L'ARABIE "SAOUDITE" ET L'ONCLE SAM C'EST "JE T'AIME MOI NON PLUS"

 

Une addition plutôt qu’une synthèse. D’évidence, le sommet - tendu - qui s’est tenu ce jeudi à Riyad entre Barack Obama et les monarchies du Golfe a débouché sur une entente de façade. Le chef d’Etat américain était venu «mobiliser ses alliés arabes dans la lutte contre l’Etat islamique et Al-Qaeda», qui représentent une «menace pour tous» ? Le locataire de la Maison Blanche a surtout trouvé ses alliés du Golfe obsédés par leur confrontation avec le rival iranien.

«Les jours heureux entre l'Arabie Saoudite et l'Amérique sont terminés».

«Ce sommet a pour objectif de dessiner une réponse commune aux menaces que font peser pour la sécurité régionale le groupe Etat islamique (EI) et l’Iran, et à aplanir les différents au sein de leur alliance, a donc résumé Obama. Washington préviendra et combattra toutes les agressions commises contre les monarchies du Golfe.» Les deux luttes pourront donc aller de paire font mine de croire les partenaires en conclusion d’une rencontre où les priorités n’étaient clairement pas les mêmes.

«Duplicité»

Les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, ne digèrent toujours pas le traité sur le nucléaire iranien et le changement d’attitude de l’allié américain historique. «La duplicité», «l’abandon», voire «la trahison des Etats-Unis» reviennent sous la plume des éditorialistes locaux. Du côté américain, la méfiance à l’égard des liens des Saoudiens passés ou présents, directs ou indirects avec les groupes terroristes se manifeste de moins en moins discrètement.

Pressé par les familles des victimes du 11 septembre 2001, le Congrès a renouvelé il y a quelques jours une demande de déclassification de documents confidentiels, notamment les 28 pages relatives au rôle de l’Arabie Saoudite, a révélé le New York Times. En réaction,  Mohammed Ben Nayef, le Prince héritier, a agité la menace du retrait des avoirs saoudiens aux Etats-Unis, avant de vite revenir sur ses déclarations.

Si l’on ajoute à ces tensions bilatérales les désaccords de fond entre pays du Golfe et les Etats-Unis sur les crises qui agitent la région (Syrie, Irak ou Yémen), on comprend mieux l’accueil des plus tièdes réservé à Obama à Riyad. Le roi ne s’est même pas déplacé pour l’accueillir à l’aéroport. Et les images de son arrivée n’ont pas été retransmises, comme de coutume, par les télévisions locales.

«Les jours heureux entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont terminés à jamais», assurait mercredi à CNN le Prince Turki Al-Faisal, ancien responsable des renseignements saoudiens, libéré de la langue de bois diplomatique. Et d’ajouter: «Nous avons changé et l’Amérique aussi. Obama a le mérite d’avoir réveillé tout le monde chez nous sur le changement dont il nous faut désormais tenir compte. Il faut réévaluer nos intérêts communs».

Source: liberation.fr

22-04-2016 | 11:53
 


 

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