HOURIA BOUTELDJA : FUSILLADE D’ORLANDO

Laissez-moi d’abord vous dire combien je me sens flattée d’être à ce point honorée par l’éditocratie française. Pas moins de sept articles en seulement quelques jours ![2] Vous m’avez longtemps snobée. Vous avez prolongé cette feinte indifférence à la sortie de mon livre[3], vous avez tenté d’organiser le silence mais nos succès vous troublent et vous obligent à changer de stratégie. L’heure est au lynchage. Et s’il faut, pour nous livrer à la vindicte populaire, user de l’infamie, vous le ferez avec la lâcheté qui caractérise ceux qui savent ne prendre aucun risque.

Je serais donc selon vous l’inspiratrice de la fusillade d’Orlando. « Comment Mme Dupont, vous ne savez pas que l’esprit qui arme les tueurs écrit depuis Barbès ? »

Si c’était le cas, Monsieur, je n’aurais aucun mal à le reconnaître car voyez-vous, je ne vous crains pas. Jusqu’ici, j’ai assumé toutes les ruptures auxquelles mon combat m’a contrainte. Et j’accepte d’en payer le prix.

Mais votre accusation n’est pas seulement lâche et abjecte, elle est fausse. Ne vous méprenez pas. Je ne crains pas d’être salie. Toutes mes ruptures m’ont salie aux yeux des vôtres et de vos dépendances[4]. Seulement, je voudrais être sûre d’être bien comprise. Elle est fausse parce que je ne suis pas de votre monde, pas plus que de celui du tueur. Aussi, ne puis-je pas être lue à travers votre grammaire, pas plus qu’à travers votre humanisme. Le monde qui produit ces monstres, je le vomis tandis que vous vous y vautrez. Il est à vous et je vous le laisse volontiers.

Houria Bouteldja : Fusillade d’Orlando, homophobie et monopole – blanc – du cœur : réponse à un plumitif parisien - bouhamidimohamed

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