L'ECOSSE VERS L'INDEPENDANCE ?

Drapeau de l’Ecosse

L’Ecosse n’abandonne pas l’idée d’accéder à l’indépendance

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Analyse
 
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Dmitri Geer
 
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Londres vit une transformation de la perception du monde insulaire. En automne dernier, l’Ecosse a démontré une volonté de séparation et de se sentir un peu indépendante, et à présent, des voix retentissent à Manchester dans ce sens que si l’Ecosse arrive à le faire, elle va la rejoindre.
 

Après tout, cet important centre industriel, financier et culturel est las du gouvernement de Londres. Plus de 70 % des personnes interrogées souhaitent passer sous le giron d'Edimbourg. Et cette dernière n'abandonne pas non plus l'idée de devenir indépendante. Ayant remporté une large victoire aux élections au parlement, Nicola Ferguson Sturgeon, leader des Ecossais, a déjà déclaré son intention d'essayer encore une fois de quitter le Royaume britannique. Et les chances sont assez grandes même après le revers du premier référendum, remarque Iouri Kvachnine, en charge des études de l'UE à l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales auprès de l'Académie russe des sciences:

 

« Les récentes élections en Grande-Bretagne dans la quasi-totalité des régions écossaises ont été remportées précisément par les nationalistes. Ils ont désormais une très bonne représentation au parlement britannique. A ce que je me rappelle, ce parti est le troisième après les conservateurs et les travaillistes. Et si à l'avenir il y a un mécontentement de l'Ecosse à propos de telles ou telles autres mesures prises en Grande-Bretagne, la question liée au référendum peut être soulevée, et il sera tenu. Je suppose qu'il est fort probable que l'Ecosse se sépare de la Grande-Bretagne. Pas à l'horizon de 3-5 ans, mais, peut-être, dans 10 ans. Les chances sont très grandes que le scénario de l'Ecosse indépendante se réalise ».

 

Même la Constitution est du côté d'Edimbourg, poursuit Iouri Kvachnine:

 

« De toutes les régions faisant partie des pays membres de l'UE, c'est l'Ecosse qui a le plus de chances de devenir indépendante. D'abord, parce que c'est possible dans le cadre de la Constitution. Londres reconnaît à l'Ecosse le droit de se séparer par voie référendaire de la Grande-Bretagne ».

 

Entre la volonté de devenir indépendant et une indépendance réelle, il y a un grand chemin à parcourir, insiste Pavel Taroussine, professeur à la faculté de la gestion étatique de l'Université de Moscou:

« La formation d'un nouvel Etat ou l'obtention de statut indépendant par une entité d'un Etat est un processus des plus compliqués, impliquant l'inclusion dans des institutions financières, politiques, économiques mondiales et demande des dépenses. L'avenir même devient trop incertain. Bien des gens peuvent exprimer leur mécontentement dans leur vie quotidienne, souhaiter plus d'indépendance, d'autonomie, voire d'indépendance étatique. Mais lorsqu'ils se rendent aux bureaux de vote où ils doivent faire un choix ultime, irréversible, leurs émotions, diverses contradictions socio-culturelles passent au second plan. Ils commencent à réfléchir à l'économie, à leur travail, à leurs revenus, etc. Ainsi, la consultation populaire en Ecosse a montré que lorsque les électeurs sont placés dans la situation de soupeser les pour et les contre d'une éventuelle indépendance, les arguments matériels finissent par l'emporter ».

C'est sur cela que Londres compte, sans doute. A la fois c'est précisément de Londres qu'émanent le plus d'avertissements au sujet de la sortie de l'UE. Et du moment que la Grande-Bretagne peut quitter la famille européenne, pourquoi Edimbourg ne pourrait-elle accéder à son indépendance? D'autant que, d'après les déclarations de Manchester, les partisans de ce projet se trouvent loin de l'Ecosse.

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