué un tournant décisif, en rendant toute conciliation entre l’Ukraine et la Russie impossible et les négociations entre les deux parties vaines. Ce n’est donc pas un hasard si, depuis un mois, sur le plan militaire, les opérations ont changé de nature en se transformant en guerre d’usure et de grignotages territoriaux, et non plus en guerre de mouvement pour reprendre le langage de 14-18, la Russie revendiquant désormais la « libération » de l’est et du sud ukrainiens.

Mais examinons d’abord les caractéristiques de cette confrontation armée inédite entre les deux grandes superpuissances nucléaires. Dès fin février, il est apparu évident que les opérations militaires dépassaient largement le cadre de l’Ukraine et que l’OTAN était massivement mobilisée tant en matière de fournitures d’armes et d’entrainement que de commandement des troupes, de renseignements, de surveillance radar et satellitaire, de cyberguerre, de propagande et d’information et de sanctions économiques. Comme l’a révélé Radio Canada, cela fait même des années que des instructeurs canadiens sont présents en Ukraine, formant même des extrémistes des bataillons Azov en dépit d’une loi nationale qui le leur interdisait. [iii]Voir aussi le témoignage du reporter français Régis Le Sommier qui s’est retrouvé pris en charge par un officier américain alors qu’il accompagnait des volontaires partis au front.[iv]

De fait, de nombreux pays de l’OTAN sont activement engagés contre la Russie dans tous les domaines. On peut donc bien parler d’une « guerre hors limite » (cf. le podcast d’Anti-Thèses avec Gabriel Galice) ou mieux, d’une guerre illimitée. En proclamant qu’il s’agissait désormais de « battre la Russie », les Etats-Unis ont encore fait monter la tension d’un cran.

Elle est illimitée dans le temps – elle est faite pour durer le plus longtemps et avec la plus haute intensité possible, la seule limite étant le seuil nucléaire. Elle se distingue donc des guerres d’Afghanistan contre les Soviétiques et de Syrie entre 2015 et 2018 par un degré plus élevé d’agressivité, tout en n’étant pas totale, puisque le niveau nucléaire n’est pas (encore) engagé. Elle est aussi illimitée dans l’espace dans la mesure où le conflit dépasse les seules limites territoriales de l’Ukraine et cherche à déstabiliser – voire à démanteler la Russie et à renverser son gouvernement – la Russie et son voisinage proche, de la Finlande à l’Asie centrale, tout en l’isolant du reste du monde par des trains continus de sanctions économiques et des pressions énormes contre les Etats qui refusent de se joindre à cette curée. Et enfin elle est illimitée dans son spectre d’activités puisqu’elle se déploie dans tous les domaines de l’activité humaine, militaire, cognitives, culturelle, économique, politique, informationnelle, spatiale, scientifique, etc.

Ce sont donc bien deux mondes qui s’affrontent dans une lutte sans merci : l’un qui prétend se battre pour préserver ses « valeurs démocratiques, libérales et progressistes », et l’autre qui se bat pour préserver son droit à exister de façon différente et pour qui ces valeurs ne sont qu’un manteau d’hypocrisie destiné à masquer une irrépressible ambition d’hégémonie mondiale. Le choc oppose, grosso modo, les 37 pays qui forment l’Occident aux 150 pays qui doutent, hésitent ou s’y opposent, et qui l’ont exprimé en refusant de prendre des sanctions économiques contre la Russie.

A ces obstacles géopolitiques et civilisationnels, un facteur circonstanciel empêche la paix : les élections de mi-mandat qui doivent avoir lieu cet automne aux Etats-Unis. On en parle très peu en Europe. A tort, car il pèse très lourd. Avec un président Biden peu populaire et qui passe pour sénile, les Démocrates misent sur une escalade du conflit pour mobiliser leurs troupes et surtout pour contrer leurs adversaires républicains. C’est d’autant plus facile que les Etats-Unis peuvent mener la guerre par procuration, que la vie de leurs soldats est épargnée, que les sanctions économiques n’affectent que leurs alliés européens et que la haine des Démocrates contre la Russie depuis l’élection manquée d’Hillary Clinton en 2016 ne demande qu’à s’épancher. Malgré le résultat négatif des enquêtes menées par les deux procureurs spéciaux nommés pour investiguer le Russiagate, ils persistent à affirmer que la Russie a tronqué les élections de 2016. [v]A Washington, la paix est tout sauf souhaitée, du moins jusqu’à la fin novembre.

Le troisième obstacle à la paix est encore plus décisif, tout en restant tabou en Europe : ce sont les conséquences de l’affaire de Boutcha. Pour l’Occident la messe est dite : c’est un massacre, un crime de guerre, un crime contre l’humanité, un génocide même, commis par les soldats russes. Or le déroulement des faits pose nombre de questions sans réponse : pourquoi le maire de la ville n’a pas parlé de ces massacres lors de sa première intervention le 30 mars ? Pourquoi a-t-il fallu attendre trois jours, dont deux pendant lesquels les milices d’Azov et de Safari ont « nettoyé la ville des saboteurs et des complices des Russes », pour voir apparaitre les premières photos de massacre ? Pourquoi les images satellites dudit massacre proviennent-elles exclusivement d’une société américaine travaillant pour le Pentagone ? Comment se fait-il que la totalité des victimes civiles de Boutcha ait été attribuée aux « exactions » russes alors que la ville, occupée par les Russes, a subi des bombardements très intenses de l’armée ukrainienne pendant quatre semaines ? On peut multiplier les interrogations et seul l’avenir dira ce qu’il en a vraiment été.[vi]

Ce qui ne souffre aucune contestation en revanche, c’est l’exposition médiatique des cadavres, dont les photos ont inondé les médias occidentaux pendant des jours et donné lieu aux pèlerinages macabres de tout ce que l’Occident compte de politiciens et de journalistes. Ces hordes de journalistes soigneusement filtrés, encadrés et conduits en bus sur la « scène de crime » pour la filmer n’inspirent rien de bon. Elles transpirent la mise en scène. On les a trop souvent vues, et pour ma part vécues, à Sarajevo ou ailleurs, pour croire tout à fait à leur innocente spontanéité. De même qu’on doit prendre les témoignages recueillis par les micros avec des pincettes, sachant que les habitants vivent dans la terreur des bataillons Azov et des divers escadrons de la mort ukrainiens qui ont récemment liquidé des maires et des négociateurs jugés trop conciliants avec les Russes, mitraillé des soldats russes prisonniers, décapité un soldat russe avec une faucille, etc. Toutes images qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux mais dont on n’a très peu parlé dans nos journaux.[vii]

Dans tous les cas, l’effet Boutcha aura été dévastateur pour la paix. On oublie que la médiatisation du massacre a eu lieu après une avancée des négociations en Turquie, au terme desquelles les Russes avaient annoncé le retrait de leurs troupes du nord de l’Ukraine. Résultat : les Russes ont perdu toute confiance dans la partie ukrainienne et dans le processus de négociation. Ils savent désormais, tout comme les Ukrainiens de l’Est, que s’ils cèdent un pouce du terrain conquis, il sera procédé au même déferlement médiatique et qu’on assimilera la totalité des victimes à des « crimes de guerre » odieux. Quant aux Ukrainiens de l’Est et du Sud, ils ont aussi compris la leçon : ils seront impitoyablement massacrés par les troupes d’Azov, kidnappés ou torturés par le SBU si les Russes les abandonnent, à la manière du blogueur américano-chilien Gonzalo Lira à Kharkov.[viii]

De même, la diffusion en boucle de ces images a fait bouillir la haine de la Russie et exacerbé la russophobie chez les Ukrainiens de l’Ouest comme dans les opinions publiques occidentales. Désormais, sur l’ensemble du continent européen à l’ouest du Dniepr, on assiste à une surenchère politique et médiatique pour réclamer plus d’armes, plus de sanctions, plus d’argent pour l’Ukraine et s’opposer à toute tentative sérieuse de dialogue avec la Russie, tandis que les partisans de la paix sont décrits comme des traitres ou des amis du « criminel » Poutine.

Même pour Zelenski, la négociation est devenue impossible, car il serait aussitôt accusé de pactiser avec le « boucher du Kremlin » par les nationalistes extrémistes de son camp. Sa survie politique, et même physique, serait en jeu. Il est d’ailleurs frappant de constater à quel point le rédime ukrainien s’est radicalisé ces dernières semaines avec la surveillance et l’expulsion des journalistes non conformes, mais surtout la dissolution et l’interdiction des partis d’opposition (les partis du bloc de gauche et jugés pro-russes, dont le leader du principal d’entre eux, Viktor Medvedchuk, a été enlevé, mis au secret et proposé d’être libéré en échange de prisonniers russes.[ix] On rappellera que les chaines de télévision et les médias considérés comme « hostiles » avaient déjà été fermés. Cette dérive vers l’autoritarisme affecte donc aussi l’Ukraine.

Côté russe, le climat n’est pas meilleur. Les attaques contre la culture russe, l’annulation des pièces de théâtres, cours universitaires et autres concerts de musique classique ont été considérées comme des actes de barbarie indignes de l’Occident. On a aussi mal supporté le déboulonnage des statues et des monuments aux héros russes et soviétiques tombés pour libérer l’Europe du nazisme au prix de 26 millions de morts. Les livraisons massives d’armes, les trains continus de sanctions, les accusations sans preuves de crimes de guerre, les exactions commises par les nationalistes ukrainiens contre les soldats russes et les civils du Donbass, l’interdiction des médias russes, la fermeture et le retrait des entreprises occidentales de Russie, le boycott d’Aeroflot et le gel des 300 milliards d’avoirs russes ont achevé de remonter l’opinion publique contre l’Occident.

Résultat : la cote de popularité de Poutine n’a jamais été aussi forte, avec 83% d’avis favorables. Ce n’est donc pas demain que les Russes renverseront leur président, comme le souhaiteraient les Européens, et mettront fin à une « libération » de l’Ukraine qu’ils estiment de plus en plus justifiée. Sans compter qu’une partie non négligeable de la population russe ne voit pas d’un mauvais œil le gel des avoirs des oligarques et leur séjour forcé à domicile : c’est autant d’argent qui restera à la maison… D’autres ont aussi salué les sanctions occidentales comme un cadeau inespéré car cela l’obligera à se réindustrialiser et à investir dans ses propres productions plutôt que de tout importer.

On ne voit donc pas comment la paix pourrait être rétablie dans un tel climat d’hystérie. On se demande même si l’Occident, qui ne semble plus que parler le langage des armes, n’est pas saisi d’une sorte de folie suicidaire. Dans ces conditions, on peut au mieux espérer un cessez-le-feu et un conflit plus ou moins gelé avec une Ukraine coupée en deux. Mais même de cela on est encore loin ! Dans les semaines et les mois qui viennent, avec les livraisons d’armes en cours, les espoirs de victoire proclamés par la coalition occidentale, la résilience d’une économie russe loin de s’effondrer, le soutien confirmé de la Chine et de l’Inde, il faut plutôt s’attendre à une escalade des combats, des tensions internationales… et des propagandes qui les accompagnent !

 

Source: Arrêt sur Info

 

Notes:

[i] CNNhttps://amp.cnn.com/cnn/2022/04/25/

[ii] Département-de-la-Défense-américain: https://www.state.gov

[iii] Radio Canada: https://ici.radio-canada.ca

[iv] CNews : https://www.dailymotion.com/video/x8a23ub)

[v] Wall Street Journal : WSJwsj.com

[vi] Consortium News: Consortiumnews.com/2022/04/04

[vii].Consortium News: Consortiumnews.com/2022/04/20/

[viii] Libération: Liberation.fr

[ix] Business Insider: Businessinsider.com

https://www.investigaction.net/fr/pourquoi-personne-ne-veut-la-paix-en-ukraine/

Dans UKRAINE

MARIOUPOL : BRANDISSANT DES DRAPEAUX BLANCS, L'ARMEE UKRAINIENNE QUITTE EN MASSE AZOVSTAL

Par Le 07/05/2022

L'armée ukrainienne se rend à Marioupol

Saturday, 07 May 2022 6:12 PM  [ Last Update: Saturday, 07 May 2022 6:12 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Des militaires ukrainiens encerclés dans l'usine métallurgique d'AzovStal se rendent massivement à l'armée russe. ©Avia.pro

L'armée ukrainienne quitte en masse AzovStal avec des drapeaux blancs.

L'armée ukrainienne, occupant le territoire de l'usine métallurgique d'AzovStal, a commencé à capituler en masse. C'est la preuve de la démoralisation complète de l'armée ukrainienne, qui est bien consciente qu'une résistance supplémentaire peut avoir de tristes conséquences pour elle, car il n'y a aucune chance de sortir de l'entreprise métallurgique encerclée.

Ukraine: Sa Majesté perd ses soldats!

Ukraine: Sa Majesté perd ses soldats!

"Un groupe ennemi avec un drapeau blanc est entré sur la route menant du pont, où les civils évacués ont été reçus, profondément dans AzovStal", l'armée russe s'est avancée pour les rencontrer. Le premier contact pendant tout le blocus de Marioupol"- a déclaré le commandant du bataillon "Vostok" Alexander Khodakovsky.

J+68 de Guerre en Ukraine: le gagnant?

J+68 de Guerre en Ukraine: le gagnant?

La Russie est en pole position, les USA à la traîne

La partie ukrainienne n'a pas encore commenté ces données, cependant, selon les informations dont dispose l'agence de presse Avia.Pro, on peut parler de négociations concernant le retrait des militaires ukrainiens grièvement blessés d'AzovStal, 

Lire aussi : La Russie mène des exercices nucléaires

Plus tôt, il a été signalé que dans les prochains jours d'AzovStal, ils pourraient commencer à retirer les militaires ukrainiens blessés pour leur fournir une aide d'urgence, cependant, ces données n'ont reçu aucun commentaire officiel.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/07/681686/AzovStal--l-Otan-capitule

Dans UKRAINE

GENERAL JACQUES GUILLEMAIN : VOYAGE EN NOVOROSSIA LIBEREE. PLACE A LA VERITE.

Par Le 06/05/2022

Voyage en Novorossia libérée. Place à la vérité.

Par Général Jacques Guillemain

Mondialisation.ca, 05 mai 2022

ripostelaique.com

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Analyses: 

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Tout d’abord, je vous transmets un lien de notre ami Boris Karpov, qui nous rappelle que le 2 mai est la date anniversaire d’une terrible tragédie survenue à Odessa en 2014, quand 40 citoyens prorusses ont été enfermés dans un bâtiment et brûlés vifs.

https://t.me/boriskarpovblog/876

Nul doute que les barbares qui ont fait ça seront un jour punis par les autorités russes quand elle auront repris Odessa. De quel côté sont les atrocités ? Pas un seul média depuis le 24 février, n’a rappelé cette tragédie ni expliqué les vraies raisons du conflit.

Je lis encore quelques titres ahurissants sur la situation en Ukraine :

« Après l’échec de Poutine en Ukraine… »

« Armer l’Ukraine pour reconquérir le Donbass et la Crimée… »

Tous ces illuminés, à des années lumière de la situation militaire sur le terrain, véhiculent leur petite fable, promettant que l’Ukraine, soutenue par l’Otan, va étriller l’armée russe.

Même la teigneuse Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants et ennemie jurée de Trump, de passage à Kiev, a osé déclarer : « Ne vous laissez pas intimider par les petites frappes ».

Elle aussi s’imagine que Poutine bluffe et qu’il n’osera pas engager le feu nucléaire en ultime recours. Mais Poutine ne bluffe pas et la CIA le sait très bien.

Le fait d’équiper l’Ukraine avec des armes offensives et d’intensifier la guerre, est une escalade dangereuse, qui ne peut que mener à l’affrontement direct USA-Russie, avec des conséquences tragiques que le mon entier regrettera. 

Que les médias sous contrôle nous livrent de telles niaiseries n’étonnera personne, mais que des lumières étoilées estiment que l’Ukraine peut encore l’emporter, est tout simplement sidérant.

Il serait temps de comprendre que cette guerre entretenue par Washington, n’a rien de vital pour les Américains, mais représente un enjeu existentiel pour Moscou. Poutine ne peut donc pas perdre cette guerre. Personne ne reprendra le Donbass ni la Crimée.

Biden se fout royalement de Zelensky et de l’Ukraine, alors que pour Poutine, une entrée de Kiev dans l’Otan, c’est un remake de la crise de Cuba de 1962, mais à l’envers.

Biden fait sa petite guerre par procuration jusqu’au dernier soldat ukrainien pour affaiblir la Russie, tandis que Poutine assure la sécurité son peuple et protège les intérêts vitaux de la nation. Les enjeux ne sont donc pas comparables.

A partir de là, il faut être bien naïf pour croire que les Russes vont faiblir et lâcher prise.

Mais revenons à notre périple en Novorossia.

Contrairement au discours mensonger des Occidentaux, Poutine a gagné la première manche, à savoir assurer comme prévu, la continuité territoriale entre le Donbass et la Crimée.

Ce corridor hautement symbolique, est aussi un enjeu stratégique majeur, puisque Moscou a pris le contrôle de la mer d’Azov, avant de pousser jusqu’à Odessa et de prendre le contrôle de la Mer Noire.

C’est donc pour célébrer ce succès que les forces russes et séparatistes ont invité quelques journalistes, dont l’envoyé spécial du Figaro, mon quotidien préféré depuis des décennies, à parcourir un trajet de 600 kilomètres depuis Rostov ( au sud la Russie et proche de la frontière du Donetsk ) jusqu’à Simferopol en Crimée.

Traversée de villages paisibles qui n’ont pas connu la guerre, jusqu’à Marioupol, où les combats ont cessé depuis deux semaines et se limitent aujourd’hui à un bombardement de l’usine Avostal, le bastion nationaliste où sont réfugiés les unités Azov, les mercenaires étrangers et quelques civils, qui commencent à être libérés.

Il n’y a plus de cadavres ni d’ordures dans les rues depuis la fin des opérations. Le chef de la DNR, la république de Donetsk, a déclaré : « Marioupol nous appartient désormais ».

Un chef de l’administration a  été nommé et peu à peu la remise en état des services sociaux va s’opérer dans un univers passablement dévasté, théâtre de violents combats urbains. L’eau et l’électricité manquent encore, mais les convois humanitaires sont présents.

Les camions débarquent leurs cartons marqués « Z ». La monnaie ukrainienne va disparaitre au profit du rouble, comme à Kherson. Toutes les zones contrôlées par les Russes vont passer au rouble.

Il n’est pas toujours facile de démêler le vrai du faux dans les divers témoignages, mais il est clair que les efforts humanitaires des autorités prorusses ont conquis les populations :

« L’armée ukrainienne, lorsqu’elle était là, ne nous apportait aucune aide, assure une femme. Seule la DNR et la Russie nous ont aidés. Même les simples soldats, en donnant leur rations, du chocolat ou du pain. »

Le port de Marioupol a été repris le 21 avril, mais « le bataillon Azov a tout miné, le bassin et le port ». Il y aurait 10 000 mines dans toute la ville, ainsi que des mines flottantes posées par les nationalistes. Un travail de Titan pour déminer et sécuriser la zone.

A Berdiansk, en revanche, c’est le paradis. Cette station balnéaire n’a pas opposé de résistance à l’avancée des forces prorusses, ce qui lui vaut le privilège d’être encore debout. Dès le 28 février, soit quatre jours après le début de l’offensive, la ville était aux mains des troupes séparatistes.

« Pourquoi n’avons-nous pas connu le sort de Marioupol ? Parce que ici, il n’y avait pas de bataillon Azov », déclare une habitante.

Le 21 mars, une administration civilo-militaire a remplacé l’ancien maire, taxé de boycott et de sabotage. Les nouvelles autorités célèbrent leurs premiers mariages. Valentina et Nikolaï, Tatiana et Dimitri, Ekaterina et Sergueï se disent « oui ». L’hymne russe ( un des plus beaux que je connaisse ) est de la fête.

Rappelons que cette guerre, qui n’aurait jamais dû s’éterniser sans l’acharnement criminel de Biden et de Zelensky, est un déchirement pour de nombreux couples mixtes russo-ukrainiens.

La centrale nucléaire de Zaporijjia fait partie du circuit. C’est la plus grande d’Europe et la sixième du monde. Les Russes en ont pris le contrôle à la mi-mars. Elle fonctionne en toute sécurité avec les personnels ukrainiens et sous le contrôle de Rosatom, l’agence fédérale russe de l’énergie nucléaire.

On est loin des délires de Zelensky et de la presse occidentale, qui braillaient à tout va que l’armée russe bombardait volontairement  la centrale. Cette guerre n’est qu’une suite de fake news ukrainiennes et américaines pour diaboliser Poutine.

Si vous voulez connaitre un échantillon de toutes les saloperies dont les Américains et la CIA sont capables, lisez ça !

Le périple s’achève en Crimée, territoire russe cédé imprudemment à l’Ukraine par Khrouchtchev, et récupéré en 2014 par Poutine. Après l’ignoble dépeçage de la Serbie, amputée du Kosovo en 2008, le rattachement de la Crimée à la Russie n’est que le juste retour du boomerang.

Le corridor entre le Donbass et la Crimée est donc bien établi. J’attends pour ma part qu’il soit prolongé jusqu’à Odessa, puis jusqu’à la Transnistrie, autre territoire russophone séparatiste de la Moldavie pro-occidentale.

Et que Zelensky, Biden et leurs valets européens ne se fassent aucune illusion. Si le port de Sébastopol reste ukrainien au regard du droit international, il est russe à 100 % dans les faits et le restera à jamais.

Général Jacques Guillemain

La source originale de cet article est ripostelaique.com

Copyright © Général Jacques Guillemainripostelaique.com, 2022

https://www.mondialisation.ca/voyage-en-novorossia-liberee-place-a-la-verite/5667922

Dans UKRAINE

LES USA ONT FOURNI A L'ARMEE UKRAINIENNE DES RENSEIGNEMENTS SUR LES UNITES RUSSES DONT PLUSIEURS GENERAUX AURAIENT ETE TUES LORS DES COMBATS

Par Le 05/05/2022

La Russie mène des exercices nucléaires

Thursday, 05 May 2022 4:14 PM  [ Last Update: Thursday, 05 May 2022 4:14 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Washington aurait fourni des renseignements permettant à Kiev de cibler des généraux russes © Les Échos

Les États-Unis ont fourni des renseignements sur les unités russes qui ont permis à l’armée ukrainienne de prendre pour cible de nombreux généraux russes qui ont péri lors des combats en Ukraine, a révélé mercredi le New York Times, citant un haut responsable américain.

Washington a fourni à l'Ukraine des détails sur les mouvements des troupes russes prévus à Kiev ainsi que d'autres détails sur les quartiers généraux militaires mobiles. Ayant recoupé les renseignements avec les siens, l’Ukraine a mené des frappes d'artillerie et d'autres attaques qui se sont soldées par la mort des officiers russes, a indiqué le journal.

Les responsables ukrainiens ont affirmé avoir tué environ douze généraux russes sur le champ de bataille, précise le New York Times. Les responsables américains, ajoute le journal, ont refusé de préciser combien de généraux avaient été tués par le biais des renseignements fournis par les États-Unis à l’Ukraine.

Russie/Iran/Ukraine: la pire crainte US?

Russie/Iran/Ukraine: la pire crainte US?

Le porte-parole du Pentagone a déclaré n’avoir rien vu qui indique une aide extérieure à la Russie.

La nouvelle intervient alors que les États-Unis ont formé plus de 23 000 soldats ukrainiens entre 2015 et 2022 dans le cadre d’un programme qui a coûté quelque 126 millions de dollars au Pentagone, a déclaré mercredi le général de brigade américain Joseph Hilbert, révélant les tentatives de longue date de Washington d'étendre son hégémonie dans la région.

D’ailleurs, un haut responsable du Pentagone a fait état de la livraison de 90% des mortiers prévu dans le plan d’aide à l’Ukraine et ce, alors que la Russie a averti à plusieurs reprises qu’elle se réserve le droit de prendre pour cible les expéditions occidentales de matériel militaire vers l'Ukraine.

J+68 de Guerre en Ukraine: le gagnant?

J+68 de Guerre en Ukraine: le gagnant?

La Russie est en pole position, les USA à la traîne

Évoquant le pompage d'armes à l'Ukraine par les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a déclaré que tout transfert d'armes vers l'Ukraine était considéré par la Russie comme une cible légitime à détruire.

Par ailleurs, le président roumain, Klaus Johannes, a annoncé, sans entrer dans les détails, le déploiement prochain d’un bataillon des forces spéciales du Pentagone pour soi-disant assurer la sécurité du pays, selon RT. Le président roumain a ajouté que le déploiement d'un bataillon spécial de troupes américaines pourrait renforcer l'armée roumaine.

1er raid aérien contre la Russie!

1er raid aérien contre la Russie!

Des bombardements dans la région russe de Bryansk frappent des parties du terminal pétrolier, rapportent les agences de presse russes.

La Roumanie, en tant qu'alliée de l'Ukraine, a déclaré que le déploiement de troupes américaines en Roumanie était une manifestation de son engagement envers les politiques de l'OTAN.

Dans une lettre ouverte aux parlementaires du pays, Johannes a prétendu que l'escalade des tensions et la présence militaire de la Russie dans la région avaient déstabilisé la région de la mer Noire. D’où la nécessité de l’aide militaire américaine.

La Roumanie a rejoint l'OTAN en 2004 et a servi dans des missions dirigées par les États-Unis en Irak, en Afghanistan et dans les Balkans. Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, la Roumanie a été l'un des premiers pays à déclarer un soutien militaire à l'Ukraine.

Ukraine : la guerre perdue des USA ...

Ukraine : la guerre perdue des USA ...

Ukraine: Washington cherche à ouvrir de nouveaux fronts et à étendre la guerre contre Moscou

C’est dans ce contexte que Moscou a affirmé mercredi 4 mai que son armée avait simulé des tirs de missiles à capacité nucléaire dans l’enclave russe de Kaliningrad, à la frontière avec l'Union européenne.

Après avoir envoyé des troupes en Ukraine fin février, le président russe Vladimir Poutine a proféré des menaces à peine voilées sur la volonté de la Russie de déployer des armes nucléaires tactiques. Cette annonce intervient au 70e jour de l’intervention russe en Ukraine.

Ukraine: l'Occident en panique!

Ukraine: l'Occident en panique!

Mardi, le président français Emmanuel Macron, son homologue américain Joe Biden ainsi que plusieurs autres dirigeants occidentaux avaient échangé sur la manière de faire face aux derniers développements du conflit ukrainien.

Lors des manœuvres militaires dans l’enclave kalningrad en mer Baltique située entre la Pologne et la Lituanie, deux pays membres de l’UE, la Russie a simulé des « lancements électroniques » de systèmes de missiles balistiques mobiles Iskander à capacité nucléaire, a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Les forces russes ont procédé à des frappes uniques et multiples sur des cibles qui simulaient des lanceurs de systèmes de missiles, des aérodromes, des infrastructures protégées, des équipements militaires et des postes de commandement d’un ennemi fictif, a précisé le communiqué.

Après avoir effectué des tirs électroniques, les militaires ont effectué une manœuvre pour changer de position afin d’éviter une éventuelle frappe en représailles, selon le ministère russe de la Défense, ajoutant que les unités de combat se sont également exercées à des opérations dans des conditions de radiation et de contamination chimique.

La Russie a placé ses forces nucléaires en état d’alerte peu après l’envoi de troupes en Ukraine le 24 février. Vladimir Poutine a mis en garde contre des représailles rapides comme l’éclair en cas d’intervention directe de l’Occident dans le conflit ukrainien.

De son côté, la Maison Blanche a annoncé récemment que les États-Unis étaient d’accord avec la Russie sur le fait qu'il n'y a pas de vainqueur dans une guerre nucléaire.

Ukraine: Marioupol tombe mais...

Ukraine: Marioupol tombe mais...

L’armée russe annonce avoir pris le contrôle entier de la ville ukrainienne de Marioupol.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/05/681563/Ukraine-USA-Russie-Pentagone

 

Dans UKRAINE

NYT : LE RENSEIGNEMENT AMERICAIN COORDONNE L'ACTIVITE DE L'ARMEE UKRAINIENNE

Par Le 05/05/2022

jeudi 5 mai 2022

NYT : Le renseignement américain coordonne l'activité de l'armée ukrainienne

 

A la guerre comme à la guerre, en plus de l'envoi d'armes, le renseignement américain et des pays de l'OTAN coordonnent les actions de l'armée ukrainienne sur le terrain, revendiquant la mort d'officiers russes. Combien de temps va-t-on faire semblant de croire que l'OTAN n'est pas une partie au conflit, qu'elle n'est pas la partie centrale de ce conflit ukrainien ?

Le journal suisse Le Temps exprime, on ne peut plus clairement, les enjeux de ce conflit :

"Officiellement, il est question d’aider l’Ukraine à défendre son territoire. En vérité, il s’agit de battre la Russie. De lui infliger une cuisante défaite, pouvant conduire à un changement de régime à Moscou."

Le renseignement est un élément incontournable de la guerre et ce n'est pas le renseignement ukrainien, tout seul comme un grand, qui peut faire le poids contre le renseignement russe. Puisque l'Ukraine est le champ de bataille choisi par l'OTAN contre la Russie, il est désormais officiellement reconnu que le renseignement américain, occasionnellement aidé par celui des pays de l'OTAN, dirige les opérations militaires menées sur le terrain en Ukraine. Ici aussi, c'est le New York Times qui officialise ce secret de polichinelle.

Selon un officiel américain, les renseignements transmis à l'Ukraine ont conduit à la mort de nombreux militaires russes, notamment un certain nombre de généraux.

"L'aide au ciblage fait partie d'un effort classifié de l'administration Biden pour fournir des renseignements en temps réel sur le champ de bataille à l'Ukraine. Ces renseignements incluent également les mouvements de troupes russes prévus, tirés des récentes évaluations américaines du plan de bataille secret de Moscou, pour les combats dans la région du Donbass, dans l'Est de l'Ukraine, ont déclaré les responsables. Les responsables ont refusé de préciser combien de généraux avaient été tués à la suite de l'aide américaine. Les États-Unis se sont concentrés sur la fourniture de l'emplacement et d'autres détails sur le quartier général mobile de l'armée russe, qui déménage fréquemment. Les responsables ukrainiens ont combiné ces informations géographiques avec leurs propres renseignements – y compris des communications interceptées qui alertent l'armée ukrainienne de la présence d'officiers supérieurs russes – pour mener des frappes d'artillerie et d'autres attaques qui ont tué des officiers russes."

Autrement dit, les Etats-Unis et les pays de l'OTAN sont formellement partie au conflit et ne s'en cachent pas, même s'ils l'affirment sans le dire, et utilisent pour cela tous les moyens en leur possession - ce qui est logique puisqu'il y a bien une guerre et non une quelconque opération :

"L'administration a cherché à garder secrète une grande partie des renseignements sur le champ de bataille, de peur qu'elle ne soit considérée comme une escalade et ne provoque le président russe Vladimir V. Poutine dans une guerre plus large. Les responsables américains ne décriraient pas comment ils ont obtenu des informations sur l'état-major des troupes russes, de peur de mettre en danger leurs méthodes de collecte. Mais tout au long de la guerre, les agences de renseignement américaines ont utilisé diverses sources, y compris des satellites classifiés et commerciaux, pour suivre les mouvements des troupes russes."

L'aide apportée est censée être défensive et n'est pas "prévue pour tuer des généraux russes". Pourtant, les Etats-Unis ne se cachent pas et affirment même haut et fort leur implication :

"De toute évidence, nous voulons que les Russes sachent à un quel niveau nous aidons les Ukrainiens et que nous continuerons à le faire", a déclaré Evelyn Farkas, ancienne haut responsable du ministère de la Défense pour la Russie et l'Ukraine dans l'administration Obama. "Nous leur donnerons tout ce dont ils ont besoin pour gagner, et nous n'avons pas peur de la réaction de Vladimir Poutine à cela. Nous ne nous découragerons pas. "

Nier la réalité ne l'empêche pas d'exister, mais peut permettre de repousser le problème - sans le régler. Pour l'instant, la Russie se refuse à entrer dans le discours de l'implication des pays de l'OTAN comme partie au conflit, car certains en Russie n'ont pas encore perdu l'espoir des négociations et de la reconnaissance de ces étranges "garanties de sécurité", qui devraient lui être octroyée par un "geste de bonne volonté". Le clan atlantiste, lui, a depuis longtemps dépassé ce stade et ne fait pas de "geste de bonne volonté", il mène la guerre. Et pour finir par une citation de l'article cité en début d'article de journal Le Temps, afin d'écarter toute illusion :

"Vladimir Poutine ne comprend qu’un seul langage, celui de la force. Et pour le contraindre à négocier sérieusement, il n’y a pas d’autre moyen que de lui faire subir de très lourdes pertes militaires"

 

 

 

Publié par à 10:14 

http://russiepolitics.blogspot.com/2022/05/nyt-le-renseignement-americain.html#more

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Dans UKRAINE

UKRAINE : DES MERCENAIRES ISRAELIENS COMBATTENT AVEC LE REGIMENT NAZI AZOV, AFFIRME LA RUSSIE

Par Le 04/05/2022

Ukraine : des mercenaires israéliens combattent avec le régiment Azov, affirme Moscou

Ukraine : des mercenaires israéliens combattent avec le régiment Azov, affirme Moscou

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Par AlAhed avec AFP

Des «mercenaires israéliens» combattent en Ukraine aux côtés du régiment Azov extrémiste, fondé par des militants d'extrême droite et qualifié de nazi par Moscou, a affirmé mercredi 4 mai la diplomatie russe.

«Je vais dire quelque chose que les politiciens israéliens ne veulent sans doute pas entendre, mais peut-être que cela les intéressera. En Ukraine, des mercenaires israéliens sont aux côtés des militants d'Azov», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova dans une interview à la radio Spoutnik.

L'un des plus farouches adversaires des forces russes

Fondé en 2014 par des militants d'extrême droite avant d'être intégré dans les forces régulières, le régiment ukrainien Azov s'est imposé comme l'un des plus farouches adversaires des forces russes qui mènent une offensive militaire en Ukraine depuis le 24 février. Ses membres, avec d'autres combattants ukrainiens, ont notamment refusé de déposer les armes dans le port assiégé de Marioupol (sud-est), où les derniers militaires de la ville sont retranchés dans l'usine métallurgique Azovstal contre laquelle les forces de Moscou ont lancé mardi l'assaut.

Les extrémistes d'Azov sont présentés par la Russie comme des «fascistes» et des «nazis» commettant des exactions. En affirmant que des Israéliens combattent à ses côtés, Moscou continue donc d'alimenter une polémique née après que le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé dimanche qu'Adolf Hitler avait du «sang juif», des propos qui ont suscité la colère d'Israéliens.
Mardi soir aussi, le ministère russe des Affaires étrangères déjà accusé "Israël" de «soutenir le régime néonazi de Kiev».
 

https://french.alahednews.com.lb/43984/340

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Dans UKRAINE

LA RUSSIE AFFIRME QUE L'ARMEE RUSSE NE MENE PAS D'ASSAUT CONTRE AZOVSTAL A MARIOUPOL

Par Le 04/05/2022

Le Kremlin affirme que l’armée russe ne mène pas d’assaut contre Azovstal à Marioupol

Le Kremlin affirme que l’armée russe ne mène pas d’assaut contre Azovstal à Marioupol

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Par AlAhed avec AFP

Le Kremlin a démenti mercredi 4 mai que les forces russes avaient lancé un assaut contre l'aciérie d'Azovstal, dernier réduit contrôlé par les forces ukrainiennes dans la ville portuaire de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine.

«L'ordre a été donné (le 21 avril) publiquement par le commandant en chef (Vladimir Poutine) d'annuler tout assaut. Il n'y a pas d'assaut» à l'heure actuelle, a affirmé à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Il a ajouté que les forces de Moscou assiégeaient le site et n'intervenaient que pour «enrayer très rapidement les tentatives» de militaires ukrainiens de rejoindre des «positions de tir». Mardi, les autorités ukrainiennes ont dit que les forces russes menaient un «puissant assaut» sur le territoire d'Azovstal, avec des chars et de l'infanterie.

Le ministère russe de la Défense avait seulement annoncé, lui, des frappes d'avions et d'artillerie pour «détruire des positions de tir» ukrainiennes. La Russie, qui mène depuis le 24 février une opération militaire en Ukraine, contrôle une grande partie de Marioupol. Après des semaines de siège, la ville est en grande partie dévastée. Mais les derniers militaires de la ville résistent dans le vaste réseau de galeries souterraines de l'aciérie d'Azovstal qui sont difficiles à prendre d'assaut ou à détruire par des bombardements.

Vladimir Poutine avait proclamé le 21 avril que la ville de Marioupol avait été conquise, en dépit de la résistance ukrainienne sur le site industriel. À cette occasion, il a également jugé qu'un assaut d'Azovstal serait trop coûteux en vies de soldats russes, ordonnant à la place d'assiéger la zone, «de sorte que pas une mouche ne passe». Les forces ukrainiennes encore sur place ont refusé de se rendre.

https://french.alahednews.com.lb/43986/321

russie ukraine guerre

Dans UKRAINE

L'OTAN ET LA TENTATION D'EXTENSION DU CONFLIT UKRAINIEN

Par Le 04/05/2022

mercredi 4 mai 2022

L'OTAN et la tentation d'extension du conflit ukrainien

 

La rhétorique politico-médiatique servie sur les ondes occidentales rappelle à s'y méprendre l'hystérie organisée avant l'invasion en Irak. La question ne serait pas de savoir si, mais quand Poutine utiliserait, soi-disant, l'arme nucléaire. Ce qui justifierait donc une "action préventive" des forces atlantistes. Parallèlement à la montée en puissance du discours, l'on observe également une intensification de l'activité militaire. Ce dangereux cocktail sert les intérêts de ceux, sur le territoire desquels ce conflit n'aura pas lieu.

Il ne se passe plus un jour, sans que les médias français ne nous parlent du risque d'une guerre nucléaire ... évidemment lancée par la Russie. Quelques illustrations dans le désordre :

 

 

 

 

La manoeuvre est grossière, mais l'époque n'est plus à la finesse. Les populations, qui ne sont pas encore sorties de l'état de choc post-covidien, certaines y étant d'ailleurs encore maintenues, ne doivent pas se poser de questions, elles doivent ressentir un danger imminent et vital - venant de la Russie, contre lequel l'OTAN les protégera. Elles doivent rester au stade de la réaction émotive, dans lequel elles sont confinées depuis plus de deux années.

 

Dans ce contexte, l'approvisionnement à flux constant de l'Ukraine en armes toujours plus lourdes par les pays atlantistes est "légitimé", ou en tout cas se doit de l'être. Seuls les "ennemis" ou les pleutres peuvent encore sourciller. Pour sa part, la Russie rappelle que tout pays fournisseur d'armes devient potentiellement partie au conflit. Si elle commence à cibler les stocks d'armes nouvellement fournies, les mécanismes d'approvisionnement, eux, ne sont pas ciblés et continuent à fonctionner, car s'attaquer directement aux pays fournisseurs est un pas entraînant une extension du conflit, pas qu'elle hésite à faire.

 

Au-delà du discours, sur le terrain la tension continue à monter. L'on voit des tentatives et la tentation à peine cachée d'ouverture de nouveaux fronts. En Transnistrie, la situation se dégrade et de nombreux pays, dont la France, appellent leurs ressortissants à partir immédiatement. Sur le sol russe, les explosions sont devenues quotidiennes, même si heureusement avec peu de conséquences humaines et matérielles, mais elles sont devenues une norme pour les régions frontalières, ce qui ne cadre pas avec le discours de la démilitarisation quasiment obtenue de l'Ukraine. Donetsk est toujours sous le feu, rien n'a changé. D'étranges incendies ont lieu, par exemple dans la station électrique de Sakhaline, près du Japon et des bases américaines, quand le Japon reprend une rhétorique agressive. Des menaces contre Kaliningrad ont été formulées et le front biélorusse, plus compliqué pour l'Occident, n'est pas non plus écarté. Sans oublier la prochaine entrée de la Finlande dans l'OTAN et donc le déploiement de nouvelles bases aux frontières russes.

 

L'OTAN d'ailleurs a déployé l'un des plus grands exercices militaires depuis la fin de la Guerre froide, ce qui justifie le renforcement et de sa présence militaire en Europe, et de l'activité militaire sur le sol européen - puisque ce ne sont que des exercices, avec de véritables militaires et de véritables armes :

"La campagne d’entraînement se décline en diverses opérations dans l’ensemble de l’Est de l’Europe, dont certaines ont déjà débuté. Dès cette semaine, un contingent de soldats britanniques a été déployé en Finlande, où doivent être menés des exercices conjoints alors que la frontière partagée avec la Russie laisse planer la menace d’une agression. Au mois de mai, ce sont 18 000 soldats de l’Otan qui participent à l’exercice Hedgehog («hérisson») à la frontière entre l’Estonie et la Lettonie. En parallèle se déroule l’opération Defender, impliquant les troupes de douze pays partenaires en Pologne, pays frontalier de l’Ukraine en guerre. Enfin, l’exercice Swift Response a également débuté cette semaine, mobilisant 4 500 soldats, dont 2 500 britanniques, en Macédoine du Nord."

Pendant tout le mois de mai, les exercices seront extrêmement intenses en Pologne. Avec un conflit ouvert dans la région, ces "exercices" soulèvent beaucoup de questions, quant à leur réelle finalité. 

De son côté, la Biélorussie annonce une vérification de la réactivité de ses forces armées, dont l'intensité va augmenter par étape, impliquant et l'armée de terre et l'aviation. La date de fin de ces exercices n'est pas précisée, mais ils doivent permettre de vérifier le potentiel de l'armée biélorusse en cas d'agression. 

Les forces autant que les volontés sont en train de se tester et la tentation semble très grande pour certaines forces de faire sortir le conflit de ses frontières actuelles. 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par à 10:14 

https://russiepolitics.blogspot.com/2022/05/lotan-et-la-tentation-dextension-du.html

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REPRESSION, CENSURE, NEOLIBERALISME A LA PINOCHET ... LA FACE CACHEE DE ZELENSKY

Par Le 02/05/2022

Répression, censure, néolibéralisme à la Pinochet… La face cachée de Zelensky

 

02 Mai 2022

  

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le président Volodymyr Zelensky est adulé en Occident, jusqu’à récolter des standing ovations dans tous les parlements où il intervient. Certes, Zelensky dirige un pays confronté à une invasion militaire. De là à en faire le héros d’un combat du Bien contre le Mal… Docteur en philosophie à l’université du Colorado, Olga Baysha, originaire de Kharkov, nous dévoile la face cachée du président ukrainien. Un entretien passionnant sur l’ascension du comédien devenu président de la République, un entretien qui nous en apprend beaucoup également sur la société ukrainienne et les origines du conflit. (IGA)

 

Acteur humoriste ayant accédé à la plus haute fonction du pays en 2019, Volodymyr Zelensky était pratiquement inconnu de l’Américain moyen – sauf peut-être en tant que figurant dans le spectacle de la destitution de Trump. Mais lorsque la Russie a attaqué l’Ukraine le 24 février 2022, Zelensky s’est soudainement transformé en une célébrité de premier plan dans les médias US. Les consommateurs d’informations étasuniens ont été bombardés par les images d’un homme qui semblait dépassé par les événements tragiques, peut-être dépassé par la situation, mais qui finalement paraissait sympathique.  Il n’a pas fallu longtemps pour que cette image évolue vers celle d’un héros infatigable, vêtu de kaki, gouvernant une petite démocratie et repoussant à lui seul les barbares autocrates de l’Est.

Mais au-delà de cette image soigneusement élaborée par les médias occidentaux, il y a quelque chose de beaucoup plus complexe et de moins flatteur. Zelensky a été élu par 73 % des votants en promettant la paix, le reste de son programme était plus vague. Cependant, à la veille de l’invasion, sa cote de popularité avait chuté à 31 % parce qu’il avait poursuivi des politiques profondément impopulaires.

L’universitaire ukrainienne Olga Baysha, auteur de Democracy, Populism, and Neoliberalism in Ukraine : On the Fringes of the Virtual and the Real, a étudié l’ascension de Zelensky et la façon dont il a exercé son pouvoir depuis qu’il est devenu président. Dans l’interview ci-dessous, Baysha commente l’adhésion de Zelensky au néolibéralisme et son autoritarisme croissant. Elle explique comment ses actions ont contribué à la guerre en cours. Elle analyse le leadership contre-productif et égocentrique du président tout au long du conflit. Elle examine les opinions, les identités culturelles et les politiques complexes des Ukrainiens, elle décrypte le partenariat entre néolibéraux et droite radicale pendant et après l’Euro-Maidan et elle se penche sur l’impact d’une prise de contrôle par les Russes du Donbass sur les populations locales. Une manœuvre qui ne serait pas saluée comme elle aurait pu l’être en 2014.

 

Parlez-nous un peu de votre parcours.  D’où venez-vous et comment avez-vous commencé à vous intéresser à votre domaine d’étude actuel ?

Je suis une Ukrainienne de souche, née à Kharkov, une ville ukrainienne située à la frontière avec la Russie. Mon père et d’autres parents y vivent toujours. Avant la guerre actuelle, Kharkov était l’un des principaux centres éducatifs et scientifiques d’Ukraine.  Les habitants de la ville sont fiers de vivre dans la « capitale intellectuelle » de l’Ukraine. En 1990, c’est dans cette ville que la première télévision libre de tout contrôle du parti a été créée; son premier programme d’information était rapidement diffusé dans la foulée. À cette époque, j’étais déjà diplômée de l’université de Kharkov. Puis un jour, un ami de l’université m’a invité à travailler comme journaliste pour ce programme d’information. Le lendemain, sans expérience préalable, j’ai commencé à faire des reportages.  Quelques mois plus tard, j’étais présentatrice de journaux télévisés. Ma carrière fulgurante n’était pas une exception.

Le nombre de nouveaux médias non contrôlés augmentait chaque jour à un rythme effréné, et ils avaient de plus en plus besoin de main-d’œuvre. Mais dans l’écrasante majorité des cas, il s’agissait de jeunes ambitieux sans aucune formation journalistique ni expérience de terrain. Ce qui nous unissait, c’était le désir d’occidentalisation, notre incompréhension des contradictions sociétales caractérisant la transition postsoviétique, et la surdité aux préoccupations des travailleurs opposés aux réformes. À nos yeux, ces derniers étaient « rétrogrades » : ils ne comprenaient pas ce qu’était la civilisation. Nous nous considérions comme une avant-garde révolutionnaire et nous choisissions des réformateurs progressistes. C’est nous – les travailleurs des médias – qui avons créé un environnement favorable à la néolibéralisation de l’Ukraine. La néolibéralisation rimait alors avec occidentalisation et civilisation. Mais elle a entraîné toute une série de conséquences désastreuses pour la société. Je ne l’ai réalisé que des années plus tard.

À cette époque, je supervisais la production de documentaires historiques dans une société de télévision de Kiev. J’ai compris que la mythologie du progrès historique à sens unique et du caractère inévitable de l’occidentalisation des « barbares » fournissait en fait un terrain idéologique aux expériences néolibérales, non seulement dans les anciens États soviétiques, mais aussi partout dans le monde. Cet intérêt pour l’hégémonie mondiale de l’idéologie de l’occidentalisation m’a conduit d’abord au programme de doctorat en études critiques des médias à l’Université du Colorado à Boulder, puis aux recherches que je mène actuellement.

Selon les travaux universitaires de certains sociologues ukrainiens, les sondages ont montré dans un passé récent que la plupart des Ukrainiens n’étaient pas très intéressés par les questions identitaires. Ils étaient plus préoccupés par des sujets comme l’emploi, les salaires et les prix. Votre travail se concentre beaucoup sur les réformes néolibérales qui ont été promulguées en Ukraine depuis 2019 – contre le sentiment populaire. Pouvez-vous nous expliquer quelles sont les opinions de la plupart des Ukrainiens sur les questions économiques?

Dans les milieux sociaux où je vivais – l’est de l’Ukraine, la Crimée et Kiev – il y avait très peu de personnes concernées par la question de l’identité ethnique. Ce n’est pas en vain que j’insiste sur « mes milieux sociaux ». L’Ukraine est un pays complexe et divisé, dont l’extrême est et l’extrême ouest ont des points de vue diamétralement différents sur toutes les questions socialement significatives. Depuis la déclaration d’indépendance de l’Ukraine en 1991, deux idées d’identité nationale s’affrontent en Ukraine : « Ukrainien de souche » et « Slave de l’Est ». L’idée d’une ethnie nationale ukrainienne est fondée sur la notion que la culture, la langue et l’histoire ukrainienne articulée autour de l’ethnie devraient être les principales forces d’intégration dans l’État-nation ukrainien. Cette idée est beaucoup plus populaire dans l’ouest du pays. En revanche, l’idée slave de l’Est envisage la nation ukrainienne comme reposant sur deux groupes ethniques, langues et cultures primaires, à savoir l’ukrainien et le russe. Cette idée a été acceptée comme normale dans le sud-est de l’Ukraine. Mais de manière générale, je peux confirmer que la plupart des Ukrainiens sont beaucoup plus préoccupés par les questions économiques, ce qui a toujours été le cas.

En fait, l’indépendance de l’Ukraine en 1991 relevait aussi, dans une large mesure, de préoccupations économiques. De nombreux Ukrainiens ont soutenu l’idée d’un divorce politique avec la Russie parce qu’ils espéraient que l’Ukraine se porterait mieux sur le plan économique – c’est ce que nous promettaient les brochures de propagande. Cet espoir économique ne s’est pas réalisé. À bien des égards, l’effondrement de l’Union soviétique a radicalement changé la vie des gens pour le pire en raison de la néolibéralisation de l’Ukraine qui a entraîné la marchandisation de la sphère sociale et la ruine de l’État-providence soviétique.

Qu’en est-il des réformes néolibérales initiées par Zelensky ?  Les sondages d’opinion permettent de juger leur popularité : jusqu’à 72 % des Ukrainiens n’ont pas soutenu sa réforme agraire, fleuron du programme néolibéral de Zelensky. Après que son parti l’a approuvée malgré l’indignation de la population, la cote de Zelensky est passée de 73 % au printemps 2019 à 23 % en janvier 2022. La raison en est simple : un profond sentiment de trahison. Dans ce que l’on peut considérer comme son programme électoral non officiel – l’émission « Serviteur du peuple » – Zelesnky-Holoborodko[1] a promis que s’il pouvait diriger le pays pendant une seule semaine, il ferait « vivre l’enseignant comme le président, et le président comme l’enseignant. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette promesse n’a pas été tenue. Les gens ont réalisé qu’ils avaient été dupés une fois de plus – les réformes ont été menées dans l’intérêt non pas des Ukrainiens, mais du capital mondial.

Dans quelle mesure pensez-vous que la priorité accordée à la sécurité économique par rapport aux questions d’identité a changé avec l’invasion russe ?  Comment pensez-vous que cela se traduira pour les chances politiques des nationalistes/ultranationalistes par rapport aux modérés ou aux progressistes ?

C’est une question intéressante. D’une part, la priorité des gens est désormais de survivre, ce qui fait de la sécurité leur principale préoccupation. Pour sauver leur vie, des millions d’Ukrainiens, dont ma mère ainsi que ma sœur et ses enfants, ont quitté l’Ukraine pour l’Europe. Beaucoup d’entre eux sont prêts à y rester pour toujours, à apprendre des langues étrangères et à adopter un mode de vie étranger. Tous ces développements peuvent difficilement donner la priorité aux préoccupations identitaires. D’un autre côté cependant, l’intensification des sentiments ethniques et la consolidation de la nation confrontée à une invasion sont également évidentes. Je peux en juger par les discussions publiques sur les médias sociaux : certains Kharkovites que je connais personnellement ont même commencé à publier des messages en ukrainien, langue qu’ils n’avaient jamais utilisée auparavant, pour souligner leur identité nationale et signaler qu’ils sont contre toute invasion étrangère.

C’est un autre aspect tragique de cette guerre. Beaucoup de gens du sud-est n’avaient pas soutenu la révolution Maidan de 2014 et s’étaient trouvés dès lors considérés comme des « esclaves », « sovki » et « vatniki » – des termes péjoratifs pour désigner leur côté arriéré et barbare. C’est ainsi que les révolutionnaires de Maidan, qui se considéraient comme la force progressiste de l’Histoire, voyaient les « autres » anti-Maidan en raison de leur adhésion à la langue et à la culture russes. Or, jamais cette population pro-russe n’a pu imaginer que la Russie allait bombarder ses villes et ruiner ses vies. La tragédie de ces personnes est double : leur monde a d’abord été ruiné symboliquement par le Maïdan; à présent, il est détruit physiquement par la Russie.

Les résultats de ces développements ne sont pas clairs, car on ne sait pas encore comment la guerre va se terminer. Si les régions du sud-est restent en Ukraine, la destruction de tout ce qui avait résisté au nationalisme agressif sera très probablement achevée. Ce sera sans doute la fin de cette culture frontalière unique qui n’a jamais voulu être ni complètement ukrainisée ni russifiée. Si la Russie établit son contrôle sur ces régions, comme elle s’enorgueillit de le faire actuellement, je peux difficilement prédire comment elle affrontera le ressentiment de masse – du moins, dans les villes qui ont subi des dommages importants, comme Kharkov.

Pour en venir à Zelensky plus particulièrement, vous soulignez dans votre livre qu’il a joué le rôle d’un personnage charismatique en utilisant sa célébrité et ses talents d’acteur pour amener les gens à le soutenir au nom d’un programme vague et rassurant (paix, démocratie, progrès, lutte contre la corruption). Mais en réalité, ça occultait un autre programme qui n’aurait pas été populaire, à savoir un programme économique néolibéral.  Pouvez-vous nous parler de la manière dont il s’y est pris – comment a-t-il mené sa campagne et quelles ont été ses priorités quand il a pris ses fonctions ?

La victoire de Zelensky et de son parti a été étonnante. Son parti s’est par la suite transformé en une machine parlementaire chargée d’élaborer et d’approuver les réformes néolibérales. Un « turbo régime », comme ils disaient. L’argument de base présenté dans mon livre est que cette étonnante victoire ne peut s’expliquer autrement que par le succès de la série télévisée qui, comme le pensent de nombreux observateurs, a servi de programme électoral informel à Zelensky. Contrairement à son programme officiel, qui ne comportait que 1 601 mots et peu de détails politiques, les 51 épisodes d’une demi-heure de son émission ont fourni aux Ukrainiens une vision détaillée de ce qu’il fallait faire pour que l’Ukraine progresse.

Le message délivré par Zelensky aux Ukrainiens à travers son émission est clairement populiste. Le peuple ukrainien y est dépeint comme un ensemble homogène et sans problème, dépourvu de clivages internes, dont seuls les oligarques et les politiciens/fonctionnaires corrompus sont exclus. Le pays ne devient sain qu’après s’être débarrassé des oligarques et de leurs marionnettes. Certains d’entre eux sont emprisonnés ou fuient le pays ; leurs biens sont confisqués sans aucun égard pour la légalité. Plus tard, Zelensky-le-président fera de même à l’égard de ses rivaux politiques.

Il est intéressant de noter que l’émission ignore le thème de la guerre du Donbass, qui a éclaté en 2014, un an avant que la série commence à être diffusée. Le Maïdan et les relations Russie-Ukraine étant des sujets très clivants dans la société ukrainienne, Zelensky les a ignorés pour ne pas mettre en péril l’unité de sa nation virtuelle, de ses téléspectateurs et, finalement, de ses électeurs.

Les promesses électorales de Zelensky, faites à la frontière entre le réel et le virtuel, portaient principalement sur le « progrès » de l’Ukraine. Le « progrès » étant compris comme « modernisation », « occidentalisation », « civilisation » et « normalisation ». C’est ce discours progressiste et modernisateur qui a permis à Zelensky de camoufler ses projets de réformes néolibérales, lancés trois jours seulement après l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement. Tout au long de la campagne, l’idée de « progrès » mise en avant par Zelensky n’a jamais été liée aux privatisations, aux ventes de terrains, aux coupes budgétaires, etc. Ce n’est qu’après avoir consolidé son pouvoir présidentiel en établissant un contrôle total sur les pouvoirs législatif et exécutif que Zelensky a clairement indiqué que la « normalisation » et la « civilisation » de l’Ukraine signifiaient la privatisation des terres et des biens publics, la déréglementation des conditions de travail, la réduction du pouvoir des syndicats ou encore l’augmentation des tarifs des services publics.

Vous avez souligné que de nombreux étrangers ont été nommés à des postes économiques et sociaux importants après le coup d’État de 2014 et avant le mandat de Zelensky. De même, de nombreux fonctionnaires de Zelensky ont des liens étroits avec les institutions néolibérales mondiales. Vous avez suggéré qu’il existe des preuves qu’ils manipulent Zelensky, ce dernier ayant une compréhension peu sophistiquée de l’économie et de la finance. Pouvez-vous expliquer ces ramifications du changement de gouvernement pro-occidental en 2014 ?  Quels sont les intérêts plus larges en jeu ici? Les intérêts de la population ukrainienne en générale sont-ils pris en compte ?

Oui, le changement de pouvoir de Maidan en 2014 a marqué le début d’une toute nouvelle ère dans l’histoire de l’Ukraine en termes d’influence occidentale sur les décisions souveraines du pays. Pour être claire, depuis que l’Ukraine a déclaré son indépendance en 1991, cette influence a toujours existé. La Chambre de commerce étasunienne, le Center for US-Ukraine relations, le US-Ukraine Business Council, l’European Business Association, le FMI, l’EBDR, l’OMC, l’UE – toutes ces institutions de lobbying et de régulation ont influencé de manière significative les décisions politiques en Ukraine.

Cependant, jamais dans l’histoire de l’Ukraine avant le Maïdan, le pays n’avait nommé des citoyens étrangers à des postes ministériels de premier plan – cela n’est devenu possible qu’après le Maïdan. En 2014, Natalie Jaresko, citoyenne des États-Unis, a été nommée ministre des Finances de l’Ukraine; Aivaras Abromavičius, citoyen de Lituanie, est devenu ministre de l’Économie et du Commerce de l’Ukraine; Alexander Kvitashvili, citoyen de Géorgie, est devenu ministre de la Santé. En 2016, Ulana Suprun, citoyenne étasunienne, a été nommée ministre de la Santé par intérim. D’autres étrangers ont occupé des postes de rang inférieur. Il va sans dire que toutes ces nominations résultent non pas de la volonté des Ukrainiens, mais des recommandations des institutions néolibérales mondiales, ce qui n’est pas surprenant étant donné que le Maïdan lui-même n’était pas soutenu par la moitié de la population ukrainienne.

Comme nous l’avons déjà mentionné, la majorité de ces « autres » anti-Maidan résident dans les régions du sud-est. Plus on regarde vers l’est, plus le rejet du Maïdan et de son programme européen est fort et homogène. Plus de 75 % des personnes vivant dans les oblasts de Donetsk et de Louhansk (deux régions orientales de l’Ukraine majoritairement peuplées de russophones) ne soutenaient pas le Maïdan, tandis que 20 % seulement des personnes vivant en Crimée le soutenaient.

Ces chiffres statistiques, fournis par l’Institut de sociologie de Kiev en avril 2014, n’ont pas empêché les institutions occidentales du pouvoir de faire valoir que le Maïdan était le soulèvement du « peuple ukrainien » présenté comme un ensemble homogène – une supercherie idéologique très efficace. En se rendant sur la place Maidan et en encourageant ses révolutionnaires à protester, les membres de la « communauté internationale » ont manqué de respect à des millions d’Ukrainiens qui défendaient des opinions anti-Maidan, contribuant ainsi à l’escalade du conflit civil qui, au bout du compte, a conduit au désastre que nous observons aujourd’hui avec impuissance.

Qu’en est-il des intérêts étrangers investis dans la néolibéralisation de l’Ukraine, menée au nom du peuple ukrainien ?  Ils sont divers, mais derrière la réforme agraire, que j’ai analysée attentivement, il y avait des lobbies financiers en Occident. Les fonds de pension et les fonds d’investissement occidentaux voulaient investir de l’argent qui se dépréciait. À la recherche d’actifs dans lesquels investir, ils se sont assuré le soutien du FMI, de la Banque mondiale, de la BERD et de divers groupes de pression pour promouvoir leurs intérêts et préparer le terrain[2]. Cela n’a rien à voir avec les intérêts des Ukrainiens, bien sûr.

Quel est le bilan de Zelensky en matière de démocratie, de liberté d’expression et de liberté de la presse, en matière de pluralisme politique et de traitement des différents partis politiques ? Quelle comparaison avec les anciens présidents de l’Ukraine postsoviétique ?

Je suis d’accord avec Jodi Dean qui affirme que la démocratie est un fantasme néolibéral dans le sens où elle ne peut exister dans les systèmes néolibéraux de gouvernements contrôlés non pas par les gens, mais par des institutions supranationales. Comme nous l’avons mentionné précédemment, cela est devenu particulièrement évident après le Maidan lorsque les ministres des Affaires étrangères ont été nommés par ces institutions pour défendre leurs intérêts en Ukraine. Cependant, avec son zèle réformateur, Zelensky est allé plus loin. Début février 2021, les trois premières chaînes de télévision d’opposition – NewsOne, Zik et 112 Ukraine – ont été fermées. Une autre chaîne d’opposition, Nash, a été interdite au début de 2022, avant le début de la guerre. Après le déclenchement du conflit, en mars, des dizaines de journalistes indépendants, de blogueurs et d’analystes ont été arrêtés ; la plupart d’entre eux défendent des opinions de gauche. En avril, des chaînes de télévision de droite – Channel 5 et Pryamiy – ont également été fermées. En outre, Zelensky a signé un décret obligeant toutes les chaînes ukrainiennes à diffuser un programme unique, présentant le seul point de vue pro-gouvernemental sur la guerre.

Tous ces développements sont sans précédent dans l’histoire de l’Ukraine indépendante. Les partisans de Zelensky affirment que toutes les arrestations et interdictions de médias doivent être passées par pertes et profits pour des raisons militaires. Ils ignorent ainsi le fait que les premières fermetures de médias ont eu lieu un an avant l’invasion russe. Selon moi, Zelensky n’utilise cette guerre que pour renforcer les tendances dictatoriales au sein de son régime gouvernemental. Ces tendances sont apparues juste après l’arrivée de Zelensky au pouvoir – lorsqu’il a créé une machine partisane pour contrôler le parlement et approuver les réformes néolibérales sans débats et sans tenir compte de l’opinion publique.

Le Conseil national de sécurité et de défense (NSDC) a été utilisé par Zelensky en 2021 pour sanctionner certaines personnes, principalement des rivaux politiques.  Pouvez-vous expliquer ce qu’est le NSDC, pourquoi Zelensky l’a utilisé et si cela était légal ou pas ?

Après l’effondrement de son soutien populaire en 2021, Zelensky a lancé un processus inconstitutionnel de sanctions extrajudiciaires contre ses opposants politiques. Ces sanctions étaient  imposées par le Conseil national de sécurité et de défense (NSDC). Elles impliquaient la saisie extrajudiciaire de biens sans aucune preuve d’activités illégales de la part des personnes physiques et morales concernées. Parmi les premiers à être sanctionnés par le NSDC figurent deux députés parlementaires de la Plate-forme d’opposition « Pour la vie » (OPZZh) – Victor Medvedchuk (qui a ensuite été arrêté et montré à la télévision avec le visage battu après un interrogatoire) et Taras Kozak (qui a réussi à s’échapper d’Ukraine), ainsi que des membres de leurs familles. Cela s’est produit en février 2021. En mars 2022, 11 partis d’opposition ont été interdits. Les décisions d’interdire les partis d’opposition et de sanctionner les dirigeants de l’opposition ont été prises par le NSDC ; et elles ont été mises en œuvre par décrets présidentiels.

La Constitution ukrainienne stipule que le Conseil de la sécurité nationale et de la défense est un organe de coordination : il « coordonne et contrôle l’activité des organes du pouvoir exécutif dans le domaine de la sécurité nationale et de la défense. » Cela n’a rien à voir avec la poursuite des opposants politiques et la confiscation de leurs biens – ce que le NSDC fait depuis 2021. Il va sans dire que ces méthodes du régime de Zelensky sont inconstitutionnelles – seuls les tribunaux peuvent décider de qui est coupable ou pas, et confisquer les biens. Le problème, c’est que les tribunaux ukrainiens se sont montrés peu enclins à jouer les marionnettes de Zelensky. Le président de la Cour constitutionnelle ukrainienne, Oleksandr Tupytskyi, a notamment qualifié les réformes anticonstitutionnelles du président de « coup d’État ». Zelensky n’a eu donc d’autres choix que de s’appuyer sur le NSDC pour faire avancer ses politiques impopulaires. La suite pour le « dissident » Tupytskyi?  Le 27 mars 2021 – toujours en violation de la Constitution ukrainienne – Zelensky a signé un décret annulant sa nomination en tant que juge de la Cour.

Sous le règne de Staline, le Commissariat du peuple aux affaires intérieures (NKVD) a créé des « troïkas » pour prononcer des condamnations à l’issue d’enquêtes simplifiées et rapides, et sans procès public et équitable. Ce que nous observons dans le cas du NSDC est un développement très similaire, sauf que les procès anticonstitutionnels du NSDC comptent un plus grand nombre de participants – tous les personnages clés de l’État, y compris le président, le Premier ministre, le chef du service de sécurité ukrainien, le procureur général de l’Ukraine, etc. Une seule réunion du NSDC peut décider du destin de centaines de personnes. Rien qu’en juin 2021, M. Zelensky a mis en œuvre une décision du NSDC visant à imposer des sanctions à 538 personnes et 540 entreprises.

J’aimerais vous interroger sur la liste des « artisans de la paix » (Myrotvorets) qui serait affiliée au gouvernement ukrainien et aux services de renseignement du SBU.  D’après ce que j’ai compris, il s’agit d’une liste d’ « ennemis de l’État » qui publie leurs données personnelles.  Plusieurs des personnes qui y figuraient ont été assassinées par la suite. Pouvez-vous nous parler de cette liste, de la façon dont les gens y figurent et de la place qu’elle occupe dans un gouvernement soi-disant démocratique ?

Le site nationaliste Myrotvorets a été lancé en 2015 « par un député du peuple occupant un poste de conseiller au ministère de l’Intérieur de l’Ukraine » – c’est ainsi que le rapport de l’ONU le décrit. Le nom de ce député du peuple est Anton Gerashchenko, un ancien conseiller de l’ancien ministre des Affaires intérieures Arsen Avakov. C’est sous le patronage d’Avakov en 2014 que des bataillons nationalistes de répression ont été créés pour être envoyés dans le Donbass afin de supprimer la résistance populaire contre le Maïdan. Myrotvorets a fait partie de la stratégie générale d’intimidation des opposants au coup d’État. Tout « ennemi du peuple » – quiconque ose exprimer publiquement des opinions anti-Maidan ou contester le programme nationaliste de l’Ukraine – peut se retrouver sur ce site. Les adresses d’Oles Buzina, un célèbre journaliste, abattu par des nationalistes près de son immeuble à Kiev, et d’Oleg Kalashnikov, un député de l’opposition tué par des nationalistes dans sa maison, figuraient également sur Myrotvorets. Ce qui a aidé les tueurs à trouver leurs victimes. Les noms des meurtriers sont bien connus, mais ils ne sont pas emprisonnés, car dans l’Ukraine contemporaine, où la vie politique est contrôlée par les radicaux, ils sont considérés comme des héros.

Le site n’a pas été fermé, même après qu’éclate un scandale international: Myrotvorets avait publié les données personnelles d’hommes politiques étrangers bien connus, dont l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Cependant, contrairement à M. Schröder qui réside en Allemagne, les milliers d’Ukrainiens dont les données se trouvent sur Myrotvorets ne peuvent pas se sentir en sécurité. Toutes les personnes arrêtées en mars 2022 avaient également été listées sur Myrotvorets. Je connais personnellement certains d’entre eux – Yuri Tkachev, le rédacteur en chef du journal Timer d’Odessa et Dmitry Dzhangirov, le rédacteur en chef de Capital, une chaîne YouTube.

Beaucoup de ceux dont les noms figurent sur Myrotvorets ont réussi à fuir l’Ukraine après le Maïdan ; d’autres ont pu le faire après les arrestations massives de mars dernier. L’un d’entre eux est Tarik Nezalezhko, le collègue de Dzhangirov. Le 12 avril 2022, alors qu’il était déjà en sécurité hors d’Ukraine, il a publié un message sur YouTube, qualifiant le service de sécurité ukrainien de « Gestapo » et donnant des conseils à ses abonnés sur la manière d’éviter d’être capturé par ces agents.

De fait, l’Ukraine n’est pas un pays démocratique. Plus j’observe ce qui s’y passe, plus je pense à la voie de modernisation d’Augusto Pinochet, un personnage qui est d’ailleurs admiré par nos néolibéraux. Pendant une longue période, les crimes du régime de Pinochet n’ont pas fait l’objet d’enquêtes. Mais au final, l’humanité a découvert la vérité. J’espère juste qu’en Ukraine, cela se produira plus tôt.

L’universitaire ukrainien Volodymyr Ishchenko a déclaré dans une interview récente avec la NLR que, contrairement à l’Europe occidentale, il y a davantage de partenariat entre le nationalisme et le néolibéralisme en Europe orientale postsoviétique.  Ce phénomène a même été observé dans le Donbass parmi les personnes les plus aisées. Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?  Si oui, pouvez-vous expliquer comment cette alliance a évolué ?

Je suis d’accord avec Volodymyr. Ce que nous observons en Ukraine est une alliance de nationalistes et de libéraux fondée sur leur intolérance commune à l’égard de la Russie et, respectivement, de tous ceux qui prônent la coopération avec elle. À la lumière de la guerre actuelle, cette unité des libéraux et des nationalistes peut sembler justifiée. Cependant, l’alliance a été créée bien avant cette guerre – en 2013, lors de la formation du mouvement Maidan. Pour les libéraux, l’accord d’association avec l’Union européenne, défendu par le Maïdan, était principalement perçu en termes de démocratisation, de modernisation et de civilisation – il était imaginé comme un moyen d’amener l’Ukraine aux normes européennes de gouvernance. En revanche, l’Union économique eurasienne, dirigée par la Russie, était associée à une régression civilisationnelle vers l’étatisme soviétique et le despotisme asiatique. C’est là que les positions des libéraux et des nationalistes ont convergé : ces derniers ont soutenu activement le Maïdan non pas en raison de la démocratisation, mais en raison de sa position clairement anti-russe.

Dès les premiers jours des manifestations, les nationalistes radicaux ont été les combattants les plus actifs du Maïdan. L’unité entre les libéraux associant l’Euromaïdan au progrès, à la modernisation, aux droits de l’homme, etc., et les radicaux cooptant le mouvement pour leur programme nationaliste était une condition préalable importante à la transformation de la protestation civique en une lutte armée aboutissant à un renversement anticonstitutionnel du pouvoir. Le rôle décisif des radicaux dans la révolution est également devenu un facteur crucial dans la formation d’un mouvement anti-Maidan de masse dans l’est de l’Ukraine, mouvement contre le « coup d’État », comme le discours hégémonique anti-Maidan a baptisé le changement de pouvoir à Kiev. Au moins en partie, ce que nous observons aujourd’hui est le résultat tragique de cette alliance malheureuse et sans vision à long terme, formée pendant le Maïdan.

Pouvez-vous expliquer quelle a été la relation de Zelensky avec l’extrême droite en Ukraine ?

Zelensky lui-même n’a jamais exprimé d’opinions d’extrême droite. Dans sa série « Serviteur du peuple », qui a été utilisée comme plateforme électorale non officielle, les nationalistes ukrainiens sont dépeints de manière négative : ils n’apparaissent comme rien d’autre que les marionnettes d’oligarques stupides. En tant que candidat à la présidence, Zelensky a critiqué la loi sur la langue signée par son prédécesseur Porochenko, qui faisait de la connaissance de la langue ukrainienne une exigence obligatoire pour les fonctionnaires, les soldats, les médecins et les enseignants. « Nous devons initier et adopter des lois et des décisions qui consolident la société, et non l’inverse », affirmait Zelensky-le-candidat en 2019.

Cependant, après avoir assumé la fonction présidentielle, Zelensky s’est tourné vers le programme nationaliste de son prédécesseur. Le 19 mai 2021, son gouvernement a approuvé un plan d’action pour la promotion de la langue ukrainienne dans toutes les sphères de la vie publique, un plan strictement conforme à la loi linguistique de Porochenko, pour le plus grand plaisir des nationalistes et la consternation des russophones. Zelensky n’a rien fait pour poursuivre les radicaux pour tous les crimes qu’ils avaient commis contre les opposants politiques et la population du Donbass. Le symbole de la transformation droitière de Zelensky s’est manifesté à travers le soutien que lui a apporté le nationaliste Medvedko, l’un des accusés du meurtre de Buzina. Medvedko a publiquement approuvé l’interdiction par Zelensky des chaînes d’opposition en langue russe, en 2021.

La question est de savoir pourquoi. Pourquoi Zelensky a-t-il fait volte-face en faveur du nationalisme alors que les gens espéraient qu’il poursuivrait une politique de réconciliation ? Comme le pensent de nombreux analystes, c’est parce que les radicaux, bien que représentant une minorité de la population ukrainienne, n’hésitent pas à utiliser la force contre les politiciens, les tribunaux, les forces de l’ordre, les journalistes, etc. En d’autres termes, ils sont tout simplement bons pour intimider la société, y compris toutes les branches du pouvoir. Les propagandistes peuvent répéter aussi souvent qu’ils le veulent le mantra « Zelensky est juif, il ne peut donc pas être nazi ». Mais la vérité, c’est que les radicaux contrôlent le processus politique en Ukraine par la violence contre ceux qui osent s’opposer à leurs programmes nationalistes et suprématistes. Le cas d’Anatoliy Shariy – l’un des blogueurs les plus populaires d’Ukraine vivant en exil – est un bon exemple pour illustrer ce point. Non seulement lui et les membres de sa famille reçoivent en permanence des menaces de mort, mais les radicaux ne cessent d’intimider les militants de son parti (interdit par Zelensky en mars 2022), en les passant à tabac et en les humiliant. Les radicaux ukrainiens appellent ça des « safaris politiques ».

En ce moment, Zelensky est la figure la plus influente sur la scène mondiale par rapport à un conflit qui aura de graves implications s’il s’aggrave. Je crains qu’il n’utilise ces mêmes talents de manipulateur du show-biz pour rallier le soutien derrière cette image d’une incarnation personnelle de la démocratie et de la justice contre les forces du mal et l’autocratie. C’est comme un film basé sur l’univers des bandes dessinées Marvel. Et c’est précisément le type de scénario qui semble contraire à la diplomatie. Pensez-vous que Zelensky joue un rôle constructif en tant que leader de guerre de l’Ukraine ou pas ?

Je suis régulièrement les discours de guerre de Zelensky, et je peux affirmer avec certitude que la façon dont il présente le conflit ne peut guère conduire à une résolution diplomatique, puisqu’il répète en permanence que les forces du bien sont attaquées par les forces du mal. Il est clair qu’il ne peut y avoir de solution politique pour un tel Armageddon. Ce qui est exclu de ce cadre de référence mythique de la guerre, c’est le contexte plus large des événements : le fait que l’Ukraine refuse depuis des années d’appliquer les accords de paix de Minsk, signés en 2015 après la défaite de l’armée ukrainienne dans la guerre du Donbass. Selon ces accords, le Donbass devait recevoir une autonomie politique au sein de l’Ukraine – un point inconcevable et inacceptable pour les radicaux. Au lieu de mettre en œuvre ce document, ratifié par l’ONU, Kiev s’est battu avec le Donbass le long de la ligne de démarcation pendant huit longues années. La vie des Ukrainiens vivant dans ces territoires s’est transformée en cauchemar. Pour les radicaux, dont les bataillons se sont battus là-bas, les habitants du Donbass – imaginés comme des sovki et des vatniki – ne méritent ni pitié ni indulgence.

La guerre actuelle est une prolongation de la guerre de 2014, qui a commencé lorsque Kiev a envoyé des troupes dans le Donbass pour réprimer la rébellion anti-Maidan sous couvert de la soi-disant « opération antiterroriste ». La reconnaissance de ce contexte plus large ne présuppose pas l’approbation de  » l’opération militaire  » de la Russie, mais elle implique la reconnaissance que l’Ukraine est également responsable de ce qui se passe. Formuler la question de la guerre actuelle en termes de combat de la civilisation contre la barbarie ou de la démocratie contre l’autocratie n’est rien d’autre que de la manipulation. C’est essentiel pour comprendre la situation. La formule de Bush « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes » est propagée par Zelensky dans ses appels au « monde civilisé ». Cette formule s’est avérée très commode pour écarter toute responsabilité personnelle dans le désastre en cours.

Pour vendre cette histoire unidimensionnelle au monde entier, les compétences artistiques de Zelensky semblent inestimables. Il est enfin sur la scène mondiale, et le monde applaudit. L’ancien comédien ne cherche même pas à cacher sa satisfaction. Répondant à la question d’un journaliste français le 5 mars 2022 – le dixième jour de l’invasion russe – sur la façon dont sa vie avait changé avec le début de la guerre, Zelensky a répondu avec un sourire empreint de plaisir : « Aujourd’hui, ma vie est belle. Je crois que l’on a besoin de moi. Je pense que c’est le sens le plus important de la vie – être utile. Sentir que vous n’êtes pas seulement un vide qui ne fait que respirer, marcher et manger. Vous vivez. »

Pour moi, cette construction est alarmante : elle implique que Zelensky jouit de l’opportunité unique de se produire sur une scène mondiale offerte par la guerre. Elle a rendu sa vie belle ; il vit. Contrairement à des millions d’Ukrainiens dont la vie n’est pas belle du tout et à des milliers d’autres qui ne sont plus en vie.

 

 

Alexander Gabuev a suggéré que les dirigeants russes manquent d’expertise sur le pays, ce qui aurait alimenté le conflit.  J’ai également entendu des commentateurs russes suggérer que l’Ukraine avait une attitude supérieure en ce qui concerne le fait d’être pro-occidental ou pro-russe. Pensez-vous qu’il s’agisse d’un facteur important pour les deux parties ?

J’ai tendance à être d’accord avec l’affirmation concernant le manque de compréhension de la part des dirigeants russes sur les processus sociaux qui se déroulent en Ukraine depuis le Maïdan. En effet, la moitié de la population ukrainienne n’a pas accueilli favorablement le Maïdan, et des millions de personnes vivant dans le sud-est souhaitaient que la Russie intervienne. Je le sais avec certitude, car tous mes proches et mes vieux amis résident dans ces territoires. Cependant, ce qui était vrai en 2014 ne l’est plus forcément aujourd’hui. Huit années ont passé ; une nouvelle génération de jeunes, élevés dans un nouvel environnement social, a grandi ; et beaucoup de gens se sont simplement habitués à de nouvelles réalités. Enfin, même si la plupart d’entre eux méprisent les radicaux et la politique d’ukrainisation, ils détestent encore plus la guerre. La réalité sur le terrain s’est avérée plus complexe que ne le prévoyaient les décideurs.

Qu’en est-il du sentiment de supériorité des Ukrainiens qui s’identifient aux Occidentaux plutôt qu’aux Russes ?

C’est vrai et, en ce qui me concerne, c’est la partie la plus tragique de toute l’histoire post-Maidan, car c’est exactement ce sentiment de supériorité qui a empêché les forces pro-Maidan « progressistes » de trouver un langage commun avec leurs compatriotes pro-russes « arriérés ». Cela a conduit au soulèvement du Donbass, à l' »opération antiterroriste » de l’armée ukrainienne contre le Donbass, à l’intervention de la Russie, aux accords de paix de Minsk, à leur non-respect et, enfin, à la guerre actuelle.

 

Source originale: Grayzone

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

 

Notes:

[1] Holoborodko était le personnage de Zelensky dans l’émission télévisée.

[2] Voir notamment l’article de Staf Henderickx qui évoque les intérêts de l’agro-business. (NDT)

https://www.investigaction.net/fr/repression-censure-neoliberalisme-a-la-pinochet-la-face-cachee-de-zelensky/

Dans UKRAINE

AZOVSTAL : LES OTAGES DU BATAILLON UKRAINIEN NEONAZI AZOV

Par Le 02/05/2022

lundi 2 mai 2022

Azovstal : Les otages du bataillon ukrainien néonazi Azov

 

Hier, une centaine de civils sont sortis de l'ancienne usine Azovstal, transformée en base militaire ukrainienne à Mariupol et tenue par le bataillon néonazi Azov. Et les gens ont commencé à parler. Mais vous n'en entendrez pas un mot dans les médias occidentaux, car ils condamnent les groupes extrémistes de les avoir retenus contre leur gré. Cela s'appelle une prise d'otages. Et cela constitue un crime de guerre. Pourtant, personne en Occident ne le condamne, chacun se félicite de leur sortie comme si de rien n'était. Ce n'est pas de l'hypocrisie, c'est de la complicité.

Zelensky l'annonce fièrement, une centaine de civils sont sortis de la base de l'armée ukrainienne Azovstal et se dirigent vers les territoires non contrôlés par la Russie, sous protection de la Croix-Rouge ... Manifestement, pas tous se dirigent loin de la Russie et personne ne cherche à savoir en Occident comment ils sont arrivés dans l'ancienne usine et pourquoi ils ne sont pas sortis plus tôt.

 

 

 

Puisque l'armée russe a assuré la sortie de ces hommes, femmes et enfants, qu'ils les ont emmenés vers le village de Bezimennoe à DNR, où ils ont été soignés et nourris et ceux qui le voulaient sont repartis avec la Croix-Rouge vers l'Ukraine, les langues se sont déliées. 

 

Une femme répond à la question que beaucoup se posaient de savoir comment des civils avaient pu se trouver dans cette usine, alors qu'elle était depuis longtemps devenue un site militaire. Elle habitait non loin de là quand les combats faisaient rage et, ayant peur, son fils l'a appelée pour se cacher dans l'usine. Beaucoup d'autres sont ainsi venus se réfugier, tout d'abord volontairement. Ensuite, ils n'ont pas pu en sortir, même lorsque les tirs avaient cessés, deux ou trois fois les Ukrainiens les ont empêchés de partir. Leur présence n'était donc plus, désormais, volontaire, mais forcée, ce qui caractérise la prise d'otages autant que l'utilisation de bouclier humain, puisque en mettant en avant la présence de civils détenus contre leur volonté, les Ukrainiens voulaient forcer la Russie à les laisser en vie sans se rendre.

Une autre femme explique que le comportement de ces Ukrainiens est devenu extrêmement agressif. Un jour, ils sont venus affirmant avoir forcé plusieurs habitations, y avoir trouvé des drapeaux russes, que tout le monde à Mariupol a des drapeaux russes et que c'est une ville russe. Ce qui les a mis en rage.

Les Russes, qui sont sur place et ont accompagné les civils, sont sidérés par le discours qu'ils tenaient les premières heures. En fait, certains étaient persuadés, puisque c'était l'armée russe qui les faisait sortir, qu'ils allaient être fusillés. Et encore dans le bus, quand ils allaient être mis en sécurité, ils pensaient vivre leurs dernières heures. Imaginons le discours qui leur était servi toute cette période de rétention. Ils étaient totalement coupés de la réalité et entièrement dépendant de leurs geôliers. Par exemple, dans ce bunker, dans les tréfonds d'Azovstal, 9 personnes ont vécu pendant 62 jours, dont deux enfants de 9 et 11 ans :

 

La présentation faite par les médias, notamment Le Figaro, est simplement incroyable. Sans même soulever la question de savoir pourquoi ces civils se trouvent dans ce site militaire, le bataillon néonazi Azov est parfaitement normalisé, ce sont des bons gars ukrainiens qui aident à évacuer les civils :

"Le régiment ukrainien Azov, qui défend cette zone, avait d'abord évoqué l'évacuation d'une vingtaine de personnes dans la nuit de samedi à dimanche. "

Pour appeler les choses par leur nom, la Russie a réussi à libérer une partie des otages retenus à Azovstal, une partie des civils qui soutenaient le groupe Azov pouvant en contre-partie retourner librement en Ukraine. 

 

 

Publié par à 12:02 

http://russiepolitics.blogspot.com/2022/05/azovstal-les-otages-du-bataillon.html#more

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Libellés : 

Dans UKRAINE

L'INDONESIE REFUSE D'EXPORTER DES ARMES A L'UKRAINE ET INVITE POUTINE AU G20

Par Le 30/04/2022

L’Indonésie refuse d’exporter des armes à l’Ukraine et invite Poutine au G20

 Depuis 6 heures  30 avril 2022

widodo

 Article traduit - Indonésie - Monde islamique

 

Rédaction du site

L’Indonésie a refusé d’exporter des armes en Ukraine. Lors d’une conférence de presse virtuelle organisée le vendredi 29 avril, le président indonésien Joko Widodo a révélé que c’est le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui lui a demandé des armes et qu’il a refusé sa requête.

« Jakarta ne peut pas répondre à cette demande en raison des principes qui dictent sa politique étrangère », a-t-il expliqué.

Selon lui, son pays suit « une politique libre et active », et « la constitution ne permet pas au gouvernement d’approvisionner un autre Etat en armes ».
« Il n’est pas permis à l’Indonésie de soutenir les autres Etats en leur exportant des armes, d’après les principes de sa politique étrangère et de sa constitution », a-t-il insisté.

La Constitution indonésienne stipule que l’Etat indonésien doit dans un conflit s’abstenir de soutenir les autres Etats et contribuer efficacement à régler politiquement les différends et les conflits sur le plan international.

A savoir que c’est en Indonésie que devrait se tenir le prochain G20, le mois de novembre prochain. Les invitations ont été adressées à tous, dont le président russe Vladimir Poutine, a affirmé la ministre indonésienne des Finances Mme Sri Mulyani Indrawati, en dépit des pressions américaines sur Jakarta qui devrait aussi présider le G20.

Assurant que son pays est disposé à envoyer de l’aide humanitaire en Ukraine, le président indonésien a exprimé sa disposition à contribuer aux efforts pacifiques pour mettre fin au conflit entre Kiev et Moscou.

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/2318593

     

Dans UKRAINE

LES DRAPEAUX ROUGES ET LES MONUMENTS A LENINE REVIENNENT EN UKRAINE AVEC LES TROUPES RUSSES

Par Le 30/04/2022

30 avril 2022

Les drapeaux rouges et les monuments à Lénine reviennent en Ukraine avec les troupes russes

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C'est ce que dit un reportage du journal britannique The Guardian : les troupes russes transportent des drapeaux rouges et des monuments à Lénine en Ukraine, ce qui est la pire chose à laquelle on puisse s'attendre de la guerre. La Russie, c'est plus que l'impérialisme et l'expansionnisme : c'est un colonialisme qui a supplanté la dénazification que Poutine avait proposée.

Ici, nos "experts" disent que la guerre a renforcé l’OTAN, et il semble que de l’autre côté de la tranchée, ce qui se renforce, c’est... l’URSS. Il est possible que nous voyions renaître le Pacte de Varsovie et le mur de Berlin. Selon les experts, l’histoire est en train de revenir en arrière.

Cela s’est déjà produit en 2015 après l’annexion de la Crimée. La population a commencé à garder les monuments à Lénine jour et nuit afin que personne ne puisse les démolir. Comme maintenant, il ne s’agissait pas des maires, ni de l’armée, ni de la police, ni d’aucun agent public, mais des voisins des quartiers, attachés aux symboles qu’ils considèrent comme les leurs. Il y a des villes qui ont une mémoire historique, et très fraîche, d’ailleurs.

Le reportage du Guardian fait référence à la ville côtière de Henichesk, où Lénine retournait sur son piédestal avec sa tête chauve et sa barbichette caractéristique devant le bâtiment principal de l’hôtel de ville. Des drapeaux soviétiques et russes flottaient sur le toit. C’était le 22 avril, l’anniversaire de Lénine, qui est célébré comme celui d’un autre membre de la famille.

Pour le reste, le reportage est plein de mensonges typiques, historiques et politiques, chacun plus bizarre. Le nœud de la chronique du journal ne pourrait être plus simple : la Russie envahit un pays voisin pour s’emparer de ses territoires car elle est expansionniste, la même que l’URSS et que l’on appelle la Troisième Internationale.

Par le sud de l’Ukraine, la Russie veut se rendre en Moldavie, où elle a un cheval de Troie, la Transnistrie, un autre territoire “séparatiste” ressemblant au Donbass, “pro-russe”, etc.

Avec le retour du marteau et de la faucille, dit le Guardian, la police militaire russe a détruit la littérature et les manuels ukrainiens, comme les nazis l’ont fait en leur temps, une comparaison qui ne manque jamais, aussi ridicule soit-elle.

La presse impérialiste est aussi sage que cela et n’hésite pas à donner un tour complet à n’importe quelle histoire. En 2014, les nazis ukrainiens ont démoli les monuments à Lénine, et maintenant ils réapparaissent. Ils ont réécrit l’histoire de l’Ukraine à leur manière et maintenant ils doivent rétablir les faits sur leur site. Ils ont interdit la langue et la littérature russes, qui reviennent maintenant là où elles ont toujours été, parce que personne ne devrait admettre que les nazis s’en sont sortis, ni au siècle dernier ni dans celui-ci.

Cette guerre ne concerne pas les Ukrainiens et les Russes, mais les fascistes et les antifascistes.

(*) https://www.theguardian.com/world/2022/apr/23/back-in-the-ussr-lenin-s...

»» https://mpr21.info/con-las-tropas-rusas-vuelven-a-ucrania-las-banderas...

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Dans UKRAINE

LE NOUVEAU TSAR DE L'ARMEMENT DESIGNE PAR BIDEN POUR L'UKRAINE A BEAUCOUP DE SANG SUR LES MAINS

Par Le 29/04/2022

Le nouveau tsar de l’armement désigné par Biden pour l’Ukraine a beaucoup de sang sur les mains

 

28 Avr 2022

  

Nouvel épisode de la série « Les États-Unis ne veulent pas de la paix en Ukraine ». Alors que le complexe militaro-industriel se frotte les mains pourvu que la guerre dure et que les armes pleuvent, Joe Biden vient de désigner un général au sombre passif pour superviser les livraisons d’armement en Ukraine. Spécialiste des sales besognes, Terry Wolff a déjà beaucoup de sang sur les mains. Ignorant toujours les options diplomatiques, Washington souhaite manifestement que ça coule à flots en Ukraine. (IGA)

 

Joe Biden vient de désigner comme nouveau tsar de l’armement pour l’Ukraine Terry Wolf qui a déjà beaucoup de sang sur les mains.

Le nouveau job du général trois étoiles consiste à coordonner les livraisons d’armes à l’Ukraine. L’objectif est d’embourber les Russes. Et cela comprend un nouveau paquet d’armes pour 800 millions de dollars que le président Biden a autorisé jeudi dernier.

Originaire d’Elk Grove, en Californie, diplômé de West Point en 1979, Wolff a précédemment formé les forces irakiennes pour le siège meurtrier de Mossoul en 2016. Il a également aidé à planifier les opérations dans la guerre illégale contre l’Afghanistan en tant que directeur principal du Conseil national de sécurité pour le pays.

Entre novembre 2015 et février 2019, Wolff a dirigé la coalition mondiale combattant Daesh en Syrie, une opération qui servait l’objectif inavoué de renverser le régime nationaliste de Bachar el-Assad.

Travaillant tout un temps comme adjoint de Brett McGurk, un agent de liaison avec le dirigeant irakien Nuri al-Maliki, Wolff a aidé à recruter des Peshmergas kurdes qui ont été impliqués dans des assassinats extrajudiciaires de présumés combattants de Daesh.

En 2014, Wolff s’est rendu en Israël dans le cadre d’un programme visant à renforcer la coopération militaire américano-israélienne. En 1999, en tant que commandant de la 1ère division blindée, il a coordonné le déploiement des troupes US au Kosovo.

Cette opération s’inscrivait dans le cadre de l’opération Noble Anvil, dont l’objectif était de donner du pouvoir aux Albanais du Kosovo aux dépens des Serbes qui étaient dirigés par un socialiste, Slobodan Milošević, désireux de maintenir l’unité de la Fédération yougoslave. L’autre objectif de l’opération était d’établir une base militaire US géante au Camp Bondsteel. Au moins 500 civils ont été tués dans les bombardements. 480 écoles et 33 hôpitaux ont par ailleurs été détruits[1].

 " Attaques incessantes et illégales " 

Lors du siège de Mossoul auquel Wolff a contribué à préparer les troupes irakiennes, les habitants ont été soumis à des « attaques incessantes et illégales », selon Amnesty International.

Les forces mandataires soutenues par les États-Unis s’étaient enlisées dans une guerre sectaire entre chiites et sunnites, une guerre déclenchée par la désastreuse invasion US de l’Irak en 2003[2].

Des milliers de civils ont été tués, dont plus de 400 par des tirs de roquettes et l’utilisation d’armes explosives puissantes. Le tout sous les auspices de la coalition dirigée par les États-Unis, qui a provoqué de nombreuses blessures dues à des explosions[3].

Le New York Times a décrit un « panorama de destruction dans le quartier de Judida si vaste qu’un habitant a comparé la destruction à celle d’Hiroshima, au Japon [après le largage de la bombe atomique à la fin de la Seconde Guerre mondiale]. Il y avait un bras carbonisé, enveloppé dans un morceau de tissu rouge, qui dépassait des décombres, des secouristes en combinaison rouge qui étaient venus avec des masques pour éviter la puanteur, certains avec des fusils en bandoulière, fouillant les décombres à la recherche de corps« [4].

Bavassant dans une interview avec un journaliste australien, Wolff a présenté Fallujah comme un superbe modèle pour la « libération de Mossoul ».

En 2004, en représailles à l’assassinat de quelques mercenaires de Blackwater, l’armée US a transformé la ville entière en « un monde désolé de bâtiments squelettiques, de maisons détruites par les tanks, de lignes électriques suintantes et de palmiers coupés« , selon les mots du journaliste du New York Times Erik Eckholm[5].

Wolff était personnellement impliqué dans ce massacre alors qu’il était le commandant clé de l’armée durant la campagne d’Al-Anbar de 2003 à 2007. Cette campagne s’appuyait fortement sur les techniques de guerre urbaine pour pacifier la province dominée par les sunnites et dans laquelle se trouvait Fallujah.

Auparavant, Wolff avait été nommé conseiller spécial du président George W. Bush pour l’Irak en raison de son succès dans la formation des forces de sécurité irakiennes. À de nombreuses occasions, ces forces se sont transformées en escadrons de la mort chiites.

Lors d’un briefing diffusé sur C-SPAN en mars 2010 et alors qu’il occupait le poste de commandant du centre de la division US à Bagdad, Wolff a salué les élections qui venaient de se dérouler en Irak. Pourtant, une commission avait interdit 500 candidats de se présenter au parlement en raison de leurs liens avec le parti Baath, le parti  de Saddam Hussein. Cette commission était dirigée par Ahmed Chalabi, un escroc qui avait colporté de fausses informations pour soutenir l’invasion US.

Seuls 14 % des Irakiens souhaitaient que le vainqueur, Nouri al-Maliki, reste au pouvoir. Son adversaire à l’élection, Ayad Allawi, était pourtant un voyou lié à la CIA qui avait personnellement exécuté des prisonniers de guerre baasistes avant d’être nommé Premier ministre par intérim en 2004[6].

Encore plus de sang sur les mains de Wolff

Il y aura encore plus de sang sur les mains de Wolff lorsqu’il supervisera l’énorme pipeline d’armes vers l’Ukraine. Cela rappelle la ligne d’approvisionnement des Contras dans les années 1980, le pipeline d’armes croates dans les années 1990 ou encore l’opération Timber Sycamore en Syrie à laquelle Wolff a peut-être participé.

Les principaux bénéficiaires du bazar des armes en Ukraine seront les milices d’extrême droite et néonazies comme le bataillon Azov qui a été intégré à l’armée ukrainienne.

Le colonel à la retraite Douglas Macgregor, ancien conseiller spécial du ministre de la Défense, a déclaré à un journaliste que le peuple ukrainien « est presque accessoire dans l’opération [globale] dans le sens où il est là pour s’empaler sur l’armée russe et mourir en grand nombre, car le véritable objectif de toute cette affaire est la destruction de l’État russe et de Vladimir Poutine. »

Un haut responsable de la défense a déclaré que l’assistance à l’Ukraine que Wolff supervisera peut être déployée incroyablement vite : entre 48 à 72 heures seulement.

L’une des armes présentées est le drone Phoenix Ghost – développé par la société californienne AEVEX Aerospace. Il est comparable au drone Switchblade qui s’écrase sur une cible et explose à l’impact[7].

Les autres armes clés livrées par les États-Unis comprennent : a) des mortiers légers capables de tirer des projectiles et des missiles guidés avec précision sur de longues trajectoires, b) des véhicules blindés, c) davantage de missiles antichars Javelin (un des préférés de Biden), d) des missiles antiaériens Stinger, e) des hélicoptères M-17 et f) les drones Switchblade.

Jusqu’à présent, les Ukrainiens affirment avoir détruit plus de 800 chars et 2 000 autres véhicules russes grâce aux armes étasuniennes et étrangères.

Dans le cadre des nouvelles livraisons, cinq nouveaux bataillons d’artillerie ukrainiens seront équipés de 18 canons à tir rapide et de près de 37.000 munitions pour combattre les Russes dans le Donbas.

Les Russes ont pour leur part publié une note appelant les États-Unis et leurs alliés à mettre fin à la « militarisation irresponsable de l’Ukraine qui implique des conséquences imprévisibles pour la sécurité régionale et internationale. »

La nomination de Wolff signifie malheureusement que cette dernière demande ne sera pas satisfaite, et que davantage de sang sera versé – suivant un modèle propre à la carrière de Wolff.

 

Source originale: Covert Action Magazine

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

Photo: Us Army 

 

Notes:

[1] Voir David Gibbs, First Do No Harm: Humanitarian Intervention and the Destruction of Yugoslavia (Nashville, TN: Vanderbilt University Press, 2009).

[2] Jeremy Kuzmarov, Obama’s Unending Wars: Fronting the Foreign Policy of the Permanent Warfare State (Atlanta: Clarity Press, 2019), 181.

[3] Kuzmarov, Obama’s Unending Wars, 181.

[4] Kuzmarov, Obama’s Unending Wars, 182.

[5] Voir Michael Schwartz, War Without End: The Iraq War in Context (Chicago: Haymarket Books, 2008)

[6] Kuzmarov, Obama’s Unending Wars, 178, 179.

[7] John Ismay, “U.S. to Send Howitzers and Custom Drones to Ukraine as Part of $800 Million in Aid,” The New York Times, April 22, 2022, A8.

https://www.investigaction.net/fr/le-nouveau-tsar-de-larmement-designe-par-biden-pour-lukraine-a-beaucoup-de-sang-sur-les-mains/

Dans UKRAINE

UKRAINE : COMMENT L'INTRANSIGEANCE DES ETATS-UNIS A SEME LES GRAINES D'UN CONFLIT ARME

Par Le 29/04/2022

 

Ukraine: Comment l’intransigeance des États-Unis a semé les graines d’un conflit armé

 

01 Mar 2022

  

Professeur d’économie politique, C. Saratchand analyse les ressorts historiques de l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est. Il explique comment ces manœuvres ont alimenté un climat de guerre.

 

Les médias mainstream se sont engagés dans une couverture extensive, mais unilatérale du conflit en Ukraine. Comme toutes les autres crises, ce conflit a plusieurs dimensions qui doivent être rigoureusement examinées. Dans cet article, nous chercherons à examiner le contexte d’économie politique de cette crise.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) s’est étendue vers l’est, en direction de la Russie, en plusieurs phases: en 1999, 2004, 2009, 2017 et 2020. Les partisans de l' »ordre international fondé sur les règles » affirment que cette expansion de l’OTAN résulte des « choix volontaires » de divers pays d’Europe orientale. Toutefois, les points suivants doivent être soulignés lors de l’examen de ces « choix volontaires ». Premièrement, l’OTAN est une « alliance » militaire « défensive » qui est « dirigée » par les États-Unis. En d’autres termes, au sein de l’OTAN, les États-Unis ont à la fois le premier et le dernier mot. En fonction du degré d’autonomie stratégique qu’ils peuvent exercer, les autres membres de l’OTAN peuvent mettre plus ou moins de mots au milieu. Deuxièmement, le rétablissement du système capitaliste, par le biais d’une thérapie de choc, a conduit à désarticuler les pays d’Europe de l’Est de l’économie russe.

Par conséquent, ces pays ont été incorporés dans le système capitaliste mondial en tant que sources d’approvisionnement de main-d’œuvre pour l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord, en tant que producteurs de matières premières et de produits manufacturés -qui sont relativement plus bas sur l' »échelle » technologique-  et en tant que nouveaux marchés dominés par les sociétés financières internationales, en particulier celles de l’Allemagne et des États-Unis. Ces processus ont engendré de nouvelles élites dans ces pays et elles ont conduit « volontairement » leurs nations à entrer dans l’OTAN avec une autonomie stratégique  limitée. Ce faisant, ces pays sont devenus d' »authentiques » membres de l' »Occident ».

Durant la même période, la thérapie de choc en Russie a conduit à un effondrement catastrophique de l’économie et à l’éviscération quasi totale de son autonomie stratégique. La nouvelle classe de capitalistes russes qui a émergé dans ce contexte était essentiellement concentrée dans les domaines de la production de matières premières et des exportations d’armes. Entre 1991 et 2007-8, le « moment unipolaire » est apparu en raison de cette éviscération de l’autonomie stratégique de la Russie et de la persistance de la brèche stratégique (progressivement réduite depuis) entre la Chine et la Russie. C’est dans ce contexte que l’élargissement de l’OTAN a eu lieu, malgré les assurances données par les États-Unis au début des années 1990 que l’alliance atlantique ne s’étendrait pas vers l’est.

Les faibles protestations de la Russie à cette époque n’ont pas pu modifier cette issue. Cette décision s’inscrivait dans la doctrine stratégique des États-Unis consistant à essayer d’empêcher l’émergence d’un groupe de pays en Eurasie qui, en travaillant de concert, pourraient à l’avenir conduire à l’effondrement du « moment unipolaire ». Contrairement à d’autres pays d’Europe de l’Est, la Russie était stratégiquement trop grande pour faire partie de l' »Occident ». Elle devait donc être contenue par l’expansion de l’OTAN vers l’Est. Le fait que la Russie ne soit pas stratégiquement à la bonne taille s’est manifesté, par exemple, avec la disparition politique des « libéraux » pro-occidentaux qui dominaient auparavant le pays. Les États-Unis ont donc voulu renforcer leur position en entourant la Russie et la Chine de bases militaires. L’objectif avoué était de protéger les voisins de ces deux pays. Il fallait surtout s’assurer qu’aucun défi stratégique n’émerge en Eurasie.

Toutefois, ce processus a connu un tournant décisif en 2008, lorsque les États-Unis ont décidé d’aller vers une adhésion « à terme » de la Géorgie et de l’Ukraine au sein de l’OTAN, malgré les protestations de l’Allemagne et de la France. Un bref conflit armé entre la Géorgie et la Russie a ainsi éclaté en 2008, et il a conduit au blocage du processus d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN. Ce nouveau cycle d’expansion de l’OTAN vers l’est a été préparé par les États-Unis au moment où ils étaient relativement malmenés par la crise économique mondiale qui a débuté en 2007-2008. Les États-Unis étaient en outre de plus en plus confrontés à la montée en puissance de la Chine. Par ailleurs, la brèche stratégique entre la Chine et la Russie s’était réduite en dessous du seuil nécessaire à la persistance du « moment unipolaire ». On peut penser que les États-Unis n’ont pas compris que le « moment unipolaire » était sur le point de disparaître ou qu’ils ont voulu le prolonger par l’expansion de l’OTAN vers l’est. Mais les États-Unis n’avaient pas les moyens stratégiques d’entreprendre simultanément l’expansion de l’OTAN vers l’est (qui est un euphémisme pour le plan US d’endiguement de la Russie) et le « pivot vers l’Asie » (qui est un euphémisme pour le plan US d’endiguement de la Chine). En d’autres termes, le double endiguement était devenu infaisable.

En Ukraine aussi, les mouvements en faveur de l’adhésion à l’OTAN ont eu des ressorts internes et externes interconnectés. Sur le plan interne, les mouvements en faveur de l’adhésion à l’OTAN bénéficiaient d’un plus grand « soutien » en Ukraine occidentale, alors qu’ils n’étaient pas soutenus en Ukraine orientale. Cette divergence de vues régionale s’inscrit dans un contexte historique. De nombreuses parties de l’Ukraine occidentale qui faisaient partie de l’empire russe tsariste ont été annexées par la Pologne en 1920-21 après une guerre entre le gouvernement soviétique et la Pologne. Ces régions ont été réintégrées dans l’Ukraine soviétique en 1939, après la défaite de la Pologne face à l’Allemagne nazie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il y a eu une collaboration considérable avec l’Allemagne nazie dans tous les pays d’Europe continentale. Ces collaborateurs ont notamment participé aux politiques génocidaires de l’Allemagne nazie dans le cadre de ce qui était en fait une politique coloniale « sous stéroïdes » en Europe de l’Est et dans la partie de l’Union soviétique occupée par l’Allemagne nazie.

Ces politiques génocidaires étaient des « pratiques plus efficaces » puisqu’elles étaient « perfectionnées » à partir des pratiques coloniales antérieures en Asie, dans les Amériques et en Afrique. En Ukraine soviétique, la collaboration avec l’Allemagne nazie était concentrée de manière disproportionnée dans la partie occidentale. Les organisations nazies notables en Ukraine étaient l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Après la défaite de l’Allemagne nazie, la migration d’un grand nombre de dirigeants et de cadres de ces organisations criminelles vers l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale a été -directement et indirectement- facilitée par les États-Unis. Ces nazis ukrainiens y ont joué leur « rôle » aux côtés des États-Unis durant la guerre froide.

Après la dissolution de l’Union soviétique, les élites émergentes de Russie et d’autres pays d’Europe de l’Est (ainsi que d’Asie centrale) ont été contraintes de « ré-imaginer » -c’est-à-dire d’inventer- l’histoire de ces pays pour consolider leur pouvoir dans la nouvelle ère. Cela s’est produit de différentes manières en Russie et dans le reste de l’Europe. En Russie, les nouvelles élites ont attribué la contribution héroïque de l’Union soviétique dans la défaite de l’Allemagne nazie à des facteurs ostensiblement transhistoriques, tout en minimisant le rôle du système socialiste et (donc) du Parti communiste de l’Union soviétique. En dehors de la Russie, le modèle de cette « ré-imagination » de l’histoire en Europe a été fourni par l’Union européenne qui a affirmé que l’Allemagne nazie et l’Union soviétique étaient conjointement responsables de la Seconde Guerre mondiale sur le vieux continent. Ce fut le point de départ idéologique pour incorporer l’Europe de l’Est dans l' »ordre international fondé sur des règles », et dans la foulée pour consolider le pouvoir des élites locales dans ces pays.

Selon cette « ré-imagination », les collaborateurs nazis tels que l’OUN ou l’UPA (ou leurs prédécesseurs et successeurs) ont ostensiblement lutté contre l' »occupation » soviétique en Ukraine de 1917 à 1991. De plus, dans cette « ré-imagination », ils ont été « forcés » de participer à certaines actions « regrettables » pendant l’occupation allemande nazie, mais ce n’était qu’une « petite » partie de leur rôle « historique ». Après 1991, cette « ré-imagination » est devenue quasi hégémonique dans l’ouest de l’Ukraine. Et après 2014, elle a cherché de plus en plus à s’étendre à d’autres parties du pays. Dans les médias mainstream, les discussions sur ce passé ont été efficacement expurgées, car le « résultat souhaité » de cette « ré-imagination », à savoir la « réorientation » de l’Ukraine vers l' »Ouest », semblait à portée de main. Et elle ne pouvait pas être entravée par des « reliques » ostensiblement historiques.

En 2014, le président élu de l’Ukraine a été renversé par une révolution orchestrée par les États-Unis. Cela a débouché sur un bref conflit avec la Russie. La Crimée, qui a été transférée de la Russie soviétique à l’Ukraine soviétique en 1954, a été de nouveau incorporée à la Fédération de Russie. Mais la « ré-imagination » de l’Histoire et la « réorientation » vers l' »Ouest » en Ukraine après 2014 impliquaient également l’émergence d’un « nouveau » projet national dans lequel les Ukrainiens russophones, concentrés de manière disproportionnée dans l’est du pays, sont considérés comme des « étrangers ». Dans le cadre de ce « nouveau » projet national, ces « étrangers » devaient être intégrés dans le « nouveau courant occidental » en rompant leurs liens avec la Russie sous peine d’être expulsés vers la Russie. Il ne fait aucun doute que ce « nouveau » projet national a tiré les leçons des « meilleures pratiques » de pays tels que la Grande-Bretagne (concernant les Écossais, les Gallois et les Irlandais, etc.), les États-Unis (concernant les Amérindiens, les Afro-Américains, les Hispano-Américains, etc.) en matière de ségrégation de ceux qui ne font pas partie du « courant dominant ».

Depuis 2014, cette ségrégation a été menée par des organisations paramilitaires et des partis ukrainiens néonazis tels que le Bataillon Azov, le Bataillon Aidar, Svoboda, Right Sector, etc. Ces organisations néonazies sont apparues comme des forces dominantes à la fois sur le « terrain », dans l’appareil d’État et au sein des forces armées de l’Ukraine post-2014. Leur glorification publique des collaborateurs de l’ère nazie s’est poursuivie malgré des protestations, y compris celles du gouvernement israélien. Après tout, la « diversité » dans l' »ordre international fondé sur les règles » est suffisamment large pour laisser dans son coin inférieur droit de la place à la fois aux sionistes et aux néonazis (et à certains terroristes islamistes « modérés » en Asie occidentale également).

Ces paramilitaires néonazis ont été à l’avant-garde du conflit armé dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Ils ont été confrontés à des milices armées soutenues par la Russie. Au départ, les opposants aux paramilitaires néonazis du Donbass semblaient mettre l’accent sur la revendication de la Novorossiya en tant qu’entité indépendante dont la légitimité découlait de liens ostensiblement transhistoriques avec la Russie. Cependant, au fil du temps, ces milices se sont constituées en gouvernements de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Louhansk.

Les accords de Minsk, qui ont été signés par le gouvernement ukrainien en 2014, prévoyaient un cessez-le-feu dans le Donbass, une désescalade et une évolution vers un fédéralisme avec une autonomie pour le Donbass. Cependant, une Ukraine fédérale n’est pas compatible avec le « désir ardent » (des néonazis en premier lieu) d’intégrer l’OTAN. Par conséquent, le conflit armé dans le Donbass s’est poursuivi, car le gouvernement ukrainien n’a pas adhéré aux accords « unilatéraux » de Minsk qui, s’ils avaient été appliqués dans leur lettre et leur esprit, auraient garanti la neutralité de l’Ukraine entre la Russie et les États-Unis. Cette non-adhésion du gouvernement ukrainien était motivée par sa mise sous tutelle des États-Unis.

En 2021, sous la direction de ses parrains US, le gouvernement ukrainien a poursuivi ses avancées progressives vers l’adhésion à l’OTAN. Le gouvernement russe a exigé des négociations avec les États-Unis sur deux principales garanties de sécurité : premièrement, l’annulation permanente du processus d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et sa neutralité conséquente ; deuxièmement, le retour de l’OTAN aux frontières orientales de l’Allemagne. Le gouvernement russe était préoccupé par le fait que les États-Unis se soient retirés du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en août 2019. Cela aurait permis aux États-Unis de déplacer des missiles nucléaires vers la frontière occidentale du territoire de la Fédération de Russie. Tenant compte du passif des États-Unis en matière d’accords bafoués, le gouvernement russe n’a pas jugé crédibles les assurances fournies par Washington sur les lieux de déploiement des missiles. Après tout, un membre de l’OTAN peut « demander » aux États-Unis de le « protéger » contre des « menaces » extérieures (c’est-à-dire la Russie) en déployant des missiles nucléaires. Auquel cas, les « règles sacro-saintes » de l’OTAN primeraient sur les « accords » avec les pays non membres de l’OTAN pour les États-Unis.

Les États-Unis ont rejeté ces demandes de garanties de sécurité en affirmant que l’adhésion à l’OTAN est « volontaire » et relève de la « prérogative souveraine » de chaque pays. Mais ils ont fait croire que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’était possible que dans un avenir « lointain ». Les États-Unis ont cependant ignoré l’expérience des années 1960, lorsque Washington et Moscou ont respectivement retiré leurs missiles nucléaires de Turquie et de Cuba après un accord négocié. Il va sans dire que si les rôles étaient inversés avec la mise en place d’une alliance militaire entre un voisin des États-Unis et une autre grande puissance, les États-Unis auraient invoqué la doctrine Monroe pour lancer une intervention armée « efficace » dans un « cadre juridique solide ». Dans le cas présent impliquant l’Ukraine, il est possible que les États-Unis, sous l’effet d’une « gueule de bois » unipolaire, aient mal évalué l’équilibre relatif de leur puissance stratégique vis-à-vis de la Russie. Ce rapport de force a évolué en défaveur des États-Unis après la déclaration conjointe des présidents de la Fédération de Russie et de la République populaire de Chine, avec toutes les conséquences que cela implique.

L’Allemagne et la France, à travers des discussions sous le « format Normandie » impliquant ces deux pays ainsi que la Russie et l’Ukraine, ont cherché un règlement négocié qui répondrait aux préoccupations de tous les pays et trouverait, le cas échéant, un équilibre entre les préoccupations divergentes. Cependant, en tant que parrains du gouvernement ukrainien, les États-Unis ont torpillé de toute leur influence le processus du format Normandie. Officiellement toutefois, la position publique des États-Unis pour tenter de bloquer le processus a été d’affirmer à plusieurs reprises que « la Russie attaquerait l’Ukraine quoi qu’il arrive », c’est-à-dire que les négociations étaient « futiles ». Compte tenu de l’autonomie stratégique atténuée de l’Allemagne et de la France, ces pays n’ont pas été en mesure de mener le processus du format Normandie à sa conclusion logique. Bien que cela soit « compréhensible », la privation quasi totale de l’autonomie stratégique de l’Ukraine par la mise sous tutelle des États-Unis a également contribué à l’échec des négociations. L’intransigeance des États-Unis a donc semé les graines d’un conflit armé.

 

C. Saratchand est professeur au département d’économie, Satyawati College, Université de Delhi. Ses opinions sont personnelles.

 

Source originale: People Dispatch (sous le titre Political economy of the conflict in Ukraine)

Traduit de l’anglais par Investig’Action

Photo: Conférence de presse avec le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Dmytro Kuleba, le 15 novembre 2021. (NATO)

https://www.investigaction.net/fr/ukraine-comment-lintransigeance-des-etats-unis-a-seme-les-graines-dun-conflit-arme/

Dans UKRAINE

LA GUERRE DES TRIBUNAUX PENAUX INTERNATIONAUX : POUR L’UKRAINE ET POUR … LA RUSSIE

Par Le 29/04/2022

vendredi 29 avril 2022

La guerre des Tribunaux pénaux internationaux : pour l'Ukraine et pour ... la Russie

 

Le Conseil de l'Europe vient d'être lancé pour que les pays membres présentent leurs derniers hommages au monde global et que, in fine, ils déclarent la guerre à la Russie, puisqu'ils sont sommés de créer un Tribunal pénal international devant enquêter sur les "crimes" soi-disant commis par la Russie en Ukraine (et uniquement eux), afin de donner une apparence civilisée à la condamnation politique des grands responsables politiques et militaires russes. Ils veulent tuer la Russie en touchant Poutine. C'est le scénario yougoslave, adapté aux circonstances, même si la situation est loin d'être aussi simple. La Russie, elle aussi, a commencé à monter des dossiers et à établir des structures pour juger les crimes commis par l'armée ukrainienne. Ainsi, une phase juridico-politique s'ajoute à la dimension militaire, alors que le conflit commence à se diffuser.

En principe, les Tribunaux internationaux sont mis en place par les vainqueurs, pour juger les vaincus, comme ce fut le cas à Nuremberg. Le TPI pour l'ex-Yougoslavie fut déjà une caricature, puisqu'il a été créé très tôt pour accompagner le conflit et (ré)écrire l'histoire de ce conflit au fur et à mesure de son déroulement. Quand le Conseil de l'Europe appelle aujourd'hui les pays membres à créer un Tribunal international pour l'Ukraine, devant juger ... la Russie, nous sommes globalement dans le même processus, plus politique, que juridique, devant affermir le discours politique dominant, qui doit rester sans alternative, avant même toute victoire militaire. 

Le Conseil de l'Europe a publié hier un communiqué, qui a fait l'effet d'un choc. Un élu polonais à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a été à l'origine formelle du mouvement et l'assemblée, profondément russophobe depuis des années, a suivi.

"L'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a appelé tous les États membres et observateurs de l’Organisation à mettre en place de toute urgence un tribunal pénal international ad hoc, qui devrait recevoir « mandat d'enquêter et d'engager des poursuites » pour le crime d'agression qui aurait été commis par les dirigeants politiques et militaires de la Fédération de Russie. 

Un tel tribunal devrait « appliquer la définition du crime d'agression » établie par le droit international coutumier. Basé à Strasbourg, compte tenu des synergies qui pourraient exister avec la Cour européenne des droits de l'homme, il devrait avoir le pouvoir d'émettre des « mandats d'arrêt internationaux sans être restreint par l'immunité » de l'État ou des chefs d'État et de gouvernement et autres représentants de l'État, a affirmé l’Assemblée."

Ainsi, ce Tribunal ad hoc, c'est-à-dire spécialement créé pour l'occasion, a des ambitions très élevées : juger, et évidemment condamner, les dirigeants politiques et militaires russes. Rien de moins. Mais, en général, avant d'atteindre les dirigeants, il faut des exécuteurs et à ce jour, ils n'ont évidemment personne. Des déclarations, à ce point exagérées juridiquement, doivent donc avoir un autre but et l'on reviendra justement sur ce but.

Pour l'instant, restons un instant sur les aspects juridiques. Il est vrai que le monde atlantiste est en manque de support légal à son action de mise en accusation juridique de la Russie. La Russie, comme les Etats-Unis, n'a pas reconnu la Cour pénale internationale. Donc, tous les recours qui sont lancés par l'Ukraine contre la Russie devant cette instance et toute l'activité de cette instance contre la Russie ne peuvent être juridiquement utilisés contre la Russie dans le cadre de la CPI. C'est d'ailleurs pourquoi les Etats-Unis ont déclaré ne pas y participer. Et le rapprochement des institutions de l'UE, dont ni l'Ukraine, ni la Russie ne font partie, avec la CPI pour ses enquêtes en Ukraine laisse songeur. Ils sont hors de leur juridiction, ils ont dû modifier leur statut pour se donner à eux-mêmes cette compétence. Nous sommes donc dans une démarche politique, qui a de grandes difficultés à s'inscrire dans un cadre juridique plus ou moins "normal".

L'Ukraine aussi ne reste pas inactive et est très bien conseillée. Le Procureur général ukrainien a mis en examen pour atteinte à l'intégrité territoriale ukrainienne le président de la Douma, Volodine, et les 418 députés russes. Au Canada, la Chambre de commune a voté la culpabilité de la Russie, puisque désormais la culpabilité ne se prouve pas mais se vote, quant à la commission de crimes de génocide en Ukraine.  Ils participent ainsi à la constitution d'une action politico-juridique multiforme.

C'est pourquoi, utiliser le Conseil de l'Europe, dont la Russie sort mais n'est pas encore sortie car elle traîne, est le cadre idéal pour donner une apparence juridique aux déclarations politiques et pour légitimer les "preuves " fabriquées et sélectionnées. Il pourra coopérer avec la CPI, avec Eurojust, il a la CEDH pour assister. Sans oublier le recours possible à la compétence universelle des juridictions nationales - sous pression de leurs gouvernements, comment pourraient-elles résister ?

Cette course intervient alors que la Russie a déjà créé un Tribunal social international pour l'Ukraine, dont je fais partie, et qui réunit des éléments de preuves des crimes commis par l'armée ukrainienne et les transmet aux juridictions nationales. Lors de la dernière réunion de ce Tribunal, une association à Donetsk, qui met en forme les recours devant la CPI contre l'Ukraine, déclarait qu'ils étaient systématiquement retournés, sans examen. La Russie, elle, est dans une démarche strictement juridique et monte des affaires pénales contre des exécutants très concrets, ses enquêteurs travaillent sur place, contre ceux qui tirent sur les cibles civiles, qui utilisent des armes interdites par les conventions internationales, etc.

La différence d'approche, classique pour la Russie, politique pour les Atlantistes, souligne la spécificité de la démarche lancée par le Conseil de l'Europe. Car au-delà de la démarche visant à créer un Tribunal ... en fait pour la Russie, il s'agit d'obliger les pays membres du Conseil de l'Europe à rompre toute relation avec la Russie, in fine à lui déclarer la guerre. Car quelles relations seront possibles entre les pays, lorsque les dirigeants en Europe, suivant les injonctions anglo-saxonnes, auront signé un mandat d'arrêts contre Poutine, Volodine, Lavrov, Choïgu, les députés, les généraux, etc. ?

Depuis le début du conflit, l'on note une diatribe extrêmement agressive des dirigeants des institutions européennes, qui jouent aux chefs de guerre, mais les dirigeants nationaux restent plus calmes, même s'ils sont complètement engagés dans le combat contre la Russie. A eux de bien réfléchir et de se demander s'ils sont réellement prêts à lancer leur pays en guerre contre la Russie ... contre leurs propres intérêts nationaux. Car monter ce Tribunal revient à une déclaration de guerre. Et c'est exactement ce que cherchent les Etats-Unis.

 

 

 


 

Publié par à 10:22 

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Dans UKRAINE

UKRAINE : UNE PARTIE D'ECHECS ENTRE FOUS ET PIONS

Par Le 28/04/2022

Une partie d’échec entre fous et pions

Par Maryse Laurence Lewis

Mondialisation.ca, 28 avril 2022

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Précisons ceci d’emblée : je ne suis pas une admiratrice de Vladimir Poutine. Voilà des faits :

► Le gouvernement d’Ukraine bombarde, depuis huit ans, les républiques du Donbass;

► L’Union Européenne empire la situation des civils ukrainiens, en votant l’octroie de 450 millions d’euros en armes et équipement militaire;

► Les Ukrainiens sont déjà endettés auprès des vendeurs d’engins qui ne servent qu’à détruire leurs infrastructures, les tuer ou les maintenir dans la terreur;

► Un comédien, nommé Zelensky, s’imagine qu’on lui a confié un rôle de super héros et refuse de mettre fin à ses prétentions sanglantes.¹

La résolution de cette mutuelle agression a cependant déjà été proposée. Depuis des mois, le gouvernement russe sollicite une réunion, afin de négocier les quatre points suivants :

1) La non intégration de l’Ukraine à l’OTAN;

2) L’éradication de bases militaires étrangères, menaçant les Russes, installées à la frontière, afin de délimiter une zone neutre entre l’Ukraine et la Russie;

3) La reconnaissance de l’autonomie des républiques du Donbass ;

4) Le retour de la Crimée à la Russie.

Que dirait-on si la Russie demandait au Mexique de placer des bases militaires, pointées en direction des États-Unis? Ce serait un tollé. Et pourquoi la Russie accepterait-elle que les États-Unis, possesseurs d’environ 800 bases militaires dans le monde, installent des casernes remplies d’armes en Ukraine? Aime-t-on une nation, lorsqu’on érige sur son territoire des laboratoires de niveaux P3 et P4, en sachant que la zone est un lieu de contestation frontalière depuis des siècles? Ses nombreuses centrales nucléaires en font la troisième productrice mondiale de cette énergie qui n’a rien de verte, alors que le sous-sol est riche en gaz et en pétrole! Un des fils de Joseph Biden le sait et en profite.²

Des référendums en vain

Tout à commencé en 2014, suite au référendum qui proclamait, pacifiquement, l’autonomie des républiques du Donbass. Que l’Union Européenne n’ait pas reconnu ce référendum, cela ne signifie pas qu’il ait été illégal ou falsifié. Qu’importe la démocratie à l’Union européenne ? Ses adhérents sont-ils représentatifs de la justice? Qu’on n’invoque pas les pays voyous opposés aux démocraties ! La France fut la première « démocratie » à reconnaître Franco comme chef d’Espagne, suite à un Coup d’État. Et lorsque la mort en a débarrassé la population, après 37 ans de dictature, Francisco Bahamonde avait déjà désigné Juan Carlos de Bourbon comme successeur. La monarchie espagnole, rétablie par un dictateur! Et on nie les référendums catalans, deux fois majoritaires en votes pour l’autonomie. Le Canada et les États-Unis ont reconnu Bolsonaro, au Brésil; Janine Áñes en Bolivie; Guaïdo au Venezuela. Tous se taisent devant les crimes du gouvernement israélien envers les Palestiniens.  

Les peuples n’élisent pas ceux qui les gouvernent

● Personne n’a élu Klaus Schwab. Cet homme pervers prétend imposer un nouvel ordre mondial, pour lequel aucun citoyen n’a voté. Son Forum Économique formate le cerveau des pions qui envahissent les États, pour leur faire perdre leur indépendance. Il décide que l’argent, sous forme de papier, devra disparaître. Non pour empêcher les vols, mais contrôler les citoyens, neutraliser les autarciques et les rebelles. Six mois après les premières infections par le coronavirus, son livre Covid-19, la grande réinitialisation était écrit et publié. Quelle coïncidence…

● La Présidente de l’Union européenne, Ursula von der Leyen, promeut la vaccination massive et est amie du président de l’entreprise Pfizer. Une collusion illégale. 

● La Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s’oppose aux enquêtes des Panama Papers pour protéger son époux, trempé au point d’être corrompu, avec ses bateaux de croisières. Elle vient de Malte, mignon paradis fiscal. 

● Naguère membre de l’administration de Donald Trump, David Malpass dirige la Banque Mondiale. Avec le Fonds monétaire international, supervisé par Kristalina Georgieva, on réussit à endetter les pays, pour ensuite obliger les États à céder leurs ressources naturelles et privatiser les services publics. 

● En France, ce sont les experts et les conseillers spéciaux qui décident de la politique. Et le lundi 18 avril 2022, le Journal Officiel de la République publiait un décret d’Emmanuel Macron, officialisant la dissolution du corps diplomatique français.  On pousse des cris d’indignation, lorsqu’un pays expulse un ambassadeur, un consul, pour des motifs politiques. Macron fait disparaître les représentants de sa patrie, sans qu’on hurle à la mort de la république! Dans cinq ans, que restera-t-il de la France?

Justin Trudeau prétend que le Canada est le premier pays post-national. Curieux. À présent, il est plus Ukrainien que Chrystia Freeland. On juge les demandes d’indépendance nationale rétrogrades, mais on ne trouve pas ridicule le statut autonome des principautés d’Andorre ou de Monaco. Ni archaïque le régime d’Arabie Saoudite ou la royauté d’Angleterre. La reconnaissance des nations, ça déplaît aux multinationales qui désirent un monde sans protection de l’environnement, sans restriction en faveur des travailleurs ou de l’État. Afin de s’accaparer des ressources, sans sanction ni barrières tarifaires, et privatiser les services publics en faveur d’une élite. Il est sarcastique d’entendre des politiciens traiter les Catalans, Basques, Bretons, Québécois, Irlandais, Écossais, Canaques, Portoricains, Palestiniens, de nationalistes identitaires, parce qu’ils sont fiers de leur langue et de leur culture. En ce moment, tous les chefs d’État, soumis à la finance des banquiers et des vendeurs d’armes, sont Ukrainiens! 

On s’allie quand il s’agit des Tibétains, des Tchétchènes, des Kurdes, des Ouïghours. Ce n’est pas davantage pour leurs droits et la reconnaissance d’un territoire national. Certains peuples ont des défenseurs et d’autres non, pour des motifs financiers. Entre prospecteurs de pétrole ou de minerais, on minaude avec les minorités, on leur fournit des armes pour qu’ils s’opposent aux Turcs, aux Russes, aux Chinois, aux Syriens. Le droit des peuples n’importe aucunement aux États-Unis, à l’Union européenne ou à Israël, même pas les Juifs cultivateurs qui triment dur et qu’on envoie en zones risquées, dans lesquelles les familles puissantes et nanties ne s’aventurent pas. Tout ce qu’on vise, ce sont les ressources du sous-sol. On convoite les zones stratégiques, permettant d’envahir les pays rebelles aux diktats occidentaux.

Le monde appartient aux vieux

Beaucoup de jeunes dédaignent l’indépendance des nationalistes, en disant « Pourquoi une frontière de plus? » Sur un mur de mon quartier, quelqu’un écrit : « Patriotes de tous les pays, égorgez-vous! », pour montrer l’absurdité de s’entretuer pour délimiter territoire. Je suis d’accord. Cependant, prenons l’exemple de l’Union européenne. Aucune frontière. Les citoyens n’en sont pas moins surveillés. Leur appauvrissement continue, alors que les multinationales s’enrichissent. On endette les États et les oblige à liquider les services publics, payés par les impôts et taxes des citoyens, alors que les multinationales bénéficient d’exemption d’impôts, de paradis fiscaux, de prêts sans intérêts, de subventions, car le capitalisme n’existe pas : les États interviennent constamment, en faveur des entreprises privées. Le libre commerce individuel est quasi impossible en ce moment, avec les fusions entre compagnies qui acculent à la faillite les petites et moyennes entreprises. Elles en ont profité pleinement, durant l’épidémie!

Et le racisme, l’intolérance, la xénophobie, ne sont pas disparues en même temps que les frontières. On accueille des Ukrainiens en Europe, avec plus de facilité et de privilèges que les réfugiés syriens, par exemple. Et en Pologne, victime de plus de décès, en proportion de sa population, lors de la seconde guerre mondiale, on refuse les réfugiés d’origine africaine! Après avoir connu le nazisme! Le nouvel ordre mondial de Klaus Schwab, du club de Bildelberg, des Fondations Rockefeller ou Gates est réservé aux financiers et aux spéculateurs. Il n’y aura même plus de représentant de la plèbe.

Les populations n’ont pas besoin d’interventions préventives et de guerres humanitaires. Les citoyens paient bien assez de taxes, pour entretenir les psychopathes qui les gouvernent. Pas besoin d’y ajouter l’impôt du sang. Assez d’enfants morts, pendant et après la guerre d’Irak, plus de 10 000 enfants au Yémen, grâce aux bombes d’Arabie Saoudite et aux chars d’assaut du Canada.

L’Ukraine existe-t-elle?

La Crimée passe, depuis des siècles, d’une invasion à une autre. La Pologne, à son apogée entre 1660 et 1667, englobait l’Ukraine. Elle s’avérait assez puissante pour attaquer la Russie des tsars. Les Polonais ont vu rétrécir leur territoire quatre fois entre 1772 et 1815… S’il fallait rayer des Nations-Unies les pays qui ont dominé, envahi ou morcelé la Pologne, on éradiquerait la Prusse, l’Autriche, la Suède, la Russie, la Turquie. Et la Crimée, au doux climat de type méditerranéen, vit les Turcs, les Tartares, les Russes, les Polonais, des Anglais, des Français et des Sardes. Après la guerre, la Pologne conserva ses droits en Silésie, Poméranie et Mazurie. Elle dut renoncer à la Biélorussie et… à l’Ukraine.³

La guerre de 2022 pourrait cesser bien vite. Mais elle favorise les marchands d’armes. En un mois, les actions des entreprises françaises Thales et Dassault ont augmenté de 35 % et 16,4 %; celle du Suédois Saab, de 61 %; le BAE Systems anglais, de 22 % et l’italien Leonardo, de 36%. Pour eux, des accords de paix, ce n’est pas rentable.4

Les prises de décisions à l’OTAN et de l’Union européenne vouent les pourparlers à l’échec. Écrivons à nos ministres, à la Cour Internationale de Justice, à l’ONU. Qu’ils aient perdu ou non deux tours, ne permettons plus aux États-Unis de considérer les citoyens comme de simples pions. Nous sommes attaqués par des fous, sur le chéquier où l’on solde le monde.

 

Notes et référence : 

Le sous-sol du Dombass contient du fer, du mercure, du manganèse, en plus du pétrole, du gaz naturel et de la houille. 

1. https://www.journaldemontreal.com/2022/02/27/lue-debloque-450-millions-deuros-pour-fournir-des-armes-a-lukraine

2.1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_d’énergie_nucléaire

2.2 https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/combien-y-t-il-de-reacteurs-nucleaires-en-ukraine

2.3 https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_centrales_nucléaires_en_Ukraine

3. Dictionnaire Petit Robert des noms propres, avec cartes du morcellement de la Pologne.

4. Toujours plus d’armes pour combattre Poutine, par Claude Angeli. Le Canard Enchainé. 13/04/2022

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Maryse Laurence Lewis, Mondialisation.ca, 2022

https://www.mondialisation.ca/une-partie-dechec-entre-fous-et-pions/5667700

Dans UKRAINE

LES ETATS-UNIS ET L'OTAN ALIMENTENT LA GUERRE EN UKRAINE POUR LA RENDRE PERMANENTE

Par Le 28/04/2022

Les États-Unis et l’OTAN alimentent la guerre en Ukraine pour la rendre permanente

Entretien de Jean Marazzani Visconti (Pangea) avec Bruce Gagnon, représentant du mouvement No War des États-Unis, 22 avril 2022

Par Bruce K. GagnonJean Marazzani Visconti, et Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 27 avril 2022

Pangea 22 avril 2022

Région : 

Analyses: 

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Cette émission spéciale de Grandangolo-Pangea comprend un entretien (par la journaliste et écrivaine Jean Toschi Marazzani Visconti, mouvement NOGUERRANONATO) avec Bruce Gagnon, représentant du mouvement No War des États-Unis. Les informations qui précèdent l’entrevue et l’analyse de Gagnon confirment la gravité de la situation. Après avoir lancé avec le coup d’état de 2014 à Kiev la séquence d’événements qui a mené à l’opération militaire russe en Ukraine, les  États-Unis et l’OTAN font tout ce qui est en leur pouvoir pour alimenter cette guerre en Europe, en la rendant permanente.

On voit s’intensifier la campagne politico-médiatique pour faire apparaître la Russie comme un ennemi féroce qui massacre des civils en Ukraine et menace toute l’Europe, tout en présentant le régiment Azov et les autres formations néo-nazies, fer de lance du coup d’état de 2014? et de l’attaque contre les Russes d’Ukraine, comme de courageuses brigades de partisans qui résistent à l’envahisseur pour défendre leur peuple. Dans cette situation est particulièrement préoccupante la nouvelle selon laquelle des formations armées néo-nazies préparent un nouveau massacre de civils, comme celui de Kramatorsk provoquée par un missile ukrainien, pour en attribuer la responsabilité aux forces russes. De sérieux indices montrent que ces formations armées sont en train de préparer des attaques contre les églises pour la Pâques orthodoxe, le 24 avril.

Dans cette situation incandescente les USA et leurs alliés européens continuent à envoyer en Ukraine des quantités croissantes d’armes. Les USA ont fourni à Kiev des armements pour plus de 3 milliards de dollars : parmi lesquels 50 millions de projectiles, 20 mille missiles, 700 drones kamikazes, des milliers de mines anti-personnel. Trente autres pays alliés et partenaires des USA, dont l’Italie (et la France, ndt), fournissent des armes à l’Ukraine. Et au même moment les forces de Kiev, surtout celles néo-nazies, sont entraînées par les  États-Unis, qui de fait les commandent. Comme le confirme, sur la base de son expérience directe, le journaliste du Figaro Régis Le Sommier (cf. Le Sommier, CNews, 11 avril  “ Et qui est aux commandes ? Ce sont les Étasuniens, je les ai vus de mes propres yeux […] Je pensais être en compagnie des Brigades Internationales, et je me suis retrouvé face au Pentagone.” 

Manlio Dinucci

Grandangolo-Pangea

GRANDANGOLO

Revue de presse internationale sur BYOBLU, 

canal 262 digital terrestre, canal 462 Tivùsat, canal 816 Sky, 

tous les vendredis à 20h30

*

Dans cette émission spéciale du Grandangolo de Pangea, Jean Marazzani Visconti fait une interview avec Bruce Gagnon, un représentant du mouvement No War aux Etats-Unis. Il analyse les événements actuels liés à la guerre en Ukraine.

ENTREVUE :

Bienvenu à Pangea, et merci d’être ici avec nous.
Selon vous pour quel motif la Russie a-t-elle décidé d’effectuer l’intervention militaire en Ukraine ? Et dans quel contexte plus ample la guerre en Ukraine s’insère-t-elle ?

Bruce Gagnon : Bon, je pense que nous devons revenir au moins à 2014, quand les États-Unis ont orchestré un coup d’état à Kiev, en installant un nouveau gouvernement qui soit vraiment soutenu par les forces nazies qui prédominent en Ukraine occidentale. Immédiatement, la population en Ukraine orientale, le long de la frontière russe, dans ce qui est appelé la région du Donbass, a été épouvantée car une des premières choses qu’a faites ce nouveau gouvernement a été de déclarer la langue russe illégale en Ukraine. Les gens ont alors commencé à faire des marches pacifiques de protestation en Ukraine orientale. Et ils recueillaient des signatures pour un référendum en disant : faisons une Ukraine fédérée, où une autonomie locale soit possible. Nous pouvons parler la langue que nous désirons parler et pouvons aussi élire nos fonctionnaires locaux, plutôt que de les voir nommés par le nouveau gouvernement. C’est là, immédiatement, que sous la direction des USA et de l’OTAN, les nazis ont été envoyés vers l’est dans le Donbass. Une des premières vidéos que j’ai vue, en effet, a été Marioupol en 2014. Je regardais tout ça sur Youtube, pratiquement en temps réel juste sous mes yeux. Les gens de Marioupol étaient en train de manifester et les nazis ont été envoyés, et je les ai vus tirer sur les gens, leur tirer dessus dans les rues.

(02:10)

Très rapidement les gens ont essayé de défendre leurs familles. C’est à ce moment-là que la plupart des gens est entrée dans ce que je définis comme des forces d’auto-défense pour se protéger de ces nazis. Ils venaient des mines, il y avait aussi des maîtres d’école, des électriciens et des musiciens, une vraie milice populaire. Et c’est là qu’a vraiment commencé la guerre civile.

La Russie n’a pas envahi, comme on entend souvent dire dans les médias mainstream, mais a commencé à fournir des armes à ces forces d’auto-défense pour qu’ils puissent se protéger, eux et leurs familles.
Au même moment, les États-Unis et l’OTAN ont installé une base d’entraînement militaire. C’était pendant l’administration Obama. Ils ont créé une base d’entraînement militaire dans la partie occidentale du pays, dans la région où prédominent les nazis. Et c’est là qu’ils les entraînaient, ils les ont insérés dans une nouvelle unité de forces spéciales créée par les États-Unis. En 2016 une vidéo montrait l’ambassadeur d’Obama en Ukraine qui se rendait dans cette base, et rencontrait les soldats qui venaient des États-Unis pour entraîner ces nazis. Donc cette trame a été créée intentionnellement, je pense, parce que les États-Unis redoutent le pouvoir croissant de la Russie et de la Chine, l’unité de ces deux économies, et l’agrégation d’autres pays pour faire partie d’un monde multipolaire en opposition à cette idée de puissance unipolaire des États-Unis, l’unique puissance du monde comme ils ont prétendu être à la fin de la Seconde guerre mondiale.

Vidéo de l’entrevue en anglais :

 

(04:13).
Les États-Unis redoutent ça de façon dramatique et savent qu’il ne leur reste qu’une petite fenêtre, un petit espace de temps pour tenter de briser ce mouvement multipolaire. Je pense que c’est cela qui est en arrière-plan de toute cette histoire. Les États-Unis sont en train d’essayer de créer une zone de turbulence le long de la frontière avec la Russie. Dans la Rand Corporation, un des think tank du Pentagone, dont le siège est en Californie, on a mené une étude en 2019 selon laquelle il faut obliger la Russie à s’étendre pour la déséquilibrer, et pour ce faire il faut utiliser l’Ukraine comme instrument. 

Ils savaient bien que s’ils avaient pu créer une situation type Afghanistan ou Syrie le long de la frontière ils auraient obligé la Russie à intervenir militairement et à dépenser beaucoup d’argent pour l’armée. Ce qui irait à l’encontre des besoins des citoyens. Et permettrait aussi à l’Occident de diaboliser ensuite Moscou en demandant un changement de régime en Russie et, enfin, de diviser la Fédération Russe en pays plus petits comme l’ont déjà fait les États-Unis et l’OTAN en 1999 avec la balkanisation de la Yougoslavie. 

La raison pour laquelle, je crois, ils veulent diviser la Russie en petites nations vient aussi du changement climatique : avec la fonte de la glace arctique on peut forer dans cette région arctique. 

(06:04) Et de fait c’est justement quand commençait cette guerre, en février, que les États-Unis et l’OTAN étaient en train d’organiser des manoeuvres militaires dans le nord de la Norvège le long de la côte arctique russe, nom de code Cold Response (Riposte froide). Et nous avons de plus en plus assisté au développement de manoeuvres étasuniennes dans la région arctique. 

Donc, clairement, l’Occident veut les ressources que la Russie possède à une vaste échelle. Ils veulent mettre en pièces la Russie. Et je pense que c’est ce qui est véritablement en train de conduire tout cela. Et la Russie savait qu’elle devait intervenir tôt ou tard. 14 000 personnes sont mortes dans le Donbass depuis 2014 à cause du bombardement ukrainien continu sur les citoyens d’ethnie russe le long de la frontière russe. La Russie était consciente de devoir intervenir pour sauver des vies humaines, le gouvernement ukrainiens avait positionné 150 000 soldats justement tout au long de la ligne de contact avec le Donbass et était prêt à l’envahir sur une vaste échelle.

Pangea (07:19)

Le Pentagone a publié le 14 avril un fiche informatique sur l’assistance étasunienne à la sécurité de l’Ukraine, avec une impressionnante liste d’armements fournis aux forces de Kiev. Le motif officiel est que de cette manière les États-Unis aident l’Ukraine à se défendre de l’agression russe.  Est-ce bien ça ou y a-t-il un autre motif  ?

BG (07:19)

Alors, je pense qu’il y a ici plusieurs choses à l’oeuvre. en premier lieu cette guerre sera au bénéfice de l’industrie des armes, du complexe militaro- industriel, de façon dramatique. Non seulement le matériel militaire fourni par les USA à l’Ukraine devra être continuellement ré-intégré, mais aussi celui fourni par d’autres pays de l’OTAN, notamment par les membres OTAN en Europe orientale qui sont en train de fournir à l’Ukraine ce matériel militaire.     

Une grande partie de la technologie militaire date de l’ère soviétique et par conséquent étant membres de l’OTAN, [ces pays] devront acquérir de nouveaux stocks d’armes. Et, semble-t-il, à chaque fois qu’un nouveau pays entre dans l’OTAN, il est contraint d’acheter des armes inter-opérationnelles ; ce qui veut dire qu’ils s’adaptent au système de guerre spatiale étasunien. Ils doivent être inter-opérationnels avec la technologie étasunienne. Donc cela signifie qu’en grande partie ils doivent acheter leurs armes à des sociétés étasuniennes. Voilà l’autre chose qui est en train de se passer. En contraignant les membres de l’OTAN d’Europe orientale à épuiser leurs stocks d’armes, ceux-ci devront les remplacer par une technologie inter-opérationnelle. Evidemment les États-unis auront le rôle de fer de lance pendant qu’ils créent ce mécanisme militaire OTAN élargi. L’OTAN s’étend de plus en plus : des partenaires OTAN sont en train de s’ajouter dans toute la région Asie-Pacifique parmi lesquels Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Corée du Sud et même d’autres pays. 

En réalité l’OTAN affirme qu’elle ne protège plus seulement l’Europe. Maintenant elle est en train de devenir mondiale. Je pense qu’une des raisons en est qu’aux Nations Unies, quand l’OTAN (c’est-à-dire principalement USA/Grande-Bretagne, ndt) va au Conseil de sécurité et demande une résolution en soutien d’une nouvelle guerre, Russie et Chine sont en capacité de la bloquer. Mais quand l’OTAN pourra créer une alliance internationale pour ces actions militaires, elle pensera être en mesure d’aller dans le monde entier dire, regardez, nous avons un support international pour ces actions militaires ; comme ils sont en tain de le faire maintenant avec l’opération en Ukraine. Tout cela profite à l’industrie militaire.

(0:52) Mais en plus de cela, pour revenir à mon précédent commentaire, on crée cette plaie purulente, cette situation de guerre sans fin. Nous avons entendu quelqu’un, je crois Mr Borrell, dire à l’Ue que la seule façon de résoudre ce problème en Ukraine passe par la guerre. 

Les négociations ne fonctionneront pas. Il est donc assez clair que les États-Unis et l’OTAN instrumentalisent Zelensky ; mais nous ne devrions pas l’appeler Zelensky parce que nous ne pouvons plus utiliser la lettre Z. Donc appelons-le Elensky. mais dans tous les cas, je pense qu’Elensky va prendre ses ordres de marche à la CIA. Ils lui remettent un scénario écrit par des sociétés de relations publiques de Madison Avenue à New York City et d’Hollywood. Et comme c’est un acteur, je suis certain qu’il est assez habile pour lire son texte. Donc aucune négociation.

(01:59) Zelensky ou Elensky dit qu’ils se battront pendant les dix prochaines années. Et ce faisant ils essaient de mettre dans la tête du public que cette guerre sera, elle aussi, longue comme l’autre en Afghanistan.

Pangea (02:14)

On a des rapports faisant état de la présence de personnel militaire étasunien en Ukraine. Avez-vous quelques informations à ce sujet ? Quel est le rôle de ce personnel ?

BG 

Eh bien, j’ai dit tout à l’heure qu’immédiatement après le coup d’état de 2014 orchestré par les États-Unis, les États-Unis et l’OTAN ont installé une base d’entraînement militaire en Ukraine occidentale. À cette base ont été envoyées des unités des forces spéciales étasuniennes de Fort Carson, au Colorado. Leur mission était d’entraîner ces nazis, de leur faire enlever leurs uniformes avec les insignes nazis et tout le reste, et d’enfiler des uniformes fournis par les États-Unis pour les faire ressembler à une vraie armée. Je connaissais ce détail parce que le fils d’un ami très proche est dans les forces spéciales de l’armée étasunienne basées à Fort Carson au Colorado. Et en deux occasions le fils de mon ami a été envoyé dans cette base d’entraînement en Ukraine. 

(03:31) Donc je l’ai su directement. Et puis j’en ai eu une autre confirmation par une vidéo de l’ambassadeur d’Obama en 2016, Geoffrey Pyatt. Lui il avait participé à cette fameuse conversation téléphonique de Victoria Nuland en 2014, juste après le coup d’état à Maïdan ; celle où ils parlaient d’ONU et d’Ue en disant : “c’est nous qui choisirons qui nous voulons comme nouveau leader de l’Ukraine”.
  De toutes façons depuis ce moment-là nous savons que l’Ukraine a été pénétrée par l’OTAN étasunienne et par d’autres nations.
(04:14) 

Et justement au moment où nous parlons, dans la ville de Marioupol, en Ukraine orientale, les nazis ont été en majorité vaincus. Plusieurs milliers d’entre eux se sont rendus maintenant aux Russes. Mais à l’intérieur de cette énorme aciérie, on dit qu’il y a un système souterrain datant de l’ère soviétique profond de six à huit étages. Et à l’intérieur de ce poste on dit qu’il y aurait des milliers de nazis et, surtout, je pense, des conseillers militaires étasuniens et OTAN. Donc pour moi c’est clair, j’ai entendu parler plusieurs fois de ces conseillers militaires étasuniens de l’OTAN dans toute l’Ukraine : en ce moment les États-Unis et l’OTAN sont encore en train de diriger cette opération. En train de la conduire. Et il est évident pour moi que l’armée ukrainienne est composée principalement de nazis, mais recrute aussi des personnes qui ont été obligées d’entrer dans l’armée. Des jeunes issus des campagnes, des villes, à la recherche de travail, ou même obligés d’en faire partie. Probablement n’étaient-ils pas très motivés pour combattre les Russes, sachant qu’ils allaient affronter une des armées les plus puissantes du monde. Et alors on entend de façon répétée que les nazis disent que quiconque se rend sera fusillé. Je suis certain que les conseillers des États-Unis et de l’OTAN forcent cette dynamique dans la bataille qui se déroule aujourd’hui. Rien que dans les deux ou trois dernières semaines il y a eu plusieurs tentatives de la part du gouvernement ukrainien d’envoyer des hélicoptères dans la zone de cette aciérie à Marioupol pour tenter de faire sortir des gens. Et à chaque fois les Russes ont abattu ces hélicoptères ; mais une fois, après que l’hélicoptère a été abattu, deux personnes ont survécu. Ils n’ont pas été tués quand les hélicoptères se sont écrasés. Et, je n’en suis pas certain, mais il a été dit, et répété plusieurs fois, qu’une des personnes capturées est un major-général des États-Unis. Donc il est évident pour moi que les États-Unis et l’OTAN étaient désespérés au point de risquer la vie des pilotes d’hélicoptères, risquer la vie de n’importe qui pour pouvoir mettre ces gens sur les hélicoptères et les aider à s’enfuir. 

Il y avait quelques personnes importantes là-dedans et, au passage, même la Russie dit capter des communications téléphoniques venant du fond de cette aciérie en six langues différentes. Les Russes disent avoir identifié l’anglais, le français, le suédois, l’allemand et probablement aussi l’italien. Je pense donc qu’il n’y a pas de doutes sur le fait que les États-Unis et l’OTAN opèrent dans cette guerre. Ce n’est pas seulement une guerre d’Ukraine contre Russie : c’est une guerre OTAN et États-Unis qui utilise l’Ukraine comme instrument pour combattre la Russie.

Pangea.
Merci, Bruce Gagnon. Maintenant une dernière rapide question pour une rapide réponse. Selon votre connaissance de la politique étasunienne, quand et comment prévoyez-vous la fin de la guerre en Ukraine ?

Ah, justement ces deux derniers jours est sorti un reportage de CBS Television News dans lequel ils ont interrogé un sénateur des États-Unis, Chris Coons, de l’État du Delaware. Il vient du même État que Joe Biden. On dit que Chris Coons est le principal sénateur le plus proche de Biden. Il a déclaré à CBS News que les États-Unis devaient envoyer des troupes en Ukraine pour aider le gouvernement ukrainien. Evidemment, ils voient que l’Ukraine est en train de perdre cette guerre. Et donc je pense qu’ils feront quelque chose pour envoyer des troupes étasuniennes et des troupes de l’OTAN, peut-être dans un pays comme la Pologne par exemple, juste à la frontière, qui enverra aussi ses propres troupes. Nous sommes donc à un moment très dangereux. Et encore, je pense que l’idée d’envoyer à cet endroit-là des troupes OTAN étasuniennes souligne immédiatement l’intention de continuer cette guerre. Donc je ne vois pas une fin immédiate. Même si la Russie devait terminer complètement les opérations dans les semaines qui viennent, je crois que les États-Unis et l’OTAN continueront à faire tout ce qui est possible pour déstabiliser, pour continuer à armer l’Ukraine. 

(02:04)

Les États-Unis sont en train d’entraîner des artilleurs ukrainiens, ils ont l’intention de fournir leurs nouveaux systèmes d’artillerie, et de les renvoyer en Ukraine où ils seront en mesure de tirer sur la région du Donbass de très loin. Ce qui signifie que la Russie devra continuellement tenter d’éliminer ces positions d’artillerie. Donc la situation se traînera dans le temps.

Pangea 

Ce n’est pas une bonne nouvelle, vraiment.

Merci Bruce Gagnon pour votre participation. Vous ne nous laissez pas beaucoup d’espoirs pour l’avenir mais espérons quand même qu’il soit meilleur. 

BG 

Je crois que dans tous nos pays, nous devons tous travailler de plus en plus durement pour nous mobiliser, essayer d’arrêter ce conflit parce qu‘il pourrait nous amener à la Troisième guerre mondiale, et devenir nucléaire en un éclair.

Pangea 

Merci d’avoir participé à notre programme, et j’espère vous rencontrer de nouveau. 

BG 

Merci, au revoir.

 

 

Vidéo disponible en italien à GRANDANGOLO, 22 avril 2022, 

sur BYOBLU, canal TV italien 262,

https://www.byoblu.com/category/grandangolo-pangea/

Traduit de la version en italien par Marie-Ange Patrizio

 

Note pour la version française :

Les rubriques hebdomadaires de Manlio Dinucci (édition papier et en ligne) sur il manifesto étaient lues par environ 10 mille personnes dans la version originale italienne. Son émission télévisée Grandangolo-Pangea, qui a pour le moment pris le relais des Rubriques, est visionnée par plusieurs centaines de milliers, et dans certains cas par des millions de spectateurs.

La chaîne Byoblu est une chaîne de télévision privée émettant à l’échelle nationale en Italie -y compris maintenant sur deux canaux satellites. Elle est généralement suivie par une dizaine de millions de spectateurs. C’est peut-être actuellement la seule chaîne d’envergure nationale en Occident à donner une information qui s’oppose à celle de toutes les autres sur la guerre en Ukraine et la stratégie USA-OTAN, et à la frénétique campagne anti-Russie.

La source originale de cet article est Pangea

Copyright © Bruce K. GagnonJean Marazzani Visconti, et Manlio DinucciPangea, 2022

 

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Articles Par :Bruce K. GagnonJean Marazzani Visconti, et Manlio Dinucci

https://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-et-lotan-alimentent-la-guerre-en-ukraine-pour-la-rendre-permanente/5667652

Dans UKRAINE

L'UKRAINE TIRE SUR LA VILLE DE KHERSON ET TOUT LE MONDE "ATLANTISTE " SE TAIT

Par Le 28/04/2022

jeudi 28 avril 2022

L'Ukraine tire sur la ville de Kherson et tout le monde "atlantiste" se tait

 

Pendant que les Etats-Unis se demandent s'ils vont inclure ou non la Russie dans la liste des Etats finançant le terrorisme, afin de pouvoir adopter encore plus de sanctions sans trop répondre à la question de leur légitimité, Kiev a lancé trois missiles sur la ville de Kherson cette nuit. Sur une ville. Avec des civils. Où sont donc tous ces perroquets humanitaires, ils ne condamnent pas l'Ukraine de viser des villes et des civils ?

Cette nuit, l'armée ukrainienne a lancé trois missiles sur Kherson. Pendant que les gens dormaient. Des vidéos ont été diffusées dans les médias russes. Voici le moment d'une explosion :

 

 

 

Le système de défense aérienne a fonctionné et deux missiles ont été liquidés. 

 

 

L'Ukraine a tiré depuis la région de Nikolaevka, tout d'abord un missile Uragan, afin de désorienter le système de défense aérienne, et des parachutes sont tombés, avec des sous-munitions, qui ont explosé séparément et les éclats ont volé. Les deux missiles Tochka-U ont été détruits par le système de défense aérienne. Les données concernant les blessés doivent encore être précisées, il n'y a pas de morts.

 

Le centre de la ville de Kherson a été visé, et plus particulièrement la zone de la tour de télévision, qui diffuse des programmes russes depuis le 20 avril, ce que l'Ukraine ne peut accepter - l'implantation sociale d'un discours extrémiste ne peut se faire que par le formatage des esprits, avec un discours unique et totalisant. Sinon, les gens commencent à se réveiller - et à Kherson, ils se sont réveillés.

 

Il semble que désormais les "gestes de bonne volonté" sont du passé et que les habitants de la région n'auront pas à voir revenir les fanatiques de Kiev, avec les répressions qui en suivent. C'est en tout cas ce que déclare Kirill Stremoussov, vice responsable de l'Administration militaro-civile de la région de Kherson :

"La question du retour de la région de Kherson à l'Ukraine nazie est exclue. C'est impossible. La région de Kherson se développera économiquement. Kiev ne pourra plus imposer sa sale politique nazie sur notre terre, visant à détruire les gens et leur identité"

Pour autant, à l'avenir, la question n'est pas résolue, car "à ce jour aucun référendum n'est discuté". Mais, la région continue son chemin vers la Russie et à compter du 1er mai, la région entière de Kherson entre dans la zone rouble. La transition va durer environ 4 mois, pendant lesquels les monnaies russes et ukrainiennes seront acceptées.

Etrangement, nous n'avons entendu aucune condamnation de Kiev, pour ses nombreux tirs sur des cibles civiles, sur des villes entières. Où sont les dirigeants de la coalition atlantiste, où est le Secrétaire général de l'ONU, où sont les ONG humanitaires ? Ils se taisent, ils fournissent les armes, ils incitent à tirer, ils sont aussi responsables que Kiev. Dans leurs salons feutrés, ils ont autant de sang sur les mains.

Tous ces pays, qui financent l'Ukraine, financent un pays qui utilise des méthodes terroristes, ils financent donc le terrorisme. Les Etats-Unis iront-ils jusqu'à s'inclure eux-mêmes, ainsi que leurs pays satellites, dans la liste noire, puisqu'ils ont tellement à coeur de lutter contre le financement du terrorisme ?

 

 

 

 

 

Publié par à 09:23 

http://russiepolitics.blogspot.com/2022/04/lukraine-tire-sur-la-ville-de-kherson.html#more

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Dans UKRAINE

UKRAINE : LE PIRE FIASCO US

Par Le 27/04/2022

Ukraine : le pire fiasco US 

C’est en effet la guerre. L’OTAN est en guerre contre la Russie. Les juristes allemands diront peut-être que non, mais lorsque l’Occident arme l’Ukraine, lorsque les forces spéciales de l’OTAN sont à Kiev (c’est-à-dire les SAS britanniques) et forment leurs protégés miliciens à utiliser leurs armes pour tuer des Russes, est-il vraiment important de savoir de quelle épaule est tiré le missile Starstreak (de fabrication britannique) qui abat un hélicoptère russe ?

Quoi qu’il en soit, cette « guerre » (guerre par procuration, si vous préférez) a effectivement été lancée en 2014, et s’est considérablement intensifiée en 2017, lorsque l’OTAN a cessé de s’appuyer sur les forces nationales ukrainiennes (qui s’étaient révélées quelque peu enclines à la défection, avec leurs armes, vers des milices russophones), pour recourir à des internationalistes et des mercenaires, avec l’intention agressive d’affaiblir et d’entraîner la Russie dans un bourbier.

La guerre, c’est la guerre, et cette guerre va s’intensifier.

Personne ne connaît le nombre exact de ces milices d’extrême droite montées par l’Occident, mais Reuters avance le chiffre de cent mille, ce que constate et approuve Jacques Baud, ancien conseiller principal de l’OTAN. Ces paramilitaires, cependant, ne jouent aucun rôle dans la guerre de campagne normale, mais se concentrent plutôt sur le maintien de « l’ordre » [c’est-à-dire le strict respect des règles] dans les villes. Et c’est exactement ce que vous avez eu à Marioupol et ailleurs. Ces milices de type Azov ne sont pas équipées pour des opérations de terrain. Elles sont équipées pour la guerre urbaine. Pour être clair, ce mode de guerre urbaine impitoyable à Idlib ne vise pas à vaincre l’armée russe, mais à l’entraîner dans une boue étouffante et enveloppante.

Jusqu’en février de cette année, ce dispositif était essentiellement destiné à se dérouler comme une campagne d’attrition ; un bourbier naissant. Mais soudain, le 16 février, il y a eu une augmentation massive des tirs d’artillerie du côté ukrainien (environ 30 fois plus que par le passé, selon l’OSCE) et cela a coïncidé avec les prédictions de Biden d’une invasion russe imminente. Pour les Russes, et pour le président Poutine en particulier, c’était le signe du début de la guerre d’usure attendue. Et c’est ainsi que le 24 février, l’opération militaire spéciale de la Russie a été lancée.

Pourquoi l’attrition ? Pourquoi pas une guerre ordinaire ? Eh bien, parce que l’OTAN ne voulait pas mettre ses « bottes » sur le terrain. Elle voulait une insurrection de faible intensité.

Pourquoi ? Parce qu’il avait été décidé que l’effondrement de la Russie (le but ultime) devait avant tout être obtenu par une guerre financière totale (évitant ainsi les pertes américaines) : Des milliers de sanctions ; la saisie des réserves de change russes ; et un effort concerté pour faire couler le rouble. En mars, Biden se vantait déjà dans son discours sur l’état de l’Union que le rouble s’était effondré de 30% et la bourse russe de 40%. Les combats en Ukraine ont donc été traités comme donnant à la douleur de la guerre financière plus de temps pour mordre en Russie.

Mais aujourd’hui, nous constatons que le calcul est en train de changer. En fait, il doit changer, car la dynamique et les délais s’inversent :

Premièrement, l’économie de la Russie ne s’est pas effondrée. Le rouble est revenu au niveau où il était avant le 24 février. Ensuite, l’Occident a déployé sa PSYOP anti-Poutine sans précédent, sur fond d’allégations quasi quotidiennes d’atrocités et de crimes de guerre attribués à la Russie.

La guerre PSYOP a complètement imprégné le public européen d’une animosité et d’une haine passionnée pour Poutine et les personnes russes. Son « succès » à cet égard ne fait aucun doute.

Mais il semble qu’il y ait eu aussi une sous-intrigue anglo-américaine moins remarquée : Cette sous-intrigue consiste à affaiblir l’Allemagne et à l’empêcher de s’allier à la Russie – pendant au moins une génération. Cette dernière aspiration est bien établie et existe depuis avant la Première Guerre mondiale.

Source : Réseau International

http://french.presstv.ir/Detail/2022/04/27/681087/Ukraine-le-pire-fiasco-US%C2%A0

Dans UKRAINE

UKRAINE : LE BATAILLON NEONAZI AÏDAR N'A PAS ENCORE PAYE POUR SES CRIMES...

Par Le 27/04/2022

26 avril 2022

Le Bataillon néonazi Aïdar n’a pas encore payé pour ses crimes...

Laurent BRAYARD

Ils étaient plusieurs ces journalistes russes qui laissèrent leur vie en voulant informer le public des événements durant la guerre du Donbass. En Occident, prompt à montrer du doigt le moindre des cas réels ou manipulés, de répressions ou de meurtres de journalistes, aucun média n’osa pourtant faire son travail et parler de ces hommes. C’est qu’en Occident, le Russe est redevenu « le sous-homme », dont la vie ne compte pour rien, l’untermenschen cher à Himmler et à la SS.

En Occident, les chefs d’orchestres et les musiciens russes n’ont pas le droit de se produire, comme les Juifs dans l’Allemagne nazie des années 30. Les sportifs russes sont disqualifiés, eux aussi, on interdit des lettres de l’alphabet, car elles symbolisent l’opération militaire russe, et dans divers pays, des monuments de commémoration de l’armée rouge ou de la victoire de l’armée soviétique contre l’Allemagne nazie sont détruits.

L’interdiction va dans certains pays jusqu’au ruban de Saint-Georges, symbole russe de la victoire sur le nazisme, et même l’interdiction de fêter la victoire sur l’Allemagne nazie, le 9 mai. C’est au contraire leurs meurtriers qui sont désormais magnifiés par la presse occidentale et française bien sûr. La France le pays des Droits de l’Homme, et de la fameuse déclaration de 1789. Cette France qui a refusé par ailleurs de condamner le nazisme à l’ONU dans une session de la fin de l’année 2021... Alors ignorer ces assassinats de journalistes russes, une pacotille en quelque sorte ! Sans parler des tentatives perfides de cacher la dizaine de régiments et bataillons néonazis de l’armée ukrainienne... selon les médias français, un seul petit régiment... Azov. Et selon d’autres encore défini comme régiment de patriotes. Ont-ils vu les vidéos des exactions terribles de cette unité ?

Lorsque le bataillon néonazi Aidar tuaient des journalistes sous la conduite d’une députée de la Rada d’Ukraine. L’un de ces hommes, s’appelait Igor Korneliouk, né en 1977 dans l’Ukraine soviétique, à Zaporojie et tué à Lougansk (17 juin 2014). Il avait débuté une brillante carrière de journaliste TV en 1995, dans la rédaction du canal Aspect, comme technicien puis opérateur, pour finir correspondant dès 1997. Les années suivantes, il avait travaillé pour divers médias notamment dans la région de Mourmansk, dans les terres arctiques de la Russie, célèbre port et base militaire de la Russie (2013). C’est de là qu’il était passé à la chaîne télévisée Rossia et fut ensuite envoyé dès le début du conflit en Ukraine, dans le Donbass (juin 2014). Il avait livré plusieurs reportages émouvants, témoignant des massacres de civils par l’Armée ukrainienne, femmes et enfants, au moyen des bombardements ou des exactions des troupes politisées des Ukrainiens. Il se trouvait près du village de Metalist, dans la région de Lougansk, avec son collègue Anton Volochine opérateur son, le 17 juin 2014. Ils furent soudainement bombardés par les Ukrainiens, Volochine fut tué sur le coup tandis que Korneliouk décédait une demi-heure plus tard de ses blessures en arrivant à l’hôpital où il devait être soigné.

Les plaintes de Reporters sans frontières ne furent guère entendues ni relayées en Occident[ Note du GS. Lesquelles ? Cela serait bien la première fois que RSF ne roule pas pour les Etats-Uniens et pour l’OTAN]. Quelques semaines plus tard, la destruction partielle du bataillon de massacreurs néonazis Aidar ; dont l’égérie féminine avait fait même l’objet d’un article enjôleur en français dans les lignes du magazine Elle http://www f rfi.fr/europe/20150101-magazine-elle-propagande-berne-nazi-vita-zaveroukha ; permit la capture de Nadia Savtchenko. Les activistes occidentaux firent beaucoup de gesticulations pour la faire libérer et empêcher son passage devant un tribunal de guerre. Ils furent même aidés par des politiciens français ou des associations « pour la défense de la Démocratie » comme la Cosmopolitan Project Foundation pilotée par des socialistes français (dont Quentin Guillemain un ancien assistant parlementaire au Sénat, impliqué dans un gros scandale) et financée par des réseaux menant à l’ambassade d’Ukraine, à la diaspora et en direction d’autres organisations du même genre conduisant à l’USAID. Il serait long de revenir sur une affaire connue : Savtchenko membre du bataillon néonazi Aidar, était aussi député du parti ultranationaliste de La Reine du Gaz ; la femme aux tresses, Timochenko. Elle était aussi une ancienne navigatrice de l’Armée de l’Air ukrainienne. C’est dans ses fonctions d’opératrice et coordinatrice d’artillerie, qu’ayant appris par l’écoute des téléphones des journalistes russes, leur position exacte, qu’elle fut à l’origine du déclenchement du tir sur les journalistes russes. Ils furent tués comme nous l’avons vu.

Acharnement à taire la vérité jusqu’au négationnisme et révisionnisme. Aucun média occidental n’a pleuré la mort des journalistes russes. Korneliouk était marié et avait une petite fille : Daria. Anton Volochine n’avait que 26 ans, mais il était aussi marié. Aujourd’hui, les valeurs se sont donc inversées, nos journalistes défendent les assassins. Pourtant la nature du bataillon Aidar était parfaitement connue et vérifiable. L’erreur du magazine Elle à la fin de l’année 2014, qui avait fait un gros scandale vite étouffé et peu relayé par les médias français, s’est prolongée dans les ondes de Radio France Info, avec un reportage sur le bataillon Azov et les ultras du club de football Dynamo de Kiev. Le journaliste Jérôme Cadet n’avait fait aucune excuse, ni même sa rédaction, même après les événements qui auraient pu tourner au drame durant le match Guingamp-Kiev en février 2015. Quant au bataillon Aidar, son commandant qui avait été élu député à la Rada de Kiev, le sinistre Serhiy Melnychuk s’était vu retiré finalement son immunité parlementaire, suite à une enquête criminelle diligentée contre lui pour : « la création d’un gang formés des hommes du bataillon Aidar s’étant ensuite livrés à des enlèvements, des pillages, des tortures et sans doute des meurtres ».

C’est de ce bataillon que sortait Nadia Savtchenko, bataillon épinglé par le journal britannique Guardian (mars 2015), lors d’un reportage mettant en exergue l’utilisation de symboliques nazies, insignes de la SS, wolfsangel de la terrible 36e division SS commandée par le criminel Dirlewanger. Cette division, dont le nom de son chef était synonyme de terreur, s’illustra par des massacres odieux de civils, des exécutions sommaires et des viols, pour un total d’au moins 60 000 victimes innocentes durant la Seconde Guerre mondiale. Amnesty International a émis un document terrifiant sur les activités du bataillon Aidar, prouvant l’exécution de prisonniers de guerre, d’otages, s’étant livré à des tortures, des viols, des pillages. Les faits relatés plongerait n’importe qui dans l’horreur la plus absolue : têtes tranchées, civils exécutés après avoir été martyrisés, racket des populations russophones, réquisitions forcées y compris de « ventres » de femmes, passages à tabac et destructions de biens privés (septembre 2014) . Nous avons le tournis à lire le nombre et la nature des crimes et c’est la nausée qui vient lorsque nos médias partent à la défense de tels criminels, comme ici dans les lignes de France 24 .

Alors journalistes de France, pourquoi ne parlez-vous pas de la nature du bataillon dont Savtchenko faisait partie... Pourquoi niez-vous le fait qu’il y ait de très nombreux nazis dans l’armée ukrainienne et dans sa population ? Pourquoi cachez-vous le nombre de bataillons ou régiments néonazis existants ? Pourquoi vos collègues russes qui laissèrent des veuves et des orphelins ne rentrent-ils pas dans la sphère de vos « protestations démocratiques » ? Sachez qu’en agissant ainsi vous devenez complices, qu’en omettant, désinformant ou en manipulant l’information vous n’êtes plus journalistes. Vous devenez des criminels.

Laurent BRAYARD pour le Donbass Insider
22/04/2022

»» https://www.donbass-insider.com/fr/2022/04/22/le-bataillon-neonazi-aid...

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Dans UKRAINE

PATRUSHEV : LA POLITIQUE DE L'OCCIDENT CONDUIT A LA DIVISION DE L'UKRAINE EN PLUSIEURS ETATS

Par Le 27/04/2022

mercredi 27 avril 2022

Patrushev : la politique de l'Occident conduit à la division de l'Ukraine en plusieurs Etats

 

Suite à l'intensification des livraisons d'armes depuis les pays de l'OTAN et à la normalisation d'une rhétorique guerrière, la Russie, elle aussi s'adapte à cette nouvelle réalité et, désormais, envisage la possibilité d'une division de l'Ukraine en plusieurs Etats. C'est en tout cas ce qu'a déclaré le Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Nikolaï Patrushev, qui était avant cela le directeur du FSB.

Dans une interview donnée à Rossiïsakaya Gazeta devant poser un premier bilan de la politique menée par les Atlantistes en Ukraine, Nikolaï Patrushev est sans appel : cela conduit à l'implosion de l'Ukraine.

Selon le Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, les Etats-Unis ont décidé de créer un antipode russe et ont choisi pour cela l'Ukraine. Comme il était difficile de déterminer un discours positif de constitution de cette entité, ils ont gavé les Ukrainiens avec une vision déformée de l'exclusivité de la nation ukrainienne, basée sur la haine envers tout ce qui est russe, et ce bien avant 2014. En réalité, 2014 est le premier résultat tangible de cette politique.

"Cependant, l'histoire enseigne que la haine ne peut jamais devenir un facteur fiable d'unité nationale. Si quelque chose unit aujourd'hui les peuples vivant en Ukraine, c'est bien la peur des atrocités des bataillons nationalistes."

Cette politique ne peut à long terme que conduire à l'effondrement de l'Ukraine, telle qu'elle existe aujourd'hui et dont l'existence est finalement assez récente, puisqu'elle résulte de la chute de l'URSS. Cette "nouvelle histoire ukrainienne", ces 30 années de formelle indépendance, c'est-à-dire de séparation de la Russie et de mise en place d'un protectorat atlantiste, face au millénaire d'histoire commune russe, peut prendre fin et le cours de l'histoire reprendre, lui, sa place.

Sentant bien le danger de l'évolution de la situation, mais étant enfermés dans une impasse, les Etats-Unis continuent et renforcent leur ligne politique ukrainiennne - que les pays de l'OTAN se battent en Ukraine, par l'Ukraine, contre la Russie, jusqu'à disparition de l'une des parties.

Le NYT, qui devient décidément l'unité de propagande guerrière de l'OTAN, continue ce matin dans la même ligne qu'hier (voir notre texte ici), toujours plus loin, toujours plus fort. Nous avons donc droit cette fois-ci à la liste des pays de la "coalition atlantiste antirusse", qui s'engage à fournir les armes pour lutter en son nom et pour les intérêts atlantistes en Ukraine.

"Les Etats Unis ont rassemblé 40 alliés pour fournir à l'Ukraine une aide militaire à long terme, dans ce qui pourrait devenir une bataille prolongée contre l'invasion russe. Des officiels responsables de la défense en Australie, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Italie, en Israël et d'autres pays se réuniront tous les mois pour s'assurer qu'ils "renforcent l'armée ukrainienne à long terme", a déclaré Lloyd Austin, le Secrétaire à la défense des États-Unis.

Dans un changement de politique majeur, l'Allemagne a déclaré qu'elle enverrait jusqu'à 50 véhicules blindés conçus pour abattre des avions, mais aussi pour tirer sur des cibles au sol. Le gouvernement allemand avait précédemment cité une série de raisons pour éviter d'expédier des armes aussi lourdes vers l'Ukraine. C'était l'un des nombreux signaux d'hier indiquant une nouvelle escalade de la guerre."

Alors que la Russie, manifestement, avait lancé cette guerre uniquement pour assurer le Donbass, et étrangement n'envisageait pas qu'elle puisse s'étendre au reste du territoire ukrainien (ce qui explique les négociations immédiatement lancées), il semblerait que les illusions tombent et que le cours de l'histoire rattrape les élites russes elles-mêmes, ce en quoi elles peuvent justement compter sur un soutien total et entier de la population, à l'inverse de la profonde répulsion provoquée par les processus de "négociation".

 

 

Publié par à 10:23 

http://russiepolitics.blogspot.com/2022/04/patrushev-la-politique-de-loccident.html#more

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Dans UKRAINE

UKRAINE : LA GRANDE BRETAGNE MENACE DE RECOURIR AUX ARMES NUCLEAIRES CONTRE LA RUSSIE

Par Le 26/04/2022

Guerre en Ukraine : la Grande-Bretagne menace de recourir aux armes nucléaires contre la Russie

 Depuis 7 heures  26 avril 2022

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 Amérique et Europe - Article traduit - GB

 

Rédaction du site

Le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a menacé d’utiliser des armes nucléaires pour protéger l’OTAN contre la Russie.

Wallace a noté que « certains des missiles sont sous l’eau », soulignant que « la marine britannique est prête à lancer des armes nucléaires si nécessaire ». Il a ajouté : « La Russie ne doit pas oublier cela, car c’est le moyen de dissuasion le plus important et le plus puissant pour le président russe Vladimir Poutine ».
Soulignant que « l’OTAN est une alliance nucléaire », le secrétaire britannique à la Défense a également déclaré que « la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis ont également des armes nucléaires ».

Le lundi 25 avril, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a mis en garde contre le danger réel d’une troisième guerre mondiale, dans le contexte de tensions sans précédent entre Moscou et l’Occident, en raison de l’opération militaire russe en Ukraine, qui a débuté le 24 février.
« La Russie s’efforce d’éliminer le risque de conflits nucléaires, malgré les risques élevés à l’heure actuelle, et veut réduire toutes les opportunités d’aggraver artificiellement ces risques », a déclaré Lavrov dans une interview télévisée.

Moscou a accusé les Etats-Unis, plus tôt, de préparer de nouvelles provocations, dans le but de rendre l’armée russe responsable de l’utilisation d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires en Ukraine.

En mars, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que la Russie n’aurait recours aux armes nucléaires que s’il y avait une « menace existentielle » pour elle, et non à cause du conflit actuel avec l’Ukraine.
« Tout résultat de l’opération militaire russe en Ukraine ne sera bien sûr pas une raison d’utiliser une arme nucléaire », a déclaré Peskov.

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/2315777

      

Dans UKRAINE

UKRAINE : LE BATAILLON NEONAZI TORNADO, UN PLONGEON DANS L'HORREUR BRUTE

Par Le 26/04/2022

26 avril 2022

Le bataillon néonazi Tornado, un plongeon dans l’horreur brute

Laurent BRAYARD

Comme je l’écris déjà depuis plusieurs semaines, en Occident, le mensonge visant à cacher et protéger la présence de nombreux nazis en Ukraine sera difficile à tenir... Selon une rhétorique absurde et même ridicule tellement ces nazis sont visibles depuis 8 ans qu’ils agissent en Ukraine, il n’y aurait selon des « analystes » de journaux comme Le Monde, à peine un régiment de néonazis, en la personne d’Azov, et encore les 3 000 hommes de l’unité ne seraient pas tous des nazis... Fièrement, Le Monde lançait même un 3 % de l’armée ukrainienne. Oui mais... depuis 2014, nous autres qui combattons fermement cette propagande, nous avons pu les voir et les observer ces néonazis d’Ukraine et d’ailleurs !

Plus de 10 bataillons, au bas mot, sans parler d’unités indépendantes de partis ultranationalistes et néonazis, comme le Pravy Sektor, ça laisse des traces très visibles sur les réseaux sociaux. La quantité de massacres, tueries, viols et exactions dans le printemps et l’été 2014, fut remarquée, il ne pouvait en être autrement, par des associations en charge de la défense des droits de l’Homme comme Amnesty International. Pour la première fois depuis 1945, une Europe nazie pouvait s’exprimer, battre le pavé, s’armer, former des bataillons et bientôt se livrer à des massacres et reprendre le grand rêve hitlérien : s’attaquer au monde slave pour le dominer et l’anéantir. Aussi sur les réseaux ils ne se sont pas privés de parader, de publier, de filmer, en racontant même à l’envie ce qu’ils feraient aux Russes du Donbass, à leurs femmes et à leurs enfants. Dans l’Ouest, des jeunes gens propres sur eux se sont mis à poster des images explicites, notamment comment « mettre au four les enfants russes » ou encore ce fameux stand de « Shaourma à base de viande d’enfants de Moskals ». Cela faisait rire beaucoup de gens en Ukraine, au point de les voir défiler avec les portraits des criminels de guerre ukrainiens de la Seconde Guerre mondiale, de ré-enterrer des anciens SS en grande pompe, ou bien de défilés avec des flambeaux, des milliers de gens hurlant des cris racistes et assassins.

Des 300 de Zaporojie à la levée de Tornado à partir des criminels du bataillon Shakhtiorsk. Le bataillon Tornado fut formé assez tardivement dans l’oblast de Zaporojie (septembre 2014), dans une région massivement pro-russe et qui avait nécessité des répressions violentes. En Occident on ne peut se souvenir des fameux « 300 de Zaporijie », de courageux hommes qui protestèrent dans la rue contre le Maïdan, portant le fameux ruban de Saint-Georges célébrant la victoire contre l’Allemagne Nazie. Ils furent encerclés par des activistes du Maïdan, violents, armés et qui les encerclèrent pendant plusieurs heures. Ils furent bombardés de farine, d’œufs et de détritus, de pierres et de bouteilles et copieusement insultés et menacés. La Police laissa faire et ces hommes purent finalement se dégager, mais il est presque certain qu’ils furent décomptés et repérés. Ceux qui ne s’enfuirent pas dans les semaines suivantes, furent probablement arrêtés, torturés et assassinés par les extrémistes des partis ultranationalistes, les bandes armées des bataillons spéciaux, ou la terrible police politique du SBU. Pour venir à bout de ce sentiment russophile et des valeurs qui vont avec, l’Ukraine envoya dans l’Est la quasi totalité des fameuses compagnies de défense du Maïdan, qui avaient fait la Révolution « de la dignité » à Kiev durant l’hiver 2013-2014. Ils étaient devenus gênants, ils furent employés pour répandre la terreur dans l’Est, avec carte blanche et chèque en blanc. Le déchaînement de violence qui s’ensuivit restera à jamais gravé dans la mémoire du Donbass et de l’Est de l’Ukraine. Un horrible cortège de morts, d’enlèvements, d’assassinats, de pillages, de dénonciations et un exode sans précédent (au moins 1,5 millions de Russes du Donbass, et sans doute au moins 3 millions de Russes de l’Est de l’Ukraine et de toutes les zones ethniquement et culturellement russes.

Les choses tournant très mal dans le Donbass, avec une succession de défaites inquiétantes pour les bataillons de représailles de l’Ukraine, il fut bientôt nécessaire d’envoyer des renforts. C’est dans ce contexte que fut créé le bataillon Tornado, avec les débris du bataillon Шахтёрск (Shakhtiorsk), qui s’était distingué plus que tout autre, dans les tueries et les crimes contre les populations du Donbass (notamment à Marioupol, à Mariinka et Pesok). Un rapport publié par l’Union ukrainienne d’Helsinki pour la défense des droits de l’Homme, s’attacha à décrire le comportement odieux des hommes de Shakhtiorsk. En particulier l’enlèvement arbitraire de civils de Mariinka, leur transformation en esclaves, notamment pour servir de boucliers humains, pour travailler à des travaux de force, ou pour devenir des objets sexuels. Les crimes avaient été tellement violents, que le Ministère de la défense ukrainien, ne put que dissoudre ce bataillon couvert de sang et d’opprobre (16 octobre 2014). Ces membres furent versés dans le bataillon Sainte-Marie (versé ensuite dans les troupes supplétives de police, 4e régiment de Kiev), et dans le bataillon Tornado, dont la présentation fut faite aux journalistes à Zaporojie (23 octobre). Très peu d’hommes étaient originaires de cette ville, mais l’effet de propagande était surtout d’en imposer à la population et de tenter de remonter le moral déjà défaillant des Ukrainiens du front et de l’arrière. Par bravade, le bataillon fut déclaré comme devant servir à la manière des commandos SAS britanniques, à savoir s’infiltrer chez l’ennemi et effectuer du renseignement et des sabotages. La réalité qui va suivre en fera frémir d’horreur plus d’un.

Indiscipline, crimes de guerre et pillages. Pour l’étoffer, le bataillon fut renforcé d’anciens habitués des prisons ukrainiennes, criminels de droit commun et arrière-ban des bas-fonds de l’Ukraine de l’ultra corruption. Le résultat ne se fit pas attendre, notamment par l’arrestation à Kiev, de 6 soldats du bataillon par la police du SBU (2 novembre 2014), qui furent cueillis à Kiev armés jusqu’aux dents et déclarèrent venir dans la capitale pour y rassembler de l’aide humanitaire rassemblée pour les volontaires ! A Zaporojie, le bataillon qui posait déjà un problème à lui seul, entra en conflit avec le maire de la ville (12 novembre), bientôt accusé de favoriser « le séparatisme », et de refuser de fournir des locaux et des moyens. Le maire, courageusement, répliqua que le bataillon devait être envoyé sur le front, ce qui fut bientôt ordonné par le haut-commandement ukrainien, il devait prendre position à Berdyansk, une ville sur les arrières de Marioupol (mais pas comprise dans le Donbass). De fait le bataillon grenouilla encore longtemps sur ses bases arrières de Zaporojie et Berdyansk, jusqu’au moment des défaites cuisantes de l’hiver 2014-2015. Dans les conditions des pertes sévères subies dans la bataille de l’aéroport et de celle de Debaltsevo, le bataillon reçu l’ordre de monter en ligne (1er janvier 2015), et fut envoyé sur le front de Lougansk. Craignant les bombardements des insurgés, le bataillon s’installa dans un hôpital en service et ne tarda pas à revenir à ses travers : le pillage et les exactions.

Il commença par se livrer à l’arrestation et au dépouillement des habitants de la région, avec la confiscation des téléphones portables, le vol et les humiliations. Il se rendit vite célèbre par sa cruauté envers les civils, au point que ces derniers en appelèrent à l’armée régulière pour les protéger. Mais ces plaintes n’aboutirent pas. Le bataillon se lança alors dans la fouille illégale des habitations civiles, systématiquement pillées, la réquisition de certaines maisons et de biens, sans parler des coups, des vexations puis bientôt des assassinats de gens désarmés. Les soldats de Tornado passèrent encore des limites, en s’attaquant aux civils, prenant d’assaut de paisibles maisons, tuant les chiens d’une rafale, raflant tous les hommes, des adolescents aux vieillards. Ces derniers étaient rançonnés, en échange de biens divers, d’objets de valeurs, de télévisions, d’ordinateurs ou d’appareils ménagers. Ceux qui n’avaient rien furent détenus, battus et réduits en esclavages dans des conditions terribles. Bientôt ce furent les tortures, la disparition de gens et les viols. Malgré quelques courageuses plaintes de civils risquant leurs vies, rien ne fut fait par la justice militaire, jusqu’à la demande du chef de l’administration d’occupation de l’oblast de Lougansk, de renvoyer le bataillon à l’arrière (17 juin 2015).

De la dissolution forcée, à l’oubli et au camouflage de ces crimes. Après les exactions terribles de 2014, il devenait difficile à l’Ukraine de continuer à couvrir des massacres et des crimes devenant de plus en plus gênants. Une procédure pénale fut engagée contre deux bataillons, dont Tornado et le bataillon néonazi Tchernigov (mars 2015), mais toujours sans réaction du Ministère de la défense. Les exactions continuèrent de plus belle, notamment l’arrêt de trains de transports de marchandises, dans le but « de stopper la contrebande » avec le Donbass. Cette fois-ci les autorités militaires se décidèrent à bouger, le commandant du bataillon Onishchenko fut arrêté avec 8 autres officiers et combattants (deux furent libérés), puis quatre autres encore furent placés en détention (17 juin 2015). L’enquête révéla l’horreur, en particulier une chambre de torture dans un sous-sol d’une école de la ville de Lissichansk et la découverte que des enfants, garçons et filles avaient été torturés avec des adultes et violés, parfois assassinés. Le bataillon fut dissous par un ordre du Ministère de la défense, mais Tornado refusa de rendre ses armes et entra en insurrection armée. S’étant retranché sur ses positions en hérisson, le bataillon resta indélogeable jusqu’à la promesse de sanctions très légères. Seulement alors, il fut envoyé à l’arrière pour être dissous et désarmé. Le procureur général militaire en chef de l’armée ukrainienne entama alors des poursuites contre le chef de bataillon Onishchenko, accusé par 5 chefs d’accusation (son épouse se plaignit de la pureté de leurs intentions... et du désir de libérer Lougansk et Donetsk !). Il fut mis à jour qu’un quart des hommes du bataillon possédait un casier judiciaire, parfois pour des crimes de sang. Une autre salle de torture fut découverte dans l’école du village de Privolnensk et la saisie de téléphone apporta des vidéos tournées lors des séances de tortures et surtout des viols, notamment d’hommes dans des séances d’une perversité inouïe.

Les poursuites judiciaires étaient embarrassantes pour le régime de Kiev, mais encore plus si le bataillon était en mesure de poursuivre ces crimes affreux. Aussi la procédure fut-elle en partie étouffée et lente, le procès à huis-clos pour empêcher la médiatisation. Ce fut finalement l’inverse qui se produisit, les médias ukrainiens se jetant sur l’affaire. En septembre le procureur annonça la fin de l’enquête, mais les membres du bataillon répliquèrent que la contrebande avec le Donbass se poursuivait et qu’ils étaient « des patriotes ». Seuls 12 hommes avaient été emprisonnés et malgré le soutien des partis extrémistes néonazis et ultranationalistes, le scandale était trop grand, ces 12 là furent jugés. Il fallut cependant attendre deux ans, 80 volumes de documentations, 111 témoins et seulement 13 victimes survivantes ayant accepté de parler. Les condamnations furent très légères au vu des crimes, et ne furent prononcées que tardivement (7 avril 2017), 11 ans de prison pour le chef de bataillon Onishchenko, 9 ans pour le major Nikolaï Tsukour, 9 ans pour le Biélorusse Danil Liachouk, 10 ans pour Ilya Kholod, 9 ans et demi pour Boris Goultchouk, 9 ans pour Maxime Glebov et Nikita Koust, 8 ans pour Youri Chevtchenko, 5 ans pour Roman Ibach, Andreï Demtchouk et Nikita Sbiridovskiy. C’était très peu au vu des crimes barbares et de la prison déjà effectuée. Le président Zelenski a annoncé en avril 2022, la libération de prisonniers ayant une expérience militaire... il est à parier que ces fous dangereux ont été libérés et s’en donneront encore à coeur joie s’ils en ont l’occasion contre les civils russes. Quant au reste du bataillon, il avait été versé dans une autre unité supplétive de police, le régiment Mirotvorets (9 octobre 2015). Là aussi, on peut imaginer ce que ces hommes continuèrent de faire dans le Donbass, et quelles tortures ils purent infliger par vengeance à de nombreux civils innocents.

Durant leur procès, ces assassins se livraient encore à des provocations, la simple vu de leurs visages et l’air très satisfait, sans parler du « show » vous démontreront vite à quel type de personnages ces pauvres gens du Donbass avaient eu affaire. Il n’y a pas eu de journalistes de France pour venir raconter cette histoire, officiellement la France de Macron soutien l’Ukraine, Tornado compris, et prétend vous sauver de l’extrême-droite française. Je vous laisse conclure !

Laurent Brayard pour le Donbass Insider

25 avril 2022

»» https://www.donbass-insider.com/fr/2022/04/25/bataillon-neonazi-tornad...

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Dans UKRAINE

JACQUES BAUD : LA SITUATION MILITAIRE EN UKRAINE

Par Le 26/04/2022

La situation militaire en Ukraine

Par Jacques Baud

Mondialisation.ca, 25 avril 2022

Centre Français de Recherche sur le Renseignement 16 mars 2022

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PREMIÈRE PARTIE : EN ROUTE VERS LA GUERRE

Pendant des années, du Mali à l’Afghanistan, j’ai travaillé pour la paix et ai risqué ma vie pour elle. Il ne s’agit donc pas de justifier la guerre, mais de comprendre ce qui nous y a conduit. Je constate que les « experts » qui se relaient sur les plateaux de télévision analysent la situation à partir d’informations douteuses, le plus souvent des hypothèses érigées en faits, et dès lors on ne parvient plus à comprendre ce qui se passe. C’est comme ça que l’on crée des paniques.

Le problème n’est pas tant de savoir qui a raison dans ce conflit, mais de s’interroger sur la manière dont nos dirigeants prennent leurs décisions.

Essayons d’examiner les racines du conflit. Cela commence par ceux qui durant les huit dernières années nous parlaient de « séparatistes » ou des « indépendantistes » du Donbass. C’est faux. Les référendums menés par les deux républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk en mai 2014, n’étaient pas des référendums d’« indépendance » (независимость), comme l’ont affirmé certains journalistes peu scrupuleux, mais de référendums d’« auto-détermination » ou d’« autonomie » (самостоятельность). Le qualificatif « pro-russes » suggère que la Russie était partie au conflit, ce qui n’était pas le cas, et le terme « russophones » aurait été plus honnête. D’ailleurs, ces référendums ont été conduits contre l’avis de Vladimir Poutine.

En fait, ces Républiques ne cherchaient pas à se séparer de l’Ukraine, mais à avoir un statut d’autonomie leur garantissant l’usage de la langue russe comme langue officielle. Car le premier acte législatif du nouveau gouvernement issu du renversement du président Ianoukovitch, a été l’abolition, le 23 février 2014, de la loi Kivalov-Kolesnichenko de 2012 qui faisait du russe une langue officielle. Un peu comme si des putschistes décidaient que le français et l’italien ne seraient désormais plus des langues officielles en Suisse.

Cette décision provoque une tempête dans la population russophone. Il en résulte une répression féroce contre les régions russophones (Odessa, Dniepropetrovsk, Kharkov, Lougansk et Donetsk) qui s’exerce dès février 2014 et conduit à une militarisation de la situation et à quelques massacres (à Odessa et à Marioupol, pour les plus importants). À la fin de l’été 2014, ne restent que les Républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk.

A ce stade, trop rigides et engoncés dans une approche doctrinaire de l’art opératif, les états-majors ukrainiens, subissent l’ennemi sans parvenir s’imposer. L’examen du déroulement des combats en 2014-2016 dans le Donbass montre que l’état-major ukrainien a systématiquement et mécaniquement appliqué les mêmes schémas opératifs. Or, la guerre menée par les autonomistes est alors très proche de ce que l’on observe dans le Sahel : des opérations très mobiles menées avec des moyens légers. Avec une approche plus flexible et moins doctrinaire, les rebelles ont su exploiter l’inertie des forces ukrainienne pour les « piéger » de manière répétée.

En 2014, je suis à l’OTAN, responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères, et nous tentons de détecter des livraisons d’armes russes aux rebelles afin de voir si Moscou est impliqué. Les informations que nous recevons viennent alors pratiquement toutes des services de renseignement polonais et ne « collent pas » avec les informations en provenance de l’OSCE : en dépit d’allégations assez grossières, on n’observe aucune livraison d’armes et de matériels militaire de Russie.

Les rebelles sont armés grâce aux défections d’unités ukrainiennes russophones qui passent du côté rebelle. Au fur et à mesure des échecs ukrainiens, les bataillons de chars, d’artillerie ou anti-aériens au complet viennent grossir les rangs des autonomistes. C’est ce qui pousse les Ukrainiens à s’engager dans les Accords de Minsk.

Mais, juste après avoir signé les Accords de Minsk 1, le président ukrainien Petro Porochenko lance une vaste opération antiterroriste (ATO/Антитерористична операція) contre le Donbass. Bis repetita placent : mal conseillés par des officiers de l’OTAN, les Ukrainiens subissent une cuisante défaite à Debaltsevo qui les oblige à s’engager dans les Accords de Minsk 2…

Il est essentiel de rappeler ici que les Accords de Minsk 1 (septembre 2014) et Minsk 2 (février 2015), ne prévoyaient ni la séparation, ni l’indépendance des Républiques, mais leur autonomie dans le cadre de l’Ukraine. Ceux qui ont lu les Accords(ils sont très, très, très peu nombreux) constateront qu’il est écrit en toutes lettres que le statut des républiques devait être négocié entre Kiev et les représentants des républiques, pour une solution interne à l’Ukraine.

C’est pourquoi depuis 2014, la Russie a systématiquement demandé leur application tout en refusant d’être partie aux négociations, car il s’agissait d’une affaire intérieure à l’Ukraine. De l’autre côté, les Occidentaux – France en tête – ont systématiquement tenté de substituer aux Accords de Minsk le « format Normandie », qui mettait face à face Russes et Ukrainiens. Or, rappelons-le, il n’y a jamais eu de troupes russes dans le Donbass avant le 23-24 février 2022. D’ailleurs, les observateurs de l’OSCE n’ont jamais observé la moindre trace d’unités russes opérant dans le Donbass. Ainsi, la carte des services de renseignements américains publiée par le Washington Post le 3 décembre 2021 ne montre pas de troupes russes dans le Donbass.

En octobre 2015, Vasyl Hrytsak, directeur du Service de sécurité ukrainien (SBU), confessait que l’on avait seulement observé 56 combattants russes dans le Donbass. C’était un même comparable à celui des Suisses allaient combattre en Bosnie durant les week-ends, dans les années 1990, ou des Français qui vont combattre en Ukraine aujourd’hui.

L’armée ukrainienne est alors dans un état déplorable. En octobre 2018, après quatre ans de guerre, le procureur militaire ukrainien en chef Anatoly Matios déclarait que l’Ukraine avait perdu 2 700 hommes dans le Donbass : 891 de maladies, 318 d’accidents de la route, 177 d’autres accidents, 175 d’empoisonnements (alcool, drogue), 172 suite à des manipulations imprudentes d’armes, 101 d’infractions aux règles de sécurité, 228 de meurtres et 615 de suicides.

En fait, l’armée est minée par la corruption de ses cadres et ne jouit plus du soutien de la population. Selon un rapport du ministère de l’Intérieur britannique, lors du rappel des réservistes de mars-avril 2014, 70 % ne se sont pas présentés à la première session, 80 % à la deuxième, 90 % à la troisième et 95 % à la quatrième. En octobre/novembre 2017, 70 % des appelés ne se sont pas présentés lors de la campagne de rappel « Automne 2017 ». Ceci sans compter les suicides et les désertions (souvent au profit des autonomistes) qui atteignent jusqu’à 30 % des effectifs dans la zone de l’ATO. Les jeunes Ukrainiens refusent d’aller combattre dans le Donbass et préfèrent l’émigration, ce qui explique aussi, partiellement au moins, le déficit démographique du pays.

Le ministère de la Défense ukrainien s’adresse alors à l’OTAN pour l’aider à rendre ses forces armées plus « attractives ». Ayant déjà travaillé à des projets similaires dans le cadre des Nations Unies, j’ai été sollicité par l’OTAN pour participer à un programme destiné à restaurer l’image des forces armées ukrainiennes. Mais c’est un processus de longue haleine et les Ukrainiens veulent aller vite.

Ainsi, pour compenser le manque de soldats, le gouvernement ukrainien recourt alors à des milices paramilitaires. Elles sont essentiellement composées de mercenaires étrangers, souvent militants d’extrême-droite. En 2020, elles constituent environ 40% des forces ukrainiennes et comptent environ 102 000 hommes selon Reuters. Elles sont armées, financées et formées par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et la France. On y trouve plus de 19 nationalités – dont des Suisses.

Les pays occidentaux ont donc clairement créé et soutenu des milices d’extrême droite ukrainiennes. En octobre 2021, le Jerusalem Post sonnait l’alarme en dénonçant le projet Centuria. Ces milices opèrent dans le Donbass depuis 2014, avec le soutien des Occidentaux. Même si on peut discuter le terme « nazi », il n’en demeure pas moins que ces milices sont violentes, véhiculent une idéologie nauséabonde et sont virulemment antisémites. Leur antisémitisme est plus culturel que politique, c’est pourquoi le qualificatif « nazi » n’est pas vraiment adapté. Leur haine du juif vient des grandes famines des années 1920-1930 en Ukraine, résultant de la confiscation des récoltes par Staline afin de financer la modernisation de l’Armée Rouge. Or, ce génocide – connu en Ukraine sous le nom d’Holodomor – a été perpétré par le NKVD (ancêtre du KGB) dont les échelons supérieurs de conduite étaient principalement composés de juifs. C’est pourquoi, aujourd’hui, les extrémistes ukrainiens demandent à Israël de s’excuser pour les crimes du communisme, comme le relève le Jerusalem Post. On est donc bien loin d’une « réécriture de l’Histoire » par Vladimir Poutine.

Ces milices, issues des groupes d’extrême-droite qui ont animé la révolution de l’Euromaïdan en 2014, sont composées d’individus fanatisés et brutaux. La plus connue d’entre elles est le régiment Azov, dont l’emblème rappelle celui de la 2ePanzerdivision SS Das Reich, qui fait l’objet d’une véritable vénération en Ukraine, pour avoir libéré Kharkov des Soviétiques en 1943, avant de perpétrer le massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944, en France.

Parmi les figures célèbres du régiment Azov, on trouvait l’opposant Roman Protassevitch, arrêté en 2021 par les autorités bélarusses à la suite de l’affaire du vol RyanAir FR4978. Le 23 mai 2021, on évoque le détournement délibéré d’un avion de ligne par un MiG-29 – avec l’accord de Poutine, bien évidemment – pour arrêter Protassevitch, bien que les informations alors disponibles ne confirment absolument pas ce scénario.

Mais il faut alors montrer que le président Loukachenko est un voyou et Protassevitch un « journaliste » épris de démocratie. Pourtant, une enquête assez édifiante produite par une ONG américaine en 2020, mettait en évidence les activités militantes d’extrême-droite de Protassevitch. Le complotisme occidental se met alors en marche et des médias peu scrupuleux « toilettent » sa biographie. Finalement, en janvier 2022, le rapport de l’OACI est publié et montre que malgré quelques erreurs de procédure, le Bélarus a agi conformément aux règles en vigueur et que le MiG-29 a décollé 15 minutes après que le pilote de RyanAir a décidé d’aller atterrir à Minsk. Donc pas de complot bélarus et encore moins avec Poutine. Ah !… Encore un détail : Protassevitch, cruellement torturé par la police bélarusse, est aujourd’hui libre. Ceux qui voudraient correspondre avec lui, peuvent aller sur son compte Twitter.

La qualification de « nazi » ou « néo-nazi » donnée aux paramilitaires ukrainiens est considérée comme de la propagande russe. Peut-être ; mais ce n’est pas l’avis du Times of Israel, du Centre Simon Wiesenthal ou du Centre de Lutte contre le Terrorisme de l’académie de West Point. Mais cela reste discutable, car, en 2014, le magazine Newsweek semblait plutôt les associer à… l’État Islamique. Au choix !

Donc, l’Occident soutient et continue d’armer des milices qui se sont rendues coupables de nombreux crimes contre les populations civiles depuis 2014 : viols, torture et massacres. Mais alors que le gouvernement suisse a été très prompt à prendre des sanctions contre la Russie, il n’en n’a adopté aucune contre l’Ukraine qui massacre sa propre population depuis 2014. En fait, ceux qui défendent les droits de l’homme en Ukraine ont depuis longtemps condamné les agissements de ces groupes, mais n’ont pas été suivis par nos gouvernements. Car, en réalité, on ne cherche pas à aider l’Ukraine, mais à combattre la Russie.

L’intégration de ces forces paramilitaires dans la Garde Nationale ne s’est pas du tout accompagnée d’une « dénazification », comme certains le prétendent. Parmi les multiples exemples, celui de l’insigne du Régiment Azov est édifiant :

En 2022, très schématiquement, les forces armées ukrainiennes qui combattent l’offensive russe s’articulent en :

– Armée de terre, subordonnée au ministère de la Défense : elle est articulée en 3 corps d’armée et composée de formations de manœuvre (chars, artillerie lourde, missiles, etc.).

– Garde Nationale, qui dépend du ministère de l’Intérieur et est articulée en 5 commandements territoriaux.

La Garde Nationale est donc une force de défense territoriale qui ne fait pas partie de l’armée ukrainienne. Elle comprend les milices paramilitaires, appelées « bataillons de volontaires » (добровольчі батальйоні), également connues sous le nom évocateur de « bataillons de représailles », composés d’infanterie. Principalement formés pour le combat urbain, ceux-ci assurent aujourd’hui la défense de villes comme Kharkov, Marioupol, Odessa, Kiev, etc.

 

DEUXIÈME PARTIE : LA GUERRE

Ancien responsable des forces du Pacte de Varsovie au service de renseignement stratégique helvétique, j’observe avec tristesse – mais sans étonnement – que nos services ne sont plus en mesure de comprendre la situation militaire en Ukraine. Les « experts » auto-proclamés qui défilent sur nos écrans relaient inlassablement les mêmes informations modulées par l’affirmation que la Russie – et Vladimir Poutine – est irrationnel. Prenons un peu de recul.

LE DÉCLENCHEMENT DE LA GUERRE

Depuis le mois de novembre 2021, les Américains ne cessent de brandir la menace d’une invasion russe contre l’Ukraine. Pourtant, les Ukrainiens ne semblent pas du même avis. Pourquoi ?

Il faut remonter au 24 mars 2021. Ce jour-là, Volodymyr Zelensky promulgue un décret pour la reconquête de la Crimée et commence à déployer ses forces vers le sud du pays. Simultanément, a lieu la conduite de plusieurs exercices de l’OTAN entre la mer Noire et la mer Baltique, accompagnés d’un accroissement important des vols de reconnaissance le long de la frontière russe. La Russie, mène alors quelques exercices, afin de tester la disponibilité opérationnelle de ses troupes et montrer qu’elle suit l’évolution de la situation.

Les choses se calment jusqu’en octobre-novembre avec la fin des exercices ZAPAD 21, dont les mouvements de troupes sont interprétés comme un renforcement en vue d’une offensive contre l’Ukraine. Pourtant, même les autorités ukrainiennes réfutent l’idée de préparatifs russes pour une guerre et Oleksiy Reznikov, ministre de la Défense ukrainien déclare qu’il n’y a pas de changement à sa frontière depuis le printemps.

En violation des Accords de Minsk, l’Ukraine mène des opérations aériennes au Donbass à l’aide de drones, dont au moins exécute une frappe contre un dépôt de carburant à Donetsk en octobre 2021. La presse américaine le relève, mais pas les Européens et personne ne condamne ces violations.

En février 2022, les événements se précipitent. Le 7 février, lors de sa visite à Moscou, Emmanuel Macron réaffirme à Vladimir Poutine son attachement aux Accords de Minsk, un engagement qu’il répétera à l’issue de son entrevue avec Volodymyr Zelensky, le lendemain. Mais le 11 février, à Berlin, après 9 heures de travail, la réunion des conseillers politiques des dirigeants du « format Normandie » s’achève, sans résultat concret : les Ukrainiens refusent encore et toujours d’appliquer les Accords de Minsk, apparemment sous la pression des États-Unis. Vladimir Poutine constate alors que Macron lui a fait des promesses en l’air et que les Occidentaux ne sont pas prêts à faire appliquer les Accords, comme ils le font depuis huit ans.

Les préparatifs ukrainiens dans la zone de contact continuent. Le Parlement russe s’alarme et le 15 février demande à Vladimir Poutine de reconnaître l’indépendance des Républiques, ce qu’il refuse.

Le 17 février, le président Joe Biden annonce que la Russie va attaquer l’Ukraine dans les prochains jours. Comment le sait-il ? Mystère… Mais depuis le 16, le pilonnage d’artillerie sur les populations du Donbass augmente de manière dramatique, comme le montrent les rapports journaliers des observateurs de l’OSCE. Naturellement, ni les médias, ni l’Union européenne, ni l’OTAN, ni aucun gouvernement occidental ne réagit et n’intervient. On dira plus tard, qu’il s’agit de désinformation russe. En fait, il semble que l’Union européenne et certains pays ont à dessein passé sous silence le massacre des populations du Donbass, sachant que cela provoquerait une intervention russe.

Simultanément, on signale des actes de sabotages dans le Donbass. Le 18 janvier, les combattants du Donbass interceptent des saboteurs équipés de matériel occidental et parlant polonais cherchant à créer des incidents chimiques à Gorlivka. Il pourrait s’agir de mercenaires de la CIA, conduits ou « conseillés » par des Américains et composés de combattants ukrainiens ou européens, pour mener des actions de sabotage dans les Républiques du Donbass.

En fait, dès le 16 février, Joe Biden sait que les Ukrainiens ont commencé à pilonner les populations civiles du Donbass, mettant Vladimir Poutine devant un choix difficile : aider le Donbass militairement et créer un problème international ou rester sans rien faire et regarder les russophones du Donbass se faire écraser.

S’il décide d’intervenir, Vladimir Poutine peut invoquer l’obligation internationale de « Responsibility To Protect » (R2P). Mais il sait que quelle que soit sa nature ou son ampleur, l’intervention déclenchera une pluie de sanctions. Dès lors, que son intervention soit limitée au Donbass ou qu’elle aille plus loin pour faire pression sur les Occidentaux pour le statut de l’Ukraine, le prix à payer sera le même. C’est d’ailleurs ce qu’il explique lors de son allocution du 21 février.

Ce jour-là, il accède à la demande de la Douma et reconnaît l’indépendance des deux Républiques du Donbass et, dans la foulée, il signe avec elles des traités d’amitié et d’assistance.

Les bombardements de l’artillerie ukrainienne sur les populations du Donbass se poursuivent et, le 23 février, les deux Républiques demandent l’aide militaire de la Russie. Le 24, Vladimir Poutine invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui prévoit l’entraide militaire dans le cadre d’une alliance défensive.

Afin de rendre l’intervention russe totalement illégale aux yeux du public nous occultons délibérément le fait que la guerre a effectivement commencé le 16 février. L’armée ukrainienne s’apprêtait à attaquer le Donbass dès 2021, comme le savaient pertinemment certains services de renseignement russes et européens… Les juristes jugeront.

Dans son allocution du 24 février, Vladimir Poutine a énoncé les deux objectifs de son opération : « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine. Il ne s’agit donc pas de s’emparer de l’Ukraine, ni même, vraisemblablement de l’occuper et certainement pas de la détruire.

À partir de là, notre visibilité sur le déroulement de l’opération est limitée : les Russes ont une excellente sécurité des opérations (OPSEC) et le détail de leur planification n’est pas connue. Mais assez rapidement, le déroulement des opérations permet de comprendre comment les objectifs stratégiques se sont traduits sur le plan opératif.

– Démilitarisation :

. destruction au sol de l’aviation, des systèmes de défense aérienne et des moyens de reconnaissance ukrainiens ;

. neutralisation des structures de commandement et de renseignement (C3I), ainsi que des principales voies logistiques dans la profondeur du territoire ;

. encerclement du gros de l’armée ukrainienne massée dans le sud-est du pays.

– Dénazification :

. destruction ou neutralisation des bataillons de volontaires qui opèrent dans les villes d’Odessa, Kharkov et Marioupol, ainsi que dans diverses installations sur le territoire.

LA « DÉMILITARISATION

L’offensive russe se déroule de manière très « classique ». Dans un premier temps – comme l’avaient fait les Israéliens en 1967 – avec la destruction au sol des forces aériennes dans les toutes premières heures. Puis, on assiste à une progression simultanée sur plusieurs axes selon le principe de « l’eau qui coule » : on avance partout où la résistance est faible et on laisse les villes (très voraces en troupes) pour plus tard. Au nord, la centrale de Tchernobyl est occupée immédiatement afin de prévenir des actes de sabotage. Les images de soldats ukrainiens et russes assurant ensemble la surveillance de la centrale ne sont naturellement pas montrées…

L’idée que la Russie cherche à s’emparer de Kiev, la capitale pour éliminer Zelensky, vient typiquement des Occidentaux : c’est ce qu’ils ont fait en Afghanistan, en Irak, en Libye et ce qu’ils voulaient faire en Syrie avec l’aide de l’État islamique. Mais Vladimir Poutine n’a jamais eu l’intention d’abattre ou de renverser Zelensky. La Russie cherche au contraire à le maintenir au pouvoir en le poussant à négocier en encerclant Kiev. Il avait refusé de faire jusque-là pour appliquer les Accords de Minsk, mais maintenant les Russes veulent obtenir la neutralité de l’Ukraine.

Beaucoup de commentateurs occidentaux se sont étonnés que les Russes aient continué à chercher une solution négociée tout en menant des opérations militaires. L’explication est dans la conception stratégique russe, depuis l’époque soviétique. Pour les Occidentaux, la guerre commence lorsque la politique cesse. Or, l’approche russe suit une inspiration clausewitzienne : la guerre est la continuité de la politique et on peut passer de manière fluide de l’une à l’autre, même au cours des combats. Cela permet de créer une pression sur l’adversaire et le pousser à négocier.

Du point de vue opératif, l’offensive russe a été un exemple du genre : en six jours, les Russes se sont emparés d’un territoire aussi vaste que le Royaume-Uni, avec une vitesse de progression plus grande que ce que la Wehrmacht avait réalisé en 1940.

Le gros de l’armée ukrainienne était déployé au sud du pays en vue d’une opération majeure contre le Donbass. C’est pourquoi, les forces russes ont pu l’encercler dès le début mars dans le « chaudron » compris entre Slavyansk, Kramatorsk et Severodonetsk, par une poussée venant de l’est par Kharkov et une autres venant du sud depuis la Crimée. Les troupes des Républiques de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL) complètent l’action des forces russes par une poussée venant de l’Est.

A ce stade, les forces russes resserrent lentement l’étau, mais ne sont plus sous pression du temps. Leur objectif de démilitarisation est pratiquement atteint et les forces ukrainiennes résiduelles n’ont plus de structure de commandement opératif et stratégique.

Le « ralentissement » que nos « experts » attribuent à une mauvaise logistique, n’est que la conséquence d’avoir atteint les objectifs fixés. La Russie ne semble pas vouloir s’engager dans une occupation de l’ensemble du territoire ukrainien. En fait, il semble plutôt que la Russie cherche à limiter son avance à la frontière linguistique du pays.

Nos médias parlent de bombardements indiscriminés contre les populations civiles, notamment à Kharkov et des images dantesques sont diffusées en boucle. Pourtant, Gonzalo Lira, un latino-américain qui y vit, nous présente une ville calme le 10 mars, et le 11 mars. Certes c’est une grande ville et on ne voit pas tout, mais cela semble indiquer que l’on n’est pas dans la guerre totale qu’on nous sert en continu sur nos écrans.

Quant aux Républiques du Donbass, elles ont « libéré » leurs propres territoires et combattent dans la ville de Marioupol.

LA « DÉNAZIFICATION »

Dans les villes comme Kharkov, Marioupol et Odessa, la défense est assurée par les milices paramilitaires. Elles savent que l’objectif de « dénazification » les vise au premier chef.

Pour un attaquant en zone urbanisée, les civils sont un problème. C’est pourquoi la Russie cherche à créer des couloirs humanitaires pour vider les villes des civils et ne laisser que les milices afin de les combattre plus facilement.

À l’inverse, ces milices cherchent à garder les civils dans les villes afin de dissuader l’armée russe de venir y combattre. C’est pourquoi elles sont réticentes à mettre en œuvre ces couloirs et font tout pour que les efforts russes soient vains : ils peuvent ainsi utiliser la population civile comme « boucliers humains ». Les vidéos montrant des civils cherchant à quitter Marioupol et tabassés par les combattants du régiment Azov sont naturellement soigneusement censurées chez nous.

Sur Facebook, le groupe Azov était considéré dans la même catégorie que l’État islamique et soumis à la « politique sur les individus et organisations dangereuses » de la plate-forme. Il était donc interdit de le glorifier, et les « posts » qui lui étaient favorables étaient systématiquement bannis. Mais le 24 février, Facebook modifie sa politique et autorise les posts favorables à la milice. Dans le même esprit, en mars, la plate-forme autorise, dans les ex-pays de l’Est, les appels au meurtre de militaires et de dirigeants russes. Voilà pour les valeurs qui inspirent nos dirigeants, comme nous le verrons.

Nos médias propagent une image romanesque de la résistance populaire. C’est cette image qui a conduit l’Union européenne à financer la distribution d’armes à la population civile. C’est un acte criminel. Dans mes fonctions de chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix à l’ONU, j’ai travaillé sur la question de la protection des civils. Nous avons alors constaté que les violences contre les civils avaient lieu dans des contextes très précis. En particulier lorsque les armes foisonnent et qu’il n’y pas de structures de commandement.

Or, ces structures de conduite sont l’essence des armées : elles ont pour fonction de canaliser l’emploi de la force en fonction d’un objectif. En armant des citoyens de manière désordonnée comme c’est le cas actuellement, l’UE les transforme en combattants, avec les conséquences qui en découlent : des cibles potentielles. En outre, sans commandement, sans buts opératifs, la distribution d’armes conduit inéluctablement à des règlements de compte, du banditisme et à des actions plus meurtrières qu’efficaces. La guerre devient une affaire d’émotions. La force devient violence. C’est ce qui s’est passé à Tawarga (Libye) du 11 au 13 août 2011, où 30 000 africains noirs ont été massacrés avec des armes parachutées (illégalement) par la France. D’ailleurs, l’Institut royal d’étude stratégique britannique (RUSI) ne voit pas de valeur ajoutée à ces livraisons d’armes.

De plus, en livrant des armes à un pays en guerre, on s’expose à être considéré comme un belligérant. Les frappes russes du 13 mars 2022, contre la base aérienne de Mykolaïv suivent les avertissements russes que les transports d’armes seraient traités comme des cibles hostiles.

L’UE répète la désastreuse expérience du IIIe Reich dans les dernières heures de la bataille de Berlin. La guerre doit être laissée aux militaires et lorsqu’un camp a perdu, il faut l’admettre. Et s’il doit y avoir une résistance, elle doit impérativement être conduite et structurée. Or, nous faisons exactement l’inverse : on pousse des citoyens à aller se battre et simultanément, Facebook autorise les appels au meurtre de militaires et de dirigeants russes. Voilà pour les valeurs qui nous inspirent.

Dans certains services de renseignement, on voit cette décision irresponsable comme une manière d’utiliser la population ukrainienne comme chair à canon pour combattre la Russie de Vladimir Poutine. Il fallait laisser ce genre de décision meurtrière aux collègues du grand-père de d’Ursula von der Leyen. Il aurait été plus judicieux d’engager des négociations et ainsi obtenir des garanties pour les populations civiles que d’ajouter de l’huile sur le feu. Il est facile d’être combatif avec le sang des autres…

LA MATERNITÉ DE MARIOUPOL

Il est important de comprendre au préalable que ce n’est pas l’armée ukrainienne qui assure la défense de Marioupol, mais la milice Azov, composée de mercenaires étrangers.

Dans son résumé de la situation du 7 mars 2022, la mission russe de l’ONU à New York déclare que « Les habitants rapportent que les forces armées ukrainiennes ont expulsé le personnel de l’hôpital natal n°1 de la ville de Marioupol et ont installé un poste de tir à l’intérieur de l’établissement. »

Le 8 mars, le média indépendant russe Lenta.ru, publie le témoignage de civils de Marioupol qui racontent que la maternité a été prise par les milices du régiment Azov, et en ont chassé les occupants civils en les menaçant de leurs armes. Ils confirment ainsi les déclarations de l’ambassadeur russe quelques heures plus tôt.

L’hôpital de Marioupol occupe une position dominante, parfaitement adéquate pour y installer des armes antichars et pour l’observation. Le 9 mars, les forces russes frappent le bâtiment. Selon CNN, il y aurait 17 blessés, mais les images ne montrent aucune victime dans les locaux et rien ne montre que les victimes dont on parle sont liées à cette frappe. On parle d’enfants, mais en réalité, on ne voit rien. C’est peut-être vrai, mais c’est peut-être faux… Ce qui n’empêche pas les dirigeants de l’UE d’y voir un crime de guerre… Ce qui permet, juste après, à Zelensky de réclamer une zone d’interdiction de vol au-dessus de l’Ukraine…

En réalité, on ne sait pas exactement ce qui s’est passé. Mais la séquence des événements tend à confirmer que les forces russes ont frappé une position du régiment Azov et que la maternité était alors libre de tout civils.

Le problème est que les milices paramilitaires qui assurent la défense des villes sont encouragées par la communauté internationale à ne pas respecter les usages de la guerre. Il semble que les Ukrainiens ont rejoué le scénario de la maternité de Koweït City en 1990, qui avait été totalement mise en scène par la firme Hill & Knowlton pour un montant de 10,7 millions de dollars afin de convaincre le Conseil de Sécurité des Nations Unies d’intervenir en Irak pour l’opération Desert Shield/Storm.

Les politiciens occidentaux ont d’ailleurs accepté les frappes contres civils du Donbass pendant huit ans, sans adopter aucune sanction contre le gouvernement ukrainien. Nous sommes depuis longtemps entrés dans une dynamique où les politiques occidentaux ont accepté de sacrifier le droit international à leur objectif d’affaiblir à la Russie.

TROISIÈME PARTIE : CONCLUSIONS

En tant qu’ex-professionnel du renseignement, la première chose qui me frappe est l’absence totale des services de renseignement occidentaux dans la représentation de la situation depuis une année. En Suisse, on a reproché aux services de ne pas avoir fourni une image correcte de la situation. En fait, il semble que dans tout le monde occidental, les services aient été débordés par les politiques. Le problème est que ce sont les politiques qui décident : le meilleur service de renseignement du monde est inutile si le décideur ne l’écoute pas. C’est ce qui s’est passé lors de cette crise.

Cela étant, si certains services de renseignement avaient une image très précise et rationnelle de la situation, d’autres avaient manifestement la même image que celle propagée par nos médias. Dans cette crise, les services des pays de la « nouvelle Europe » ont joué un rôle important. Le problème est que, par expérience, j’ai constaté qu’ils étaient extrêmement mauvais sur le plan analytique : doctrinaires, ils n’ont pas l’indépendance intellectuelle et politique nécessaire pour apprécier une situation avec une « qualité » militaire. Il vaut mieux les avoir comme ennemis que comme amis.

Ensuite, il semble que dans certains pays européens, les politiques ont délibérément ignoré leurs services pour répondre de manière idéologique à la situation. C’est pourquoi, cette crise a été irrationnelle dès le début. On observera, que tous les documents qui ont été présentés au public lors de cette crise l’ont été par des politiques sur la base de sources commerciales…

Certains politiciens occidentaux voulaient manifestement qu’il y ait un conflit. Aux États-Unis, les scénarios d’attaque présentés par Anthony Blinken au Conseil de Sécurité n’étaient que le fruit de l’imagination d’un Tiger Team travaillant pour lui : il a fait exactement comme Donald Rumsfeld en 2002, qui avait ainsi « contourné » la CIA et les autres services de renseignement qui étaient beaucoup moins affirmatifs sur les armes chimiques irakiennes.

Les développements dramatiques dont nous sommes les témoins aujourd’hui ont des causes que nous connaissions, mais que nous avons refusés de voir :

– sur le plan stratégique, l’expansion de l’OTAN (que nous n’avons pas traité ici) ;

– sur le plan politique, le refus occidental de mettre en œuvre les Accords de Minsk ;

– et sur le plan opératif, les attaques continues et répétées des populations civiles du Donbass depuis ans et la dramatique augmentation de la fin février 2022.

En d’autres termes, nous pouvons naturellement déplorer et condamner l’attaque russe. Mais NOUS (c’est-à-dire : les États-Unis, la France et l’Union européenne en tête) avons créé les conditions pour qu’un conflit éclate. Nous témoignons de la compassion pour le peuple ukrainien et les deux millions de réfugiés. C’est bien. Mais si nous avions eu un minimum de compassion pour le même nombre de réfugiés des populations ukrainiennes du Donbass massacrées par leur propre gouvernement et qui se sont accumulés en Russie durant huit ans, rien de cela ne serait probablement passé.

Que le terme de « génocide » s’applique aux exactions subies par les populations du Donbass est une question ouverte. On réserve généralement ce terme à des cas de plus grande ampleur (Holocauste, etc.), néanmoins, la définition qu’en donne la Convention sur le génocide, est probablement suffisamment large pour s’y appliquer. Les juristes apprécieront.

Clairement, ce conflit nous a conduit dans l’hystérie. Les sanctions semblent être devenues l’outil privilégié de nos politiques étrangères. Si nous avions insisté pour que l’Ukraine respecte les Accords de Minsk, que nous avions négocié et cautionné, tout cela ne serait pas arrivé. La condamnation de Vladimir Poutine est aussi la nôtre. Rien ne sert de pleurnicher après coup, il fallait agir avant. Or, ni Emmanuel Macron (comme garant et comme membre du Conseil de Sécurité de l’ONU), ni Olaf Scholz, ni Volodymyr Zelensky n’ont respecté leurs engagements. En définitive, la vraie défaite est celle de ceux qui n’ont pas de parole.

L’Union européenne a été incapable de promouvoir la mise en œuvre des accords de Minsk, au contraire, elle n’a pas réagi lorsque l’Ukraine bombardait sa propre population dans le Donbass. L’eût-elle fait, Vladimir Poutine n’aurait pas eu besoin de réagir. Absente de la phase diplomatique, l’UE s’est distinguée en alimentant le conflit. Le 27 février, le gouvernement ukrainien est d’accord d’entamer des négociations avec la Russie. Mais quelques heures plus tard, l’Union européenne vote un budget de 450 millions d’euros pour fournir des armes à l’Ukraine, remettant de l’huile sur le feu. A partir de là, les Ukrainiens sentent qu’ils n’auront pas besoin d’arriver à un accord. La résistance des milices Azov à Marioupol provoquera même une relance de 500 millions d’euros pour des armes.

En Ukraine, avec la bénédiction des pays occidentaux, ceux qui sont en faveur d’une négociation sont éliminés. C’est le cas de Denis Kireyev, un des négociateurs ukrainiens, assassiné le 5 mars par le service secret ukrainien (SBU) car il est trop favorable à la Russie et est considéré comme traître. Le même sort est réservé à Dmitry Demyanenko, ex-chef adjoint de la direction principale du SBU pour Kiev et sa région, assassiné le 10 mars, car trop favorable à un accord avec la Russie : il est abattu par la milice Mirotvorets (« Pacificateur »). Cette milice est associée au site web Mirotvorets qui liste les « ennemis de l’Ukraine », avec leurs données personnelles, leur adresse et numéros de téléphone, afin qu’ils puissent être harcelés, voire éliminés ; une pratique punissable dans de nombreux pays, mais pas en Ukraine. L’ONU et quelques pays européens en ont exigé la fermeture… refusée par la Rada.

Finalement, le prix sera élevé, mais Vladimir Poutine atteindra vraisemblablement les objectifs qu’il s’était fixés. Ses liens avec Pékin se sont solidifiés. La Chine émerge comme médiatrice du conflit, tandis que la Suisse fait son entrée dans la liste des ennemis de la Russie. Les Américains doivent demander du pétrole au Venezuela et à l’Iran pour se sortir de l’impasse énergétique dans laquelle ils se sont mis : Juan Guaido quitte définitivement la scène et les Etats-Unis doivent revenir piteusement sur les sanctions imposées à leurs ennemis.

Des ministres occidentaux qui cherchent à faire s’effondrer l’économie russe et faire en sorte que le peuple russe en souffre, voire appellent à assassiner Poutine, montrent (même s’ils sont partiellement revenus sur la forme de leurs propos, mais pas sur le fond !) que nos dirigeants ne valent pas mieux que ceux que nous détestons. Car, sanctionner des athlètes russes des jeux para-olympiques ou des artistes russes n’a strictement rien à voir avec une lutte contre Poutine.

Ainsi, nous reconnaissons donc que la Russie est une démocratie puisque nous considérons que le peuple russe est responsable de la guerre. Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi cherchons-nous à punir toute une population pour la faute d’un seul ? Rappelons que la punition collective est interdite par les Conventions de Genève…

La leçon à tirer de ce conflit est notre sens de l’humanité géométrie variable. Si nous tenions tellement à la paix et à l’Ukraine, pourquoi ne l’avons-nous pas plus encouragée à respecter les accords qu’elle avait signés et que les membres du Conseil de Sécurité avaient approuvés ?

L’intégrité de médias se mesure à leur volonté à travailler selon les termes de la Charte de Munich. Ils avaient réussi à propager la haine des Chinois lors de la crise de la Covid et leur message polarisé conduit aux mêmes effets contre les Russes. Le journalisme se dépouille de plus en plus du professionnalisme pour devenir militant…

Comme disait Goethe : « Plus grande est la lumière, plus noire est l’ombre ». Plus les sanctions contre la Russie sont démesurées, plus les cas où nous n’avons rien fait mettent en évidence notre racisme et notre servilité. Pourquoi aucun politicien occidental n’a-t-il réagi aux frappes contre les populations civiles du Donbass durant huit ans ?

Car finalement, qu’est-ce qui rend le conflit en Ukraine plus blâmable que la guerre en Irak, en Afghanistan ou en Libye ? Quelles sanctions avons-nous adopté contre ceux qui ont délibérément menti devant la communauté internationale pour mener des guerres injustes, injustifiées, injustifiables et meurtrières ? A-t-on cherché à « faire souffrir » le peuple américain qui nous avait menti (car c’est une démocratie !) avant la guerre en Irak ? Avons-nous seulement adopté une seule sanction contre les pays, les entreprises ou les politiciens qui alimentent en armes le conflit du Yémen, considéré comme la « pire catastrophe humanitaire au monde » ? Avons-nous sanctionné les pays de l’Union européenne qui pratiquent la torture la plus abjecte sur leur territoire au profit des États-Unis ?

Poser la question c’est y répondre… et la réponse n’est pas glorieuse.

Jacques Baud

 

 

Jacques Baud est un ancien colonel d’État-major général, ex-membre du renseignement stratégique suisse, spécialiste des pays de l’Est. Il a été formé dans les services de renseignement américain et britannique. Il a été chef de la doctrine des opérations de la paix des Nations Unies. Expert des Nations Unies pour l’État de droit et les institutions de sécurité, il a conçu et dirigé le premier service de renseignement multidimensionnel des Nations Unies au Soudan. Il a travaillé pour l’Union africaine et a été durant 5 ans responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères à l’OTAN. Il a été engagé dans des discussions avec les plus hauts responsables militaires et du renseignement russes juste après la chute de l’URSS. Au sein de l’OTAN, il a suivi la crise ukrainienne de 2014, puis a participé à des programmes d’assistance à l’Ukraine.  Il est l’auteur de plusieurs livres sur le renseignement, la guerre et le terrorisme, et en particulier Le Détournement aux éditions SIGEST, Gouverner par les fake news, L’affaire Navalny, et Poutine, maître du jeu ? aux éditions Max Milo.

Son dernier ouvrage « Poutine, maître du jeu ? », éditions Max Milo, paraît le 16 mars 2022.

La source originale de cet article est Centre Français de Recherche sur le Renseignement

Copyright © Jacques BaudCentre Français de Recherche sur le Renseignement, 2022

https://www.mondialisation.ca/la-situation-militaire-en-ukraine/5667596

Dans UKRAINE

A QUI PROFITE LA GUERRE EN UKRAINE? LES CHIFFRES FOUS DU COMPLEXE MILITARO-INDUSTRIEL

Par Le 26/04/2022

A qui profite la guerre en Ukraine? Les chiffres fous du complexe militaro-industriel

 

25 Avr 2022

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Les États-Unis voulaient la guerre en Ukraine. Ils ont systématiquement ignoré les demandes de Moscou qui auraient pu désamorcer le conflit. Encore maintenant, ils sapent tout effort diplomatique et n’évoquent jamais de solution pacifique, préférant inonder l’Ukraine d’armes et voir le sang couler. Pire, le scénario de cette guerre a été soigneusement étudié par le Pentagone. Se pose alors la question: à qui profite le crime? En quittant ses fonctions en 1961, le président Eisenhower alertait sur l’influence exercée par le complexe militaro-industriel en évoquant le « risque d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime ». Mais rien n’a freiné depuis l’ascension des marchands d’armes qui pèsent de tout leur poids sur la politique étrangère des États-Unis. Cet article explique par le détail comment le complexe militaro-industriel tire un profit astronomique de la guerre en Ukraine. (IGA)

 

L’invasion russe de l’Ukraine a apporté d’immenses souffrances à la population de ce pays, tout en suscitant des appels à l’augmentation des dépenses militaires tant aux États-Unis qu’en Europe. Bien que cette guerre puisse s’avérer être une tragédie pour le monde, un groupe en profite déjà : les marchands d’armes américains.

Avant même que les hostilités n’éclatent, les PDG des principales entreprises d’armement évoquaient la manière dont les tensions en Europe pourraient gonfler leurs bénéfices. En janvier 2022, lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs de sa société, Greg Hayes, PDG de Raytheon Technologies, s’est ostensiblement vanté que la perspective d’un conflit en Europe de l’Est et dans d’autres points chauds du globe serait bonne pour les affaires, ajoutant que « nous voyons, je dirais, des opportunités de ventes internationales… Les tensions en Europe de l’Est, les tensions en mer de Chine méridionale, toutes ces choses font pression sur certaines dépenses de défense là-bas. Je m’attends donc à ce que nous en tirions un certain profit. »

Fin mars, dans une interview accordée à la Harvard Business Review après le début de la guerre en Ukraine, Hayes a défendu la manière dont son entreprise allait tirer profit de ce conflit :

« Je ne m’excuse donc pas pour cela. Je pense qu’une fois de plus, nous reconnaissons que nous sommes là pour défendre la démocratie et le fait est que nous finirons par en tirer un certain bénéfice au fil du temps. Tout ce qui est expédié en Ukraine aujourd’hui, bien sûr, provient des stocks, soit du DoD [le ministère de la Défense], soit de nos alliés de l’OTAN, et c’est une excellente nouvelle. Un jour ou l’autre, nous devrons le réapprovisionner et nous verrons un avantage pour l’entreprise au cours des prochaines années. »

Des armes pour l’Ukraine, des profits pour les marchands d’armes

La guerre en Ukraine sera en effet une aubaine pour des entreprises comme Raytheon et Lockheed Martin. Tout d’abord, il y aura les contrats de réapprovisionnement en armes telles que le missile anti-aérien Stinger de Raytheon et le missile anti-char Javelin produit par Raytheon/Lockheed Martin que Washington a déjà fourni à l’Ukraine par milliers. Le plus gros flux de profits, cependant, proviendra des augmentations assurées des dépenses de sécurité nationale après le conflit, ici et en Europe, justifiées, au moins en partie, par l’invasion russe et le désastre qui s’en est suivi.

En effet, les transferts directs d’armes vers l’Ukraine ne reflètent déjà qu’une partie de l’argent supplémentaire destiné aux entrepreneurs militaires américains. Rien que pour cette année fiscale, ils sont assurés de récolter également des bénéfices importants de l’Initiative d’assistance à la sécurité en Ukraine (USAI) du Pentagone et du programme de financement militaire étranger (FMF) du Département d’État, qui financent tous deux l’acquisition d’armes et d’autres équipements américains, ainsi que la formation militaire. Ce sont, en fait, les deux principaux canaux d’aide militaire à l’Ukraine depuis le moment où les Russes ont envahi et saisi la Crimée en 2014. Depuis lors, les États-Unis ont engagé environ 5 milliards de dollars d’aide à la sécurité dans ce pays.

Selon le département d’État, les États-Unis ont fourni cette aide militaire pour aider l’Ukraine à « préserver son intégrité territoriale, sécuriser ses frontières et améliorer l’interopérabilité avec l’OTAN. » Aussi, lorsque les troupes russes ont commencé à se masser à la frontière ukrainienne l’année dernière, Washington a rapidement fait monter les enchères. Le 31 mars 2021, le Commandement européen des États-Unis a déclaré une « crise potentielle imminente », compte tenu des quelque 100 000 soldats russes déjà présents le long de cette frontière et en Crimée. À la fin de l’année dernière, l’administration Biden s’était engagée à fournir 650 millions de dollars d’armement à l’Ukraine, notamment des équipements antiaériens et anti-blindés comme le missile antichar Javelin de Raytheon/Lockheed Martin.

Malgré ces niveaux élevés d’assistance militaire américaine, les troupes russes ont effectivement envahi l’Ukraine en février. Depuis lors, selon les rapports du Pentagone, les États-Unis se sont engagés à fournir une aide militaire d’environ 2,6 milliards de dollars à ce pays, ce qui porte le total de l’administration Biden à plus de 3,2 milliards de dollars et continue d’augmenter.

Une partie de cette aide a été incluse dans un paquet de dépenses d’urgence pour l’Ukraine en mars, qui exigeait l’achat direct d’armes auprès de l’industrie de la défense, notamment des drones, des systèmes de roquettes guidées par laser, des mitrailleuses, des munitions et d’autres fournitures. Les grandes sociétés militaro-industrielles vont maintenant chercher à obtenir des contrats du Pentagone pour livrer cet armement supplémentaire, alors même qu’elles se préparent à reconstituer les stocks du Pentagone déjà livrés aux Ukrainiens.

Sur ce front, en fait, les entrepreneurs militaires ont de quoi se réjouir. Plus de la moitié des 6,5 milliards de dollars alloués au Pentagone dans le cadre du plan de dépenses d’urgence pour l’Ukraine est destinée à la reconstitution des stocks du ministère de la défense. Au total, les législateurs ont alloué 3,5 milliards de dollars à cet effort, soit 1,75 milliard de plus que ce que le président avait demandé. Ils ont également augmenté de 150 millions de dollars le financement du programme FMF du département d’État pour l’Ukraine. Et n’oubliez pas que ces chiffres ne comprennent même pas le financement d’urgence des coûts d’acquisition et de maintenance du Pentagone, qui sont garantis pour fournir des flux de revenus supplémentaires aux grands fabricants d’armes.

Mieux encore, du point de vue de ces entreprises, il reste de nombreuses parts à prendre de la de l’aide militaire ukrainienne. Le président Biden a déjà indiqué très clairement que « nous allons donner à l’Ukraine les armes pour se battre et se défendre pendant les jours difficiles à venir ». On ne peut que supposer que d’autres engagements sont en cours.

Un autre effet secondaire positif de la guerre pour Lockheed, Raytheon et d’autres marchands d’armes, est la pression exercée par le président de la commission des services armés de la Chambre des représentants, Adam Smith, D-Wash, et le membre de rang Mike Rogers, R-Ala, pour accélérer la production d’un missile anti-aérien de nouvelle génération destiné à remplacer le Stinger. Lors de son audition de confirmation au Congrès, William LaPlante, le dernier candidat en date à la tête des acquisitions au Pentagone, a fait valoir que l’Amérique avait également besoin de davantage de « lignes de production chaudes » pour les bombes, les missiles et les drones. Considérez que c’est un autre avantage en attente pour les grands entrepreneurs de l’armement.

La mine d’or du Pentagone

Pour les fabricants d’armes américains, cependant, les plus grands avantages de la guerre en Ukraine ne seront pas les ventes d’armes immédiates, aussi importantes soient-elles, mais la nature changeante du débat actuel sur les dépenses du Pentagone lui-même. Bien sûr, les représentants de ces entreprises mettaient déjà en avant le défi à long terme posé par la Chine, une menace largement exagérée, mais l’invasion russe n’est rien de moins qu’une manne tombée du ciel pour eux, le cri de ralliement ultime pour les partisans d’une augmentation des dépenses militaires. Même avant la guerre, le Pentagone devait recevoir au moins 7 300 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit plus de quatre fois le coût du plan national du président Biden, Build Back Better, de 1 700 milliards de dollars, déjà bloqué par les membres du Congrès qui l’ont qualifié de « trop cher », et de loin. Et n’oubliez pas que, compte tenu de la flambée actuelle des dépenses du Pentagone, ces 7 300 milliards de dollars pourraient s’avérer un chiffre minime.

Pour l’industrie américaine de l’armement, le grand profit de la guerre en Ukraine ne sera pas la vente immédiate d’armes, mais le changement de la nature du débat sur les dépenses du Pentagone.

En effet, des responsables du Pentagone comme la secrétaire adjointe à la Défense Kathleen Hicks ont rapidement cité l’Ukraine comme l’une des raisons de la proposition de budget record de 813 milliards de dollars de l’administration Biden pour la sécurité nationale, qualifiant l’invasion de la Russie de « menace aiguë pour l’ordre mondial ». À une autre époque, cette demande de budget pour l’année fiscale 2023 aurait été époustouflante, puisqu’elle est plus élevée que les dépenses au plus fort des conflits en Corée et au Vietnam et plus de 100 milliards de dollars de plus que ce que le Pentagone recevait annuellement au plus fort de la guerre froide.

Cependant, malgré son ampleur, les républicains du Congrès – rejoints par un nombre important de leurs collègues démocrates – font déjà pression pour obtenir davantage. Quarante membres républicains des commissions des services armés de la Chambre et du Sénat ont en effet signé une lettre adressée au président Biden demandant une croissance de 5 % des dépenses militaires au-delà de l’inflation, ce qui pourrait ajouter jusqu’à 100 milliards de dollars à cette demande budgétaire. De manière assez typique, la représentante Elaine Luria, D-Va, qui représente la région proche du chantier naval militaire de Newport News de la société Huntington Ingalls en Virginie, a accusé l’administration de « vider la Marine » parce qu’elle envisage de mettre hors service certains navires plus anciens pour faire place à de nouveaux navires. Cette plainte a été déposée en dépit du fait que ce service prévoit de dépenser 28 milliards de dollars pour de nouveaux navires au cours de l’exercice 2023.

Qui en profite ?

Cette augmentation prévue des fonds destinés à la construction navale fait partie d’une enveloppe de 276 milliards de dollars proposée dans le nouveau budget pour l’acquisition d’armes, ainsi que pour la recherche et le développement. C’est là que les cinq principaux fournisseurs d’armes – Lockheed Martin, Boeing, Raytheon, General Dynamics et Northrop Grumman – gagnent le plus d’argent. Ces entreprises se partagent déjà plus de 150 milliards de dollars de contrats avec le Pentagone chaque année, un chiffre qui montera en flèche si l’administration et le Congrès parviennent à leurs fins. Pour replacer tout cela dans son contexte, une seule de ces cinq premières entreprises, Lockheed Martin, a reçu 75 milliards de dollars de contrats du Pentagone pour la seule année fiscale 2020. C’est considérablement plus que le budget total du département d’État, ce qui prouve de façon spectaculaire à quel point les priorités de Washington sont faussées, malgré la promesse de l’administration Biden de « donner la priorité à la diplomatie. »

L’un des cinq principaux entrepreneurs en armement, Lockheed Martin, s’est vu attribuer 75 milliards de dollars de contrats pour la seule année 2020. C’est plus que le budget total du département d’État.

La liste de souhaits du Pentagone en matière d’armement pour l’exercice 2023 est un catalogue de la manière dont les grands entrepreneurs vont encaisser l’argent. Par exemple, le nouveau sous-marin lanceur de missiles balistiques de classe Columbia, construit par l’usine General Dynamics Electric Boat dans le sud-est du Connecticut, verra son budget proposé pour l’exercice 2023 passer de 5,0 à 6,2 milliards de dollars. Les dépenses consacrées au nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) de Northrop Grumman, le Ground Based Strategic Deterrent, augmenteront d’environ un tiers par an, pour atteindre 3,6 milliards de dollars. La catégorie « défense et neutralisation des missiles », une spécialité de Boeing, Raytheon et Lockheed Martin, devrait recevoir plus de 24 milliards de dollars. Et les systèmes d’alerte de missiles basés dans l’espace, un élément essentiel de la Space Force créée par l’administration Trump, passeront de 2,5 milliards de dollars pour l’exercice 2022 à 4,7 milliards de dollars dans le budget proposé cette année.

Parmi toutes ces augmentations, il y a eu une seule surprise : une proposition de réduction des achats de l’avion de combat F-35 de Lockheed Martin, en difficulté, de 85 à 61 avions pour l’exercice 2023. La raison en est assez claire. Cet avion présente plus de 800 défauts de conception identifiés et ses problèmes de production et de performance sont tout simplement légendaires. Heureusement pour Lockheed Martin, cette baisse des effectifs ne s’est pas accompagnée d’une réduction proportionnelle du financement. Alors que les avions nouvellement produits pourraient être réduits d’un tiers, l’allocation budgétaire réelle pour le F-35 diminuera de moins de 10 %, passant de 12 à 11 milliards de dollars, un montant supérieur au budget discrétionnaire complet des Centers for Disease Control and Prevention.

Depuis que Lockheed Martin a remporté le contrat du F-35, les coûts de développement ont plus que doublé, tandis que les retards de production ont fait reculer l’avion de près d’une décennie. Néanmoins, les services militaires ont acheté un si grand nombre de ces avions que les fabricants n’arrivent pas à répondre à la demande de pièces de rechange. Et pourtant, l’efficacité au combat du F-35 ne peut même pas être testée correctement, car le logiciel de simulation nécessaire est non seulement inachevé, mais il n’y a même pas de date d’achèvement prévue. Il faudra donc attendre de nombreuses années avant de pouvoir produire des avions qui fonctionnent réellement comme prévu, si tant est que cela soit possible un jour.

Un certain nombre de systèmes d’armes qui, en Ukraine, sont assurés d’être inondés d’argent sont si dangereux ou dysfonctionnels que, comme le F-35, ils devraient être progressivement abandonnés. Prenez le nouveau ICBM. L’ancien secrétaire à la défense William Perry a qualifié les ICBM d’ »armes parmi les plus dangereuses au monde », car un président ne disposerait que de quelques minutes pour décider de les lancer en cas de crise, ce qui augmenterait considérablement le risque d’une guerre nucléaire accidentelle basée sur une fausse alerte. Il n’est pas non plus judicieux d’acheter des porte-avions à 13 milliards de dollars l’unité, d’autant plus que la dernière version a même du mal à lancer et à faire atterrir des avions – sa fonction première – et qu’elle est de plus en plus vulnérable aux attaques des missiles à grande vitesse de la prochaine génération.

Un certain nombre de systèmes d’armes qui sont assurés d’être arrosés d’argent – tels que les ICBM et les porte-avions – sont si dangereux et dysfonctionnels qu’ils devraient en fait être éliminés progressivement.

Les quelques points positifs du nouveau budget, comme la décision de la marine de retirer du service les navires de combat littoraux, inutiles et inapplicables – une sorte de « F-35 des mers » conçu pour de multiples tâches, dont aucune n’est réussie – pourraient facilement être renversés par les partisans des États et des districts où ces systèmes sont construits et entretenus. La Chambre des représentants, par exemple, dispose d’un puissant groupe de travail sur les avions d’attaque interarmées (Joint Strike Fighter Caucus) qui, en 2021, a rassemblé plus d’un tiers de tous les membres de la Chambre pour faire pression en faveur d’un nombre de F-35 supérieur à celui demandé par le Pentagone et l’armée de l’air, ce qu’ils feront sans doute à nouveau cette année. Un caucus sur la construction navale, coprésidé par les Reps. Joe Courtney (D-Conn.) et Rob Wittman (R-Va.), se battra contre le plan de la marine visant à retirer les vieux navires pour en acheter de nouveaux. (Ils préféreraient que la marine garde les anciens navires et en achète de nouveaux en utilisant davantage l’argent de vos impôts). De même, la « Coalition ICBM », composée de sénateurs d’États disposant de bases ou de centres de production d’ICBM, a un bilan presque parfait en matière de lutte contre les réductions du déploiement ou du financement de ces armes et sera, en 2022, à pied d’œuvre pour défendre son allocation budgétaire.

Vers une nouvelle politique

L’élaboration d’une politique de défense sensée, réaliste et abordable, toujours un défi, le sera encore plus au milieu du cauchemar ukrainien. Pourtant, compte tenu de l’utilisation de l’argent de nos contribuables, cela n’en vaut que trop la peine. Une telle nouvelle approche devrait inclure des éléments tels que la réduction du nombre de contractants privés du Pentagone, des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup sont engagées dans des tâches tout à fait redondantes qui pourraient être effectuées à moindre coût par des employés civils du gouvernement ou simplement éliminées. On estime qu’une réduction de 15 % des dépenses consacrées aux contractants permettrait d’économiser environ 262 milliards de dollars sur 10 ans.

Le plan de « modernisation » du Pentagone, qui s’étend sur trois décennies et représente près de 2 000 milliards de dollars, et qui prévoit la construction d’une nouvelle génération de bombardiers, de missiles et de sous-marins à armement nucléaire, ainsi que de nouvelles ogives, devrait, par exemple, être purement et simplement supprimé, conformément à la stratégie nucléaire de « dissuasion uniquement » élaborée par l’organisation de politique nucléaire Global Zero. Et la stupéfiante empreinte militaire américaine dans le monde – une invitation à de nouveaux conflits qui comprend plus de 750 bases militaires dispersées sur tous les continents sauf l’Antarctique, et des opérations de contre-terrorisme dans 85 pays – devrait, à tout le moins, être fortement réduite.

Selon le groupe de travail sur la défense durable du Center for International Policy et une étude sur les approches alternatives de la défense réalisée par le Congressional Budget Office, même une refonte stratégique relativement minimaliste permettrait d’économiser au moins  mille milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit suffisamment pour effectuer un versement initial sain sur des investissements dans la santé publique, la prévention ou l’atténuation des pires impacts potentiels du changement climatique ou pour commencer à réduire les niveaux records d’inégalité des revenus.

Bien sûr, aucun de ces changements ne peut se produire sans remettre en question le pouvoir et l’influence du complexe militaro-industriel du Congrès, une tâche aussi urgente que difficile en ce moment de carnage en Europe. Aussi difficile soit-elle, cette lutte vaut la peine d’être menée, tant pour la sécurité du monde que pour l’avenir de la planète.

Une chose est garantie : Une nouvelle ruée vers l’or des dépenses de « défense » est un désastre en devenir pour tous ceux d’entre nous qui ne font pas partie de ce complexe.

 

Source originale: The Salon

Traduit de l’anglais par Afrique-Asie

https://www.investigaction.net/fr/a-qui-profite-la-guerre-en-ukraine-les-chiffres-fous-du-complexe-militaro-industriel/

Dans UKRAINE

DES VIDEOS REVELENT LA PRESENCE D'ISRAELIENS AVEC LES FORCES DE L'ORDRE UKRAINIENNES (MEDIAS ISRAELIENS)

Par Le 25/04/2022

Des vidéos révèlent la présence d’Israéliens avec les forces ukrainiennes (Médias israéliens)

 Depuis 1 heure  25 avril 2022

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 Amérique et Europe - Article traduit - Ukraine

 

Rédaction du site

Des vidéos postées sur les réseaux sociaux ont confirmé les informations sur la participation de jeunes israéliens aux côtés des forces ukrainiennes.

Selon le site du quotidien israelien Times of Israel, « des clips vidéo provenant de zones forestières inconnues montrent la participation de plusieurs Israéliens aux combats avec les forces ukrainiennes, et ils ont envoyé un message de remerciement à Israël et au peuple juif pour avoir soutenu leurs efforts pour repousser les forces russes. »

Dans un clip devenu viral, les combattants israéliens ont déclaré : « Nous voulons remercier le peuple d’Israël et le gouvernement d’Israël pour l’aide qui nous a été apportée », et l’un d’entre eux a ajouté :
« Nous combattons ici les Russes dans cette guerre très difficile ».

Les combattants ont également remercié la principale synagogue de Kiev et le grand rabbin d’Ukraine Moshe Azman pour avoir fourni aux troupes de la nourriture « casher » et de les avoir aidés à célébrer la fête de Pâque.

Le journal israélien rapporte les propos d’un soldat ukrainien qui a abordé dans son intervention l’escalade des opérations commando contre les forces d’occupation israéliennes en Palestine.
Il a déclaré : « Nous, soldats de l’armée ukrainienne qui sommes au front dans la lutte contre les forces russes, nous voulons exprimer notre soutien au peuple d’Israël qui subit de graves attaques terroristes ».

Il a ajouté: « Lorsque la Russie a commencé cette guerre contre nous, vous étiez à nos côtés, et nous voulons vous remercier pour votre soutien et vous soutenir en cette période difficile. Nous sommes sûrs que nos deux pays seront en mesure de vaincre l’ennemi et en finir avec le terrorisme. »

Le journal a souligné, dans le contexte, que des centaines d’Israéliens ont rejoint les « unités de volontaires à la suite de l’opération russe, mais les chiffres exacts ne sont pas clairs ».

Un changement dans la position israélienne sur les opérations russes

La gratitude excessive envers Israël dans les vidéos n’est pas claire, car l’Ukraine a par le passé réprimandé à plusieurs reprises ‘Israël’ pour son soutien tiède, estime le Times of Israel.

Il a ajouté : « Israël a évité de s’aligner trop étroitement sur l’une ou l’autre des parties », le considérant comme « l’un des rares pays qui entretient des relations relativement chaleureuses à la fois avec l’Ukraine et la Russie ».

Le journal rapporte que le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, avait auparavant déclaré qu' »Israël » fournirait aux services d’urgence en Ukraine des casques et des gilets pare-balles, après avoir longtemps refusé de fournir du matériel militaire à l’Ukraine, expliquant que c’était « un signe d’un léger changement de discours de la part d’Israël concernant ce qui se passe en Ukraine.

Les médias israéliens ont rapporté que l’ambassadeur de Russie à Tel Aviv, Anatoly Viktorov, avait menacé de répondre à la décision de fournir aux forces de secours ukrainiennes du matériel défensif.

Récemment, les relations russo-israéliennes ont toutefois connu des moments de tension, après que de hauts responsables israéliens, dont le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid, ont affirmé que la Russie « a commis des crimes de guerre en Ukraine ».

Moscou avait alors riposté en rejetant les allégations israéliennes, les considérant comme une « tentative d’exploiter la situation en Ukraine pour détourner l’attention de la communauté internationale du conflit palestino-israélien », selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Source: Traduit à partir d'AlMayadeen

https://french.almanar.com.lb/2315249

   

Dans UKRAINE

ARMEE RUSSE : LES FORCES UKRAINIENNES ONT LARGUE UN CONTENEUR D'AMPOULES SUR LES FORCES RUSSES EN UKRAINE

Par Le 24/04/2022

Armée russe : les forces ukrainiennes ont largué un conteneur d’ampoules sur les forces russes en Ukraine

 Depuis 20 heures  24 avril 2022

Soldats russes à Volnovakha (Source:AZ Military)

Soldats russes à Volnovakha (Source:AZ Military)

 Amérique et Europe - Article traduit - Spécial notre site - Ukraine

 

Rédaction du site

Le commandant des forces de protection radiologique, chimique et biologique de l’armée russe, Igor Kirillov, a révélé qu’un drone ukrainien a largué un conteneur d’ampoules sur les forces russes, a rapporté l’agence russe Ria Novosti, selon le site arabe de la télévision russe RT.

kirilov

(Source: AZ Military News)

(Source: AZ Military News)

Le général russe a dit : « Le 21 avril 2022, un drone ukrainien a largué un conteneur avec des ampoules sur un site des forces russes. Une fois détruit, il était prévu qu’une réaction chimique se produise qui provoquerait une explosion et un incendie avec la libération de substances toxiques ne figurant pas sur les listes établies par les accord ».

Selon lui, le contenu des ampoules est analysé chimiquement dans le laboratoire 27 du Centre scientifique du ministère russe de la Défense, accrédité par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
« Les résultats de l’analyse seront envoyés à son secrétariat technique, selon les procédures établies », a-t-il souligné.

Le général Kirillov a en outre accusé les Etats-Unis de vouloir préparer de nouvelles provocations, dans le but de rendre l’armée russe responsable de l’utilisation d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires en Ukraine.
Il a assuré que le ministère russe de la Défense dispose d’informations sur ce plan,  indiquant qu’il a été élaboré en riposte aux succès remportés par la Russie dans son opération militaire en Ukraine.

Se référant aux « déclarations provocatrices qui ont été faites régulièrement en mars et avril par les dirigeants des pays occidentaux concernant le danger de l’utilisation par la Russie d’armes de destruction massive », il a fait remarquer: « Nous attirons votre attention sur le fait que ce sont les États-Unis qui ont déjà utilisé de tels projets plus d’une fois pour atteindre les objectifs politiques ».

Nouveau bilan russe

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Dans un nouveau bilan de l’opération militaire russe en Ukraine, le ministère russe de la Défense a annoncé le samedi 23 avril que ses forces aériennes ont détruit 66 cibles militaires ukrainiennes pendant la nuit, tandis que les défenses aériennes ont abattu un avion ukrainien « Su-25 » et deux missiles « Tochka O ».

Par ailleurs, le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov, a déclaré lors d’un point de presse que les forces russes avaient frappé 11 installations militaires en Ukraine avec des missiles de haute précision à lancement aérien, éliminant jusqu’à deux compagnies de l’armée ukrainienne et détruisant 25 pièces d’armure et de véhicules.

Konashenkov a ajouté que les forces russes avaient détruit 15 drones du jour au lendemain, dont un Bayraktar TB-2.

Le porte-parole a déclaré que les forces de missiles et d’artillerie russes ont effectué 1 098 missions de tir au cours de la journée écoulée, détruisant 3 hélicoptères ukrainiens Mi-8 dans, un aéroport de la région de Kharkov, 3 systèmes de missiles anti-aériens Osa-AKM, 16 dépôts d’armes et équipements militaires et 33 centres de commandement.

Les cibles comprenaient également 919 points d’appui et relais pour les troupes et le matériel militaire, et 124 positions de tir pour l’artillerie ukrainienne.

Le vendredi 22 avril, Konashenkov a annoncé la destruction de 3 dépôts de missiles et d’artillerie dans les villes de Toritsky, Kumar et Bogatyr. Il a ajouté l’élimination d’un bataillon des forces ukrainiennes, avec son personnel, ses armes et ses équipements, près d’une gare, à l’aide de missiles Kalibr.

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Un haut commandant de l’armée russe a déclaré : « L’un des objectifs de l’armée russe consiste à renforcer le contrôle total sur la région du Donbass et le sud de l’Ukraine, ce qui permettra l’établissement d’un corridor terrestre vers la Crimée et affectera les installations économiques ukrainiennes d’une importance vitale. . »

À noter que le nombre total d’objectifs détruits depuis le début de l’opération militaire russe en Ukraine s’élève à 141 avions, 110 hélicoptères, 538 drones, 261 systèmes de missiles de défense aérienne, 2471 chars et autres véhicules blindés, 274 lance-roquettes, 1075 pièces de terrain artillerie et mortiers et 2 311 véhicules militaires spéciaux, selon les chiffres russes officiels.

En outre, le site AZ military News a diffusé les images vidéo du dépôt de munitions que l’armée russe a confisqué le 22 avril à Balakliya, dans la région de Kharkov (Kharkiv). Il comporterait des milliers de tonnes de munitions pour les chars, l’artillerie et les systèmes de missiles anti-aériens.

 

Source: Divers

https://french.almanar.com.lb/2314237

Dans UKRAINE

LES ARMES AMERICAINES DESTINEES A L'UKRAINE "DISPARAISSENT"...

Par Le 23/04/2022

La bataille de Marioupol est terminée. Les soldats ukrainiens d’Azovstal n’ont plus que deux choix devant eux

 Depuis 6 heures  23 avril 2022

Les locaux administratifs du complexe métallurgique Azovstal

Les locaux administratifs du complexe métallurgique Azovstal

 Amérique et Europe - Ukraine

 

Le 21 avril 2022 est la date à laquelle la bataille de Marioupol a été annoncée comme terminée par la fédération de Russie. Ce sera aussi la date officielle qui sera retenue pour les futures célébrations de la libération de Marioupol. Le fait qu’environ 2000 soldats ukrainiens soient toujours retranchés dans les sous-sols d’Azovstal ne représente désormais plus un danger, et la ville peut désormais commencer à se reconstruire.

Les 20 et 21 avril 2022, nous étions à Marioupol, pour explorer les territoires du port marchand et de l’usine Ilitcha, récemment libérés par l’armée russe et la milice populaire de la RPD (République populaire de Donetsk). Nous y avons trouvé (sans surprise) beaucoup d’uniformes ukrainiens, mais aussi des corps de soldats ukrainiens et de civils, du matériel médical de pays de l’OTAN, des cartes militaires, et un sous-sol piégé.

Les corps qui sont sur le territoire de l’usine Ilitcha, et à proximité, sont dehors depuis au moins 10 jours, et permettent de se rendre compte de la supercherie du massacre de Boutcha. Le contraste entre l’aspect de ces corps et celui des cadavres qui jonchaient les rues de Boutcha est saisissant. L’un des corps situé dans un tunnel de l’usine Ilitcha semble être celui d’un civil, dont les mains ont été ligotées avec un bandage blanc (là aussi il y a un parallèle à faire avec les corps de Boutcha).

Un des sous-sols de l’usine était piégé, ce qui nous a empêché de l’explorer plus avant. Dans un autre j’ai trouvé des cartes militaires ukrainiennes montrant les positions du régiment néo-nazi Azov, et des soldats de l’armée ukrainienne dans la ville, mais aussi dans l’usine Ilitcha. Ces cartes, et les listes trouvées avec, ont été transmis à la milice populaire de la RPD.

Pendant ces deux jours, l’usine Azovstal a continué à être bombardée par l’armée russe, et malgré l’annonce de la fin de la bataille de Marioupol, ces bombardements continueront jusqu’à la reddition de tous les soldats ukrainiens qui sont retranchés dans les sous-sols de l’usine.

La poursuite des bombardements russes a pour but d’éviter qu’ils ne bombardent à nouveau les zones résidentielles de Marioupol, comme ils l’ont fait le 21 avril pendant le cessez-le-feu quotidien (organisé pour permettre aux occupants des sous-sols de se rendre en toute sécurité) alors que nous filmions le corps d’un civil mort dans la rue près de l’usine Ilitcha. Un obus de mortier tiré depuis l’usine Azovstal a atterri dans la rue où nous nous trouvions, nous obligeant à partir de manière anticipée.

Malgré ce que l’on peut lire dans la presse occidentale, et entre autres française, l’annonce de la libération totale de Marioupol, et de la fin de la bataille, malgré la présence de soldats ukrainiens dans les sous-sols d’Azovstal, n’est pas prématurée.

Si le Président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine a annulé l’assaut de ces sous-sols, c’est parce que cela ne valait pas la peine de risquer la vie des soldats russes et de ceux de la RPD. Les soldats ukrainiens sont désormais totalement coincés. La RPD a pris le contrôle des bâtiments administratifs et de toutes les entrées et sorties d’Azovstal, d’où ses troupes surveillent désormais le territoire de l’usine en continu.

Il n’y a donc aucun intérêt à risquer la vie des soldats russes et de ceux de la RPD. Les soldats ukrainiens ne peuvent absolument plus sortir de l’usine et n’ont que deux options désormais : se rendre ou mourir de faim et de soif. D’après les données communiquées par la Russie, il resterait aux soldats d’Azov des vivres pour tenir 15 jours.

Mais au vu de l’état de certains d’entre eux, visibles sur cette vidéo que les soldats ukrainiens ont publié, je pense qu’ils ne tiendront pas aussi longtemps.

Si la Russie a renoncé à lancer l’assaut contre le dédale souterrain d’Azostal, c’est aussi peut-être parce qu’elle espère attraper certaines personnes qui s’y trouvent, vivantes ! Ce qui a l’air d’exciter l’hystérie des dirigeants occidentaux. D’où ces articles moquant la décision russe, comme si ce que pensent les journalistes occidentaux avait le pouvoir d’énerver Vladimir Poutine pour le pousser à revoir sa décision.

Pas la peine de se ridiculiser avec ce genre d’articles sarcastiques, le sort des personnes qui se trouvent dans les sous-sols d’Azovstal est bel et bien scellé, et la bataille de Marioupol est bel et bien terminée. Les batailles de Slaviansk et Kramatorsk vont bientôt pouvoir commencer.

Par Christelle Néant
Source : Insider Donbass

https://french.almanar.com.lb/2313500

        

Dans UKRAINE

LA BATAILLE DE MARIOUPOL EST TERMINEE. LES SOLDATS UKRAINIENS D'AZOVSTAL N'ONT PLUS QUE DEUX CHOIX DEVANT EUX

Par Le 23/04/2022

La bataille de Marioupol est terminée. Les soldats ukrainiens d’Azovstal n’ont plus que deux choix devant eux

 Depuis 6 heures  23 avril 2022

Les locaux administratifs du complexe métallurgique Azovstal

Les locaux administratifs du complexe métallurgique Azovstal

 Amérique et Europe - Ukraine

 

Le 21 avril 2022 est la date à laquelle la bataille de Marioupol a été annoncée comme terminée par la fédération de Russie. Ce sera aussi la date officielle qui sera retenue pour les futures célébrations de la libération de Marioupol. Le fait qu’environ 2000 soldats ukrainiens soient toujours retranchés dans les sous-sols d’Azovstal ne représente désormais plus un danger, et la ville peut désormais commencer à se reconstruire.

Les 20 et 21 avril 2022, nous étions à Marioupol, pour explorer les territoires du port marchand et de l’usine Ilitcha, récemment libérés par l’armée russe et la milice populaire de la RPD (République populaire de Donetsk). Nous y avons trouvé (sans surprise) beaucoup d’uniformes ukrainiens, mais aussi des corps de soldats ukrainiens et de civils, du matériel médical de pays de l’OTAN, des cartes militaires, et un sous-sol piégé.

Les corps qui sont sur le territoire de l’usine Ilitcha, et à proximité, sont dehors depuis au moins 10 jours, et permettent de se rendre compte de la supercherie du massacre de Boutcha. Le contraste entre l’aspect de ces corps et celui des cadavres qui jonchaient les rues de Boutcha est saisissant. L’un des corps situé dans un tunnel de l’usine Ilitcha semble être celui d’un civil, dont les mains ont été ligotées avec un bandage blanc (là aussi il y a un parallèle à faire avec les corps de Boutcha).

Un des sous-sols de l’usine était piégé, ce qui nous a empêché de l’explorer plus avant. Dans un autre j’ai trouvé des cartes militaires ukrainiennes montrant les positions du régiment néo-nazi Azov, et des soldats de l’armée ukrainienne dans la ville, mais aussi dans l’usine Ilitcha. Ces cartes, et les listes trouvées avec, ont été transmis à la milice populaire de la RPD.

Pendant ces deux jours, l’usine Azovstal a continué à être bombardée par l’armée russe, et malgré l’annonce de la fin de la bataille de Marioupol, ces bombardements continueront jusqu’à la reddition de tous les soldats ukrainiens qui sont retranchés dans les sous-sols de l’usine.

La poursuite des bombardements russes a pour but d’éviter qu’ils ne bombardent à nouveau les zones résidentielles de Marioupol, comme ils l’ont fait le 21 avril pendant le cessez-le-feu quotidien (organisé pour permettre aux occupants des sous-sols de se rendre en toute sécurité) alors que nous filmions le corps d’un civil mort dans la rue près de l’usine Ilitcha. Un obus de mortier tiré depuis l’usine Azovstal a atterri dans la rue où nous nous trouvions, nous obligeant à partir de manière anticipée.

Malgré ce que l’on peut lire dans la presse occidentale, et entre autres française, l’annonce de la libération totale de Marioupol, et de la fin de la bataille, malgré la présence de soldats ukrainiens dans les sous-sols d’Azovstal, n’est pas prématurée.

Si le Président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine a annulé l’assaut de ces sous-sols, c’est parce que cela ne valait pas la peine de risquer la vie des soldats russes et de ceux de la RPD. Les soldats ukrainiens sont désormais totalement coincés. La RPD a pris le contrôle des bâtiments administratifs et de toutes les entrées et sorties d’Azovstal, d’où ses troupes surveillent désormais le territoire de l’usine en continu.

Il n’y a donc aucun intérêt à risquer la vie des soldats russes et de ceux de la RPD. Les soldats ukrainiens ne peuvent absolument plus sortir de l’usine et n’ont que deux options désormais : se rendre ou mourir de faim et de soif. D’après les données communiquées par la Russie, il resterait aux soldats d’Azov des vivres pour tenir 15 jours.

Mais au vu de l’état de certains d’entre eux, visibles sur cette vidéo que les soldats ukrainiens ont publié, je pense qu’ils ne tiendront pas aussi longtemps.

Si la Russie a renoncé à lancer l’assaut contre le dédale souterrain d’Azostal, c’est aussi peut-être parce qu’elle espère attraper certaines personnes qui s’y trouvent, vivantes ! Ce qui a l’air d’exciter l’hystérie des dirigeants occidentaux. D’où ces articles moquant la décision russe, comme si ce que pensent les journalistes occidentaux avait le pouvoir d’énerver Vladimir Poutine pour le pousser à revoir sa décision.

Pas la peine de se ridiculiser avec ce genre d’articles sarcastiques, le sort des personnes qui se trouvent dans les sous-sols d’Azovstal est bel et bien scellé, et la bataille de Marioupol est bel et bien terminée. Les batailles de Slaviansk et Kramatorsk vont bientôt pouvoir commencer.

Par Christelle Néant
Source : Insider Donbass

https://french.almanar.com.lb/

        

Dans UKRAINE

NOAM CHOMSKY : "NOTRE PRIORITE POUR L'UKRAINE DEVRAIT ETRE DE SAUVER DES VIES, PAS DE PUNIR LES RUSSES"

Par Le 22/04/2022

Noam Chomsky: « Notre priorité pour l’Ukraine devrait être de sauver des vies, pas de punir les Russes »

 

21 Avr 2022

  

Près de deux mois après le début de la guerre en Ukraine, pas de paix à l’horizon. En fait, le niveau de destruction s’est intensifié et les deux parties semblent avoir peu d’espoir de parvenir à un règlement pacifique dans un avenir proche. De plus, la scène internationale s’échauffe elle aussi, certains pays européens neutres envisageant de rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Ce qui a incité le Kremlin à réagir en menaçant de déployer des armes nucléaires dans la région baltique si cela devait se produire.

Dans l’entretien qui suit, Noam Chomsky, universitaire de renommée mondiale et dissident de premier plan, aborde ces développements pour une interview exclusive à Truthout. Pour déterminer les prochaines actions, il souligne que nous devons donner la priorité à la sauvegarde des vies humaines – et non à la punition de la Russie.

Chomsky est internationalement reconnu comme l’un des plus importants intellectuels vivants. Il est l’auteur de quelque 150 livres et le récipiendaire de nombreux prix très prestigieux, dont le prix de la paix de Sydney et le prix de Kyoto, ainsi que de dizaines de doctorats honorifiques décernés par les universités les plus renommées du monde. Chomsky est professeur émérite de l’Institut du MIT et actuellement professeur lauréat à l’Université d’Arizona.

 

C.J. Polychroniou : Noam, le président russe Vladimir Poutine a déclaré la semaine dernière, lors d’une conférence de presse conjointe avec son allié le président biélorusse Alexandre Loukachenko, que les pourparlers de paix étaient dans une « impasse » et que l’invasion se déroulait comme prévu. En fait, il a promis que la guerre se poursuivrait jusqu’à ce que tous les objectifs fixés au début de l’invasion soient atteints. Poutine ne veut-il pas la paix en Ukraine ? Est-il vraiment en guerre contre l’OTAN et les États-Unis ? Si c’est le cas, et surtout si l’on considère à quel point la politique de l’Occident envers la Russie a été dangereuse jusqu’à présent, que peut-on faire maintenant pour empêcher qu’un pays entier soit potentiellement rayé de la carte ?

Noam Chomsky : Avant de poursuivre cette discussion, j’aimerais souligner, une fois de plus, le point le plus important : notre principale préoccupation devrait être de réfléchir soigneusement à ce que nous pouvons faire pour mettre rapidement un terme à l’invasion russe criminelle et pour sauver les victimes ukrainiennes de nouvelles horreurs. Malheureusement, nombreux sont ceux qui trouvent les déclarations héroïques plus satisfaisantes que cette tâche nécessaire. Ça n’a rien de neuf dans l’Histoire, hélas. Mais comme toujours, nous devons garder clairement à l’esprit la question principale et agir en conséquence.

Pour en revenir à votre commentaire, la dernière question est de loin la plus importante ; je reviendrai sur les précédentes.

Il y a, en gros, deux façons de mettre fin à cette guerre : un règlement diplomatique négocié ou la destruction de l’un ou l’autre camp, que ce soit rapidement ou dans une longue agonie. Ce ne sera pas la Russie qui sera détruite. Il est incontestable que la Russie a la capacité d’anéantir l’Ukraine, et si Poutine et sa cohorte sont acculés au pied du mur, ils pourraient, en désespoir de cause, utiliser cette capacité. C’est ce à quoi devraient s’attendre ceux qui dépeignent Poutine comme un « fou » plongé dans les illusions d’un nationalisme romantique et de sauvages aspirations mondiales.

Il s’agit clairement d’une expérience que personne ne veut tenter – du moins personne qui se soucie un tant soit peu des Ukrainiens.

Cette précision est malheureusement nécessaire. Il existe des voix respectées dans le courant dominant qui défendent simultanément deux points de vue : (1) Poutine est effectivement un « fou furieux » capable de tout, et il pourrait se déchaîner sauvagement s’il était acculé au pied du mur ; (2) « L’Ukraine doit gagner. C’est la seule issue acceptable ». Nous pouvons aider l’Ukraine à vaincre la Russie, disent-ils, en lui fournissant des équipements et un entraînement militaires de pointe, et en acculant Poutine jusqu’au bout.

Ces deux positions ne peuvent être défendues simultanément que par des personnes qui se soucient si peu du sort des Ukrainiens qu’elles sont prêtes à tenter une expérience pour voir si le « fou furieux » se dérobera dans la défaite ou s’il utilisera la force écrasante dont il dispose pour anéantir l’Ukraine. Dans tous les cas, les partisans de ces deux points de vue sont gagnants. Si Poutine accepte tranquillement la défaite, ils gagnent. S’il anéantit l’Ukraine, ils gagnent : ça justifiera des mesures bien plus sévères pour punir la Russie.

On remarquera qu’une telle volonté de jouer avec la vie et le destin des Ukrainiens fait l’objet d’éloges. C’est même considéré comme une position noble et courageuse. D’autres mots pourraient peut-être venir à l’esprit.

Si l’on met de côté la réserve – malheureusement nécessaire dans cette étrange culture, la réponse à la question posée semble assez claire : engager de sérieux efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit. Bien sûr, ce n’est pas la réponse de ceux dont l’objectif premier est de punir la Russie – de combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. C’est d’ailleurs ainsi que l’ambassadeur Chas Freeman décrit la politique US actuelle, questions dont nous avons discuté.

Le cadre de base d’une solution diplomatique est compris depuis longtemps, et il a été réitéré par le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy. Premièrement, la neutralisation de l’Ukraine, en lui donnant un statut semblable à celui du Mexique ou de l’Autriche. Deuxièmement, le report de la question de la Crimée. Troisièmement, la mise en place d’un haut niveau d’autonomie pour le Donbass, peut-être dans le cadre d’un arrangement fédéral, de préférence dans le cadre d’un référendum supervisé à l’international.

La politique officielle des États-Unis continue de rejeter tout cela. Les hauts fonctionnaires de l’administration ne se contentent pas d’avouer qu' »avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les États-Unis n’ont fait aucun effort pour répondre à l’une des principales préoccupations de Vladimir Poutine en matière de sécurité, à savoir la possibilité pour l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN« . Ils se félicitent d’avoir adopté cette position, une position qui a sans doute contribué à pousser Poutine à commettre cette agression criminelle. Et les États-Unis continuent de maintenir cette position aujourd’hui, faisant ainsi obstacle à un règlement négocié selon les grandes lignes décrites par Zelenskyy, quel qu’en soit le coût pour les Ukrainiens.

Un règlement selon ces grandes lignes peut-il encore être atteint, comme cela semblait probable avant l’invasion russe ? Il n’y a qu’une seule façon de le savoir : essayer. L’ambassadeur Freeman est loin d’être le seul parmi les analystes occidentaux avisés à reprocher au gouvernement US d’avoir été « absent [des efforts diplomatiques] et, au pire, implicitement opposé » à ceux-ci par ses actions et sa rhétorique. Cela, poursuit-il, est « le contraire de l’habileté politique et de la diplomatie » et porte un coup cruel aux Ukrainiens en prolongeant le conflit. D’autres analystes respectés, comme Anatol Lieven, sont plutôt d’accord, reconnaissant qu’à tout le moins, « les États-Unis n’ont rien fait pour faciliter la diplomatie. »

Malheureusement, les voix rationnelles, aussi respectées soient-elles, restent en marge de la discussion, laissant le champ libre à ceux qui veulent punir la Russie – jusqu’au dernier Ukrainien.

Lors de la conférence de presse, M. Poutine a semblé rejoindre les États-Unis en préférant « le contraire de la diplomatie et de l’habileté politique », bien que ses remarques n’excluent pas ces options. Si les pourparlers de paix sont aujourd’hui dans une « impasse », cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas reprendre, de préférence avec la participation active des grandes puissances, la Chine et les États-Unis.

La Chine est condamnée à juste titre pour son manque de volonté à faciliter « l’habileté politique et la diplomatie ». Comme d’habitude, à quelques exceptions près, les États-Unis sont quant à eux exempts de toute critique dans les grands médias et les revues US. Sauf s’il s’agit de pousser à fournir davantage d’armes pour prolonger le conflit ou pour décider d’autres mesures destinées à punir les Russes, ce qui semble être la principale préoccupation.

Une mesure que les États-Unis pourraient utiliser est proposée depuis les couloirs de la faculté de droit de Harvard, faculté qui est supposée porter les opinions les plus libérales. Le professeur émérite Laurence Tribe et l’étudiant en droit Jeremy Lewin proposent que le président Joe Biden suive le précédent établi par George W. Bush en 2003, lorsqu’il a saisi « des fonds irakiens se trouvant dans des banques américaines, en allouant les recettes pour aider le peuple irakien et indemniser les victimes du terrorisme« .

Le président Bush a-t-il fait autre chose en 2003 « pour aider le peuple irakien » ? Cette question est gênante, elle ne pourrait être soulevée que par ceux qui sont coupables de « whataboutism », l’un des derniers dispositifs destinés à empêcher tout questionnement de nos propres actions et de leurs conséquences.

Les auteurs reconnaissent que le gel de fonds placés en sécurité dans des banques new-yorkaises pose certains problèmes. Ils évoquent le gel des réserves de l’Afghanistan par le gouvernement Biden. Cette mesure a été « controversée, principalement en raison de questions non résolues concernant la saisie d’actifs par les tribunaux et la répartition des demandes entre des plaignants engagés dans un duel … les poursuites intentées par les parents des personnes tuées ou blessées lors du 11 septembre« .

Ce qui n’est pas mentionné, et ce qui ne porte sans doute pas à controverse, c’est le sort des mères afghanes qui regardent leurs enfants mourir de faim parce qu’elles ne peuvent pas accéder à leurs comptes bancaires pour acheter de la nourriture sur les marchés, et plus généralement le sort de millions d’Afghans confrontés à la famine.

Un autre commentaire concernant les efforts déployés par le président Bush en 2003 pour « aider le peuple irakien » est fourni, incidemment, par le principal analyste de la politique étrangère du New York Times, Thomas Friedman, dans son titre : « Comment négocier avec une superpuissance dirigée par un criminel de guerre ? »

Qui pourrait imaginer qu’une superpuissance puisse être dirigée par un criminel de guerre à notre époque éclairée ? Un dilemme difficile à affronter, et même à concevoir, dans un pays à l’innocence immaculée comme le nôtre.

Faut-il s’étonner que la partie la plus civilisée du monde, principalement le Sud, contemple le spectacle qui se déroule ici avec étonnement et incrédulité ?

Pour en revenir à la conférence de presse, Poutine a déclaré que l’invasion se déroulait comme prévu et qu’elle se poursuivrait jusqu’à ce que les objectifs initiaux soient atteints. Si le consensus des analystes militaires et des élites politiques occidentales est à peu près exact, c’est une façon pour Poutine de reconnaître que les objectifs initiaux, à savoir la conquête rapide de Kiev et l’installation d’un gouvernement fantoche, ont dû être abandonnés en raison de la résistance farouche et courageuse des Ukrainiens, affichant l’armée russe comme un tigre de papier incapable de conquérir des villes situées à quelques kilomètres de sa frontière et défendues par une armée essentiellement composée de citoyens.

Le consensus des experts tire ensuite une autre conclusion : les États-Unis et l’Europe doivent consacrer encore plus de ressources pour se protéger du prochain assaut de ce vorace monstre militaire qui est prêt à lancer une attaque pour envahir l’OTAN et les États-Unis.

La logique est implacable.

Selon le consensus, la Russie révise actuellement ses plans et se concentre sur un assaut majeur dans la région du Donbass, où quelque 15 000 personnes auraient été tuées depuis le soulèvement de Maidan en 2014. Par qui ? Cela ne devrait pas être difficile à déterminer avec les nombreux observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui étaient sur le terrain.

Je pense qu’il serait exagéré de conclure que Poutine vise la guerre avec l’OTAN et les États-Unis, ce qui équivaut à un anéantissement mutuel. Je pense qu’il veut la paix – à ses conditions. (Quel monstre n’en veut pas ?) Quelles sont ces conditions? Nous ne pouvons les découvrir qu’en essayant « la diplomatie et l’habileté politique ». Nous ne pouvons pas les découvrir en refusant de nous engager dans cette option, en refusant même de l’envisager ou d’en discuter. Nous ne pouvons pas les découvrir en poursuivant la politique officielle annoncée en septembre dernier et renforcée en novembre, des questions dont nous avons discuté à plusieurs reprises : la politique officielle des États-Unis sur l’Ukraine qui est cachée aux Américains par la « presse libre » mais qui est assurément étudiée avec beaucoup d’attention par les services de renseignement russes qui ont accès au site Web de la Maison-Blanche.

Pour en revenir à l’essentiel, nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre un terme à cette agression criminelle, et ce d’une manière qui épargnera aux Ukrainiens de nouvelles souffrances et même une éventuelle destruction si Poutine et son entourage devaient se trouver au pied du mur, sans échappatoire. Cela nécessite un mouvement populaire qui fera pression sur les États-Unis pour qu’ils revoient leur politique officielle et se joignent à la diplomatie et aux discussions politiques. Des mesures punitives (sanctions, soutien militaire à l’Ukraine) pourraient être justifiées si elles contribuent à cette fin, mais pas si elles sont conçues pour punir les Russes tout en prolongeant l’agonie de l’Ukraine et en la menaçant d’une destruction dont les conséquences pourraient aller bien au-delà.

Des rapports non confirmés indiquent que la Russie aurait utilisé des armes chimiques dans la ville ukrainienne sans doute la plus brutalement attaquée, à savoir Marioupol. À son tour, le gouvernement britannique s’est empressé d’annoncer de manière assez audacieuse que « toutes les options sont sur la table » si ces rapports s’avèrent corrects. Par ailleurs, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré qu’une telle évolution « changerait totalement la nature du conflit. » Que signifie « toutes les options sont sur la table »? Cela pourrait-il inclure le scénario d’une guerre nucléaire en Ukraine ?

L’expression « toutes les options sont sur la table » est normale dans ce qui fait office de politique aux États-Unis et au Royaume-Uni – tout cela en violation directe de la Charte des Nations unies (et même de la Constitution des États-Unis, si quelqu’un s’en soucie encore). Nous ne savons pas ce qui peut se trouver dans l’esprit de ceux qui émettent régulièrement ce type de déclarations. Peut-être qu’ils pensent vraiment ce que les mots disent : que les États-Unis sont prêts à recourir aux armes nucléaires, qu’ils sont prêts à se détruire en entraînant une grande partie de la vie sur Terre (il restera bien des scarabées et des bactéries pour proliférer). Peut-être que c’est concevable dans leur esprit si cela implique au moins de châtier les Russes qui, nous dit-on, sont une malédiction tellement incurable que la seule solution serait « le confinement permanent des Russes » ou même un « Russia delenda est« [1].

Il convient bien entendu d’être très préoccupé par l’utilisation d’armes chimiques, même si ce n’est pas confirmé. Au risque de tomber dans le je-m’en-foutisme, nous devrions également nous préoccuper des rapports bien confirmés sur les fœtus déformés dans les hôpitaux de Saigon en ce moment même; c’est l’un des terribles résultats de la guerre chimique déclenchée par le gouvernement Kennedy pour détruire les récoltes et les forêts, une partie essentielle du programme visant à « protéger » la population rurale qui, comme Washington le savait bien, soutenait les Viet Cong. Nous devrions être suffisamment préoccupés pour faire quelque chose afin d’atténuer les conséquences de ces terribles programmes.

Si la Russie a pu utiliser ou envisage d’utiliser des armes chimiques, c’est assurément un sujet de profonde inquiétude.

Certains affirment également que des milliers d’Ukrainiens ont été déportés de force de Marioupol vers des régions reculées de Russie, évoquant les sombres souvenirs des déportations massives soviétiques sous Staline. Les responsables du Kremlin ont rejeté ces accusations en les qualifiant de « mensonges », mais ils ont ouvertement parlé de relocaliser les civils piégés à Marioupol. Si les informations faisant état de déportations forcées de civils de Mariupol vers la Russie s’avèrent exactes, quel serait le but de telles actions répréhensibles? Ne viendraient-elles pas s’ajouter à la liste des crimes de guerre de Poutine ?

Elles s’ajouteraient sûrement à la liste, déjà assez longue. Et, heureusement, nous en saurons beaucoup sur ces crimes. Des enquêtes approfondies sur les crimes de guerre russes sont déjà en cours, et malgré les difficultés techniques, elles se poursuivront.

Cela aussi, c’est normal. Lorsque des ennemis commettent des crimes, une grande industrie est mobilisée pour révéler chaque petit détail. Comme cela doit être fait. Les crimes de guerre ne doivent pas être dissimulés et oubliés.

Malheureusement, c’est une pratique pas entièrement universelle pour les États-Unis. Nous venons de mentionner une partie seulement d’une myriade d’exemples. Or, l’hégémon mondial d’aujourd’hui adopte les pratiques répréhensibles de ses prédécesseurs, mais nous laisse encore libres de dénoncer les crimes des ennemis officiels, une tâche qui doit être entreprise, et qui le sera sûrement dans ce cas. Si d’autres personnes hors de portée du système de propagande US seront consternées par cette hypocrisie, ce n’est pas une raison pour ne pas saluer l’exposition hautement sélective des crimes de guerre.

Ceux qui ont un intérêt pervers à balayer devant leur porte peuvent tirer quelques leçons de la façon dont les atrocités sont traitées lorsqu’elles sont révélées. Le cas le plus notable est le massacre de My Lai[2], finalement reconnu après que le journaliste indépendant Seymour Hersh a dévoilé le crime à l’Occident. Au Sud-Vietnam, ce massacre était connu depuis longtemps, mais il n’avait pas suscité beaucoup d’attention. Le centre médical quaker de Quang Ngai n’avait même pas pris la peine de le signaler, car de tels crimes étaient trop courants. De fait, l’enquête officielle du gouvernement étasunien en a découvert un autre semblable dans le village voisin de My Khe.

Le massacre de My Lai a pu être absorbé par le système de propagande. Il en a limité la responsabilité aux GI sur le terrain qui ne savaient pas qui allait leur tirer dessus ensuite. Ceux qui les ont envoyés commettre ces expéditions dévastatrices étaient – et sont toujours – exemptés. En outre, l’attention portée sur l’un des nombreux crimes commis sur le terrain a servi à dissimuler le fait que ces crimes n’étaient que la note de bas de page d’une énorme campagne de bombardements, de massacres et de destruction dirigée depuis des bureaux climatisés. Une campagne bien souvent étouffée par les médias, bien qu’Edward Herman et moi-même ayons pu écrire à ce sujet en 1979, en utilisant des études détaillées qui nous avaient été fournies par le correspondant de Newsweek, Kevin Buckley. Il avait enquêté sur ce crime avec son collègue Alex Shimkin, mais il n’avait pu en publier que des fragments.

En dehors de ces cas, plutôt rares, les crimes US ne sont pas examinés et on en sait peu sur eux. Une vieille rengaine chez les très puissants.

Il n’est pas facile de comprendre ce qui se cache derrière l’esprit des criminels de guerre comme Poutine. Ni derrière l’esprit des criminels de guerre qui n’existent pas, selon le refrain prêché par les experts du New York Times qui sont atterrés de découvrir que les criminels de guerre existent – parmi les ennemis officiels évidemment.

La Finlande et la Suède semblent se préparer à l’idée de rejoindre l’OTAN. Dans l’éventualité d’une telle évolution, la Russie a menacé de déployer des armes nucléaires et des missiles hypersoniques dans la région baltique. Est-il judicieux pour des pays neutres d’adhérer à l’OTAN ? Ont-ils vraiment des raisons de s’inquiéter pour leur propre sécurité ?

Revenons au consensus écrasant des analystes militaires et des élites politiques occidentales : l’armée russe est si faible et si incompétente qu’elle ne pourrait pas conquérir les villes proches de sa frontière qui sont défendues principalement par une armée de citoyens. Ainsi donc, ceux qui disposent d’une puissance militaire écrasante doivent trembler dans leurs bottes quant à leur sécurité face à cette impressionnante puissance militaire en marche.

On peut comprendre pourquoi cette conception est la préférée des bureaux de Lockheed Martin et d’autres entreprises militaires issues du premier pays exportateur d’armes au monde; ils se réjouissent des nouvelles perspectives d’expansion pour leurs coffres débordants. Mais le fait que cette conception soit acceptée dans des cercles beaucoup plus larges, et qu’elle guide également la politique, mérite peut-être une réflexion.

Comme l’expérience ukrainienne l’indique, la Russie dispose d’armes de pointe, capables de détruire (mais pas de conquérir, évidemment). Pour la Finlande et la Suède, l’abandon de la neutralité et l’adhésion à l’OTAN pourraient accroître la probabilité de l’utilisation de ces armes. L’argument de la sécurité n’étant pas facile à prendre au sérieux, cela pourrait être la conséquence la plus probable de leur adhésion à l’OTAN.

Il convient également de reconnaître que la Finlande et la Suède sont déjà assez bien intégrées dans le système de commandement de l’OTAN. Tout comme l’Ukraine depuis 2014. Et cela s’est renforcé depuis avec les déclarations politiques officielles du gouvernement US en septembre et novembre dernier ainsi que le refus du gouvernement Biden, à la veille de l’invasion, « d’aborder l’une des principales préoccupations de Vladimir Poutine en matière de sécurité qui revenait le plus souvent – la possibilité d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN« .

 

Source originale: Truth Out

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

Notes de la traduction:

[1] « Delenda Carthago est » est une locution latine signifiant « Carthage doit être détruite ».

[2] Le 16 mars 1968, des soldats de l’armée US ont tué plusieurs centaines de civils, notamment des femmes et des enfants, dans deux hameaux du village de Sơn Mỹ dans la république du Viêt Nam.

https://www.investigaction.net/fr/noam-chomsky-notre-priorite-pour-lukraine-devrait-etre-de-sauver-des-vies-pas-de-punir-les-russes/

Dans UKRAINE

LE SYSTEME MEDIATIQUE OCCIDENTAL ET LA GUERRE EN UKRAINE

Par Le 22/04/2022

15 avril 2022

Le système médiatique occidental et la guerre en Ukraine

Djamel LABIDI

Au temps de l'URSS, les pays d'Europe de l'Est étaient qualifiés de satellites de Moscou. Aujourd'hui, les pays occidentaux ont pris la relève, en orbite autour des États-Unis. C'est tellement visible que c'en est indécent. Même pas une critique, même pas une réserve. Un suivisme aveugle, y compris contre les intérêts mêmes de leurs propres pays.

Les États Unis, qui sont autonomes énergétiquement, disent qu’il faut l’embargo sur le gaz, le pétrole, et le charbon russes. Les pays occidentaux obéissent au doigt et à l’œil. Ils s’évertuent même à trouver des solutions qui agréent aux États-Unis, gaz liquide, énergie verte etc., malgré des coûts bien plus élevés. Les Étasuniens disent non à Nord Stream 2, le deuxième gazoduc. Les allemands s’exécutent. Et s’ il y a quelques hésitations dans les rangs, Joe Biden se déplace lui-même ou bien, pour faire pression sur les dirigeants hésitants, on déclenche l’une après l’autre, des campagnes intenses contre les "atrocités russes", "Marioupol", puis Boutcha etc., auxquelles correspondent chaque fois, comme un mécanisme bien huilé, un nouveau train de sanctions, et une nouvelle escalade dans l’armement de l’Ukraine.

 

C’est toujours la même chose

 

En fait, c’est le même procédé qu’ont toujours utilisé les États-Unis. Dans la première guerre en Irak, le mensonge des nouveaux nés tués dans leurs incubateurs avait permis une campagne médiatique hystérique et le déclenchement immédiat des hostilités. Dans la deuxième guerre en Irak, cela avait été le mensonge des armes de destruction massive. Bilan de ces deux mensonges, un million de morts en Irak.
En 2011, le mensonge de massacres de masse à Benghazi avait servi de prétexte à l’agression contre la Libye. Les États Unis ont déjà fait cela, pourquoi ne le referaient-ils pas en Ukraine ? C’est chaque fois le même scenario : "crimes de guerre"" et atrocités attribuées à l’adversaire, médiatisation intense qui sidère l’opinion occidentale et qui vise à imposer l’idée qu’on ne peut attendre pour agir puis intervention. Lorsque le mensonge est dévoilé, il est toujours trop tard, le mal a été fait. Personne ne parlera en Occident de juger les menteurs. C’est chaque fois la même chose et cela recommence chaque fois.

Il est étrange de voir des États du monde non occidental, il est vrai en nombre de moins en moins grand, tomber encore dans le piège, comme cela vient d’avoir lieu lors du vote de suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, exactement comme cela avait été fait pour la Libye en 2011 suite aux mensonges dont on vient de parler. Mais il est vrai que les gouvernements sont une chose, et les peuples autre chose. Les peuples du monde non occidental ont, eux, depuis longtemps compris et n’accordent plus aucune crédibilité au récit étasunien.

 

Que reste-t-il du journalisme ?

 

Propagande, guerre idéologique, c’est tout naturellement que le système médiatique occidental s’est vu confié, de plus en plus, ces dernières décennies, une mission de guerre totale. L’entière subordination des pays européens aux États-Unis est la plus apparente, elle est la mieux révélée dans le comportement des médias occidentaux. Ici le suivisme est total : les États-Unis produisent une analyse de la situation militaire en Ukraine, ou bien sur l’impact des sanctions économiques, ou bien encore sur les oligarques russes et même sur la santé mentale de Vladimir Poutine, et tous les médias occidentaux suivent comme un seul homme. La ligne éditoriale dans tout l’Occident est donnée par les États Unis. Le quatrième pouvoir, celui de la presse, est totalement subordonné au pouvoir politique, sans même qu’il ne reste une distance, ou qu’on tente même de sauver les apparences, comme c’était le cas naguère.
Le journalisme occidental plonge alors dans la déchéance professionnelle. Lorsqu’un journaliste, un responsable de l’information d’une grande chaine de télévision s’aligne immédiatement, comme un soldat aux ordres, sans discussion, sans distanciation, sur des déclarations de caractère politique concernant des évènements aussi graves que les atrocités de Boutcha et autres, en ne faisant pas la différence entre la politique et l’information, que reste-t-il du journalisme et de la recherche de la vérité ?
Lorsque tous en chœur répètent l’argument imbécile que les pays européens, en achetant leur énergie à la Russie, "financent ainsi la guerre contre l’Ukraine", sans songer un instant qu’on pourrait dire, tout autant, que la Russie entretient ainsi la puissance industrielle et économique de ses adversaires, et donc leurs moyens de soutenir militairement et financièrement le pouvoir en Ukraine, que reste-t-il de l’esprit critique ? Lorsque Joe Biden utilise les mots de "boucher", de "dictateur", de "criminel de guerre" concernant Vladimir Poutine, et que tous les journalistes se croient dès lors autorisés à cette terminologie, que reste-t-il de l’indépendance d’esprit ?
Lorsque des journalistes regardent les images de Boutcha et qu’ils ne se posent aucune question à ce sujet, pas même sur ces corps étrangement exposés comme si les russes avaient voulu s’accuser eux-mêmes, et lorsque pour le drame de la gare de Kramatorsk le crime est signé par une inscription russe, "pour nos enfants" bien en évidence sur le missile, et que personne sur le plateau n’est même pris d’un doute, que reste-t-il alors du doute systématique du journaliste ? Lorsque des journalistes parlent très vite de la "nécessité d’enquêtes", pour immédiatement après considérer tout cela comme des "faits avérés", et qu’’un journaliste sur le plateau s’exclame que "c’est trop évident et qu’il n’y a pas besoin d’enquête" que reste- il de la logique et de la cohérence ?

Lorsqu’après la campagne médiatique intense sur le bombardement de la maternité de Marioupol, le premier témoin, cette femme enceinte , influenceuse sur Internet, la même qui avait été adulée et largement médiatisée au départ, dit maintenant que c’est un bataillon ukrainien Azov qui a bombardé la maternité, et que, des journalistes, d’un seul élan, disent alors que son témoignage est désormais suspect et "qu’elle a dû subir des pressions pour parler ainsi", il y a vraiment problème dans l’information occidentale.

Lorsque on évite soigneusement, pratiquement partout, sur tous les plateaux, et dans les journaux, de dire, au sujet du martyr des habitants de Marioupol, qu’il y a, là, des combats acharnés qui opposent l’armée russe aux bataillons Azov retranchés dans la ville, on ne perçoit plus alors que l’image absurde d’une ville bombardée apparemment sans raisons. Qu’est-ce qu’il reste alors du journalisme d’information ? Il ne reste plus qu’une propagande partisane, utilisant tous les ressorts émotionnels, pour mobiliser l’opinion occidentale dans l’effort de guerre et les sacrifices qui lui seront de plus en plus demandés.

Signe des temps, c’est sur les grandes chaines d’information non occidentales, notamment les grandes chaines d’information arabes, Al Arabiya, Al Jazeera, qu’on trouve actuellement le respect de la déontologie professionnelle : ton sobre, distanciation, présentation des informations en provenance de chaque protagoniste, confrontation des points de vue contraires, compte rendu scrupuleux des déclarations officielles, sans coupure ou censure comme le font les chaines occidentales concernant Vladimir Poutine et autres dirigeants russes. Les informations militaires en provenance des deux camps sont données. On assiste en direct aux réunions du Conseil de sécurité de l’ONU. Les correspondants de guerre sont véritablement, sur le terrain, et non ces correspondants qui, a l’abri dans les zones calmes, interviewent des réfugiés. A l’inverse, ceux d’Al Jazeera prennent d’ailleurs des risques qui font frémir.

Sur Al Jazeera, un conseiller de Joe Biden disait qu’il fallait traîner Vladimir Poutine devant le Tribunal Pénal International (TPI), ce à quoi la journaliste lui a fait remarquer : "Mais vous avez toujours refusé de reconnaître la compétence de ce Tribunal pour les États Unis, comment pouvez-vous la réclamer pour d’autres ?" Le conseiller en est resté sans voix. Peut-on imaginer actuellement un tel dialogue sur une chaîne occidentale ? Et pourtant il s’agit de simple objectivité.

Certes ces médias, eux aussi, peuvent tomber dans la désinformation dans des circonstances semblables, lorsque le poids du pouvoir politique devient destructeur pour le métier de journaliste. L’exemple du rôle d’Al Jazeera pendant la crise libyenne le prouve. Mais ceci mériterait d’autres développements.

 

Peut-être une rage

 

L’expression "effort de guerre" occidental, employée plus haut, se justifie lorsqu’on voit le développement rapide du soutien militaire et financier apporté au gouvernement ukrainien. N’est -il pas en train de transformer de plus en plus les États-Unis et les Européens qui les suivent en belligérants. Les États-Unis, les pays européens, et leurs medias disent et répètent qu’ils ne participent pas à la guerre. Peut-on être plus impliqués qu’ils ne le sont, à part envoyer des troupes ? Il ne s’agit plus de l’Ukraine, il s’agit de leur guerre, à voir leur mobilisation totale. Les Occidentaux jouent sans arrêt "au chat perché" sur une ligne de plus en plus ténue entre le soutien militaire et la participation directe. Même sur le plan économique, le discours est devenu de plus en plus violent de plus en plus haineux. Joe Biden promet désormais de ruiner l’aviation commerciale russe, de l’empêcher de travailler. Il cible la famille même de Vladimir Poutine en dehors de toute retenue. Jusqu’où va-t-on aller ? C’est comme s’il y avait, peut-être, désormais une rage, celle d’être impuissant, celle pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, de ne pas imposer leur loi, qui obscurcit l’entendement des dirigeants des EU et qu’ils transfèrent à leurs alliés. Tout cela est extrêmement dangereux pour le monde.
Et tout cela se répercute et se reflète aussi dans le système médiatique qui lui-même pousse sans arrêt à l’escalade, qui met de plus en plus le curseur un peu plus loin, au fil des déclarations politiques étasuniennes. Ce système est devenu une arme essentielle de la guerre. Comme le ferait une préparation d’artillerie sur un champ de bataille, le bombardement médiatique précède toujours chaque escalade qui va être faite, tant sur le plan de la fournitures d’armes de guerre que de sanctions économiques. C’est cet asservissement total au nationalisme occidental qui peut expliquer sa dégradation continuelle.

On pourrait dire que cela a toujours été ainsi dans les guerres, qui sont aussi des guerres de propagande. Mais il y a là quand même quelque chose de nouveau. Naguère, il y avait dans les médias et la presse occidentale des positions critiques par exemple sur la guerre du Vietnam, y compris aux États-Unis, sur l’invasion de l’Irak, par exemple dans des médias étasuniens et français. Les exemples du New York Times ou du journal Le Monde sont connus. Mais désormais, cela n’existe plus, y compris pour ces deux institutions du journalisme occidental. Il n’y a plus que la propagande, brute, sommaire, unilatérale, consensuelle, une seule vision, une seule approche, aucune confrontation de points de vue divergents. Si on débat, c’est seulement pour mieux prouver son zèle contre la Russie, présenter les meilleurs arguments.

On imagine l’énorme pression qui s’exerce sur les journalistes occidentaux qui veulent rester professionnels et défendre l’honneur de leur profession. Ils ont souvent à affronter une attitude hostile, voire agressive dans les médias mainstream. Beaucoup sont alors obligés de se réfugier sur des sites web ou des medias alternatifs. Leur admirable résistance vient prouver qu’il existe en Occident, y compris chez les journalistes, bien des forces décidées à défendre les traditions historiques de ce métier.

 

" On ne nous dit pas la vérité "

 

Les "médias mentent", telle a été, de plus en plus, le sentiment majoritaire dans la plupart des pays occidentaux notamment depuis la fin de la guerre froide et la domination sans partage des États-Unis. En fait, si aujourd’hui la pression énorme de la propagande de guerre donne l’impression qu’en Occident il y a une adhésion au système médiatique, cela n’est qu’une apparence. Cette déchéance du système médiatique était annoncée. La méfiance, l’hostilité envers le système médiatico-politique s’est développée ces dernières décennies dans les sociétés occidentales et est désormais profondément ancrée. Certes, elle est aujourd’hui atténuée par le nationalisme occidental mais elle est toujours là en arrière-plan. Cela explique le succès d’hommes comme Donald Trump ou Éric Zemmour en France, qui ont fait campagne sur une dénonciation violente du système médiatique tout en orientant cette dénonciation vers des thèmes xénophobes et populistes.

On s’est un peu partout, ces dernières années, en Occident, attaqué aux journalistes, ceux des grandes chaines notamment, CBS, LCI etc., et parfois violemment, physiquement. Dans l’attaque du Capitole, les journalistes se cachaient pour échapper à la foule. Dans le grand mouvement des "Gilets jaunes" en France, l’hostilité aux médias s’exprimait de manière très forte, des chaines comme LCI (encore elle... ) étaient expulsées par les manifestants.

L’une des causes du succès des thèses conspirationistes est peut-être là, dans la conviction que "On ne nous dit pas la vérité", comme c’est le sentiment d’une grande partie de la population. Cette méfiance à l’égard du système médiatique, cette dégradation profonde de son image, se reflètent notamment dans l’Internet. Il est devenu en grande partie un système d’information alternatif, où se forme une opinion en opposition avec le système médiatico-politique.

L’idée qu’on peut créer l’opinion à partir des médias s’est, en fait, révélée fausse. Le développement d’une opinion hostile aux médias dominants le prouve. Il n’est pas possible en effet d’orienter durablement les gens en dehors des réalités qu’ils vivent, et qui restent, à la fin, le facteur décisif de formation de l’opinion. C’est une bonne nouvelle.

Si le récit des médias occidentaux, basé sur le nationalisme occidental, peut donc encore tromper en Occident, il est devenu totalement discrédité dans le reste du monde. Plus personne n’y croit ou n’y accorde un quelconque crédit. Il s’agit là d’une crise profonde de l’information occidentale.

Une des raisons essentielles, peut-être de la dégradation graduelle du système médiatique occidental c’est qu’il donne une conscience inversée de la situation du monde. L’Occident se pense être le monde, la "communauté internationale" comme il se nomme alors que son obsession hégémonique l’éloigne toujours plus de l’immense majorité des peuples et rend l’image qu’il a de lui-même peu crédible. Mais il la garde quand même. Dans leur déni des nouvelles réalités du monde, il est impossible aux médias occidentaux de produire une information sérieuse. Ils s’auto-intoxiquent.

Cette crise ukrainienne révèle tout cela de façon inattendue. Si on prend le critère des sanctions économiques, l’Occident n’a pu y faire participer, aucun autre pays, autre qu’occidental, même symboliquement. Au fond, ce n’est pas la Russie qui est isolée mais l’Occident. Les occidentaux ont voulu, cette fois ci, créer un rideau de fer et l’abattre sur la Russie. Mais ce n’est plus possible, les temps ont changé.

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GUERRE EN UKRAINE : BORRELL OU QUAND L’UE FOURNIT DES ARMES … POUR QUE LES UKRAINIENS MEURENT

Par Le 22/04/2022

vendredi 22 avril 2022

Borrell ou quand l'UE fournit des armes ... pour que les Ukrainiens meurent

 

"Nous fournissons des armes, l'armée russe fournit des morts". Voici la dernière sortie de Joseph Borrell, celui-là même qui, il y a peu, avait déclaré que cette guerre en Ukraine se gagnerait sur les champs de bataille. Lorsqu'un piètre technocrate joue au va-t-en-guerre, l'on a de quoi s'inquiéter. Les Européens et les Ukrainiens, en tout cas, le devraient ... Et que le fameux "parti de la paix" se demande quelle paix est attendue, quand l'ennemi veut votre destruction totale et physique.

 

Joseph Borrell ne cessera de nous étonner. Il est des hommes qui se révèlent lors des situations graves, il est de ceux qui perdent les apparences. Lui, appartient sans aucun doute à la seconde catégorie : il ne peut vraiment plus faire illusion. Mais peut-on faire illusion à ce poste en général, et en ce moment en particulier ? Comment envoyer les Ukrainiens à une mort certaine au nom des intérêts impérialistes atlantistes et oser expliquer que la Russie "fournit des morts", alors que pendant 8 ans rien n'a été fait pour calmer la situation dans l'Est du pays, alors que l'UE s'est totalement couchée devant les Etats-Unis, alors que les Atlantistes fournissent armes et munitions à l'Ukraine ... pour que "la Russie fournisse les morts" ? Il semblerait que, justement, l'Europe se moque totalement de ces morts. Quelle abominable hypocrisie!

Dans son interview, Borrell fait perdre tout son sens à ce fameux "clan de la paix" russe, qui s'accroche aux pourparlers, comme s'ils pouvaient mettre un terme au conflit. J'entends au conflit géopolitique, à savoir l'enjeu, et non pas seulement au conflit militaire. Borrell rétablie parfaitement le lien entre les deux plans en déclarant d'entrée de jeu :

"Il ne s'agit pas seulement de savoir quand, il s'agit de savoir comment la guerre s'arrête!", avec quel vainqueur

Ainsi, paraît-il, l'Europe est confrontée à un choix cornélien - fournir ou ne pas fournir d'armes à l'Ukraine, c'est-à-dire entretenir ou ne pas entretenir la phase militaire de ce conflit. Pourtant, il n'y a pas de choix cornélien, car il n'y a pas d'état d'âme, il y a la guerre. Alors la réponse est claire et finalement logique : puisque la victoire géopolitique du monde atlantiste passe par la victoire militaire en Ukraine, les Atlantistes iront jusqu'au bout. 

Et Borrell annonce lui aussi la seconde phase du conflit, nous sortons de la phase "légère", de la guerre rapide, et entrons dans une phase lourde, une guerre longue, dans laquelle le silence est de mise, l'ennemi ne doit pas savoir ce qui se passe. Car, finalement, la victoire ne sera obtenue qu'au prix de sa destruction physique et totale, peut-on ajouter.

A bon entendeur, salue. Que les partisans de ce malsain "parti de la paix" se demandent justement quelle paix ils prétendent obtenir, quand l'anéantissement de leur pays et de leur civilisation est en jeu. Ils ne peuvent empêcher le conflit, ils ne peuvent que gêner la victoire.

Publié par à 11:38 

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UKRAINE : MARIOUPOL TOMBE MAIS...

Par Le 21/04/2022

Le syndrome Idlib de retour...

Thursday, 21 April 2022 6:15 PM  [ Last Update: Thursday, 21 April 2022 6:15 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le missile balistique intercontinental Sarmat de fabrication russe est lancé lors d'un test dans le nord de la Russie, le mercredi 20 avril 2022. ©Ministère russe de la Défense

Lors d’une réunion jeudi avec le président russe Vladimir Poutine, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a fait part du contrôle total de l’armée russe sur Marioupol, ville portuaire clé du Donbass sur la mer Noire.

Vladimir Poutine parle même de succès. Mais plus de 2 000 radicaux fidèles à Kiev restent retranchés dans l’usine Azovstal. Le président russe en a annulé l’assaut, préférant les assiéger. Que s’est-il passé à la dernière minute ? Pourquoi les unités tchétchènes qui avaient promis la « libération » de l’usine de la sidérurgie ont-elles été stoppées dans leur démarche ? Plus d’un analyste reprend celles des informations qui évoquaient il y a quelques jours la présence des officiers de l’OTAN, dont un général du Pentagone dans l’usine. Tout à l’heure l’Ukraine demandait a ce qu’un corridor humanitaire soit ouvert pour les évacuées et ce après plusieurs tentatives d’assaut héliportées pour les sauver lesquelles tentatives ont échoué. 

Ukraine : les officiers de l'OTAN capturés

Ukraine : les officiers de l’OTAN capturés

La Russie a effectué une frappe de grande envergure avec « Kalibr » sur les positions des forces armées ukrainiennes à Kiev.

« La libération de Marioupol est un succès », s’est réjoui. Poutine qui a salué, auprès de Sergueï Choïgo, la prise de la ville portuaire du sud-est de l’Ukraine assiégée depuis les premiers jours de la guerre.

Lorsque Marioupol a été encerclé début mars, quelque 8 100 soldats ukrainiens, mercenaires étrangers, sont restés à l’intérieur.

« Plus de 1400 radicaux ont déposé les armes », s’est félicité Choïgou, ajoutant que plus de 142 000 civils ont également été évacués de la ville assiégée depuis des semaines.

La Russie a cherché à deux reprises à établir un couloir humanitaire pour ceux qui souhaitaient quitter l’usine ces derniers jours, mais les deux tentatives ont échoué. Le ministère russe de la Défense a appelé les radicaux restants à déposer les armes, offrant des garanties de sécurité, si elles acceptent la proposition de reddition et cessent toutes les hostilités.

Choïgou a déclaré que les forces russes avaient annoncé un cessez-le-feu et ouvert des couloirs humanitaires deux heures par jour au cours des deux derniers jours sur ordre de Poutine pour permettre à ceux qui se trouvaient à l’intérieur de l’usine d’Azovstal de quitter la zone.

« Nous avons préparé 90 bus et 25 ambulances pour évacuer ceux qui souhaitaient partir », a-t-il déclaré ajoutant que des caméras avaient été installées dans la zone pour surveiller la situation.

Ukraine: ce qui manque aux drones US

Ukraine : ce qui manque aux drones US

« Personne n’a quitté l’usine », a-t-il souligné disant qu’une centaine de civils d’autres régions ont saisi cette opportunité pour évacuer.

« Si Marioupol tombe, ce sera le plus grand acquis de la Russie dans la guerre. C’est le principal port de la région de Donbass composée de deux provinces du sud-est que Moscou prévoit de concéder entièrement aux séparatistes », lit-on dans un rapport de Reuters. Reste a savoir le pourquoi du refus de Poutine d’aller jusqu’à bout. Y a-t-il un syndrome « Idlib » qui s’emparerait juste à la dernière minute du Kremlin ? Toujours est-il que ce succès stratégique a été accompagné du premier tir d’essai réussi de son tout nouveau missile balistique intercontinental Sarmat. Celui-ci pourrait attendre des cibles à de très longues distances.

À Marioupol, le général américain capturé serait un spécialiste des liaisons satellitaire. Un clin d’œil très donc pour dire aux Yankees que la Russie est capable de mettre la main à la fois sur les spécialistes de satellite US et sur leurs satellites aussi.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/04/21/680727/Ukraine-Marioupol-tombe

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MARIOUPOL : QUAND NULAND CONFIRME IN FINE L'IMPLICATION DIRECTE DE L'OTAN DANS LE CONFLIT UKRAINIEN

Par Le 21/04/2022

jeudi 21 avril 2022

Marioupol : quand Nuland confirme in fine l'implication directe de l'OTAN dans le conflit ukrainien

 

 

 

Hier, Victoria Nuland, la sous-secrétaire d'Etat pour les Affaires politiques, a déclaré à CNN que les pays de l'OTAN pourraient participer à l'évacuation des "civils" bloqués à Marioupol. Surtout quand Kiev vient de saboter les corridors humanitaires ouverts par la Russie le 20 avril, ce même jour. Donc, l'exfiltration doit se ferait incognito, les combattants étrangers sur place ne doivent surtout pas se rendre à l'armée russe, et l'OTAN pourrait même tenter d'assurer une présence "légitime" sur le territoire à cette occasion. 

Le ministère russe de la Défense avait ouvert un corridor sécurisé pour permettre aux combattants à Azovstal de déposer les armes, se rendre et garder la vie sauve. Mais Kiev n'a pas accepté cette option, les mercenaires et les étrangers sur place seraient-ils à ce point "dérangeants" pour les curateurs de l'Ukraine ? Toujours est-il que personne n'est sorti.

Or, ce même jour, à CNN, Victoria Nuland déclare la possible intervention des pays de l'OTAN pour assurer un passage sécurisé des "civils" (évidemment, qui encore se bat à Azovstal?), le jour même où personne n'est sorti par le corridor assuré par la Russie :

Il "y avait un certain espoir que les Russes pourraient permettre" un passage sûr pour les civils et les soldats blessés de Marioupol, a déclaré mercredi un haut responsable du département d'État américain, ajoutant "qu'il y aura des alliés de l'OTAN impliqués dans cela si cela se produit".

Les choses sont clairement dites : si passage il y a, il doit prévoir l'implication des forces de l'OTAN et de leurs Alliés. Les passages sécurisés uniquement par la Russie ne sont pas acceptables pour les Etats-Unis. Manifestement, il y a des gens à ne pas voir, qu'il faut discrètement faire sortir ... afin de maintenir la fable de la non-implication directe de l'OTAN dans le conflit en Ukraine. 

Par cette déclaration, en tout cas, Nuland confirme l'implication directe de l'OTAN dans le conflit ukrainien. 

PS : Hier, Bassourine annonçait l'assaut de Azovstal. Aujourd'hui, Poutine a annulé la prise de Azovstal et a donné l'ordre de l'encercler. Zelensky avait déclaré que Kiev ne conduira pas de pourparlers avec la Russie, si les combattants à Azovstal sont tués. La "deuxième phase" continue.

Publié par à 10:24 

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UKRAINE : USA ET UE PRETS A DE NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE QUI ANNONCE UNE NOUVELLE PHASE DE LA GUERRE

Par Le 20/04/2022

Ukraine: USA et UE prêts à «de nouvelles sanctions» contre Moscou, qui annonce une «nouvelle phase» de la guerre

Ukraine: USA et UE prêts à «de nouvelles sanctions» contre Moscou, qui annonce une «nouvelle phase» de la guerre

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Par AlAhed avec AFP

Les Etats-Unis et l'Union européenne sont parvenus à «un large consensus sur la nécessité d'accentuer la pression sur le Kremlin, notamment à travers l'adoption de nouvelles sanctions», a déclaré mardi soir le gouvernement italien.

Les alliés sont aussi tombés d'accord sur la nécessité «d'accroître l'isolement international de Moscou», a précisé le gouvernement dans un communiqué.

L'annonce italienne a été confirmée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un tweet: «Nous renforcerons de nouveau nos sanctions contre la Russie».

Cette prise de position a été prise au cours d'une réunion virtuelle consacrée à l'opération russe en Ukraine entre le président américain Joe Biden et les principaux alliés des Etats-Unis.

La visioconférence a réuni les dirigeants français Emmanuel Macron, britannique Boris Johnson, allemand Olaf Scholz, roumain Klaus Iohannis, polonais Andrzej Duda, italien Mario Draghi, canadien Justin Trudeau et japonais Fumio Kishida.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg participait aussi à l'appel, ainsi que les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, Ursula von der Leyen et Charles Michel.

En outre, «l'engagement commun à diversifier les sources énergétiques en réduisant de cette manière la dépendance aux approvisionnements russe a été réaffirmé» lors de cette vidéoconférence, selon le communiqué du gouvernement italien.

«Nouvelle phase» de la guerre

Sur le terrain, la Russie a annoncé mardi avoir mené une dizaine de frappes aériennes et de missiles dans l'est de l'Ukraine, entamant selon Kiev «la bataille pour le Donbass» crainte depuis des semaines.

Selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, il s'agit d'une «nouvelle phase» de la guerre.

Selon Moscou, «des missiles de haute précision» ont «neutralisé 13 places fortes» ainsi que des «concentrations» de troupes près de la ville clé de Sloviansk, dans la région de Donetsk.

Appel désespéré des combattants de Marioupol

À Marioupol (sud-est de l'Ukraine) assiégé par les forces russes, des combattants ukrainiens ont lancé un appel désespéré à la communauté internationale.

«Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures», a affirmé un officier ukrainien assiégé à Marioupol en appelant la communauté internationale à procéder à leur «extraction», dans un message publié sur Facebook mercredi.

«L'ennemi est dix fois plus nombreux que nous», a déclaré Serguiy Volyna, un commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans le vaste complexe sidérurgique d'Azovstal à Marioupol.

«Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d'utiliser la procédure d'extraction et de nous emmener sur le territoire d'un pays tiers», a-t-il ajouté.

Envoi d'avions de chasse, nouvelle aide militaire en préparation

L'Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l'air, a indiqué mardi le porte-parole du Pentagone, John Kirby, refusant de préciser leur nombre ou les pays ayant fourni les appareils.

Mais il s'agit vraisemblablement de Mig-29 de fabrication russe, que Kiev réclamait depuis le début de l’opération militaire russe et dont disposent une poignée de pays d'Europe de l'Est.

Après l'envoi de pièces d'artillerie Howitzer annoncé la semaine dernière par Joe Biden, cette annonce témoigne d'un changement d'attitude des Occidentaux, qui ont pendant plus d'un mois refusé de fournir à l'Ukraine des armements lourds, pour «éviter toute escalade du conflit».

Et selon CNN et NBC News, les Etats-Unis s'apprêtent à approuver un nouveau paquet d'aide militaire à l'Ukraine s'élevant à 800 millions de dollars, moins d'une semaine après une précédente annonce d'une tranche du même montant.

Guterres veut une «pause humanitaire»

Sur le plan humanitaire, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé mardi l'opération russe en Ukraine et demandé aux deux parties de stopper les combats pour une «pause humanitaire» de quatre jours à l'occasion de la Pâque orthodoxe, afin de «permettre l'ouverture d'une série de couloirs humanitaires».

Pour le troisième jour consécutif, aucun couloir d'évacuation des civils n'a pu être organisé mardi en Ukraine, «faute d'accord avec la partie russe», selon les propos de la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

La stabilité financière mondiale résiste (FMI)

Sur le plan économique, l'opération russe en Ukraine a secoué brièvement les marchés mais aucune crise financière mondiale ne s'est «matérialisée», a souligné mardi le Fonds monétaire international (FMI).

En revanche, la guerre a considérablement assombri les perspectives économiques, selon le FMI, qui table désormais sur une croissance mondiale de 3,6 % en 2022 (contre 4,4 % en janvier) et abaisse de 1,1 point sa prévision pour la zone euro à 2,8 %.

Le PIB de la Russie devrait se contracter de 8,5 % et celui de l'Ukraine de 35 %.

https://french.alahednews.com.lb/43783/321

russie sanctions ukraine operation militaire

Dans UKRAINE

UKRAINE : CES LOIS QUI ONT REHABILITE LA COLLABORATION NAZIE

Par Le 20/04/2022

Ukraine: Ces lois qui ont réhabilité la collaboration nazie

 

19 Avr 2022

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Comment le discours sur l’histoire du vingtième siècle, de la deuxième guerre mondiale et la guerre froide a été transformé et fait l’objet de lois révisionnistes. Cette analyse illustre le climat favorable aux anciens collabos et nazis qui règne en Ukraine à travers la critique de deux lois passées sous les mandats Porochencko et Ioutchenko. (IGA)

 

 

Le 30 septembre 2014, jour du 73e anniversaire du massacre de Baby Yar, le président ukrainien Petro Porochenko a déposé une gerbe en l’honneur de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) sur le site du plus grand massacre de l’Holocauste, la fusillade de 33 771 Juifs les 29 et 30 septembre 1941. Moins d’une décennie auparavant, Baby Yar était également devenu le lieu de sépulture d’une douzaine de nationalistes ukrainiens, lorsque le président Viktor Iouchtchenko leur avait consacré un mémorial. L’implication était claire : les nationalistes ukrainiens avaient subi le même sort que les victimes juives de l’Holocauste. Porochenko n’a pas mentionné que les membres de l’OUN faisaient partie des auteurs du massacre.

Le 14 octobre 2014, Porochenko a désigné les membres de l’armée insurrectionnelle ukrainienne comme « défenseurs de la patrie » et a instauré un jour férié consacré à leur mémoire. À bien des égards, la politique de la mémoire sous Porochenko a ressemblé à certaines des politiques de Viktor Iouchtchenko. Porochenko a, par exemple, relancé l’Institut ukrainien de la mémoire nationale (IUMN) sous la direction du plus important gestionnaire de la mémoire sous Iouchtchenko : Volodymyr V’iatrovych.

Au départ, peut-être, la politique post-Euromaïdan s’est-elle montrée plus prudente que celle de Iouchtchenko, les mesures les plus importantes se concentrant sur l’abandon de la terminologie soviétique concernant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, cela a changé le 9 avril 2015 lorsque la Verkhovna Rada a voté un ensemble de quatre lois traitant de l’histoire et de la mémoire historique. Loi n. 2558, « Pro zasudzhennia komunistychnoho i natsional-sotsialistychnoho (natsysts’koho) totalitarnykh rezhymiv v Ukraini ta zaboronu propahandy ikh syvmvoliky » (Sur la condamnation des régimes totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) et l’interdiction de la diffusion de leurs symboles). L’essentiel des votes favorables provenait du Bloc Petro Porochenko, du Front populaire du Premier ministre Yatseniuk et du Parti radical d’Oleh Liashko, à l’origine du projet de loi.

L’initiative est venue de Yuri Shukhevych, fils du commandant de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), Roman Shukhevych, ancien prisonnier politique et député à la Rada du Parti radical. V’iatrovych, le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, a revendiqué le mérite d’avoir introduit la loi conjointement avec Shukhevych.

La loi interdit la « propagande en faveur des régimes totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) » qui est définie comme « la négation publique, en particulier dans les médias, de la nature criminelle du régime totalitaire communiste de 1917-1991 en Ukraine et du régime National-Socialiste » ou toute tentative de les justifier[1]. De plus, elle stipule que les symboles nazis et soviétiques ne doivent pas être représentés. La loi est explicite dans ses détails, jusqu’à l’interdiction des armoiries de l’ex-RDA et du drapeau de la République socialiste tchécoslovaque. (Il est intéressant de noter que la loi n’interdit pas le drapeau de la République populaire de Chine.) Le risque que les armoiries de la RDA ou le drapeau de la ČSSR fassent leur retour et soient utilisés à des fins politiques en Ukraine doit être considéré comme faible.

En ce qui concerne le symbolisme ayant des racines dans l’Allemagne nazie, il reste à savoir ce que le gouvernement ukrainien fera des insignes du bataillon Azov, une formation paramilitaire d’extrême droite affiliée à Kiev. Ceux-ci incluent le soi-disant Black Sun, la mosaïque occulte du château de Wevelsburg, un symbole populaire dans les cercles néo-nazis, et le Wolfsangel, une version légèrement modifiée de l’emblème de la 2e SS Panzer Division Das Reich. On ne sait pas non plus quelles conséquences la loi aura pour la commémoration de la 14e division Waffen-SS Galizien, qui est commémorée dans les noms de rues et d’espaces publics dans plusieurs localités d’Ukraine occidentale, notamment Lviv, Ivano-Frankivsk et Ternopil.

Compte tenu de sa formulation, l’un des objectifs de la loi semble être d’assimiler le communisme et le nazisme, tout en les présentant également comme des forces extérieures auxquelles le nationalisme ukrainien était hostile. Une autre indication de cela est reflétée dans la loi d’accompagnement 2538-1, « Pro pravovyi status ta vshanuvannia pam’iati bortsiv za nezalezhnist’ Ukrainy u XX stolittii » (sur le statut juridique et l’honneur de la mémoire des combattants pour l’indépendance de L’Ukraine au XXe siècle), également parrainé par le Parti radical de Shukhevych et Liashko avec le soutien de l’IUMN de V’iatrovych. Plutôt que d’interdire les symboles ou la propagande d’organisations historiques particulières, il légifère « pour honorer la mémoire des combattants de l’indépendance ukrainienne au XXe siècle ». Pourtant, elle ressemble à la loi 2558 en ce qu’elle cherche à établir une interprétation particulière du passé à travers des interdictions et des interdits.

La loi 2538-1 elle-même est d’une lecture plutôt étrange : elle évoque plusieurs dizaines d’organisations et de groupes dont les membres étaient censés être des « combattants pour l’État ukrainien au XXe siècle ». Il s’agit notamment de socialistes ukrainiens, de monarchistes russes, d’insurgés paysans, d’extrême droite ukrainienne et de dissidents soviétiques. De nombreuses personnes appartenant aux organisations de cette liste se sont en fait opposées à l’indépendance de l’Ukraine, et certaines ont même soutenu la création de la République ukrainienne soviétique ou sont devenues membres du Parti communiste d’Ukraine. Plusieurs groupes étaient des rivaux politiques qui, dans certains cas, se livraient à d’âpres polémiques les uns avec les autres et, dans d’autres, se battaient et s’entretuaient[2].

En outre, certains de ces corps répertoriés étaient manifestement coupables de meurtres de masse. Par exemple, la loi protège l’armée de la République populaire ukrainienne (UNR) et les détachements d’insurgés actifs après 1917, qui furent responsables de la mort d’au moins 20 000 Juifs lors des pogroms de 1919 en Ukraine[3].

Cependant, les groupes les plus problématiques de la liste sont l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et sa branche armée, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). L’OUN était une organisation terroriste clandestine d’extrême droite qui cherchait à établir un État ukrainien totalitaire, à parti unique et homogène sous sa propre direction absolue. Il était profondément antisémite et a collaboré étroitement avec l’Allemagne nazie, en particulier entre 1939 et 1941. En 1941, il a appelé au massacre de Juifs, de Polonais et de communistes et a joué un rôle clé dans la vague de pogroms qui a balayé l’ouest de l’Ukraine cette année-là, coûtant la vie à entre 13 000 et 35 000 Juifs. En 1943-44, l’UPA a mené une campagne brutale de meurtres de masse contre la minorité polonaise en Volhynie et en Galice orientale dans le cadre de sa stratégie d’établissement d’un État ukrainien ethniquement homogène. Les études les plus détaillées répertorient environ 90 000 victimes polonaises de l’OUN(b)-UPA, dont la moitié seulement environ sont identifiées[4]. C’est à peu près égal au décompte total des victimes de la guerre civile bosniaque de 1992-95. L’UPA n’a également toléré aucune dissidence au sein de la communauté qu’elle prétendait représenter : ses combattants ont torturé et assassiné des Ukrainiens sur un simple soupçon de trahison qui pouvait inclure rien de plus qu’une réponse aux demandes de réquisition de l’État soviétique[5].

Un autre groupe discutable couvert par la loi est le Bloc des nations anti-bolchevique (ABN). Cette organisation a été active de 1946 à 2000 et dirigée, jusqu’en 1986, par Yaroslav Stets’ko, un homme politique férocement antisémite. En 1941, il s’était déclaré chef d’un État ukrainien et s’était tourné vers Hitler, Mussolini et Franco pour leur demander de l’accepter comme faisant partie de la « nouvelle Europe ». Peu de temps après, il écrivit pour « soutenir la destruction des Juifs et l’opportunité d’introduire les méthodes allemandes d’extermination des Juifs en Ukraine, en empêchant leur assimilation et toute politique similaire ». L’ABN a été financé par l’Espagne de Francisco Franco et la Taïwan de Chiang Kai-Shek. Il a réuni les Oustachis d’Ante Pavelic, des vestiges du régime de Tiso, des gardes de fer roumains, des hauts responsables militaires du régime de Szalaszi en Hongrie et d’anciens nazis.

La loi du 9 avril 2015 va plus loin que Iouchtchenko n’a jamais osé aller. Elle élève collectivement ces organisations très controversées au statut officiel et assure des avantages sociaux à leurs membres survivants. Particulièrement préoccupant est l’article 6 sur la « Responsabilité pour violation de la législation sur le statut des combattants pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe siècle ». Le premier paragraphe stipule que « Les citoyens ukrainiens, les étrangers, ainsi que les apatrides qui insultent publiquement les personnes visées à l’article 1 de ladite loi portent atteinte à la réalisation des droits des combattants pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe siècle et seront tenus de compte conformément à la loi ukrainienne ». Le second ajoute que « Le déni public du fait de la légitimité de la lutte pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe siècle se moque de la mémoire des combattants pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe siècle, insulte la dignité du peuple ukrainien et est illégal. »[6]

Pour les spécialistes de l’histoire ukrainienne moderne, notamment ceux d’entre nous qui travaillent sur la violence commise par les organisations nationalistes ukrainiennes, l’interdiction de les « insulter, eux et leur combat » équivaut à une interdiction de la recherche critique. Il reste à voir comment cela serait mis en œuvre et quel type de sanction est envisagé. La loi ne précise pas ce qui constitue une « insulte », ce qui soulève la question de savoir ce que les spécialistes de l’histoire ukrainienne moderne sont autorisés à écrire et à dire, et ce qu’ils ne le sont pas.

Comment dépeindre les pogroms initiés par l’OUN(b) en 1941 d’une manière qui satisfasse aux sérieuses contraintes stipulées par l’article 6 de la loi 2538-1 ? Comment l’historien est-il censé raconter les souvenirs de Viktor Kharkiv « Khmara » – un vétéran du bataillon Nachtigall, une unité nationaliste ukrainienne sous le commandement de Roman Shukhevych – sur la façon dont les hommes du bataillon ont participé à des fusillades de masse dans les villages de Vinnytsia en été de 1941, où, selon ses propres termes, « dans deux villages nous avons fusillé tous les Juifs que nous avons rencontrés »[7] ?

Comment un chercheur devrait-il représenter les événements qui se sont déroulés dans le village polonais de Poroslia en Volhynie dans la nuit du 8 au 9 février 1943 ? À cette date, la 1ère « sotnia » de l’UPA sous Hryhoryi « Dovbeshka-Korobka » Perehiiniak, à court de munitions, « a ligoté ses 150 habitants, dont de nombreux enfants, puis leur a écrasé le crâne, l’un après l’autre, avec des haches »[8]. Ce massacre est exclu de la mémoire ukrainienne ; tout ce qui reste est une fosse commune dans la forêt. Après le 9 avril 2015, existe-t-il un moyen de rappeler le sort des victimes sans risquer d’être poursuivi par les autorités ukrainiennes pour avoir potentiellement porté atteinte à « l’honneur » désormais légalement dû aux « combattants de l’indépendance ukrainienne au XXe siècle » ?

Que se passe-t-il si le chercheur ne partage pas l’opinion légiférée selon laquelle ces organisations et leurs dirigeants méritent d’être honorés ? Sera-t-il possible pour un chercheur d’argumenter contre l’idée qu’élever une génération d’Ukrainiens dans un esprit d’admiration pour ces groupes est une bonne idée ?

Il vaut la peine de répéter ici que plusieurs de ceux qui sont répertoriés comme « combattants pour l’indépendance de l’Ukraine » ont eux-mêmes exprimé des réserves à l’égard de cette lutte. Mykhailo Hrushevs’kyi, aujourd’hui célébré comme le père de l’écriture de l’histoire ukrainienne, a attaqué le slogan de l’indépendance ukrainienne comme étant inséparable du chauvinisme ; il préféra une fédération socialiste à l’indépendance[9]. Ironiquement, la nouvelle loi interdit à quiconque d’insulter Hrushevs’kyi, mais aussi d’exprimer son soutien à ses opinions. Plus important encore, les auteurs de la loi verraient- ils comme une insulte à Hrushevskyi de remettre en cause, compte tenu des opinions qu’il a exprimées, son statut de « combattant pour l’indépendance de l’Ukraine » ?

Nous craignons que pour nous-mêmes et pour de nombreux collègues travaillant en Europe et en Amérique du Nord, le moyen le plus sûr d’éviter de risquer la persécution en vertu de la loi ukrainienne soit de cesser notre travail sur ces sujets. On pourrait imaginer que l’inquiétude est encore plus réelle pour les chercheurs en Ukraine même. Cela aurait non seulement des implications pour la carrière des historiens individuels, mais aussi pour la société ukrainienne. La crise actuelle a révélé à nouveau l’ignorance de l’histoire et de la politique ukrainiennes en Occident ; est-ce que la meilleure réponse à cela est de dissuader les universitaires étrangers d’étudier le pays ou de rendre impossible pour les universitaires ukrainiens de travailler selon les normes internationales ?

La recherche sur ces questions est déjà difficile en Ukraine. En 2012, Grzegorz Rossoliński-Liebe, l’auteur de la première biographie scientifique sur Bandera, a fait face à de furieuses protestations contre sa personne pour avoir osé arriver à la conclusion que l’idéologie de Bandera constitue bien une forme de fascisme. Certaines de ses conférences ont été annulées, il a reçu des menaces personnelles et a fait face à des manifestants en colère qui l’ont dénoncé comme un «fasciste libéral» et «l’arrière-petit-fils menteur de Goebbels».

Son cas est instructif pour ceux qui se demandent comment les lois pourraient fonctionner dans la pratique. Certains défenseurs de la nouvelle législation ont fait valoir qu’elle ne s’appliquerait qu’aux œuvres de propagande et non à la recherche[10]. Cependant, lors de la campagne contre Rossoliński-Liebe, les initiateurs de la loi se sont montrés entièrement disposés à rejeter la recherche historique avec laquelle ils n’étaient pas d’accord comme de la propagande. V’iatrovych a affirmé que les recherches de Rossoliński-Liebe étaient « loin d’être scientifiques » et que ses publications étaient « plus scandaleuses que scientifiques ». Rossoliński-Liebe n’a pas non plus été le seul historien à être la cible de telles critiques. V’iatrovych a, dans le passé, également affirmé que les historiens polonais avaient exagéré le nombre de Polonais assassinés par l’UPA en Volhynie dans le cadre de « spéculations politiques multiples ». L’implication claire est que le travail de tout historien qui insiste sur les crimes des « combattants pour l’indépendance ukrainienne » constitue, pour les auteurs de la loi, une diffamation politique et non une recherche historique sérieuse. Pour les historiens critiques, l’affirmation selon laquelle la nouvelle loi ne vise que les propagandistes utilisant l’histoire à des fins politiques contemporaines est peu réconfortante.

Certes, l’Ukraine n’est pas un cas unique d’« histoire législative ». Plus récemment, en mai 2014, le président Poutine a signé une loi interdisant « le manque de respect pour les jours de gloire militaire » de la Seconde Guerre mondiale. Il est également vrai qu’un certain nombre de pays ont des lois interdisant la négation de l’Holocauste. Mais alors que l’interdiction de la négation de l’Holocauste vise à protéger la mémoire des victimes, la loi ukrainienne fait le contraire : elle met les auteurs à l’abri d’une enquête critique et élève une amnésie idéologiquement motivée au rang d’idéologie d’État ; elle incrimine vraisemblablement toute forme de critique qui pourrait, aux yeux de la loi actuelle, être interprétée comme « insultante » à la mémoire des auteurs, et empêche ainsi toute enquête scientifique sur les atrocités commises au nom de l’Ukraine comme préjudiciables à la dignité du peuple ukrainien.

 

Source originale: Polytkrytyka

Traduit de l’anglais par Martin pour Investig’Action

https://www.investigaction.net/fr/critiques-lholocauste-et-la-liberte-academique-en-ukraine-enquete-sur-les-lois-le-lois-2558-et-2538-1/

Notes:

[1] Zakon Ukrainy “Pro zasudzhennia komunistychnoho ta natsional’no-sotsialistychnoho (natsysts’koho) totalitarnykh rezhymiv v Ukrainy ta zabornu propahandiy ikh symvoliky,” p. 3.

[2] Zakon Ukrainy “Pro pravovyi status ta vshanuvannia pam’iati bortsiv za nezalezhnist’ Ukrainy u XX stolittii,” pp. 1-3.

[3] Henry Abramson, A Prayer for the Government. Ukrainians and Jews in Revolutionary Times, 1917-1920, Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1999, p. 120.

[4] Władysław Siemaszko and Ewa Siemaszko, Lubobójstwo dokanane przez nacjonalistów ukraińskich na lodności polskiej Wołynia 1939-1945, two volumes (Warsaw: Wydawnictwo von Borowiecky, 2008); Grzegorz Motyka, Ukraińska partyzantka 1942-1960: Działalność Organizacji Ukraińskich Nacjonalistów i Ukraińskiej Powstńczej Armii (Warsaw: Instytut studiów politycznych PAN, Oficyna wydawnicza Rytm, 2006), 287-297.

[5] Alexander Statiev, The Soviet Counterinsurgency in the Western Borderlands, Cambridge: CUP, 2010, pp. 124-130.

[6] Zakon Ukrainy “Pro pravovyi status ta vshanuvannia pam’iati bortsiv za nezalezhnist’ Ukrainy u XX stolittii,” p. 4.

[7] TsDAVO Ukrainy, f. 3833, op. 1, spr. 57, ark. 17-18.

[8] Grzegorz Motyka, ”Neudachnaia kniga. Volodymyr V’iatrovych. Druha pol’s’ko-ukrains’ka viina 1942.1947. Kyiv; Vydavnychyi dim Kyevo-Mohylians’ka Akademiia, 2011. Imennyi ta heohrafichnyi pokazhchyk. ISBN: 978-966-518-567-3, Ab Imperio, no. 1 (2012): 394.

[9] Mykhailo Hrushevs’kyi, “Ukrains’ka partiia sotsialistiv-revoliutsioneriv ta ii zavdannia”, Boritesia – poborete!, September 1920, No. 1, pp. 1-51, here pp. 46-48.

[10] Voir par exemple les commentaires d’ Andrii Kohut’s dans la discussion.

https://www.investigaction.net/fr/critiques-lholocauste-et-la-liberte-academique-en-ukraine-enquete-sur-les-lois-le-lois-2558-et-2538-1/

Dans UKRAINE

UKRAINE : LES USA VEULENT ENTRAINER L'ARMEE UKRAINIENNE A L'UTILISATION DE L'OBUSIER HOWITZER

Par Le 19/04/2022

Les USA veulent entrainer les militaires ukrainiens à l’utilisation de l’obusier Howitzer

 Depuis 1 heure  19 avril 2022

lobusier_howitzer

 Amérique et Europe - Article traduit - Ukraine

 

Rédaction du site

Un responsable du Pentagone a fait état de progrès dans la préparation de cours de formation pour les militaires ukrainiens pour utiliser les Howitzer, les systèmes d’artillerie fournis par les États-Unis.

Lors d’un point de presse lundi 18 avril, le porte-parole du département américain de la Défense John Kirby a suggéré que le processus de formation des soldats ukrainiens sur ces systèmes se déroulerait en Europe de l’Est. Il a précisé que ce sont les Ukrainiens qui ont demandé ces obusiers indiquant que la cargaison comprendra 18 pièces et 40 mille cartouches.
Il a expliqué que « le processus de formation à l’artillerie ne prendra pas longtemps ».

En outre, il a admis que la Russie a bombardé des cibles militaires lors de frappes contre Kiev et Lviv au cours des 72 dernières heures.

Evoquant le croiseur russe Moskva qui a coulé la semaine passée dans une frappe ukrainienne, il a aussi assuré qu’il ne comportait pas d’armes nucléaires.

« La Russie continue de déplacer le commandement, le contrôle, l’artillerie et d’autres facteurs militaires dans la région du Donbass en vue d’une attaque, et elle a envoyé 11 bataillons de combat supplémentaires en Ukraine au cours du week-end », a-t-il ajouté.

Le responsable américain a affirmé que les sanctions américaines et européennes ont limité la capacité de la Russie à réapprovisionner les stocks de munitions à guidage de précision, en raison d’un manque de composantes, et qu’elles limitent la production de la défense en général de la Russie, soulignant que la Russie a effectué environ 200 sorties au-dessus de l’Ukraine dans les dernières 24 heures.

Il a souligné que « des bombardiers russes ont mené des frappes de longue portée sur les villes de Kiev et de Lviv au cours des deux derniers jours et ont ciblé des installations militaires.

 » Nos estimations indiquent que la Russie compte désormais 76 bataillons de combat à l’intérieur de l’Ukraine, soit une augmentation de 11 depuis la semaine dernière, et elle continue de renforcer ses forces dans l’est et le sud de l’Ukraine, et n’a pas encore d’unités dans le nord, près de la capitale, Kiev », a-t-il poursuivi.

Il a confirmé l’arrivée dans la région, le dimanche 17 avril, de 4 avions d’aides militaires du montant de 800 millions de dollars. Selon lui, un cinquième avion arriverait dans les prochaines 24 heures.

Assurant que presque toutes les frappes aériennes russes étaient concentrées sur Marioupol, il a dit que si Marioupol tombe aux mains des Russes, cela signifie qu’environ 12 bataillons de combat russes seront disponibles pour se déplacer et combattre ailleurs ».

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/2311729

    

Dans UKRAINE

UKRAINE : LES NEO-NAZIS D'AZOV DEMOLISSENT LA STATUE DE JOUKOV A KHARKOV

Par Le 19/04/2022

18 Avril 2022

Lundi 18 avril 2022
Les néo-nazis d'Azov démolissent la statue de Joukov à Kharkov


Des néonazis appartenant au bataillon Azov, soutenus par les autorités ukrainiennes, ont démoli la statue du légendaire maréchal soviétique Georgy Zhukov dans la ville de Kharkov. 
Le démantèlement du monument aurait eu lieu le dimanche 17 avril. 

Koatiantyn Nemichev, un ancien combattant du régiment néonazi Azov et chef de la branche de Kharkov du Corps national, a publié une vidéo de la démolition du monument, déclarant qu'il avait été démantelé par les forces spéciales de KRAKEN. La vidéo montre la statue transportée vers une décharge. 


Au cours des dernières années, les fascistes et les néonazis ont tenté à plusieurs reprises d'enlever le monument à la mémoire de Joukov à Kharkov, mais les autorités municipales l'ont toujours remis sur le piédestal sur les instructions du conseil municipal.

Selon l'agence TASS, les autorités russes ont ordonné une enquête criminelle sur la démolition du monument.

Georgy Zhukov était un éminent général et maréchal de l'Union soviétique qui a joué un rôle de premier plan dans la victoire de l'Armée rouge contre l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

source : https://www.idcommunism.com/2022/04/azov-neo-nazis-demolish-zhukov-statue.html

Tag(s) : #Ukraine#Joukov

Dans UKRAINE

L'INTERVENTION MILITAIRE RUSSE EN UKRAINE VUE DEPUIS LA CHINE

Par Le 19/04/2022

L’intervention militaire russe en Ukraine vue depuis la Chine

Par Vincent Gouysse

Mondialisation.ca, 18 avril 2022

marxisme.fr

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Ces derniers temps, ceux qui lisent la presse chinoise assistent à un véritable festival d’humour sarcastique. Comme la plupart des esclaves salariés occidentaux, persuadés de leur « exceptionnalité » innée et éternelle, n’estiment naturellement n’avoir rien à apprendre de l’étranger (une « immunité » naturelle conférée par le racisme atlantiste multiséculaire « normal », aujourd’hui massivement anti-russe et anti-chinois), le lobby politico-médiatique atlantiste n’a pas encore jugé utile de censurer ouvertement les médias chinois, mais au rythme actuel des choses cela pourrait néanmoins advenir rapidement…

 

 

Au cours des derniers jours, on a vu l’un des principaux organes médiatiques officiels du Parti Communiste Chinois publier une série d’articles illustrés. Cette saga en sept volets intitulée « Commentaire illustré sur l’hégémonie à l’américaine » se compose des épisodes suivants : (1) Les initiateurs de la crise ukrainienne ; (2) Le « marionnettiste » qui tire les fils dans les « coulisses » des turbulences mondiales ; (3) Un « vampire » qui amasse sans vergogne de l’argent partout dans le monde ; (4) Les « conspirateurs de la guerre froide » du XXIe siècle ; (5) Un « fabricant de poisons » qui répand la peste, la haine et la guerre ; (6) Des « pseudo-gardiens » des droits de l’homme qui n’ont aucune considération pour la vie ; (7) Un « Voldemort » qui détruit l’ordre international. Voilà pour les thèmes abordés, et voici les principales illustrations correspondantes…

Pour le Quotidien du peuple, le conflit actuel révèle « les véritables intentions des États-Unis, c’est-à-dire freiner le développement d’autres pays et de consolider la position dominante de Washington dans le schéma international » : « Ce que les États-Unis font pour maintenir leur hégémonie sème la discorde et les conflits dans le monde ». Voici de larges extraits de cette série d’articles :

« Sous la direction des États-Unis, l’OTAN a persisté à pousser sa soi-disant ligne de défense de « sécurité collective » jusqu’à la frontière russo-ukrainienne, ce qui a finalement conduit à la crise ukrainienne. (…) Après le déclenchement de la crise ukrainienne, les États-Unis ont crié « arrêtez la guerre », mais leur action réelle a été de verser de l’huile sur le feu par tous les moyens. Le 10 mars, les États-Unis ont approuvé 13,6 milliards de dollars d’« assistance à l’Ukraine ». Début mars, le New York Times a rapporté que les États-Unis et l’OTAN avaient livré plus de 17 000 armes antichars à l’Ukraine en six jours. (…) Les États-Unis allument l’incendie en premier, puis attisent le vent, et c’est le peuple ukrainien qui en paie le prix. Le HCR a déclaré le 31 mars que 4 millions de personnes avaient fui l’Ukraine et qu’environ 6,5 millions étaient devenus des sans-abri. Les États-Unis crient halte à la guerre tout en tenant en même temps un couteau à la main. Ce comportement de pompier pyromane montre toute la nature hypocrite des Etats-Unis ».

« Depuis le déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, les États-Unis n’ont cessé de verser de l’huile sur le feu et de livrer successivement des armes à l’Ukraine. (…) Selon un récent rapport publié par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm en Suède, les États-Unis et leur complexe militaro-industriel, en tant que « plus grand exportateur d’armes au monde », « réalisent plus de profits » dans le conflit russo-ukrainien. Le cours des actions des géants américains de l’armement confirme également cette affirmation : du 24 février au 28 mars, le cours de l’action Lockheed Martin a augmenté de plus de 13%, Northrop Grumman de plus de 13,4% et General Dynamics de plus de 10%. Les États-Unis ne cessent de créer des tensions de peur que le conflit ne s’arrête. Ils veulent simplement gagner de l’argent avec la guerre pour remplir leurs propres poches et maintenir leur position hégémonique le plus longtemps possible ».

« Récemment, l’affaire des laboratoires biologiques américains en Ukraine a suscité une attention générale. En fait, les activités militaires biologiques des États-Unis en Ukraine ne sont que la pointe de l’iceberg. Au nom de la « coopération pour réduire les risques de biosécurité » et du « renforcement de la santé publique mondiale », le département américain de la Défense contrôle 336 laboratoires biologiques dans 30 pays à travers le monde, répartis en Afrique, en Europe de l’Est, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient. Il y a de fréquents accidents dans ces laboratoires et un grand nombre de dangers potentiels pour la sécurité. (…) La base biologique de Fort Detrick aux États-Unis est quant à elle qualifiée de « centre des expériences les plus sombres menées par le gouvernement américain » par les médias américains. La base a connu de nombreux accidents de sécurité et a été finalement fermée en juillet 2019. Face aux inquiétudes et aux doutes de la communauté internationale, les États-Unis ont toujours éludé les choses importantes et tenté de s’en sortir de manière superficielle avec des mensonges légers. Que font les laboratoires biologiques que les États-Unis ont dans le monde entier ? Washington doit apporter une clarification complète avec une attitude responsable et donner une réponse au monde ».

« Depuis leur fondation, les États-Unis n’ont jamais cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres pays et de renverser le pouvoir politique d’autres pays, et ont toujours plongé le monde dans les troubles avec leur comportement hégémonistes. Ce « Voldemort », qui sape la paix et la stabilité mondiales, a eu recours à des moyens tels que l’ingérence dans les élections, l’incitation à l’agitation, la subversion du pouvoir politique et même la guerre dans le monde entier pour pratiquer l’interventionnisme et l’intimidation. L’histoire des États-Unis est entièrement une histoire de guerre, ce qui est un fait reconnu par la communauté internationale. Depuis leur fondation en 1776, les États-Unis ont été en état de guerre environ 93% du temps ; au cours des 10 dernières années, les États-Unis ont envahi plus de 20 pays ou provoqué des changements de régime dans les pays concernés, et sont intervenus à plusieurs reprises et ont manipulé la « révolution de couleur » de certains pays. En regardant un peu partout, que ce soit en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Europe de l’Est et d’autres endroits, la situation politique est turbulente, les troubles civils se poursuivent, le terrorisme devient de plus en plus intense ou la situation régionale continue d’être tendue. Le « chef-d’œuvre » des États-Unis créant des troubles peut être vu partout dans le monde d’aujourd’hui ».

Le 17 avril, le Global Times reprenait également cette thématique à travers un article intitulé « « Le Voldemort«  de l’ordre mondial : L’Amérique est le « Seigneur des Ténèbres«  cherchant à détruire l’ordre international » ! Un message des plus explicites aux fans d’Harry Potter, chinois comme occidentaux… Les semaines précédentes, les mass-médias chinois s’en étaient déjà donnés à cœur joie, comme l’illustrent les caricatures d’un autre organe médiatique officiel majeur, mais indéniablement, la critique chinoise va crescendo au fil du temps !…

Aussi est-il évident que si la Russie ne bénéficie aujourd’hui d’aucun appui militaire chinois en Ukraine, il n’en va pas de même sur le plan idéologique. L’appui moral de la Chine est incontestable… inconditionnel et massif !

De toute évidence, si la résistance désespérée opposée par les détachements de chocs ukronazis et l’armée régulière ukrainienne (dont les principales infrastructures et dont la plus grande partie du matériel lourd ont déjà été décimés) est supérieure à ce qu’attendait Moscou, les révélations permises par l’opération militaire ainsi que la campagne occidentale de désinformation à la sauce Goebbels ont indéniablement renforcé la cohésion du front intérieur de la Russie, celui de son opinion publique, au grand désespoir des médias atlantistes forcés de reconnaître implicitement le total échec de leur « psy-op » en Russie :

« C’est une étude aux résultats qui peuvent sembler étonnants du point de vue des Occidentaux. Plusieurs semaines après le début de la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, 83% des Russes approuvent les actions de Vladimir Poutine en mars, un chiffre en augmentation de 12% par rapport au mois de février, selon une étude du Levada Center, un institut de recherche et d’analyse de l’opinion publique russe indépendant, et considéré par l’État comme ‘agent étranger’ ».

La situation n’est pas plus reluisante pour la propagande atlantiste en Chine. Selon une enquête d’opinion réalisée du 30 mars au 7 avril auprès des internautes chinois, ce sont pas moins de « 89,2% des internautes chinois » qui jugent que « les États-Unis sont un pays hégémonique et tyrannique sur la question ukrainienne », et seuls 5,6% ont jugé les États-Unis « justes et équitables », tandis que 5,2% déclaraient ne pas avoir d’opinion sur la question…

L’hypocrisie et la partialité infinies de la presse atlantiste mainstream apparaissent aujourd’hui dans toute leur nudité aux yeux de ceux qui ne sont pas victimes de la « cancel culture » occidentale systémique. Quoique l’on pense de sa décision d’intervention, Vladimir Poutine est de toute évidence loin d’être le fou dément, irrationnel et isolé (en Russie comme à l’international) dépeint il y a quelques semaines par la presstituée atlantiste… Si la Guerre du cœur et des esprits semble déjà perdue à l’extérieur des frontières du monde atlantiste, une autre guerre semble au moins toute aussi mal engagée pour l’Occident.

La guerre économique des sanctions ne tourne également pas à l’avantage de l’Occident déjà forcé de reconnaître à demi-mots que la Russie a d’ores et déjà remporté « une première victoire dans la bataille du rouble ». Un autre média atlantiste va même plus loin et concède que « le rouble se porte comme un charme, malgré la guerre en Ukraine » « grâce à un excédent commercial sans précédent » : « Les exportations sont solides, et avec des prix des hydrocarbures (pétrole, gaz) élevés ». En bref, les sanctions occidentales ont complètement manqué leur cible désignée, mais promettent fort heureusement d’atteindre pleinement leur cible secondaire (les peuples occidentaux en voie de paupérisation absolue accélérée), qu’on dépeindra comme un « dommage collatéral » pour tenter de les consoler…

La situation économique se dégrade en effet rapidement en Occident. La Banque de France a d’ores et déjà abaissé ses prévisions de croissance pour 2022. Et la situation économique n’était déjà guère brillante en 2021 : selon les dernières statistiques de l’INSEE, la France a enregistré un déficit commercial record de 9 milliards d’euros sur le seul mois de novembre 2021, et cela n’est « ni un accident ni une exception », mais une tendance structurelle lourde résultant « de l’érosion rapide de la compétitivité du pays » induite notamment par « la désindustrialisation accélérée que nous connaissons, et qui alimente le sentiment partagé par de nombreux Français d’un déclassement économiques de notre pays ».

Au 1er trimestre 2022, les faillites d’entreprise en France affichent une croissance de 34,6% en glissement annuel. Les analystes lucides estiment surtout que bien que le pire (un durcissement de la Guerre du gaz) ait ponctuellement été mis en suspens pour des raisons de cirque électoral présidentiel en France, il n’en constitue pas moins une menace majeure de dislocation et d’effondrement des économies occidentales. Et le gaz russe pourrait être le premier domino : « En cas de rupture d’approvisionnement de la Russie, « les prix partiraient dans tous les sens, la liquidité s’effondrerait, prévient Jean-François Cirelli. On serait dans une situation de dislocation ». En d’autres termes, « l’Europe risque un Lehman Brothers de l’énergie »…

Et il faut bien comprendre que les bouleversements actuels de l’approvisionnement énergétique européen (pénuries et renchérissement) ne sont pas ponctuels, mais promettent au contraire d’être durables et d’impacter très négativement l’économie et les lambeaux de l’industrie de bazar occidentale : « Anticipant une baisse des livraisons d’énergies russes vers l’Ouest, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré le 14 avril vouloir réorienter les exportations dans ce secteur de l’Europe vers l’Asie ».

Cette dernière, du moins son centre de gravité, se porte en effet à merveille. Au 1er trimestre 2022, la Chine a vu les IDE affluant sur son sol croître de 25,6% en glissement annuel à 379,87 milliards de yuans. Dans le même temps, son commerce extérieur a enregistré une croissance de 10,7% à 9420 milliards de yuans (soit 1480 milliards de dollars). Surtout, l’excédent commercial a poursuivi sa croissance, les exportations bondissant de 13,4% à 5230 milliards de yuans, tandis que les importations progressaient de 7,5% à 4 190 milliards de yuans… À 1040 milliards de yuans, il représente 19,9% du volume des exportations ! Les autorités chinoises sont donc optimistes pour l’année en cours et comptent si besoin prendre « des mesures pour stimuler la consommation » afin de « stabiliser les fondamentaux économiques », en particulier si le besoin s’en faisait sentir au gré de l’évolution de la conjoncture internationale…

Les expérimentations des Dr « Empire of the Lies » et « Euro-Reich » sur le zombie européen… Le Dr Mengele n’a qu’à bien se tenir ! Un message limpide envoyé le 24 mars par la diplomatie russe à destination des roquets atlantistes européens… Et un autre message encore moins flatteur sur la perception de l’Europe par la Russie :

De toute évidence, si le conflit actuel est quant au fond l’expression de rivalités inter-impérialistes et vise indéniablement à un repartage (des plus radical !) des sphères d’influence à l’échelle internationale, il déborde du cadre strictement matériel et revêt de plus en plus la forme d’un conflit de civilisations, un conflit opposant la société de consommation atlantiste post-industrielle vivant comme un vampire de la sueur et du sang des peuples des pays dépendants maintenus sous son joug quasi-exclusif par une politique coloniale fasciste, à la promesse d’un nouvel ordre mondial sous leadership sino-russe débarrassé de ce joug protectionniste agressif…

Un conflit qui ne semble pas tourner à l’avantage du bloc atlantiste, que ce soit sur le plan militaire, économique ou moral ! Au gré de la phase terminale de sa crise de déclassement, de nombreux mythes atlantistes sont déjà tombés, qu’il s’agisse de la « démocratie » et des « droits de l’Homme »… Même les héros de l’Occident n’ont pas été épargnés : Terminator a été irrémédiablement infecté par Skynet, et Harry Potter s’est transformé en Voldemort… Surtout, alors que la Russie est loin d’avoir jeté toutes ses forces dans cette bataille, la Chine (dont la puissance industrielle littéralement écrasante n’a pas été mobilisée sur le théâtre militaire) observe attentivement l’évolution de la situation et pourrait déjà avoir envoyé un coup de semonce (économique) implicite à l’Occident via le confinement musclé de Shanghai sous le prétexte Omicron, une mise sous cloche radicale qui promet de nouvelles perturbations majeures de la chaîne industrielle mondiale et en particulier de l’approvisionnement commercial de l’Occident en biens de consommation et en biens intermédiaires bon marché… L’empire atlantiste, d’ailleurs bien mal en point, n’est certainement pas le seul à être en position de mener une « guerre hybride » !..

Il y a deux semaines, le tacticien en chef des contre-mesures économiques russes et de la naissance du futur système monétaire mondial post-occidental, Sergey Glazyev, donnait une interview particulièrement éclairante sur l’enjeu fondamental des bouleversements mondiaux en cours. Au-delà des poncifs rebattus sur l’échec du socialisme en URSS propre à tous les économistes bourgeois, il livrait une analyse fine des événements actuels à replacer dans le cadre de l’effondrement des sociétés occidentales et de l’avènement d’une nouvelle étape de développement du capitalisme bâtie sur les ruines du colonialisme occidental et de sa politique agressive de « containment » : le souverainisme et l’État providence de nouveau à l’ordre du jour. Un « printemps » des nations longtemps soumises au joug de l’occupation coloniale atlantiste. Les russes et les chinois sont sans conteste très habiles et promettent de rallier les élites bourgeoises-compradore du monde entier avec leurs échanges en roubles/yuans/monnaies locales/matières premières… La promesse d’un retour à l’économie réelle, une fois la parenthèse de la bulle spéculative de la « société de consommation » occidentale fermée ! La fin de la domination colonialiste mondiale va adosser les économies occidentales à leur création réelle de valeur (c’est-à-dire à bien peu de choses), au lieu de la valeur extorquée à l’international (cette source étant sur le point de se tarir)… Des pans entiers de ce qui subsiste de « l’industrie de bazar » occidentale vont s’effondrer (aéronautique civile, automobile par exemple), sans oublier la majeure partie de leur « secteur tertiaire ». Le tournant fasciste de l’Occident n’est pas un hasard… Écoutons-donc Glazyev pour lequel « des événements comme celui-ci se produisent une fois par siècle ». De son point de vue petit-bourgeois (trimondiste et anti-colonialiste), parce qu’il vise le « bien-commun » de pays représentant la majeure partie de la population mondiale, « le nouvel ordre économique mondial est idéologiquement socialiste ».

« Comme l’Empire britannique l’a fait autrefois, ils cherchent à maintenir leur hégémonie dans le monde. Les événements qui se déroulent aujourd’hui sont une manifestation de la façon dont l’élite financière et oligarchique du pouvoir des États-Unis tente de maintenir sa domination mondiale. On peut dire que depuis 15 ans, elle mène une guerre hybride mondiale, cherchant à chaotiser les pays qui échappent à son contrôle et à freiner le développement de la RPC. (…) Aujourd’hui, la concurrence économique a déjà fait que les États-Unis ont perdu leur leadership. (…) Si nous regardons le taux de croissance depuis 1995, l’économie chinoise a été multipliée par 10, tandis que l’économie américaine n’a augmenté que de 15%. Ainsi, il est déjà évident pour tout le monde que le rythme du développement économique mondial se déplace actuellement vers l’Asie. (…) Déjà en 2020, la Chine a atteint une croissance économique de 2%, alors qu’aux États-Unis, il y a eu une baisse de 10% du PIB (les analystes ont noté la plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale – ndlr). Aujourd’hui, les Chinois ont retrouvé des taux de croissance d’environ 7% par an, et il ne fait aucun doute que la Chine continuera à se développer avec confiance, en développant la production d’un nouveau mode technologique. (…) Les tentatives de Trump de limiter le développement de la Chine par des méthodes de guerre commerciale ont échoué. Dans le même temps, ils ont fait un boomerang sur les États-Unis eux-mêmes. Ensuite, les Américains ont ouvert un front de guerre biologique, lançant le coronavirus en Chine, espérant que les dirigeants chinois ne feraient pas face à cette épidémie et que le chaos surviendrait en Chine. Cependant, l’épidémie a montré une faible efficacité des soins de santé US et a créé le chaos aux États-Unis même. Le système de gestion chinois a également montré ici une bien plus grande efficacité. En Chine, le taux de mortalité est nettement inférieur et ils ont fait face à la pandémie beaucoup plus rapidement ».

Encore plus récemment, Sergey Glazyev a insisté sur le rapprochement stratégique croissant de la Chine et de la Russie. Mais Sergey Glazyev apparaît aujourd’hui surtout comme l’architecte du futur système monétaire mondial post-occidental qui sera adossé à un panier de monnaies nationales et de ressources naturelles liées à l’or, un système qui permettra de « libérer » « le Sud global de la dette occidentale et de l’austérité imposée par le FMI », c’est-à-dire de détacher définitivement les pays dépendants de la sphère coloniale atlantiste.  Pour l’Occident, cette période de transition (désormais imminente) aura des conséquences proprement cataclysmiques, car renfermant en elle la promesse de l’effondrement de l’ensemble de son système de prédation monétaire sur lequel est adossé la redistribution mondiale de la plus-value fondant le modèle « démocratique » de la société de consommation postindustrielle occidentale :

« La transition vers le nouvel ordre économique mondial sera probablement accompagnée d’un refus systématique d’honorer les obligations en dollars, en euros, en livres et en yens. À cet égard, ce ne sera pas différent de l’exemple donné par les pays émetteurs de ces monnaies qui ont jugé bon de voler les réserves de change de l’Irak, de l’Iran, du Venezuela, de l’Afghanistan et de la Russie à hauteur de milliers de milliards de dollars. Puisque les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union européenne et le Japon ont refusé d’honorer leurs obligations et ont confisqué les richesses des autres nations détenues dans leurs devises, pourquoi les autres pays devraient-ils être obligés de les rembourser et d’honorer leurs prêts ? En tout état de cause, la participation au nouveau système économique ne sera pas limitée par les obligations de l’ancien système. Les pays du Sud peuvent être des participants à part entière du nouveau système, quelles que soient leurs dettes accumulées en dollars, en euros, en livres et en yens. Même s’ils devaient manquer à leurs obligations dans ces monnaies, cela n’aurait aucune incidence sur leur cote de crédit dans le nouveau système financier ».

De toute évidence, l’intervention militaire russe en Ukraine va agir comme un catalyseur et un ferment majeurs de la destruction de la sphère d’influence coloniale atlantiste. Elle promet un bouleversement radical des « règles du jeu » (dans la continuité de la conférence de Bandung d’avril 1955, mais conjuguée à la stratégie d’émergence tri-mondiste sophistiquée de la Chine) qui ne pouvait naître que de la coopération sans faille de deux acteurs majeurs combinant des industries de tout premier ordre, de gigantesques ressources énergétiques et stratégiques, ainsi qu’une puissance militaire dissuasive… C’est pourquoi l’épilogue du théâtre militaro-médiatique ukrainien représente un enjeu proprement existentiel au regard des élites d’Occident ! Pour Sergey Glazyev, le « partenariat stratégique russo-chinois » repose notamment sur des « intérêts communs », ainsi que la nécessité de faire front commun face aux « menaces communes émanant de Washington » dans la « guerre hybride mondiale visant à défendre » la « position hégémonique dans le monde » de « l’élite dirigeante américaine » :

« La guerre tarifaire américaine contre la Chine et la guerre des sanctions financières contre la Russie ont validé ces préoccupations et démontré le danger clair et présent auquel nos deux pays sont confrontés. Des intérêts communs de survie et de résistance unissent la Chine et la Russie, et nos deux pays sont largement symbiotiques sur le plan économique. Ils se complètent et accroissent leurs avantages concurrentiels respectifs. Ces intérêts communs persisteront sur le long terme. Le gouvernement et le peuple chinois se souviennent très bien du rôle de l’Union soviétique dans la libération de leur pays de l’occupation japonaise et dans l’industrialisation de la Chine après la guerre. Nos deux pays ont une base historique solide pour un partenariat stratégique et nous sommes destinés à coopérer étroitement dans nos intérêts communs. J’espère que le partenariat stratégique entre la Russie et la RPC, qui est renforcé par le couplage de l’Initiative Ceinture et Route et de l’Union économique eurasiatique, deviendra le fondement du projet du président Vladimir Poutine de grand partenariat eurasiatique et le noyau du nouvel ordre économique mondial ».

Il n’y a là rien d’étonnant en ce qui concerne ce rapprochement stratégique que nous avions décrit dès 2007, et qui permet de ressusciter une vieille (mais brève) amitié sino-russe (soviétique), liquidée par la tentative de la néo-bourgeoisie nomenclaturiste khrouchtchévienne d’inclure la RPC dans une asservissante « division socialiste internationale du travail » dominée par le social-impérialisme soviétique naissant. Quant à la « base historique solide » de ce partenariat stratégique sino-russe, elle est effectivement parfaitement fondée. En 2007, nous avions ainsi souligné que l’aide matérielle désintéressée fournie par l’URSS de Staline à la RPC de Mao au cours de ses premières années d’existence avait constitué un atout majeur de la politique d’industrialisation et de rattrapage technologique de l’impérialisme chinois au cours des décennies suivantes :

« S’il est vrai que les investissements essentiels ont été réalisés par les chinois eux-mêmes, il est non moins vrai que l’aide soviétique, tout en représentant un pourcentage infime des investissements industriels chinois des années 1952-1957, n’en avait pas moins une très grande valeur qualitative : l’édification des bases d’une industrie lourde de production des moyens de production permettait en effet de démultiplier le dynamisme et d’accroître l’autonomie de l’industrie chinoise toute entière dans des proportions gigantesques. La bourgeoisie impérialiste chinoise le reconnaît elle-même quand elle définit [dans un document officiel datant de 2006] la période allant jusqu’en 1957 comme ayant été marquée par la mise en place de « l’ossature de l’industrie chinoise » basée sur la construction de « 694 ouvrages de grandes ou moyennes dimensions, centrés sur les 156 projets de construction bénéficiant de l’aide de l’Union Soviétique ». En conséquence, la Chine avait produit près de 17 millions de tonnes d’acier durant la période 1953-1957, soit plus du double de la production cumulée des années de la période 1900-1948 ! Ce niveau de production était loin d’être ridicule puisque la jeune URSS n’avait produit que 4 millions de tonnes d’acier en 1927 – son niveau de 1913 ! »

De même, en 2015, nous avions souligné la contribution majeure de l’URSS de Staline à la fin de l’occupation coloniale japonaise en Asie. En effet, les fascistes japonais furent chassés de Mandchourie (qui fût ensuite rétrocédée à la Chine) par l’écrasante offensive de l’Armée Rouge lancée en août 1945… En quelques semaines, l’Armée Rouge libéra 1,5 million de km2 avec près de 300 000 soldats japonais tués à la clef… A titre de comparaison, ce sont 500 000 soldats japonais qui furent tués face aux troupes américaines tout au long de la période 1941-1945… Et au final, les deux bombes atomiques US servirent à envoyer un premier « message » (précurseur de la Guerre Froide) à « l’allié » soviétique et à occulter le rôle déterminant de l’URSS dans la libération de vastes territoires occupés par les fascistes en Asie… La conclusion donnée par Sergey Glazyev sonne indéniablement comme une revanche sur l’impérialisme américain, pour la Chine comme pour la Russie. De même que la présence des troupes de choc tchétchènes en première ligne des combats urbains les plus périlleux contre Azov à Marioupol, des troupes d’élite fières d’occuper une place de choix dans la destruction du colonialisme atlantiste dont les méthodes de déstabilisation américaines (salafisation) coûtèrent si cher au peuple de Tchétchénie dans les années 1994-2009… De nouveau un retour de boomerang majeur pour le Grand Oncle sénile d’Amérique et ses larbins d’Europe qui avaient rêvé de parvenir à achever le dépeçage de la Russie… et dont la Russie et ses alliés ne cachent plus être en retour bien déterminés à liquider la sphère d’influence coloniale !

Que la confrontation militaire occidentalo-russe reste dans les frontières ukrainiennes actuelles ou s’étende à d’autres parties du Monde, l’inéluctable victoire militaire à venir des forces armées russes et des patriotes antifascistes et anticolonialistes du Donbass marquera un jalon majeur de la phase finale d’effondrement de la sphère coloniale atlantiste. On entend déjà résonner la future « Marche de la Victoire » des combattants du Donbass qui résistent victorieusement depuis maintenant huit années à la « juridiction nazie » de Kiev, une chanson que bien des peuples d’un Monde si longtemps opprimé par le colonialisme Occidental pourraient prochainement reprendre à leur compte ! Seuls les merdias atlantistes faisant délibérément les autruches afin d’intoxiquer leurs esclaves indigènes en cours de déclassement feignent aujourd’hui de ne rien voir de l’imminente bérézina contemporaine multiforme qui attend le monde Occidental… Mais qu’importe, le déni systémique de la réalité contemporaine de la chute du « Roi nu » par ses valets ne pourra pas le sauver de la chute elle-même, mais promet seulement de la rendre plus douloureuse !

Vincent Gouysse pour www.marxisme.fr

La source originale de cet article est marxisme.fr

Copyright © Vincent Gouyssemarxisme.fr, 2022

https://www.mondialisation.ca/lintervention-militaire-russe-en-ukraine-vue-depuis-la-chine/5667344

Dans UKRAINE

BILLET INTERROGATIF : EN QUOI L'ALSACE-MOSELLE DIFFERE-T-ELLE DE L'UKRAINE ?

Par Le 19/04/2022

mardi 19 avril 2022

Billet interrogatif : en quoi l'Alsace-Moselle diffère-t-elle de l'Ukraine ?

 

Alors que les officiels russes annoncent que dès la reprise du Donbass, ils relanceront sérieusement les négociations avec l'Ukraine, espérant toujours une guerre de courte durée, les Etats-Unis, maître en l'art d'enliser les conflits qu'ils ne peuvent directement gagner, remettent en route les programmes de préparation des militaires ukrainiens. La démarche russe dans ce conflit soulève en effet beaucoup de questions : qui va assurer la "démilitarisation" et la "dénazification" de cette étrange Ukraine, quid des régions comme Kherson qui sont sous drapeau russe (ou le drapeau ne signifie-t-il plus rien?), pourquoi le "monde russe" s'arrête-t-il aux frontières du Donbass ? 

Les contours du conflit apparaissent plus clairement dans le discours officiel russe : libérer le Donbass et maison. Mais, avec une Ukraine, qui ne présente plus un danger pour la Russie - ce qui, à nouveau, n'indique rien de concret.

La Russie veut donc une Ukraine démilitarisée, enfin en tout cas dont le potentiel militaire ne présente pas de danger pour elle, mais sans être présente sur ce territoire. N'ayons aucun doute à ce sujet, l'OTAN s'en chargera parfaitement, les pays membres étant très actifs sur la question du soutien militaire apporté à l'Ukraine. Avec ces "garants" à ses frontières, la Russie pourra être tranquille ...

Au fait, le Pentagone annonce la relance du programme de formation des militaires ukrainiens au maniement des armes américaines :

The United States in the next few days will begin training Ukrainian troops to operate powerful howitzers that the Biden administration is sending to Ukraine to help it fight the next major phase of the war, a senior Pentagon official said on Monday. (...) The Ukrainians will need training to use the American weapons, but their commanders are loath to spare many troops from the current fighting. So a small group of Ukrainian soldiers — most likely experienced with artillery and familiar with the Soviet-designed 152-millimeter counterpart to the American howitzer — will be brought to a neighboring country to learn the new system, the Pentagon official said.

La Russie veut la "dénazification" de l'Ukraine, parlant souvent d'un régime nazifiant, mais en même temps légitime, qu'elle ne veut pas renverser, juste détruire quelques groupes nazillons. Depuis, des nouveaux groupes sont créés, allant des étrangers aux criminels, armés et lancés dans le combat. Sans contrôle réel du territoire, cela semble être une fable. Rappelons que ce régime "légitime" bombarde des régions russes prenant des cibles civiles, qu'il donne ordre à ses hommes de torturer les soldats russes, qu'il donne ordre aux groupes nazis et criminels de tirer sur les soldats qui veulent se rendre, qu'il donne ordre de prendre sa population en otage, qu'il tire sur sa propre population pour accuser "l'ennemi". C'est ce régime qu'il ne faut surtout pas toucher ... sinon avec qui les "grands patriotes" pourraient-ils négocier ?

Militairement, alors que Poutine parlait de la "décommunisation" de l'Ukraine dans son discours initial, qu'il ne parlait pas du Donbass, mais bien de l'Ukraine, ouvrant grand la porte aux attentes et des Russes et d'une grande partie des Ukrainiens de revoir se constituer la Russie historique millénaire, désormais les intentions se réduisent au rythme des pourparlers et des déclarations des "grands patriotes" - le Donbass et point barre. La question des territoires, comme Kherson, où flottent le drapeau russe n'est même pas soulevée. Le drapeau russe n'a-t-il donc plus de signification, n'est-ce plus qu'un élément de communication, pour faire de belles photos, quelques déclarations, mais sans implications juridiques, sans obligations politiques ? Qu'adviendra-t-il de ces populations une fois la Russie partie ? Nous avons vu ce qui s'est passé après le "geste de bonne volonté" du retrait de l'armée russe de la région de Kiev et d'ailleurs ...

Une question me turlupine dans cette hésitation politique des élites russes, dans leur facilité à parler du "monde russe", mais de ce monde lointain, ailleurs, avec lequel il faut "collaborer", mais qui ne peut être juridiquement russe, de ces "terres russes" sur lesquelles il est légitime de voir flotter d'autres drapeaux. Pourquoi la frontière du "monde russe acceptable" s'arrête-t-elle au Donbass ? Selon quels critères ?

Je suis née en Moselle, l'Alsace et la Moselle ont fait partie une cinquantaine d'années de l'Allemagne. L'Ukraine est sortie de l'espace juridico-politique de la Russie depuis 30 ans, après en avoir été le coeur pendant un millénaire. Heureusement qu'à cette époque, le Gouvernement français estimait toujours la terre de Moselle comme française et qu'il s'est battu pour la reprendre. Quelle est la différence ? C'est une question de dimension? C'est une question d'époque ? Ou bien est-ce plutôt une question de courage politique ?

Publié par à 10:02 

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Dans UKRAINE

UKRAINE : 108 SITES MILITAIRES BOMBARDES SELON LA RUSSIE

Par Le 18/04/2022

Guerre en Ukraine: 108 sites militaires bombardés selon Moscou. De puissants missiles sur Lviv, selon Kiev

 Depuis 6 heures  18 avril 2022

La capture de quatre soldats ukrainiens de l'unité spéciale de missiles guidés antichars de la 95e brigade d'assaut aéroportée dans la région de Kharkiv

La capture de quatre soldats ukrainiens de l'unité spéciale de missiles guidés antichars de la 95e brigade d'assaut aéroportée dans la région de Kharkiv

 Amérique et Europe - Article traduit - Ukraine

 

Rédaction du site

Le porte-parole des forces armées russes, le général de division Igor Konashenkov, a annoncé que « l’aviation russe a mené des frappes sur 108 zones de concentration du personnel et d’équipements militaires ukrainiens ».

« L’aviation de l’armée de l’air russe a effectué des raids sur 108 zones pour la concentration de personnel et d’équipements militaires ukrainiens, et un drone a été abattu avec un missile air-air », a déclaré Konashenkov lors d’un point de presse ce lundi 18 avril.
Il a ajouté: « Les avions de combat de l’armée ont détruit 8 chars et autres véhicules de combat blindés, ainsi qu’une compagnie de main-d’œuvre ennemie dans les régions de Pashkovo, Vesili et Ilychivka. »

Il a poursuivi : « Les missiles aériens de haute précision ont également détruit 16 installations militaires ukrainiennes pendant la nuit, dont 5 postes de commandement ennemis, une installation de stockage de carburant et 3 dépôts de munitions, en plus du personnel et du matériel militaire stationnés à Barvenkove, Régions de Gulyai Pol, Kamishevakha et Zelinoy Pol, Velikomykhailovka et Nikolaev résidentiel ».

Dimanche, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir abattu deux chasseurs ukrainiens MiG-29 dans la région de Kharkov en Ukraine, soulignant que « l’armée de l’air russe a détruit 44 installations militaires en Ukraine, dont deux quartiers généraux de commandement et des anti-aériens S-300 ».

Lviv bombardé

Pour sa part, l’AFP a rendu compte de la mort d’au moins six personnes dans de « puissantes » frappes de missiles sur Lviv, grande ville de l’ouest de l’Ukraine d’ordinaire relativement épargnée par les combats,
Il y a eu aussi 8 blessés, rapporte l’agence, citant les autorités ukrainiennes locales.
« Cinq puissantes frappes de missiles d’un coup sur l’infrastructure civile de la vieille ville européenne de Lviv », a annoncé sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, conseiller du président Volodymyr Zelensky.

Mais le gouverneur régional, Maksym Kozitsky, a lui évoqué quatre frappes contre des sites militaires: trois sur des infrastructures militaires et une sur un dépôt de pneusgarage de pneumatique, provoquant des incendies. Tous sont « gravement endommagés ».
« À cette heure-ci, nous avons recensé six morts et huit blessés. Il y a un enfant parmi les victimes », a-t-il ajouté.

Un habitant du sud-ouest de Lviv a dit à l’AFP avoir vu d’épais panaches de fumée grise s’élever dans le ciel derrière des immeubles d’habitation.
Les chemins de fer ukrainiens ont de leur côté indiqué sur Telegram que « plusieurs missiles sont tombés à proximité des installations ferroviaires », sans faire de victimes et sans entraver la circulation.

« Nous réparerons notre infrastructure endommagée. Le chemin de fer continue de fonctionner », a affirmé le président du conseil d’administration de la compagnie, Alexandre Kamychine, publiant la photo de maisons en feu directement à proximité d’une voie ferrée.

Ville-refuge

Situés loin du front, Lviv et l’ouest de l’Ukraine sont rarement visés par des bombardements depuis le début de l’invasion russe le 24 février.

Le 26 mars, Lviv avait subi une série de frappes russes, dont deux avaient touché un dépôt de carburant et fait cinq blessés, selon les autorités locales.
La ville avait aussi été la cible le 18 mars d’une frappe qui avait atteint une usine de réparation d’avions proche de l’aéroport, sans faire de victimes.
Et le 13 mars, des missiles de croisière russes avaient visé une importante base militaire à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, faisant au moins 35 morts et 134 blessés.

Proche de la frontière polonaise, Lviv s’est convertie en ville-refuge pour les personnes déplacées et a accueilli au début de la guerre plusieurs ambassades occidentales transférées à partir de Kiev.

Source: Divers

https://french.almanar.com.lb/2310475

   

Dans UKRAINE

CETTE LEGION INTERNATIONALE DE DEFENSE TERRITORIALE DE L’UKRAINE – OU COMMENT DIFFUSER LA GUERRE

Par Le 18/04/2022

lundi 18 avril 2022

Cette Légion internationale de défense territoriale de l'Ukraine - ou comment diffuser la guerre

 

L'Ukraine a mis en place une Légion internationale de défense territoriale, qui permet de faire venir des soldats-volontaires étrangers, sans formellement que leurs pays d'origine ne soit impliqué, donc sans que ces pays d'origine, essentiellement les Etats-Unis, le Canada et la Pologne, membres de l'OTAN, n'aient besoin de formellement déclarer la guerre à la Russie ... pour faire la guerre à la Russie. Ainsi, l'Ukraine formellement démilitarisée continuera réellement le combat.

Les médias, notamment français, en parlent depuis quelque temps : des Occidentaux sont partis se battre aux côtés de l'Ukraine contre la Russie, même si le cadre juridique de cette implication reste très flou. Le chiffre de 20 000 personnes environ est avancé, des "vétérans" des guerres d'Irak, d'Afghanistan, de Syrie, des Balkans ou même d'Amérique du Sud. Bref, au-delà du discours bisounours, qui nous est servi sur, je cite, Sud Ouest, cette "foule d'hommes qui se sont mis spontanément au service de l'Ukraine", il s'agit bien du recrutement de personnes, ayant une expérience militaire.

D'ailleurs, le contrat conclu est surprenant, car il n'a pas de date fixe : les engagés doivent servir jusqu'à la fin de la loi martiale. Etrange formulation, puisque les obligations, qui pèsent sur les "volontaires", sont sans limites précises :

Mais ce qu'il veut faire passer comme message, c'est que l'Ukraine est en guerre et que c'est un pays avec très peu de ressources à utiliser pour ceux qui changent soudainement d'avis.

«Donc, si vous pensez déjà: "eh bien, peut-être que je vais le faire pendant une période de temps limitée", pensez aux ressources que le pays mettra en vous et si vous pourrez ou non contribuer en retour au moins pour la même chose ou plus», a-t-il dit.

«Et si tu sais que tu viens pour une semaine ou deux, alors ça n'en vaut pas la peine», a-t-il complété.

Il paraît que 1 500 Canadiens veulent encore joindre cette Légion.

La communication française est amusante sur ce sujet, car elle fait le grand-écart. D'un côté, elle soutient totalement le mouvement, en fidèle voix de son maître, puisque la France soutient totalement l'Ukraine. L'on trouve donc de jolis reportages sur "comment je me suis engagé auprès de l'Ukraine et ai pris avec moi mes amis" ... après que l'un ait eu sa famille tuée par les Russes What else? ... et que ce groupe d'"amis" sont des légionnaires de la Légion étrangère française. Or, quand les médias russes montrent qu'il y a bien eu des légionnaires français en Ukraine, et notamment à Marioupol, tout à coup l'on nous dit qu'il faut faire très attention : 

Un béret et un insigne pour prouver que des légionnaires auraient été présents à Marioupol ? C’est l’allégation qui est largement partagée depuis mercredi sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes allèguent que des membres de la Légion étrangère se seraient retranchés dans le port de cette ville durement frappée par la guerre avec des membres du régiment Azov, un régiment qui revient régulièrement dans la propagande prorusse.

Ils s’appuient pour cela sur une vidéo du compte YouTube « War gonzo », publiée le 4 avril, et qui a depuis cumulé 272.000 vues. On y voit un homme, probablement un soldat russe, saisir le béret à l’arrière de ce qui ressemble à un véhicule militaire encombré de détritus. Le soldat présente ensuite un insigne à la caméra.

Il faut faire attention à quoi, si les médias occidentaux diffusent eux-mêmes les interviews de membres de la Légion étrangère française expliquant pourquoi ils partent en Ukraine ?  

Le Comité d'enquête de la Fédération de Russie a déclaré avoir les preuves de l'engagement de membres de la Légion étrangère française auprès des troupes ukrainiennes et qu'une enquête va être menée. D'une manière générale, le ministère de la Défense russe parle de la présence d'environ 7 000 mercenaires étrangers venus de 63 pays en Ukraine, environ un millier a été tué par l'armée russe et 900 ont refusé de se battre. La Pologne serait les pays le plus actif avec 1 700 personnes envoyées, devant le Canada, les Etats-Unis et la Roumanie avec 1 500 chacun, puis la Grande-Bretagne et la Géorgie, avec 300 chacun. La plus grande partie des mercenaires étrangers sont à Kiev, Kharkov, Nikolaev, Odessa et Marioupol.

Les pays occidentaux ne peuvent pas laisser l'Ukraine perdre militairement, ils doivent la faire combattre jusqu'à épuisement, pour ne pas entrer directement dans le conflit. Puisque la Russie n'a pas, elle non plus, la volonté de reconnaître les implications, qui logiquement découlent de l'envoi régulier d'armes et d'hommes, le partage des informations recueillies par l'OTAN, la formation des militaires ukrainiens, un faux-semblant est maintenu, qui conduira très prochainement à une situation ubuesque : l'Ukraine sera bientôt démilitarisée ... mais continuera à se battre. 

Publié par à 11:18 

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Dans UKRAINE

LES OCCIDENTAUX ENVISAGENT D'ENVOYER DES ARMEMENTS LOURDS AUX UKRAINIENS

Par Le 17/04/2022

Foreign Policy : les Occidentaux envisagent d’envoyer des armements lourds aux Ukrainiens, « mais la tâche ne sera pas facile »

 Depuis 54 minutes  17 avril 2022

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 Amérique et Europe - Article traduit - Ukraine

 

Rédaction du site

Un rapport publié vendredi 16 avril par le magazine américain Foreign Policy indique que l’Ukraine recevra le soutien militaire de plusieurs pays, comme les Etats-Unis, la République tchèque et la Slovaquie, notant que « certains Ukrainiens craignent que l’affaire ne soit trop peu et trop tard. »

Le rapport indique que « les États-Unis et l’Europe avaient peur de livrer des armes lourdes à l’Ukraine qui pourraient parvenir aux mains des Russes ».

« Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont intensifié la livraison de chars, d’hélicoptères et d’armes lourdes à l’Ukraine, représentée par des armes offensives dont l’Ukraine a besoin à un stade critique de la guerre », a-t-il ajouté.

Le rapport note : « La République tchèque a expédié des chars à l’Ukraine, ainsi que des véhicules de combat d’infanterie et des systèmes d’artillerie. La Slovaquie a envoyé un système avancé de défense aérienne S-300, et les États-Unis ont annoncé qu’ils fourniraient à l’Ukraine 800 millions de dollars supplémentaires de matériel militaire. »

La cargaison comprend 11 hélicoptères MI-17, 200 véhicules blindés de transport de troupes M113, 100 Humvees, 300 drones kamikazes Switchblade, des obusiers lourds, des milliers d’obus et d’autres munitions.

Au cours de la première phase de la guerre, les responsables occidentaux pensaient que Kiev pourrait tomber aux mains des forces russes en quelques jours, ce qui les a conduits à s’abstenir d’envoyer des armes lourdes à un gouvernement dont ils n’étaient pas sûrs de sa viabilité.

Le rapport a souligné que le transfert d’armes lourdes vers l’Ukraine n’est pas facile, de même pour les véhicules lourds et des armes elles-mêmes », notant que « de tels transferts vers l’Ukraine nécessitent un zèle logistique potentiellement long pour la soutenir, y compris la formation, les pièces de rechange et la mécanique pour maintenir le fonctionnement du véhicule dans la zone de guerre.

L’ancien commandant de l’armée américaine en Europe, Ben Hodges, a déclaré pour le magazine : « Le char n’est pas une voiture de location », notant que « le transport de tout type de véhicule motorisé ou blindé nécessite de penser aux pièces de rechange, aux forfaits d’entretien, à la formation, au carburant et aux munitions… et s’assurer que les choses avancent ».

Hodges a noté que « plusieurs pays alliés envisagent toujours la livraison de chars à l’Ukraine, dont la plupart sont des modèles de l’ère soviétique sur lesquels les forces de Kiev ont déjà été entraînées ».

Des complications logistiques ont incité certains gouvernements occidentaux à bloquer les livraisons de gros volumes de véhicules lourds à l’Ukraine, malgré les appels de hauts responsables ukrainiens pour plus de soutien.

« D’autres, notamment certains politiciens en Allemagne, craignent que le développement de l’armée ukrainienne avec des armes lourdes ne transforme l’Occident en la cible d’une nouvelle agression russe », indique le rapport.

À son tour, la société allemande « Rhein Metal » a déclaré qu’elle était « prête à fournir à l’Ukraine jusqu’à 50 chars de combat Leopard 1 usagés, mais le gouvernement allemand n’a pas encore autorisé le transfert d’armes ». Certains responsables allemands ont rejeté l’idée, estimant qu’il faudra beaucoup de temps pour former les Ukrainiens.

Il y a quelques jours, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écrit sur Twitter : « Sans armes supplémentaires, cette guerre deviendra un bain de sang sans fin, semant la misère, la souffrance et la destruction», notant que « personne n’arrêtera la Russie à l’exception de l’Ukraine avec des armes lourdes ».

Le rapport ajoute : « Les États-Unis ont commencé à cocher certaines cases de la longue liste de souhaits ukrainiens lors des dernières livraisons d’armes à l’Ukraine. Des plans sont en cours pour que des instructeurs ukrainiens se rendent dans les pays de l’OTAN en Europe de l’Est pour s’entraîner à l’utilisation des nouveaux systèmes, comme les obusiers et les radars anti-batterie. »

Selon le rapport, les responsables occidentaux estiment que « le Kremlin a soif d’une victoire majeure sur le champ de bataille pour ses forces avant le 9 mai, une fête majeure commémorant la victoire de la Russie pendant la Seconde Guerre mondiale sur l’Allemagne nazie ».

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/2309243

  

Dans UKRAINE

LE SYSTEME MEDIATIQUE OCCIDENTAL ET LA GUERRE EN UKRAINE

Par Le 17/04/2022

15 avril 2022

Le système médiatique occidental et la guerre en Ukraine

Djamel LABIDI

Au temps de l'URSS, les pays d'Europe de l'Est étai