MOHAMED BOUHAMIDI : AYLAN, LE BEBE MORT, DANS LE JEU DE PUISSANCE

Aylan, le bébé mort, dans le jeu de puissance

 

le 13 09 2015 21h 30

Le rapport de forces a fait jouer à la photo d’Aylan Kurdi le rôle attendu par les forces politiques occidentales dirigeantes. 56% des français seraient désormais favorables à une intervention au sol en Syrie. Même fabriqué, ce sondage montre dans quelle direction belliciste, on veut pousser l’opinion.

L’émotion fabriquée de toutes pièces, avec les fables de Benghazi en Libye et de la maternité au Koweït pour Sadam Hussein ou de Timisoara pour Ceausescu en Roumanie, a déjà donné ses fruits. Aylan Kurdi a été la divine surprise. Une vraie mort, pas une mort fabriquée, qui tombe dans la maille des réseaux et des filets de cercles médiatiques et politiques en quête de prétextes pour gagner les opinions publiques au passage de l’étape de sape et d’affaiblissement d’une armée syrienne, aujourd’hui exsangue, à l’étape d’une invasion directe de la Syrie par des armées turques et arabes appuyées par les avions U.S

L’opinion est le fruit de l’interaction entre l’émotion et l’intérêt social conscient ou instinctif. Pas de la raison. Toutes les couches sociales moyennes et sub-moyennes en Occident savent d’instinct que leur niveau de richesses et de confort dépend totalement du retour à la domination coloniale du reste du monde, Chine et Russie comprises.

Vous en connaissez les raisons : richesses géologiques, ressources naturelles, fragilité tentatrice des Etats ou des pouvoirs locaux etc.

La convergence inespérée de François Hollande avec son opinion publique, qui l’a déclassé aux plus bas niveaux de l’estime politique, est une anecdote. L’essentiel est qu’il exprime par sa volonté d’intervenir en Syrie le besoin de la France de se garantir une place dans le festin qui suivrait la destruction de la Syrie attendue depuis quatre ans. Et pour cela il doit garantir une place de premier plan parmi les acteurs de l’agression.

Cette orientation ne dépend pas de lui, ni de ses opinions, ni de sa sagacité politique s’il est capable d’en avoir, mais des besoins immédiats de disposer de ressources qui maintiendraient le niveau de vie et le confort, de plus en plus relatifs, des Français. Chirac, Sarkozy, Hollande n’ont pas le choix d’une politique internationale autre que celle qui leur assure la survie.

L’hégémonie U.S dans l’accaparement des bénéfices des opérations extérieures les en empêchera. Car le but U.S n’est pas d’accaparer des butins de guerre -somme toute dérisoires, au regard de leur endettement colossal de dix-huit mille milliards de dollars- mais de perpétuer leur domination guerrière qui garantit à son tour la domination du dollar, véritable arme de domination économique, y compris de la France.

Les dirigeants et les élites de l’Occident n’ont pas gagné avec l’exploitation de la photo d’Aylan Kurdi qu’une émotion favorable à élever dramatiquement les niveaux d’ingérences et d’interventions étrangères qui ont poussé aux grandes migrations que nous observons. Ils ont aussi rafraîchi leur thèse propagandiste d’un Bachar El Assad source de tous les maux de l’humanité et successeur de Saddam Hussein et de Kadhafi dans la diabolisation.

Ils se sont re-construit, à bon marché, une image de monde sensible à la souffrance des autres, moral et accueillant. Bref, un monde en droit de rayonner et d’exiger de montrer aux autres les voies de toutes les vertus de la démocratie, de la charité, de l’humanisme et du travail. Avec une opinion gonflée à bloc par une estime de soi retrouvée après les années de culpabilité coloniale, l’Occident colonial peut repartir en guerre.

Il n’a pas d’autre voie, aujourd’hui, pour sortir de ses crises.

Le reste, ce n’est que mamours pour nous endormir, affaiblir nos défenses et prendre le maximum en attendant l’heure des hyènes.

Tout à fait ce qu’ont fait Sarkozy et Juppé ou que font Hollande, Fabius ou encore Larcher avec nos dirigeants en contrepartie d’un soutien international à la marche de la caste des oligarques vers un pouvoir sans partage sur notre pays.

M.B

source : http://www.impact24.info/aylan-le-bebe-mort-dans-le-jeu-de-puissance/Aylan, le bébé mort, dans le jeu de puissance

 

le 13 09 2015 21h 30

Le rapport de forces a fait jouer à la photo d’Aylan Kurdi le rôle attendu par les forces politiques occidentales dirigeantes. 56% des français seraient désormais favorables à une intervention au sol en Syrie. Même fabriqué, ce sondage montre dans quelle direction belliciste, on veut pousser l’opinion.

L’émotion fabriquée de toutes pièces, avec les fables de Benghazi en Libye et de la maternité au Koweït pour Sadam Hussein ou de Timisoara pour Ceausescu en Roumanie, a déjà donné ses fruits. Aylan Kurdi a été la divine surprise. Une vraie mort, pas une mort fabriquée, qui tombe dans la maille des réseaux et des filets de cercles médiatiques et politiques en quête de prétextes pour gagner les opinions publiques au passage de l’étape de sape et d’affaiblissement d’une armée syrienne, aujourd’hui exsangue, à l’étape d’une invasion directe de la Syrie par des armées turques et arabes appuyées par les avions U.S

L’opinion est le fruit de l’interaction entre l’émotion et l’intérêt social conscient ou instinctif. Pas de la raison. Toutes les couches sociales moyennes et sub-moyennes en Occident savent d’instinct que leur niveau de richesses et de confort dépend totalement du retour à la domination coloniale du reste du monde, Chine et Russie comprises.

Vous en connaissez les raisons : richesses géologiques, ressources naturelles, fragilité tentatrice des Etats ou des pouvoirs locaux etc.

La convergence inespérée de François Hollande avec son opinion publique, qui l’a déclassé aux plus bas niveaux de l’estime politique, est une anecdote. L’essentiel est qu’il exprime par sa volonté d’intervenir en Syrie le besoin de la France de se garantir une place dans le festin qui suivrait la destruction de la Syrie attendue depuis quatre ans. Et pour cela il doit garantir une place de premier plan parmi les acteurs de l’agression.

Cette orientation ne dépend pas de lui, ni de ses opinions, ni de sa sagacité politique s’il est capable d’en avoir, mais des besoins immédiats de disposer de ressources qui maintiendraient le niveau de vie et le confort, de plus en plus relatifs, des Français. Chirac, Sarkozy, Hollande n’ont pas le choix d’une politique internationale autre que celle qui leur assure la survie.

L’hégémonie U.S dans l’accaparement des bénéfices des opérations extérieures les en empêchera. Car le but U.S n’est pas d’accaparer des butins de guerre -somme toute dérisoires, au regard de leur endettement colossal de dix-huit mille milliards de dollars- mais de perpétuer leur domination guerrière qui garantit à son tour la domination du dollar, véritable arme de domination économique, y compris de la France.

Les dirigeants et les élites de l’Occident n’ont pas gagné avec l’exploitation de la photo d’Aylan Kurdi qu’une émotion favorable à élever dramatiquement les niveaux d’ingérences et d’interventions étrangères qui ont poussé aux grandes migrations que nous observons. Ils ont aussi rafraîchi leur thèse propagandiste d’un Bachar El Assad source de tous les maux de l’humanité et successeur de Saddam Hussein et de Kadhafi dans la diabolisation.

Ils se sont re-construit, à bon marché, une image de monde sensible à la souffrance des autres, moral et accueillant. Bref, un monde en droit de rayonner et d’exiger de montrer aux autres les voies de toutes les vertus de la démocratie, de la charité, de l’humanisme et du travail. Avec une opinion gonflée à bloc par une estime de soi retrouvée après les années de culpabilité coloniale, l’Occident colonial peut repartir en guerre.

Il n’a pas d’autre voie, aujourd’hui, pour sortir de ses crises.

Le reste, ce n’est que mamours pour nous endormir, affaiblir nos défenses et prendre le maximum en attendant l’heure des hyènes.

Tout à fait ce qu’ont fait Sarkozy et Juppé ou que font Hollande, Fabius ou encore Larcher avec nos dirigeants en contrepartie d’un soutien international à la marche de la caste des oligarques vers un pouvoir sans partage sur notre pays.

M.B

source : http://www.impact24.info/aylan-le-bebe-mort-dans-le-jeu-de-puissance/


 

 

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