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LA TUNISIE BARRE LA ROUTE A "ISRAËL"

La Tunisie barre la route à Israël

 Depuis 11 heures  18 août 2018

zim

 Maghreb - Monde arabe - Tunisie

 

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et les militants du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) ont contraint jeudi un navire israélien appartenant à l’entreprise Zim Integrated Shipping Services à changer de cap alors qu’il tentait d’accoster au port de Radès en Tunisie sur sa route vers l’Espagne.

Le navire a été refoulé à l’entrée du port après que des militants anti-israéliens eurent menacé de bloquer le port, et les travailleurs portuaires ont déclaré, selon l’agence de presse WAFA, qu’ils détruiraient la cargaison du navire s’il accostait. Dans ces conditions, l’équipage a décidé d’aller directement en Espagne.

L’UGTT avait appelé, sur sa page Facebook, les travailleurs portuaires et toutes les personnes concernées à empêcher le navire israélien d’entrer dans les eaux territoriales de la Tunisie.

Un porte-parole de la société de conteneurs israélienne Zim a cependant déclaré au Jerusalem Post que le navire n’appartenait pas à la société, n’était pas loué par la société et ne contenait aucune cargaison appartenant à la société.

Le 1er août, le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami al-Tahiri, a déclaré à la radio locale que le syndicat avait reçu des informations selon lesquelles un navire « appartenant à une compagnie israélienne » devait arriver dans le port tunisien de Radès sous un drapeau turc. Il a demandé au gouvernement de vérifier si le navire était lié à Israël.

TACBI, la Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël, a déclaré qu’il serait « extrêmement scandaleux de laisser ce bateau accoster à Radès, d’autant plus que dimanche dernier, la marine israélienne a intercepté la Flottille de la liberté dans les eaux internationales ».

Deux jours plus tard, les syndicats palestiniens ont annoncé à leurs homologues tunisiens qu’ils avaient reçu des informations selon lesquelles la société turque de transport de conteneurs Arkas aurait été payée par la société de conteneurs israélienne Zim et que le navire était attendu le lendemain dans un port de Tunisie.

« Nous appelons au nom des principaux syndicats palestiniens à agir de toute urgence pour empêcher le navire mentionné d’entrer dans le port ou de décharger sa cargaison », ont déclaré les syndicats palestiniens. Ils ont ajouté que des pressions étaient nécessaires pour empêcher les transactions directes ou indirectes entre Israël et la Tunisie.

Le site internet de TACBI indique que le navire, baptisé Cornelius A, appartenait à la société turque Arkas, « avec laquelle Zim a conclu un accord de partage de navires » et n’a pas accosté le 5 août, mais a poursuivi sa route.

TACBI a déclaré que le navire s’était amarré là-bas en juillet et « aurait fait des arrêts réguliers pendant plusieurs mois ». Mais la campagne de boycott mobilisée début août avec le soutien du syndicat local UGTT « bloquera toute compagnie israélienne essayant d’entrer sur le sol tunisien. »

TACBI a publié une capture d’écran du site internet de Zim qui, selon eux, montrait que le porte-conteneurs de Zim au Texas assurait une liaison régulière entre Haïfa et Valence et que le Cornelius A se rendait de Valence à Radès. La capture d’écran elle-même ne montre aucun lien direct entre Israël et Radès, ou le Cornelius A.

En Tunisie et dans les autres cercles BDS, la « victoire » a été déclarée le 7 août quand ils ont annoncé que le navire n’accosterait pas à Radès.

Les Palestiniens ont également célébré en postant sur Facebook des images d’une femme brandissant une pancarte sur laquelle était inscrit : « Zim dégage ».

En 2014, la Tunisie a même interdit à des Israéliens de descendre d’un navire de croisière norvégien. Cela semble être l’un des premiers cas où un navire battant pavillon étranger et appartenant à une société étrangère a été empêché d’entrer dans un port en raison d’allégations selon lesquelles il aurait des accords ou des relations commerciales avec Israël.

Cet incident fait suite au refus de la Tunisie d’accueillir Israël dans le championnat international d’échecs.

Les mesures menées par les syndicats à Radès montrent que toute tentative gouvernementale de normaliser les relations avec l’entité israélienne est diamétralement opposée à la volonté du peuple tunisien.

https://french.almanar.com.lb/1010275



 

ANDRE VLTCHEK : EN JORDANIE REGNENT LA COLERE ET LA CONFUSION

En Jordanie règnent la colère et la confusion

Par André Vltchek 
Arrêt sur info — 17 août 2018

 

Andre Vltchek

Publié le 12 août 2018 sous le titre Jordan Staunch Western Ally – Angry and Confused

Traduction : Dominique Muselet

 

Où en est exactement la Jordanie maintenant ? Est-elle avec l’Occident ou avec le monde arabe ? Dans quelle mesure est-elle vraiment indépendante, et que va-t-elle devenir?

Récemment, au centre de la capitale – Amman – plusieurs tours d’hôtel 5 étoiles se dressent vers le ciel, y compris le « W » et Rotana. Des femmes du Golfe, arborant des vêtements à la dernière mode, des talons hauts et un maquillage évocateur, sirotent des cappuccinos dans les cafés de la nouvelle zone piétonne chic appelée The Boulevard. On peut voir des Saoudiens descendre des pintes de bière et des carafes de vin. C’est une scène qui n’est pas sans rappeler celle que l’on observe couramment au Bahreïn. Le Golfe vient maintenant à Amman pour échapper à une réglementation stricte, pour jouer, pour pouvoir faire ce qu’il veut et profiter de la vie. Certaines personnes viennent ici pour des traitements médicaux et séjournent dans des cliniques hors de prix qui ressemblent davantage à des hôtels 4 étoiles qu’à des établissements médicaux.

Mais tout tourne surtout, ici, à Amman, autour de la mode, de la nourriture et des boissons, de se faire voir et d’être vu – il n’y a pas une seule librairie décente dans tout le quartier (il n’y a qu’un petit kiosque à l’entrée du centre commercial Abdali), pas non plus de cinéma d’art et d’essai, ni de salle de concert. Contrairement aux résidents et visiteurs de Beyrouth, attirés par sa vibrante scène artistique internationale et sa soif de connaissances, ceux d’Amman sont obsédés par le consumérisme. En regardant The Boulevard les yeux mi-clos, on pourrait se croire dans une ville du Texas ou de Géorgie.

***

A quelques kilomètres de là, à l’hôpital Al-Basheer (le plus grand centre médical public du pays), les médecins sont en grève. Ils sont épuisés, sous-payés et déprimés. Seules les urgences sont ouvertes. Il y a du sang par terre, les patients ont l’air résignés. On me fait dégager quand le ministre de la Santé arrive avec son entourage. Les sirènes des ambulances qui amènent les malades et les blessés font un bruit infernal. « La qualité des services médicaux publics dans ce pays est épouvantable », me dit l’un des patients. Je parle à deux Syriennes qui attendent avec un enfant malade. L’une d’elle se lamente :

« On a fait toute la route depuis Al-Azraq. Il n’y a pas d’assurance sociale dans ce pays, et le HCR (Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) ne nous aide pas non plus lorsque nous sommes confrontés à des urgences médicales. Nous sommes allées dans une clinique privée où une simple série de tests nous a coûté 300 JD (375 Euros). Nous sommes ici maintenant. Il n’est pas certain qu’on pourra s’occuper de nous. Nous sommes désespérées. »

Peu après, un flic en civil vient m’interroger. « Ai-je un permis pour poser des questions dans un hôpital ? » Non, je n’en ai pas. A peine sorti de l’hôpital, deux policiers tentent de m’arrêter. Je fais semblant de ne pas les comprendre en souriant d’un air idiot. Ils me laissent partir.

***

En Jordanie, les gens ont peur de parler. Pour être exact, ils parlent à l’intérieur de leur maison et de leur voiture, ou dans les couloirs de leurs bureaux, mais pas en public. Ils ne donnent presque jamais leur nom de famille. En 2018, la Jordanie a ‘explosé’ à plusieurs reprises. En février, des émeutes ont éclaté dans la ville d’Al-Salt, à l’annonce de la hausse de 60 % du prix du pain, mais aussi de l’augmentation des prix de l’électricité et du carburant, ainsi que de la réduction des subventions pour les marchandises et services de première nécessité.

L’ajustement structurel infâme et brutal du FMI a été progressivement mis en œuvre en Jordanie, qui souffre d’une économie stagnante et de bizarres détournements de fonds. En 2017, la dette publique de la Jordanie s’élevait à 32 milliards de dollars, soit 95,6 % du PIB du pays. En juin, des manifestations massives ont secoué la capitale, Amman. Les manifestants exigeaient le changement du gouvernement. Ils étaient furieux à cause des hausses d’impôts programmées et de la baisse rapide du niveau de vie. Ils ont également appelé à la fin de la corruption endémique qui règne parmi les fonctionnaires du gouvernement. Des dizaines de personnes ont été arrêtées.

En juillet, le gouvernement a démissionné et le roi Abdallah a demandé à Omar al-Razzaz, un ancien économiste de la Banque mondiale, de former un nouveau gouvernement. Les gens sont rentrés chez eux. On leur a dit qu’ils avaient gagné, mais presque rien n’a changé. « Laissez-moi vous expliquer : avant, par exemple, ils menaçaient d’introduire une taxe de 15% sur les voitures », m’a dit mon chauffeur à Amman. « Maintenant, ce qu’ils vont faire, c’est introduire une hausse d’impôt de 5 % cette année et de 10 % en 2019. Tout est pareil. » Dans le village à bout de souffle de Kufrain Village, près du Jourdain et de la mer Morte, un boulanger d’Alihsan Bakery s’est montré beaucoup plus franc :

« Nous ne faisons pas confiance au gouvernement : nouveau ou ancien. Ce sont tous des baratineurs. 

Les émeutes ? Le changement de gouvernement ? Ne me faites pas rire : les soi-disant ‘émeutes’ étaient organisées et dirigées par des agents du renseignement et par le gouvernement lui-même. Ils ont manipulé les gens. Ce gouvernement fait exactement la même chose que le gouvernement précédent, mais dans un ordre différent. »

La veille, j’avais entendu exactement le même discours de la part d’une Jordanienne de la classe supérieure que j’avais rencontrée sur les rives du Jourdain, alors que je visitais le site ‘Bethany Beyond Jordan’ (d’où on peut photographier la frontière fortifiée avec la Palestine occupée par Israël). Elle m’a expliqué, cyniquement et dans un anglais parfait :

« Le peuple jordanien en avait assez ; cette fois, ils étaient prêts à renverser le régime d’Amman. Les dirigeants le savaient. Ils ont organisé des émeutes, les ont fait paraître réelles mais relativement ordonnées, puis ont changé quelques acteurs politiques au sommet, pour sauver le système. Les gens ont eu l’impression d’avoir gagné, mais en fait, rien n’a changé ».

La Jordanie est un allié inébranlable de l’Occident. Ses ‘élites’ sont inconditionnellement atlantistes. Depuis des décennies, le pays mise sur sa collaboration avec l’OTAN. Il abrite plusieurs bases militaires et aériennes dangereuses de divers pays occidentaux, la pire étant Al-Azraq, où une partie des avions de guerre qui se trouvaient auparavant à la base aérienne turque d’Incerlik, ont récemment été relocalisés. Depuis des années, les forces spéciales britanniques et américaines envahissent l’État syrien à partir du territoire jordanien. C’est sa fonction de station-service de l’Occident, qui assure l’essentiel des revenus du pays et de ses ‘élites’, mais sans doute pas de sa population. Très peu ou rien n’a été investi dans la science, la recherche ou la production. Toute l’économie tourne autour des militaires, des centres commerciaux pour les expatriés, du tourisme médical pour les riches citoyens du Golfe, de quelques maquiladoras et, bien sûr, de la principale composante privée de l’économie locale – le tourisme (environ 14% du PIB et en croissance).

Le tourisme profite principalement aux grandes chaînes hôtelières occidentales et détruit inexorablement l’écosystème fragile de la mer Morte et, plus récemment, celui le golfe d’Aqaba. En même temps, la base aérienne d’Al-Azraq épuise, en les drainant, les précieuses réserves d’eau des oasis désertiques. Le chômage officiel en Jordanie se situe aujourd’hui autour de 18 %, mais il est en réalité beaucoup plus élevé. La frontière avec la Syrie reste fermée, de sorte que les marchandises bon marché ne peuvent pas entrer (la Jordanie relativement pauvre arrive régulièrement en tête des pays du monde arabe où la vie est la plus chère).

Le pays accueille actuellement 670 000 réfugiés syriens, bien que certains d’entre eux soient maintenant déterminés à rentrer chez eux. Les réfugiés (beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions misérables et subissent toutes sortes de discriminations) sont une autre source de financement étranger pour la Jordanie, mais dans les rues d’Amman, les gens continuent de se plaindre que ‘les Syriens prennent les emplois de la population locale’. Cela n’empêche pas les Jordaniens d’importer de la main-d’œuvre bon marché de pays pauvres comme les Philippines et le Kenya. Malgré leur irritation et leur appauvrissement, les Jordaniens ne sont pas prêts à se salir les mains.

***

J’ai discuté avec la conservatrice de la modeste Galerie nationale jordanienne des beaux-arts. Là, une installation surréaliste et post-moderniste appelée « Factory » essayait de faire dans la provocation avec des formes avant-gardistes sans grande substance, à mon avis. La Galerie nationale était désespérément vide ; les gens se trouvaient très probablement ailleurs, dans les cafés, les centres commerciaux ou les pubs. J’ai demandé à la conservatrice si elle avait l’intention de montrer des œuvres d’art représentant les récentes émeutes, ou de s’intéresser aux causes de la récente vague de désespoir. Elle m’a regardé, horrifiée : « Non, pourquoi ? Bien sûr que non ! »

Je lui demandé s’il y avait au moins une galerie à Amman qui réagissait aux événements ? « Non ! » Elle a presque failli me crier dessus. Elle était très en colère. Pourquoi ? J’essayais juste de comprendre.

Ca n’est jamais rentable d’être une colonie occidentale, dans le monde arabe ou ailleurs. Quelques personnes ou un groupe de personnes, peuvent s’enrichir énormément, mais le reste de la population sera dans la peine. Elle sera vite considérée comme ‘inutile’. Alors que la Syrie voisine est en train de gagner sa bataille épique contre les terroristes implantés par l’Occident et ses alliés, la Jordanie vit la triste réalité d’une semi-colonie centraméricaine des Etats-Unis.

Ici, presque toutes les idéologies ont été neutralisées. Il n’y a même plus trace des rêves d’unité socialiste panarabe qui ont façonné, pendant des décennies, la Syrie et l’Irak. Personne en Jordanie ne semble heureux. Certains se plaignent, d’autres non, mais on n’entend pas de propositions concrètes sur la façon de changer le régime pro-occidental.

En attendant, le quartier chic du Boulevard est ‘protégé’ par des détecteurs de métaux et des gardiens en uniforme et en civil. Les hôtels se transforment en forteresses. Maintenant, même pour entrer dans certains cafés du Boulevard, il faut passer par un deuxième niveau de sécurité, y compris des détecteurs de métaux robustes. Amman est une ville extrêmement sûre. Je me demande tout haut :

“Est-ce pour se protéger du terrorisme ou est-ce pour empêcher les pauvres et les désespérés de venir constater par eux-mêmes que les intérêts étrangers et les collaborateurs locaux leur volent leur propre pays ?“

J’ai parlé tout haut mais mon ami local ne répond pas. En Jordanie, il y a des questions qu’il ne faut pas poser.

Andre Vltchek

Andre Vltchek est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a créé Vltchek’s World in Word and Images, et écrit plusieurs livres, dont Revolutionary Optimism, Western Nihilism. Il écrit spécialement pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook« .

Article original: https://journal-neo.org/2018/08/12/jordan-staunch-western-ally-angry-and-confused/

Source: https://arretsurinfo.ch/en-jordanie-regnent-la-colere-et-la-confusion/


 

DECES DE KOFI ANNAN, ANCIEN SECRETAIRE GENERAL DE L'ONU ET PRIX NOBEL DE LA PAIX

Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU et prix Nobel de la paix, est mort à l'âge de 80 ans

En 2001, il avait reçu le prix Nobel de la paix pour avoir insufflé une nouvelle vie à l'ONU. 

L\'ancien secrétaire général de l\'ONU, Kofi Annan, le 24 mai 2018 à Mexico. 
L'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le 24 mai 2018 à Mexico.  (GUILLERMO GRANADOS / NOTIMEX / AFP)

Il fut un secrétaire général de l'ONU emblématique de 1997 à 2006. Le ghanéen et prix Nobel de la paix en 2001, Kofi Annan, est mort samedi 18 août, annonce sa fondation à l'AFP. "C'est avec une immense tristesse que la famille de Kofi Annan et sa fondation annoncent que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unis et prix Nobel de la paix, est décédé paisiblement d'une soudaine maladie", peut-on lire dans un message diffusé sur Twitter

Le diplomate est mort dans un hôpital de Berne, en Suisse, ont précisé deux de ses proches à Reuters. L'actuel secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué en son prédécesseur "une force qui guidait vers le bien" tandis que le Ghana, pays d'origine de Kofi Annan, a décrété une semaine de deuil national. 

 

Kofi Annan@KofiAnnan

 

It is with immense sadness that the Annan family and the Kofi Annan Foundation announce that Kofi Annan, former Secretary General of the United Nations and Nobel Peace Laureate, passed away peacefully on Saturday 18th August after a short illness...

 

"L'être humain au centre de tout ce que nous entreprenons"

Diplomate de carrière, Kofi Annan a contribué à rendre l'ONU plus présente sur la scène internationale pendant ses deux mandats, de 1997 à 2007. Premier secrétaire général issu de l'Afrique sub-saharienne, le Ghanéen a dirigé l'organisation pendant la période troublée de la guerre en Irak, avant de voir son bilan terni par des accusations de corruption dans l'affaire "pétrole contre nourriture".

A son départ, il était cependant un des dirigeants de l'ONU les plus populaires. Conjointement avec l'organisation, il a reçu en 2001 le Prix Nobel de la Paix pour ses "efforts en faveur d'un monde mieux organisé et plus pacifique".

"J'ai essayé de placer l'être humain au centre de tout ce que nous entreprenons: de la prévention des conflits au développement et aux droits de l'Homme", avait-il déclaré en acceptant le Prix Nobel à Oslo.

https://www.francetvinfo.fr/monde/kofi-annan-l-ancien-secretaire-general-de-l-onu-et-prix-nobel-de-la-paix-est-mort-a-l-age-de-80-ans_2901167.html


 

LES VRAIS ENJEUX DE LA FAUSSE GUERRE ENTRE LES USA ET LA TURQUIE

Ankara

Les vrais enjeux de la fausse crise entre la Turquie et les États-Unis

© Sputnik . Anton Denisov

INTERNATIONAL

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Louis Doutrebente

9160

Bataille d’ego, crise diplomatique, guerre économique? Les formules ne manquent pas pour expliquer la crise que traverse depuis une semaine la relation Turquie/États-Unis. Mais si Trump met autant la pression à Erdogan, c’est pour le contraindre à modifier ses choix géopolitiques. Au risque de voir la Turquie quitter l’OTAN? Éléments de réponse.

Le torchon brûle-t-il vraiment entre Ankara et Washington? La question semble paradoxale, tant les médias se sont empressés de parler de «crise» entre les États-Unis et la Turquie depuis que Donald Trump aurait déclaré une nouvelle guerre commerciale avec son allié turc le 10 août dernier:

​En annonçant que les taxes douanières sur l'acier et l'aluminium truc allaient prochainement doubler, le Président américain aurait déclenché la colère d'Ankara. Mais quel est le but de cette nouvelle manœuvre du businessman-Président? 

 

Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan

© REUTERS / ERIC FEFERBERG/POOL

La stabilité de l'économie turque importante pour la France, selon Macron cité par Ankara

En aucun cas, la comparaison avec ses agissements contre l'UE et la Chine n'est pertinente, notamment parce que la balance commerciale entre la Turquie et les États-Unis est favorable à ces derniers. Nous ne sommes donc pas dans une nouvelle guerre économique, mais dans une phase de pression qu'applique Washington sur Ankara. Constatant que la monnaie turque chute depuis de nombreuses années face au dollar, Donald Trump a souhaité utiliser les marchés pour contraindre Erdogan. En annonçant une série de sanctions contre le marché turc —qui rappelons-le aurait un impact très faible sur les exportations turques-, le Président des États-Unis a fait vaciller la livre turque qui a perdu en une journée près de 25% de sa valeur face au dollar. Pourquoi?

 

La raison, faussement annoncée par ces deux personnalités éruptives et en permanence relayée par les rédactions occidentales, serait les cas d'Andrew Brunson et de Fethullah Gülen. En effet, Washington réclame à Ankara la libération immédiate d'un pasteur néo-évangélique, de la même église que Mike Pompeo, actuel Secrétaire d'État. Andrew Brunson a été placé à résidence après un an et demi d'incarcération dans les geôles turques au motif qu'il aurait été un espion impliqué dans le putsch raté de juillet 2016. Si Trump veut libérer «ce grand chrétien», Erdogan lui, ne cesse de réclamer à l'administration américaine, et ce depuis des années, l'extradition de son plus grand adversaire, Fethullah Gülen, un imam milliardaire, un temps proche de l'actuel Président turc, qui vit depuis près de 20 ans en Pennsylvanie.

Mais si Trump a mis ses menaces à exécution en perturbant ainsi la finance, puis par la réaction aidée des marchés, l'économie turque, si le Président de la plus puissante armée du monde a mis ainsi la pression sur Ankara, ce n'est pas pour l'improbable échange d'un pasteur contre un imam. Cette stratégie s'explique par la géopolitique actuelle de la Turquie et de ses choix.

Sur un plan local tout d'abord, la Turquie d'Erdogan a un ennemi, les Kurdes. Impliqués directement dans le conflit syrien, Ankara et Washington se retrouvent face à face dans le nord-ouest de la Syrie. Le premier veut éradiquer les factions kurdes comme il l'a fait à Afrine, alors que le second ne cesse de leur fournir des armes dans le but très philanthropique de protéger son accès aux immenses champs pétroliers de la région.

 

U.S. President Trump speaks about his summit with Russia's President Putin during meeting at White House in Washington

© REUTERS / LEAH MILLIS

Trump promet de «réduire les frais» sur la Turquie

De plus, sur la scène plus politique, l'entente cordiale entre Turquie, la Russie et l'Iran représente une réelle menace pour les intérêts américains en Syrie, mais aussi dans toute la région. Une région que rêve d'ailleurs de dominer Recep Tayyip Erdogan. Multipliant les déclarations de politiques régionales, notamment en faveur de la Palestine, l'homme d'État turc souhaite accroître son pouvoir dans le monde sunnite, notamment face à l'Arabie saoudite en déliquescence programmée et face à Israël.

 

Mais ces deux pays sont les plus proches alliés de Trump dans la région et Washington ne peut voir d'un bon œil la puissance régionale turque menacer ses intérêts. Il est amusant de noter par ailleurs que la première capitale à apporter son soutien à Ankara n'est autre qu'un adversaire direct de Riyad: en effet, Doha investit 15 milliards de dollars pour redresser autant que faire se peut la monnaie turque.

Outre la Syrie et le Moyen-Orient, Erdogan ne cesse de poser des choix en contraction avec les intérêts de la puissance américaine sur la scène internationale.

Ainsi, depuis près d'un an, une forte relation s'est mise en place entre Caracas et Ankara. En conflit ouvert avec les États-Unis, le Venezuela en crise a trouvé en la Turquie un allié de poids. Si le 18 juillet dernier, le Venezuela annonçait que son or serait placé non pas dans les banques suisses, mais turques, il faut aussi relever que des partenariats pétrochimiques ont été annoncés entre ces deux pays, bravant l'embargo américain destiné à mettre à genoux le Président Maduro.

Erdogan a aussi déclaré publiquement, avant de se rendre à la conférence annuelle des BRICS en tant qu'invité d'honneur, qu'il ne se soumettrait pas aux diktats américains et que son pays continuerait à commercer avec l'Iran.

 

Dollars US

© SPUTNIK . NATALYA SELIVERSTOVA

Des Turcs brûlent des dollars pour soutenir leur monnaie nationale (images)

Ces nombreux «pieds de nez» à l'administration américaine pourraient expliquer la pression qu'exerce Trump sur Erdogan. Mais un autre élément justifie la politique américaine du moment à l'égard de la Turquie: l'achat des missiles de défense antiaérienne russes S-400. Outre l'acquisition d'une telle technologie —qui s'opérerait non pas en dollars, mais en roubles, le déploiement de ce système antimissile serait incompatible avec la défense intégrée de l'alliance. De là à imaginer que la Turquie sorte de l'OTAN ou en soit exclue? À court terme, cette idée est inconcevable, tant les deux pays ont besoin l'un de l'autre: s'il existe un accord de défense mutuelle entre Washington et Ankara, ajoutons aussi que les États-Unis disposent de près d'une centaine d'ogives nucléaires dans la base aérienne d'Incirlik (sud de la Turquie), base support des armées de l'OTAN pour les opérations sur les frontières sud de l'Alliance.

 

Erdogan a toujours choisi de ne pas choisir entre le monde unipolaire et multipolaire, considérant que l'équilibre politique entre les États-Unis et les grandes puissances, Chine en tête, était le seul moyen pour la Turquie de conserver sa souveraineté et son indépendance. Mais depuis quelques jours, Trump lui demande justement de choisir, principalement sur le terrain syrien et sur les missiles russes.

Pour autant, cette crise n'est d'envergure que parce qu'elle apparaît comme multiple. La bataille simulée des ego et la fausse crise diplomatique dissimulées dernière une guerre monétaire qui n'est qu'un moyen de pression, se cache en réalité un élément bien plus important pour l'avenir des relations internationales: les alliances des puissances. Mais si Rome ne s'est pas faite en un jour, la puissance américaine ne va pas décliner du jour au lendemain.

https://fr.sputniknews.com/international/201808171037708877-crise-turquie-etats-unies/


 

MISE EN GARDE DU GENDARME US AUX PHILIPPINES CONTRE L'ACHAT D''EQUIPEMENTS MILITAIRES RUSSES

Les Philippines ont été mises en garde contre l’achat d’équipements militaires russes

Thu Aug 16, 2018 3:25PM

Un Su-34 de l'armée de l'air russe. ©Sputnik

Un Su-34 de l'armée de l'air russe. ©Sputnik

Le secrétaire adjoint américain à la Défense a mis en garde les Philippins contre l’achat d’équipements militaires à la Russie.

« À mon avis, ils devraient réfléchir avant de prendre cette décision », a déclaré Randall Schriver, secrétaire adjoint américain à la Défense pour les affaires de sécurité en Asie-Pacifique.

Randall Schriver, secrétaire adjoint américain à la Défense. ©Wikipédia

« S’ils continuent d’acheter des équipements à la Russie, cela ne sera pas très bénéfique pour notre alliance avec les Philippines, et je pense que nous pouvons être un meilleur partenaire que les Russes pour les Philippines », a précisé Randall Schriver en réponse à une question sur le plan du ministère philippin de la Défense d’acheter des équipements lourds russes, dont des sous-marins.

Les Philippines cherchent à moderniser leurs forces de défense, raison pour laquelle elles cherchent à acheter des sous-marins à plusieurs pays, dont la Corée du Sud et la France.

Le ministère philippin de la Défense a également indiqué que son pays achèterait fort probablement à la Russie les sous-marins dont il a besoin.

La Russie arme les Philippines

Depuis l’élection de Rodrigo Duterte en juin dernier, les Philippines se rapprochent de plus en plus de la Russie.

Randall Schriver estime que les Philippines, plus ancien allié des États-Unis en Asie, doivent acheter leurs armes à Washington, car les forces de défense des deux pays ont toujours agi de concert jusqu’à présent.

« Les Philippines sont déterminées à poursuivre la coopération avec la Russie dans le domaine militaro-industriel en dépit des sanctions éventuelles des États-Unis, a fait savoir le ministre philippin des Affaires étrangères Alan Peter Cayetano, dans des propos rapportés par Sputnik le 2 août 2018.

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/08/16/571365/Philippines-EtatsUnis-Russie-Randall-Schriver-quipements-militaires-sousmarin


 

DÉCLARATION DU TKP (COMMUNISTE) SUR LA CRISE MONÉTAIRE EN TURQUIE : QUE DOIT FAIRE NOTRE PEUPLE FACE À LA DÉPRÉCIATION DE NOTRE MONNAIE ?

DÉCLARATION DU TKP SUR LA CRISE MONÉTAIRE EN TURQUIE : QUE DOIT FAIRE NOTRE PEUPLE FACE À LA DÉPRÉCIATION DE NOTRE MONNAIE ?

 Solidarité Internationale PCF Turquie Aucun commentaire

15 AOÛT 2018


Le Parti communiste de Turquie (TKP) a publié une déclaration, traduite ci-dessous, sur la crise monétaire actuelle en Turquie, indiquant que la Turquie "est devenue le terrain de jeu des monopoles internationaux, des entreprises et des banques" et que la crise est "le résultat des politiques économiques libérales poursuivies depuis des années" par le gouvernement AKP.


Article soL InternationaL - Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF
 


Déclaration complète du TKP :


Que doit faire notre peuple face à la dépréciation de notre monnaie ?
 

NE PLUS SE LAISSER DUPER.

Notre pays est devenu le terrain de jeu des monopoles internationaux, des entreprises et des banques, dont nous ne pouvons même pas prononcer correctement les noms.

C'est le résultat des politiques économiques libérales menées depuis des années.

Ils ont fait de notre sang, de notre sueur et de nos larmes un cadeau pour les capitalistes étrangers qu'ils ont invités dans le pays en disant que "nous avons une main-d'œuvre bon marché".

Ils ont pillé les ressources naturelles en disant que "nous brûlons les forêts, empoisonnons les rivières et que personne n'osera même nous demander des comptes ".

En pillant les ressources naturelles et sociales sans retenue, ils ont établi une économie de prêts qui leur rapporte des profits exceptionnels et dont ils sont fiers de la croissance.

Dès le premier jour, il était évident qu'ils se heurteraient à un mur de briques à la suite de ce développement pourri. L'économie turque sombrerait dans une crise, y compris si les États-Unis ne s'en étaient pas mêlé.

Les communistes soulignent la fragilité de l'économie turque depuis des années. Mais qu'est-ce que la fragilité ? La fragilité, c'est la vulnérabilité, c'est être impuissant à résister aux développements négatifs.

Ce système d'exploitation, qui n'a pas d'avenir, qui a été soutenu en épuisant toutes les ressources et en rendant l'économie chaque jour plus dépendante, est fragile.

Ce système d'exploitation a rendu la Turquie sans défense.

RECONNAÎTRE L'AUTEUR DU CRIME

Ils désignent l'administration américaine comme l'agent responsable de la dépréciation de la livre turque. C'est vrai. Outre les guerres d'agression, les coups d'État et les invasions, les États-Unis recourent également à des sanctions économiques, voire à des sabotages, pour maintenir leur position dominante dans le système impérialiste.

Cependant, les États-Unis ne sont pas les seuls responsables de la crise actuelle.

Il est vrai que le gouvernement AKP a également une responsabilité dans la crise actuelle. Les politiques économiques adoptées par l'AKP, au pouvoir depuis 16 ans, ont renforcé l'exploitation, le pillage et les injustices. De plus, ces politiques ont plongé le pays dans une crise profonde. Pourtant, il n'est pas vrai de dire que toute la faute revient à l'AKP concernant la crise actuelle.

L'auteur réel n'est personne d'autre que la classe capitaliste qui ne se soucie que de ses profits ; ainsi que cet ordre social qui est basé sur l'exploitation. Il s'agit du résultat naturel du fait que notre économie repose sur l'enrichissement d'une petite minorité plutôt que sur la poursuite d'intérêts sociaux et nationaux,  cela ne peut que nous mener à glisser vers des crises successives.

S'OPPOSER À L'IMPÉRIALISME

La Turquie est membre de l'OTAN. Les États-Unis ont des bases militaires et des troupes en Turquie. La Turquie a participé à des opérations militaires dans divers pays, surtout en Syrie, aux côtés des États-Unis et d'autres pays impérialistes. Jusqu'à hier, le parti au pouvoir en Turquie se vantait de son partenariat stratégique avec les États-Unis. À nouveau, c'est l'AKP qui était d'humeur festive lorsque des progrès ont été réalisés dans le processus d'adhésion à l'Union européenne. Hier comme aujourd’hui, les communistes ont toujours été debout et ont lutté contre l'OTAN, contre l'Union européenne, et contre les bases militaires étrangères dans notre pays.

Vous ne pouvez pas lutter contre l'impérialisme en négociant avec lui. On ne peut pas être "indépendant" en déclarant certains pays comme amis un jour et comme ennemis l'autre jour. Le gouvernement de l'AKP a fait de la Turquie un pays clé dans la lutte au sein du système impérialiste, ce qui a rendu le pays sujet à toutes sortes d'opérations militaires, économiques et politiques. Un pays qui bénit les soi-disant "marchés libres", qui est membre de l'OTAN et candidat membre de l'Union européenne, est sans défense contre de telles opérations. Notre peuple doit se dresser contre l'impérialisme et montrer aux patrons qui craignent les "relations tendues avec les États-Unis" que c'est à lui que le pays appartient vraiment.

FAIRE LA SOURDE OREILLE À CEUX QUI NOUS DEMANDENT DE FAIRE DES SACRIFICES.

Ceux qui n'ont rien d'autre que leur travail à vendre pour gagner leur vie, les salariés, sont pauvres; chaque jour ils sont exposés à la menace d'être licenciés. Maintenant, ils demandent à notre peuple de faire des sacrifices en prétendant que "nous sommes tous dans le même bateau".

Dans les jours à venir, ils vont commencer à décréter des "programmes de stabilisation" les uns après les autres. Les monopoles internationaux et les gros bonnets vont se mettre à pleurnicher ensemble et vont nous demander de faire des sacrifices, tout en continuant de gérer leurs affaires avec plaisir comme à leur habitude ! Ceux qui ont mis la Turquie dans une telle situation, ceux qui accumulent d'énormes richesses, ont déjà commencé à "transformer la crise en opportunité". Nous ne les laisserons pas enlever le pain de nos bouches et aggraver nos conditions de travail.

Aujourd'hui, les travailleurs, les prolétaires, sont les plus vulnérables et forment la partie la plus désorganisée de la société. Les patrons et leur gouvernement feront tout ce qui est à leur disposition pour faire peser le fardeau de la crise sur les employés. Nous devons nous organiser contre cela.

Le dicton "un peuple uni ne sera jamais vaincu" doit être pris au sérieux. Et nous devrions savoir que les personnes désorganisées sont vouées à s'appauvrir.

FAVORISER LA CULTURE DE LA SOLIDARITÉ

Nous devons lutter contre la pauvreté et le chômage en nous organisant partout. Nous devons nous organiser contre les réductions salariales, contre l'allongement du temps de travail, contre les licenciements.

La pauvreté, le fait de n'avoir rien d'autre à vendre que sa propre force de travail, le fait de gagner sa vie honnêtement ne sont pas des choses dont il faut avoir honte. Ce qui est honteux et constitue un crime, c'est de s'enrichir en exploitant les autres et en pillant les richesses sociales et naturelles. Nous devons faire revivre la "culture de la solidarité", l'une des valeurs les plus chères à notre peuple qui a été étouffée, forcée à l'oubli, par le règne de l'argent.

Nous ne devons pas rester sourds à la pauvreté de notre voisin, au licenciement de notre collègue.

Les capitalistes se regroupent et détiennent également le pouvoir politique ; notre seule assurance, c'est notre association, notre solidarité.

LE CHANGEMENT DE L'ORDRE SOCIAL EST UN DROIT INCONTESTABLE

Avant les élections du 24 juin, le Parti communiste de Turquie avait déclaré qu'il se profilait "une grande crise à l'horizon" et que "nous devons nous tenir prêts".

Nous devons nous organiser, nous battre contre les injustices, contre les efforts menés pour faire porter le fardeau de la crise sur les épaules des travailleurs et des exploités.

Plus important encore, nous devons nous opposer à cet ordre social qui nous condamne aux opérations impérialistes, à un appauvrissement de près de 20% en une seule journée, au chômage et à la famine. Nous n'aurons pas de paix dans ce système d'exploitation. Le confort, la paix, la prospérité, l'abondance n'est rien d'autre que de la pure fantaisie dans ce système. Le système d'exploitation ne répond qu'au plaisir d'une petite minorité.

Cet ordre social doit être renversé sans tarder.

Le règne des capitalistes doit prendre fin.

PARTI COMMUNISTE DE TURQUIE

13/08/2018

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2018/08/declaration-du-tkp-sur-la-crise-monetaire-en-turquie-que-doit-faire-notre-peuple-face-a-la-depreciation-de-notre-monnaie.html


 

RON UNZ : L'HISTOIRE DE LA COLLUSION SIONISTE AVEC LES NAZIS

L’Histoire de la collusion sioniste avec les nazis

Par Ron Unz 
Arrêt sur info — 14 août 2018

Par Ron Unz
Publié le 6 août 2018 sous le titre American Pravda: Jews and Nazis

Ron Unz est un entrepreneur, homme politique et intellectuel américain d’ascendance juive. Il est l’éditeur en chef de The Unz Review, « une sélection de médias alternatifs rassemblant des perspectives intéressantes, importantes et controversées largement exclues des médias dominants américains»Il y tient une chronique intitulée American Pravda ou Pravda américaine, où il revient sur les mensonges, dissimulations et omissions de l’histoire officielle et de la presse institutionnelle. La Pravda était l’organe officiel en URSS, devenu aujourd’hui un synonyme de propagande d’Etat en Occident.

 


L’Histoire de la collusion sioniste avec les nazis


Il y a 35 ans environ, j’étais assis dans ma chambre universitaire et je lisais le New York Times comme chaque matin, lorsqu’un article étonnant sur le nouveau Premier ministre israélien controversé, Yitzhak Shamir, a tout particulièrement attiré mon attention.

En ces temps anciens, la Grey Lady [surnom du New York Times] était une publication entièrement imprimée en noir et blanc, dépourvue des grandes photographies en couleurs de stars du rap et de longs récits sur les différents régimes diététiques qui occupent tant de place dans les médias actuels, et elle semblait également être beaucoup plus incisive dans ses reportages sur le Moyen-Orient. Environ un an plus tôt, le prédécesseur de Shamir, Menachem Begin, avait autorisé son ministre de la Défense Ariel Sharon à envahir le Liban et à assiéger Beyrouth, et le massacre de femmes et d’enfants palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila qui s’ensuivit avait indigné le monde entier et suscité la colère du gouvernement américain. Cela a finalement conduit à la démission de Begin, Shamir, son ministre des Affaires étrangères, prenant sa place.

Avant sa surprenante victoire électorale de 1977, Begin avait passé des décennies dans le désert politique, étant considéré comme un homme inacceptable de la droite dure, et Shamir avait un passé encore plus extrême, les médias dominants américains rapportant librement sa longue implication dans toutes sortes d’assassinats de grande envergure et dans des attaques terroristes dans les années 1940, le décrivant en effet comme un individu très peu recommandable.

Compte tenu des activités notoires de Shamir, peu de révélations auraient pu me choquer, mais ce fut le cas de celle-ci. Apparemment, à la fin des années 1930, Shamir et sa petite faction sioniste étaient devenus de grands admirateurs des fascistes italiens et des Nazis allemands, et après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ils avaient tenté à plusieurs reprises de contacter Mussolini et les dirigeants allemands en 1940 et 1941, espérant s’enrôler dans les puissances de l’Axe en tant que leur affilié palestinien, et entreprendre une campagne d’attaques et d’espionnage contre les forces britanniques locales, puis partager le butin politique après le triomphe inévitable d’Hitler.

De fait, le New York Times considérait clairement Shamir sous un jour très négatif, mais il me semblait extrêmement improbable qu’il ait pu publier une histoire aussi remarquable sans être absolument certain de la réalité des faits. Entre autres, il publiait de longs extraits des lettres officielles envoyées à Mussolini dans lesquelles Shamir dénonçait férocement les systèmes démocratiques « décadents » de Grande-Bretagne et de France auxquels il s’opposait, et assurant Il Duce que de telles notions politiques ridicules n’auraient aucune place dans le futur État client totalitaire qu’il espérait établir sous ses auspices en Palestine.

En l’occurrence, l’Allemagne et l’Italie étaient alors préoccupées par des problèmes géopolitiques de plus grande ampleur, et compte tenu de la petite taille de la faction sioniste de Shamir, il semble que ces efforts n’aient jamais abouti à grand-chose. Mais l’idée que le Premier ministre actuel de l’Etat juif ait passé ses premières années de guerre en aspirant vainement à être l’allié des Nazis était certainement un fait marquant, pas tout à fait conforme au récit traditionnel de l’époque que j’avais jusque-là accepté.

Plus remarquable encore, la révélation du passé pro-Axe de Shamir semble n’avoir eu qu’un impact relativement mineur sur sa position politique au sein de la société israélienne. Je pense que toute personnalité politique américaine dont on découvrirait qu’elle avait soutenu une alliance militaire avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale aurait les plus grandes difficultés à survivre au scandale politique qui en résulterait, et il en irait de même pour les politiciens britanniques, français, ou la plupart des autres pays occidentaux. Mais bien qu’il y ait certainement eu de l’embarras exprimé dans la presse israélienne, en particulier après que cette histoire choquante ait fait les gros titres de la presse internationale, la plupart des Israéliens semblent avoir considéré toute l’affaire sans broncher, et Shamir est resté au pouvoir durant une autre année, puis a exercé un second mandat, beaucoup plus long, en tant que Premier ministre de 1986 à 1992. Les Juifs d’Israël semblaient considérer l’Allemagne nazie très différemment de la plupart des Américains, sans même parler de la plupart des Juifs américains.

***

A la même époque, un deuxième exemple intriguant de cette perspective israélienne très différente à l’égard des Nazis a également été porté à mon attention. En 1983, Amoz Oz, souvent décrit comme le plus grand romancier d’Israël, avait publié Dans la Terre d’Israël, recevant des critiques élogieuses. Ce livre était un recueil de longues interviews de diverses personnalités représentatives de la société israélienne, à la fois modérées et extrêmes, ainsi que de reportages sur les Palestiniens qui vivaient également parmi eux.

Parmi ces profils idéologiques, l’un des plus brefs mais celui dont on parla le plus était une personnalité politique particulièrement intransigeante, anonyme mais presque universellement identifiée comme Ariel Sharon, une conclusion clairement étayée par les détails personnels et la description physique qui étaient fournis. Au tout début, cette figure mentionnait que des personnalités de son parti idéologique avaient récemment été dénoncées comme des « judéo-nazis » par un éminent universitaire libéral israélien, mais plutôt que de rejeter cette étiquette, il s’en félicitait pleinement. Cet homme fut donc généralement évoqué dans les discussions publiques comme le « judéo-nazi ».

Qu’il se décrive en ces termes n’était guère une exagération, puisqu’il préconisait avec allégresse le massacre de millions d’ennemis d’Israël et la vaste expansion du territoire israélien par la conquête des territoires voisins et l’expulsion de leurs populations, ainsi que la libre utilisation d’armes nucléaire si celles-ci ou quiconque s’opposaient trop fermement à de tels efforts. Selon son opinion audacieuse, les Israéliens et les Juifs en général étaient tout simplement trop doux et trop humbles et devaient retrouver leur place dans le monde en redevenant un peuple conquérant, probablement détesté mais certainement craint. Pour lui, le massacre récent de femmes et d’enfants palestiniens à Sabra et à Chatila n’avait absolument aucune importance, et l’aspect le plus regrettable de l’incident était que les meurtriers soient des phalangistes chrétiens alliés d’Israël plutôt que des soldats israéliens eux-mêmes.

Certes, l’excès rhétorique est assez répandu parmi les politiciens, et de toute évidence, un voile d’anonymat garanti déliera de nombreuses langues. Mais est-ce que quelqu’un peut imaginer une personnalité américaine ou occidentale s’exprimer en ces termes, a plus forte raison de quelqu’un qui évolue dans les plus hautes sphères politiques ? Ces jours-ci, Donald Trump tweete parfois à deux heures du matin une insulte grossière mal orthographiée, et les médias américains sont saisis d’horreur. Mais étant donné que son administration fuit comme une passoire, s’il se vantait régulièrement auprès de ses confidents de vouloir massacrer des millions de personnes, nous en aurions sûrement entendu parler. D’ailleurs, il ne semble pas y avoir la moindre preuve que les premiers Nazis allemands aient jamais parlé de cette manière en privé, et encore moins pendant qu’un journaliste prenait soigneusement des notes. Mais en ce qui concerne les « judéo-nazis » d’Israël, c’est une toute autre histoire.

Si je me souviens bien, la dernière figure de la vie publique américaine d’une certaine proéminence à se déclarer « Nazi » fut George Lincoln Rockwell dans les années 1960, et il était beaucoup plus un artiste politique qu’un véritable leader politique. Même un personnage aussi marginalisé que David Duke a toujours démenti une telle accusation avec véhémence. Mais apparemment, les règles de la vie politique en Israël sont différentes.

En tout état de cause, les déclarations alléguées de Sharon semblent avoir eu peu d’impact négatif sur sa carrière politique ultérieure, et après avoir passé quelque temps dans le désert politique après le désastre du Liban, il a finalement servi cinq ans en tant que Premier ministre de 2001 à 2006, bien qu’à la fin de cette période, ses opinions aient été régulièrement dénoncées comme trop souples et trop portées sur le compromis en raison de la dérive régulière du spectre politique israélien vers la droite la plus dure.

***

Au fil des ans, j’ai parfois tenté, sans conviction, de retrouver l’article du New York Times sur Shamir qui était resté longtemps dans ma mémoire, mais en vain, soit parce qu’il a été retiré des archives du Times, soit plus probablement parce que mes compétences de recherche médiocres se sont avérées inadéquates. Mais je suis presque certain que cet article avait été inspiré par la publication en 1983 de l’ouvrage Le sionisme à l’époque des dictateurs par Lenni Brenner, un antisioniste de la persuasion trotskiste et d’origine juive. Je n’ai découvert ce livre que très récemment, et il raconte une histoire extrêmement intéressante.

Brenner, né en 1937, a été toute sa vie un intransigeant gauchiste de la vieille école, son enthousiasme allant de la révolution marxiste aux Black Panthers, et il est bien sûr prisonnier de ses idées et de ses vues. Parfois, ce contexte entrave le déroulement de son texte, et les allusions périodiques aux « prolétaires », à la « bourgeoisie » et aux « classes capitalistes » deviennent parfois lassantes, de même que son acceptation inconsidérée de toutes les croyances communes de son cercle politique. Mais il est probable que seule une personne ayant un tel engagement idéologique fervent pouvait être prête à consacrer autant de temps et d’efforts à enquêter sur ce sujet controversé et à ignorer les dénonciations interminables qui en ont résulté, y compris des agressions physiques de militants sionistes.

Quoi qu’il en soit, sa documentation semble absolument irréfutable, et quelques années après la parution originale de son livre, il publia un volume complémentaire intitulé 51 Documents : la collaboration sioniste avec les Nazis, qui fournit simplement des traductions en anglais de toutes les données brutes soutenant son cadre analytique, permettant aux parties intéressées de lire les documents et de tirer leurs propres conclusions.

Entre autres choses, Brenner fournit des preuves considérables que la faction sioniste de droite, plus importante et prédominante, dirigée plus tard par le Premier ministre israélien Menachem Begin, était presque invariablement considérée comme un mouvement fasciste dans les années 1930, même au-delà de son admiration pour le régime italien de Mussolini. Ce n’était guère un secret à l’époque, étant donné que son principal journal palestinien publiait régulièrement la chronique d’un haut responsable idéologique intitulée « Journal d’un fasciste ». Lors de l’une des principales conférences sionistes internationales, le chef de faction Vladimir Jabotinsky entra dans la salle avec ses partisans en chemise brune et en formation militaire, ce qui conduisit le Président à interdire le port d’uniformes afin d’éviter des rixes, et sa faction fut bientôt vaincue politiquement et finalement expulsée de l’organisation sioniste qui chapeautait toutes les autres. Ce revers majeur était dû en grande partie à l’hostilité généralisée que le groupe avait suscitée après l’arrestation de deux de ses membres par la police britannique pour le récent assassinat de Chaïm Arlosoroff, l’un des plus hauts responsables sionistes basés en Palestine.

En effet, l’inclination des factions sionistes les plus à droite pour l’assassinat, le terrorisme et d’autres formes de comportement essentiellement criminel était vraiment remarquable. Par exemple, en 1943, Shamir organisa l’assassinat de son rival, un an après que les deux hommes se soient échappés de prison pour un braquage de banque au cours duquel des passants avaient été tués, et il a affirmé qu’il avait agi pour empêcher l’assassinat prévu de David Ben Gourion, le principal dirigeant sioniste et futur Premier ministre fondateur d’Israël. Shamir et sa faction ont certainement maintenu ce comportement criminel durant les années 1940, assassinant avec succès Lord Moyne, le ministre britannique pour le Moyen-Orient, et le comte Folke Bernadotte, négociateur de paix des Nations unies, bien qu’ils aient échoué dans leurs autres tentatives de tuer le Président américain Harry Trumanet le ministre britannique des Affaires étrangères Ernest Bevin ; quant à leur projet d’assassiner Winston Churchill, il n’a apparemment jamais dépassé l’étape de la discussion. Son groupe a également été le premier à utiliser des voitures piégées terroristes et d’autres attaques explosives contre des cibles civiles innocentes, bien avant qu’aucun Arabe ou musulman n’ait jamais envisagé d’utiliser des tactiques similaires ; et la faction sioniste plus grande et plus « modérée » de Begin a fait de même. Compte tenu de ces antécédents, il n’était guère surprenant que Shamir devienne plus tard directeur des assassinats au Mossad israélien en 1955-1965, et si le Mossad a effectivement joué un rôle majeur dans l’assassinat du président John F. Kennedy, il fut très probablement impliqué.

***

Sur la couverture de l’édition de poche 2014 du livre de Brenner, on peut voir la médaille commémorative frappée par l’Allemagne nazie pour marquer son alliance sioniste, avec une étoile de David sur une face et une croix gammée sur l’autre. Mais curieusement, ce médaillon symbolique n’avait en fait aucun lien avec les tentatives infructueuses de la petite faction de Shamir d’organiser une alliance militaire avec les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Bien que les Allemands aient accordé peu d’attention aux instances de cette organisation mineure, le mouvement sioniste dominant de Chaïm Weizmann et David Ben-Gourion, beaucoup plus important et influent, était tout à fait autre chose. Et pendant la majeure partie des années 1930, ces autres sionistes ont formé un partenariat économique important avec l’Allemagne nazie, fondé sur une communauté d’intérêts évidente. Après tout, Hitler considérait les 1% de population juive allemande comme un élément perturbateur et potentiellement dangereux dont il voulait se débarrasser, et le Moyen-Orient semblait une destination aussi favorable qu’une autre. Pendant ce temps, les sionistes avaient des objectifs très similaires, et la création de leur nouvelle patrie nationale en Palestine nécessitait évidemment à la fois des immigrants juifs et des investissements financiers juifs.

Après que Hitler eut été nommé chancelier en 1933, des Juifs indignés du monde entier avaient rapidement lancé un boycott économique, espérant mettre l’Allemagne à genoux, avec le quotidien britannique londonien publiant fameusement en première page la bannière « La Judée déclare la guerre à l’Allemagne ». L’influence politique et économique des Juifs était alors, tout comme maintenant, tout à fait considérable, et dans les affres de la Grande Dépression, l’Allemagne appauvrie devait exporter ou mourir, si bien qu’un boycott à grande échelle contre les principaux marchés allemands constituait une menace potentiellement grave. Mais cette situation apportait précisément aux groupes sionistes une excellente opportunité d’offrir aux Allemands un moyen de briser cet embargo commercial, et ils exigèrent des conditions favorables pour l’exportation de produits manufacturés allemands de haute qualité en Palestine, accompagnés de Juifs allemands. Lorsque le mot « Ha’avara » ou « Accord de transfert » avec les Nazis a été prononcé lors d’une convention sioniste de 1933, de nombreux Juifs et sionistes ont été scandalisés, et cela a conduit à diverses scissions et controverses. Mais l’accord économique était trop beau pour être rejeté, et il s’est poursuivi et a progressé rapidement.

L’importance du pacte nazi-sioniste pour l’établissement d’Israël est difficile à surestimer. Selon une analyse de 1974 de Jewish Frontier citée par Brenner, entre 1933 et 1939, plus de 60% de l’investissement en Palestine juive provenait de l’Allemagne nazie. L’appauvrissement mondial de la Grande Dépression avait considérablement réduit le soutien financier juif de toutes les autres sources, et Brenner suggère raisonnablement que sans le soutien financier d’Hitler, la colonie juive naissante, si petite et si fragile, aurait pu facilement se dessécher et mourir pendant cette période difficile.

Une telle conclusion conduit à des hypothèses fascinantes. Lorsque j’ai découvert pour la première fois des références à l’accord Ha’avara sur des sites internet ici et là, l’un des commentateurs mentionnant cette question en plaisantant suggérait que si Hitler avait gagné la guerre, des statues lui auraient sûrement été érigées en Israël, et il serait aujourd’hui reconnu par les Juifs du monde entier comme le chef héroïque des Gentils qui avait joué un rôle central dans le rétablissement d’une patrie nationale pour le peuple juif en Palestine après presque 2 000 ans d’exil amer.

Cette possibilité étonnante et contre-factuelle n’est pas aussi absurde qu’elle pourrait le paraître à nos oreilles d’aujourd’hui. Nous devons prendre conscience du fait que notre compréhension historique de la réalité est façonnée par les médias, et que les organes médiatiques sont contrôlés par les gagnants des grandes guerres et leurs alliés, les détails dérangeants étant souvent exclus pour éviter de troubler le public. Il est indéniablement vrai que dans son livre de 1924, Mein Kampf, Hitler avait écrit toutes sortes de choses hostiles et haineuses sur les Juifs, en particulier les immigrants récents venus d’Europe de l’Est, mais lorsque j’ai lu l’ouvrage au lycée, j’ai été surpris de découvrir que ces sentiments anti-Juifs ne semblaient aucunement centraux dans son texte. En outre, quelques années auparavant, une personnalité publique beaucoup plus importante, le ministre britannique Winston Churchill, avait publié des sentiments presque aussi hostiles et haineux, se concentrant sur les crimes monstrueux commis par les Juifs bolcheviks. Dans Les larmes d’Isaïe d’Albert Lindemann, j’ai été surpris de découvrir que l’auteur de la célèbre Déclaration Balfour, au fondement du projet sioniste, était apparemment tout aussi hostile aux Juifs, sa motivation étant probablement en partie son désir de les exclure de la Grande-Bretagne.

Une fois qu’Hitler a consolidé son pouvoir en Allemagne, il a rapidement interdit toutes les autres organisations politiques pour le peuple allemand, seul le Parti Nazi et les symboles politiques des nazis étant autorisés par la loi. Mais une exception spéciale a été faite pour les Juifs allemands, et le parti sioniste local allemand a obtenu un statut juridique parfaitement légal, les marches sionistes, les uniformes sionistes et les drapeaux sionistes étant tout à fait autorisés. Sous Hitler, il y avait une censure stricte de toutes les publications allemandes, mais le journal hebdomadaire sioniste était vendu librement dans tous les kiosques et coins de rue. L’idée claire semblait être qu’un parti national-socialiste allemand était le foyer politique approprié pour les 99% d’Allemands majoritaires du pays, tandis que le national-socialisme sioniste remplirait le même rôle pour la minuscule minorité juive.

En 1934, les dirigeants sionistes invitèrent un important officiel SS à passer six mois dans les colonies juives en Palestine et, à son retour, ses impressions très favorables sur l’entreprise sioniste en pleine expansion furent publiées en une série massive de douze parties dans le Der Angriff de Joseph Goebbels, l’organe médiatique phare du parti Nazi, sous le titre descriptif « Un Nazi se rend en Palestine ». Dans sa critique très véhémente de 1920 contre l’activité bolchevique juive, Churchill avait soutenu que le sionisme était engagé dans une bataille acharnée contre le bolchevisme pour gagner l’âme de la communauté juive européenne, et que seule sa victoire pourrait assurer de futures relations amicales entre les Juifs et les Gentils. Sur la base des preuves disponibles, Hitler et plusieurs autres dirigeants Nazis semblaient avoir atteint une conclusion similaire au milieu des années 1930.

Au cours de cette période, des sentiments extrêmement durs à l’égard de la diaspora juive se sont parfois manifestés dans des milieux plutôt surprenants. Après la controverse autour des liens de Shamir avec les Nazis, les documents de Brenner sont devenus le point de départ d’un article important d’Edward Mortimer, expert du Moyen-Orient de l’auguste Times of London, et l’édition 2014 du livre de Brenner comprend des extraits choisis de l’article de Mortimer paru le 11 février 1984 dans le Times of London :

« Qui a dit à un auditoire de Berlin en mars 1912 que ‘Chaque pays ne peut absorber qu’un nombre limité de Juifs, s’il ne veut pas de maux d’estomac. L’Allemagne a déjà trop de Juifs’ ?

Non, ce n’est pas Adolf Hitler, mais Chaïm Weizmann, qui deviendra le Président de l’Organisation sioniste mondiale et plus tard encore le premier Président de l’État d’Israël.

Et où pourriez-vous trouver l’affirmation suivante, à l’origine rédigée en 1917, mais encore republiée en 1936 : ‘Le Juif est la caricature d’un être humain normal et naturel, à la fois physiquement et spirituellement. En tant qu’individu dans la société, il se révolte et se débarrasse du harnais de l’obligation sociale, et ne connaît ni l’ordre ni la discipline’ ?

Pas dans Der Stürmer [hebdomadaire nazi] mais dans l’organe de l’organisation de la jeunesse sioniste, Hashomer Hatzair.

Comme l’indiquent les déclaration citées ci-dessus, le sionisme lui-même a encouragé et exploité la haine de soi dans la diaspora. Il partait du principe que l’antisémitisme était inévitable et même justifié dans un certains sens tant que les Juifs se trouvaient en dehors de la terre d’Israël.

Il est vrai que seule une frange extrémiste lunatique du sionisme est allée jusqu’à proposer de participer à la guerre du côté allemand en 1941, dans l’espoir d’établir ‘L’État juif historique sur une base nationale et totalitaire, et lié par un traité avec le Reich allemand’. Malheureusement, c’est le groupe que l’actuel Premier ministre d’Israël avait choisi de rejoindre. »

La vérité très dérangeante est que les caractérisations sévères des Juifs de la diaspora trouvées dans les pages de Mein Kampf n’étaient pas si différentes de celles exprimées par les pères fondateurs du sionisme et ses dirigeants subséquents. La coopération de ces deux mouvements idéologiques n’était donc pas tellement surprenante.

Cependant, les vérités dérangeantes restent dérangeantes. Mortimer avait passé dix-neuf ans au Times of London, les dernières douze années en tant que le spécialiste étranger et le rédacteur en chef sur les affaires du Moyen-Orient. Mais un an après avoir écrit cet article comportant ces citations controversées, sa carrière dans ce journal a pris fin, entraînant un vide inhabituel dans sa période d’emploi, et ce développement peut ne pas être une pure coïncidence.

Le rôle d’Adolf Eichmann, dont le nom figure probablement aujourd’hui parmi les six Nazis les plus célèbres de l’histoire –du fait de son kidnapping après-guerre en 1960 par des agents israéliens suivi de son procès public et de son exécution en tant que criminel de guerre–, fut également assez ironique. En l’occurrence, Eichmann avait été une figure nazie centrale dans l’alliance sioniste, étudiant même l’hébreu et devenant apparemment une sorte de philosémite au cours des années de sa collaboration étroite avec les principaux dirigeants sionistes.

Brenner était prisonnier de son idéologie et de ses croyances, acceptant sans conteste le récit historique dans lequel il avait été élevé. Il semblait ne rien trouver d’étrange au fait qu’Eichmann ait été un partenaire philosémite des sionistes juifs à la fin des années 1930 et se soit soudainement transformé en un assassin de masse des Juifs européens au début des années 1940, commettant volontairement les crimes monstrueux pour lesquels les Israéliens l’ont ensuite mis à mort à juste titre.

Un tel bouleversement est certainement possible, mais je suis vraiment sceptique. Un observateur plus cynique pourrait considérer comme une très étrange coïncidence le fait que le premier éminent Nazi pour la traque et l’exécution duquel les Israéliens ont déployé tant d’efforts ait été leur ancien allié et collaborateur politique le plus proche. Après la défaite de l’Allemagne, Eichmann avait fui en Argentine et y avait vécu tranquillement pendant plusieurs années, jusqu’à ce que son nom refasse surface dans une controverse du milieu des années 1950 entourant l’un de ses principaux partenaires sionistes, un haut fonctionnaire respecté d’Israël qui fut alors dénoncé comme un collaborateur des Nazis ; il a finalement été jugé innocent après un procès célèbre, mais fut plus tard assassiné par d’anciens membres de la faction de Shamir.

À la suite de cette controverse en Israël, Eichmann aurait donné une longue interview personnelle à un journaliste nazi hollandais, et bien qu’elle n’ait pas été publiée à l’époque, le fait qu’elle se soit tenue a pu circuler et parvenir à certaines oreilles concernées. Le nouvel État d’Israël n’avait que quelques années à l’époque et était très fragile politiquement et économiquement, dépendant désespérément de la bonne volonté et du soutien des Etats-Unis et de donateurs juifs du monde entier. Leur ancienne alliance nazie, tout à fait remarquable, était un secret profondément enfoui, dont la diffusion publique aurait pu avoir des conséquences absolument désastreuses.

Selon la version de l’interview publiée plus tard en deux parties dans Life Magazine, les déclarations d’Eichmann ne semblaient pas avoir trait au sujet mortel du partenariat nazi-sioniste des années 1930. Mais les dirigeants israéliens ont sûrement dû être terrifiés à l’idée de ne pas être aussi chanceux la prochaine fois. Nous pouvons donc supposer que l’élimination d’Eichmann est devenue une priorité nationale et qu’il a été retrouvé et capturé en 1960. Des moyens sévères ont probablement été utilisés pour le persuader de ne révéler aucun de ces dangereux secrets d’avant-guerre lors de son procès à Jérusalem, et on peut se demander si la raison pour laquelle il a été fameusement maintenu dans une cabine de verre était de pouvoir couper rapidement le son s’il commençait à dévier du script convenu. Toute cette analyse est totalement spéculative, mais le rôle d’Eichmann en tant que figure centrale dans le partenariat nazi-sioniste des années 1930 est un fait historique indéniable.

***

Comme on peut l’imaginer, l’industrie de l’édition américaine, largement pro-israélienne, n’était guère désireuse de servir de canal public aux révélations choquantes de Brenner quant à l’étroit partenariat économique nazi-sioniste, et il mentionne que son agent littéraire avait été systématiquement rejeté par chaque maison d’édition qu’il avait approchée, sur la base d’une grande variété de prétextes. Cependant, il parvint finalement à localiser un éditeur extrêmement obscur en Grande-Bretagne qui était prêt à accepter le projet, et son livre fut publié en 1983, ne recevant initialement comme critiques qu’une ou deux dénonciations sévères et superficielles, bien que l’Izvestia soviétique se soit intéressé à son projet avant de découvrir qu’il était un trotskiste abhorré.

Sa notoriété est survenue lorsque Shamir est soudainement devenu le Premier ministre d’Israël, et que Brenner a fourni les preuves de ses anciens liens avec les Nazis à la presse palestinienne de langue anglaise, qui les a largement publiées. Plusieurs marxistes britanniques, dont le tristement célèbre « Red Ken » Livingstone de Londres, lui ont organisé une tournée de conférences, et lorsqu’un groupe de militants sionistes de droite a attaqué l’un des événements et causé des blessures, l’histoire de la rixe a attiré l’attention des journaux grand public. Peu après, la discussion des découvertes étonnantes de Brenner parut dans le Times of London et parvint aux médias internationaux. Vraisemblablement, l’article du New York Times qui avait attiré mon attention à l’origine parut au cours de cette période.

Les professionnels des relations publiques sont très compétents pour minimiser l’impact des révélations préjudiciables, et les organisations pro-israéliennes ne manquent pas de telles personnes. Juste avant la publication de son livre remarquable en 1983, Brenner a soudain découvert qu’un jeune auteur pro-sioniste, Edwin Black, travaillait avec acharnement sur un projet similaire, apparemment soutenu par des ressources financières suffisantes pour employer une armée de cinquante chercheurs afin de lui permettre de terminer son projet en un temps record.

Étant donné que le sujet embarrassant du partenariat nazi-sioniste avait été tenu à l’écart du public pendant près de cinq décennies, ce timing semble certainement plus qu’une simple coïncidence. On peut supposer que les nombreux efforts infructueux de Brenner pour trouver un éditeur grand public en 1982 ont été connus, de même que son succès final à trouver un éditeur marginal en Grande-Bretagne. N’ayant pas réussi à empêcher la publication d’un document aussi explosif, des groupes pro-israéliens ont discrètement décidé que leur meilleure option était maintenant d’essayer de s’emparer eux-mêmes du sujet, permettant la divulgation des parties de l’histoire qui ne pouvaient plus être dissimulées, mais excluant les éléments plus dangereux, tout en présentant cette histoire sordide sous le meilleur jour possible.

Le livre de Black, The Transfer Agreement, a peut-être paru un an plus tard que celui de Brenner, mais il a clairement été soutenu par une publicité et des ressources beaucoup plus importantes. Il a été publié par Macmillan, un éditeur de premier plan, était presque deux fois plus long que le court ouvrage de Brenner, et a été fortement soutenu par des personnalités de premier plan du firmament du militantisme juif, dont le Centre Simon Weisenthal, le Mémorial israélien de l’Holocauste et les Archives juives américaines. En conséquence, il a reçu des critiques longues, pas forcément favorables, dans des publications influentes telles que The New Republic et Commentary.

En toute justice, je devrais mentionner que dans l’avant-propos de son livre, Black affirme que ses efforts de recherche ont été totalement découragés par presque toutes les personnes qu’il a approchées, et que par conséquent, il avait travaillé sur le projet seul et intensément depuis de nombreuses années. Cela impliquerait que la sortie quasi simultanée des deux livres soit uniquement due au hasard. Mais une telle image ne concorde guère avec les témoignages élogieux de tant de dirigeants juifs éminents, et personnellement, je trouve que l’affirmation de Brenner selon laquelle Black fut assisté de cinquante chercheurs est beaucoup plus convaincante.

Puisque Black et Brenner décrivaient tous deux la même réalité fondamentale et s’appuyaient sur beaucoup de documents identiques, à bien des égards, les histoires qu’ils racontent sont généralement similaires. Mais Black exclut soigneusement toute mention d’offres de coopération militaire sioniste avec les Nazis, sans parler des tentatives répétées de la faction sioniste de Shamir pour rejoindre officiellement les puissances de l’Axe après le déclenchement de la guerre, ainsi que de nombreux autres détails particulièrement embarrassants.

En considérant que le livre de Black a été publié pour les raisons que j’ai suggérées, je pense que la stratégie des groupes pro-israéliens a largement réussi, sa version de l’histoire semblant avoir rapidement supplanté celle de Brenner, sauf peut-être dans les milieux fortement gauchistes ou antisionistes. En tapant chaque combinaison du titre et de l’auteur sur Google, le livre de Black obtient huit fois plus de résultats, et ses ventes et critiques sur Amazon sont également à peu près huit fois supérieures. Plus particulièrement, à la date de publication de cet article, ni l’article de Wikipédia sur L’accord de transfert ni celui surL’accord Ha’avara ne comportent la moindre référence aux recherches de Brenner, bien que son livre ait été publié le premier, soit beaucoup plus large et qu’il ait été le seul à fournir des preuves documentaires. En guise d’exemple personnel de la situation actuelle, j’ignorais complètement l’histoire de la Ha’avara jusqu’à il y a quelques années, quand j’ai trouvé des commentaires sur certains sites internet mentionnant le livre de Black, ce qui m’a amené à l’acheter et à le lire. Mais même alors, le volume beaucoup plus vaste et explosif de Brenner m’est resté totalement inconnu, jusqu’à tout récemment.

***

Une fois que la Seconde Guerre mondiale a commencé, ce partenariat nazi-sioniste s’est rapidement évanoui pour des raisons évidentes. L’Allemagne était maintenant en guerre avec l’Empire britannique, et les transferts financiers vers la Palestine sous contrôle britannique n’étaient plus possibles. En outre, les Palestiniens arabes étaient devenus très hostiles aux immigrants juifs, craignant légitimement de se voir expulsés et remplacés, et une fois que les Allemands ont été forcés de choisir entre maintenir leur relation avec un mouvement sioniste relativement marginal ou gagner la sympathie politique d’une vaste mer d’Arabes et de musulmans du Moyen-Orient, leur décision fut naturelle. Les sionistes faisaient face à un choix similaire, et en particulier une fois que la propagande de guerre commença à noircir les gouvernements allemand et italien, leur long partenariat précédent n’était pas quelque chose qu’ils souhaitaient que le public connaisse.

Cependant, exactement à ce même moment, une connexion quelque peu différente et également oubliée depuis longtemps entre les Juifs et l’Allemagne nazie est soudainement apparue.

Comme la plupart des gens partout dans le monde, l’Allemand moyen, qu’il soit Juif ou Gentil, n’était probablement pas très politisé, et même si le sionisme occupait depuis des années une place privilégiée dans la société allemande, le nombre de Juifs allemands ordinaires qui y ont accordé beaucoup d’attention n’est pas entièrement clair. Les dizaines de milliers de personnes qui ont émigré en Palestine pendant cette période étaient probablement motivées autant par les pressions économiques que par l’engagement idéologique. Mais la guerre a changé les choses de plusieurs autres manières.

Cela était encore plus vrai pour le gouvernement allemand. Le déclenchement d’une guerre mondiale contre une coalition puissante des empires britannique et français, renforcée par la suite par la Russie soviétique et les États-Unis, imposait le genre de pressions énormes qui pouvaient souvent surmonter les scrupules idéologiques. Il y a quelques années, j’ai découvert un livre fascinant de Bryan Mark Rigg publié en 2002, Les soldats juifs d’Hitler, une étude universitaire rigoureuse sur ce que le titre suggère. La qualité de cette analyse historique controversée est illustrée par les commentaires élogieux de nombreux experts universitaires en quatrième de couverture, et un traitement extrêmement favorable par un éminent spécialiste de l‘American Historical Review.

De toute évidence, l’idéologie nazie était essentiellement centrée sur la race et considérait la pureté raciale comme un facteur crucial de la cohésion nationale. Les individus possédant une ascendance non allemande substantielle étaient considérés avec beaucoup de suspicion, et cette préoccupation était grandement amplifiée si ce métissage était Juif. Mais dans une lutte militaire contre une coalition adverse possédant de nombreuses fois la population et les ressources industrielles de l’Allemagne, de tels facteurs idéologiques pouvaient être surmontés par des considérations pratiques, et Rigg soutient de manière convaincante que quelque 150 000 demi-Juifs ou quarts-Juifs ont servi dans les forces armées du Troisième Reich, un pourcentage probablement pas très différent de leur proportion dans la population générale en âge de servir dans l’armée.

La population juive allemande, intégrée et assimilée depuis longtemps, a toujours été disproportionnellement urbaine, riche et bien éduquée. En conséquence, il n’est pas étonnant qu’une grande partie de ces soldats partiellement Juifs qui ont servi Hitler aient été des officiers de combat plutôt que des simples conscrits, et ils comprenaient au moins 15 généraux et amiraux à moitié Juifs, et une autre douzaine de quart-Juifs occupant les mêmes hauts rangs. L’exemple le plus notable est celui du maréchal Erhard Milch, puissant commandant en second d’Hermann Goering, qui a joué un rôle opérationnel si important dans la création de la Luftwaffe. Il est certain que Milch avait un père Juif et, selon certaines affirmations beaucoup moins fondées, peut-être même une mère Juive, alors que sa sœur était mariée à un général SS.

Certes, l’élite raciale des SS avait généralement des normes d’ascendance beaucoup plus strictes, et même une trace de filiation non aryenne était normalement considérée comme éliminatoire. Mais même dans ce cas, la situation était parfois complexe, étant donné qu’il existait de nombreuses rumeurs selon lesquelles Reinhard Heydrich, le numéro deux de cette organisation très puissante, avait en fait des origines juives considérables. Rigg enquête sur cette affirmation sans en arriver à des conclusions claires, bien qu’il semble croire que les preuves indirectes impliquées pourraient avoir été utilisées par d’autres personnalités nazies comme moyen de pression ou de chantage sur Heydrich, qui était l’un des plus influents et importants personnages du Troisième Reich.

Autre ironie du sort, la plupart de ces personnes avaient leur ascendance juive par l’intermédiaire de leur père et non de leur mère. Donc bien que n’étant pas Juifs selon la loi rabbinique, leurs noms de famille reflétaient souvent en partie leurs origines sémitiques, bien que dans de nombreux cas, les autorités nazies se soient efforcées de fermer les yeux sur cette situation outrageusement flagrante. En guise d’exemple extrême cité par un critique académique du livre, un demi-Juif portant le nom distinctement non-Aryen de Werner Goldberg a effectivement eu sa photo en évidence dans un journal de propagande nazi de 1939, avec la légende le décrivant comme « Le soldat allemand idéal ».

L’auteur a mené plus de 400 entretiens individuels avec des semi-Juifs et des membres de leur famille encore en vie. Ceux-ci ont brossé un tableau très contrasté des difficultés rencontrées sous le régime nazi, qui varient énormément en fonction des circonstances et de la personnalité de leur supérieurs. Une cause importante de plainte était qu’en raison de leur statut, les semi-Juifs se voyaient souvent refuser les honneurs militaires ou les promotions qu’ils avaient légitimement gagnés. Toutefois, dans des conditions particulièrement favorables, ils pouvaient également être reclassés juridiquement dans la catégorie « De sang allemand », ce qui éliminait officiellement toute atteinte à leur statut.

Même la politique officielle semble avoir été assez contradictoire et vacillante. Par exemple, lorsque les humiliations civiles parfois infligées à des membres entièrement Juifs de la famille de demi-Juifs servant dans l’armée ont été portées à l’attention de Hitler, il a estimé que cette situation était intolérable, déclarant que soit ces parents devaient être totalement protégés face à de telles humiliations, soit tous les demi-Juifs devaient être renvoyés de l’Armée, et finalement, en avril 1940, il a publié un décret exigeant l’application de la deuxième option. Cependant, cet ordre a été largement ignoré par de nombreux commandants, ou mis en œuvre par un système de déclaration sur l’honneur qui équivalait presque à un « Ne posez aucune question, ne donnez aucune réponse », si bien qu’une fraction considérable de demi-Juifs purent rester dans l’armée s’ils le souhaitaient. Puis en juillet 1941, Hitler a fait marche arrière, promulguant un nouveau décret autorisant les demi-Juifs « méritants » qui avaient été exclus à retourner dans l’armée en tant qu’officiers, tout en annonçant qu’après la guerre, tous les quart-Juifs seraient reclassés en tant que citoyens Aryens « De sang allemand ».

Il a été rapporté qu’après que des questions aient été soulevées sur l’ascendance juive de certains de ses subordonnés, Goring aurait répondu avec colère : « C’est moi qui décide qui est Juif ! » Cette attitude semble capturer raisonnablement une partie de la complexité et de la nature subjective de la situation sociale d’alors.

Il est intéressant de noter que beaucoup de semi-Juifs interrogés par Rigg ont rappelé qu’avant l’arrivée au pouvoir de Hitler, les mariages mixtes de leurs parents avaient souvent suscité une hostilité beaucoup plus grande de la part des Juifs que des Gentils, suggérant que même en Allemagne où ils étaient très assimilés, la tendance juive traditionnelle à l’exclusivité ethnique était demeurée un facteur puissant.

Bien que les semi-Juifs dans le service militaire allemand aient certainement été soumis à diverses formes de mauvais traitements et de discrimination, nous devrions peut-être comparer cette situation à la situation analogue dans notre propre armée durant ces mêmes années au sujet des minorités américaines noires ou japonaises. À cette époque, les mariages interraciaux étaient légalement interdits dans une grande partie des États-Unis, de sorte que la population métisse de ces groupes était presque inexistante ou d’origine très différente. Mais lorsque les Américains d’origine japonaise furent autorisés à quitter leurs camps de concentration de guerre et à s’enrôler dans l’armée, ils furent exclusivement confinés à des unités entièrement japonaises, dont les officiers étaient généralement blancs. Pendant ce temps, les Noirs étaient presque entièrement exclus du service de combat, même s’ils pouvaient parfois avoir des rôles de soutien strictement réservés aux Noirs. L’idée qu’un Américain ayant une trace notable d’ascendance africaine, japonaise ou même chinoise puisse servir comme général ou même officier dans l’armée américaine et exercer ainsi une autorité de commandement sur les troupes américaines blanches aurait été presque impensable. Le contraste avec la pratique dans la propre armée d’Hitler est très différent de ce que les Américains pourraient naïvement supposer.

***

Ce paradoxe est loin d’être aussi surprenant qu’on pourrait le supposer. Les divisions non économiques dans les sociétés européennes avaient presque toujours suivi des lignes de démarcation religieuses, linguistiques et culturelles plutôt que tenant à l’ascendance raciale, et la tradition sociale de plus d’un millénaire ne pouvait être facilement balayée par une demi-douzaine d’années d’idéologie national-socialiste. Au cours de ces premiers siècles, un Juif sincèrement baptisé, que ce soit en Allemagne ou ailleurs, était généralement considéré comme aussi chrétien qu’un autre. Par exemple, Tomás de Torquemada, la figure la plus effrayante de la redoutable Inquisition espagnole, est issu d’une famille de Juifs convertis.

Même des différences raciales plus larges étaient difficilement considérées comme d’une importance cruciale. Certains des plus grands héros de cultures nationales particulières, comme le Russe Alexandre Pouchkine et le Français Alexandre Dumas, avaient une ascendance africaine noire importante, ce qui n’était certainement pas considéré comme une caractéristique éliminatoire.

En revanche, la société américaine, depuis sa création, a toujours été nettement divisée par la race, d’autres différences constituant généralement des obstacles beaucoup moins importants aux mariages mixtes et au mélange. J’ai lu des affirmations très répandues selon lesquelles, lorsque le Troisième Reich a élaboré ses lois de Nuremberg de 1935 restreignant le mariage et les autres arrangements sociaux entre Aryens, non-Aryens et semi-Aryens, ses experts auraient puisé dans la longue expérience juridique américaine, ce qui semble tout à fait plausible. En vertu de cette nouvelle loi nazie, les mariages mixtes préexistants bénéficiaient d’une certaine protection juridique, mais dorénavant, les Juifs et les demi-Juifs ne pouvaient se marier qu’entre eux, tandis que les quart-Juifs ne pouvaient épouser que des Aryens normaux. L’intention évidente était d’absorber ce dernier groupe dans la société allemande dominante, tout en isolant la population plus fortement juive.

Ironie du sort, Israël est aujourd’hui l’un des rares pays à avoir un type similaire de critères strictement raciaux pour le statut de citoyen et d’autres privilèges, la politique d’immigration exclusivement juive étant désormais souvent déterminée par des tests ADN, et les mariages entre Juifs et non-Juifs légalement interdits. Il y a quelques années, les médias du monde entier ont rapporté l’histoire remarquable d’un Arabe palestinien condamné à une peine de prison pour viol parce qu’il avait eu des relations sexuelles consenties avec une femme juive en se faisant passer pour un Juif.

Puisque le judaïsme orthodoxe est strictement matrilinéaire et contrôle la loi israélienne, même les Juifs d’autres branches peuvent éprouver des difficultés inattendues en raison de conflits entre leur identité ethnique personnelle et leur statut juridique officiel. La grande majorité des familles juives les plus riches et les plus influentes du monde ne suivent pas les traditions religieuses orthodoxes et, au fil des générations, elles ont souvent épousé des femmes païennes. Cependant, même si ces dernières se sont converties au judaïsme, leurs conversions sont considérées comme invalides par le rabbinat orthodoxe et aucun de leurs descendants ne sont considérés comme Juifs. Donc si certains membres de ces familles développent plus tard un engagement profond envers leur héritage juif et immigrent en Israël, ils sont parfois scandalisés de découvrir qu’ils sont officiellement classés comme « goyim » en vertu de la loi orthodoxe et que la loi leur interdit d’épouser des Juifs. Ces controverses politiques majeures éclatent périodiquement et atteignent parfois les médias internationaux.

Il me semble évident que tout fonctionnaire américain qui proposerait des tests d’ADN raciaux pour décider de l’admission ou de l’exclusion d’immigrants potentiels aurait beaucoup de mal à rester en poste, et les activistes Juifs d’organisations comme l’Anti-Defamation League (ADL) seraient probablement les premiers à le dénoncer. Et il en irait de même pour tout procureur ou juge qui enverrait des non-Blancs en prison pour le crime de « s’être fait passer » pour un Blanc et d’être parvenu à séduire des femmes de ce groupe. Un destin similaire frapperait les partisans de telles politiques en Grande-Bretagne, en France ou dans la plupart des autres pays occidentaux, avec les organisations locales de type ADL jouant certainement un rôle important dans les campagnes de dénonciation de ces politiques racistes. Pourtant, en ce qui concerne Israël, l’existence de telles lois ne fait qu’engendrer un petit embarras temporaire lorsqu’elles sont couvertes par les médias internationaux, et elles restent invariablement en place après la disparition de l’agitation et son oubli. Ce genre de problèmes est considéré comme étant aussi négligeable que l’étaient les relations nazies du Premier ministre israélien pendant la majeure partie des années 1980.

LE CAMELEON ERDOGAN VA FULMINER. LES USA REPORTENT LA LIVRAISON DE DEUX F-35 DEJA PAYES

Washington reporte la livraison à Ankara de deux F-35 déjà payés

 Depuis 8 heures  15 août 2018

f-35

 Amérique et Europe - USA

 

Les Etats-Unis arrêtent la coopération avec la Turquie dans le cadre du programme conjoint sur la construction des chasseurs F-35, indique le texte du budget de la Défense américaine pour l’année 2019, signé lundi par le Président Trump.

Selon le quotidien Hürriyet Daily News, la force aérienne turque aurait dû recevoir 100 F-35 pour un montant de 11 milliards de dollars dont 800 millions ont déjà été versés aux États-Unis.

Pourtant, après l’adoption du budget, Washington a reporté la livraison de deux chasseurs déjà construits. Les pilotes turcs qui suivaient une formation aux États-Unis sont rentrés en Turquie tandis que les avions sont restés à la base aérienne Luke, dans l’Arizona.

Si Washington et Ankara reprennent la coopération dans ce domaine ceci sera décidé après que le Pentagone publiera dans trois mois un rapport sur les relations turco-américaines.

Le rapport devrait évaluer la participation de la Turquie au programme du F-35 ainsi que les risques que poserait l’achat du système de défense antimissile russe S-400 par le pays.

Source: Avec Sputnik

https://french.almanar.com.lb/1006348


 

FACE AUX SANCTIONS US CONTRE LA TURQUIE, ERDOGAN RELEVE FORTEMENT LES DROITS DE DOUANE NOTAMMENT SUR LES VOITURES, L'ALCOOL ET LE TABAC

Recep Tayyip Erdogan

Sanctions US contre la Turquie: Erdogan contre-attaque

© AFP 2018 Adem Altan

INTERNATIONAL

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27944

Face aux sanctions américaines, le Président turc a ordonné de relever considérablement les droits de douane sur plusieurs catégories de produits américains, notamment les voitures, l’alcool et le tabac.

En guise de riposte aux sanctions américaines, la Turquie relève les droits de douane de 120% sur les véhicules de tourisme, de 140% sur les boissons alcoolisées et de 60% sur le tabac, selon un décret signé par le Président Recep Tayyip Erdogan.

Des hausses sont également prévues pour d'autres produits tels que les cosmétiques, le riz et le charbon.

 

Recep Tayyip Erdogan

© AFP 2018 ADEM ALTAN

Erdogan propose de se venger des USA en boycottant les iPhone

Le vice-Président, Fuat Oktay, a justifié ces mesures par les «attaques délibérées commises par le gouvernement américain contre l'économie turque».

 

Le Président américain a annoncé vendredi sur Twitter une hausse des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs, désormais respectivement de 50% et 20%, notant que les relations entre les États-Unis et la Turquie, alliés au sein de l'Otan, n'étaient «pas bonnes en ce moment».

La Turquie envisage de doubler les taxe sur 22 produits américains pour un montant de 533 milllions de dollars.

La devise turque, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au billet vert depuis le début de l'année, a enregistré hier une baisse vertigineuse jusqu'à atteindre des plus bas historiques. Elle s'échangeait à 6,43 livres pour un dollar à la clôture de Wall Street, soit une baisse de 13,7% après avoir perdu jusqu'à 24% au cours de la journée.

Face à cette déroute, M. Erdogan, qui fait face à l'un de ses plus difficiles défis économiques depuis son arrivée au pouvoir en 2003, a appelé ses concitoyens à la «lutte nationale» et à changer leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie.

Le 10 août, le Président américain a annoncé vendredi un doublement des droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs importés aux États-Unis, affirmant que les relations avec Ankara n'étaient «pas bonnes en ce moment».

Sanctions US contre la Turquie: Erdogan contre-attaque

© SPUTNIK .

Sanctions US contre la Turquie: Erdogan

https://fr.sputniknews.com/international/201808151037662770-sanctions-us-turquie-erdogan/


 

LE PRESIDENT DU PRINCIPAL SYNDICAT NIGERIAN APPELLE LE PRESIDENT DU NIGERIA A AGIR POUR L'INDEPENDANCE DU SAHARA OCCIDENTAL

Drapeau du Sahara occidental

Le Front Polisario rafle le soutien du plus grand syndicat du travail au Nigéria

© AFP 2018 Ryad Kramdi

INTERNATIONAL

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3130

Le président du principal syndicat nigérian (NLC), Ayuba Wabba, a appelé dans une réunion publique le Président du pays à «(…) convaincre le Maroc de mettre fin à l’esclavage au Sahara occidental et d’accorder l’indépendance à la population sahraouie», selon le site d’information marocain Le Desk, le 12 août.

Lors d'une réunion publique organisée par le Mouvement nigérian pour la libération du Sahara occidental, Ayuba Wabba, le président du Congrès du travail du Nigeria (NLC), la principale confédération syndicale du pays, a appelé le Président du pays Muhammadu Buhari à agir pour l'indépendance du Sahara occidental. C'est ce qu'a indiqué le site d'information marocain Le Desk dans son édition du 12 août.

 

Rabat

© SPUTNIK . NATALIA SELIVERSTOVA

Rôle présumé de l’Algérie au Sahara occidental: le Maroc voit rouge

Selon le chef syndical, le Président du Nigéria devrait faire en sorte «de convaincre le Maroc de mettre fin à l'esclavage au Sahara occidental et d'accorder l'indépendance à la population sahraouie», rapporte le média.

 

Tout en appelant le chef de l'État à tenir sa promesse «en faveur de l'indépendance du Sahara Occidental», le responsable syndical a souligné qu'il était «honteux que le Nigéria continue sa romance avec le Maroc, qui a refusé de laisser un pays frère vivre librement et jouir de son indépendance». «Le silence du gouvernement nigérian contre la perversion du Sahara occidental signifie simplement que le Nigéria s'associe à l'injustice», a-t-il affirmé, selon le site d'information.

 

Le drapeau de la RASD

© AFP 2018 RYAD KRAMDI

Polisario: l’UE «ne fait qu’encourager l’occupation marocaine» du Sahara occidental

Évoquant la stabilité du continent africain, le président du NLC a souligné que son pays devrait soutenir les autres États du continent contre toutes les formes d'injustice. «Sachez que le continent africain dans son ensemble ne connaîtra la paix que lorsque tous les pays sous une forme ou une influence coloniale seront complètement libérés», a-t-il précisé, selon la même source.

 

Pour sa part, Ezenwa Nwagwu, membre du Comité pour la défense des droits de l'Homme, présent à la même réunion, a suggéré que «les Nigérians devraient boycotter les biens et les produits du Maroc en solidarité avec le Sahara occidental», a conclu Le Desk.

 

Le drapeau de la RASD

© AFP 2018 RYAD KRAMDI

Pêche UE-Maroc: le Polisario réagit à l’inclusion des eaux adjacentes au Sahara occidental

Lors de la clôture, le 2 juillet, de son 31e sommet à Nouakchott, l'Union africaine (UA) a annoncé l'adoption d'un mécanisme africain pour le règlement du conflit du Sahara occidental. Le mécanisme en question a été recommandé par le rapport du président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, sur le Sahara occidental, présenté dimanche 1er juillet aux chefs d'État africains, selon le site d'information Tout Sur l'Algérie (TSA).

 

 

Drapeau marocain, Rabat

© AP PHOTO / ABDELJALIL BOUNHAR

 

Sahara occidental: Londres et Washington apportent leur soutien au plan de Rabat

Le document consulté par TSA affirme qu'il est «crucial que l'UA s'implique dans la recherche d'une solution (…) et son rôle [l'UA, ndlr] devrait être d'accompagner et d'appuyer les efforts des Nations unies tout en sachant que le Conseil de sécurité est saisi de la question». «Le conflit du Sahara occidental n'a que trop duré. Cette situation est entrée dans une phase où, au-delà de ses effets négatifs bien connus au niveau de la région, y compris sur les personnes affectées, elle menace aussi le fonctionnement de l'UA et fait obstacle à la mise en œuvre de son agenda. Un tel état de fait ne peut être toléré», ajoute le rapport.

https://fr.sputniknews.com/international/201808141037647873-sahara-occidental-syndicat-nigerian-soutien-polisario/