AHMED HALFAOUI - AFRIQUE : BARAK OBAMA EN MAITRE DES LIEUX

Transmis par Ahmed Halfaoui

 

Afrique : Barak Obama en maître des lieux 
 

Devant l’Union Africaine (UA), le Potus n’a pas dérogé à l’hybris, qui caractérise le rapport des Etats-Unis au monde. Le fait que le lieu où il tenait sa diatribe contre ses pairs africains, le nouveau siège de l’UA à Addis-Abeba, soit un produit chinois, n’a rien atténué de son arrogance. Barak Obama a été, en tout point, fidèle au comportement dont l’histoire récente a connu et continue de connaître la perversité. Il a même prévu ceux qui devaient l’applaudir, sachant qu’il allait jeter un froid parmi les dirigeants qu’il comptait malmener et qu’il a malmenés. L’applaudimètre a été assuré par des jeunes, invités pour l’occasion, nourris aux idées de changement, version étatsunienne, auxquels il a dit qu’ils avaient le pouvoir de bouleverser l’ordre des choses. Tout contents ils l’ont ovationné, tandis que les dirigeants se taisaient et subissaient les insultes, et ils n’en sont pas à leur première réprimande. Il y a quatre ans, en juin 2011, l’ex chef de la diplomatie étatsunienne, Hillary Clinton, s’est permis de conseiller « vivement à tous les États africains d’exiger la démission de Kadhafi... d’expulser les diplomates pro-Kadhafi… d’accroître (leurs) contacts avec le Conseil national de transition ». Plus qu’un conseil, un ordre péremptoire. Après ça, elle a visé directement ses auditeurs, sans prendre de gants. Elle leur a dit :« Il est temps pour les chefs de rendre des comptes, de traiter leurs peuples avec dignité, de respecter leurs droits et d’obtenir des résultats économiques. S’ils ne le font pas, il est temps pour eux de partir. » Un autre ordre. Et il n’y a même pas eu un simple rappel à l’ordre, même timide, contre ce qui relève d’un gravissime incident diplomatique. Bien au contraire, lorsque la dame a rendu hommage aux femmes africaines, la salle s’est levée pour l’acclamer, ce qui a décrispé l’atmosphère et offert aux « mauvais élèves » un dérivatif inespéré. Obama, est un peu plus sournois. Il a choisi des mots plus « pédagogiques », après une véritable leçon de choses sur le sujet, il a appelé l’UA à obliger  les présidents africains respecter «les limitations du nombre de mandats et leurs Constitutions». Sans qu’il n’y ait de réactions outrées, contre cette ingérence outrecuidante dans les affaires intérieures des pays, fussent-ils des dicatures. Signe que l’Afrique a bien changé depuis les luttes de libération nationale, qu’elle est redevenue soumise dans son écrasante majorité, sous l’apparat des indépendances. Au point que le droit est donné à ses pires ennemis, les esclavagistes et colonialistes d’hier de venir la brimer, sur son sol, avec l’assentiment de ses chefs d’Etat, qui leur sont devenus plus sensibles qu’à leurs peuples. Des peuples qui refuseraient, assurément, le partenariat proposé par Obama, s’ils avaient le loisir de l’examiner et de donner leur avis. Celui-là qui, en 2013, fut un merveilleux aveu, au campus de Soweto de l’Université de Johannesburg, où il a lâché: «Si vous vous développez, c’est bon pour nous. Cela veut dire que vous nous achèterez des iPad.»

Ahmed.Halfaoui   

 

 

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