LE JEU MALSAIN DES USA

lundi, 01 juin 2015 01:39

Le jeu malsain des Etats-Unis, par Karim MOHSEN

 
 
 
 
IRIB- La colère des Russes contre les Etats-Unis n'est pas aussi anodine, ou injustifiée, que cela puisse paraître. L'arrestation, mercredi, pour corruption, par la police suisse de quatorze dirigeants ou partenaires de la Fédération internationale du football, (Fifa), sur sollicitation de la justice américaine, pourrait avoir, a posteriori, des incidences fâcheuses sur les Coupes du monde de football de 2018, (en Russie), et de 2022, (au Qatar).
Aussi, inquiet des suites qui pourraient être données à cette affaire et très remonté contre Washington, le Président russe, Vladimir Poutine, a accusé, jeudi, les Etats-uniens de vouloir empêcher la Russie d'organiser le Mondial de football de 2018. De fait, l'appréhension de l'hôte du Kremlin est loin d'être une élucubration, si l'on excipe des tentatives de l'Occident de faire annuler, sinon, de faire échouer les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, (en Russie) de 2014, en représailles de présumées ingérences de Moscou, dans le conflit d'Ukraine. Or, ces intimidations et pressions de l'Occident contre la Russie ne sont pas inédites et entrent en droite ligne de manoeuvres, déjà, usitées par les Etats-Unis, notamment, pour imposer leur diktat. Si l'on se remet en mémoire le boycott, en 1980, par les Etats-Unis et les pays occidentaux, des Jeux olympiques de Moscou, si l'on relève la manière tranchante, avec laquelle Washington avait opposé son veto à la réelection des Egyptiens, Mohammed el-Baradeï, à la tête de l'AIEA, (le directeur de l'agence onusienne était accusé, [par l'Occident], d'avoir retiré des informations importantes sur le nucléaire militaire de l'Iran), et Boutros Boutros-Ghali, au secrétariat général de l'ONU, (lequel eut l'outrecuidance de prouver, dans un long rapport, la responsabilité pleine et entière d'Israël, dans un crime de guerre, le massacre, en 1996, d'une centaine d'enfants du village de Cana, réfugiés dans un camp de la FINUL, au Sud Liban). On s'aperçoit, dès lors, que Washington ne recule devant aucun expédient, pour imposer ses règles et sa vision des choses. De fait, Washington, qui dispose d'un listing des pays à surveiller, tient, aussi, la carotte, d'une main, le gourdin, de l'autre. Les Etats-Unis se comportent, de fait, en gouvernement mondial, sanctionnant ici, récompensant là. Ainsi, directement ou en sous-main, les Etats-Unis ont, toujours, eu tendance à éliminer ceux (hommes, pays, organisations et/ou institutions), qui leur tiennent tête et/ou font obstacle à leur contrôle, sur les faits et sur les choses, comme sur les pays et les organisations internationales. Cela est, singulièrement, vrai, pour les dossiers chauds, comme le contentieux israélo-palestinien, (ONU), le nucléaire iranien, (AIEA) ou, encore, le cas récent, de l'Ukraine, (les Etats-Unis accusant la Russie de la déstabiliser), dont Washington en fait sa priorité, et sur lesquels il veut garder la haute main. Les Etats-Unis se permettent, dès lors, tous les oukases, pour parvenir à leur fin. Ainsi, tout en assurant l'impunité à Israël, pour ses crimes contre les Palestiniens - comme en le soustrayant à ses obligations sur le nucléaire - Washington est, cependant, prompt à sanctionner tout Etat, hommes politiques, pays ou organisations, qui empiètent sur des «lignes rouges», qu'il trace pour les autres. Ils ont, ainsi, sanctionné, économiquement et financièrement, l'Iran et la Russie, notamment, qui se sont montrés peu malléables. Ils ont, aussi, fait plus. N'ont-ils pas espionné des dirigeants occidentaux, (telle que la Chancelière allemande, Angela Merkel, dans le scandale de la NSA, dénoncé par Edward Snowden), et des pays européens alliés? Aussi, récidiver le coup de 1980 - boycott occidental des Jeux olympiques de Moscou - et retirer l'organisation du Mondial de football de 2018, à la Russie, n'est pas aussi étrange que l'on veuille le faire croire. Et comme le souligne, avec pertinence, le président russe, en s'investissant, dans les affaires de corruption de la Fifa, la justice américaine s'octroie, de facto, le droit d'exterritorialité - une CPI-bis - alors que Washington a fait (et fait) des pieds et des mains, pour que ses ressortissants échappent aux juridictions nationales ou internationales. Pour le cas de la CPI, (Cour pénale internationale, entrée en vigueur en 2002), les Etats-Unis ont fait signer des séries de conventions avec des pays tiers, afin d'assurer l'impunité, pour leurs ressortissants - auteurs ou soupçonnés de crime de guerre, contre l'humanité ou de génocide - afin qu'ils ne soient pas livrés à la CPI, (les Etats-Unis [et Israël] sont parmi les rares pays n'ayant, ni signé, ni paraphé le statut de Rome, fondateur de la CPI). Déjà, gendarmes du monde, les Etats-Unis semblent avoir franchi une nouvelle étape, en s'arrogeant un droit de police et de justice, de par le monde. Tous les Terriens seraient, ainsi, des justiciables, aux yeux de Washington, à l'exception des Américains et d'Israël. Faut-il s'en étonner, quand l'ONU, émasculée, n'est plus qu'une caisse de résonance, pour les puissants?
 

 


 
 
 

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