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PEPE ESCOBAR : LA ROUTE VERS LA GRANDE EURASIE

La route vers la Grande Eurasie

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 30 novembre 2019

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Thème: 

Le premier Président du Kazakhstan a une feuille de route pour le XXIe siècle : alliance mondiale des dirigeants pour un monde sans nucléaire.

L’Astana Club est l’une des rencontres annuelles les plus importantes d’Eurasie, avec le forum de Boao en Chine et le Club de discussion Valdaï en Russie. La Chine, la Russie et le Kazakhstan sont tous à l’avant-garde de l’intégration eurasiatique. Il n’est donc pas étonnant que la 5ème réunion de l’Astana Club ait dû se concentrer sur la Grande Eurasie– synonyme, espérons-le, d’une « nouvelle architecture de coopération mondiale ».

L’Astana Club rassemble un mélange fascinant de notables de toute l’Eurasie avec des Européens et des Américains. Pratiquement toutes les nuances pertinentes du spectre géopolitique sont représentées. Les panels sont très bien structurés (j’en ai modéré deux). Les discussions sont franches et les dénis non déniés sont fortement découragés. Voici un avant-goût de ce qui a été discuté à Nur-Sultan, sous le spectaculaire dôme conçu par Norman Foster.

Excellent stabilisateur

Vladimir Yakounine, Président de l’Institut de Recherche sur le Dialogue des Civilisations à Moscou, parie que la Chine est « prête à préparer l’Eurasie pour l’avenir » même s’il n’y a « aucune indication qu’elle sera traitée avec bienveillance par l’Occident« . Yakounine considère les Nouvelles Routes de la Soie, ou Initiative la Ceinture et la Route, comme une « base de dialogue civilisationnel pour la Chine » de même que la Russie continue de s’affirmer à nouveau comme une puissance mondiale.

Wang Huiyao, du Centre pour la Chine et la Mondialisation et conseiller du Conseil d’État Chinois, considère la Chine comme « le plus grand stabilisateur » dans les relations internationales et le commerce comme « le plus grand mécanisme de prospérité« , comme l’a démontré une fois de plus la dernière exposition de Shanghai.

Le diplomate pakistanais Iftekhar Chowdury, actuellement à I’Institut des Études Sud-asiatiques de l’Université Nationale de Singapour, affirme que « l’ordre mondial libéral n’est pas universel » ; maintenant tout se résume au « capitalisme libéral contre la Chine« . Huiyao, pour sa part, n’est pas dupe : il souligne que la Chine voit déjà une « Eurasie 3D » comme une nouvelle plate-forme de négociation.

Huiyao souligne comment la « mauvaise méthodologie » est appliquée en tant que « stabilisateur de l’économie mondiale« . Il souligne le rôle de la Banque Asiatique d’Investissement dans les Infrastructures, et en particulier de l’Initiative la Ceinture et la Route, en tant que « nouvel élan pour le développement du monde dans les prochaines décennies« , en s’appuyant sur « la culture, la tradition et les valeurs chinoises » – et sur une économie hybride qui ne se limite pas aux entreprises d’État. L’Initiative la Ceinture et la Route, insiste-t-il, est un « véritable plan de développement international« . En revanche, le grand danger est « l’unilatéralisme » : « N’avons-nous qu’une seule forme d’histoire ? »

Jacob Frenkel, Président de JP Morgan International, lucide et didactique à la différence de nombreux banquiers, cite un proverbe chinois : « Le miel est doux, mais l’abeille pique« . Il soulique que « les mots comptent« . Quand vous utilisez le mot « guerre » dans le commerce, il y a des conséquences » – surtout quand il y a des « millions de bateaux » qui naviguent « dans le même océan« .

Wang soutient Frenkel lorsqu’il souligne les conséquences involontaires de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pour les pays tiers. Frenkel considère les tarifs douaniers comme « les mauvais instruments » et souligne que les hommes d’affaires « ne croient pas aux modèles du FMI« . Boris Tadic, ancien Président de la Serbie, se concentre sur la façon dont « les grandes puissances arrogantes ignorent les petits pays« .

Le redoutable Li Wei, Président du Centre de Recherche pour le Développement du Conseil d’État et négociateur hors pair, souligne que sous de sérieuses « tendances anti-mondialistes« , la nécessité de « nouveaux principes de coexistence » est de mise. La Chine et les États-Unis devraient « cesser d’échanger des coups ; il y a eu 13 réunions pour discuter de la guerre commerciale« . Ce qu’il faut, dit Li, dans une nouvelle première étape de discussion, c’est que Xi et Trump signent un protocole d’accord.

Réagissant à la possibilité que la Chine et les États-Unis signent des protocoles, Yakounine doit revenir sur son point principal : « Les États-Unis ne veulent pas voir la Chine se transformer en une grande puissance« .

Li, infaillible, doit mentionner que Xi Jinping a effectivement lancé l’Initiative la Ceinture et la Route au Kazakhstan – à l’Université Nazarbayev voisine, en 2013. Il est convaincu que l’initiative est capable de « répondre pleinement à tous les défis du moment historique actuel« .

De MAD à SAD

Terje Todd-Larsen, ancien sous-Secrétaire Général de l’ONU et Président de l’Institut International de la Paix, déplore qu’avec l’affaiblissement du système multilatéral et l’absence d’organisation multilatérale englobant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, il n’existe aucune table capable de rassembler Arabes, Iran, Israël et Turquie. Le meilleur espoir réside dans le Kazakhstan – et il y a des précédents, avec Nur-Sultan qui accueille le processus d’Astana pour la Syrie.

Sur le front des armes nucléaires, Yakounine note que les pays qui souscrivent au Traité de Non-Prolifération s’attendent maintenant à une « affirmation formelle qu’ils ne seront pas menacés« . Il considère le « manque de confiance » comme la plus grande menace pour le TNP : « Les membres du P5 du TNP n’ont pas tenu leurs promesses« .

Le légendaire Mohamed El Baradei, ancien Directeur Général de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et lauréat du Prix Nobel de la Paix en 2005, a établi ce choix en termes très clairs : C’est soit « pression maximale, changement de régime et sanctions« , soit « dialogue, équité, coopération, respect« . Il souligne que « les institutions internationales ne peuvent pas faire face au monde d’aujourd’hui – c’est bien au-delà d’elles« . Et l’éléphant dans la pièce est, bien sûr, les armes nucléaires : « Nous semblons figés sur place« .

El Baradei réfute la notion de club nucléaire comme modèle : « Quelle est la justification logique et morale ? C’est un régime insoutenable« . En ce qui concerne le désarmement nucléaire, ce sont les États nucléaires qui doivent entrer dans une nouvelle ère. Pour l’instant, il ne reste plus qu’à « récupérer les restes de la maîtrise des armements nucléaires« .

De retour sur le terrain, Dan Smith, Directeur de l’Institut International de Recherche pour la Paix de Stockholm, introduit dans la conversation des systèmes d’armes autonomes mortels – comme dans les robots à très haut degré d’autonomie. Non pas que ces entités empêcheraient, par exemple, les cyber-attaques, qui « peuvent être contre-productives et autodestructrices, car il y aura une contre-attaque« .

Alliance mondiale

La star incontestée du spectacle à l’Astana Club est réellement le premier Président kazakh Nazarbayev. Les diplomates et les analystes ont le sentiment que lorsque l’histoire de la Grande Eurasie sera écrite, Nazarbayev sera en première page. La tourmente mondiale ne la favorise peut-être pas trop en ce moment, mais comme le soulignent les Russes, l’Union Économique Eurasiatique, par exemple, est vouée à survivre aux sanctions et à la guerre commerciale, et 2025 offre un aperçu attrayant de l’avenir grâce au marché libre du gaz et du transport. L’UE et l’UEE ont une économie complémentaire et la Russie peut jouer un rôle majeur.

Nazarbayev cite le théoricien Francis Fukuyama pour souligner que « seulement trois décennies plus tard« , son « anticipation ne s’est pas réalisée« . Il tient à « réévaluer d’un œil critique » le modèle de sécurité eurasien, qui combine désormais l’Europe et l’Asie, comme en conviennent la plupart des experts qui ont préparé un rapport détaillé sur les dix principaux risques pour l’Eurasie en 2020.

Nazarbayev a une feuille de route pour la paix au XXIe siècle, via un manifeste qu’il a présenté à l’ONU. Il s’agirait d’une alliance mondiale de dirigeants pour un monde exempt d’armes nucléaires – avec des sommets mondiaux consacrés à la sécurité nucléaire. Il peut se permettre d’en parler ainsi avec le « droit moral » d’avoir fermé l’un des principaux arsenaux nucléaires du monde – celui du Kazakhstan.

Pour Nazarbayev comme pour Xi et Poutine, l’essentiel est que l’Initiative la Ceinture et la Route, l’Union Économique Eurasiatique, l’Union Européenne, l’Organisation de Coopération de Shanghai, l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est – toutes ces initiatives et institutions – soient sur la bonne voie et créent ensemble de multiples voies de négociation, toutes axées sur la grande Eurasie. Et quelle meilleure plateforme pour le faire progresser, sur le plan conceptuel, que l’Astana Club ?

Pepe Escobar

Article original en anglais :

The Road Toward Greater Eurasia, le 26 novembre 2019

Cet article a été publié initialement par Asia Times.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Pepe Escobar, Mondialisation.ca, 2019

https://www.mondialisation.ca/la-route-vers-la-grande-eurasie/5639388


 

CERTAINS INDICES SEMBLENT INDIQUER UNE RECESSION IMMINENTE DE L'ECONOMIE MONDIALE

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Une récession imminente de l’économie mondiale? Certains signes le laissent penser

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ECONOMIE

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Certains indices pourraient témoigner d’une récession économique mondiale à venir, indique un site russe spécialisé dans l’économie.

Observant que le ralentissement économique mondial semble de plus en plus réel à l’approche de 2020, Vestifinance, site spécialisé dans l’économie, a mis en lumière les signes qui lui semblent indiquer qu’une récession à l’échelle globale est sur le point de se produire, et pourrait engendrer une nouvelle crise économique majeure après celle de 2008.

L’influence de la guerre commerciale sino-américaine

Le volume total du commerce mondial a diminué depuis quatre mois. Rien qu’en septembre, il a baissé de 1,1%. Vestifinance souligne qu’un tel phénomène n’avait pas été observé depuis la crise financière de 2008. En cause, la perturbation de la chaîne d’approvisionnement entre les États-Unis et la Chine, principalement en raison de la guerre commerciale entre les deux pays, qui a notamment fait chuter les importations chinoises de 6,9%.

De plus, le bénéfice total des entreprises chinoises a chuté à 427,5 milliards de yuans (55,2 milliards d’euros) en octobre, alors qu’il se situait à 575,6 milliards (74,4 mds EUR) en septembre. La plus forte baisse jamais enregistrée. La Chine a d’ailleurs observé une diminution de ses bénéfices sur quatre des six derniers mois, alors qu’un accord avec les États-Unis n’est toujours pas en vue pour mettre fin à la guerre commerciale.

Guerre commerciale sino-américaine

© AP PHOTO / ANDY WONG

En pleine guerre commerciale avec la Chine, Washington a levé ses droits de douane sur des articles chinois

Du côté des Américains, l’indice de confiance des consommateurs a chuté pour le quatrième mois consécutif, selon l’organisation The Conference Board, pour atteindre à 125,5 en novembre, contre 126,1 en octobre. Cet indice est calculé chaque mois d’après une enquête auprès de ménages américains quant à leurs attitudes et leurs intentions d’achat. Il n’est pas prouvé qu’il y ait un lien entre l’indice de confiance et la guerre commerciale avec la Chine. Cependant, selon Vestifinance, si une telle tendance se poursuit, elle pourrait avoir d’importantes répercussions sur l’élection présidentielle de 2020.

La baisse des ventes du secteur automobile

Selon les estimations de l’agence de notation Fitch, les ventes mondiales d’automobiles de cette année vont baisser de 4%, soit trois millions de véhicules de moins qu’en 2018. Là encore, c’est la baisse la plus significative depuis la crise.

Usine PSA à Kalouga

© SPUTNIK . VITALI BELOUSSOV

La France a chuté au 5e rang de la production automobile en Europe en 2016

Les personnes aisées commencent à épargner

C’est Yahoo! Finance qui a constaté cette propension à épargner chez les 10% les plus riches durant les trois derniers trimestres. Leurs dépenses ont diminué de 1% au deuxième trimestre de 2019 par rapport à la même période l’année dernière. Une nouvelle fois, cette tendance n’avait plus été observée depuis la grande récession entre 2007 et 2009.

Vestifinance estime que, jusqu’à maintenant, les banques centrales sont parvenues à intervenir pour reporter une nouvelle crise, mais ne pourront pas l’éviter. Les problèmes financiers à long terme se sont aggravés ces dernières années, et le monde est désormais confronté à la bulle d’endettement la plus importante de l’Histoire. Les marchés mondiaux sont aujourd’hui plus enclins que jamais à s’effondrer, prévient le site.

https://fr.sputniknews.com/economie/201911281042500672-une-recession-imminente-de-leconomie-mondiale-certains-signes-le-laissent-penser/


 

LE PARQUET SUÉDOIS ABANDONNE LES POURSUITES POUR VIOL CONTRE L'AUSTRALIEN JULIAN ASSANGE, LE FONDATEUR DE WIKILEAKS

Le parquet suédois abandonne les poursuites pour viol contre Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks

L'Australien de 48 ans est incarcéré dans une prison londonienne depuis le mois d'avril. Il reste poursuivi par les Etats-Unis pour publications de documents classifiés.

Une photo de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, issue d\'une vidéo le 9 juin 2019 à Londres.
Une photo de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, issue d'une vidéo le 9 juin 2019 à Londres. (RUPTLY / AFP)

Le parquet suédois a annoncé, mardi 19 novembre, qu'il abandonnait les poursuites pour viol contre Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, pour un viol présumé commis en Suède. "J'ai convoqué cette conférence de presse pour annoncer ma décision de classer sans suite l'enquête" visant l'Australien, a annoncé la procureure en chef adjointe, Eva-Marie Persson. "Tous les actes d'enquête ont été épuisés (...) sans apporter les preuves requises pour une condamnation", a-t-elle ajouté.

Agée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, en août 2010, la plaignante suédoise accuse l'Australien d'avoir engagé un rapport sexuel pendant qu'elle dormait et sans préservatif, alors qu'elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. Julian Assange, qu'elle avait rencontré à Stockholm lors d'une conférence de WikiLeaks, a toujours nié les faits de viol. Il soutient qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. Les faits seront prescrits le 17 août 2020.

Sept témoins entendus pendant l'été

La procureure en chef adjointe avait annoncé à la mi-mai la réouverture de l'enquête pour viol contre Julian Assange, après son interpellation par la police britannique à l'ambassade d'Equateur à Londres le 11 avril. Et en septembre, elle avait fait savoir que sept témoins avaient été auditionnés au cours de l'été.

La réouverture de l'enquête suédoise avait relancé un feuilleton judiciaire qui dure depuis près d'une décennie, pendant laquelle le fondateur de WikiLeaks et ses soutiens n'auront eu de cesse de dénoncer une manœuvre destinée à le faire extrader vers les Etats-Unis, qui l'accusent d'espionnage. C'est officiellement pour éviter cette extradition que l'Australien s'était réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l'enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017.

Le fondateur de WikiLeaks encourt une peine allant jusqu'à 175 ans d'emprisonnement aux Etats-Unis, qui lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. Lors d'une audience devant la justice le 21 octobre à Londres, Julian Assange est apparu confus et bredouillant. L'audience sur la demande d'extradition doit se tenir en février.

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/assange/le-parquet-suedois-abandonne-les-poursuites-pour-viol-contre-julian-assange-le-fondateur-de-wikileaks_3709927.html#xtor=CS3-794


 

LA JORDANIE INTERDIT AUX ISRAÉLIENS D'ENTRER DANS LES ENCLAVES BAQOURA ET AL-GHAMRA

La Jordanie interdit aux Israéliens d’entrer dans les deux enclaves Baqoura et al-Ghamra

 Depuis 2 heures  8 novembre 2019

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 Jordanie - Moyent-Orient

 

Rédaction du site

Les autorités jordaniennes interdiront à partir du dimanche prochain aux colons israéliens d’entrer dans deux portions de terre agricole jordanienne, dès lors leur bail de location touche désormais à sa fin.

En vertu d’un accord signé entre Amman et Tel Aviv, en marge de l’accord de Akaba en 1994, al-Baqoura (située au nord de la frontière de la Jordanie avec la Palestine occupée) et al-Ghamra (au sud)  ont été louées par Israël pour une durée de 25 années au bout desquelles elles devraient être restituées à la Jordanie, si cette dernière l’exige.

La date écoulée en octobre 2019, les Israéliens font la sourde oreille aux demandes jordaniennes et propagent que les tractations se portent sur le renouvellement de la location des terres, alors que le gouvernement a démenti par la voix de sa porte-parole Jumana Ghunaimat.

Selon le site en ligne du média israélien i24, l’entité sioniste a proposé ces dernières semaines de lier le sort de ces deux terres à celui des deux jeunes jordaniens séquestrés par Israël depuis plus de deux mois et demi et de laisser les agriculteurs israéliens y continuer leurs activités jusqu’au règlement de la question. Ce qu’Amman a fermement refusé. Les deux Jordaniens Hiba al-Labadi, et Abdel Rahmane Morei ont été libérés le mercredi 6 novembre.

Les Jordaniens semblent appréhender que les israéliens ne s’emparent sournoisement et définitivement de ces deux enclaves, d’autant qu’ils leur ont donné des noms israéliens : Nayarahim pour la première et Tzofar pour la seconde. Sur la carte géographique, elles sont placées à l’intérieur de la Palestine occupée par Israël.

Selon le site en ligne Middle East Eye, la région de Baqoura qui compte 6 000 dounams, dont seulement 850 ont été recouverts par la Jordanie, est une zone de rencontre entre les rivières Yarmouk et Jordan.
Alors que celle d’Al-Ghamra, qui compte 4 000 dounams près de la route de la mer Morte, est une région agricole riche dotée de nombreux puits en eau profonde.

Source: Divers

https://french.almanar.com.lb/1548659*


 

L'EXPERT DE L'ONU SUR LA TORTURE SONNE A NOUVEAU L'ALARME ET AFFIRME QUE LA VIE DE JULIAN ASSANGE EST EN DANGER

L’expert de l’ONU sur la torture sonne à nouveau l’alarme et dit que la vie de Julian Assange pourrait être en danger

Par Nils Melzer

Mondialisation.ca, 04 novembre 2019

UN OHCHR 1 novembre 2019

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GENEVE (1er novembre 2019) Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Nils Melzer, a exprimé son inquiétude face à la détérioration continue de la santé de Julian Assange depuis son arrestation et sa détention au début de cette année, affirmant que sa vie était désormais en danger.

M. Assange a été envoyé dans une prison de haute sécurité du Royaume-Uni le 11 avril 2019, où il continue d’être détenu dans le cadre d’une demande d’extradition américaine pour espionnage pour avoir exposé des preuves de crimes de guerre et d’autres fautes en Irak et en Afghanistan. « Alors que le gouvernement américain poursuit M. Assange pour avoir publié des informations sur de graves violations des droits de l’homme, y compris des actes de torture et des meurtres, les responsables de ces crimes continuent de jouir de l’impunité « , a déclaré Melzer.

Le Rapporteur spécial et son équipe médicale ont rendu visite au fondateur de Wikileaks emprisonné en mai et ont indiqué qu’il présentait « tous les symptômes typiques d’une exposition prolongée à la torture psychologique » et exigé des mesures immédiates pour protéger sa santé et sa dignité.

« Cependant, ce que nous avons vu de la part du gouvernement britannique est un mépris total pour les droits et l’intégrité de M. Assange « , a dit M. Melzer. « Malgré l’urgence médicale de mon appel et la gravité des violations alléguées, le Royaume-Uni n’a pris aucune mesure d’enquête, de prévention et de réparation exigée par le droit international.

En vertu de la Convention contre la torture, les États doivent mener une enquête rapide et impartiale chaque fois qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’un acte de torture a été commis. « Dans une réponse rapide envoyée près de cinq mois après ma visite, le gouvernement britannique a catégoriquement rejeté mes conclusions, sans indiquer la moindre volonté d’examiner mes recommandations, et encore moins de les mettre en œuvre, ou même de fournir les informations supplémentaires demandées « , a déclaré l’expert des Nations Unies.

Comme l’avait prédit Melzer, peu après la visite du Rapporteur spécial, M. Assange a dû être transféré à l’unité de soins de santé de la prison. « Il continue d’être détenu dans des conditions oppressantes d’isolement et de surveillance, non justifiées par son statut de détenu « , a déclaré M. Melzer, ajoutant qu’après avoir purgé sa peine de prison pour violation des conditions de sa libération sous caution au Royaume-Uni en 2012, M. Assange était désormais détenu exclusivement en relation avec la demande d’extradition en instance des États-Unis.

« Malgré la complexité de la procédure engagée contre lui par le gouvernement le plus puissant du monde, l’accès de M. Assange à un avocat et à des documents juridiques a été gravement entravé, ce qui porte atteinte à son droit le plus fondamental de préparer sa défense, a déclaré M. Melzer.

« L’arbitraire flagrant et soutenu dont ont fait preuve le pouvoir judiciaire et le gouvernement dans cette affaire suggère un écart alarmant par rapport à l’engagement du Royaume-Uni en faveur des droits de l’homme et de l’État de droit. Cet exemple est inquiétant, d’autant plus que le gouvernement a récemment refusé de mener l’enquête judiciaire tant attendue sur la participation britannique au programme de torture et de restitutions de la CIA.

« À mon avis, cette affaire n’a jamais porté sur la culpabilité ou l’innocence de M. Assange, mais sur le fait de lui faire payer le prix pour avoir dénoncé des fautes graves du gouvernement, y compris des crimes de guerre et la corruption présumés. A moins que le Royaume-Uni ne change d’urgence de cap et n’améliore sa situation inhumaine, l’exposition continue de M. Assange à l’arbitraire et aux abus pourrait bientôt lui coûter la vie. »

Dans son appel urgent au Gouvernement britannique, le Rapporteur spécial a vivement recommandé que l’extradition de M. Assange vers les États-Unis soit interdite et qu’il soit rapidement libéré et autorisé à recouvrer la santé et à reconstruire sa vie personnelle et professionnelle.

Nils Melzer

 

Article original en anglais :

Julian Assange’s Life May be at Risk. UN Expert on Torture Sounds Alarm

Traduction : Romane

La source originale de cet article est UN OHCHR

Copyright © Nils MelzerUN OHCHR, 2019

https://www.mondialisation.ca/lexpert-de-lonu-sur-la-torture-sonne-a-nouveau-lalarme-et-dit-que-la-vie-de-julian-assange-pourrait-etre-en-danger/5638549


 

LES PARASITES LES PLUS RICHES DU MONDE ONT PERDU 117 MILLIARDS DE DOLLARS EN UNE JOURNEE

Les hommes les plus riches de la planète ont perdu 117 milliards de dollars en une journée

 Depuis 1 heure  7 août 2019

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 Amérique et Europe - USA

 

Lors de la plus grande chute boursière de l’année, le 5 août, 500 des plus riches hommes d’affaires de la planète ont perdu en tout et pour tout 117 milliards de dollars (104,5 milliards d’euros), indique Bloomberg.

Par exemple, Bernard Arnault, PDG de LVMH, première fortune de France, a perdu 4 milliards de dollars, alors que la richesse de Jeffrey Bezos, PDG d’Amazon, a diminué de 3,5 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros). Le capital du fondateur de Facebook, Marc Zuckerberg, a lui chuté de 2,7 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros), a annoncé Forbes.

Les bourses, notamment européennes, ont commencé à baisser dès l’annonce par le Président américain Donald Trump a déclaré avoir l’intention de taxer à 10%, à partir de septembre, les 300 milliards de dollars (270 milliards d’euros) d’importations chinoises jusqu’ici épargnées.

Le lundi 5 août, le CAC 40 a cédé 2,06%, tandis que le DAX allemand et Londres ont respectivement reculé de 1,68% et 2,52%. En Asie, l’indice de Hong Kong a plongé de 2,85%, ce qui est partiellement dû aux manifestations qui se poursuivent dans la ville. À Wall Street, les principaux indices ont perdu plus de 2%, tandis que le Dow Jones a chuté de près de 850 points, soit de 3%.

La riposte chinoise a consisté en la plus importante baisse du taux du yuan par rapport au dollar américain depuis décembre 2018 et en la suspension des importations agricoles américaines. Les marchés financiers ont également réagi à la réponse chinoise.

Depuis plus d’un an, Chine et États-Unis sont engagés dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’instauration réciproque de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars d’échanges annuels.

Source: Sputnik

https://french.almanar.com.lb/1457106


 

APRES UN SIMULACRE DE PROCES, LE REGIME BAHREÏNI EXECUTE DEUX JEUNES REVOLUTIONNAIRES DE 24 ET 25 ANS, DE CONFESSION CHIITE

Malgré les appels humanitaires, le régime bahreïni exécute deux jeunes

 Depuis 2 heures  27 juillet 2019

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 Bahreïn - Monde arabe - Pays du Golfe - Spécial notre site

 

Rédaction du site

Ali al-Arab, 25 ans, et Ahmad al-Malali, 24 ans, deux martyrs bahreinis  rajoutés sur la longue liste des victimes du régime des alKhalifa , ont été exécutés par balles tôt ce samedi 27 juillet, en dépit des appels à surseoir à l’application de cette peine en raison d’un procès entaché d’irrégularités, selon des défenseurs des droits humains.

L’annonce a été faite par le procureur général du royaume de Bahreïn, Ahmed al-Hammadi qui n’a pas précisé les noms des deux suppliciés.

Ces derniers ont été identifiés comme Ali al-Arab, 25 ans, et Ahmad al-Malali, 24 ans, par des organisations de défense des droits humains.

Tous les deux sont de confession chiite, selon des sources judiciaires.

Une troisième personne, condamnée à mort dans une affaire  séparée de meurtre, a été exécutée en même temps, selon le procureur de Bahreïn.

Les deux premiers suppliciés, arrêtés en février 2017 ont été condamnés le 31 janvier 2018, avec 58 autres personnes et ont depuis épuisé tous les recours.

Selon la version des autorités bahreinites: « Ils ont été accusés, avec les autres prévenus, d’avoir « formé un groupe terroriste » qui a commis plusieurs attaques armées », rapporte un communiqué du procureur général.
Selon ce dernier, les membres du groupe ont attaqué la prison de Jaw au sud de la capitale Manama, le 1er janvier 2017 tuant un garde et blessant d’autres. L’attaque a permis à dix détenus de s’évader. Le même groupe a blessé par balle un policier 14 jours plus tard. Ses membres ont abattu le 28 janvier de la même année un officier de police ».

Vendredi, des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch (HRW) ont appelé les autorités de Bahreïn à ne pas procéder à l’exécution. Selon HRW, leur « procès a été entaché de graves violations des procédures régulières ».

Dans un communiqué publié ce Samedi, la coalition des Jeunes de la révolution du 14 février, a dénoncé cette exécution : « le dictateur Hamad a versé le sang de notre jeunesse en exécutant à l’aube du samedi 27 juillet 2019 les deux jeunes martyrs, Ahmad al-Mullahi et Ali al-Arab, visant tout un peuple, ignorant la charia , la religion,  les sentiments des mères et des pères » ajoutant que « la patrie  saigne sous l’oppression et la tyrannie de ce régime ».

Le texte poursuit : « la coalition des Jeunes de la révolution du 14 février célèbre la réunion de ces deux heureux  avec les martyrs de la glorieuse révolution de février. Nous les félicitons pour ce grand honneur . Et nous confirmons l’impossibilité de cohabiter avec le régime des alKhalifa, il convient de poursuivre la résistance dans le but de renverser ce régime califal et de le déraciner « .

« Ce   jour est celui de la  résistance,  un jour pour les révolutionnaires de toute la nation qui gémit sous la tyrannie des oppresseurs: pas question de se cloitrer dans les maisons , ni de battre en retraite, ni d’abandonner ou de se rendre », poursuit le texte.

Et de conclure : « Nous   appelons les masses populaires de la glorieuse révolution de février à participer aux funérailles de ces deux moudjahidines martyrs et de rejoindre tous les mouvements révolutionnaires condamnant ce crime majeur qui a secoué notre patrie à l’aube d’aujourd’hui ».

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/1442443


 

MANLIO DINUCCI : "LA COURSE A LA DOMINATION DE L'ESPACE"

La course à la domination de l’Espace

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 16 juillet 2019

ilmanifesto.it

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Analyses: 

“L’homme volant envoute Paris au défilé du 14 juillet” : avec des titres comme celui-ci a été décrit le défilé des forces armées françaises le long de l’avenue des Champs Élysées. Comme d’habitude, on a l’impression d’être informé sur tout dans le moindre détail. 

La “grande information” nous cache cependant ce qu’il serait par contre essentiel de savoir. Par exemple, que deux jours avant le défilé le président Emmanuel Macron a assisté, dans le port de Cherbourg, au lancement d’un sous-marin nucléaire d’attaque, le Suffren, premier de la nouvelle série Baracuda, réalisé avec un programme décennal d’un coût de 9 milliards d’euros. Le sous-marin, armé de missiles de croisière à longue portée à double capacité conventionnelle et nucléaire et doté d’un mini-sub pour les opérations des forces spéciales, a été décrit par l’amiral Christophe Prazuck comme “un chasseur né pour combattre les ennemis”.

Parmi les 700 invités internationaux à la cérémonie de lancement se trouvait la ministre australienne de la Défense, Linda Reynolds, qui en février a signé un contrat pour l’achat de 12 sous-marins d’attaque français. En Australie, en ce moment, se discute la possibilité pour le pays, sortant du Traité de non-prolifération, de se doter de son propre arsenal nucléaire. L’Australie, partenaire de l’OTAN, est contraire au Traité sur l’interdiction  des armes nucléaires, approuvé en juillet 2017 par l’Assemblée Générale des Nations Unies avec 122 voix pour. Il a jusqu’à présent été signé par 70 pays mais ratifié seulement par 23 (dont Autriche, Cuba, Mexique, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Venezuela), moins de la moitié des 50 nécessaires pour son entrée en vigueur.

La Suède, qui en 2017 l’approuva, a annoncé qu’elle ne le signera pas non plus : décision derrière laquelle se trouve l’influence de l’OTAN, ennemie jurée du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Tandis que le désarmement nucléaire reste sur le papier, augmente la possibilité de prolifération et la course aux armements se joue de plus en plus sur le plan qualitatif. Comme le confirme l’annonce faite, à la veille du défilé du 14 juillet, par le président Macron même : la France créera en septembre un nouveau commandement national de la Force militaire spatiale, avec un premier financement de 3,6 milliards d’euros. «La nouvelle doctrine spatiale et militaire qui m’a été proposée par la ministre et que j’ai approuvée, permettra d’assurer notre défense de l’espace et par l’espace» (voir NdT en bas de page), a déclaré le président Macron. 

Ainsi s’intensifie la militarisation de l’Espace, aire d’importance stratégique croissante étant donné que les principaux systèmes d’armes, à commencer par les nucléaires, dépendant de systèmes spatiaux. 

Avec son nouveau commandement spatial la France se place dans le sillage des États-Unis. Le président Trump a signé en février une directive qui institue la US Space Force, force spécifique pour les opérations militaires dans l’Espace, dirigée avant tout contre la Russie et la Chine. Le Comité sénatorial pour les services armés, en attribuant à l’Aéronautique le commandement de la nouvelle Force, a défini l’Espace comme “aire de conduite de la guerre”. Les rencontres promues par les Nations Unies en mars pour empêcher une course aux armements dans l’Espace, ont échoué à cause de l’opposition des États-Unis. Ceux-ci refusent d’ouvrir une table de négociation pour discuter l’ébauche de traité, présentée par Chine et Russie, qui interdit de placer des armes dans l’Espace et stipule une série de limites légales à son usage à des fins militaires.

Pendant que l’attention médiatique se concentre sur l’”homme volant” qui virevolte sur les Champs-Élysées, on ignore le fait que sous peu il y aura des armes nucléaires volantes en orbite autour de la Terre au-dessus de nos têtes.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

La corsa al dominio dello Spazio

Édition de mardi 16 juillet 2019 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

NdT : “La nouvelle doctrine spatiale militaire, qui m’a été proposée par la ministre et que j’ai approuvée, permettra d’assurer notre défense de l’espace et par l’espace. Nous renforcerons notre connaissance de la situation spatiale, nous protégerons mieux nos satellites, y compris de manière active. Et pour donner corps à cette doctrine, pour assurer le développement et le renforcement de nos capacités spatiales, un grand commandement de l’espace sera créé en septembre prochain au sein de l’armée de l’air. Celle-ci deviendra, à terme, l’armée de l’air et de l’espace. Les nouveaux investissements indispensables seront décidés”.

https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/07/13/discours-aux-armees-a-lhotel-de-brienne 

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/la-course-a-la-domination-de-lespace/5635399


 

LA FAIM DANS LE MONDE TOUJOURS EN PROGRESSION AFFECTAIT 821,6 MILLIONS DE PERSONNES EN 2018

 

HUMANITAIRE

La faim dans le monde est toujours en progression

Au Yémen, de nombreux enfants souffrent de la faim. Photo AFP

Au Yémen, de nombreux enfants souffrent de la faim. Photo AFP

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La faim dans le monde affectait 821,6 millions de personnes en 2018, contre 811 l’année précédente, selon un rapport annuel publié ce lundi par plusieurs organisations de l’ONU qui déplorent une troisième année consécutive de hausse.

Après des décennies de baisse, la sous-alimentation a repris de la vigueur depuis 2015, notamment à cause des conflits et du réchauffement climatique. Figurant parmi les objectifs de développement durable fixés pour 2030, la perspective d’un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation à cette échéance relève d’un «immense défi», note le rapport.

«On n’atteindra pas d’ici 2030» cet objectif, a asséné le patron du Programme alimentaire mondial, David Beasley, depuis le siège de l’ONU.

La paix comme enjeu

«C’est une mauvaise tendance», a-t-il ajouté. «Sans sécurité alimentaire, nous n’aurons jamais de paix et de stabilité», a averti le responsable, en soulignant l’interaction entre ces paramètres. Partout où des groupes extrémistes ont de l’influence, la faim est utilisée par eux comme une arme pour diviser ou recruter, a mis en garde David Beasley.

Le rapport a été rédigé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, avec le concours du Fonds international pour le développement de l’agriculture, l’Unicef, le Programme alimentaire mondial et l’Organisation mondiale de la Santé.

«Il est essentiel de mettre en place des politiques économiques et sociales pour contrecarrer à tout prix les effets des cycles économiques défavorables, tout en évitant de réduire les services essentiels tels que les soins de santé et l’éducation», affirme le rapport.

En appelant à une «transformation structurelle» inclusive avec les plus démunis, les auteurs du document demandent d’"intégrer les préoccupations de sécurité alimentaire et de nutrition dans les efforts de réduction de la pauvreté», tout en luttant contre les inégalités entre les sexes et l’exclusion de groupes sociaux.

La faim "a disparu de l'agenda politique" 

La sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents: en Afrique (près de 20 % de la population concernée), en Amérique latine et dans les Caraïbes (moins de 7 %) et en Asie (plus de 12 %).

Plusieurs ONG ont réagi défavorablement aux chiffres du rapport.

«La faim fait rage mais a disparu de l’agenda politique», a dénoncé Oxfam, en réclamant d’urgence de nouvelles stratégies. En Afrique et Amérique latine, la hausse de l’insécurité alimentaire touche principalement les pays émergents et non plus uniquement ceux considérés comme les moins avancés, a observé l’ONG française CCFD-Terre solidaire.

En ajoutant les populations souffrant de famine aux personnes touchées par l’insécurité alimentaire, l’ONU estime que plus de deux milliards de personnes, dont 8 % vivent en Amérique du Nord et en Europe, n’ont pas régulièrement accès à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante.

L'obésité en augmentation

La FAO juge par ailleurs que les progrès sont insuffisants pour réaliser l’objectif 2030 de réduire de moitié le nombre d’enfants souffrant d’un retard de croissance. Aujourd’hui, 149 millions d’enfants sont concernés par un tel retard.

Paradoxalement, le rapport note que la surcharge pondérale et l’obésité continuent d’augmenter dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d’âge scolaire et les adultes.

En 2018, environ 40 millions d’enfants de moins de cinq ans avaient un excès de poids. En 2016, 131 millions d’enfants de 5 à 9 ans, 207 millions d’adolescents et 2 milliards d’adultes étaient en surpoids, selon le rapport.

Par AFP | Publié le 15/07/2019 à 22:07 | Vu 1485 fois

https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/07/15/la-faim-dans-le-monde-est-toujours-en-progression


 

OSCAR FORTIN : QUI EST MICHELLE BACHELET? CHEVAL DE TROIE DE WASHINGTON

Qui est Michelle Bachelet? Cheval de Troie de Washington

Par Oscar Fortin

Mondialisation.ca, 05 juillet 2019

wsws.org

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Du 19 juin au 23 juin,  Michelle Bachelet, haut-commissaire aux droits humains des Nations Unies a procédé à des rencontres, au Venezuela, avec les principaux acteurs politiques ainsi qu’avec ceux et celles qui se disent victimes de l’un ou l’autre de ces acteurs. Suite à ces dernières , elle a produit un Rapport qui a été transmis officiellement aux autorités concernées et à la presse internationale, le 4 juillet 2019. La haute commissaire des Nations Unies pour le respect des droits humains nous livre un rapport entièrement  concentré sur le gouvernement  de Nicolas Maduro, laissant entièrement dans l’ombre les sanctions et la guerre économique persistante de Washington, qui va à l’encontre de la Charte internationale des droits des Nations Unies. La seule référence à ces sanctions se trouve au paragraphe 75, dans sa dernière partie :

« Les sanctions économiques récentes aggravent la crise économique, ce qui accroîtra à terme l’impact négatif sur la jouissance des droits économiques et sociaux par la population. »

C’est tout ce qu’elle trouve à dire, se gardant bien de faire référence à leurs auteurs (Washington et Union européenne). Aucun rappel n’est fait du droit international qui interdit ces diverses formes d’interventionnisme, lesquelles, soit dit en passant, se font sentir depuis longtemps ? Que des milliards de dollars aient été soustraits à l’usage du gouvernement pour répondre aux besoins de sa population, en médicaments,  nourriture et produits industriels, entre autres, cela la laisse plutôt indifférente et sans lien avec le respect des droits humains des personnes qui en sont les victimes. Ce ne sont pas les documents qui lui manquaient pour en faire le constat.  Il lui est plus facile de reprendre le discours officiel de Washington et de l’opposition qui le représente au Venezuela, faisant du gouvernement de Nicolas Maduro l’unique responsable de tous les maux dont le peuple est victime.

À cette couverture très diplomatique de l’interventionnisme des États-Unis dans les affaires internes du Venezuela, s’ajoute cette autre couverture qui lui permet de passer sous silence les actions terroristes et criminelles d’une opposition qui répond aux ordres de Washington.  Dans son rapport, il n’y a aucune référence à une opposition radicale et criminelle qui agit hors des normes de la Constitution vénézuélienne. Que la révolution bolivarienne soit  la cible des intérêts des oligarchies locales et de Washington ne fait pas partie de ses analyses. Elle a oublié ces interventions, au Chili d’Allende, de la CIA et de tous ses alliés régionaux pour  mettre un terme à l’Unité populaire et au socialisme humanitaire promu par ce dernier. Le charme de Washington et ses attentions à son endroit  l’auront convertie en une fidèle alliée de ce dernier. Il ne faut pas oublier qu’elle a étudié à Washington la Stratégie militaire, une porte d’entrée dans la grande famille des forces impériales.

Il ne fait aucun doute que ce rapport, rendu public, ce 4 juillet 2019, est partial et répond parfaitement aux intérêts de Washington et de ses alliés. Il constitue un pas important visant à manipuler l’opinion mondiale sous le chapeau des Nations Unies.  Il est quelque  peu paradoxal que ces puissances qui passent outre au droit international de non-intervention dans les affaires internes d’autres États se réclament des Nations Unies pour poursuivre leur interventionnisme avec encore plus de force.

Michelle Bachelet est une femme de grande intelligence qui sait ce qu’elle veut et qui n’hésite pas à s’ajuster à ceux et celles qui répondent à ses attentes. Son peuple, celui du Chili, en avait découvert la nature et le lui avait fait savoir, lors de son dernier mandat, l’élisant avec 23% de l’électorat chilien et 60% d’abstention. Elle pouvait toujours compter sur Washington pour reprendre du service aux Nations unies, là où elle servirait le mieux son maitre. Avec ce Rapport, partial et profondément subjectif, elle a de quoi  le réjouir profondément et s’assurer un avenir encore plus élevé au sein des Nations Unies.

En  2013, lors des élections présidentielles au Chili, j’avais écrit un article sur ce personnage qui assume parfaitement bien le personnage mythique du Cheval de Troie. Beaucoup des éléments qui y sont relevés gardent toute leur pertinence pour les temps que nous vivons.

Oscar Fortin

Le 5 juillet 2019

Photo en vedette : Michelle Bachelet aux côtés de Juan Guaido.

La source originale de cet article est wsws.org

Copyright © Oscar Fortinwsws.org, 2019

https://www.mondialisation.ca/qui-est-michelle-bachelet-cheval-de-troie-de-washington/5635127