MARTINIQUE : LA TRANSITION ENERGETIQUE, UNE CATASTROPHE ANNONCEE • •

La Transition Energétique à la Martinique : Une catastrophe annoncée

03/12/2015 - 07:07

Le Collectif Martiniquais pour la Protection de l'Air n’est pas optimiste quant à la transition énergétique en Martinique. Dans un rapport, il tire la sonnette d’alarme sur le projet de « Centrale de cogénération Albioma Galion 2 » porté par la Région, en partenariat avec la multinationale Albioma. Une centrale qui va contribuer à « renforcer notre dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur par l’importation de combustibles carbonés et à émettre dans l’atmosphère des quantités massives de Gaz à effets de Serre (GAS) : le CO2 ainsi que des polluants extrêmement dangereux pour la santé et l’environnement. » Au moment où les dirigeants du monde réunis à Paris pour la COP21 se penchent sur l'avenir de la planète, la preuve est faite, une fois de plus, qu’au delà des discours, les intérêts des multinationales priment sur ceux des populations concernées par la pollution de l'environnement et ses conséquence sur le réchauffement climatique. En Martinique cette « Centrale de cogénération Albioma Galion 2 » est un scandale et il était temps que la population en soit informée.

L'énergie est le premier secteur d’importation à la Martinique (781M€ Insee 2014) bien avant l’alimentation (455M€ Insee 2014) ou le secteur automobile (265M€) Or ce secteur de l’énergie qui représente le premier secteur économique de la Martinique échappe totalement aux Martiniquais qui sont réduits au rôle de consommateurs passifs dépendants d’acteurs extérieurs. Le premier poste du déficit de notre balance commerciale en valeur et en pourcentage est donc l'énergie que nous importons à hauteur de 98 % de nos besoins.

Selon un rapport de l'A.I.E., (Agence Internationale de l’énergie) « un pays qui importe au moins 30 %  de son énergie est un pays en situation de grande fragilité économique et de risque énergétique majeur en cas de rupture d'approvisionnement ». Nous à la Martinique nous sommes en situation de dépendance à 97 %  pour notre électricité et à 100 % pour le transport d'approvisionnements énergétique en provenance de l’extérieur. Une vraie politique de développement aura inévitablement pour objectif de réduire le niveau de dépendance énergétique du pays.

C'est cette politique d’indépendance énergétique qui a été mise en place en France  après le premier choc pétrolier avec l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Aujourd'hui, le contexte est différent, les paramètres économiques, environnementaux  et technologiques ont beaucoup évolué.

Les dégâts causés à la planète et à son atmosphère par les énergies fossiles comme le charbon, le pétrole, le gaz mais également par les énergies non fossiles carbonées comme la biomasse comburée dans les incinérateurs géants des centrales électrique thermiques sont considérables.

Fort heureusement depuis les années 90 une prise de conscience sociétale s'est amorcée concernant les conséquences pour notre planète des émissions dans l'atmosphère duCO² et autres polluants liés à la production industrielle commencé eau XIX siècle en 1830, d'abord principalement avec le charbon fossile auquel est venu  s’ajouter le pétrole au XX siècle.

En l'an 2000, l'O.N.U. déclara le réchauffement climatique, grande cause mondiale et aujourd'hui, quinze ans après, le réchauffement climatique est toujours déclaré première grande cause internationale par l'O.N.U.

Grâce à l'évolution de la science et à ses applications technologiques, il s’avère aujourd’hui possible de sortir de cet impasse en faisant appel aux systèmes énergétiques non carbonés, c'est-à-dire tous systèmes de production énergétique ne faisant pas appel à la combustion de matières carbonées comme le pétrole, le charbon ou la biomasse, mais faisant appel aux énergies primaires non carbonées comme le soleil,  le vent, les cours d’eau, les volcans (géothermie), ou la mer.

Pour résoudre le problème du réchauffement climatique, il faut réduire les émissions deCO² dans l'atmosphère dont la principale source est d’origine anthropique due à la production d'énergie électrique par les centrales thermiques.

Qu’est-ce qu’une centrale thermique ?

Une centrale thermique est un immense incinérateur relié à une chaudière, elle même reliée à un puissant alternateur électrique (plusieurs dizaines de milliers de kw).

L’incinérateur a pour objectif de produire de la chaleur en comburant des matières carbonées comme le pétrole, le charbon ou la biomasse (bois, bagasse, cultures énergétiques, biomasse torréfiée). La chaleur produite lors de cette combustion, produit de la vapeur sous pression dans la chaudière alimentée en quantité d’eau très importante prélevée sur le site (rivière). Cette vapeur sous pression fait tourner l’alternateur qui produit de l’électricité. Une partie de la vapeur peut être utilisée pour du chauffage ou des process industriels, c’est ce qu’on appel la cogénération.

C’est lors de la combustion des matières carbonées comme le pétrole, le charbon, ou la biomasse que vont être propulsées dans l’atmosphère les fumées de combustion contenant le CO2 responsable du réchauffement climatique, mais aussi d’autres composés chimique polluants extrêmement nocifs pour l’environnement et la santé humaine comme par exemple : les SOX (oxyde de soufre) les NOX (oxydes d’azote) leHCI (acide chlorhydrique) le HF (acide fluorique) Métaux lourds (Arsenic-Plomb-Mercure-Cadmium-Nickel-Zinc) les Cov (composés organique volatiles) comme lesbenzopyrènes les Particules Fines (PM2,5) Particules très fines (PM1,0) etParticules ultrafines (PM0,1). Tous ces éléments sont propulsés dans l’atmosphère par les centrales thermique comme celle prévue par Albioma au Galion à Trinité (l’arrêté préfectoral confirme l’autorisation d’émettre ces polluants par Albioma sa).

Il ne faut pas s’étonner que la combustion de biomasse émette les mêmes polluants que la combustion de pétrole ou de charbon fossile, cela n’a rien d’étonnant sur le plan chimique car le pétrole et le charbon fossile sont issus de la biomasse il y a des millions d’années et leur principal composé organique tout comme la biomasse est le carbone. La principale différence entre les combustibles carbonés fossiles et les combustibles carbonés issus de la biomasse est que le carbone émis par ces derniers lors de leur combustion est réabsorbé par le biotope lors de la croissance de cette biomasse. Cependant le problème majeur soulevé par les scientifiques est que le cycle de réabsorption total de ce carbone issu de la biomasse est de un demie siècle en moyenne (voir études « Biomascarade » de Greenpeace ainsi que l’étude de Biofuelwatch) ce qui ne répond pas à l’urgence climatique présente qui nécessite une réduction immédiate et drastique des émissions de CO2 afin de maintenir l’augmentation de la température à 02C°.

De plus, les autres polluants NOX-HF-CF, Métaux-Lourds sont répartis par l’air et l’eau sur la chaine alimentaire puis absorbés par le vivant.

L'énergie étant indispensable  à l'homme, la solution consiste à la produire à partir de sources non carbonées, or, la plus grande source d'énergie non carbonée est le Soleil qui irradie sur la terre en une heure, l'énergie totale consommée par l'ensemble de l'humanité en une année ! Il en est de même pour nous à la Martinique où notre taux d'ensoleillement en tant que pays proche de l'équateur, est supérieur à celui de beaucoup de pays du Nord comme l'Allemagne ou la Suède qui possèdent pourtant un développement de l'énergie solaire par habitant supérieur à celui que  l'on connaît aujourd'hui à la Martinique !

Cette situation est la manifestation d'une volonté politique de maintenir la Martinique sous dépendance économique quelque soit son statut  notamment dans les secteurs prioritaires comme l’énergie.

La Martinique est riche, elle possède sur son territoire toutes les sources d'énergies non carbonés disponibles sur terre que sont : le soleil, les volcans (géothermie), la mer, les rivières, le vent. Plusieurs études démontrent que la Martinique possède des ressources qui peuvent lui permettre de produire plusieurs fois ses besoins énergétiques, grâce aux technologies actuelles. Certains pays ne possèdent et n'exploitent qu'une seule de ces sources ; nous, nous les avons toutes et nous maintenons notre dépendance vis à vis des énergies fossiles importées à hauteur de 98 % de nos besoins !

Si certaines interprétations statistiques pour 2015 ont fait ressortir un recul de la dépendance aux énergies fossiles à 95 %, cela est principalement dû à la baisse de la consommation globale d'électricité à la Martinique lié à la baisse de l’activité économique.

Aucun projet majeur de production d'électricité non carbonée n'a été réalisé à la Martinique depuis 2010. Certains raccords au réseau EDF (délais moyens 02 ans) pour des projets réalisés avant 2010 ont été effectués par EDF. Le projet d'Energie Thermique des Mers qui avait été lancé sous l'ancienne mandature par Monsieur Alfred Marie-Jeanne mais refusé par EDF a été repris avec le partenariat d’une autre société, mais pour un coup beaucoup plus élevé. Le projet d’éoliennes du grand nord datant de 2008 est toujours en attente !

Ce qui est stupéfiant mais entrant parfaitement en accord avec les politiques néocoloniales, c'est qu'aujourd'hui la région est porteuse en partenariat avec une multinationale Albioma, d'un projet énergétique dénommé officiellement : 

« Centrale de cogénération Albioma Galion 2 » (arrt.préfectorale-2014077-002) qui consiste non pas à réduire la dépendance énergétique de la Martinique et à supprimer les émissions de CO2 et autres polluants dans l’atmosphère comme on aurait pu l’espérer, mais au contraire à renforcer notre dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur par l’importation de combustibles carbonés et à émettre dans l’atmosphère des quantités massives de Gaz à effets de Serre (GAS): le CO2 ainsi que des polluants extrêmement dangereux pour la santé et l’environnement comme les NOX (oxydes d’azote) les SOX (oxyde de soufre) le HCI (acide chlorhydrique) le HF (acide fluorique) les Métaux Lourds (arsenic-plomb-mercure-cadmium-nickel-zinc) les Cov (Composés volatiles) les Particules fines, très fines et ultrafines. Tout cela en maintenant le Martiniquais dans le statut de consommateur forcé et ignorant au profit d’une multinationale qui sera de surcroit cofinancée par nos impôts pour son investissement (50% défiscalisation) et pour sa production (tarif préférentiel d’achat de l’électricité par EDF financé par la CSPE que chaque abonné EDF finance à travers une taxe imposée sur sa facture) !

Cette société Albioma est une société française contrôlée par des fonds d’investissement et de pension Anglo-saxon elle est cotée en bourse et réalise 80% de son chiffre d’affaire par la combustion de charbon fossile dans le monde et 20% de son CA par la combustion de biomasse et le photovoltaïque. Propriété de fonds  Anglo-saxon dont le plus important est « Apax-partners » Albioma sa a l'ambition de contrôler 30 % de l'électricité à la Martinique (source Albioma). Elle contrôle actuellement 54% de l'électricité à la Réunion avec les centrales thermiques charbon-bagasse ainsi que 40% de l'électricité à la Guadeloupe en important du charbon fossile (90%) pour le brûler dans leur incinérateur avec un peu de bagasse (10%). C'est le même schéma que cette société veut imposer à la Martinique, bien qu’elle affirme le contraire dans sa politique de communication soutenue par la Région, c’est pourtant ce que confirme les autorisations administrative.

Présenté la première fois en 2006, ce projet avait été désapprouvé et arrêté en 2007 par le président de Région Alfred Marie-Jeanne pour causes de dangers sanitaires et environnementaux majeurs.

Mais avec le changement de présidence en 2010, ce projet est à nouveau présenté par la société Albioma sa en 2013 à la nouvelle gouvernance régionale qui l’accepte dans le cadre d’une politique de communication innovante basée sur la mise en avant exclusive de la biomasse pour l’opinion publique alors même que les dossiers techniques et les autorisations officielles prévoient l’utilisation de charbon fossile !

C'est ce qui a été affirmé par la Région en présence de la ministre de l'écologie et de l'environnement Mme Ségolène Royal en août 2014 ainsi qu'à plusieurs reprises à la population Martiniquaise en 2014 et 2015.

Pourtant l'analyse des documents juridiques officiels qui concernent ce projet affirme le contraire, à savoir :

L'étude technique du projet Galion II par la DEAL (Direction de l'environnement de l'aménagement et du logement) dépendant du Ministère de l'Ecologie du Développement durable de l'Energie sous l'autorité de Madame Ségolène Royal fait clairement ressortir l'utilisation de charbon fossile comme combustible pour ce projet. Le rapport de « l'inspection des installations classées » qui dépend de la Deal et du « Ministère de l'Ecologie et du Développement durable » confirme l'utilisation de charbon fossile comme principal combustible et «l'acheminement quotidien de ce charbon fossile par 57 camions du port de Fort-de-France où il sera stocké sous sa forme brute, vers le site d'exploitation du Galion où il sera concassé, traité, puis brûlé dans l'incinérateur afin de produire la chaleur nécessaire à la chaudière pour la production d'électricité ».

Le rapport d'enquête publique confirme l'utilisation de charbon fossile commeprincipal combustible de la centrale à charbon et enfin l'arrêté préfectoral n° 20140077002 du 15 Mars 2014 d'autorisation d'exploiter, attribué à Albioma confirme l'utilisation de charbon fossile comme combustible (voir doc.).

a) – Le permis de construire des infrastructures affiché à l'entrée du site du Galion

       s’intitule : « Permis de construire pour centrale électrique de cogénération

       Bagasse-Biomasse du Galion » !

b) – L'arrêté préfectoral d'autorisation d'exploitation industrielle s'intitule :

« Autorisation N°2014077000020 de Mars 2013 d'exploiter une Unité de cogénération Albioma Galion 2 fonctionnant à partir de biomasse et de charbon sur le territoire de la commune de Trinité ».

L'on peut constater que le permis de construire ne correspond pas à l'autorisation préfectorale.

Comment est-ce possible ? Peut-on dénommer centrale «biomasse» une centrale à «charbon-biomasse», et bien oui, cela est légalement possible aujourd'hui en France à cause d'un vide juridique qui ne réglemente pas clairement la dénomination des centrales thermiques qui traditionnellement fonctionnent à partir de charbon puis depuis une quinzaine d'années à partir d'un composé mixte contenant  du charbon et de la biomasse.

Le fait d'ajouter un peu de biomasse (5 à 10%) au combustible charbon autorise ces promoteurs pour des questions de communication et d'image, à parler de centrale de cogénération biomasse. C'est le cas d’Albioma sa qui s'est spécialisée sur ce créneau, à la Réunion, à l’île Maurice et à la Guadeloupe.

Cette escroquerie intellectuelle est un mensonge public et politique que certains assument sans complexes. Vouloir faire passer la combustion de charbon fossile pour de l'énergie renouvelable et comptabiliser celle-ci en tant que telle dans les statistiques publiques est un scandale qu'il faut dénoncer. C'est exactement le même procédé que cette société compte réaliser à la Martinique.

Économiquement, Albioma ne peut d’ailleurs pas faire autrement, le rendement énergétique du charbon fossile étant deux fois supérieur à la biomasse sèche pour un coût de revient pratiquement équivalent. En effet, en fonctionnant à 100 %  à partir de biomasse dont 90 % devra être importée ; la Centrale ne pourra pas atteindre ses objectifs de rentabilité vis à vis de ses actionnaires (fond d'investissement Apax-partners) qui sont sa seule vraie motivation. Il y  a donc un problème où plutôt un gros mensonge à moins que la puissance publique prenne à sa charge le  différentiel avec nos impôts.

Face aux résistances politiques et scientifiques locales, une action a été menée par l'Assaupamar devant le Tribunal administratif en Mars 2015.

Suite à cette action, un arrêté modificatif est rédigé en Mars 2015. La lecture détaillée de cet arrêté démontre que le charbon fossile est maintenu en « stock stratégique » sur place, rien n'est dit du stock brut portuaire d'où doit être alimenté la centrale de cogénération par 50 camions par jour ( source rapport technique Deal ).

Rien n'est dit non plus des volumes et des fréquences d'utilisations de ce « Stock stratégique » seule une obligation de déclaration du charbon fossile a été rajoutée à l'arrêté initial. Parallèlement à cela le projet continue à être présenté comme étant un projet 100% biomasse !

Face à la résistance locale, la société Albioma promet à l'Assaupamar, qu'elle remplacera le « stock stratégique charbon » au Galion  (sans parler du site portuaire) par de la «biomasse torréfiée» !

La  « biomasse torréfiée » est tout simplement une déshydratation optimale de la biomasse permettant de réduire son volume de 50 %, à pouvoir énergétique équivalent. Il faut 02 tonnes de biomasse sèche pour réaliser 01 tonne de biomasse torréfiée et pour cela il aura fallu dépenser de l'énergie nécessaire pour déshydrater la biomasse.

Cette énergie devra être comptabilisée dans le bilan énergétique global de cette production, il en est de même pour le bilan carbone ainsi que les autres polluants : oxyde d'azote, oxyde de souffre, parties fines et métaux lourds ! Sur le plan économique et environnemental cette solution est une catastrophe, elle a simplement pour but de ralentir l'action de l'Assaupamar qui s’interroge; brouiller les pistes, gagner du temps et pouvoir commencer les travaux de leurs installations.

Les travaux de terrassement et fondations ont commencé en Septembre 2015.

Dans l'hypothèse d'un projet  100 % biomasse pour une puissance de 37,5 MW/h, la Martinique ne pourra fournir que 10 %  soit 30.000 tonnes de bagasse du Galion, comme combustible pour la centrale, les 90 % de biomasse restant, la Martinique devra les importer ; le centre de traitement des déchets verts du Robert n'arrivant pas à fonctionner normalement par manque de biomasse.

 

Cette importation maintient la Martinique dans la dépendance énergétique.

L’autre solution consisterait à utiliser les terres agricoles de la Martinique (4.500 hectares) pour une production de culture énergétique au profit de cette Multinationale.

C'est la dernière proposition avancée par Albioma sa pour essayer de faire accepter son projet par l'opinion publique et gagner du temps.

L'objectif est simplement stratégique dans cette annonce en vue de ralentir les oppositions et d’obtenir le temps de construire les infrastructures, afin ensuite d’annoncer que pour des raisons économiques, cette Centrale devra également fonctionner à partir de charbon fossile importé.

En tout état de cause, il faut savoir qu'aujourd'hui, selon les scientifiques les centrales thermiques électriques 100 % biomasse ont un rendement énergétique très faible et sont aussi polluantes que les centrales à charbon fossile (voir rapport joint) tout en créant une pression insupportable sur le biotope (voir rapport  joint).

Le seul argument jusqu'à présent utilisé pour excuser l'installation de centrale thermique biomasse, c'est que le CO² émis lors de la combustion de la biomasse est réabsorbée lors du cycle de croissance de la  biomasse. Ce qu’ils ne précisent pas ce sont les rapports scientifiques les plus récents démontrant (voir rapport Greenpeace et Biofuelwatch) qu'il faut en moyenne 50 ans pour que le biotope réabsorbe ce CO² ; or dans 50 ans, il sera trop tard pour le maintien à 02 degré C° de l'augmentation de la température terrestre.

Tous les experts des GIEC le confirment, c'est aujourd'hui qu'il faut agir si l'on veut que la terre soit encore vivable dans 50 ans !

Pour cela, il faut réduire de façon drastique l'émission de CO² qui est la première cause mondiale du réchauffement climatique. 

Pour la production de vapeur, il est besoin d'eau, soit pour cette centrale, une quantité estimée de 25.000 litres d'eau par jour prélevés dans la petite rivière du Galion. Cette eau sera traitée chimiquement en amont avant utilisation pour vapeur puis une partie de celle-ci en aval avant rejet dans la rivière. Pour cela un stockage de 1.000 litres de javel et de 15.000 litres  d'acide chlorhydrique est prévu sur le site à côté de la rivière du Galion (voir autorisation préfectorale).

50.000 Français meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l'air. En Martinique chaque jour, une personne meurt prématurément à cause de la pollution de l'air et des dizaines de milliers de personnes souffrent en permanence dans leur santé à cause de cette pollution de l'air.

Doit-on continuer dans ce sens et aggraver la situation en installant une nouvelle centrale thermique à la Martinique, bien que d'autres solutions respectueuses de l'air existent. Les solutions de production énergétique respectueuses de l'air sont celles qui sont non carbonées comme le solaire, la géothermie, l'éolien, les énergies des mers et des rivières, toutes solutions qui ne nécessitent pas de brûler une matière carbonée comme le pétrole, le charbon ou la biomasse.

Voici la liste des polluants atmosphériques prévus par le projet et qui sont nommés dans l'arrêté préfectoral d'autorisation d’emploi. Ces polluants atmosphériques concernent également la combustion de biomasse :

« CO² (dioxyde de carbone) –SOX (oxydes de souffre) – NOX (oxydes d'azote)

Particules fines, très fines, ultrafines Cov (composés volatiles) Composés Inorganiques Gazeux du Chlore – acide chlorhydrique – fluor et composé fluoréMétaux Lourds : Cadmium (cd) Mercure (hé) Arsenic (as)Sélénium (se) –Tellure (te) – Antimoine – Chrome – Cobalt – Cuivre – Etain – Manganèse –Nickel – Plomb – Vanadium et Zinc (SS + CR + CO+ CUT SNT MN+ NI+PB+V+ZN) »

Toutes ces pollutions viendront s'ajouter à la pollution atmosphérique déjà existante due à  la centrale thermique à gas-oil  Galion I de 40.000 kw/h. consommant 10.000 litres de Gas-oil à l’heure.

Les communes immédiatement les plus gravement exposées seront : Gros-Morne – Trinité – Robert- Saint-Joseph – Lamentin - Ducos -  Saint-Esprit - Fort-de-France –Schœlcher – Case-Pilote - Carbet - Morne-Vert, vue l’orientation des alizés (vents dominants) qui traversent la Martinique.

Le plan de l'air Martinique prévoit déjà dans son document prévisionnel une dégradation de la qualité de l'air pour plusieurs de ces communes.

55 % des émissions de CO² à la Martinique sont dus aux centrales thermiques.

Il faut agir ! La population attend des déclarations et des engagements pour leur protection sanitaire et le développement endogène et démocratisé des énergies de notre pays.

Etant donné le lieu d'implantation sur la côte au vent de l’île (côte Est) au Galion, commune de Trinité, l'émission dans l'atmosphère des polluants CO²-SOX (oxydes de soufre), NOX (oxydes d'azote), Métaux Lourds concernera l'ensemble de la Martinique les alizés traversant l’ile d'Est en Ouest. Ces alizés seront souillés et les particules de pollution qui retomberont sur le biotope de notre pays sous forme depluies acides (acide sulfurique, oxydes d'azote, métaux lourds) constituent de façon évidente une bombe à retardement si ce projet venait à se réaliser.

Les maladies provoquées par la pollution de l'air sont en augmentation et contribuent à grever les budgets de santé publique et impactent ou aggravent les problématiques de financement qui lui sont liés !

Ce projet complètement absurde dans le cadre des préoccupations de notre époque, présente de nombreux  problèmes d'ordre politique, économique, environnementaux et sanitaires.

Sur le plan économique : Ce projet présente un problème économique d'ordre majeur. En effet l’estimation prévisionnelle d'un coût de 167 millions d'euros par la société Albioma pour une puissance électrique de 37,5 MW, ne correspond pas aux coûts observés dans  ce secteur d’activité. Il est en l’état, surestimé du simple au double !

En effet les organismes spécialisés dans l'analyse des coûts d'investissements industriels par type de technologies, attestent que le coût moyen du Mégawatt (MW) installé pour une centrale thermique à charbon ou biomasse est de l’ordre de 2.000.000 d’Euros/MW (deux millions d'euros par mégawatt). Ce ratio a par exemple été respecté par EDF pour la Centrale de Belle-Fontaine, 550 millions d'euros pour 220 MW installés. Mais au Galion, ce coût d'investissement estimé par l'investisseur Albioma sa est de 167 millions d'euros pour 37,5 MW installés, soit 4,45 millions d'euros le MW(mégawatt) installé, ce qui représente le double du coût de revient pratiquée par la profession !

Dans le même temps, la société Albioma SA demande au Gouvernement, l'autorisation de défiscaliser son investissement à hauteur de 50% ; ce qui  lui permettrait d'amortir son coût réel d'investissement, dès le premier jour de fonctionnement et cela sur le dos des contribuables qui devront payer  80 millions d'euros pour cette multinationale. Quand on connaît les difficultés que rencontrent les petits agriculteurs, les artisans, les petits commerçants et les P.M.E pour obtenir les autorisations de défiscalisation pour l'acquisition de matériels de production où de véhicules de distribution représentant quelques milliers d'euros seulement , l'on peut se demander  comment et pourquoi un cadeau de quatre vingt millions d'euros est consenti  à cette multinationale cotée en bourse ?

Sur le plan politique : il maintient la Martinique dans la dépendance énergétique au lieu de la réduire en déplaçant la dépendance envers le pétrole vers le charbon ou la biomasse importée et en acceptant  de vendre un secteur majeur comme celui de l'énergie à une multinationale étrangère plutôt que de se le réapproprier au profit de la Martinique et du peuple Martiniquais !

Sur le plan agricole : le risque est de développer des cultures énergétique sur les terres agricoles, 4500 hectares sont nécessaires pour ce projet  au détriment de la filière  agricole dans un pays  qui se voit obligé d'importer 82% de ses denrées alimentaires. Un objectif de 30% de biomasse locale représenterait 1.500 hectares de terres agricoles. A titre de comparaison, dans la filière solaire photovoltaïque, seules 800 hectares de toitures sur les 2.400 hectares (de toitures) que comptent la Martinique suffiraient pour assurer 100% des besoins électriques  de la Martinique, faisant de chaque citoyen un coproducteur d’électricité responsable, permettant de conserver sur place dans notre pays les produits financiers de ce secteur.

La meilleure solution consistant en la mise en place d’un bouquet énergétique intégrant l’ensemble des ressources énergétiques du pays.

Sur le plan environnemental : le CO2 renforce le réchauffement de la planète, et le  souffre (SOX) propulsé dans l'atmosphère lors de la combustion des matières carbonées, atteignent les nuages et se transforment en pluie acide qui retombent sur les forêts, l'eau, les terres agricoles et la chaîne alimentaire entraînant à terme une déforestation du biotope comme cela s'est déjà produit et se produit encore dans de nombreux pays (voir doc). En zone tropicale chaude et humide comme la notre, ce phénomène physico-chimique s’en trouve bien naturellement  amplifié.

Sur le plan sanitaire : les Métaux Lourds( arsenic, plomb, mercure, cadmium, vanadium, nickel, zinc, etc) les NOX (oxydes d'azote) CO2 (dioxyde de carbone) HCI(acide chlorhydrique) HF (acide fluorhydrique) composés organiques, particules fines émis dans l'atmosphère lors de la combustion du charbon ou de la biomasse, sont des sources de maladies et d'affections graves, comme les dérèglements endocriniens, certains cancers, des maladies respiratoires comme l'asthme, les allergies, certaines maladies dégénératives, la fatigue chronique, des dépressions. Le traitement de ces maladies entraîne pour le pays, l'augmentation des dépenses de santé publique, tandis que ces multinationales s’enrichissent.

Ce qui est également très grave dans cette affaire, c'est que tout cela est entrepris sur du foncier appartenant à la Région et classé au Parc Naturel Régional. Les terres du Galion faisant partie du Parc Naturel Régional.

Bien que tous les documents juridiques officiels confirment l'utilisation de charbon fossile importé, quand bien même ce projet serait 100% biomasse à partir de cultures énergétiques produites localement sur 4500 hectares de terres agricoles ou par   l’importation de sciure de bois issue de la déforestation de l’Amazonie au Brésil ou encore de granulés de bois produits par la destruction des forêts primaires d’Amérique du nord, il n'en demeure  pas moins dangereux, car la combustion massive de biomasse dans des incinérateurs géants est aussi polluante que la combustion de charbon fossile selon les scientifiques et les institutions sanitaires nationales et internationales chargées de la protection de l'air, de la protection des forêts et de lutte contre le réchauffement climatique.

Page Facebook :(2) Collectif martiniquais pour la protection de l'air

 

Le rapport complet ici :

Fichiers joints: 

PDF icon rapport_synthese_1_energie_martinique_-_copie.pdf

http://www.freepawol.com/articles/la-transition-energetique-la-martinique-une-catastrophe-annoncee


 

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