LA COREE DU NORD LANCE SA FUSEE PACIFIQUE. TOLLE DES AMIS DE LA GUERRE !

La Corée du Nord procède au tir d'une fusée, tollé de la communauté internationale

La fusée, qui transportait un satellite d'observation de la terre, a été tirée vers 09h00 et a atteint son orbite 10 minutes plus tard, selon la télévision nord-coréenne.
 

 

Le gouvernement communiste de Pyongyang avait informé les instances des Nations unies qu'il prévoyait de tirer une fusée à longue portée transportant un satellite d'observation terrestre. Le Conseil de sécurité se réunit en urgence dimanche pour d'éventuelles sanctions.

Une nouvelle provocation? La Corée du Nord a annoncé dimanche avoir réussi à placer en orbite un satellite au moyen d'un tir de fusée, largement condamné comme un test de missile balistique servant à la mise au point d'armements capables de frapper le territoire américain. Ce tir, qui viole plusieurs résolutions des Nations unies, sonne comme un nouveau défi pour la communauté internationale qui peine déjà à sanctionner Pyongyang après son quatrième essai nucléaire présumé du 6 janvier.

La présentattrice nord-coréenne annonçant le tir de la fusée.
 

 

Il n'y avait aucune confirmation extérieure dans l'immédiat que le dernier étage de la fusée lancée dans la nuit de samedi à dimanche, porteuse d'un satellite, était parvenu à atteindre son orbite. Mais un responsable américain de la défense a déclaré qu'un véhicule de lancement «semble avoir gagné l'espace». Une présentatrice de la télévision officielle nord-coréenne a expliqué que ce tir, ordonné par le dirigeant Kim Jong-Un, avait permis «de placer avec succès notre satellite d'observation de la Terre Kwangmyong 4 (...) en orbite». La Corée du Nord ne fait qu'exercer son droit légitime à une utilisation «pacifique et indépendante» de l'espace, a-t-elle souligné. Ce tir marque aussi «une avancée dans le renforcement de notre capacité de défense».

Kim Jong-Un observant le tir de la fusée.
 

 

La fusée, qui transportait un satellite d'observation de la terre, a atteint son orbite 10 minutes après son lancement, selon la télévision nord-coréenne. Le gouvernement communiste de Pyongyang avait informé les instances des Nations unies qu'il prévoyait ce tir. Il avait dans un premier temps présenté une fenêtre de tir comprise entre le 8 et le 25 février avant de la réduire à la période comprise entre le 7 et le 14 février. La Corée du Sud et le Japon avaient menacé d'abattre l'engin en cas de violation de leur espace aérien.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité

Les condamnations ne se sont pas faites attendre. L'administration américaine a condamné avec la plus grande force le tir, dénonçant une «provocation majeure» qui menace la sécurité de l'Asie et des Etats-Unis et qui aura de «graves conséquences». «Les programmes d'armes nucléaires et balistiques de la Corée du Nord représentent une menace sérieuse pour nos intérêts - y compris la sécurité de certains de nos plus proches alliés - et menacent la paix et la sécurité dans la région», a martelé la responsable. La France dénonce «une provocation insensée» et appelle à «une réaction rapide et sévère de la communauté internationale».

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a parlé d'une action «absolument intolérable» jugeant qu'il s'agissait d'une «nette violation» des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. À New York, ce même conseil va se réunir en urgence dimanche. Cette réunion, sous la forme de consultations à huis clos, a été demandée par les Etats-Unis et le Japon, membres du Conseil, et la Corée du Sud. Dans une lettre conjointe, Washington et Tokyo soulignent que «le lancement aujourd'hui d'un prétendu «satellite» par la Corée du Nord est une violation des résolutions pertinentes de l'ONU» qui interdisent à Pyongyang toute activité balistique ou nucléaire. Ban-Ki-moon, Secrétaire général des nations unies, a lui aussi condamné ce tir «profondément déplorable».

Même les quelques alliés du régime nord-coréen ont élevé leur voix. «Il est évident que de telles actions conduisent à une aggravation sérieuse de la situation dans la péninsule coréenne et l'Asie du Nord-Est dans son ensemble» et «est très dommageable à la sécurité des pays de la région, en particulier et en premier lieu de la Corée du Nord elle-même», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères. La Chine, principale alliée de la Corée du Nord, a «exprimé ses regrets». «En ce qui concerne l'insistance de la Corée du Nord à mettre en œuvre le lancement de technologie de missile, à l'encontre de l'opposition internationale, la Chine exprime ses regrets», a indiqué Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Moment choisi avec soin

Les Etats-Unis et leurs alliés japonais et sud-coréen avaient averti la Corée du Nord qu'elle payerait un prix très lourd pour tout lancement de fusée mais, d'après les analystes, elle a soigneusement choisi son moment pour minimiser les répercussions. La communauté internationale n'est toujours pas parvenue à durcir les sanctions contre le régime le plus isolé au monde, un mois après son dernier essai nucléaire. Ainsi, ce tir de fusée ne devrait pas charger considérablement la barque des nouvelles punitions encourues par Pyongyang.

«La Corée du Nord a vraisemblablement fait le calcul qu'avec un lancement aussi rapproché de son essai nucléaire, les sanctions consécutives à cet essai ne seraient renforcées qu'à la marge», a commenté Alison Evans, analyste chez IHS Jane's. Les spécialistes estiment que la Corée du Nord est encore loin de pouvoir développer un programme crédible de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).

D'après eux, mettre une fusée en orbite est relativement plus simple que maîtriser la technologie nécessaire à la rentrée dans l'atmosphère, après la phase de vol balistique, d'un missile équipé d'une charge nucléaire. «La Corée du Nord n'a jamais démontré qu'elle était capable de construire un véhicule pouvant rentrer dans l'atmosphère et survivre». «Quand et s'ils en deviennent capables, ce qui est une menace hypothétique deviendra bien réelle», a ajouté l'analyste.

(avec agences)

http://www.lefigaro.fr/international/2016/02/07/01003-20160207ARTFIG00011-la-coree-du-nord-procede-au-tir-d-une-fusee-tolle-de-la-communaute-internationale.php


 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau