DANS UNE GUERRE CONTRE LA RUSSIE, L'OTAN RECEVRA UNE RACLEE !!

Dans une guerre avec la Russie, l’Otan n’a aucune chance

Aussi longtemps qu’on pourra parler au sujet d’une guerre proche des frontières russes, les projets militaires de la Défense russe ne sont pas une menace pour les USA ou l’Europe de l’Ouest.


Par le Saker Original – Le 24 juillet 2015 – Source Russia Insider via The Unz Review

Troupes aéroportées de la Force de réaction rapide russe

Un récent article de Unz Review  affirme que «selon un scénario probable, la Russie possède la capacité de détruire complètement les USA en tant que pays en 30 minutes environ (les USA de même peuvent en faire autant avec la Russie). Tous les planificateurs de guerre étant tenus de prendre en considération le potentiel d’escalade de toute action militaire envers la Russie

 

Ceci induit la question de la façon dont la Russie peut contrer l’armée des USA, en considérant, pour les besoins de la démonstration, qu’aucun des deux côtés ne soit décidé à faire usage d’armes nucléaires, y compris d’armes nucléaires tactiques. Si par miracle toutes les armes nucléaires disparaissaient, à quoi ressemblerait l’équilibre des forces entre les Russes et les USA ?

Compter des billes 1 n’a absolument aucun sens.

La réponse typique à ce genre de question est ce que les penseurs de l’US Air Force appellent compter des billes. Généralement les journalistes se réfèrent couramment au document IISS Military Balance ou à une référence telle que Global Firepower  et énumèrent le nombre d’hommes, les principaux chars, les personnels des unités blindées, les véhicules d’infanterie, les avions de combat, les navires de surface, les sous-marins, etc… cités par chaque partie dans leurs relevés.

La réalité c’est que compter des billes ne signifie absolument et radicalement rien. Prenez un simple exemple : si une guerre survient entre, disons la Chine et la Russie, le fait que la Chine possède, mettons 1000 chars dans le Yunan, cela  ne fera aucune différence sur le cours de la guerre simplement parce qu’ils sont situés trop loin. Si nous appliquons cette règle à un ratio militaire conventionnel russo-américain, nous devons immédiatement répondre à deux questions de base :

a) Quelle fraction de la Force armée globale des USA peut-elle être immédiatement mobilisable dans le cas d’une guerre avec la Russie?

b) Sur quelle logistique cette force peut-elle compter et avec quelle rapidité peut-elle être disponible?

Gardez à l’esprit que chars, bombardiers, soldats, et artillerie ne combattent pas séparément : c’est pourquoi on les nomme logiquement armes d’opérations combinées. Ainsi, même si les USA peuvent mobiliser un nombre X de militaires à l’emplacement A, si ceux-ci n’ont pas tous les éléments des armes combinées pour les soutenir au combat, ils deviennent simplement une cible facile.

De plus, toute force de combat requiert un effort majeur de logistique et d’approvisionnement. Les Forces armées sont réputées pour leur consommation d’une immense quantité de carburant, d’huiles, et de lubrifiants. Selon les estimations, en 1991, une division US était autosuffisante uniquement pour cinq jours, après quoi elle demandait un effort majeur de réapprovisionnement.

Pour finir, toute force qui se déplacera vers le point A peut être incapable, une fois arrivée à ce point A d’exécuter le rôle normal qui lui est assigné. Maintenant prenez en considération que le  point A peut être le Moyen-Orient, ou même l’Extrême-Orient, et vous pouvez comprendre que ce soit une décision difficile à gérer pour les généraux US.

Une guerre lourde

Nous avons un bon exemple de la façon dont les USA fonctionnent : l’ Operation Desert Shield.

Durant cette gigantesque opération, cela a pris six mois aux USA et un effort logistique sans précédent pour rassembler les forces nécessaires pour attaquer l’Irak.

Et en sus, l’Arabie saoudite était préparée depuis des décennies pour accueillir cette armada (en accord avec la soi-disant Doctrine Carter), et les USA n’ont rencontré pratiquement aucune opposition de la part de Saddam Hussein.

a) Dans le cas d’une guerre avec la Russie, quel pays limitrophe de la Russie possédera une infrastructure similaire à celle de l’Arabie Saoudite : équipement prépositionné, larges bases militaires, aéroports, ports en eau profonde, etc… (Réponse : aucun).

b) Peut-on imaginer que les Russes laisseront aux USA six mois pour préparer la guerre sans agir? (Réponse : impossible).

Quelqu’un peut objecter que toutes les guerres ne suivent pas le scénario de Desert Storm. Que ce que les USA préparent serait plutôt une intervention ultra-légère mettant en œuvre uniquement les Forces de réaction rapide des USA et de l’Otan?

Guerre légère type réaction rapide

Je désire répéter ici quelque chose que j’ai publié en décembre de l’année dernière.

Les Russes n’ont pas peur d’une menace militaire lancée par l’Otan. Leur seule réaction aux derniers déploiements de l’Otan (nouvelles bases et nouveau personnel en Europe centrale, plus d’investissements, etc…), est de les dénoncer comme des provocations, mais les officiels russes insistent tous sur le fait que la Russie peut gérer cette menace militaire.

Un député russe le déclare : «Cinq Groupes de réaction rapide de diversion peuvent être ‘traités’ par un seul missile.» Un formule aussi simple que basiquement correcte.

Ainsi que je l’ai mentionné auparavant, la décision de doubler la taille des Forces parachutistes russes et de hisser le 45e Régiment d’élite parachutiste spécialisé jusqu’au niveau de la Brigade avait été de toute façon décidé avant. Vous pouvez comprendre que la Russie avait prévu de contrer la création des 10 000 militaires de la Force de l’Otan par le renforcement de sa propre force mobile aéroportée, passant de 36 000 à 72 000 hommes.

Ceci est typiquement Poutine. Alors que l’Otan annonce avec tambours et trompettes que l’Otan va créer une force de réaction rapide de 10 000 hommes, Poutine tranquillement double la taille de ses Forces parachutistes jusqu’à 72 000 hommes.

Et croyez moi, les Forces parachutistes russes sont largement capables de combattre une Euroforce multinationale hédoniste et démotivée (28 pays), composée de 5 000 hommes de l’Otan qui ont un mal fou à se coordonner.

En d’autres mots, l’Action militaire légère ou la Réaction rapide sont le domaine d’excellence des Russes et pas le genre de conflit ou les USA ou l’Otan peuvent espérer dominer [cf, la Géorgie en 2008, NdT]. Parallèlement, si cette action légère dure plus longtemps que prévu et escalade vers quelque chose de plus lourd, qui des USA ou de la Russie possède ses renforts lourds le plus près ?

Choc et Terreur

Il y a aussi un autre modèle disponible pour le commandement US : le schéma Choc et Terreur [Shock and Awe, NdT]. Une attaque massive de missiles soutenue par des bombardements. Ici, on peut facilement objecter que bombarder la Russie n’a rien de comparable avec bombarder l’Irak et que les défenses aériennes russes sont les plus efficaces de la planète.

Ce que je peux en dire c’est que même si les USA ont un excellent taux de réussite quand ils bombardent des civils, leurs réussites contre des objectifs militaires telles que les Forces armées serbes au Kosovo ont été des ratés abjects. 2

Mais même si on suppose que d’une façon quelconque les US puissent réussir dans cette guerre à distance favorite, est-ce que quelqu’un peut sérieusement atteindre l’armée russe, ou casser la volonté du peuple russe? Les habitants de Léningrad ont survécu non pas à 78 mais à 900 jours d’un siège infiniment plus féroce de la part des nazis et à des bombardements meurtriers et continuels, sans jamais penser à capituler.

La réalité est qu’être sur la défensive donne aux Russes un énorme avantage face aux USA, surtout si on envisage l’emploi d’armes conventionnelles. Et surtout si le conflit commence en Ukraine ou dans les États baltes, la proximité géographique donne aux Russes un avantage décisif sur n’importe quelle attaque US/Otan. Le Commandement américain le comprend très bien même s’il prétend le contraire.

Inversement, une attaque russe contre les USA ou l’Otan est simplement inenvisageable pour ces mêmes raisons. La Russie ne peut projeter ses forces très loin de ses frontières.

En fait, si vous suivez la manière dont les forces russes sont organisées, structurées, et entraînées, vous comprenez immédiatement qu’elles sont prévues pour vaincre un ennemi sur leurs frontières ou au plus à 1 000 km de celles-ci.

Oui, bien sûr, vous pensez aux bombardiers russes, aux navires de surface, et aux sous-marins, qui vont plus loin, mais ils ont principalement la mission de faire flotter les couleurs du drapeau russe, pas de s’entraîner sur les scénarios militaires actuels.

Le seul but réel des Forces militaires des USA est de battre régulièrement quelques petits pays sans défense, afin de leur voler leurs ressources, de déposer un gouvernement qui défie leur hégémonie mondiale, ou simplement pour faire un exemple.

L’Armée américaine n’a jamais été destinée à mener une guerre majeure contre un ennemi sophistiqué. Seules les Forces nucléaires stratégiques sont actuellement dédiées à défendre les USA contre un autre pouvoir nucléaire (la Russie ou la Chine), ou à mener une guerre majeure.

Alors que les Forces militaires russes sont à but uniquement défensif et n’ont aucune destination à menacer quelqu’un en Europe, et encore moins les Etats-Unis.

Cependant les médias européens aux ordres continuent à compter les billes US et russes, mais leur propagande est destinée à créer un effet d’urgence et de peur dans le public en général. La réalité pour un futur envisageable est que personne, des USA ou de la Russie, n’a la capacité d’attaquer avec succès l’un ou l’autre, même avec uniquement des forces conventionnelles.

Le seul réel danger réside dans une escalade soudaine et imprévue qui peut amener à une confrontation qu’aucun des deux côtés ne désirerait, ni n’est préparé à affronter. L’attaque israélienne sur le Liban en 2006, ou l’attaque géorgienne sur les Soldats de la Paix de l’ONU (russes) en 2008, sont deux effrayantes preuves que quelquefois des politiciens déjantés peuvent prendre des décisions incroyablement stupides.

Je suis confiant dans le fait que Poutine et son équipe ne désireront jamais prendre une décision aussi idiote mais quand je regarde vers l’équipe actuelle des candidats aux présidentielles des USA, je dois vous confirmer que je suis réellement très inquiet.

Vous voyez de quoi je parle?

Traduit par Gilles Chertier, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Notes

 
  1. Les billes ne valent rien, les compter est un exercice stupide. Un compteur de billes est quelqu’un qui pinaille juste pour avoir raison ou faire des économies de bout de chandelle ↩
  2. 78 jours de bombardements non-stop par les US/Otan, plus de 1 000 aéronefs engagés, 38 000 sorties aériennes, et tout ça pour quoi? Détruire 10 avions serbes (la plupart au sol), et 20 ou plus d’APC et chars détruits, 1 000 soldats serbes morts ou blessés. Tout cela contre une armée de 130 000 militaires serbes, de 80 avions, de 1 400 pièces d’artillerie, de 1 250 chars, et de 825 APC (tout cela selon Wikipedia). Le 3e Corps d’armée serbe est sorti totalement indemne de ce bombardement massif qui peut s’inscrire dans l’Histoire comme la pire défaite aérienne connue. ↩
 
 

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