IMMIGRATION : LE REVE AMERICAIN EN PASSE DE DEVENIR CAUCHEMAR?!

 
 
Immigration : La fin du rêve américain?
 

Au cours des quatre dernières décennies à la frontière qui sépare le Mexique et les États-Unis, on a assisté à l’un des plus importants mouvements de population de l’histoire. En tout, 16 millions de Mexicains ont franchi le Rio Grande pour aller aux États-Unis. Mais, depuis la récession de 2008, leur nombre ne cesse de chuter. Même que ceux qui retournent dans leur pays d’origine sont désormais plus nombreux que ceux qui font le parcours en sens contraire. Une première. Pourquoi un tel revirement ? Explications de Jorge Pantaleon, professeur d’anthropologie à l’Université de Montréal et membre du CERIUM.
 

Entre 2008 et 2013, le nombre de Mexicains vivant aux États-Unis a chuté de 140 000 : 870 000 y sont entrés et 1 million ont rebroussé chemin. Est-ce surtout en raison de la volonté même des Mexicains ou y sont-ils contraints ?
 


La première raison est la très lente récupération de l’économie américaine dans la foulée de la récession de 2008, ce qui génère une demande de main-d’oeuvre — légale et illégale — plus faible sur le marché du travail américain. Aussi, pendant la même période, le contrôle à la frontière mexicano-américaine s’est resserré, ce qui a grandement freiné les ambitions des migrants. Déjà en 2013, les déportations depuis les États-Unis avaient augmenté de 85 % par rapport à 2005. Plus de deux millions de migrants ont été expulsés pendant ces huit années, dont 75 % de Mexicains. À présent, tout migrant sans papiers qui est arrêté se voit affublé d’un dossier judiciaire. Toute personne expulsée pour la première fois ne peut plus solliciter un visa pendant cinq ans. Et à la deuxième arrestation, la période d’interdiction grimpe à 20 ans. Un migrant peut également se voir accusé au criminel.
 

Pour bien des migrants, le retour au Mexique ne signifie pas la fin des pérégrinations, car ceux-ci ne retournent pas nécessairement à l’endroit qu’ils avaient jadis quitté. La mobilité migratoire à l’intérieur du Mexique est très élevée.
 

Pour les Mexicains qui décident par eux-mêmes de retourner au Mexique, quelles sont les principales raisons invoquées ?
 


Diverses études — dont celles du Pew Research Center et l’Enquête démographique nationale mexicaine — indiquent que plus de 60 % des Mexicains qui ont regagné leur pays l’ont fait pour des raisons de réunion familiale. En comparaison, seulement 15 % indiquent la déportation comme cause principale de leur retour. Les études en question démontrent toutefois que ces deux raisons sont intimement liées : dans la plupart des cas, le regroupement familial se produit parce que la déportation des parents implique le retour des enfants.
 
Aussi, même si près de la moitié des adultes résidant au Mexique estiment qu’il est préférable de vivre aux États-Unis, ils sont de plus en plus nombreux à dire qu’ils ont chez eux un niveau de vie équivalant à celui qu’ils auraient en tant qu’immigrants aux États-Unis. Cela suggère qu’ils perdent progressivement la motivation de s’y rendre. On sait que le rêve américain est, en quelque sorte, à géométrie variable selon les expériences et les conditions de vie des migrants, mais il semble que pour une portion considérable de la population d’origine mexicaine, la date d’expiration de ce rêve se rapproche…
 
Les migrants mexicains subiraient-ils indirectement sur le marché américain la compétition des Centroaméricains — Guatémaltèques, Honduriens, Salvadoriens… — qui migrent en masse vers les États-Unis ? Le Pew Center indique qu’en 2014, 253 000 Centroaméricains ont été appréhendés à la frontière américaine, contre 227 000 Mexicains.
 
La présence des Centroaméricains aux États-Unis est effectivement un phénomène d’envergure, mais il n’est pas nouveau. Il y a notamment un « Little El Salvador » à Los Angeles, où l’on trouve plus de Salvadoriens que dans plusieurs villes d’importance au Salvador…
 
Avec le recul de la migration mexicaine, il est vrai que les Centroaméricains acquièrent un poids relatif majeur dans le flux migratoire. Mais il faut souligner la forte détérioration des conditions de leur quête de passage vers les États-Unis. La plupart d’entre eux tentent de passer la frontière en traversant le Mexique sans papiers d’identité, ce qui les expose à toutes sortes d’abus et de violences de la part du crime organisé, des policiers et des militaires des côtés mexicain et américain. Si les déportations de Centroaméricains par les États-Unis ont augmenté entre 2014 et 2015, les chiffres sont désormais plus élevés du côté du Mexique.

Source: Le Devoir

 

Source: Sites web

27-01-2016 - 10:32 Dernière mise à jour 27-01-2016 - 10:32 | 128 vus
 
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=281686&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1
 
 
Immigration : La fin du rêve américain?
 

Au cours des quatre dernières décennies à la frontière qui sépare le Mexique et les États-Unis, on a assisté à l’un des plus importants mouvements de population de l’histoire. En tout, 16 millions de Mexicains ont franchi le Rio Grande pour aller aux États-Unis. Mais, depuis la récession de 2008, leur nombre ne cesse de chuter. Même que ceux qui retournent dans leur pays d’origine sont désormais plus nombreux que ceux qui font le parcours en sens contraire. Une première. Pourquoi un tel revirement ? Explications de Jorge Pantaleon, professeur d’anthropologie à l’Université de Montréal et membre du CERIUM.
 

Entre 2008 et 2013, le nombre de Mexicains vivant aux États-Unis a chuté de 140 000 : 870 000 y sont entrés et 1 million ont rebroussé chemin. Est-ce surtout en raison de la volonté même des Mexicains ou y sont-ils contraints ?
 


La première raison est la très lente récupération de l’économie américaine dans la foulée de la récession de 2008, ce qui génère une demande de main-d’oeuvre — légale et illégale — plus faible sur le marché du travail américain. Aussi, pendant la même période, le contrôle à la frontière mexicano-américaine s’est resserré, ce qui a grandement freiné les ambitions des migrants. Déjà en 2013, les déportations depuis les États-Unis avaient augmenté de 85 % par rapport à 2005. Plus de deux millions de migrants ont été expulsés pendant ces huit années, dont 75 % de Mexicains. À présent, tout migrant sans papiers qui est arrêté se voit affublé d’un dossier judiciaire. Toute personne expulsée pour la première fois ne peut plus solliciter un visa pendant cinq ans. Et à la deuxième arrestation, la période d’interdiction grimpe à 20 ans. Un migrant peut également se voir accusé au criminel.
 

Pour bien des migrants, le retour au Mexique ne signifie pas la fin des pérégrinations, car ceux-ci ne retournent pas nécessairement à l’endroit qu’ils avaient jadis quitté. La mobilité migratoire à l’intérieur du Mexique est très élevée.
 

Pour les Mexicains qui décident par eux-mêmes de retourner au Mexique, quelles sont les principales raisons invoquées ?
 


Diverses études — dont celles du Pew Research Center et l’Enquête démographique nationale mexicaine — indiquent que plus de 60 % des Mexicains qui ont regagné leur pays l’ont fait pour des raisons de réunion familiale. En comparaison, seulement 15 % indiquent la déportation comme cause principale de leur retour. Les études en question démontrent toutefois que ces deux raisons sont intimement liées : dans la plupart des cas, le regroupement familial se produit parce que la déportation des parents implique le retour des enfants.
 
Aussi, même si près de la moitié des adultes résidant au Mexique estiment qu’il est préférable de vivre aux États-Unis, ils sont de plus en plus nombreux à dire qu’ils ont chez eux un niveau de vie équivalant à celui qu’ils auraient en tant qu’immigrants aux États-Unis. Cela suggère qu’ils perdent progressivement la motivation de s’y rendre. On sait que le rêve américain est, en quelque sorte, à géométrie variable selon les expériences et les conditions de vie des migrants, mais il semble que pour une portion considérable de la population d’origine mexicaine, la date d’expiration de ce rêve se rapproche…
 
Les migrants mexicains subiraient-ils indirectement sur le marché américain la compétition des Centroaméricains — Guatémaltèques, Honduriens, Salvadoriens… — qui migrent en masse vers les États-Unis ? Le Pew Center indique qu’en 2014, 253 000 Centroaméricains ont été appréhendés à la frontière américaine, contre 227 000 Mexicains.
 
La présence des Centroaméricains aux États-Unis est effectivement un phénomène d’envergure, mais il n’est pas nouveau. Il y a notamment un « Little El Salvador » à Los Angeles, où l’on trouve plus de Salvadoriens que dans plusieurs villes d’importance au Salvador…
 
Avec le recul de la migration mexicaine, il est vrai que les Centroaméricains acquièrent un poids relatif majeur dans le flux migratoire. Mais il faut souligner la forte détérioration des conditions de leur quête de passage vers les États-Unis. La plupart d’entre eux tentent de passer la frontière en traversant le Mexique sans papiers d’identité, ce qui les expose à toutes sortes d’abus et de violences de la part du crime organisé, des policiers et des militaires des côtés mexicain et américain. Si les déportations de Centroaméricains par les États-Unis ont augmenté entre 2014 et 2015, les chiffres sont désormais plus élevés du côté du Mexique.

Source: Le Devoir

 

Source: Sites web

27-01-2016 - 10:32 Dernière mise à jour 27-01-2016 - 10:32 | 128 vus

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