La Corée du Nord tire coup sur coup deux missiles à moyenne portée

La Corée du Nord tire coup sur coup deux missiles à moyenne portée

Un lanceur de missile à Tokyo le 21 juin 2016 ((c) Afp)

 

 

Séoul (AFP) - La Corée du Nord a tiré coup sur coup mercredi deux puissants missiles à moyenne portée qui semblent avoir parcouru des distances bien plus importantes que lors de précédents lancements infructueux, d'après le ministère sud-coréen de la Défense.

Les engins seraient des missiles Musudan à portée intermédiaire susceptibles de menacer les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique.

Les condamnations internationales n'ont pas tardé,Washington comme Tokyo parlant de violations claires des résolutions de l'ONU, Séoul promettant de rechercher un durcissement des sanctions contre Pyongyang.

Le Conseil de sécurité de l'ONU interdit à la Corée du Nord tout programme nucléaire et balistique.

Le premier engin a été tiré peu avant 06H00 (21H00 GMT mardi) et a vraisemblablement volé sur 150 kilomètres au dessus de la mer Orientale, également appelée mer du Japon.

Le second Musudan -- tiré deux heures plus tard de la même localité sur la côte orientale -- a parcouru 400 kilomètres, selon le ministère sud-coréen de la Défense.

"La Corée du Sud et les Etats-Unis mènent des analyses supplémentaires", a déclaré le ministère dans un communiqué qui ne va pas jusqu'à qualifier le second lancement de réussite.

Quatre Musudan tirés cette année ont explosé sur le pas de tir ou peu après leur lancement.

- Condamnations -

Un tir réussi représenterait une avancée considérable pour la Corée du Nord, qui cherche à se doter d'une force de frappe nucléaire capable d'atteindre le continent américain.

Le porte-parole du département d'Etat américain John Kirby a déclaré que ces derniers tirs ne feraient qu’accélérer les efforts de la communauté internationale pour mettre en échec le programme d'armements illicite de Pyongyang.

"Nous avons l'intention de faire part de nos préoccupations à l'ONU afin de renforcer la détermination internationale pour que la Corée du Nord rende des comptes pour ces actions provocatrices", a-t-il dit.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a jugé que ce genre d'essais était "intolérable", selon la télévision NHK.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a prévenu Pyongyang qu'il risquait un alourdissement des sanctions, dénonçant "l'hypocrisie et le caractère trompeur" de la récente proposition nord-coréen de dialogue avec Séoul.

Le Musudan, qui aurait une portée allant de 2.500 à 4.000 kilomètres, pourrait atteindre la Corée du Sud et le Japonmais également, dans l'hypothèse haute, l'île de Guam.

En avril, trois tirs ratés de ce missile dévoilé lors d'un défilé militaire à Pyongyang en 2010, avaient été perçus comme un revers avant un congrès historique du parti unique nord-coréen, censé célébrer les réussites du régime.

Un autre tir de Musudan en mai est également considéré comme un ratage.

-'Progrès'-

Mais selon un haut responsable gouvernemental cité par l'agence sud-coréenne Yonhap, le second tir de mercredi est la preuve de "progrès" évidents en matière de "capacité et de technologie".

Un porte-parole du ministère japonais de la Défense a expliqué que le missile avait atteint une altitude de 1.000 mètres, "témoignant d'une certaine efficacité".

Le climat s'est considérablement dégradé sur la péninsule depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, suivi le 7 février par le lancement d'une fusée, largement considéré comme un essai déguisé de missile longue portée.

Le conseil de sécurité de l'ONU avait réagi en adoptant les sanctions les plus lourdes jamais infligées à Pyongyang.

Ces derniers mois, le Nord a revendiqué toute une série d'avancées techniques vers ce qui semble être l'objectif ultime de son programme nucléaire: la mise au point d'un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de véhiculer une tête nucléaire jusqu'au continent américain.

Le Nord a exhibé un ICBM, le KN-08, au cours de défilés militaires mais celui-ci n'a jamais été testé.

Melissa Hanham, spécialiste des armes de destruction massive nord-coréennes à l'Institut Middlebury des études internationales de Californie, estime que les lancements de mercredi constituent un progrès important.

"Je ne sais pas si c'est un succès, mais c'est sans aucun doute un progrès. Les tests sont des répétitions et ils apprennent de chaque vol", a-t-elle dit à l'AFP. "Les décideurs doivent se concentrer sur l'interdiction des essais pour empêcher que ce missile ne devienne opérationnel".

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160621.AFP9148/la-coree-du-nord-procede-a-un-tir-d-essai-de-missile-seoul.html