MALTRAITANCE DES AFRICAINS NOIRS AU MAGHREB, ON EN PARLE ?

  • Africains-noirs au Maghreb, que de souffrance, aucune justice

Maltraitance des africains-noirs au Maghreb, on en parle ?

 

« L’hospitalité » réservée aux africains-noirs au Maghreb suscite une réelle inquiétude ces dernières années. Des faits très graves déjà enregistrés en Tunisie, au Maroc, en Algérie et un peu partout dans cette région de l’Afrique montrent que l’homme noir n’est pas encore accepté dans tous les milieux. Entre rumeurs et actes avérés de racisme, notre rédaction a bien voulu se rendre en Afrique du Nord pour enquêter sur ce sentiment anti-noir des Maghrébins. Mythe ou réalité ? Reportage.

 

 

L’hospitalité réservée aux Africains-noirs au Maghreb

 

 

L’hospitalité africaine a pris des allures de légende au Maghreb. Les Africains sont réputés chaleureux et très accueillants. Des qualités qui transforment habituellement le séjour d’un visiteur en moment inoubliable fait de bons souvenirs. Celle (l’hospitalité) réservée aux noirs dans les pays maghrébins est bien loin de cette réalité angélique, tant ces derniers sont persécutés par une partie de la population qui les voit comme une menace pour la stabilité économique de leur pays. Des actes graves de racisme contre les noirs dans ces pays sont réguliers et en nette croissance sans que les gouvernements des pays d’origine des immigrés comme ceux des pays accueillants ne s’en émeuvent.

 

 

Le sport n’échappe pas à ce fléau.

 

 

Le sport est censé briser les barrières et unir les peuples d’horizons divers. Présentée comme l’un des facteurs d’intégration sociale les plus puissants, l’activité sportive n’a pas la même emprise sur certaines populations au Maghreb. On n’oubliera pas de sitôt la mort, dans des circonstances dramatiques, d’Albert Ébossé. Ce 23 aout 2014, l’attaquant camerounais qui évoluait depuis quelques saisons maintenant à la JS Kabylie (D1 Algérie) ne savait pas qu’il avait rendez-vous avec la mort à Tizi Ouzou. Après un match de championnat perdu par son équipe, le meilleur buteur de la saison 2014 trouvera la mort dans des conditions très troubles.

 

 

Alors que les versions différaient sur les causes de son décès, la direction de la JS Kabyliebrandissait la thèse de l’accident. C’est une contre-expertise sollicitée par les proches du défunt auprès de l’hôpital militaire de Douala qui mettra fin aux doutes sur les circonstances de la mort d’Albert Ebossé.

 

 

Dans ses conclusions, le docteur André Mouné, médecin anatomo-pathologiste, déclare : « Nous avons constaté une série de cinq lésions assez patentes qui ne corroborent pas la thèse avancée dans un premier temps par les autorités algériennes, qui laissaient croire que le joueur aurait été tué par un projectile lancé depuis les gradins.  Le scénario vraisemblable est qu’il est rentré vivant dans les vestiaires. Il a été immobilisé, on lui a pris le bras gauche vers l’arrière et, en se débattant, son épaule s’est déboitée. Il a dû se débattre et a reçu un coup sur le crâne, sur la calotte crânienne. Cela a fait vaciller les os de la base du crâne, d’où la présence de liquide céphalo-rachidien. »

 

 

Le cas d’Albert Ébossé est plus qu’édifiant face à ce que vivent certains sportifs noirs africains dans ces pays du Maghreb : Maroc, Algérie – Tunisie, Libye et Egypte. Moins bien accueillis dans les stades que leurs coéquipiers locaux, les sportifs noirs doivent composer chaque fois avec des cris racistes tels que kahlouch (« nègre »), qird (« singe »), abid(« esclave »).

 

 

Africains-noirs au Maghreb, que font les Etats ?

 

 

Dans sa parution de novembre 2012, « Maroc Hebdo » avait titré « Péril noir » en prenant le soin de dépeindre la place de l’homme noir au Maroc de façon suivante : « Des milliers de subsahariens au Maroc dans la clandestinité, vivant de mendicité et s’adonnant au trafic de drogue et à la prostitution. Ils font l’objet de racisme et de xénophobie. Ils posent un problème sécuritaire et humain pour le pays…», tout est bien résumé. Depuis, pas grand-chose n’a changé.

 

 

Derrière la beauté des paysages des pays du Maghreb se cache le visage hideux du racisme des Maghrébins contre les noirs, ou si vous préférez le sentiment anti-noir. De nombreux « blacks » qui espèrent atteindre un jour les cotes espagnoles n’hésitent pas à se rendre dans ces pays. Si certains parviennent à atteindre leurs objectifs, d’autres souffrent clairement le martyre jusqu’à rebrousser chemin. Entre exploitation pure et simple et esclavagisme, sans parler des fréquentes agressions violentes non justifiées de certains jeunes maghrébins contre les populations noires immigrées, on est forcement inquiet de la montée en puissance de ces faits graves.

 

 

Alors qu’à l’inverse, libanais, Algériens, Tunisiens et Marocains tiennent les guidons de commerces les plus fleurissants dans tous les pays noirs africains, de la Côte d’Ivoire au Burkina Faso, en passant par le Togo, le Congo, la RDC etc…, ces derniers sont traités comme des expatriés européens. Bien que tous africains, l’homme noir est indiscutablement moins bien traité dans ces pays que tous les autres citoyens du monde, et cela a quelque chose de révoltant.

 

 

 

 

Au cours de notre séjour maghrébin, nous avons interrogé un étudiant sénégalais qui se prénomme Babacar. Le jeune homme de 25 ans nous a livré un témoignage poignant qui fait froid dans le dos: « Je suis arrivé au Maroc après mon Baccalauréat. J’avais 18 ans à l’époque. J’étais très ravi de m’installer dans ce pays dont la croissance me faisait rêver. Inscrit à la faculté de sciences économiques et de gestion d’une université marocaine, j’ai eu droit dès mes premiers jours à mes premières leçons de conduite et dont la principale était : tu n’es pas chez toi ici. Entre brimades « j’en ai vécu plusieurs » et paroles blessantes, la vie n’est vraiment pas belle ici pour un noir. Mon souhait, c’est de vite avoir mon diplôme et de rentrer chez moi. Mon frère ainé qui vit en Tunisie m’explique chaque fois ses mésaventures qui sont plus terribles que celles que je vis. » Son frère lui aurait envoyé des photos de l’incendie de son dortoir en Tunisie. Un de ses compagnons de fortune se serait fait tabasser par un groupe de jeune avant d’être accusé de vol à l’arrivée de la police tunisienne…

 

 

Forcement, nous prenons contact avec ce dernier qui, par son récit, fait redouter un possible retour à l’esclavage pour l’homme noir si le monde n’y prend garde. Des insultes racistes, notre interlocuteur et ses compagnons de « galère » n’en souffrent plus, mais ils redoutent plus les coups. Entre racket et passage à tabac, viol des filles noires et très souvent un travail sans salaire, les immigrés noirs dans ces pays vivent un véritable calvaire dans l’indifférence complète de leurs chancelleries pourtant bien présentes sur place.

 

 

Dans aucun pays noir africain, aucun ambassadeur de la Tunisie ou même de l’Algérie où ces faits graves contre les ouest-africains sont réguliers n’a été convoqué pour explication. Si les Etats maghrébins se fichent de la situation des noirs sur leurs sols parce qu’ils sont dans l’illégalité, on se demande ce qui peut expliquer l’indifférence des pays d’origine des victimes de cette barbarie humaine. Pas une semaine ne passe sans que des vidéos de faits graves (que nous avons fait le choix de cacher à nos lecteurs) portant atteinte à la dignité humaine sur les noirs du Magreb ne soient diffusées sur les réseaux sociaux. On se demande encore quelle suite Paul Biya et son gouvernement ont donnée à l’affaire Albert Ebossé.

http://www.afrique-sur7.fr/21686/maltraitance-africains-noirs-maghreb-on-parle/

https://www.facebook.com/punta.fadiga


 

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