L'ONCLE SAM FINANCE DES MEDIAS ETRANGERS "INDEPENDANTS"

Les États-Unis financent des médias étrangers «indépendants»

 
Mondialisation.ca, 23 avril 2015
 


censure gros plan

Le magazine étasunien Foreign Policy a publié récemment un texte intitulé Les hurluberlus, les trolls et les idiots utiles (Cranks Trolls and Useful Idiots), dans lequel l’auteur, Dalibor Rohac, traque « les guerriers de l’information de la Russie » lesquels ont selon lui infesté le web de mensonges et de propagande sur des sites web potentiellement payés par le gouvernement russe.

Rohac écrit:

Tout au long du conflit dans l’est de l’Ukraine, ces sites ont systématiquement régurgité la propagande russe, répandant des mensonges, des demi-vérités, et des théories du complot, souvent directement traduits du russe [...]

L’hebdomadaire tchèque Respekt a publié un article de fond sur le mystérieux site de « nouvelles » Aeronet (également connu sous le nom AENews). Lancé en 2001 par des passionnés d’aviation, le site a changé de propriétaire plusieurs fois. Depuis l’été 2014, il a régulièrement publié des articles accusant le nouveau gouvernement ukrainien de fascisme et alléguant que des mercenaires étasuniens et britanniques se battaient dans l’est de l’Ukraine. (Dalibor Rohac, Cranks, Trolls, and Useful Idiots, Foreign Policy, 12 mars, 2015)

Premièrement, regardons la faiblesse des allégations dans l’article.

L’auteur accuse des médias de faire exactement ce que lui-même et les médias traditionnels étasuniens font généralement lorsqu’ils traitent de questions touchant à la politique étrangère, comme la question ukrainienne : ils «[régurgitent systématiquement la propagande étasunienne, répandent] des mensonges, des demi-vérités, et des théories du complot ». Ils ont toutefois l’avantage de ne pas avoir besoin de traduire quoi que ce soit. Apparemment pour Rohac, un article écrit en russe est nécessairement de la propagande russe. C’est aussi simple que cela : les Russes ne produisent tout simplement pas de contenu journalistique honnête. Cet argument à propos de textes « directement traduit de sources russes » n’est pas seulement faible, il est xénophobe.

Les exemples de l’auteur pour prouver ses points sont faibles. Aeronet n’est pas le seul site à avoir non seulement accusé, mais aussi prouvé la nature fasciste du gouvernement ukrainien. De nombreux médias indépendants ont publié de nombreux articles à cet effet, démontrant que plusieurs figures clés au sein du gouvernement non élu sont des néonazis et que le Bataillon d’Azov est rempli de membres liés à des groupes néonazis:

Svoboda et le Secteur droit (Right Sektor) (sans compter les anciens membres du défunt parti fasciste UNA-UNSO), ont non seulement intégré le Cabinet, les deux principales entités néonazies se sont vues confier des positions clés qui leur accordent de facto le contrôle des forces armées, de la police, de la justice et de la sécurité nationale .

Alors que le parti de Iatseniouk contrôle la majorité des portefeuilles et que le chef néonazi de Svoboda, Oleh Tyahnybok, n’a pas eu de poste ministériel important (apparemment à la demande de la secrétaire d’État adjointe Victoria Nuland), les membres de Svoboda et de Secteur droit occupent des postes clés dans le domaines de la défense, de l’application de la loi, de l’éducation et de l’économie. (Michel Chossudovsky, Les États-Unis ont installé un gouvernement néonazi en Ukraine, Mondialisation.ca, mars 2014)

Même les grands médias comme The Guardian et la BBC ont admis que « de nombreux membres [du Bataillon d'Azov] ont des liens avec des groupes néonazis », bien qu’ils minimisent leurs propres déclarations en disant que leur présence est « exagérée »:

« Je n’ai rien contre les nationalistes russes, ou une grande Russie », a déclaré Dimitri, [un membre du bataillon d'Azov...] « Mais Poutine n’est même pas un Russe. Poutine est un juif. »

Le symbole du bataillon n’est pas sans rappeler la Wolfsangel nazie, même si le bataillon prétend qu’elle représente en réalité les lettres N et I superposées, signifiant « idée nationale ». Bon nombre de ses membres ont des liens avec des groupes néonazis et même ceux qui rient de l’idée qu’ils soient des néonazis ne l’ont pas nié de manière très convaincante. (Shaun WalkerAzov fighters are Ukraine’s greatest weapon and may be itsgreatest threat, The Guardian, 10 septembre 2014)

Mikael Skillt est un tireur d’élite suédoise ayant sept ans d’expérience dans l’armée et la Garde nationale suédoise. Il se bat actuellement avec le Bataillon Azov, un groupe armé volontaire pro-ukrainien dans l’est de l’Ukraine [...] Quant à ses opinions politiques, M. Skillt préfère se qualifier de nationaliste, mais en réalité, ses points de vue sont typiquement néonazis [...]

M. Skillt croit que les races (sic) ne devraient pas se mélanger. Il dit que les juifs ne sont pas des Blancs et qu’il ne faut pas les mélanger avec les Blancs. Son prochain projet est d’aller se battre pour le président syrien Bachar al-Assad parce qu’il croit M. Assad se tient debout face au « sionisme international ». (Dina Newman , Ukraine conflict: ‘White power’ warrior from Sweden, BBC News, 16 juillet 2014)

En ce qui concerne le deuxième argument de Rohac relativement aux mercenaires occidentaux qui se battent en Ukraine, en mai dernier plusieurs médias ont rapporté que les mercenaires de la société militaire privée Blackwater, désormais appelée Academi, opéraient en Ukraine. L’information n’est pas venue du Kremlin, mais plutôt d’une source médiatique allemande et a été publiée par le média de masse allemand Bild am Sonntag :

Environ 400 mercenaires d’élite de la société étasunienne notoire de sécurité privée Academi (anciennement Blackwater) participent à l’opération militaire ukrainienne contre les manifestants antigouvernementaux dans les régions du Sud-Est du pays, selon un média allemand.

Citant une source du milieu du renseignement, le journal Bild am Sonntag, écrivait dimanche que les employés d’Academi sont impliqués dans la répression militaire de Kiev envers les militants pro-autonomie près de la ville de Slaviansk, dans la région de Donetsk. (400 US mercenaries ‘deployed on ground’ in Ukraine military op, Rt.com, 11 mai 2014)

Quelques jours après les révélations allemandes, le magazine français Paris Match a publié un article citant des témoins affirmant avoir vu des mercenaires étrangers sur le terrain en Ukraine :

Plusieurs témoins assurent avoir entendu certains des miliciens parler avec un fort accent de l’ouest ukrainien. Ils ont aussi remarqué plusieurs hommes venus du Caucase, possiblement des mercenaires tchétchènes. D’autres, ne parlaient jamais, semblaient étrangers à la région. Le photographe de guerre Jérôme Sessini a passé près d’une heure à côtoyer ces miliciens avant qu’ils n’ouvrent le feu.

« Ce n’est pas une certitude, mais à leur attitude générale et à leurs gestes très précis, j’ai eu la nette impression – disons à 95% – qu’il y avait des mercenaires américains ou formés par les Américains parmi eux » explique Sessini, qui a côtoyé pendant plusieurs années les hommes des sociétés de sécurité privée américaines lors de ses reportages en Irak et en Afghanistan.

Plusieurs de ces hommes étaient masqués, ou drapés dans des keffiehs, ce qui rend difficile de pointer qui parmi eux a tiré les coups mortels. (Alfred De Montesquiou, Révélations sur la tuerie Krasnoarmeïsk , Paris Match, 15 mai 2014)

À la fin janvier de cette année, un homme armé en uniforme parlant clairement avec un accent anglais a également été filmé par un réseau de télé local ukrainien. Il a ensuite été identifié comme étant Christopher Garrett alias Leon Swampy . Selon RT, il n’était pas le seul :

« Des gens armés en uniforme parlant couramment l’anglais sans accent ont été repérées à Marioupol après un tir de roquette, alimentant les allégations selon lesquelles des membres de sociétés militaires privées étrangères servent au sein des troupes ukrainiennes. (Ukraine: Military-Clad English-speakers Caught on Camera in Mariupol Shelling Aftermath. Who Are They?, RT 26 janvier 2015)


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