FAUT-IL PRENDRE AU SERIEUX LA MENACE NUCLEAIRE DE DAESH?

 
Le groupe terroriste «Daech» a annoncé dans les médias qu'il pouvait théoriquement acquérir des armes nucléaires au cours des 12 prochains mois, a rapporté samedi le quotidien britannique The Independent.

Bertrand Slaski, consultant senior de la société française de conseil en stratégie et en management des risques (CEIS), a commenté ces informations pour Sputnik:

«Daech», est-il réellement en mesure de s'emparer de l'arme atomique?

«D'abord, concernant l'arme nucléaire, il faut rappeler que l'on parle ici du système militaire certainement le plus complexe à développer, à soutenir et à mettre en œuvre à ce jour. Le faible nombre des Etats qui disposent de cette capacité en témoigne.Faut-il prendre la menace nucléaire de «Daech» au sérieux?

De fait, le développement de l'arme nucléaire comme un Etat l'entend n'est pas à la portée d'un groupe terroriste, même si celui-ci dispose de moyens financiers conséquents et d'une assise territoriale importante, ce qui est le cas de l'Etat islamique (EI ou Daech).

Outre des infrastructures spécifiques (extraction, enrichissement d'uranium, stockage…), difficiles à dissimuler, le moindre programme exige la mobilisation d'experts de très haut niveau. Enfin, les vecteurs (missiles balistiques, avions…) sont hors de portée d'un groupe non-étatique, aussi puissant financièrement et politiquement soit-il».

Où les extrémistes pourraient-ils trouver une arme nucléaire?

«Concernant précisément la capacité de cette organisation à obtenir une ogive, elle peut être sérieusement questionnée. Le Pakistan est ici clairement identifié par le document de Daech comme le pays qui pourrait lui fournir une ogive, via sa "filiale" locale.

Or, les sites nucléaires y sont extrêmement bien sécurisés, notamment depuis les années 2000. Pour rester sur ce pays précis, il n'a clairement aucun intérêt à appuyer l'Etat islamique. Les autorités pakistanaises savent qu'elles seraient les premières victimes d'une telle coopération via différentes mesures de rétorsion de la communauté internationale. Enfin, Islamabad est un allié fidèle de Ryad. Or, l'Arabie saoudite est dans la ligne de mire de l'Etat islamique…»

Une «bombe sale»?

«L'option la plus probable pourrait être que l'organisation cherche à se doter d'une "bombe sale" (déchets radioactifs). Mais même ce cas de figure semble délicat à réaliser.

Enfin, il faut remettre les déclarations de l'Etat islamique dans un contexte historique plus global en rappelant que la chute du Pacte de Varsovie a entrainé le déploiement des mesures adaptées pour éviter la prolifération des armes de destruction massive. A ce jour, elles ont été très efficaces».

Source: Sputnik
28-05-2015 | 10:04

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=15083&cid=304#.VWcE000w86Y


 

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