INDIGNATION MONDIALE APRES L'EXECUTION DU CHEIKH AL-NIMR

 
 
 

De Téhéran à Washington, en passant par Bagdad ou Paris, l’exécution par l’Arabie saoudite, samedi 2 janvier, du dignitaire religieux Nimr Baqer Al-Nimr, figure de la contestation contre la monarchie, a provoqué colère et inquiétude.

Les ONG «Human Rights Watch» et Amnesty International ont condamné cette exécution.

«Le procès du Cheikh Al-Nimr était inéquitable. Cette exécution ne fera qu‘attiser les conflits sectaires et le chaos», a affirmé Sarah Leah Whitson, la Directrice exécutive de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord, à «Human Rights Watch» (HRW).

«L’exécution collective des prisonniers ne fera que ternir davantage l’image des droits de l'Homme, en Arabie», a-t-elle souligné.

Pour Philip Luther, directeur d’Amnesty International pour le Moyen-Orient, son exécution «suggère» que les autorités saoudiennes «utilisent les exécutions pour régler des comptes politiques (…) sous couvert de lutte contre le terrorisme».

Exacerbation des tensions

L’indignation est particulièrement forte en Iran, en Irak, au Liban et au Bahreïn.

Indignation mondiale après l’exécution du cheikh Al-Nimr

Face à la colère suscitée au Moyen-Orient et aux manifestations observées dans plusieurs pays depuis samedi, les Occidentaux ont également fait part de leur préoccupation. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé «tous les dirigeants de la région à chercher à éviter l’exacerbation des tensions sectaires».

Les Etats-Unis ont fait part d’une même crainte d’une «exacerbation des tensions communautaires à un moment où il est urgent de les apaiser». Washington a exhorté «le gouvernement d’Arabie saoudite à permettre que s’exprime pacifiquement la contestation». La France, qui «déplore profondément» ces exécutions, s’est jointe dimanche aux voix appelant les responsables de la région à «tout faire pour éviter l’exacerbation des tensions sectaires et religieuses».

L’Union européenne, aussi, par la voix de sa Haute Représentante pour la politique étrangère, Federica Mogherini, s’est dite inquiète quant à «la liberté d’expression et le respect des droits civils et politiques» en Arabie saoudite et a appelé le royaume à «promouvoir la réconciliation entre les différentes communautés» qui le composent.

De sa part, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a «profondément» regretté l’exécution, «en une seule journée», de 47 personnes en Arabie saoudite. Outre le cheikh Al-Nimr, l’Arabie saoudite – nommée en juin à la tête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU – a exécuté samedi 46 autres personnes condamnées pour «terrorisme».

La France et l’Allemagne ont vivement regretté la décision prise par Riyad, rappelant leur opposition à la peine de mort et invitant les dirigeants de la région à apaiser les tensions.

Indignation mondiale après l’exécution du cheikh Al-Nimr

Bilan désastreux en matière de droits de l'homme

Par ailleurs, Ottawa a brièvement réagi aux exécutions : «Le Canada a été déçu d'apprendre l'exécution de 47 personnes, y compris le cheikh Nimr al-Nimr, en Arabie saoudite, aujourd'hui», a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section d’Amnesty International au Canada francophone, estime que la recrudescence du recours à la peine de mort en Arabie saoudite est «choquante». Les dirigeants des États-Unis et du Canada ne peuvent plus ignorer le «bilan désastreux en matière de droits de l'homme», a-t-elle dit en entrevue à Radio-Canada. «Ça devient diplomatiquement gênant le bilan désastreux de l'Arabie saoudite. Les mots feutrés ne sont plus suffisants. Il faudra des mots publics plus forts».

Réactions sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, à l’instar du leader de la Révolution islamique sayed Ali Khamenei, de nombreux internautes dénoncent la mise à mort du cheikh Nimr al-Nimr.

Les commentaires hostiles au régime saoudien se multiplient (#saudiregime)

Une hostilité qui s’exprime également à Londres. Pour preuve, le rassemblement organisé ce samedi devant l’ambassade d’Arabie saoudite dans la capitale britannique.

Exécuté avec 46 autres détenus, cheikh Nimr al-Nimr était une figure de la contestation au régime mais n’a jamais encouragé le recours à la violence.

Source : sites web et rédaction

04-01-2016 | 11:22
 

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