Il s’agit là, d’un appel franc, exigeant et responsable.
D’abord, il s’adresse au peuple. Des hauts bourgeois relayés par des hommes de presse, ont souvent raillé le PCB pour son appel et sa référence constante au peuple. On entend des gens dire, mais le peuple, c’est qui, c’est où ? Mais, force est de constater, que devant le danger de recolonisation, tout le monde en appelle au peuple. Le peuple, c’est l’ensemble des ouvriers, des petits employés des secteurs public et privé, des paysans, des artisans, des vendeurs et vendeuses des marchés, de la jeunesse, l’ensemble de ceux-là qui souffrent et se plaignent de la situation actuelle. Ce sont ceux-là qui se sont mobilisés contre la tentative de recolonisation et qui ont infligé un premier échec à Lionel ZINSOU.
Ensuite, notre appel est franc. Il se démarque d’abord du triomphalisme et recommande le maintien de la mobilisation, de la détermination et de la vigilance. Le camp du nouveau colon ne baisse pas les bras. A son profit, Boni YAYI tente de remobiliser ses troupes avec des actes irresponsables et provocateurs : remaniement ministériel pour chasser ceux des ministres qui n’ont pas fait une campagne réussie pour lui et Lionel ZINSOU, promotion des autres y compris l’organisateur des derniers concours frauduleux élevé au rang de ministre d’Etat, décret provocateur de bonification des primes des membres des cabinets ministériels (DC et SG), etc. Sans compter les préparatifs de la fraude et des achats de voix. L’appel est clair et franc : il faut, pour le second tour, voter Patrice TALON afin de barrer la voie au colon Lionel ZINSOU.
Notre appel est franc et responsable. La responsabilité exige que l’on n’oublie pas les maux qui minent notre société, la gangrène qui ruine le peuple, les entraves qui empêchent son essor vers le développement. L’appel ne tait pas alors, afin de faire plaisir, des doutes que le peuple émet sur l’avenir. Il reconnaît avec le peuple les attentes légitimes résultant de ses revendications et de ses luttes contre l’impunité, la mauvaise gouvernance et la misère. Il reconnaît avec le peuple que ce serait un drame si tous les crimes politiques, économiques et de sang commis sous Boni YAYI passaient pour perte et profit, si les assassins de Dangnivo, de dame Bernadette Agbossou, si les auteurs des scandales politico-financiers, etc, continuaient d’être libres et tranquilles pendant que le petit peuple, le jeune en quête d’emploi qui s’est levé contre la continuité et la recolonisation lui, continue de souffrir, de galérer. Mais l’appel dit sans ambages au peuple que pour le présent, « il faut d’abord arrêter l’agression caractérisée qu’est l’imposition de Lionel ZINSOU à notre pays en le chassant définitivement. C’est pour cela qu’il faut voter TALON » Il y va de la dignité, de la souveraineté. Charbonnier doit être maître chez lui.
La responsabilité demande que l’on dise au peuple : n’attend point de messie dans l’arène politique, n’attend point que l’on te charge la jarre sur la tête si toi-même tu ne fais pas l’effort de la soulever sur tes genoux. Nous luttons contre toute illusion. Nous en appelons ainsi à tous pour ce sens de responsabilité.
Enfin, l’appel est patriotique, ouvertement, franchement anti-impérialiste. Jusqu’à présent, les hauts bourgeois, alliés et complices de l’impérialisme, théorisaient que l’impérialisme n’existait plus. Lionel ZINSOU a pu dire que la FrançAfrique était un mythe. Mais le peuple sait que l’impérialisme existe bel et bien, qu’il est l’instigateur des troubles et le profiteur de l’exploitation de nos pays ; qu’il est le parrain de tous les grands corrompus et dictateurs qui nous oppressent. Nicolas Sarkozy, l’ancien président français et actuel président du principal parti d’opposition de droite, a pu dire que le franc CFA ne doit pas changer sous peine d’entraîner l’accélération du déclin de la France. Et c’est ce franc CFA que Lionel ZINSOU défend bec et ongle comme la meilleure monnaie pour nous. Et d’autres hauts bourgeois sont à ses côtés. La haute bourgeoisie, alliée et complice de l’impérialisme est là, à la tête de nos institutions, à la commande de notre destin.
La responsabilité demande alors de dire ce qu’il faut pour l’avenir. Il faut refonder notre pays. Il faut que le peuple se rasseye pour définir les voies de l’avenir. Il faut des Etats généraux contre l’impunité, contre l’apatridie, la fraude, le clientélisme, le régionalisme, pour une nouvelle éthique et le patriotisme. C’est cela la voie.
Merci
Jean Kokou ZOUNON

 
 
 
Photo de Olivier Bossikponnon.