AHMED HALFAOUI - AFRIQUE : BARAK OBAMA EN VRP

Transmis par Ahmed.Halfaoui
 
 
 
 

Afrique : Barak Obama en VRP

 

Alors que, en Afrique, le président des Etats-Unis est venu faire son travail de colporteur des commerçants de son pays, un bruit médiatique assourdissant est fait, à propos des « droits de l’homme » et de « gouvernance », comme si le monsieur venait faire des cadeaux aux dictatures ou à ce qui est considéré comme tel. Le hic c’est que lui, aussi, en fait une affaire et ne se prive pas de donner la leçon, même dénoncer les restrictions aux libertés homosexuelles, à des lieues des doxas populaires locales. Il faut dire que, tant qu’à faire, il n’a pas à se priver. Ne représente-t-il pas, après tout, le modèle d’entre les modèles de la démocratie, ce modèle qui a démontré qu’il avait des arguments assez convaincants en la matière, en termes de férocité ? Pas trop cassant, parfois, ces arguments, quand c’est permis. Comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire, quand fut « certifié » Alassane Ouattara, par la « communauté internationale », contre Laurent Gbagbo qui, en passant, a voulu croire à la souveraineté de son pays. Mais, en apparence, on en est plus à ce genre d’extrémités, puisque Barak Obama ne s’est pas gêné d’aller au Kenya, servir des trémolos sur la « terre de ses ancêtres », et danser avec le président Uhuru Kenyatta, un ex de la liste de la CPI. Si cela en est ainsi, c’est certainement qu’il n’est pas possible de « certifier » partout des Ouattara, qu’il faut trouver ou fabriquer, ce qui n’est pas une mince affaire. Le sourire, avec l’espoir derrière que la crainte fera son effet, sera donc au menu d’une opération de conquête de l’Afrique et de containment de la Chine et, pourquoi pas même si ce n’est pas dit, de l’Europe. En ces temps de rétrécissement du marché mondial et de montée en puissance d’une concurrence aux dents longues, il est nécessaire, voire vital, pour la première puissance économique de se faire plus entreprenante que jamais ou s’effondrer le cas échéant. Il faut absolument augmenter les gains. Il y a péril en la demeure. La veille de l’arrivée du Potus,  la Chine  a accordé 17 millions de dollars de prêt au  Kenya, destinés à financer trois projets, dont la construction d’un très symbolique « construction du plus grand Institut Confucius d'Afrique ». Concernant les volumes d’échanges bilatéraux, en 2014, ils ont atteint 5,09 milliards de dollars (contre 2,2 milliards de dollars pour le commerce avec les Etats-Unis). Pour ce qui est de l’ensemble du continent, étant bien sûr entendu que les soldes positifs ne sont pas africains, force est de considérer les  200 milliards de dollars par an, des échanges entre la Chine et l'Afrique, rapportés aux 140 milliards réalisés avec l'Union européenne et aux 73 milliards de dollars échangés avec les Etats-Unis. Au vu de cela, la tâche du président étatsunien s’avère des plus ardues. « Il nous comprend… Il est l’un des nôtres », aurait dit sa demi-sœur kenyane, intoxiquée par le mythe d’un système mondial bâti sur la générosité, elle aurait dû plutôt l’écouter plus attentivement. Elle aurait compris qu’il est plutôt venu pour prendre et non pour donner, pour être compris, non pour comprendre.   


Ahmed Halfaoui


 

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