TUNISIE : LOI ANTITERRORISTE. RETOUR DE LA PEINE DE MORT. LE FN EN REVE !

Tunisie : la nouvelle loi antiterroriste prévoit le retour de la peine de mort

Rédigée à la suite des attentats de juin, la nouvelle loi prévoit entre autres la peine de mort pour crime terroriste ainsi que la possibilité de maintenir un suspect en garde à vue pendant 15 jours sans avocat. Pour les organisations internationales, une telle atteinte aux libertés individuelles est intolérable.

E.W. | 25 Juil. 2015, 07h30 | MAJ : 25 Juil. 2015, 09h34
 
 
 
 
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Les députés tunisiens ont passé trois jours à débattre de la loi antiterrorisme.
Les députés tunisiens ont passé trois jours à débattre de la loi antiterrorisme. AFP / FETHI BELAID

Le parlement tunisien a adopté tard vendredi soir une nouvelle loi antiterroriste pour répondre aux nombreuses attaques jihadistes qui secouent le pays depuis la révolution de 2011. Le texte, très controversé, fait notamment suite à l'attaque de juin de la plage de Sousse qui avait causé la mort de 38 touristes.



Une «fierté» pour la majorité Après trois jours de débats, la loi pour «la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d'argent» a finalement été adoptée avec 174 votes pour, dix abstentions, et aucun vote contre. Une évidence pour le président de l'Assemblée Mohamed Ennaceur : «Avec fierté, nous avons vécu ce moment historique. Cette loi va rassurer le citoyen», a t-il déclaré devant les élus qui venait d'entonner l'hymne national dans l'hémicycle.

Une «réforme rétrograde» pour les ONG Le nouveau texte vient remplacer la loi de 2003 qui était particulièrement utilisée pour réprimer l'opposition. Avec la nouvelle législation, les organisations internationales espéraient un véritable pas en avant pour les libertés individuelles.

Selon elles, il n'en sera rien : «Cette loi représente un danger réel pour les droits et les libertés en Tunisie, de nombreuses entorses aux normes internationales des droits de l'Homme ont été incorporées dans ce texte et elles représentent un recul par rapport à la loi de 2003», a regretté Amna Guellali, représentante de Human Rights Watch à Tunis.

Parmi ces changements, la loi prévoit la peine de mort pour des séries de crimes terroristes alors qu'elle avait pourtant été suspendue depuis 1991. Les détracteurs pointent également du doigt un trop grand pouvoir donné à la police qui peut désormais garder un suspect en garde à vue jusqu'à 15 jours sans présence de son avocat.

Mais ce qui inquiète le plus les ONG, c'est le terme «terroriste» en lui-même. Sa définition est jugée trop floue et admet un «risque de répression de certains actes qui ne sont pas véritablement de nature terroriste. En effet, de simples manifestations pacifiques accompagnées de certains troubles pourraient être qualifiés d'actes de terrorisme», comme avait mis en garde Amnesty International dans une lettre ouverte au gouvernement envoyée en juillet.

«Ce projet de loi est un mauvais signal qu'on donne au monde libre qui nous regarde. On ne combat pas le terrorisme avec des réformes rétrogrades!», a martelé de son côté l'avocat pénaliste Ghazi Mrabet.

Un besoin de cohésion dans la tourmente Si l'opposition condamne elle aussi les dérives liberticides de la loi, le gouvernement tunisien appelle à une union face à la menace qui plane sur le pays. S'exprimant à l'antenne de la radio Mosaïque FM à la veille de la fête de la République, le chef de l'Etat, Béji Caïd Essebsi, a souligné une nouvelle fois que le pays «est en guerre contre le terrorisme». Un message de rassemblement clairement envoyé à ses détracteurs alors que le pays continue de lutter contre les forces du groupe Etat islamique.

http://www.leparisien.fr/international/tunisie-la-nouvelle-loi-antiterroriste-prevoit-le-retour-de-la-peine-de-mort-25-07-2015-4969845.php


 

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