TUNISIE : LA JUSTICE ANTITERRORISTE NOYAUTEE PAR LES ISLAMISTES

Enquête exclusive : La justice antiterroriste tunisienne noyautée par les islamistes

 

9 Février 2016

 

Révélations explosives sur Béchir Akremi, le juge d’instruction qui bloque l’affaire Chokri Belaïd, qui travestie l’affaire du Bardo, qui dissimule l’affaire de l’ambassade des USA en Tunisie, et qui a ordonné l’arrestation du syndicaliste sécuritaire Imed Dardouri. Nous savons tout sur lui, sur son passé, sur son aliénation à Ennahdha. Dans un article précédent, nous avons promis à nos lecteurs de plus amples détails et des preuves, les voici, grâce à notre puissant réseau d’informateurs au sein des ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice où, malgré l’infiltration des islamistes, nous comptons encore de bons amis et vaillants patriotes.

 
Enquête exclusive : La justice antiterroriste tunisienne noyautée par les islamistes
Tunisie-Secret cherche tout, trouve tout, sait tout et dit tout. Nos nombreux lecteurs se souviennent de toutes les affaires que nous avons révélées depuis que TS existe contre vents et marées, contre intimidations et tentations. Ce soir, nous allons démontrer la gravité de l'infiltration des islamistes du corps judiciaire tunisien en révélant l’identité et le passé de l’un des plus puissants juges « antiterroristes » de Tunisie, celui dont on protège justement le nom et la fonction. Et pour cause !

Le mystère de la démission de Mohamed Salah Ben Aïssa  
     

D’abord une certitude qui ne fait plus l’ombre d’un doute : le dossier des affaires terroristes en Tunisie est un circuit bien ficelé et fermé entre politiques, magistrats et avocats salafistes-affairistes. C’est pour cette raison que l’affaire Chokri Belaïd est bloquée, que l’affaire de l’attaque de l’Ambassade des Etats-Unis en Tunisie traine, que celle de l’action terroriste du Bardo a tournée à une mascarade  qui a fini par excéder l’ambassadeur américain, ce qui a provoqué la démission de Mohamed Salah Ben Aïssa, l’ancien ministre de la Justice.

En effet, contrairement à ce qui a été dit ici et là, dans les médias tunisiens comme français, Ben Aïssa n’a pas été démis de ses fonctions, en octobre 2015, en raison de son plaidoyer pour la dépénalisation de l’homosexualité, mais à cause de ce qu’il savait et ce qu’il dissimulait sur le très grave fonctionnement et disfonctionnement du département antiterroriste au sein de son ministère, plus précisément la chambre d’instruction, et plus exactement encore le fameux Bureau 13.

Malgré les consignes très claires du président Béji Caïd Essebsi de faire toute la lumière sur l'affaire Chokri Belaïd et sur l'affaire de l'Ambassade américaine en Tunisie, et nonobstant sa volonté et sa détermination d'aller dans le sens d'un président qui ne pouvait pas, en tant que pouvoir exécutif, s'immiscer dans les compétences du pouvoir judiciaire, Mohamed Salah Ben Aïssa n'a rien pu faire. Et pour cause: le pôle judiciaire de l'antiterrorisme ne dépend pas de lui mais de la cellule noire d'Ennahdha.   

Le juge d’instruction du Bureau 13 démasqué

Le juge le plus puissant au sein de ce Bureau 13 s’appelle Béchir Akremi. C’est lui qui a récemment ordonné l’arrestation du syndicaliste sécuritaire Imed Dardouri, malgré un vice de procédure flagrant : dans une autre affaire, ce juge a été poursuivi en justice par le même Imed Dardouri, une affaire qui est toujours en cours. D’un point de vue strictement judiciaire et procédural, ce juge devrait donc être dessaisi de l’affaire Dardouri. C’est d’ailleurs ce qu’ont demandé les avocats de Dardouri. Nous verrons demain mercredi 10 février, si cette règle élémentaire sera respectée ou pas.

Mais le plus grave n’est pas là. Le juge d’instruction Béchir Akremi instruit et contrôle tous les dossiers terroristes sensibles. Dans son travail d’instruction, il suit les instructions de Rached Ghannouchi en personne, via un cadre d’Ennahdha dont ignorons encore le nom. C’est que Béchir Akremi est un juge très proche des islamistes et il a un passé suffisamment compromettant pour qu’il en soit aujourd’hui réduit au rôle de servile serviteur des Frères musulmans tunisiens !

Qui est Béchir Akremi ?

Originaire de Jendouba, Béchir Akremi est né le 5 mars 1964. Après ses études de droits durant lesquelles il avait sympathisé avec le Mouvement Islamiste Tunisien (MTI) à l’époque, il a commencé sa carrière de juge le 16 janvier 1989 à l’Ariana. En 2009, il a été pris en flagrant délit d’adultère avec sa secrétaire Monia Trabelsi, suite à quoi, il a été limogé à Béja, dans le nord de Tunisie. Dès la fin du mois de janvier 2011, profitant du coup d’Etat du 14 janvier, il a exigé son retour à Tunis parce qu’il était « persécuté par le régime de Ben Ali » ! Exerçant le chantage sur certains de ses collègues et sur de hauts fonctionnaires du ministère de la Justice, il a été dès lors immédiatement affecté au fameux Bureau No13. Voilà comment une histoire de cul s’est transformée en titre de noblesse révolutionnaire ! Et des cas semblables, il y en a des centaines.

Les islamistes connaissaient évidemment le « passé révolutionnaire » de ce juge d’instruction. Et c’est la raison pour laquelle ils l’ont maintenu et renforcé à ce poste. Un juge qui occupe une fonction aussi névralgique et qui traine une casserole aussi « héroïque », c’est le profil idéal pour les Frères musulmans !

L’affaire Chokri Belaïd

Comme par hasard, Béchir Akremi est le juge qui a instruit l’affaire Chokri Belaïd. Rien que dans la reconstitution de l’assassinat, il aurait dû en être dessaisi. Dans cette reconstitution bâclée, le témoin et prévenu qui a raccompagné à partir du Kram le terroriste islamiste Kamel Ben Taïeb Ben Mohamed Gadhgadhi, a dit l’avoir déposé en moto à proximité du lieu du crime à El-Menzah, puis s’est éloigné pour l’attendre à 150 mètres, non loin de l’autoroute. Il dit avoir aperçu l’assassin avec un pistolet à la main. Or, à 150 mètres, il est très difficile d’identifier un tel détail. Malgré cette erreur physique, le juge d’instruction présent lors de cette reconstruction a avalisé cette thèse.

Ce n’était pas la seule « erreur » commise dans l’instruction de ce dossier. Les avocats de la famille de Chokri Belaïd en connaissent un long chapitre. En réalité, le juge Béchir Akremi savait dès le départ que l’affaire Chokri Belaïd est un crime politique commanditée par la mafia criminelle de Rached Ghannouchi. Il savait aussi que l’élimination de Kamel Gadhgadhi à Gammarth arrangeait bien les commanditaires de l’assassinat de Chokri Belaïd.

Selon Mohamed Jmour, le secrétaire général adjoint du parti Watad et membre du comité de défense dans l’affaire Chokri Belaïd, son parti a déposé, le 29 décembre 2015, « une plainte judiciaire et administrative auprès du procureur général de la République à l’encontre du juge d’instruction de la 13e chambre du tribunal de première instance de Tunis, Béchir Akremi, en charge de cette affaire ». Mohamed Jmour, a justifié cette plainte par « les délits commis par ce juge dans l’instruction de l’affaire, dont, principalement, le vol de documents constituant des preuves pénales, qui sont sous sa responsabilité, et la non communication aux autorités sécuritaires des informations qu’il avait à propos d’un crime terroriste ».

Dans une déclaration à l’Agence TAP, Mohamed Jmour a affirmé que ce juge d’instruction, a commis  cinq délits. «Nous détenons toutes les preuves et nous les révélerons au moment opportun», a-t-il ajouté avant de conclure que « le juge d’instruction concerné a commis des faits graves consistant à dissimuler la vérité et à camoufler un crime ».

Quant à Mongi Rahoui, député du Front Populaire, il a déclaré dans une interview accordée à l'hebdomadaire "Al-Charaa Al-Magharibi", que "L'affaire Chokri Belaïd est un crime d'Etat et un très très grand dossier". Il a eu le culot et l'insolence d'ajouter: "On ne manque pas d'audace, mais nous avons voulu calmer les choses afin de trouver un peu de stabilité dans le pays"! En d'autres termes, nous savons qui a fait quoi, mais nous avons préféré fermer nos gueules.   

Les autres magistrats impliqués

Pour Ennahdha, un seul juge inféodé à leur cause « sacrée » n’est pas suffisant. C’est toute la chaîne judiciaire qu’il faut corrompre et dont il faut s’assurer l’allégeance pour que les islamistes puissent commettre en toute impunité leurs forfaits et méfaits.

Celui qui occupe le poste le plus sensible et le plus important au sein de la magistrature tunisienne s’appelle Hédi Guédiri ( لغديريا .الهادي). C’est le premier Président de la Cour d’Appel de Tunis. Même à l’époque de Ben Ali où la Justice n’était pas si indépendante, cette fonction n’a jamais été politisée. Or, celui qui l’occupe aujourd’hui est un islamiste connu et reconnu de tous. Il s’appelle bel et bien Hédi Guédiri.

Il y a plus grave encore. Rached Sebii ( راشد السبعي ), qui était jusqu’en 2015 premier juge d’instruction au tribunal de première instance de Béja, président de chambre criminelle au tribunal de première instance de Tunis, est aujourd’hui le président de la 5ème chambre criminelle auprès du tribunal de grande instance de Tunis, chargé exclusivement des affaires terroristes. Qui est-il ? Originaire de Gabès, Rached Sebii a fait ses études secondaires au lycée de l’Ariana. Son ami de toujours et camarade de classe au même Lycée de l’Ariana était Lassaad Sassi !

Le 10 juin 2014, il participait à Tunis à une « Formation spécialisée et multidisciplinaire à l'attention des agents de l'INLUCC, des juges, des procureurs (y compris les agents du Pôle judiciaire financier) et des agents de police judiciaire sur les méthodes d'enquête pénale » et sur la « Promotion de la bonne gouvernance, lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent » financée par l’Union Européenne !

Mais qui est Lassaad Sassi ?

C’est un ancien officier des Forces spéciales tunisiennes, sous le règne de Ben Ali. Il avait précipitamment quitté la Tunisie pour rejoindre Al-Qaïda en Afghanistan ensuite les djihadistes en Tchétchénie. A son sujet, la revue marocaine Prologues, dans son numéro de 2007 consacré à « L’islam au quotidien : enquête sur les valeurs et les pratiques religieuses », page 75, écrit : « D’après la presse française, les actions entreprises en Tunisie ont été dirigées par Lassaad Sassi, un ancien gendarme tunisien lié au Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) opérant en Algérie ».  
    
En réalité, Lassaad Sassi est l’un des plus dangereux terroristes tunisiens, qui est du même calibre criminel qu’Abou Iyadh ou Tarek Maaroufi. C’est un ancien officier des Brigades spéciales tunisiennes qui a rejoint Al-Qaïda en Afghanistan. Entré clandestinement en Tunisie début 2006 par les frontières algériennes, c’est lui qui avait commandé et mené l’attaque terroriste de Soliman de décembre 2006. Ce groupe terroriste qui se faisait appeler « Armée d’Assad Ibn Fourat » était composé d’une centaine de personnes dont des Tunisiens, des Algériens, des Marocains et des Mauritaniens. Condamné à une lourde peine, il a été relâché en 2011 par le gouvernement post-« révolutionnaire », sous la pression de Sihem Bensedrine et ses complices droit-de-l’hommistes. Il a été en effet amnistié en 2011 comme beaucoup d'autres dangereux terroristes, dont Mohamed Akkari, l'ancien membre d'Al-Qaïda et le chef de la section armée d'Ansars-Al-Charia, qui a été arrêté en 2010 et amnistié le 22 janvier 2011. 

La conclusion de cette enquête, c’est aux lecteurs de TS de la tirer. On se contentera seulement de préciser qu’aujourd’hui encore, ce n‘est pas l’ensemble du corps de la Justice qui est gangrené par le cartel islamo-terroriste d’Ennahdha. Au sein de la magistrature tunisienne, la majorité des magistrats sont honnêtes et patriotes. Seule une minorité couvre les agissements des Frères musulmans, soit par corruption, soit par adhésion idéologique.

Nebil Ben Yahmed
 
 

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