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Arctique

L’Arctique représente l’avenir de la Terre

© Sputnik. Alexander Liskin
 
Analyse
 
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Alexandre Artamonov
 
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Le Conseil de l'Arctique a tenu dernièrement ses assises au Nord du Canada. L'Arctique est tellement convoitée par toutes les puissances de la région que le Canada n'a pas hésité à appuyer ses intérêts par la création des troupes spécialisées, rompues aux conditions locales. La Russie, elle, ne manque pas non plus d'élan en implantant de nouvelles bases tout le long de ses immensités glacées. Spécialiste de la région, le chercheur Vitali Keondjan nous passe en revue toutes les facettes étincelantes de ce glaçon très cher.

Vitali Keondjan. Toute ma vie je sers la Russie. En 1970, j'ai obtenu mon doctorat ès sciences physiques à l'UER de la physique mathématique à l'Université de Moscou. Depuis toujours je me suis intéressé à l'hydrodynamique qui peut être appliquée aux différentes disciplines scientifiques, c'est-à-dire l'aéronautique, le chantier naval aussi bien que la géophysique. Les équations sont toujours les mêmes. Alors dès le début j'ai travaillé à l'Institut d'océanographie de l'Académie des Sciences. J'y suis allé jusqu'à mon DEUG et ensuite y ai rédigé mes deux doctorats. Ensuite je me suis vu confier la direction d'un laboratoire qui avait comme sujet de recherche l'évolution de la planète Terre, le calcul des courants marins, hydroacoustique et la simulation des modèles des biotopes aquatiques sans parler de l'identification des corps physiques dans l'eau. Par exemple, un sous-marin. Il fut un temps où je présidais aux travaux de l'Institut océanographique public, le Roskomhydromet et ensuite je suis passé à l'Institut Vernadski qui oeuvrait à la fois dans le domaine de radiochimie et des processus dits naturels.

Nous menons des travaux de recherche sur les flux de méthane en Arctique. Ce qui est de la plus haute importance. Les effets mis en évidence sont très subtils. Nous mesurons la quantité de méthane émanant de la décongélation des couches minéralogiques précédemment gelées. Plus il y a de méthane plus on verra se développer l'effet pareil à l'effet de serre. Cela provoque une avalanche du type de cause à effet. Mais il s'agit d'un réchauffement naturel et point anthropogène. Le signal découlant du méthane gelé est comparable au réchauffement dû aux activités volcanique et anthropogène. Toutes les données doivent être prises en compte. Je ne voudrais pas parler des aspects scientifiques de ces travaux mais puis vous assurer qu'il y a de sérieuses découvertes y compris dans le domaine de l'hydrobiologie.

Il est important de faire ressortir qu'il s'agit des listes de données en continu couvrant une dizaine d'années à peu près. Plus la période est longue, plus sa valeur est grande. Cela est statistiquement tangible. Le programme est extrêmement fragile surtout dans le cadre de l'opposition géopolitique des grandes puissances en Arctique. Je ne veux donner les noms des personnalités qui ont essayé de mettre fin à ce programme par des moyens non directs. S'il existe c'est grâce à un miracle, car un individu appartenant à la marine nationale l'a personnellement interdit l'année dernière. Le programme apporte pleine satisfaction au milieu scientifique américano-russe. Il est à noter que le programme a été déclaré comme l'un des programmes climatiques cruciaux dans le cadre de la Commission Présidentielle russo-américaine. Elle a reçu également la plus haute notation des scientifiques des deux pays. Jusqu'aujourd'hui l'existence de ce programme était très peu ébruitée. Nous avions peur de donner l'information. Mais Arthur Tchilingarov pour qui j'ai beaucoup d'estime nous livre un flagrant exemple des actes brutaux dans cette région délicate. A mon sens, hisser un drapeau d'un pays donné dans les eaux neutres est un acte pour le moins ambigu.

Cela a été peut être original mais les réactions négatives de nos collègues se sont fait sentir de façon épidermique et immédiate. Les professionnels sont profondément reconnaissants à Arthur Nikolaévitch (Tchilingarov), car les investissements financiers y compris dans la sphère militaire américaine a plus qu'augmenté après.

Pour ce qui est du développement de la Voie du Nord, cette voie représente le futur à la puissance 10. De ce point de vue, la considération des paramètres météorologiques devient un facteur autrement plus important. Les organismes économiques sont en train d'élaborer une décision sur les investissements à entreprendre. Ce qui compte également est l'intérêt brûlant des Chinois. Lors de nos discussions avec les Américains nous avons évoqué la possibilité de faire appel aux brise-glaces chinois ce qui pourrait servir de leur apport financier au projet.

Du point de vue géopolitique il y a de 5 à 7 pays intéressés par la délimitation de leurs frontières arctiques. Tout ça c'est des Etats de cette zone. Il y a également un club de pays dont la Chine, la Corée et le Japon qui mettent en doute le droit prioritaire de ces Etats arctiques en manifestant leur désirr de participer aux partages des biens.

Du point de vue logistique une telle approche change de façon radicale l'optique de l'Arctique russe. Qu'avons-nous en esprit en parlant de cette région? Une province marginale connue pour des histoires folkloriques à goût d'anecdotes ou encore la vision du Tableau de Mendeleïev, ou bien un moyen de se faire rapidement du fric en s'activant sur les derricks… L'ouverture de la Grande Voie stationnaire, les activités de la population se dynamisent. Le facteur climatique et l'état de la banquise n'est plus comme cela a été. Et ce malgré quelques fluctuations locales. L'heure est tout de même au réchauffement. Bien sûr, cela est inévitable. La géométrie de l'Arctique elle-même nous dit qu'un grand progrès dans l'Arctique russe est à survenir rapidement.

Pour ce qui est du problème des tracés des frontières, il est pour une grande part attisé par les politiciens. Certains chercheurs y contribuent également par leurs actes maladroits. A mon sens le droit international et le consensus des états arctiques sont deux clés de voûte, censées nous ouvrir la voie à une solution équilibrée du problème. Mais il est de notoriété publique que la Fédération de Russie a mal formulé sa demande adressée à l'ONU.

A un moment donné, le très sage ministre Lavrov a marqué le début d'une nouvelle ère. C'était lors de la réunion de Groenland qui a incarné le début de l'existence du Club de pays arctiques qui doit l'emporter sur les intérêts individuels c'est-à-dire les désirs égoïstes des pays. Il me semble que cette frontière entre les pays arctiques et pas est parfaitement naturelle ».

Commentaire de la Rédaction. Le Conseil de l'Arctique vient de terminer ses travaux. Il a siégé cette fois-ci dans la ville canadienne d'Iqaluit se trouvant au nord du Cercle Polaire. A en croire les autochtones, les aurores boréales y sont d'une beauté à vous faire couper le souffle. Ce qui est autrement plus important c'est les efforts fournis par le Club pour limiter la pollution des eux arctiques et contribuer au sauvetage des ours polaires qui en souffrent le martyre. Les ours comme d'autres animaux exogènes sont même transférés sur le continent. Vladimir Poutine, lui, a lancé un programme spectaculaire du retour de la Russie dans ces contrées septenrionales. L'Arctique n'équivaut pas qu'à la pisciculture, création des forces armées locales et autres. C'est aussi une région plein d'avenir et d'un passé historique des peuples locaux protégés par des Etats faisant partie du Conseil de l'Arctique dont la Russie, les Etats-Unis, le Canada, la Finlande, la Norvège, la Suède, l'Islande et le Danemark. Les langues de vipère l'ont déjà surnommé le « Club de la Suisse polaire ».
 
http://fr.sputniknews.com/analyse/20150430/1015902682.html

 

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