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BRESIL: JUNINHO PERNAMBUCANO, EX-FOOTBALLEUR ET RARE OPPOSANT AU CANDIDAT D'EXTREME-DROITE BOLSONARO

 

Brésil: Juninho Pernambucano, ex-footballeur et rare opposant à Bolsonaro

Par Farid Achache

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Juninho Pernambucano en 2014 à Rio de Janeiro.VANDERLEI ALMEIDA / AFP

De nombreux joueurs de football brésiliens soutiennent le candidat d'extrême droite, Jair Bolsonaro, favori de l'élection présidentielle dont le deuxième tour aura lieu de 28 octobre. Dans un entretien au quotidien espagnol El Pais, Juninho Pernambucano, ancienne gloire de l’Olympique lyonnais, a ouvertement exprimé son désaccord face aux idées du leader d’extrême droite. 

Le 28 octobre prochain au Brésil, Jair Bolsonaro, 63 ans, ancien officier militaire et homme politique d’extrême droite, qui a obtenu 46% des voix au premier tour de la présidentielle, se retrouvera face à Fernando Haddad (26%), candidat du Parti des travailleurs (PT), héritier de Lula et fils d’immigrés libanais. Bolsonaro, qui a vécu une longue carrière de député, surfe sur la rancœur d’une population exaspérée par la corruption et la criminalité.

Depuis ce raz de marée du premier tour, rares sont les personnalités du monde du ballon rond qui ont pris position contre Bolsonaro. Juninho Pernambucano, ancien joueur de l’Olympique lyonnais, sept fois champion de France et qui a terminé sa carrière au Brésil à Vasco da Gama, a largement commenté la situation dans son pays à travers un long entretien au quotidien espagnol El Pais, publié le 6 octobre.

« Je pensais que le Brésilien était solidaire. Mais c’est un mensonge »

C’est du côté de Lyon, où il est arrivé à l’âge de 26 ans, que le natif de Recife a forgé sa conscience politique. Juninho Pernambucano déclare entre autres : « Ce qui m’a surtout frappé pour la politique, c’est le côté humain des Français. Je pensais que le Brésilien était solidaire. Mais c’est un mensonge. Le Français est solidaire pour de vrai ! Il y a les extrémistes, la partie qui méprise les musulmans, la partie raciste. Mais la majorité du peuple français a une humanité très développée. »

« Beaucoup de Brésiliens ignorent que d’autres ont été torturés et assassinés pendant la dictature, explique Juninho Pernambucano. C’est désespérant de voir des gens soutenir les interventions militaires, continue l’ancien international. O Exército (l’armée) existe pour défendre le pays, protéger les frontières, mais pas pour tuer les Brésiliens dans les favelas. Ils n’ont pas été formés pour cela ».

« Tu vas soutenir Bolsonaro, mon frère ? »

Juninho Pernambucano assure ne pas défendre les voleursIl explique : « Le peuple doit arrêter avec cette manière de penser que tout crime est égal. L’assassinat est une chose, le vol en est une autre. Je ne peux pas mettre un jeune de 18 ans qui a volé dans une prison. Car quand le mec sort de prison, il veut se venger de la société. C’est pour cela que je m’énerve quand je vois un ex-joueur de football voter pour l’extrême droite (référence au soutien de Ronaldinho au candidat d’extrême droite - NDLR). Nous venons d’en bas, nous avons été élevés au sein du peuple. Comment l’oublier ? Comment être de ce côté ? Tu vas soutenir Bolsonaro, mon frère ? »

En effet, Jair Bolsonaro, qui s’est fait connaître par ses propos racistes, misogynes et homophobes, a reçu le soutien de plusieurs anciennes gloires du football brésilien. Notamment de l’ancien joueur star du Paris Saint-Germain : Ronaldinho.

Rivaldo, Cafu, Felipe Melo, ou encore Lucas Moura soutiennent Bolsonaro

 

Ronaldinho Gaúcho@10Ronaldinho

 

Por um Brasil melhor, desejo paz , segurança e alguém que nos devolva a alegria. Eu escolhi viver no Brasil, e quero um Brasil melhor para todos!!!

 

Ronaldinho, champion du monde en 2002 et Ballon d'or en 2005, a publié une photo de lui sur les réseaux sociaux de dos avec un maillot de la sélection floqué du n°17. Un clin d'œil adressé aux électeurs, car il s'agissait du numéro à utiliser pour voter électroniquement pour le candidat Bolsonaro. Rivaldo, Cafu, Felipe Melo (Palmeiras et ex-Juventus Turin) ou encore l'ancien joueur du Paris Saint-Germain Lucas Moura avaient appelé à voter pour le « Trump tropical ». « S'il était vraiment raciste, il serait en prison. Je vous vois l'accuser gratuitement sans argument », a notamment écrit Lucas sur Twitter, où il a été fortement critiqué pour avoir défendu Bolsonaro. L'homme politique d’extrême droite s'est dit honoré par ces soutiens.

« Je suis un citoyen du monde. Je ne peux pas être intolérant aux différences. La seule exception est les extrémistes. Mais est-ce qu’une personne qui croit dans l’existence de "races humaines" et propage un discours de haine, mérite la démocratie ? », argumente de son côté Juninho Pernambucano.

Neymar « Je laisse cela entre les mains de Dieu »

Sans ambiguïté, Juninho Pernambucano, qui ne s’est jamais engagé en politique, reste un défenseur de l’ancien président de la République Lula, actuellement en prison. « Je l’admire beaucoup. Personne n’effacera ce qu’il a fait pour le pays. Lula est un homme de 72 ans qui se fait démolir sans pitié. Pourquoi les gens détestent Lula ? Ce qu’ils détestent de lui c’est son apparence, son origine, son accent, son histoire et sa popularité ».

La plupart des joueurs en activité sont prudents. Aussi bien au Brésil qu’à l’étranger. « Je ne cherche pas à me mêler de politique, malgré la distance, je suis le sujet, a commenté la star Neymar dimanche 7 octobre au Parc des Princes après la rencontre face à Lyon. C’est très personnel. Chacun pense ce qu’il veut. Je laisse cela entre les mains de Dieu. J’espère que [le président] sera quelqu’un avec du caractère, fiable, qui sera un leader pour le Brésil et qui donnera un nouvel élan au pays, qui mérite le bonheur et sera dirigé par quelqu’un de responsable ».

Juninho Pernambucano, lui, avance que, pour un joueur en activité, il est délicat de s'exprimer, car « la carrière (...) est courte »« Le football exige tellement d’engagements que vous terminez votre carrière en étant aliéné. Je comprends l’athlète qui joue toujours et qui préfère ne pas se positionner. Mais un ancien athlète qui a une bonne qualité de vie et qui ne s’engage pas dans la situation du pays est inadmissible », insiste-t-il.

« Le football m’a enseigné à voir le monde »

Au Brésil, on assiste actuellement à un déchaînement de violence depuis les résultats du premier tour. A Curitiba, un coiffeur homosexuel a été frappé à mort. A l’annonce de son décès, un suspect aurait crié « Vive Bolsonaro ». Dans l’Etat de Bahia, Romualdo Rosário da Costa, dit Moa do Katendê, maître en capoeira et électeur du PT, a été assassiné de douze coups de couteau le soir du premier tour. Il avait fait part de son choix électoral à un fan de Bolsonaro.

Juninho Pernambucano, dont tout le monde se souvient des coups francs magiques, reste donc une des rares personnalités du ballon rond à s’opposer publiquement à l’extrême droite au Brésil. « Le football m’a enseigné à voir le monde. Le football m’a sauvé la vie », lâche l'un des meilleurs joueurs de l’histoire de l’Olympique lyonnais.

http://www.rfi.fr/sports/20181011-bresil-juninho-pernambucano-ex-footballeur-rare-opposant-jair-bolsonaro


 

LE VENEZUELA RENONCE AU DOLLAR AU PROFIT DU YUAN

Yuans et dollars

Le Venezuela renonce au dollar: quels sont les avantages d’un passage à l’euro ou au yuan?

© REUTERS / Jason Lee

ECONOMIE

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L'économiste vénézuélien Raul Penaloza explique à Sputnik pourquoi son pays a renoncé au dollar et expose les éventuels avantages de cette mesure pour l'économie nationale.

 

Lingots d'or

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Pourquoi le Venezuela a-t-il décidé de confier son or à la Turquie?

Le Venezuela a renoncé au dollar dans ses échanges internationaux en faveur de l'euro et du yuan, a annoncé le ministre vénézuélien de l'Industrie et de la Production nationale Tareck El Aissami. Selon l'économiste vénézuélien Raul Penaloza contacté par Sputnik, il s'agit d'une riposte aux «atteintes» subies par l'économie du pays latino-américain de la part de Washington.

 

L'initiative serait bénéfique pour les entrepreneurs et personnes physiques possédant des comptes à l'étranger visés par le blocage des opérations, affirme l'interlocuteur de l'agence

«La réorientation vers le système européen ou asiatique doit faciliter le commerce et porter ses fruits dans les plus brefs délais», a-t-il expliqué.

 

Nicolas Maduro (archives)

© REUTERS / MIRAFLORES PALACE

Nicolas Maduro réélu à la présidence vénézuélienne jusqu’en 2025

Dans le même temps, cette décision permettrait de réduire la dépendance technologiques de Caracas vis-à-vis de Washington ainsi que d'affaiblir l'influence exercée par les États-Unis sur l'ensemble de la région, estime le spécialiste.

 

Pourtant, le Venezuela doit s'attendre à de nombreux obstacles sur cette voie, avertit M.Penaloza. En premier lieu, le pays aura à mettre fin à l'utilisation de tous les comptes ouverts aux États-Unis ou gérés avec l'intermédiaire de Washington.

«La plupart des exportateurs et importateurs vénézuéliens ont des comptes internationaux enregistrés aux États-Unis ou dans leurs pays satellites, dont le Panama. Cela va entraîner certains retards avant que toutes les entreprises, publiques comme privées, ne se réorientent sur l'Europe ou l'Asie», a-t-il souligné.

https://fr.sputniknews.com/economie/201810191038567725-venezuela-dollar-euro-yuan/


 

KARINE BECHET - GOLOVKO: QUAND L'ESTONIE REVENDIQUE SON CARACTERE NAZI

Quand l'Estonie revendique son caractère nazi


 

L'Estonie, qui faisait partie de la Russie depuis le 18e siècle, demande des compensations justement à la Russie, qui l'a libérée malgré elle d'une occupation par l'Allemagne nazie avec laquelle elle collaborait plus qu'activement et dont elle se souvient toujours aujourd'hui avec enthousiasme. A l'heure des pleurnicheries incessantes érigées au rang de politique institutionnelle, l'on ne peut qu'être surpris du silence consentant des pays de l'Union européenne face à une telle glorification du nazisme au sein même de l'Europe. 


 

Une fois n'est pas coutume, l'Estonie demande à la Russie de lui verser une compensation pour l'avoir libérée de l'occupation allemande, l'occupant - du point de vue estonien - étant donc l'URSS. Récapitulons. L'Estonie entre dans l'Empire russe par le traité de 1721, sans discontinuer jusqu'à la chute de l'Empire où elle a une courte période d'indépendance de 1921 (pacte de reconnaissance mutuelle)  jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. En 1939, face à l'entrée en guerre de l'Allemagne nazie, l'Estonie et l'URSS signent un pacte d'assistance mutuelle et en 1940 l'Estonie revient vers la Russie et entre dans l'URSS.

 

C'est ici que la désignation de "l'occupant" se complique, si l'on veut garder le politiquement correct européen. Car si l'Estonie demande pas moins de 92 milliards de roubles suite à "l'occupation soviétique", même si le ministère estonien des affaires étrangères est contre, elle n'a rien à reprocher à l'occupation allemande, qu'elle considère manifestement comme une vague de libération civilisationnelle de l'Europe. Donc si l'on suit la logique du pouvoir estonien, en 40 l'URSS occupe l'Estonie, qui est libérée en 41 par l'Allemagne nazie et à nouveau occupée avec la chute regrettable des nazis.

 

Que reproche finalement l'Estonie à la Russie? Elle lui reproche de l'avoir "occupée" en 1940 - devant l'avancée de l'armée nazie. Et en raison de cela, du fait que l'URSS ait combattu les nazis, plus de 24 000 Estoniens sont morts et 139 000 ont dû partir. Donc si l'on comprend bien la logique, l'Estonie n'avait pas du tout envie de combattre les nazis, qu'elle attendait, mais l'URSS l'a empêchée de réaliser ce rêve européen. Ainsi les "répressions staliennes" dont il est également question et sans que l'on sache si le chiffre de 49 000 comprend ou non les chiffres précédents (comme toujours lorsqu'il s'agit des "répressions staliniennes", le seul mot doit faire suffisamment peur pour que personne ne demande de précisions) ne peuvent être celles des années 30 contre les révolutionnaires, mais il s'agit du nettoyage d'après-guerre. Ces "répressions" qui ont eu lieu contre les collaborateurs dans les pays européens aussi, même si leur rapport à la victoire et leur comportement pendant la Seconde Guerre mondiale posent parfois question ...

L'Estonie se souvient toujours avec chaleur de cette "glorieuse" époque où l'Allemagne n'était pas un occupant et chaque année des réunions SS ont lieu:

Le rassemblement en Estonie des ex-SS et des zélateurs du Troisième Reich est tous les ans rejoint par leurs compagnons de lutte de Lettonie et de Finlande pour célébrer l’anniversaire des combats pour Sinimae, En 1944, ce lieu était le théâtre des combats acharnés. Les nazis ont reculé en subissant des pertes énormes sous la poussée des troupes soviétiques mais cette débâcle ne gêne pas du tout les anciens légionnaires estoniens qui rendent le devoir de mémoire aux bourreaux SS

 

Petit rappel de leurs faits d'armes.

 

Dès l'occupation allemande, des légions SS estoniennes ont été constituées. Avec l'aide d'Abwehr (renseignement militaire allemand jusqu'en 1944) et des SD, au mois de novembre 1941 ils ont perpétré 5 033 raids, arrêté 41 135 personnes, fusillé sur place 7357 personnes, dont 2000 Juifs. Quand l'armée allemande à pris Tartu, ils ont liquidé les représentants du pouvoir soviétique, les prisonniers de guerre et des civils à hauteur de 12 000 personnes. Cette année-là, trois bataillons de 1 330 hommes chacun ont été intégrés dans l'armée allemande. 

 

En 1942, leurs "forces de police", en Estonie, se montaient à 10 400 hommes. C'est alors que le 36e bataillon policier estonien a participé au massacre des Juifs en Biélorussie, dans la ville de Novogrudok. D'autres servaient à garder les camps, notamment en Ukraine. Ils ont participé dans les opérations contre les populations civiles en Biélorussie et en Russie, ont liquidé des villages entiers comme Babino. Le bataillon spécial Ostaland participait en Ukraine et en Biélorussie au massacre des Juifs à hauteur de 12 000 personnes. En novembre 1942, ce bataillon, avec l'armée allemande, a mené des opérations contre les groupes résistants de partisans dans la région de la ville de Ovrutch, où ont été détruits plus de 50 villages et fusillés plus de 1500 habitants. Dans l'un d'eux, 40 paysans ont été brûlés vifs. Ces "policiers" estoniens étaient également utilisés pour exterminer les Juifs menés en convoie depuis les camps des pays d'Europe. Ainsi, le 5 septembre 1942, dans la petite localité estonienne de Kaasiku, un convoie de 1000 Juifs provenant du camp de concentration de Théresienstadt, mis en place par la Gestapo dans ce qui est aujourd'hui la République Tchèque, a été fusillé par les "policiers" estoniens. L'opération s'est renouvelée sous peu avec les Juifs en provenance de Berlin.

 

En 1943, les Estoniens ont été restructurés avec les Allemands pour mener de grandes opérations contre les groupes résistants de partisans soviétiques, dans le cadre des opérations "Henrich" et "Fritz". Dans le camp de concentration de Kooga en Estonie, qui était gardé par des Estoniens (287e bataillon de policiers estoniens) ont été transférés plusieurs milliers de Juifs venant d'autres camps de Vilnius, de Transylvanie, etc. Ils furent tous fusillés par les Estoniens juste avant leur libération par l'armée soviétique.

 

En 1944, ils prennent du galon et sur ordre direct d'Hitler est constituée la 20e division SS estonienne, qui sera rejointe par différents corps. Elle sera constituée de plus de 15 000 hommes. Elle a pris part aux combats contre l'armée soviétique en 44 où elle subit de grosses défaites. Elle fut reconstituée ensuite avec d'autres divisions SS.

 

Le 13 janvier 1945, ils ont été envoyés se battre en Allemagne à Wittenberg contre l'armée soviétique, où ils furent encore battus, réfugiés en Tchécoslovaquie où ils restèrent jusqu'à la fin de la guerre. Ils furent faits prisonniers (environ 10 000 hommes) à proximité de Prague par les Soviétiques, mais une partie d'entre eux (environ 3 000 hommes) est allée vers l'Ouest se rendre aux Anglais et aux Américains.

 

D'une manière générale, durant toute la Seconde Guerre mondiale, environ 70 000 Estoniens se sont battus aux côtés des nazis et ont tué environ 150 000 personnes.

 

Effectivement, ils supportent mal "l'occupation soviétique" et le nettoyage qui a eu lieu ensuite. Avoir été si proche de la grande culture européenne pour finalement retourner en Russie, comme ce fut le cas de toute leur histoire pendant des siècles ... Heureusement, l'Union européenne est là aujourd'hui et il est enfin possible de réécrire l'histoire en toute tranquillité.

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Karine Bechet-Golovko16 octobre 2018 à 17:05

 

THOMAS ANDREI: IL Y A SOIXANTE ANS, LE CAMEROUN FRANCAIS ASSASSINAIT RUBEN UM NYOBE

 

Il y a soixante ans, le Cameroun français assassinait Ruben Um Nyobè

Thomas Andrei —  — mis à jour le 17 octobre 2018 à 15h05

En France, on aime citer Nelson Mandela. On parle un peu moins de Ruben Um Nyobè, le père oublié de l’indépendance camerounaise.

Statue de Ruben Um Nyobè érigée au cœur de la ville d'Eseka (Cameroun). | Florettesokeng via Wikimedia Commons License by

Statue de Ruben Um Nyobè érigée au cœur de la ville d'Eseka (Cameroun). | Florettesokeng via Wikimedia Commons License by

 

Annonce de l’Élysée, le 13 septembre 2018«Le président de la République a […] décidé qu’il était temps que la nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet. Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile»Maurice Audin était un mathématicien, communiste et surtout militant de l’indépendance de l’Algérie. Il est arrêté par l’armée française le 11 juin 1957, en pleine bataille d’Alger.

Le Monde commente: «La décision est historique et pourrait être à Emmanuel Macron ce que le Vél’d’Hiv fut à Jacques Chirac». Comme si l’Élysée gardait une liste de crimes commis par la France pour lesquels le président en poste pourrait s’excuser, histoire de détourner l’attention et générer un paragraphe de plus sur la fiche Wikipédia de sa présidence. Au Cameroun, on salue cette décision, mais on note que le timing est catastrophique. Sur Twitter, le compte Kamerun Wars relève:

 

Cédric Villani@VillaniCedric

 · 

 

Soulagement pour la famille, hommage à tous les disparus de la guerre d'Algérie : la reconnaissance, par @EmmanuelMacron, de la responsabilité de l'État dans l'assassinat de Maurice et de tant d'autres sera un moment historique de vérité. https://www.humanite.fr/maurice-audin-le-crime-detat-enfin-reconnu-660645 …

MAURICE AUDIN : LE CRIME D’ÉTAT ENFIN RECONNU !

Emmanuel Macron se rend aujourd’hui chez Josette Audin et publie une déclaration pour reconnaître le crime d’État commis sur son mari. En 1957, en pleine bataille d’Alger, l’armée française avait...

humanite.fr

Kamerun War@KamerunWar

Mais pas un mot sur les milliers de victimes de la guerre du Cameroun. À commencer par le leader nationaliste Ruben Um Nyobè, assassiné par l’armée française il y a exactement 60 ans (13 sept. 1958).

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Au petit matin, le samedi 15 septembre, une soixantaine de personnes se massent au carrefour Samuel Eto’o, dans l’ouest de Douala (capitale économique du Cameroun). Toutes sont là pour une «marche sportive», organisée par les jeunes de l’Union des populations du Cameroun (UPC), parti d’obédience marxiste-léniniste fondé en avril 1948, et dont Ruben Um Nyobè était le secrétaire général. C’est en sa mémoire qu’Alexis Nbembé et ses camarades sont rassemblés. «L’idée était de partir de son domicile pour marcher jusqu’à l’endroit où le parti a été créé, raconte l’ancien président national de l’UPC. Um, c’est notre Mpodol. Notre porte-parole. C’est lui qui a su expliquer ce que nous sommes: des gens qui sont nés dans un territoire qui réclame la possibilité de se définir lui-même. De décider lui-même de ses choix économiques, politiques, sociaux et culturels. Ce droit est inaliénable. Nous sommes encore avec lui, qu’il soit mort ou non.»

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D’un café de Douala à l’Onu

Avant de devenir le «Mpodol», Ruben Um Nyobè naît vers 1913 à Song Mpeck, un village situé dans l’ancienne région de la Sanaga-Maritime. «On sait peu de choses sur son enfance, regrette l’historien Pierre Kamé Bouopda. Il a fait partie des premières générations de Camerounais scolarisés. Les premiers établissements scolaires du Cameroun, ouverts par des missions religieuses chrétiennes, avaient entre autres pour vocation de dispenser des savoirs élémentaires utiles à la “mise en valeur” du territoire. Ces enseignements étaient réservés aux enfants de l’élite sociale. Ruben Um Nyobè devait donc soit faire partie d’une famille socialement aisée, soit être particulièrement éveillé pour être repéré et sélectionné par les missionnaires.»

Au terme de ses études, Um Nyobè obtient une formation d’enseignant. En juin 1944, il rejoint le Cercle d’études marxistes. Initié par deux enseignants de l’École urbaine de Yaoundé, ce think tank informel propose de lutter contre «le nazisme, le racisme et le colonialisme». L’année suivante, les membres du cercle réfléchissent à créer un mouvement qui aurait pour but l’indépendance du Cameroun, colonie française prise à l’Empire allemand en 1916. Ce mouvement, fondé chez Sierra, un café-bar de Douala, sera l’UPC, dont Um Nyobè prend la tête sept mois plus tard.

De gauche à droite, au premier plan: Ossendé Affana, Abel Kingué, Ruben Um Nyobè, Félix-Roland Moumié, Ernest Ouandié. | Samhorry via Wikimedia Commons License by

Le parti rêve donc d’indépendance, mais pas d’une indépendance de drapeaux. «L’UPC a abattu un travail idéologique et programmatique inédit à cette époque en Afrique, reprend l’historien. C’était incontestablement le parti le plus structuré et le plus populaire au Cameroun durant les années 1950. Ses dirigeants, et en particulier Ruben Um Nyobè, avaient mené une réflexion approfondie sur le devenir souhaitable du Cameroun et de l’Afrique dans le monde.» Le mouvement crée des écoles, insiste sur l’importance des comités de base et lance trois journaux. Um Nyobè parcourt le pays et donne des conférences.

Dans Histoire des forces religieuses au Cameroun, paru en 1982, l'historien Louis Ngongo affine: «Le plan de formation de l’UPC vise à ancrer dans les masses populaires l’idée d’une nation dont chacun doit être fier et responsable. [...] Au lieu de s'envoler dans des théories fumeuses de liberté, d'indépendance, [il] fait passer ses idées en assumant les préoccupations des manœuvres des villes et des paysans des brousses: le prix du cacao, comparé au prix du sel et des menus articles importés d'Europe, l'accroissement du chômage, l'insuffisance des hôpitaux et des écoles». Cette voix du peuple camerounais dont il se fait l’écho, Ruben Um Nyobè finit par la porter à l’étranger. Malgré les pressions des autorités françaises, qui essaient de l’empêcher de se procurer un visa, le Mpodol se fend d’un discours historique à la tribune de l’Onu, le 17 décembre 1952.

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Émeutes et maquis

Deux ans plus tard, Ruben Um Nyobè en est à sa troisième visite aux Nations unies. L’organisation prend alors des résolutions importantes, allant dans le sens d’une accélération du programme d’indépendance du Cameroun. Mais au pays, le poste de Haut-commissaire de la République française échoue à un certain Roland Pré, qui adopte dès sa prise de fonctions «des mesures répressives contre l’UPC et ses dirigeants pour enrayer la progression des idéaux de ce parti considéré comme un parti communiste», précise Bouopda.

Le 22 avril 1955, l’UPC signe avec les dirigeants de l’Union des syndicats confédérés du Cameroun une «Proclamation commune pour la fin du régime de tutelle, pour l’édification d’un État camerounais souverain». Un changement de stratégie du mouvement, qui n’était peut-être pas la décision de Um Nyobè, mais qui accrédite la thèse de la France: l’UPC est un parti révolutionnaire cherchant à prendre le pouvoir par la force. En mai, une série de manifestations dégénèrent en émeutes meurtrières dans plusieurs villes.

«L’administration coloniale française interprète ces violences meurtrières comme la mise en œuvre des recommandations figurant dans le texte de la proclamation commune, explique Bouopda. Elle impute la responsabilité de ces violences aux organisations signataires de ce texte. D’après la France, l’UPC et ses alliés auraient entrepris, à travers ces manifestations, d’organiser une insurrection populaire pour prendre de force le pouvoir sur le territoire. Le projet ayant échoué, une répression féroce s’abat sur les dirigeants de l’UPC en particulier.»

À contrecœur, Ruben Um Nyobè prend le maquis. Il n’a beau avoir que 5 ans à l’époque des émeutes, Alexis Nbembé s’en souvient. «On a dormi sous le lit, raconte-t-il. Il y avait le couvre-feu à Douala. Le pouvoir colonial ne voulait pas de l’indépendance et l’affrontement était inévitable. Ils ont pourchassé les nationalistes jusqu’à les exterminer.»

Assassinat en forêt et bloc de béton

Le samedi 13 septembre 1958, Ruben Um Nyobè est assassiné dans une forêt près du village de Libelingoï, dans le centre du Cameroun. L’historien Achille Mbembe narrait les événements tragiques dans son ouvrage de 1996 La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun«Au petit matin, un détachement opérant par petites équipes de quatre à cinq hommes avait entrepris la fouille systématique des environs de Boumnyebel, petite agglomération située sur la route Douala-Yaoundé.» Un de ces groupes compte dans ses rangs des militaires mais aussi des «ralliés», les Camerounais ayant pris le parti de la France.

Approchant de la colline située près du campement de Ruben Um Nyobè, la cohorte boucle le périmètre et se lance dans une chasse à l’homme, à l’aide de pisteurs. «Elle ne mit pas longtemps avant de retrouver les traces des chaussures que portait Um, continue le texte. Conscient du danger, et sur l'insistance de son entourage, ce dernier avait quitté son maquis, probablement la veille.» Mais rapidement, les Français et leurs alliés retrouvent la trace du groupe. «En faisait partie Martha, la compagne de Um Nyobè dans le maquis. Celle-ci portait un enfant, Daniel Ruben Um Nyobè. Il y avait aussi Um Ngos, le gardien du grand maquis, Pierre Yém Mback, le secrétaire, Yèmbèl Nyébél, l'agent administratif, Ruth Poha, la belle-mère de Um.» Et, bien sûr, Ruben Um Nyobè lui-même.

«En défigurant le cadavre, on voulut détruire l'individualité de son corps et le ramener à une masse informe et méconnaissable»

«Aussitôt, les fusils se mirent à crépiter. Yém Mback fut atteint le premier. Les militaires, dont un conscrit tchadien, Sara Abdoulaye, tiraient dans tous les sens. Les “pisteurs” n'avaient pas reconnu Um Nyobè d'emblée. Dès que la fusillade éclata, Yém Mback tombant presque à ses pieds, Um Nyobè s'efforça d'enjamber un tronc d'arbre qui l'empêchait de contourner le rocher et de s'enfuir. C'est alors qu'un des guides le désigna à la troupe. Abdoulaye tira et l'atteignit de dos. Um Nyobè s'écroula, laissant tomber non loin de là une serviette renfermant quelques documents et des carnets où il notait ses songes, puis mourut en râlant.» Les corps sont traînés dans la boue jusqu’à un village voisin. «Ils arrivèrent ensanglantés et défigurés. On invita la population à venir contempler les trois cadavres. Les paysans reconnurent Um Nyobè et Yém Mback et confirmèrent leurs identités.»

Le cadavre de Nyobè devient propriété de la France. Après qu’un constat de décès soit délivré, il est exposé dans la salle d’attente d’un hôpital, où un membre d’une milice montée par l’État essaie de le profaner. «Il l'abreuva d'insultes, frappa le front du mort de son index droit, et mit ce dernier au défi de se mettre debout et de se mesurer à lui dans un duel.»Finalement, son corps est immergé dans un bloc de béton et enfoui dans le sol. L’historien analyse: «En défigurant le cadavre, on voulut détruire l'individualité de son corps et le ramener à une masse informe et méconnaissable. […] En jouant sur les images de l'ordre et du désordre à travers la manière même de l'enterrer, l'on cherchait à retirer à cette mort ce qui la rendait parlante. L'État colonial voulut donc faire taire le mort. […] Il s'agissait, au total, d'effacer Um Nyobè de la mémoire des hommes en le renvoyant au chaos où il ne serait plus strictement personne».

En 1960, le Cameroun obtient son indépendance, moins de deux ans après la mort de celui qui l’avait rêvée le plus fort. Mais l’État postcolonial ne le célèbre pas pour autant. Comme le souligne un article du Monde Diplomatique de 1976, le premier président de la République du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, est placé aux commandes… par la France. Son régime se distancie de l’action de l’UPC. Alexis Nbembé raconte que lorsqu'il était enfant, «il y avait des noms qu’il ne fallait pas prononcer. Notamment celui de Ruben Um Nyobè».

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Lors de la marche du 15 septembre, Nbembé et les siens se voient vite empêcher de continuer leur chemin. La gendarmerie bloque la route, avec un véhicule. «Ça nous a beaucoup frustrés, souffle-t-il. On n’avait ni arme ni tract. C’est la seule évocation de Um Nyobè qui perturbe encore le pouvoir. Un an plus tôt, personne ne nous avait dérangés.» Or, cette marche se fait dans le contexte de l’élection présidentielle, lors de laquelle Paul Biya, descendant politique d’Ahidjo, brigue un septième mandat, lui qui est au pouvoir depuis 1982. «C’est dans leur calcul de répression habituel, achève Nbembé. Le projet de Um dérange essentiellement parce que les Camerounais ne bénéficient toujours pas du fruit de leur travail. Les entreprises de notre pays sont toujours gérées par l’étranger et une poignée de Camerounais. C’est eux qui en tirent profit. Pas le peuple.»

http://www.slate.fr/story/168656/france-reconnaitre-role-mort-ruben-um-nyobe-independance-cameroun-colonie-francaise


 

SAHARA OCCIDENTAL: FRONT COMMUN DE MONARCHIES DU GOLFE DERRIERE LE MAROC

Couleur nationale du Maroc

Sahara occidental: des monarchies du Golfe font front commun derrière le Maroc

© Sputnik . Natalia Seliverstova

INTERNATIONAL

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Avec une seule voix, l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar ont soutenu le Maroc dans son plan pour résoudre le conflit du Sahara occidental, tout en défendant, le 15 octobre à l’Onu, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

À quelques semaines du début d'un nouveau round de négociations directes, à Genève, avec le Front Polisario concernant le conflit du Sahara occidental, le Maroc a reçu le soutien des Émirats arabes unis, du Koweït, du Qatar et de Bahreïn après celui de l'Arabie saoudite, pour son plan d'autonomie dans le cadre du strict respect de sa souveraineté nationale, ressort-il des déclarations des représentants permanents de ces cinq pays du Golfe à l'Onu, lors de la réunion, le 15 octobre, de la 4e commission de l'Assemblée générale des Nations unies chargée des questions politiques et de la décolonisation.

 

Onu,Genève

© AFP 2018 FABRICE COFFRINI

Sahara occidental: Alger aura un statut bien particulier lors des négociations de Genève

Les quatre monarchies du Golfe ont eu la même appréciation dans la légalité, le sérieux et la crédibilité de l'approche marocaine pour résoudre le conflit du Sahara marocain, rejoignant ainsi la position saoudienne.

https://fr.sputniknews.com/international/201810181038547590-sahara-occidental-pays-golfe-maroc-negociations-geneve/


 

Dans son intervention, Abdullah ben Yahya Al-Moalimi, l'ambassadeur permanent du royaume saoudien, a affirmé que «le Maroc a contribué, avec sérieux et bonne foi, au processus mené sous les auspices exclusives des Nations unies pour parvenir à une solution durable au conflit autour du Sahara marocain». Évoquant le plan marocain pour la résolution du conflit au Sahara occidental, l'ambassadeur saoudien a souligné que Riyad considérait que «l'initiative marocaine d'autonomie est une solution consensuelle conforme à la légalité internationale, à la Charte des Nations unies et aux résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale, tout en répondant au droit à l'autodétermination».

Pour rappel, l'Algérie prendra part à la première série de négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc, prévues à Genève les 5 et 6 décembre, en tant que pays observateur, avait annoncé, le 16 octobre, Sabri Boukadoum, l'ambassadeur permanent de l'Algérie à l'Onu, lors de son intervention à la 4e commission de l'Assemblée générale des Nations unies.

https://fr.sputniknews.com/international/201810181038547590-sahara-occidental-pays-golfe-maroc-negociations-geneve/



 

DANS UN OUVRAGE POSTHUME, STEPHEN HAWKING SE CONFIE SUR SES CRAINTES

Stephen Hawking

Stephen Hawking se confie sur ses craintes dans un ouvrage posthume

© AFP 2018 Justin Tallis

SCI-TECH

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Le professeur Stephen Hawking, décédé il y a 7 mois, craignait qu'une nouvelle race de «surhommes» ne détruise le reste de l'humanité si l’ingénierie génétique devenait incontrôlable.

Stephen Hawking, décédé le 14 mars, a laissé de nombreux articles exposant ses préoccupations quant à l'avenir de la race humaine, relate le journal Metro.

 

Intelligence artificielle

© FOTOLIA / JIM

Et si la Chine devenait un jour un instituteur mondial pour l’intelligence artificielle?

Dans son dernier ouvrage intitulé «Brèves réponses aux grandes questions» publié ce mardi, le professeur Hawking partage ses craintes que les personnes riches ne commencent à modifier leur ADN et celui de leurs enfants afin de créer des «surhommes» qui seraient plus intelligents et vivraient plus longtemps.

 

«Une fois les surhommes verront le jour, il y aura des problèmes politiques importants avec des humains non améliorés qui seront incapables de rivaliser avec eux. Ceux-ci [les humains non améliorés, ndlr] vont probablement disparaître. Au lieu de cela, il y aura une race d'êtres auto-conçus qui s'amélioreront à un rythme toujours croissant», souligne-t-il.

 

Image d'illustration

CC0 / PIXABAY

Intelligence économique: «On a à combler beaucoup de lacunes»

Dans un extrait publié dans The Sunday Times, le professeur écrit: «Je suis convaincu que, au cours de ce siècle, les gens découvriront comment modifier à la fois l'intelligence et les instincts, tels que l'agressivité. (…) Des lois seront probablement adoptées pour poser des limites à l'ingénierie génétique. Mais certaines personnes ne pourront pas résister à la tentation d'améliorer les caractéristiques humaines, telles que la mémoire, la résistance aux maladies et la durée de la vie.»

 

Au lieu de faire un éloge des progrès de la médicine moderne, Hawking a cité les CRISPR (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats) pour donner du poids à son hypothèse, qui affirme que les scientifiques ont le droit de modifier ou de supprimer des gènes nocifs de l'ADN en cas de nécessité.

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201810141038498588-stephan-hawking-craintes-ouvrage-posthume/


 

TURQUIE "SOIS PAUVRE AU NOM DE LA PATRIE". QU'EST-CE QU'A ERDOGAN DANS LA TETE ?!

Turquie “Sois pauvre au nom de la Patrie”

 ActualitéChroniques de Mamie Eyan 17/10/2018  Mamie Eyan

Turquie

 

24,5% en septembre sur un an, c’est le chiffre officiel de la croissance de l’inflation en Turquie, même si la tomate, elle, a doublé de prix.

Je vous en parle tellement de la tomate, que vous allez croire que ne me nourris que de ça. Ben non, justement, avec ma retraite qui a perdu d’un quart elle aussi, je n’arrive plus à en acheter.
Erdoğan va être content, car même le prix des œufs a monté. Tomates et œufs pourris pour lui balancer, c’est devenu hors de prix !

Et je ne vous dis pas pour les transports, le gaz et l’électricité ! Va falloir sortir des doudounes pour l’hiver !

Pour une Turque, vivre à la Grecque, avec tout ce qu’on nous raconte sur eux, c’est le gag.

Je n’y comprends pas grand chose, mais il paraît que la banque centrale avait haussé les taux d’intérêts en août et que la Livre turque aurait remonté sur le Marché. Pas sur le mien, en tous cas.

Côté famille du Reis, Berat le gendre, qui tient les cordons de la Bourse de Turquie, a beau s’adresser aux entreprises pour le “sursaut national”, y a bien que les étiquettes qui bondissent. Il leur a demandé de produire à moins cher ou de prendre sur elles et baisser tout. Moi, je crois qu’elles vont surtout pour les petites, baisser le rideau et pour les autres, licencier…

En gros, c’est devenu “appauvrissez-vous pour la Nation“, “contre le complot étranger“.

Et quand je lis qu’en même temps la Turquie rayonnerait sur le monde, parce qu’elle a des avions, des ponts, des routes, des barrages, des aéroports, des militaires, des centrales nucléaires bientôt, des islamistes, des prisons, des consulats d’Arabie Saoudite, des torchons à nouvelles, des journalistes en prison, des copains russes, un génocide dans le tiroir… je repense à la phrase de “la fierté d’être turc”, avec laquelle se consoleront bientôt les chômeurEs.

Vous aviez un comique en France qui disait je crois “Heuee la criiiise hé” et qui se marrait bien. Et il me semble que dans une autre histoire il disait aussi “Et vous trouvez ça drôle ?“. On est dedans, et le peuple patauge toujours dans le cerveau d’Erdoğan.

Et bien sûr, il y a encore des élections pour le mois de mars. Il y aura encore distribution de charbon dans les foyers AKP et gaz pour les autres bigots de la bande, pendant que nos députés et nos journalistes se les caillent en prison. Qui va devenir Maire d’Istanbul ? Le chef de bande va-t-il cumuler avec le poste de Président ? Faudrait encore changer la constitution…

Et la dernière alors, elle est bonne. Vous avez peut être entendu parler de la nouvelle boucherie qui s’est ouverte au Consulat d’Arabie Saoudite ? Non ? Paraît qu’il y a un paquet de chats qui rôdent dans le coin, à cause de la chair fraîche.

Je sais, je sais, pas très politique tout ça. Je rouspète, j’injurie le chef gratuitement, mais pour une fois que je ne paie pas, j’ai le droit non ?


Illustrations : Offertes chaleureusement par l’artiste Şilan. silan-art.blogspot.com

http://www.kedistan.net/2018/10/17/turquie-sois-pauvre-au-nom-de-la-patrie/

 

SELON UN INDICE MONDIAL, LA FAIM SE TROUVE A DES NIVEAUX PREOCCUPANTS DANS UNE SOIXANTAINE DE PAYS

La faim à des niveaux préoccupants dans une soixantaine de pays

 Depuis 3 jours  14 octobre 2018

faim

 Asie et Afrique

 

La faim se trouve encore à des niveaux préoccupants dans une soixantaine de pays, selon un Indice mondial réalisé par les ONG irlandaise Concern Worldwide et allemande Welthungerhilfe.
Elle est à un niveau grave ou alarmant dans 51 pays (comme le Tchad, le Yémen, Madagascar, la Zambie ou le Sierra Leone) et extrêmement alarmant en République centrafricaine, selon ce rapport présenté cette semaine à Milan par l’organisation humanitaire italienne Cesvi.

Les ONG se disent par ailleurs très préoccupées par la situation de sept pays (Somalie, Burundi, Syrie…) où elles n’ont pu recueillir que des données partielles.

Au total, 124 millions de personnes souffrent de faim aiguë dans le monde, tandis que 151 millions d’enfants sont affectés par un arrêt de leur croissance et 51 millions de dépérissement.

Malgré ces données préoccupantes, une amélioration a eu lieu : entre 2000 et 2018, l’Indice mondial de la faim, réalisé cette année sur 119 pays, a reculé de 29,2 à 20,9.

Des avancées ont notamment été constatées en Angola, Ethiopie, Rwanda, au Sri Lanka ou au Bangladesh.

Mais sur les 79 pays présents dans le classement et qui présentent un niveau de la faim modéré, grave, alarmant et extrêmement alarmant, seuls 29 atteindront l’objectif Zéro faim en 2030.
La situation est préoccupante en Asie méridionale (indice à 30,5) et en Afrique subsaharienne (29,4), où les niveaux de dénutrition de la population et de mortalité infantile sont « inacceptables », selon Cesvi.

En République centrafricaine, le taux de dénutrition s’élève ainsi à 61,8%, en Somalie à 50,6% et au Zimbabwe de 46,6%.
En Somalie, le taux de mortalité infantile avant cinq ans atteint 13,3%, au Tchad 12,7% et en République centrafricaine 12,4%.
« L’action conjuguée de la communauté internationale, des gouvernements et de la société civile est nécessaire pour affronter la crise alimentaire dans les régions du monde où la situation est encore alarmante. Mais répondre à l’urgence ne suffit pas : il faut augmenter les investissements et promouvoir les programmes de développement à long terme », a souligné la directrice générale de Cesvi, Daniela Bernacchi, au cours d’une conférence.
« La faim est à la fois la cause et la conséquence des migrations forcées », a noté pour sa part Valeria Emmi, coordinatrice au Cesvi.
D’après elle, il faut « affronter la faim et les déplacements comme des problèmes politiques ». « Les désastres naturels – sécheresse, inondations…- amènent à la faim et aux déplacements seulement quand les gouvernements ne sont pas préparés ou disposés à agir, par manque de capacité ou négligence délibérée », a-t-elle souligné.

Sur les 68,5 millions de personnes ayant dû abandonner leur maison dans le monde, 40 millions sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

L’approche doit être « holistique et à long terme », car « la durée moyenne de déplacement est de 26 ans », a souligné Mme Emmi.

 

Source: AFP

https://french.almanar.com.lb/1080730



 

CHEMS EDDINE CHITOUR: EMBALLEMENT DU CLIMAT: LA TERRE SERA-T-ELLE TOUJOURS VIVABLE ?

Emballement du climat : La Terre sera-t-elle toujours vivable ?

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 16 octobre 2018

Thème: 

«Le climat est un bien commun, de tous et pour tous. » Pape François / Encyclique Laudato si’ 

Le rapport du GIEC (Organisme des Nations Unies qui s’occupe de l’étude du climat) du 8 octobre est alarmant. il dit que : dépassé 1,5 °C d’augmentation de températures les perturbations climatiques seraient incontrôlables Disparition progressive de la faune et la flore , ouragan, tempête canicule , stress hydrique, famine maladie Un réchauffement à deux degrés pourrait détruire des écosystèmes sur environ 13% des terres du monde D’où la nécessité de sortir des hydrocarbures qui dégagent du gaz carbonique responsable en grande partie de l’effet de serre sur la Terre ( effet de cocotte minute) ce qui fait que la température augmente. Les « contributions déterminées au niveau national » de la COP21 nous mettent pour l’instant sur une trajectoire de 3 °. Or ces contributions ne sont même pas respectées. En 2017, les émissions au niveau mondial sont ainsi reparties à la hausse, et la tendance pour 2018 devrait être la même. Et l’Europe n’est pas meilleure élève que les États-Unis, par exemple.

La faute est naturellement en priorité aux Pays développés qui ont pollué pendant un siècle en envoyant dans l’atmosphère des milliards de tonnes de CO2 ( gaz carbonique) qui font que la température augmentent Les énergies renouvelables devraient passer de 20 à 70% de la production électrique au milieu du siècle. L’industrie devra réduire ses émissions de CO2 de 75-90% d’ici 2050 par rapport à 2010 , les transports passer aux énergies bas carbone (35-65% en 2050 contre moins de 5% en 2020).

La Terre proche du «point de rupture», alertent des scientifiques 

Même si l’humanité réduit les émissions de gaz à effet de serre la planète elle-même pourrait perturber les efforts des hommes et basculer dans un état durable d’étuve, selon une étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Les émissions de gaz à effet de serre ont déjà provoqué une hausse de 1°C de la température moyenne de la Terre, augmentant les probabilités et l’intensité des canicules, des sécheresses ou des tempêtes. Dans son dernier rapport, le (Giec) prévient que la production d’électricité issue des énergies fossiles doit cesser d’ici à 2050 si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. les experts du Giec assurent qu’il faut «des changements sans précédent dans tous les aspects de la société» afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ». (1)

Le rapport met aussi en évidence un certain nombre d’impacts du changement climatique qui pourraient être évités en limitant la progression du réchauffement. Dans leur rapport, les scientifiques expliquent qu’»au rythme actuel, nous allons atteindre les 1,5°C de réchauffement entre 2030 et 2052″, faute de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. Il faut réduire les émissions de 45% d’ici 2030 «Cela demande des changements sans précédent», assurent les climatologues. Il faut enlever du CO2 de l’atmosphère : planter des forêts, absorber la pollution. Les deux prochaines années sont les plus importantes de notre histoire, Il faut amorcer dès maintenant »des changements sans précédent dans tous les aspects de la société» » (1)

Que va-t-il se passer si on ne fait rien ? 

Si le réchauffement atteint +1,5°C, il aura des impacts irréversibles. Si le réchauffement atteint +1,5%, il y aura des impacts irréversibles sur certaines espèces animales ou végétales, comme les coraux, la toundra et la forêt boréale. De plus, parvenir à circonscrire la hausse des températures à 1,5°C limiterait l’acidification de l’océan qui menace la survie d’espèces, poissons, algues, La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5°C qu’à +2, « Le rapport, décrit aussi des risques accrus pour les ressources en eau, la sécurité alimentaire ou la santé. Pour rester à 1,5°C il faut baisser drastiquement les émissions de CO2 bien avant 2030 pour ensuite arriver, vers 2050, à une »neutralité carbone» : Les énergies renouvelables devraient ainsi passer de 20 à 70% de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon devrait être presque nulle, la demande d’énergie devrait baisser, l’efficacité énergétique croître » (1).

Le scénario qui effraie les climatologues 

Hervé Kempf fondateur du site « Reporterre » signale l’inquiétude des climatologues notamment une étude faite : Nous lisons : « Une question qui préoccupe vivement les climatologues du monde entier : la possibilité que le réchauffement dépasse un seuil à partir duquel se produiraient des effets irréversibles et s’amplifiant sans limitation possible. Ce scénario a été décrit clairement dans un article paru en août 2018 dans la revue de l’Académie américaine des sciences, la PNAS, sous la signature de Will Steffen, Johan Rockström et d’autres chercheurs. Cette équipe mène depuis des années un travail de fond sur les limites biosphériques que franchit l’humanité. Dans l’étude publiée cet été, Steffen et son équipe étudient l’évolution possible du climat — et de l’humanité — à partir du concept de rétroaction positive (ou feedback) : ce concept décrit le fait qu’un phénomène, une fois amorcé, peut s’amplifier de façon autonome parce qu’il enclenche un mécanisme qui l’auto-entretient. Les chercheurs estiment de même qu’un certain niveau de réchauffement enclencherait de telles rétroactions, empêchant la température moyenne de se stabiliser » (2)

« Or, cette approche se différencie de la majorité des modèles climatiques qui « supposent une relation quasi-linéaire entre les émissions de CO2 et l’augmentation de la température »,. Dire d’une relation qu’elle est linéaire signifie qu’un effet évolue de manière proportionnelle à l’évolution de ce qui le produit : ici, la température par rapport au volume émis de CO2. Mais, assurent Steffen et ses collègues, « il y a aujourd’hui un risque significatif que les puissants effets non-linéaires des processus de rétroaction deviennent un facteur important, voire le principal, de la trajectoire du système Terre dans les siècles prochains ». Autrement dit, que la machine climatique s’emballe et se réchauffe plus fortement que ne pourraient l’induire les seules émissions de CO2, nous conduisant vers une Hothouse Earth, une Terre-serre très chaude et peu vivable : « Le réchauffement pourrait activer des éléments déclencheurs, qui augmenteraient eux-mêmes la température dans un effet domino conduisant la Terre vers des températures toujours plus élevées. » À quel niveau ce processus d’auto-amplification entrerait-il en action ? Autour de 2 °C de réchauffement, ils se référent aux effets déjà observés sur plusieurs de ces « points de déclenchement » (tipping points) et produits par l’élévation de 1 °C ».(2)

Quels pourraient être ces éléments déclencheurs, amorcés par le réchauffement ? Les chercheurs en citent particulièrement cinq : le dégel du pergélisol, l’affaiblissement de la capacité des océans et des sols à absorber le CO2, l’augmentation de la respiration bactérienne océanique (générant plus de CO2), la disparition de la forêt amazonienne et celle de la forêt boréale. Les éléments pourraient interagir. (…) On est entré dans une zone jamais vue jusque-là de réchauffement, et que les auteurs caractérisent comme la nouvelle ère de l’anthropogène. L’humanité est maintenant devant deux chemins possibles, expliquent Steffen et son équipe : soit elle poursuit ses émissions, et le climat risque fort d’entrer en s’emballant dans la zone très chaude (rouge) qui sera sans retour ; soit elle agit pour rentabiliser le climat de la Terre à un niveau supportable pour les sociétés humaines – mais qui resterait cependant plus chaud qu’à aucun moment depuis 800.000 ans. Ce choix implique de réduire drastiquement les émissions, de protéger et de restaurer les milieux naturels capables d’absorber le CO2, d’améliorer la balance énergétique de la planète. Pour ce faire, il faut une transition radicale, axant les efforts sur la recherche de la résilience, à l’opposé des « théories, outils et croyances dans les petits changements ». Rien de tout ce que disent Steffen et son équipe n’est contradictoire avec les analyses du Giec. (2).

Une autre explication qui absout l’homme et son gaspillage 

Dans cet unanimisme nous devons signaler une étude à contrario qui critique la méthode Il semble que Le GIEC rédige ses rapports à partir de données bâclées inexploitables en clair les résultats sont discutables comme l’affirme une contribution du chercheur australien John Mc Lean (3)

Quelques soient la théorie , c’est un fait la Terre se réchauffe  et il faut développer une stratégie de lutte pour amoindrir les effets dévastateurs des changements climatiques  La théorie suivante ne nie pas le réchauffement climatique mais minimise la responsabilité anthropique

Dans le même ordre nous rapportons l’avis de Werner Munter spécialiste reconnu des avalanches. « Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il nous l’explique. : « l’homme dit il n’a rien à voir avec le réchauffement.   Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même.  Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons. La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels.  Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril » (4).

« La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Le dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique.   Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple : la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne » (4).

Je n’ai pas de réponse  conclut le spécialiste des avalanches car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre! » (4)

Que faut-il faire dans le cas où les craintes du GIEC seraient justifiées ? 

Pour Gregory Rozieres « Un défi gigantesque et mondial, mais qui aurait des effets très clairs, rappelle le Giec. Dans le résumé du rapport, on trouve en effet beaucoup d’éléments permettant de comprendre ce que l’on pourrait sauver avec un monde à 1,5°C (pas tout, malheureusement). Et ce que l’on perdrait avec un monde à 2°C (sans même parler de la trajectoire actuelle, encore plus catastrophique). Voici quelques exemples concrets. Des canicules récurrentes, le nombre de jours très chauds augmentera dans la plupart des régions, notamment dans les tropiques. Les risques de sécheresses, mais aussi de précipitations extrêmes dans l’hémisphère nord et de l’apparition de cyclones augmenteront également. « Maintenir le réchauffement à 1,5°C permettrait de réduire de 50% le nombre de personnes exposées à des pénuries d’eau, même si ce chiffre est très variable en fonction des régions. Les chercheurs ont utilisé de nombreuses études qui ont analysé un peu plus de 100.000 espèces. L’augmentation des températures et l’acidité des océans qui en découlent posent aussi des risques pour les poissons. Et donc, pour la pêche et l’alimentation mondiale. De manière générale, la baisse de production agricole sera plus marquée dans le cadre d’un réchauffement climatique de 2°C » (5).

Le marché peut-il sauver le climat? Oui, selon les lauréats 2018 du «Prix Nobel d’économie» 

Allier innovation, climat et économie pour plus de croissance verte : le 50e prix Nobel d’économie a été attribué aux Américains William Nordhaus pour ses travaux en économie de l’environnement et des choix publics, et Paul Romer spécialiste des cycles économiques face aux dérèglements climatiques qui ont modélisé les vertus et nuisances de l’activité économique sur le climat. Les co-lauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la population de la planète », a indiqué l’Académie des sciences.» (6).

La vision des deux lauréats, Nordhaus et Romer, tranche singulièrement avec les conclusions du Giec sur le réchauffement planétaire. Les membres de l’Académie royale de Suède ont voulu récompenser des spécialistes de l’économie de l’environnement, face à la problématique du dérèglement climatique, afin de souligner l’urgence de la situation, Au cours de leurs carrières respectives, les deux économistes américains n’ont eu de cesse de pointer l’aspect adaptatif de l’économie de marché et sa possibilité de se réinventer face aux nouveaux aléas mondiaux » (7).

Une vision libérale de la solution aux changements climatiques

D’après les deux lauréats, c’est à travers la maximisation des intérêts particuliers, les choix rationnels des individus, la capacité d’adaptation continue et la force des connaissances et du progrès technique que la société sera capable de faire face à la crise environnementale. Autrement dit: il ne faut pas perdre espoir, malgré l’urgence. (…) Ici, la doctrine de Nordhaus et Romer est facile à comprendre: les ressources naturelles ne sont pas disponibles en quantité illimitée, contrairement à ce que pouvaient admettre les économistes du siècle dernier. Il y a une déperdition continue, due à la fois à la quête effrénée de croissance et aux intérêts particuliers contraires à l’intérêt général, notamment politiques, lors des échéances électorales. Il conviendrait alors de marquer une valeur monétaire aux biens naturels et de rationnaliser les comportements afin d’éviter les déséquilibres.  Si les ressources venaient à disparaître, les prix exploseraient et les agents optimisateurs chercheraient un substitut à un prix plus faible, à s’adapter et à modifier leur capacité de production et leur consommation, notamment via le progrès technique. Pour Romer, tout partirait de la connaissance. Avec la recherche, la circulation de l’information et les innovations, la société capitaliste sera capable de subsister plus de «cinq milliards d’années». (7)

« Les deux économistes américains militent pour une mondialisation des consciences, .(…) L’Académie royale des sciences de Suède célèbre donc une vision particulière de l’économie, celle du libéralisme et de la force des marchés. (……) Un choix qui peut surprendre au moment où un nombre important de scientifiques et d’équipes de recherche, notamment du GIEC, ont mis en lumière la destruction orchestrée par l’économie de marché, par la mondialisation et le laisser-faire. Le péril climatique ne serait pas historique, évolutionniste, lié à l’action humaine depuis des milliers d’années, mais se trouverait être le résultat du capitalisme moderne, qui règne en maître depuis le XVIIIe siècle et la révolution industrielle. Selon cette vision, nous ne serions pas à l’ère de l’anthropogène, vision qui admet le changement climatique par la présence seule de l’humain, mais à l’ère du «capitalocène», l’ère du système capitaliste incapable de contenir sa course au profit ». (7)

A l’autre bout du curseur, justement le capitalisme est mis en accusation 

Faut-il sauver le capitalisme en lui donnant un sursis notamment en mettant en œuvre la géo-ingénierie ? ou faut il prêter attention à une autre théorie qui affirme que nous sommes mal barrés, capitalisme ou pas, l’homme depuis son avènement est un destructeur de la nature . La contribution suivante s’inscrit en faux avec des arguments qui font appel à la sobriété heureuse dont parle si bien Pierre Rabhi l’agro géologue natif de Béchar, qui fait appel à la fameuse kanna’a ‘ (le contentement) ne prendre de la nature que ce dont nous avons besoin Ana Minski et Nicolas Casaux témoignent de cela : « L’homme serait-il un destructeur invétéré, ne laissant à la Terre qu’une perspective d’anéantissement ? Les auteurs de cette tribune contestent cette vision fataliste et réductrice, qui ignore la diversité des sociétés humaines et qui légitime « l’idéologie capitaliste dominante De l’astrophysicien Aurélien Barrau à Vincent Mignerot l’idée selon laquelle l’être humain a toujours été un destructeur ne cesse de gagner en popularité. S’ils n’en tirent pas exactement les mêmes conclusions, il n’en reste pas moins que ce que cela suggère est problématique pour de multiples raisons. » (8)

« L’association Adrastiaaffirme, dans son manifeste, que « la protection de l’environnement » est « incompatible avec l’existence humaine ». Vincent Mignerot, son fondateur, écrit que : « Nous participons à un processus destructeur, mais ça n’est pas de notre faute et, contrairement à ce que nous croyons parfois, nous n’y pouvons rien. toute tentative de protection active de l’environnement est vaine », « toute pensée, même une pensée optimiste sur l’avenir, ne peut que participer à la destruction de l’équilibre écologique vital et à la disparition de l’humain à terme ». Il affirme également que l’être humain nuit au monde vivant depuis au moins 800.000 ans (…) Malgré ses avertissements, nous choisissons de penser.  Et nous constatons que ce qu’il affirme est absurde et faux. Une telle affirmation révèle un refus de la vie terrestre : la mort est nécessaire à la vie, qui est une circulation de « forces vitales ». Façonner des outils de pierre pour chasser et se vêtir n’est pas destructeur. En revanche, ce qui est destructeur, c’est d’extraire des quantités monstrueuses de pétrole pour se déplacer toujours plus et plus vite ». Affirmer que l’espèce humaine a toujours été destructrice, c’est nier la complexité des relations qui existent entre les différentes espèces et leur milieu. C’est nier la diversité des cultures qui ont jalonné la préhistoire et l’histoire de l’humanité. (……) Il est facile de définir une seule nature humaine, qui serait destructrice, lorsqu’on ignore la pluralité des cultures et sociétés ». (8)

« Cette projection de la destructivité dont fait montre la civilisation industrielle sur toutes les cultures et tous les peuples qui composent et qui ont de tout temps composé l’humanité n’est qu’une autre manière de rationaliser et de naturaliser l’idéologie capitaliste dominante. Elle s’inscrit dans la même veine que l’affirmation de certains selon laquelle la compétition est l’unique moteur de l’évolution. L’idéologie capitaliste ainsi projetée sur le monde naturel, le capitalisme hérite d’une justification naturelle. (…) Le mouvement écologiste ne doit pas se laisser envahir par cette idéologie fataliste (…) 50.000 ans après le premier peuplement humain de Bornéo, l’île était encore recouverte d’une forêt luxuriante. La destruction de la forêt de Bornéo a véritablement commencé au XXe siècle, avec l’exploitation induite par la civilisation industrielle ». (8)

Qu’en est-il de l’Algérie  et de la lutte contre les changements climatiques? 

Les changements climatiques sont une réalité en Algérie ; L’Algérie envoie dans l’atmosphère 140 millions de tonnes de CO2 et pollue pour 4 tonnes/hab/an  La gaspillage est avéré dans toutes utilisés  eau carburants, tertiaire,  électricité Il serait malhonnête de nier les actions entreprises par les départements ministériels. Mais force est de constater que c’est toujours sous la dictature de l’urgence que l’on s’agite. Il y a des inondations ? On s’aperçoit après les dégâts matériels et psychologiques que les personnes responsables n’ont pas fait leur travail en temps voulu ! Les changements climatiques en Algérie c’est la désertification l’avancée du désert nous perdons des milliers d’hectares, ce sont les incendies ce sont les inondations catastrophiques une étude a montré que l’Algérie aurait perdu près de 200 millions de dollars (dégâts) Nous devons chacun en ce qui nous concerne participer par des actions éco-citoyennes à atténuer les effets des changements climatiques ;

L’Algérie en gaspillant de l’énergie pollue  et consomme 60 millions de tonnes de pétrole Seule une stratégie d’ensemble permettra à l’Algérie d’avoir un modèle énergétique vertueux qui fait la chasse au gaspillage, valorise les déchets par une politique du bien commun où les APC mettraient en place le tri sélectif, et taxerait les décharges sauvages et récupéraient les produits valorisables des décharges

Entamer la transition énergétique en allant vers l’électricité verte 

Il n’y a pas de mon point de vue une stratégie d’ensemble avec une cohérence sur le moyen terme ( 2030 c’est demain ! ) . Nous ne serons pas prêts du fait que nous vivons au quotidien. On démarre l’initiative d’aller graduellement vers la vérité des prix des carburants. Les premiers résultats ont montré l’engouement pour la conversion au sirghaz La loi des finances 2019 contre toute logique est une régression. Non seulement les prix sont maintenus mais le Diesel banni dans tous les pays européens sa disparition est programmée au même titre que l’essence dans moins de 15 ans – Aux Etats Unis le Diesel est à 5% max) . Le Diesel est un danger pour la santé des citoyens et pourtant rien n’est fait pour le ramener au moins au même prix que l’essence

Il y a donc nécessité aussi de sortir du tout hydrocarbure- générateur de pollution- en allant d’abord vers les hydrocarbures qui dégagent moins de CO2 le sirghaz et le GNC ( gaz naturel carburant) il y a donc une nouvelle politique de transport à inventer en favorisant ces «carburants» verts- par une politique des couts des carburants mais en allant aussi vers la mobilité électrique ( le diesel tend à être interdit partout en Europe et en Inde même avec des normes beaucoup plus drastiques qu’en Algérie) La mobilité électrique est un train à prendre. Les carburants fossiles vont disparaitre à partir de 2030 Il faut être prêt à cette échéance car il n’y aura plus de voitures thermiques

Nous devons favoriser les énergies vertes et l’électricité solaire. A titre d’exemple General Motors lance en Chine un modèle à bas prix (5300 dollars, soit environ 4500 euros) La Chine est devenue la première puissance technologique dans le solaire et la locomotion électrique Ce qui nous reste d’énergie fossiles nous devons le laisser aux générations futures. Le plan solaire peut être financé en partie par les carburants non utilisés mais aussi le gaz naturel non utilisé.

Il faut donner une seconde vie aux choses .pour lutter contre le gaspillage Le Plan 3 R : Réduire Réutiliser Recycler, représente les fondements de la gérance vertueuse d l’environnement Il faut pour cela accompagner cela par la pédagogie d’abord en formant les gestionnaires au niveau des APC mais plus largement en imposant une culture de la sobriété à l’école à l’Ecole (l’éco-citoyen doit graduellement l’ego-citoyen au lycée avec le Bac durable.

Ce qui doit être enseigné dans les écoles les lycées en priorité  est comment lutter contre le gaspillage qui est un sport national comment aller vers la sobriété  Nos élites ne rendent pas service aux jeunes qui seront là en 2030 la Transition énergétique vers le développement Durable est une nécessité. La société civile bouge mais elle n’a pas les moyens pour les actions de grandes ampleurs de celles qui laissent des traces.

Conclusion 

En définitive ce sont les pays du Sud qui vont être le plus impactés par les convulsions climatiques. Nous le voyons avec les inondations diluviennes au Bangladesh à l’épée de Damoclès de disparition au dessus des pays insulaires Le Nord pollue le Sud paye. Quelque 2.400 Mds de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5% du PIB mondial. Un coût qu’il faut mettre en regard avec le coût, bien plus élevé, de l’inaction.

Chaque geste aussi simple soit il compte. Nous devons prendre exemple sur le colibri , en effet si on croit un conte amérindien « Lors d’un immense feu de forêt un colibri, un tout petit oiseau, faisait des allers-retours à la source d’eau pour éteindre l’incendie. Tous les autres animaux de la forêt, atterrés, la regardaient brûler Un tatou agacé par ces aller et retour l’interpelle : « Tu perds ton temps, ce n’est pas avec ces quelques gouttes que tu vas arrêter le feu ! ». Le colibri toujours affairé répond : « Oui , Je le sais, mais je fais ma part ». Nous sommes avertis. C’est d’ailleurs le sens de mon intervention sur le climat et que ce que devrait faire l’Algérie, à l’émission « l’invité de la rédaction de la chaine 3 ce mardi 9 avril. (9)

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes 

1.Anne-Laure Barral https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/cop21/rechauffement-climatique-il-faut-une-action-rapide-et-de-grande-portee-alertent-les-experts-du-giec_2975715.html

2.https://reporterre.net/Le-scenario-qui-effraie-les-climatologues

3.www.breitbart.com/big-government/2018/10/07/damning-audit-climate-change-scare-based-on-unreliable-data/

 4.https://lesavoirperdudesanciens.com/2018/10/cest-de-larrogance-de-croire-quen-150%e2%80%89ans-dindustrialisation-nous-avons-change-le-climat/

5.https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/07/ce-quun-rechauffement-climatique-a-1-50c-pourrait-sauver-selon-le-rapport-giec_a_23553567

6.https://www.afp.com/fr/infos/334/le-prix-nobel-deconomie-deux-americains-precurseurs-de-la-croissance-verte-doc-19p1b93

7.Pierre Rondeau 8 octobre 2018   http://www.slate.fr/story/168287/prix-nobel-economie-marche-rechauffement-climatique-giec

 8.Ana Minski et Nicolas Casaux     https://reporterre.net/Non-l-humanite-n-a-pas-toujours-detruit-l-environnement

9.Chems Eddine Chitour video du 9 octobre  “ L’invité de la redaction  chaine 3 https://youtu.be/Xii2wAEVIgo

 

Article de référence : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5267515

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018

https://www.mondialisation.ca/emballement-du-climat-la-terre-sera-t-elle-toujours-vivable/5628366


 

LA COREE DU NORD DENONCE LES INTENTIONS "MALEFIQUES" DES USA

Sanctions: Pyongyang dénonce les intentions « maléfiques » de Washington

 Depuis 15 heures  16 octobre 2018

sommet-corees

 Asie et Afrique - Deux Corées

 

Les médias officiels nord-coréens ont attaqué mardi les Etats-Unis pour leur volonté « maléfique » de maintenir les sanctions contre Pyongyang, accusant le président Donald Trump d’empêcher les relations intercoréennes de progresser.

Ces commentaires menacent de troubler les négociations entre Washington et la Corée du Nord, en particulier sur la tenue d’un second sommet entre  M. Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Lors de leur premier sommet en juin à Singapour, M. Kim avait réitéré un engagement nord-coréen vague en faveur de la dénucléarisation de la péninsule.

Mais les Etats-Unis militent pour le maintien des sanctions tant que le Nord n’aura pas procédé à sa « dénucléarisation finale et entièrement vérifiée ».

Washington « joue un double jeu », peut-on lire dans un éditorial de près de 1.700 mots publié par l’agence KCNA, et menace de « détruire » l’occasion diplomatique entre les deux pays. « Les Etats-Unis (…) répondent à la bonne foi par le mal ».

L’article est publié quelques jours après une nouvelle visite à Pyongyang du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo qui a expliqué avoir eu des entretiens « productifs » sur la dénucléarisation avec le leader nord-coréen.

Lors d’une précédente visite en Corée du Nord, en juillet, M. Pompeo avait déjà fait état de « progrès ».

Ce qui n’avait pas empêché Pyongyang de condamner quelques heures après son départ les « méthodes de gangster » des Américains accusés d’exiger son désarmement unilatéral sans faire de concession.

Cette déclaration avait jeté des doutes sur les perspectives de progrès mais la dénonciation publiée mardi va plus loin, en critiquant implicitement M. Trump, qui est connu pour accorder un grand poids aux relations personnelles.

Sans nommer le président américain, l’éditorial fait référence à ses commentaires récents selon lesquels Séoul ne lèverait pas ses propres sanctions contre le Nord sans l’aval de Washington.

« Même la Maison Blanche a prononcé des mots menaçants », ce qui « met en rage non seulement les Sud-Coréens mais aussi tous les autres Coréens », dit KCNA.

Le président sud-coréen Moon Jae-in, qui a rencontré le Nord-Coréen à trois reprises cette année, est le principal architecte de la spectaculaire détente

en cours. Il a promis de continuer à appliquer les sanctions de l’ONU mais est convenu avec le Nord d’un certain nombre de projets économiques conjoints.

Source: AFP

https://french.almanar.com.lb/1083931