MOHAMED BOUHAMIDI : L'ALERTE DE SOUSSE

Transmis par Mohamed Bouhamidi
 
 

L’alerte de Sousse

 

 

La guerre de désintégration de l’Etat national libyen a-t-elle créé une situation de violence chaotique qui agit désormais comme un trou noir qui va engloutir le voisinage ? Etait-il clair pour l’observateur moyennement cultivé que Kadhafi tenait en mains un Etat constitué sur un territoire et une société profondément divisés en confréries religieuses et confédérations tribales centrifuges ? Etait-il prévisible que la démolition de cet Etat renverrait le pays aux luttes ethniques, raciales, confessionnelles ?

Les USA ont-ils joué un rôle clé dans cette destruction par leurs conseils dans la réorientation des politiques libyennes et pour la désignation d’hommes-clés à la justice et à l’économie des futurs chefs du Conseil National de Transition, Jibril et Abdeljalil, qui siégeront aux côtés de Belhadj, chef d’El Qaïda en Libye et, néanmoins, invité de marque des gouvernements français ?

Pour les chefs de cet Occident réputé rationaliste, terre des sciences sociales et politiques, la démocratie présentée, pour ce qu’elle n’a jamais été, un libre choix individuel tel ou tel parti politique, sans interférence familiale, clanique, tribale ou confessionnelle avait-elle la moindre chance de naître dans une société libyenne précisément patriarcale, clanique, tribale, ethniquement divisée ?

Ces chefs de l’Occident pouvaient-ils ignorer, que la démocratie formelle, du bulletin choisi dans l’isoloir, avait précisément donné en Irak, le vote ethnique et confessionnel qui a mené au pouvoir des élus plus attachés à entre leurs communautés qu’à l’unité et à l’identité irakiennes ? 

Les Obama, Hillary Clinton, Cameron, Sarkozy ou les messianiques socialistes français pouvaient-ils ignorer que des actes politiques aussi graves que la destruction des Etats, au prétexte de combattre des régimes, a forcément des conséquences, malgré les avertissements des gouvernants algériens, nigériens, maliens, sud-africains, et de l’Union Africaine qui les avait abondamment prévenus du chaos qui en découlerait et de l’extension de la violence et de l’instabilité dans toute la région nord du continent et, au-delà, du Sahel ?

 

Les dirigeants occidentaux sont, bien au contraire, très intelligents, très bien informés et soutenus par des think tanks ; des structures universitaires rodées dans les recherches anthropologiques sur les peuples des terres colonisables ; des services secrets performants pour l’infiltration, l’influence ou la collecte des données et facteurs sociologiques et démographiques, comme le prouvent les rapports prospectivistes de la CIA.

Ces opérations de dissolution des Etats nationaux avaient pour but précisément de détruire les structures modernes que sont les Etats nationaux, pour ouvrir des autoroutes aux identités communautaires primitives de la confession et de la tribu, pas même des identités proto-nationales des Etas féodaux. 

C’était le but de la présidence Obama qui devait parachever celui de Bush. Nous avions compris que le discours, sur l’Islam, inaugural de la présidence Obama au Caire, du 4 juin 2009, avait pour but de corriger l’image désastreuse des USA dans nos pays. Nous n’avions pas compris qu’il annonçait la décision US de parachever la  mise à mort des Etats nationaux arabes, commencée sur le champ de bataille irakien, et de mettre au pouvoir les Frères Musulmans ou leurs parentèles wahhabites ou salafistes, dans les pays qui en furent les phares.

L’attentat de Sousse est une étape dans cette marche contre les pays résilients comme la Tunisie, l’Egypte, la Syrie, l’Algérie, le Yémen qui ont réussi à renverser la vapeur, et à mettre ce plan américain en échec. Celui du Bardo du 18 mars 2015 a fait accepter au président tunisien la présence d’une base américaine et l’association de son pays à l’OTAN qu’il refusait encore au mois de février 2015.

Cet attentat mènera notre région plus loin dans une «configuration yéménite» de bases américaines agrégées à un simulacre de lutte sans fin contre le terrorisme et qui permettra aux USA de nous saigner à blanc et de nous imposer leurs décisions, relayées et soutenues à l’intérieur par les oligarques et le lobby néocolonial.

M.B

 

 

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Commentaires (1)

OULDAMER

L’ALGERIE MON AMOUR, LA TUNISIE POUR TOUJOURS
Un pétard ne détruit jamais un pays. C’est l’Algérie qui vous de dit. Bien des imbéciles heureux s’imaginent ébranler la déesse Tunisie, mais n’y arriveront jamais. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’elle est belle (tout comme l’Algérie) et que la beauté ne meurt jamais. Un drame arrive et le lendemain ce sont les rues qui grouillent de gens, les enfants qui vont à l’école, les avions qui décollent et la presse qui étalent ses journaux, comme si de rien n’était. Le café expresso on le boira sur l’avenue Bourguiba quoi qu’il arrive. Le phénix n’existe pas qu’en mythe, il est là face à nous, traduit par les radieuses tunisiennes qui souris. Vous verrez que même si les plages et les hôtels sont désertés par les occidentaux, ce sont nous algériens qui les remplirons. Alors on va danser on va chanter, comme dit Khaled. On va rire surtout de leur stupidité, et de leur naïveté qui croit mettre à genoux les enfants de Carthage la millénaire. Rire de leur bassesse et leur face de rat. Un terroriste ne se regarde t-il jamais dans le miroir ? L’Algérie mon amour, la tunisie pour toujours donc, et rien que cela. Combien d’attentats iront-ils encore perpétrer, pour s’en remettre à la raison ? lisent-ils les livres ? Connaissent-ils Sakiet Sidi Yiucef ? Savent- ils au moins ce que dit l’histoire ? Qu’il n’y a pas eu plus barbare que le colonialisme sans que ce dernier ait pu bouger un pouce de notre âme et nos valeurs intrinsèques. Savent- ils au moins que la tunisie d’aujourd’hui se comptent par milliers de populations ? Que les soldats défendront farouchement leur pays. Savent-ils seulement que l’Algérie sœur éternelle y veille comme si c’était la prunelle de ses yeux ? Pour nous algériens, ce sont des youyous qui devraient êtres clamés à chaque attentat, qui leur signifierait qu’ils ont déjà perdu. Et sur toute la ligne.

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